The Savior on Spilled Blood


Ce forum est tout entier consacré à la création de personnages. Consignes pour vos fiches, conseils, mais aussi registre des avatars.


Messagepar Agonist » 12 Juin 2018, 00:49

Agonist


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The City must survive.


Fiche d'identité


NOM COMPLET DU PERSONNAGE : Agonist.

AGE : Usé.

ASCENDANCE, FACTION et RÔLE :

Orothar. Tes maîtres aux séculaires traditions d'oiseaux de proie, règnent du plus profond de palais en ruine. Toujours drapés dans leurs mystères, leurs paranoïas, d'eux tu ne connais que ce qu'ils exigent et bien souvent tu peines à comprendre l'aboutissement de leurs actes. Que cherchent ils, ces princes qui fuient la gloire, la publicité, et taisent leurs plus grandes victoires ? Où veulent ils aller, à quoi bon tout ces tâches étranges, parfois risibles qu'ils te demandent d'accomplir ? Parfois tu aimerais ruer dans les brancards, rentrer dans le lard de ces Familles qui vous provoquent. Et pourtant tu te retiens, te contiens, ravale l'affront et fait profil bas tout en te répétant cette maxime Améthyste : la victoire n'est pas une fin, seulement un moyen comme un autre de remporter la guerre.

Eveil et Magie


Tu n'étais qu'un enfant lorsque ta mère d'un cruel coup de poignard t'éventra la main. Sur le coup tu ne ressentis que de la douleur et de l'incompréhension. Mais bien des années plus tard s'éclaira la portée de son acte. De la chiromancie. Une vieille magie gitane puisant son arcane au secret des lignes de puissance dessinant une paume. Ta mère voulait faire de toi un Prince et pour cela ta ligne de tête, celle qui conditionne la puissance, l'orgueil, l'ambition, devait prendre le pas sur toutes les autres. Aujourd'hui encore c'est de cette ignoble cicatrice, que pulsent tes pouvoirs, se catalysent tes énergies. Et tu n'as qu'à serrer le poing pour sentir s'amasser au secret des plis et des froissés de ta main couturée, la violence de ce destin auquel elle t'avait voué. Pour le meilleur comme pour le pire.

Puisque cette Décadence qui ronge cette Ville trouve sa source au secrets des mœurs dépravés de ses habitants, c'est à leurs gorges que tu vas puiser les réponses à tes questions. Ce sang consanguin, pourri et frelaté que brassent en leurs unions coupables toutes ces familles. Oui, tu as appris à le boire, à t'en abreuver, t'en ressasier. Que t'importent les mots, les explications futiles, lorsque tu n'as à qu'à déchirer, embrasser, dévorer pour savoir et dénouer les fils d'intrigues retorses. Boire, sucer, ce que chacun cache, afin de plonger au cœur des choses. Et sentir, ressentir, ces morceaux d'âmes dévaler ta gorge, se mêler à ta barbe, t'éclabousser, t'imprégner jusqu'au plus profond de ton être gris. Dans cette Ville ou l'héritage est tout, où l'ascendance est loi, seul le sang, ne ment jamais, et est capable de remonter de l'innocence du fils aux fautes du Père.


Description


Tu as la beauté rauque et mélancolique de ces faucons de salon que les belles Améthyste dressent pour la chasse. Avec ta grande silhouette maigre, ton profil saillant, ta barbe sombre et tes yeux d'un noir ardent, tu en imposes, tu impressionnes et l'on réfléchit toujours à deux fois, avant de provoquer ton courroux. Que tu puisses être violent, cruel parfois, est une évidence, après tout les rapaces sont des carnivores. Et pourtant. Pourtant. Tes manières sont graves et douces, polies et compréhensives. Tu es menaçant. Tu es rassurant. Parce que cette bestialité que la Ville impose, avec l'âge tu appris à la dompter, à la maîtriser. Calme comme les eaux dormantes, comme ces éperviers attentifs aux postures tranchantes qui veillent du haut des tours du quartier.

A la nuit tombée, drapé dans un long manteau gris, une sacoche à la broche étincelante sous le bras, tu arpentes les ruelles les plus obscures de la Citée. Ton pas silencieux érafle à peine les pavés, alors que ton ombre gigantesque projetée par les réverbères semble se mêler aux mornes ondulations du brouillard. Tu longes le fleuve qui en contrebas du quai gronde bassement, mais ton reflet à la surface n'est qu'une silhouette brouillée, indistincte. Comme une photo dont aurait flouté le visage. Et si tu arrêtais sur un pont, alors on te confondrait avec ces statues monolithiques qui en bordent les balustrades. Quelque chose d'immuable. De minéral. Un atout dans la manche des inébranlables Maîtres Orothar.

