Cassandre [Refonte]


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Messagepar Cassandre » 05 Juin 2018, 05:09

Cassandre


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Citation caractérisant votre personnage.


Fiche d'identité


NOM COMPLET DU PERSONNAGE : Cassandre

AGE :

ASCENDANCE, FACTION et RÔLE :

« Je vous offre un verre ? »

L’importun sentait la pisse et le charbon, les semelles encore boueuses de déchets miniers et des reflux des caniveaux embourbés. Un autre ouvrier venu lapider ses miettes contre une flasque pleine, endormant les courbatures de son âme et de son corps. Une autre carcasse à broyer entre les monstruosités diamants dont les cheminées agonisaient jusqu’à en cacher le ciel. Le jour ne se levait jamais chez les Joyce.

« Non. »

Sans un regard pour cet homme brisé, miroir de tant de ses compatriotes, la Recluse noya son mégot fumant dans le verre présenté. Il n’y avait rien ici pour elle. Rien que du whisky bon marché et les toux grasses des journaliers recrachés par les industries.

« T’as eu de la chance qu’il ne te brise pas le verre sur la tête. Tu pues le Ruby à dix kilomètres. Aussi bien te rouler dans l'or. Après un an de cavale, j’aurais cru que tu t’y faisais… »

Un « majesté » acide se mourut avant que la condamnation n’éclose sur les lèvres de l’apparition. Cassandre jeta une pièce clinquante sur le comptoir poussiéreux contre une nouvelle bouteille. T., son précieux contact, essuya du pan de son manteau sa coupe couverte de cendres. Foutu quartier. Foutues machines.

« Faut croire que ce qui naît dans la boue retourne dans la boue, ponctua-elle d’une gorgée âcre nuancée par les réminiscences d'un doucereux champagne. »


Eveil et Magie


« Il y a une question qui me trotte dans la tête, Cass. Je peux t’appeler Cass, hein ? On est partenaire, après tout. Tu me paies, je t’aide. Il n’y a rien de mieux pour une saine relation. Bref, ton truc, tes visions, comment tu as reçu l’Éveil ? Un futur contre une bonne baise ? C’est pas comme si à dix ans, tu ouvrais déjà les cuisses, non ? »

Son truc. Un véritable tour de passe-passe. De quoi amuser petits et plus grands. La brûlure de la drachme dans la peau tendre et creuse de son dos juvénile, entre les côtes apparentes, le métal incandescent fusionnant à son épiderme, tandis que résonnaient ses pleurs stridents et les hurlements de sa mère lui sommant le silence. Une serrure pour enchainer la malédiction. Une rivière de douleur pour éteindre le feu de la faim. Un catalyseur pour faire taire l’aînée de l’aînée. La Nouvelle Maudite. Et bien plus tard, lorsque le cadavre de Pandore serait déjà froid, les hommes viendraient fouiller la chair de sa fille pour en déverrouiller la vérité. Et si Cassandre avait cru en ses vielles légendes, elle aurait juré que la poigne d’Apollon se refermait sur sa gorge.

« À chacun ses jeux de gamins, résuma-t-elle. »

Elle se roula une nouvelle cigarette.

Description


« Tu ne peux plus demeurer dans l’ombre. Tes ressources, bien qu’abondantes, et mon ingéniosité à te faire disparaître, bien qu’incroyable, s’étiolent. Légalement, tu appartiens toujours à la maison close. Et, avoue-le, le trône te manque, la nargua-t-il. »

Son reflet miroita dans l’alcool ambré. En effet, elle avait failli à sa plus grande mission : tuer Cassandre. Derrière ses traits tirés et ses boucles occises sauvagement par la lame de son poignard, le mensonge ne subsistait que le temps d’un battement de cils. Il n’y avait rien d’anonyme à sa présence dans ce bar, une douce bouche trop pourpre et une peau trop lisse pour se fondre parmi ces êtres flétris qui furent des hommes. Imposture, scandait sa fière contenance et la fraîcheur de son visage trop soigné pour une simple pute cherchant sa pitance au gré des trottoirs.

« Mon trône. »

Et le pouvoir dont elle avait appris à apprécier l’amertume. Brut. Erratique. La satisfaction que son seul prénom puisse être murmuré, crié ou haleté sur tant de lèvres. Lui, l’esseulé, qui fut synonyme de malédiction et de cruauté paternelle, se suffisait maintenant à lui-même. Un désir brûlant de reconnaissance dévoué à la maîtrise d’un empire licencieux. Bâtarde. Bâtarde magnifiée.

