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#21
ALICE ERENESIS : Mécanique des fluides vitaux La plume d'Alice est si belle pour travailler au corps l'horreur la plus pure. Il y a une opposition complète, entre le fond malsain, sordide, et la forme qui se veut légère, gracieuse. Des tournures enfantines viennent parfois nous choquer. Des détails, anodins, tactiles, s'amusent à nous rendre vivace cette enfant au coeur noir. Une belle réussite que cet équilibre dans la plus douce des folie :heart:

"L'air s'infiltre, brûlant entre mes lèvres roses, et le corps de l'inconnue froide me quitte. J'ai une petite impression de chute, un tournis très léger, très amusant, et je voudrais qu'elle recommence. Je ris tout bas, tout doucement, en voyant la femme tomber. Une femme, une mère, et deux enfants qui ne sont pas celui qu'elle est venue chercher. La brune aux yeux noirs, mais si semblables aux miens, s'est relevée. Elle est vive, précise, une artiste en ses mouvements. Elle se peint en touches délicates, tantôt vives, tantôt languides. Et languissante, elle le redevient. La porte est close encore, verrouillée. La Glaciale parle, la mère hurle. Moi je me tourne tranquillement une mèche de cheveux autour d'un doigt, les yeux papillonnants sur mon petit vertige adoré. La jeune fille gelée soulève sa robe de neige et de sang, me tend une de ses griffes, que je prends d'un geste familier. Complice. Le manche du couteau roule entre mes doigts fins, et je souris avec tendresse aux yeux déchirés de terreur et d'incompréhension de la viande maternelle et vivante qui se traîne au sol, voulant reculer. Elle se met entre nous et son enfant, rampant à quatre pattes alors que je penche la tête de l'autre côté, que je lâche mes cheveux tous bouclés et tressautant maintenant. Comme si elle pouvait encore le sauver."

Re: Citations en or

#22
Ouh, je ne m'y attendais pas :ayy: Ca me touche, vraiment, venant de ta part. Il faut dire qu'avec Leah comme partenaire, ne pas être portée par le sujet serait une faute de goût !

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#23
Charles/Ambre tu es maudit ! A chaque fois que je lis un de tes texte je me dis, faut absooooolument que je le cite parce que c'est trop un bôgosse une super plume et à chaque fois une tuile de m**** me tombant sur la tête vient me couper dans mon élan. Mais aujourd'hui choupi, c'est le grand jour, et tu ne vas pas y couper :face:

AMBROSE (+ nom compliqué) : Singerie Adrien et toi (parce que oui vous vous ressemblez dans le style comme des frères) avez un talent assez fou pour les descriptions que j'envie. Moi qui ai tendance à me perdre dans des phrases trop longues, bourrées d'adjectifs, ne peut qu'être admirative devant la fluidité du style. Des phrases courtes. Limpides. Et qui pourtant suffisent à poser en quelques lignes de véritables tableaux, précis, à l'ambiance immersive.

"C'était une grande rue, une grande artère, avec d'un côté quelques habitations délabrées qui auraient pu être la sienne, et de l'autre un mur. Une muraille. Enorme, blanche, immaculée. Avec des barbelés sur le dessus. Derrière, une usine ; une riche, une puissante. Elle faisait des armes. Elle construisait du feu. Et d'elle naissait la promesse de tortures, de guerres, de morts. L'usine Spyrelios, fleuron de la noblesse Joyce et avatar de la puissance des Diamants.
Mais ce qui importait Ambrose se trouvait entre les murs : des lampadaires. Des lumières, plein ! Pour que la nuit n'existe pas, pour être toujours face au Soleil, aux nôtres, aux artificiels. Et que l'ouvrier ne dorme jamais.
"

Re: Citations en or

#26
DELIGHT : Fiche de Delight Quelle étrange personnage que Delight. Jamais les couleurs n'auront été aussi inquiétantes chez elle. Une fiche un peu déstabilisante. A deux niveaux l'apparence Funky, merveilleuse, hallucinée. Et puis si l'on creuse c'est tellement sombre, brisé. Ce long passage du texte m'a happé pour sa puissante gradation. L'impression d'assister à la montée en puissance d'une bombe sur le point de se fragmenter.