La Ville et ses Seuils


Ton office notariale occupe les derniers étages d'une vieille tour horlogère. Vue depuis là haut, au travers de tout ces vieux engrenages, de toute cette antique machinerie précise qui cliquette, grince et tourne, la Ville, minuscule, a quelque chose de rassurant, de presque métaphorique. Parce que c'est cela que ton travail. Percer les plus savants mécanismes régissant cette citée.

Maître Notaire. Un mécanicien pour grandes dynastie, un rempart contre le chaos rampant, fratricide et consanguin. Tes clients couvrent toutes les factions, embrassent toutes les idéologies. Tu n'es ni juge, ni avocat du diable. Simplement un érudit qui consigne, enregistre, garde trace et raison. Que le fils tue le père. Que le frère engrosse la sœur. Tu n'es pas moralisateur. Pas plus que tu n'es regardant. Tes dossiers ne sont pas des preuves pour la justice, ils sont simplement des témoignages, des souvenirs. Que chaque concerné peut consulter afin de savoir combien de marches, combien de méandres et de fourrés séparent encore du trône ou de l'héritage convoité.

Le but des Orothar n'est pas de gagner cette partie d'echec à Neuf joueurs. Plutôt de faire en sorte que cette même partie se poursuive éternellement. Statut quo. La Ville est un tout. La Ville est une harmonie à l'équilibre fragile. Alors du haut de ta tour, les mains croisées dans le dos de ce grand manteau qui te drape comme une cape funèbre, tu veilles. La Ville et ses rouages refletés dans tes yeux. Et ton ombre. Celle de ta tour. Qui plonge vers les ténèbres.

Famille et Histoire


Tes prunelles si noires dans lesquelles se reflète la flamme de l'allumette alors que tu initie la combustion de ta pipe. A l'intérieur du creusé d'ivoire, des opiacés grésillent. C'est le soir, et avec la drogue, la lente disparition d'un pâle soleil derrière les brumes du fleuve en contrebas, ton bureau se charge d'ombres. Des démons dans ces recoins que les chandeliers n'éclairent pas, des silhouettes qui ondulent en périphérie de ta vision, en rythme, en lenteur, avec le souffle de la cheminée. Mirages. Hallucinations. La drogue à cela d’apaisant quelle donne corps à ces ténèbres qui te hantent.

Avec lenteur tes grandes mains meurtrières écartent les pages d'un dossier. Le seul de toute ton immense bibliothèque notariale qui n'a pas de titre. Seulement une couverture un peu vieillie, tant et tant de fois ouverte et puis claquée, qu'elle commence à s'effilocher. Tu lis, tu relis, tu feuillettes, passe en revu de vieille photos, noires, grises et chagrine et songe, te concentre, alors qu'à tes lèvres ta pipe murmure son insidieux poison et brouille tes sens.

Dehors il pleut sur la Ville. Vu au travers d'une fenêtre embuée de ton refuge, ta silhouette attablée dans la solitude de ce gigantesque bureau, a quelque chose de brouillée, d'indistincte. Toutes ces pages. Tout ces mots. Ces annotations et ces ratures. Parfois quelques tâches d'encre, comme une rage, comme un cancer. Le dossier est épais. Complexe. Et depuis des années il te résiste. Ce n'est pas courant. En témoignent les murs de ton repaire chargés de milliers de parchemins cadenassant les mystères domptés des plus grandes familles. Des victoires. Des triomphes intellectuels, sagement classés, par alphabets et par dates, comme l'on pique aux murs des papillons.

A l'exception de ce dossier ouvert en grand sur ton bureau aux complexes floraisons d'ébène. Lui tu n'as jamais pu l'archiver. Il demeure en suspens, et même rangé, lorsque tu vaques à tes occupations et hante les ruelles les plus sordides, il continue à te hanter, à t'obséder. Tellement familier que ton esprit n'a aucun mal à le parcourir de lui même, sans oublier une seule annotation. Ta première affaire. La plus complexe. Celle sur laquelle tu as passé tant et tellement de temps. Et sûrement la dernière, que ta mort, laissera en suspens, ouverte comme un livre jamais achevé. Parce que cela te concerne intimement.

Ton histoire.