« Ma couronne. »

Teinte du sang d’Urielle et de la machination des Boyle. Une incarnation politique témoignant de ses fils invisibles. Outil. Marionnette. Malléable. Aucun regret d’avoir autrefois aveuglément suivi Anafiel contre l’inimaginable. Quêter des promesses en échange de son corps ou des indulgences de l’Avalon. Utiliser et être utilisée, les charnières d’une ascension dont les marches étaient jonchées de cadavres. Si le dégoût de tuer subsistait, s’arrimait à son crâne, il se corrompait devant l’inexorable poids de l’habitude. Ils avaient consacré un rejeton de l’Arène. Ils avaient coiffé une guerrière aux cuisses de velours. Ils avaient couronné une meurtrière.

« Ma maison. »

Et les corps alanguis. De l’or contre la jouissance. Des bijoux contre la tiédeur d’une union. Entre les draps de soie, elle avait reçu autant qu’elle avait donné. S’éprendre de la beauté dans la vérité qu’au matin tout serait identique : des parfums capiteux jusqu’aux moulures dorées des grandes portes. Dans son sein, elle portait tout simplement l’amour de l’acte. Plus qu’une catin, elle était l’Amante vêtue de son voile rouge et de sa nudité imparfaite ; porteuse des cicatrices d’un temps tout autant physique, mais dépourvu du baiser de la chair.

« Tout me sera rendu. Tout sauf Alois. »

Tirée une nouvelle bouffée pour faire grésiller le filtre. T. lui tendit un cendrier, lorgnant presque imperceptiblement sur le pistolet dont la crosse d’argent dépassait de la ceinture austère de l’Oracle endeuillée. La Putain bienveillante s’était endormie. De cette fraction de froideur mordante, l’homme sut. La chance n’avait été qu’une variable désuète sur le sol de l’arène et les victoires ne se devaient pas au destin. Il ravala sa bile.


La Ville et ses Seuils


« Qu’est-ce qui t’anime, chérie ? Qu’est-ce qui te retiens de devenir une Autre ? Après un an, t’as glandé dans pratiquement tous les quartiers. Tire au sort ! Fais-toi peintre ou diseuse de bonne aventure. Réinventes-toi tueuse à gages ou va paumer ton fric dans une shop d’opium. Je ne sais pas moi ! Ce n’est pas comme s’il te restait beaucoup d’alliés en vie et que tu tenais tant que ça aux bites de vieillards pleins aux as. »

C’est vrai, qu’est-ce qu’il la retenait ? Qu’est-ce qui lui restait ? La Ville l’avait vu naître. La Ville l’avait bercée. La Ville pourrait l’engloutir dans l’océan de ses âmes, l’abriter de ses incohérences architecturales et étrangler de ses tentacules grotesques la Mémoire de celle qui fut Reine. Elle vivrait d’oisiveté, raclant ses richesses éparpillées aux quatre coins de la Cité. Un autre nom, une autre vie, jusqu’à modeler cette Femme qu’elle aurait pu être.

« Ne me dis pas que c’est la vengeance. »

L’ivresse caressait sa gorge nouée, noyait l’âpre saveur de son échec. Rien ne roulait mieux sur le sol que la tête d’une reine fraichement tranchée. Cassandre adressa un signe discret au barman. Une autre bouteille pour cette nuit qui s’achevait. Il lui tendit comme autrefois elle avait tendu la sienne à Alois. Désinvolture. Désintérêt. Abreuve-toi et tais-toi, avait semblé dire ses épaules raides d’agacement. Un vin délicat, rouge tel le joyau emblématique de la maison, provenant de sa collection personnelle, et déposé à son attention, à la portée du frôlement de ses doigts. Il lui était destiné. Elle n’y avait jamais porté attention, occupée à comprendre pourquoi certaines de ses filles – ses favorites - ne survivaient plus à la tombée du jour. L’enfant – ou était-il déjà l’illusion d’un homme en devenir – épiait ses moindres faits et gestes, tel le félin devant sa proie, prostré sur le dossier de son siège carmin. Qu’avait-elle pensé à cet instant ? Qu’il valait mieux qu’il lape son présent ? Qu’il la délivre de l’accusation silencieuse de ses pupilles ovales ? Qu’il s’endorme ivre à ses pieds pour mieux laisser sa migraine en paix ? Peu importait à présent. Le vin avait été souillé. Une inodore condamnation qui aurait dû porter son nom. À l’aube, les ronronnements s’étaient tus. Même ses propres cris d'agonie lui avaient paru silencieux.

Peu de temps après, juste assez pour aiguiser sa patience, les Irlandais étaient venus. Dans le chaos des fondations s’effondrant, sous les ruines de la Maison Close, Cassandre avait disparu.

« Non. Je ne sais tout simplement pas quoi faire d’autre. »

Perdue dans la Ville. Seule.
Putain d'allégresse.
D'avoir déjà troqué son chagrin contre une paire d'escarpins.


