In The Name Of God ~ Refonte (Terminé)


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Messagepar Kaïn » 02 Fév 2018, 15:48

Kaïn


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Fiche d'identité


NOM COMPLET DU PERSONNAGE : Autrefois Sir Alexandre de Lamberry, deuxième dans l'ordre de succession de la famille Lamberry et chevalier du Saint Ordre prêchant la parole sacrée des cieux. Désormais, Kaïn, l'ombre deux immenses ailes blanchâtres qui orne les cieux.

AGE : Trente cinq ans.

ASCENDANCE, FACTION et RÔLE : Les cieux furent son refuge, lui qui pourtant n'était qu'une épée de plus dans les rangs célestes. Et les étoiles, ses lumières qui ont su dissiper l'obscurité hors des remparts de son âme. Il resplendit sous leurs lueurs apaisantes, embrase son être tout entier à cette foi vertueuse. Bon samaritain pour certains, exterminateur pour d'autres, il suis sa propre morale au delà des ténèbres qui gâchent sa vue. Fait respecter son credo rédempteur par delà les voies stellaires. Agite sa lame comme un flambeau dans la pénombre. L'Opale est son nirvana et il en est un salvateur.

Eveil et Magie


Tout semblait si noir. Si confus, à l'abris de cette lumière salvatrice dont il était l'adorateur. Naviguant si bas, si loin, dans ces contrées où tout n'était qu'ombres et chuchotements. Le Seigneur l'avait-il banni à tout jamais de ces terres sacrées ? Il lui avait pourtant donner sa vie, fait offrande de son épée qu'il maniait comme son âme. Sa dévotion était grande et sa volonté, sans faille. Rien ne pourrait se mettre au devant du chemin de sa foi, rien ne pourrait entraver le glaive de cette justice sainte. Seulement, un cri, de l'eau, froide, glaciale même qui vint asperger son visage. Faisant se soulever son torse nu au rythme d'une respiration lourde, saccadée. Reprendre son souffle de manière aussi rude avait bien faillit le faire s'étrangler par la moindre filtration de l'air dans ses poumons. Un air moite, humide, bercé d'odeurs d'encens. Des effluves qui le répugnait.

« C'est l'heure de se réveiller, mon mignon. »

Une voix, masculine. Qui ne tranchais pas avec ce décors qui bientôt se planta sous ses yeux. Une chambre, aux décorations d'un rouge profond. Rideaux et tapis de velours. Et des coussins éparpillés au centre de la pièce, où se tenait une femme à la beauté sculpturale, vautré dans ses bijoux d'ors qui luisait aux faibles lueurs tamisées. Alanguie d'une posture aguicheuse, sa longue chevelure noire effleurait ses dunes de chairs parfaitement arrondies. Une femme venait se glisser entre ses cuisses ouvertes, alors qu'une autre quémandait désespérément un baiser, comme un chiot réclamais la caresse de sa maîtresse. Elle lui accorda, enroulant sa langue serpentine autour de la sienne, puis se dégagea à sa prise. Femme voluptueuse, reine de luxure dans ses habits cachant à peine son épiderme. Elle repoussa la femme contre elle d'un coup de pieds, puis se releva. Démarche féline, la tête haute, alors que ses hanches roulaient de façon aguicheuse pour s'arrêter au côté de l'homme sous ses yeux.

L'endroit suintait la luxure, autant que ces deux êtres face à lui. Masculin. Féminin. Et pourtant complémentaire dans leurs indécences. Alors que la beauté d'ébène glissait une main taquine sous la chemise de l'homme à la crinière d'ébène. Ses deux pupilles étaient insondables, comme un mur noir auquel il ne pouvait que s'heurter. Mais il comprenais, que ces deux êtres à la beauté et à la débauche surnaturelle était des suppôts de Satan. Et cet endroit, dans lequel il se trouvait, n'était qu'une antre parmi des milliers d'autres. Alors, était-ce ça qu'il avait mériter, après tant d'années à combattre le mal par le bien ? À tenir dans ses mains le glaive des paroles saintes de son Dieu. Non. Il n'en croyait rien. Cet enfer n'existait pas et tout ce qui pouvait s'y trouver n'était qu'un songe. Dieu venait éprouver sa foi, voir l'étendue de se bravoure pour le confronter dignement aux terres de l'empyrée.