« -Une devinette pour vous Maître. Si le Notaire est gardien des héritages ; qui gardera le Sien ? »


RP introductif


Derrière le masque (facultatif)


PSEUDO, PRENOM, SURNOM ? :

COMMENT AVEZ VOUS CONNU C.K ? :

DES REMARQUES, DES QUESTIONS ? :
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Messagepar Nalia Sambre » 12 Juin 2018, 09:46

Bienvenue sur le forum Agonist ^^
Un joli coup de plume que tu as là, on veut voir la suite :face:
Choix intéressant pour le nom et la faction, hâte de voir ce que ça va donner.
Si tu as la moindre question hésite pas à contacter le staff, il est là pour aider, conseiller, aiguiller.
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Messagepar Juliette J. » 12 Juin 2018, 10:53

Hey !
Bienvenue Agonist !
Ca fait plaisir de voir un compatriote ! J'aime beaucoup l'idée de ta magie, hâte de voir la suite de ta fiche !
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Messagepar Vhaal O'Doherty » 12 Juin 2018, 15:58

Moi j'adore ce tu. Ca faisait tellement, tellement longtemps qu'on n'avait pas eu le plaisir de lire une fiche, un RP rédigé de cette manière. Ca claque. Et c'est génial. Comme ce côté vampire, un peu glauque, plus urbain. :nyu:

Bonne inspi !! :pinkheart:
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Messagepar Agonist » 12 Juin 2018, 17:49

Merci beaucoup ! C'est chouette si ça vous plaît.

Le "tu" c'est juste pour la fiche. Parce que c'est hyper dur.

Et...et...est ce que je pourrais avoir les accès s'il vous plaît :pur:

Je n'arrive pas à flooder !!!
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Messagepar Vhaal O'Doherty » 12 Juin 2018, 17:57

Agonist a écrit:Le "tu" c'est juste pour la fiche. Parce que c'est hyper dur.


J'adore quand même. :uhu:

Et tu as les accès !
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Messagepar Agonist » 12 Juin 2018, 18:01

:pur: Merci !
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Messagepar Heinrich Lord » 12 Juin 2018, 19:43

Hum bienvenue en Améthyste
Flamboyant. Hâte de voir ce que ça peut donner.
Je crois qu'on peut faire de grandes choses.
Bon courage pour terminer ta fiche.
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Messagepar Agonist » 12 Juin 2018, 19:48

Ah Monsieur Lord !

J'ai un dossier sur vous. Épais comme une montagne.

Je pense que nous nous reverrons très vite.
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Messagepar Vindikta Boylenero » 14 Juin 2018, 21:48

Re-bienvenue parmi nous :pur: Au début, quand j'ai lu ta fiche, j'ai eu du mal à reconnaître ta plume avec le Tu. Puis bon, j'ai fini par comprendre ! :uhu: Mais tout comme Vhaal, j'aime bien le fait que tu ait écrit le début de fiche de cette manière, ça change des Je ou des Il qu'on peux voir habituellement. C'est original. Puis j'imagine que ça doit être compliqué de rédiger sous cette forme, mais ta vraiment un don pour écrire de manière à ce que ça sois totalement immersif. Et j'aime bien Agonist ! Faisait longtemps qu'on n'avait plus vu un Orothar dans le coin. Vampirique avec un petit côté (gitan) bohémien, il est top, j'aime beaucoup, hâte de voir la suite. :heart:
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Messagepar Agonist » 15 Juin 2018, 21:23

Terminé !
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Messagepar Mara Wolfkravt » 17 Juin 2018, 07:19

Voici une volontaire. :pur: J'espère que ça t'ira ! :danse:

« La plupart des hommes d'Onyx ne savent lire, ni écrire. Nombre d'entre eux ne jure que par la baise, le sang et ce qui retombe dans leurs verres. »

De dos, les poings enchevêtrés au bas de la cascade de cette longue crinière noire. Semblant se mouvoir en un fleuve pollué par les relents de bidons d'essences, s'agripper au cuir de ce long manteau couturé d'une tête de loup. Posture de guerrière au repos, statique sans pour autant être crispée, droite et fléchie, mais souple comme la caresse de ces longues griffes creusant dans le derme de ses paumes. Et ce regard de louve nocturne. Deux billes abyssales, insondables, que même les rayons lunaires ne parvenait à pénétrer. Comme si de leurs morsures acérées, toutes lueurs se retrouvait être prise au piège de ces billes aux allures de trous noirs.