"Les gens qui n'étaient pas des nains criaient plus ! Plus ! Plus ! Ou quelque chose comme cela. Cela lui faisait mal. Très mal. Elle voulait qu'ils la laissent tranquille. Elle avait la tête qui vibrait fort et le sol paraissait trop loin. Ses yeux ne voulaient plus travaillés. Delight était en colère contre eux mais il y a tant de mal et de souffrance dans l'air, dans son ventre, dans sa tête. Il y avait des traces de petites pattes sur le sol, partout. C'était joli, toutes ces paillettes qui coulait telle une eau où il y a plein de poissons et que cela va vite, même ! Des sons désaccordés d'un violon jaillissaient comme des feux d'artifices. Et ça pleurait ! Et ça criait. Qu'ils se taisent, bon sang, elle n'arrivait plus à réfléchir. Repousser. Repousser. Jeter. Hors de soi. "

Re: Citations en or

#28
MOLOCH WOLFCRAFT : [Intrigue]Le règne des illusions. Comme elle a mûri la plume de l'héritier Joyce depuis ses débuts plus que prometteurs, pour s'incarner davantage violemment en les gènes sombres de la lignée Wolfcraft. Nette et précise, plus assumée et terrible, Moloch trace de profonds sillons sanglants dans l'histoire kravtienne avec une maîtrise nouvelle, une âme palpitante sous les mots et les cauchemars de son être qui le rendent effrayamment redoutable.

" Cela faisait des mois, des années. Que dans l'ombre, Moloch fourbissait ses armes, que l'on cueillait le mendiant et l'orphelin pour l'affubler d'une lance et d'une cuirasse, que l'on incantait dans les abysses les plus profondes de la forteresse Craft, que l'on contait aux enfants les légendes de Requiem Craft et de ses descendants, de Pénombre et d'Ivory. Deux décennies que Moloch ne rêvait que du fracas des combats, du souffle ardent d'une tour enflammée contre son visage, des hurlements d'une mère qui tient contre son cœur le corps sans vie de son enfant. Vingt putain d'années de préparation, de travail, de réflexion. Et tout cela pour ça. Tout cela pour ça ? "

Re: Citations en or

#34
Anafiel Boyle : Embers. Anafiel Boyle, c'est un peu mon personnage préféré, mon icône favorite, mon addiction douloureuse, mon plaisir secret. Car autant la plume de Kaprice se fait délice angélique et espièglerie mutine en incarnant la petite pianiste légendaire, me fait vibrer d'inquiétude et rire, attendrie. Autant, cette plume merveilleuse se drape d'une noirceur intime, d'une présence mâle sulfureuse et entêtante, délectable et jouissive en dépeignant cet homme aux dangereux charmes, insidieux, et à la puissance brutale, vénéneuse jusque dans son sourire en lame d'épée. Anafiel m'envoûte, me fascine dans ses cohérences tangibles, ses faiblesses sombres et touchantes, beau à se damner même dans ses errances. Toujours viril, désirable et intimidant, il incarne l'homme, le vrai et à chaque fois, je le lis, le cœur suspendu, le corps au bûcher de ses ivresses brûlantes, capiteuses, mortelles.

Il m'a été difficile de choisir quels morceaux mettre en valeur dans la vaste bibliographie de ses œuvres, la multitude passionnantes de ses interventions, ses introductions théâtrales et précises, scandaleuses ou sophistiquées. Un sens aigu des détails et des visuels extrêmement percutant qui mettent sous tension les mots de sa nuit, les tortures dévorantes de son âme. Anafiel est un peu l'homme dont l'amour ou la haine scelle le destin des femmes qui l'entourent ou l'approchent, alors quelle plus belle illustration que sa relation maritale avec sa chère Kinna pour (re)découvrir ce personnage formidablement singulier ? Je vous préviens, je ne suis pas responsable des coups de foudre qui pourraient ensuite survenir... :pur:


" « -Je crois que nous devrions parler Kinna. Cela fait tellement longtemps que nous ne nous sommes pas retrouvés en tête à tête. » Cette même voix douce au timbre maîtrisé qui jurait avec l'horreur de la mise en scène. Les ronces encrées, matérialisées sur le sol continuaient à ramper sur le sol autour des souliers cirés de l'homme. Elles traçaient une toile étrange de filins d'ombres vénéneuses. Un quadrillage discret et pourtant tellement obsédant dans ses grouillements serpentins. Elles le suivirent lorsque se détournant de sa blonde épouse, il fit quelques pas en direction d'une commode. Conscient de l'intensité du regard de la bonde fixé sur son dos, il se déplaçait pourtant avec calme. Sans se presser, comme si ces longs silences qui s'installaient entre deux répliques n'avaient rien de gênant. Un léger couinement lorsqu'il ouvrit le tiroir supérieur du meuble. On l'entendit fouiller, repousser quelques papiers, puis enfin, son ombre masquant toujours le détail de ses gestes, il referma le tiroir avec soin. Sa cigarette coincée au coin de ses lèvres s'était à moitié consumée. De petits flocons cendres s'en décrochaient régulièrement, pour tâcher de gris le luxe des tapis. Lorsqu'il refit face à l'élégante Boyle, il tenait un pistolet automatique dans sa main gauche, et un chargeur alourdi de balles dans la droite. Il enfonça le second dans la crosse. Un déclic sonore résonnant lugubrement dans le salon, prévint que l'arme était chargée. Otant le cran de sûreté, il fit ensuite jouer la culasse en arrière pour faire monter un projectile dans le canon. « -Mais avant que nous commencions à discuter, j'aimerais te poser une question à laquelle tu vas prendre le temps de répondre très soigneusement. » "