« Tiens. Celui-là ne demande pas où il se trouve. Étrange. »
« Peut-être as-t-il envie que l'on s'amuse avec lui. »
« Cor mundum crea in me Deus et spiritum rectum innova in visceribus meis. »

Psaumes salvatrices. Prières basses alors que l'étau de cet enfer ambré refermait ses serres sur son âme condamnée. Récitant tout bas les louanges de son Seigneur adoré. Il faisait face aux atrocités que l'ont avait mise sur son chemin. Cette indécence même qui coulait dans leurs veines, leurs sangs condamnés à l'éternité de ces tourments infernaux. Ils n'étaient que des pions d'un maître vil et corrupteur qui avait été banni à tout jamais des terres saintes. Des soldats aux âmes dégénérescentes qui voulait prendre ce qui ne leur appartenait pas. La lumière et la gloire du firmament, ce que le Créateur avait donné, l'avais repris à sa juste valeurs. Les êtres noirs courberaient l'échine face à leurs péchés dépravés. Ils n'étaient rien, que des mots, des songes évanescents qui entravaient la justice incandescente du feu sacré.

« Si c'est ton Dieu que tu cherche, il n'existe pas. »
« Blasphèmes ! »
« Ouh... Je crois que j'ai toucher une corde sensible, n'est-ce pas ? »

Le vil corrupteur à la langue serpentine l'avait fait sortir de sa torpeur. Il allait à l'encontre même ce que lui dictait les textes saints. Ce que son credo lui dictait, bien au delà de simples croyances, c'était ancré à même son âme. Ses veines irradiantes de haine à l'encontre de ces créatures funestes. Il avait vécu dedans depuis son plus jeune âge, dans un monde lointain où la lumière s'efforçait de garder de son éclat, Même face aux impies et aux infidèles. Plongé dans les rites, les cathédrales baignées des lueurs des cierges et de leurs cires dégoulinantes. Le feu purgeur réchauffant les forges, les marteaux éclatant contre l'acier des lames battues sur les enclumes. Les prières enseignées, récitées, autant de fois qu'il le fallait, jusqu'à ce qu'elles soient aussi naturelles que de simples paroles. Le bruit des chevaux remuant la terre et les glaives s'entrechoquant dans la peau infâme de ses apostats.

« Tu as été vendu aux seigneurs de l'Ambre. Tes croyances ne sont riens, ici. Nous recherchons ceux dont l'éclat jamais ne meurt. Tu est l'un d'entre eux, n'est-ce pas ? De leur sang. Si tel est le cas, tu devra périr. »
« Le Seigneur vous punira pour un tel affront. Laver vos péchés est un crime même à l'encontre de son autorité. Vous ne méritez ni pitié, ni miséricorde. La mort est la seule issue pour des êtres aussi infâme, tel que vous. »
« Bien. Je vois que monsieur est enclin aux hostilités. Fallen, à toi l'honneur très chère. »

Ici bas. Sur ces terres gorgées par la déchéance et l'infamie. Tout semblait si sombre. Si lointain de la clarté épurée des cieux. Et pourtant, la mort ne lui faisait pas peur. Jamais. Car il le savais que jamais il n'aurait céder à cette bassesse impure et dégradante. Il aurait respecté ses paroles, du début jusqu'à la fin de son existence. N'aurait jamais entraver ses lois divines et vertueuse. Et même lorsque la langoureuse vipère d'ébène s'approcha de lui, il ne cilla pas. Ne dit mot. La peur n'était rien, pas même un souffle frôlant son échine. Car son Dieu était avec lui et sa prise réconfortante, chaleureuse, imbibée dans son âme errante. Mais la tentatrice avait bien d'autres idées, comme celle de venir se lover contre lui pour caresser d'un geste lascif son antre-jambe. Il vit rouge. Attaquant à cette intruse qui venait de franchir les barrières de ses limites. Portant ses canines entre sa gorge et son épaule, jusqu'à en voir sa peau se recouvrir de teintes rouges. Elle poussa un cri dément, reculant en sifflant sa haine, alors qu'était resté le morceau de chair entre les dents de Kaïn qui le recracha bruyamment au sol.