Femme à la démarche souple, qui se tourna sur le pivot d'une planche de bois grinçante. Alors qu'un rayon d'argent, traversant l'unique fenêtre de l'étage de cette tour, venait à se figer dans l'épaisse toison de mèches sauvages. Parfois, lorsque l'on savais y prêter attention, quelques filets blafards, vieillie en des fils argentés, venait à se faire inonder sous la masse chevelue ombrageuse de la louve crépusculaire. De ce temps, qui n'épargnais personne, ni même la main mise incontestée de ces familles sur ces neufs trônes héréditaires. Comme les aiguilles de cette horloge immuable, annonçant le cliquetis pesant, défilant au devant des ombres âges de cette Ville qui n'épargnait rien, ni personne.

« Vous qui possédez droit d'authenticité, j'ai besoin que vous fassiez quelque chose pour moi. »

Nuit désespérément creuse. Et le silence, agité par le roulement mécanique d'un zippo penché au dessus de ces lèvres charnues. Les braises éclatantes, rougeoyantes, prêtes à faire s'agiter la menace encombrante des ombres au dessus de ces rangées de livres. Seulement leurs deux silhouettes face à face, celle d'Agonist et de Mara. Des spectres ombrageux de leurs profils, mourant aux pieds de ces bibliothèques souillées par les fratricides, parricides, infanticides et régicides. Et quelconques autres parchemins attestant de la véracité de cette Ville pourrie jusque dans la moelle liquide de ses fleuves putrides.

Et la louve d'être là. À tenter de trouver les bons mots, ceux qui résonnait juste dans son esprit lorsqu'elle venait à se repaître de cette solitude. Lorsque le masque froid, d'impassibilité, venait à se fissurer de quelques écarts. Comme le grondement d'un lac gelé, cédant face aux pas de géants endormis, pour s'éveiller, se relever des tréfonds millénaires de ses crevasses polaires. Dans un souffle âpre de fumée, s'enroulant en des volutes brumeux autour de son visage, de ses yeux lourds, pesant en eux le poids d'années écoulées et de la sévérité caractérielle de sa lignée, venant à inonder ses veines. Sa phrase demeura en suspend sur les énigmes qu'elle avait laissée dans son sillage, puis elle vint finalement à pincer l'arrête de son nez, repoussant la migraine encombrante de ses pensées en proie à la dualité.

« Sortez tout documents qui possède le nom de Wolfkravt. Et effacez ceci. »

Sortant un morceau de papier déchiré de sa poche, tendant à Agonist l'inscription d'un nom qu'elle avait bannie de son existence. Ce ne fut plus que le murmure d'un souffle qui s'agonisa entre ses lèvres pourpres. De son autre main, cette bourse pleine à craquer de pièces de ferrailles, certaines rouillées comme les engrenages de cette vieille horloge, portant l'inscription de la Balance de Thémis, d'autres, résidus d'épées fondus gagnée en triomphe, épaisses et boursouflées au toucher, comme les écailles de ce Dragon antique. La sacoche pleine à craquer de monnaie vint à s'appuyer contre le bureau du notaire et Mara s'éloigna. Comme si elle n'avait été qu'une de ces ombres de plus, venue à se faufiler dans les entrailles poussiéreuses de cette tour débordante de parchemins.

« Vous ne m'avez jamais vue. »

Seul demeurait l'écho de ses pas, s'éloignant, dans les escaliers en colimaçon de ces bibliothèques perchées.
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Messagepar Agonist » 18 Juin 2018, 15:34

Comme le faucon pelerin dont il partageait le profil maigre et cruel, Agonist n'était que patience attentive, silence et veille concentrée. Une heure déjà avait passé, et il était toujours là, à confondre sa longue silhouette décharnée avec les statues bordant le pont, à ne contempler rien d'autre que la brume et ce que ses pensées secrètes voulaient bien s'amuser à y deviner. De loin il n'était qu'une silhouette, qu'un reflet brouillé, qu'aucun réverbère noyé de brouillard ne parvenait à éclairer. De près il était cet homme usé mais vaillant, au flegme grave, au regard perçant, qui d'une vieille pipe, tirait une fumée doucereuse qui allait se mêler aux volutes grasses et basses du fleuve en contrebas.

Ce n'était pas un rendez vous. Ni même une prémonition. Et pourtant Agonist était sur que Mara Wolfkravt allait finir par traverser ce pont. Oui, pour le notaire c'était une évidence, presque une croyance, que toutes choses obéissaient à des lois. Cryptiques, étranges et qui se passaient de sens ; mais existaient néanmoins. Et fumant, rallumant de temps en temps sa pipe que l'humidité montée du fleuve embrumée mettait à mal, il souriait à demi dans sa barbe. Les femmes. La Ville. Dans les deux cas, celui qui voulait arriver à ses fins avait intérêt à s'armer de la plus humble patience.