Re: Citations en or

#35
Merci Maraaaa tu es une amour :oops: Mais Naf, est surtout et avant tout, ton idée, et il n'a pu se construire, trouver son "style" qu'au contact de la divine, érotique plume de ta Kriss (qui me manque :( ) Heureuse de voir qu'il ne s'est pas trop rouillé avec le temps. Même si avouons le, il n'a plus l'énergie virile, de ses débuts :?
* * *
CANDY : Sombre Luxure Je ne me suis jamais cachée d'être amoureuse de la plume Candy. Elle a une façon si originale, tactile et attachante de faire vivre ses personnages. Mais ce texte en particulier est un des plus beau qu'il m'ait été donnée de lire. Parce qu'il marque une rupture, une cassure chez sa personnage. La petite chatte, joueuse, provocante, se fait pour la première fois attraper et violenter. Et l'on ressent une telle empathie à la lecture, que tout du long, j'espérais qu'elle allait s'en tirer, s'échapper ; Jusqu'à parvenir aux derniers paragraphes, d'une noirceur, d'un abandon encore inconnus chez Candy.

"À force, tu avais fini par croire à ta liberté, ton indépendance, ta particularité, le privilège de ta condition. Ce soir, tu es ramenée à la réalité, brutalement, violemment et la tête te tourne. Ton teint, pâle et livide, n’exprime que peu encore, toute la peur qui continue de s’insinuer en toi. Pourquoi es-tu là ? Pourquoi Iris n’a pas donné pour consigne de te laisser tranquille ? Pourquoi le Fou n’est pas là pour te protéger, toi qui t’es offerte à lui, qui en est tombée amoureuse, qui lui a déclaré ta flamme, à travers la fougue que tu as su lui témoigner, dans cet ébat qui t’a marqué pour la vie. Tes doigts, légers, agiles, glissent sous ta chemise de nuit, effleurent cette citation, gravée dans ta chair, sur ta fesse…

*Graviora manent, le pire est à venir…*"

Re: Citations en or

#38
ARMAND ERENESIS : Island of Domination Un très beau topic, tendre et sauvage entre deux personnages dont les tourments se croisent, s'enlacent sous les ombres envoûtantes de l'Onyx. Un passage tellement Kravtien, où la magie s'associe au sexe, ou la souffrance devient guérison. D'une tension hypnotique, notre nécromancien chéri dégageant une confiance charismatique. Dangereux, toxique, révulsant, et pourtant si séduisant :heart:

"Mais avant tout chose, bien que son corps entier vibre à l'unisson pour le corps de l'éphèbe devant lui, Armand avait quelque chose à faire. Jamais il ne venait à lui sans commencer d'abord par ce rituel. Sortant sa dague sacrificielle de son fourreau, il s'éloigna doucement de lui, gardant son front posé contre le sien alors que le baiser se terminait avec un arôme d'inachevé. Prenant délicatement son avant bras dans sa paume, Armand ne quitta pas son amant des yeux en glissant la lame entre ses chairs, déchirant pourtant avec douceur, la fine peau opalescente jusqu'à ce que coule le nectar vermeil. Retirant sa lame, l'Erenesis la porta doucement à sa bouche et fit glisser sa langue sur l'acier tranchant pour savourer le liquide. Puis il tendit la lame à Judas : il savait ce qu'il devait faire, la planter suffisamment profondément en lui pour que coule le sang et la lécher à son tour. Ses blessures s'évanouiraient, ses contusions disparaîtraient et s'il ne pouvait effacer totalement les mutilations de son être, il rendait au moins de la pureté à son corps malmené. "

Re: Citations en or

#40
WAYNE CARMICHAEL : L'Ankou Wayne est un personnage habité, à la plume rare et précieuse. Il se dégage de ses textes, une insondable, terrifiante mélancolie. Son abandon total, sa gentillesse un peu sordide, sont si touchant. En fait pour un "presque mort" il est si vivant et humain.

"Le thanatopracteur se dit que ce ne serait pas un luxe d'avoir un peu d'aide. Hugo était déjà exclu de l'équation. Le pauvre ne saurait pas retrouver par lui-même une usine dans un terrain vague. Il fallait donc chercher ailleurs. Wayne avait déjà avalé des billes de monoxyde de palladium, avait déjà donné son poumon gauche ( ça avait pris une éternité pour s'en greffer un autre) et avait alimenter nombres de charniers, tout cela parce que ses employeurs le demandait. Il subirait tous les mauvais traitements du monde au centuple plutôt que de perdre son temps à chercher chez les vivants."
cron