L'homme en noir, alors, qui n'avait pas bouger jusque là, déploya d'immenses ailes laquées de noirs, aux plumes aussi tranchantes que l'acier, qui vinrent effleurer la peau nue de son cou. Le forçant à reculer son visage en arrière sous la menace d'y laisser sa tête. Ce qu'il aperçu dans son regard ce soir là, ne fut que tourments et gouffres. Deux pupilles rondes de néants tournoyants sur eux même. Il n'y avait rien. Même une once d'émotions ou de ressentis. Seulement un vide où ne se trouvait aucune âme. Des volutes noirs s'échappaient de son corps, comme une seule et même ombre faisant s'éteindre les bougies à son passage. Le reflet de sa monstruosité. Mais il n'avait pas peur. Pas maintenant, dans ces abysses, alors que sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Parce qu'il rejoindrais les plaines de lumières, là où l'attendait ses camarades trépassés.

« Tu dois, mourir, le Croyant. Mais pas maintenant, pas aujourd'hui. Ce serais un privilège de t'offrir une mort sereine. En attendant, tu vas souffrir. Ici-même. Et à chaque jour qui passeras, tu regrettera de ne pas t'être mis à genoux devant moi pour me demander de t'offrir une mort rapide. »

~~

La pièce était sombre. Comme ces geôles dont autrefois il fut gardien à plusieurs reprises. Les murs de pierre froide, comme une lame tranchante. Et ses poignets, reliés à des fers qui lui mordait la peau, jusqu'à l'en faire saigner. Il était à bout de souffle, usé. Comme si son âme, en même temps que son corps était sur le point de se rendre. Capituler face à l'ennemi. L'abandon était tentant et si facile. Il suffisait d'un pas, d'une seule parole pour y céder. Et pourtant, il tenais encore bon. S'accrochait à ce qu'il restait de sa vie. Il avait tout perdu, tout. Et même encore là, aux pieds du gouffre, plus rien ne pourrait le retenir. Plus rien ne pourrait lui donnait de nouveau l'énième flamme qui autrefois avait fait battre son cœur, faire se mouvoir son corps comme une arme prête à trancher tout ce qui se trouvait devant lui. Il se sentais défaillir face à tout les moyens qu'il avait employé contre lui. La torture, atroce qui avait ronger sa peau jusqu'à la balafrer.

Et ces questions, qui sans cesse, revenaient. Est-tu un fils des étoiles ? Est-tu de ceux dont l'éclat ne meurt jamais ? Tu sais que tu vas mourir, n'est-ce pas ? Pourquoi continue-tu à te battre ? Il y as-t-il encore quelque chose qui te retiens à ce monde ? Si oui, quoi ? La Foi ? Non. Ta Foi est morte et n'existe pas ici bas. Elle n'est rien. Que poussière et déchéance. Voilà ce que tu est. Un fils de la poussière.

Il se sentais lamentable, pathétique. Repensais à tous ceux dont les derniers regards s'étaient posés sur lui. Tout ses compagnons dont les corps livides reposaient six pieds sous terre. Ces deuils, consumés, comme ces vies, trop vite perdues, éphémères, qui avait succomber le long de sa lame. Et cette femme, dont le regard d'émeraude ne lui parvenait plus. Celle qu'il avait repoussé tout en sachant que jamais il ne pourrait la combler. Ah oui. Qu'il se sentais faible. Vulnérable. Lui qui voulais tant protéger tout ceux qui avait su frapper son âme et son coeur. Tous ces proches perdus, que jamais il ne verrait de nouveau. Son bouclier n'était plus et sa lame, dont l'acier avait rouiller n'était plus que misère. Et l'éclat de la Foi, s'éteignait, comme la lueur d'une bougie vacillant au moindre coup de vent. La fenêtre était ouverte et venait faire s'éteindre ses dernières lumières. Alors il s'éteint. Contre ce mur froid, la tête rejeté vers l'arrière et ses yeux se fermant sur un gouffre de néant.