Encore une heure s'enfuit, avalée par le fleuve qui roulait paresseusement ses méandres boueux entre les piles grises du pont. Le brouillard avait fini par prendre possession des deux rives, qui vues du centre de l'édifice, ne ressemblaient à plus rien. C'était comme si Agonist se tenait au milieu du néant. Un homme pétrifié, une statue à la pipe, vêtue d'un long imperméable gris, qui lui tombait jusqu'aux chevilles et donnait l'impression de loin qu'il avait replié ses ailes le long de son corps. Il attendait. Il fixait le brouillard de ses yeux perçants, là où il n'y avait rien à voir, sinon que le secret de pensées intimes cadenassées au secret de son front.

« -Bien le bonsoir à vous dame Wolfkravt. Permettez que j'abuse un peu de votre temps. »

La dame était arrivée, sa présence souple et hautaine, déclenchant de douces brûlures à cette cicatrice rougeoyante qui marbrait la main d'Agonist. Le notaire en s'avançant vers elle, avait des allures de grand spectre surgi d'un conte gothique. Il allait en silence d'une démarche calme, d'un sourire poli, mais un peu inquiétant, tant cette rencontre semblait toute sauf hasardeuse. Elle était attendue. Il avait choisi le lieu. Ce pont aux rives invisibles qu'un unique réverbère pâle peinait à souligner du brouillard.

« -Soyez assurée qu'il n'est pas dans mes habitudes de répondre par la négative aux souhaits d'une femme. Et pourtant je me vois dans l'impossibilité de réaliser cette tâche que vous m'avez confiée voilà deux nuits de cela. En effet dame Wolfkravt, mon travail consiste à garder trace de l'histoire et non à la réécrire comme vous semblez le penser. »

Ainsi parlait le notaire à la sage mallette, son visage à peine éclairé par la braise poussive de cette pipe coincée au coin de ses lèvres. D'une voix calme, à la diction grave et antique, aussi antique que ces statues qui bordaient le pont et dont les ombres les environnaient comme d'attentifs ancêtres. Et si sa cicatrice catalysatrice lui brûlait en présence d'un sang aussi riche, aussi lourd en secret que celui qui pulsait à la carotide de la louve, il n'en montrait rien, et demeurait imperturbable en sa docte fonction.

« -Chacun de nos actes est comme ces bouteilles que les rêveurs jettent au fleuve. Condamnés à suivre le cours du temps, et à être jugés par les générations futures. De même que vous portez avec noblesse le fardeau des fautes de vos Pères, vos enfants porteront à leur tour le fardeau de vos choix. Et il n'est rien que vous puissiez faire pour vous soustraire au poids de vos responsabilités. Si votre passé vous pèse dame Wolfkravt ce n'est pas d'un notaire dont vous avez besoin, mais d'un confesseur qui seul saura vous mettre en paix avec votre tourment. »

Alors ce fut comme si la brume bordant les rives se levait, tirée par une main invisible, pour dévoiler sur fond d'obscurité les dômes de marbre ensanglanté d'une lointaine basilique pesant sur la Ville. Notre Mère du Sang Versé. Celui qui ne sèche jamais. Sainte Patronne des meurtriers, de ceux dont les mains rouges ne peuvent être lavées. Une légende urbaine, un mirage de brouillard, dont les flèches de céramique, reflétaient l’œil rosâtre de la lune. Et puis la brume retomba. Rideau qui s'abat sur la scène pour en barrer l'horizon, et le réduire à nouveau à ce simple pont, aux extrémités dissimulées comme des routes avortées.

« -Quand à l'avance sur salaire gracieusement versée ; je me suis permis d'en faire don à un orphelinat qui abrite les victimes de vos guerres aveugles. Avec la conviction qu'ils sauront en faire meilleur usage que nous. »

Voilà tout ce qu'avait à dire Agonist. Et puisqu'il n'était pas assez imprudent pour abuser outre mesure du temps d'une impétueuse Wolfkravt il eu pour elle cette respectueuse inclinaison du buste.

« -Que vos chasses à défaut de vous apporter le repos, soient triomphales. A très bientôt ma Dame. »

Cette étrange entrevue, s'acheva comme elle avait débuté. Avec un humide et déroutant parfum de rêve. De son pas immuable l'Orothar s'en était reparti. Longue silhouette à l'ample manteau flottant qui longeait la balustrade du pont, s'éloignait, jusqu'à temps que son ombre comme un reflet que le courant estompe, finisse par se dissoudre doucement entre les brumes dévorant la Ville.




Validé et go RP !!!

Amethyste, me voilà !!!
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