Famille et Histoire


« Tic-tac. L’horloge tourne et notre petite affaire s’achève, ma chère. Bruit sec d’ongles cliquetant contre le verre. Au nom de cette fructueuse collaboration, permets-moi encore une indiscrétion. Ne me regarde pas comme ça ! Je suis un informateur prudent. Je recueille et je collecte, mais une fois la requête délivrée, ma tête perd un peu de sa valeur. L’envie me manque de finir ma course dans l’assiette d’un Saphir aux lubies nécrophages. Alors, dis-moi… »

T. s’inclina vers elle, leurs bouches à un soupir de s’effleurer, mais à une éternité de s’éprendre. Juste assez pour que son souffle perce les lippes sévères de l’Oracle, dévorante toxine suintant d’entre sa langue et ses mots, se déversant dans cette gorge de cygne. Le Chuchoteur. De son pouce à l’empreinte brûlée, il dégagea une mèche rebelle des yeux brumeux de Cassandre. Elle s’était figée, la gueule d’acier de son arme pointée contre le torse de l’homme. Une expiration en retard. Le venin décadent avait achevé son œuvre.

RP introductif


Derrière le masque (facultatif)


PSEUDO, PRENOM, SURNOM ? : Cassandre.

COMMENT AVEZ VOUS CONNU C.K ? : Un partenariat, de nombreuses années auparavant.

DES REMARQUES, DES QUESTIONS ? : Je crois que cette fiche méritait une petite refonte. Je supprimerai l’ancienne lorsque celle-ci sera finie et approuvée par le fouet sacré de notre cher staff.
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Messagepar Vhaal O'Doherty » 05 Juin 2018, 09:34

Je supprimerai l’ancienne lorsque celle-ci sera finie


Naaaaan ! Faut garder ! C'est précieux comme relique !

Puis Cassou. Cassou, Cassou. Cassou. C'est toujours un régal de te lire. Une véritable petite explosion d'inspiration que notre Oracle partie pour mieux revenir. :nyu:

Si jamais il y a un souci et tout ça, tu sais comment on fonctionne ! Même si, comme je suis une petite maligne qui a son œil partout, je sais qu'Arès t'a déjà rencardé. :pur:

En tout cas, tout, tout, tout plein d'inspi pour la refonte ! J'ai hâte de voir comment notre Majesté va remonter (et si c'est le cas !), sur son trône. :heart:
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Messagepar Vindikta Boylenero » 05 Juin 2018, 14:17

Re-bienvenue Cass' :nyu: Comme ne j'ai pas arrêté de le dire et répéter hier, ça fait plaisir de te revoir ! Puis contente que tu reprenne Cassandre en main, y'aura de quoi faire bouger, sortir le Rubis de son état amorphe. Le début est génial, ta plume est vraiment toujours aussi superbe :nyu: Hâte de voir ce qu'il s'est passé pour Cassandre durant tout ce temps. J'te souhaite un bon courage pour la suite. :gni:
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Messagepar Valeriana B. Kravt » 06 Juin 2018, 18:55

Je me suis faite gronder par Vhaal parce que hier j'avais pas posté sur ta fiche. Mais j'étais hyper méga fatiguée :uhu: Puis je voulais la suite !

C'est magique de relire Cassandre. De la voir revivre. Ca fait chaud au coeur puis ça rend un peu nostalgique aussi. Un saut en arrière. Des souvenirs et tout et tout.

Et ta façon de la poser. Ca n'a pas changé. Elle fait partie de ces personnages qui ont une aura. Une empreinte. Qui restent, n'ont besoin que de quelques mots pour s'incarner, exister.

Sa beauté. Sa classe Boyle. Son charisme. Ce n'est jamais dit. C'est juste...là. Ca s'impose, se ressent tout simplement. Puis la plume qui a quelque chose de lyrique et de noir. De baroque mais de réel, d'ancré dans la boue de la Ville.

Huhu, ça m'avait manquée je crois bien :pinkheart:

Je sais pas encore trop comment on va se débrouiller avec Vhaalouchka pour la petite (re)mise en bouche ! Mais bienvenue à la Maison :ayy:
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Messagepar Vhaal O'Doherty » 09 Juin 2018, 09:09

Par contre madame la plus chouette. J'ai vu passer un Irlandais dans votre fiche. Faut faire attention avec les marqueurs géographiques. A ce qu'il paraît, c'est pas autorisé ici. :pur:
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Messagepar Cassandre » 09 Juin 2018, 13:02

Vhaal O'Doherty a écrit:
Par contre madame la plus chouette. J'ai vu passer un Irlandais dans votre fiche. Faut faire attention avec les marqueurs géographiques. A ce qu'il paraît, c'est pas autorisé ici. :pur:


Ma réaction entre deux métros --> :affraid:
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