Mais dans ce sommeil réparateur, ses blessures se soignèrent d'elle-même. Et quelque part, dans un coin de sa conscience. La flamme s'alluma de nouveau. Comme un flambeau porteur d'une lumière bénigne. Ses mains n'étaient plus lourdes et brisèrent d'un simple élan les chaînes de fer. Son seigneur ne l'avait donc pas abandonné ? Il demeurait là, quelque part, à veiller sur lui. Mais sa voix était faite de silences. Et pourtant, alors qu'il se relevait douloureusement, une paire d'aile d'un blanc lumineux apparurent dans son dos. Non avec des sensations physiques pénibles, mais plutôt avec douceur. Comme la caresse d'une main sur sa peau. Des plumes, d'une lumière incandescente irradiait dans toute la cellule. La dernière flamme vivait, pour bientôt étreindre les étoiles.

Description


Je ne suis pas un justicier. Ni même l'un de ses hommes qui retire la gloire de leurs exploits. Je ne me suis jamais considérer comme étant un bon samaritain, ni même un homme aux vertus extraordinaire. J'ai tué, bien des personnes qui ne méritait pas ma colère, j'ai pris des vies parce que mes devoirs en résultait. J'ai péché pour avoir considérer leurs vies comme n'étant que de simples entraves à une quelconque justice divine. Autrefois je voyais mes croyances comme un but dans mon existence, un moyen de m'éclore, m'épanouir du bout de cette lame sacrée que je maniais comme s'il s'agissait de mon âme. Mais en réalité je n'étais bercé qu'entre mensonges et jeux de dupes. J'étais le pion, dans l'échiquier des plus grands. Un soldat de plus pour ces hommes obnubilés par le pouvoir et les terres. Une chair à sacrifier à leurs guises, à faire s'étreindre dans les bras de la mort. Je ne m'en étais pas rendu compte, n'avais jamais pris conscience de cette réalité masquée. Tout n'était que duperies, mascarades. Violence et horreur.

Homme de foi, fut-il. Homme de parole, fut-il. Il l'est. Le demeure, toujours, éternellement. Parce que sa nature est faite ainsi et que le Bien, est son credo. Mais le Bien résulte parfois du jugement aveugle des personnes qui pense le connaître. De ceux qui prétende agir en son nom, alors qu'ils ne servent que leurs propres causes. Il fut aussi l'un de ces hommes là, qui se prétendait serviteur fidèle des cieux, mais qui en réalité servait une cause immorale. La guerre pour la sainteté. La gloire pour la reconnaissance. La violence pour le pouvoir. Il y avait toujours un échange, un équivalent. De cela, Kaïn n'en désire pas, n'en a jamais éprouver le réel besoin. Il se contente, se suffit de ce que lui apporte sans réclamer quoi que ce sois. Il donne sans jamais réclamer en retour. Aide, parce que c'est ainsi que sa vision du Bien se détermine. Protège, parce que c'est bien plus un devoir, c'est une réelle envie. Aime, parce que c'est ainsi qu'il remercie toute ces personnes, ces visages auquel il s'est attaché inconsciemment et que l'amour, bien que parfois éphémère peut se révéler être une grande motivation. Mais parfois il perdure et ce sans arrières-pensées. Car Kaïn n'est pas vil et même si trépasse bien des créatures sous sa lame, il n'en demeure pas moins un humain qui tend à une certaine rédemption. Pardonner ses crimes passés, ses vies gâchées, épuisées, consumées.

L'être ailé qui aspire aux étoiles demeure homme. Et comme tout homme, se tend à certaines faiblesses qu'il tente de combler par des forces, qui elle aussi finissent par devenir faiblesse. La perfection lui est hors de portée, mais il n'en enrage pas. Car il sais, que l'équilibre se doit d'être droit, avec ses lacunes, ses qualités. Sage l'est-il aussi. De pars ses voyages, ses contrées visitées, ses marches nocturnes, ses rencontres. L'apprentissage éternelle d'une vie qui s'investie, se construit au détour d'une taverne à demi-éclairée par quelques lueurs tamisées, dans la nuit où rôde créatures grouillantes dans l'obscurité alors que sa lame éclaire la pénombre. Il suffit d'un rien, d'un tout, de quelques détails pour prendre l'importance d'une chose qui lui demeurait vague autrefois. Il y avait toujours la Cause. Le mais. Le pourquoi. Le comment. Un jugement entravé par des principes bafoués. Demeurés vagues, sans jamais en trouver le vrai sens. La vérité.

Un esprit sain, dans un corps sain. Tel fut les prémices de sa vie. L'entraînement, très tôt, à un âge où d'autres se pressaient à l'école pour apprendre à lire et à écrire. Fils d'une famille noble, il apprenait tous les rudiments que l'existence avait à offrir. De pars ses professeurs qui lui instruisait littérature, civilité, intelligence, force. Très tôt, très jeune, là où le garçon pouvait se modeler facilement et rapidement. Où l'esprit n'était pas encore assez clair pour dissimuler ce qu'il souhaitais réellement. Les principes fondamentaux de la chevalerie, l'art de l'épée, de la lance et du bouclier. Puis un jour le jeune homme devint un chevalier. Grand et fier dans son armure et son bouclier ornant les armoiries de sa famille. Une crinière blonde, courte, coupée à rat. Des yeux d'un bleu limpide, translucides où se mêlaient lumière et ombres. Et un corps forgé à même les codes. Précis, strictes. Rigoureux. Et ce sans répit, aucun. Car il se devait de servir la Cause et lui porter un dévouement aussi grand, que ses propres intérêts se faisait second.

La Ville et ses Seuils


Cathédrale de verre. Chef d'oeuvre à ses yeux. Palais d'une architecture signée d'une main de maître. Avec les reflets troubles de ses astres étincelants. Épuré, délavé, incolore. Aux murs transparents, laissant deviner l'agitation de quelques enfants se bousculant joyeusement. Il entendait leurs rires, à ces marmots qui aimait lui donner du fil à retordre. Orphelins. Et parents que la Ville n'avait pu épargner, ou bien que d'autres avait délaissé au delà des frontières des Seuils. À chaque bonheur son propre lots de tristesses. Mais ce n'était pas une fatalité, car la vie continuait et avec eux, cette jeunesse qui ne faisait que s'épanouir au contact des étoiles et de leurs lumières chaleureuses. Il avança, drapé dans sa longue cape noir qui effleurait le sol d'une caresse aérienne. Contournant quelques fontaines aux pierres vaporeuses d'où s'écoulait une eau semblable aux lagons. Puis les marches, menant tout droit à un petit nid douillet de toute ces petits visages aux joues rondes.

Ses enfants qui lorsqu'ils le virent retirer sa capuche vinrent se jeter dans ses bras. Leurs petites mains s'accrochant à son pantalon sombre. Et les siennes, venant fourrager quelques unes de leurs mèches éparses et faire naître des sourires rayonnant sur leurs lèvres. Il aurait sûrement fait un père formidable si ses propres principes n'entraient pas en compte avec ce statut familial.

« Kaïn ! Kaïn ! Dit, dit tu vas encore chasser des gros monstres ? »
« Tu as ramené nos pâtisseries ? »
« Dit c'est vrai que ton épée fait des flammes ? »
« Vous savez quoi ? Aujourd'hui, c'est vous les vilains monstres et je vais venir vous chasser, groaaaar ! »

Levant ses mains recouvertes de mitaine dans les airs et mimant une expression cruelle en poussant un cri rauque, ils fuirent en riant et en prenant leurs jambes à leurs cous, se dispersant dans toute l'église. Une femme était restée là, spectatrice, les mains sur ses hanches, aux joues parsemées de tâches de rousseur et à la longue chevelure de flammes. Tenant un bambin entre ses bras qui suçait son pouce nonchalamment, un autre s'accrochait à sa robe, cachant timidement son visage en apercevant les grands yeux bleus du guerrier à la carrure bien bâtie.

« Judith. C'est un plaisir de te voir. Et bonjour toi. »

Il effleura l'arrondie de sa joue, avant de lâcher un rire en voyant le bambin cacher son visage contre l'épaule de la jeune femme.

« Kaïn. Tu n'imagine pas à quel point cela me rassure de te voir. »
« Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre dans ta lettre. Que se passe-t-il ? Tu sais que tu peux compter sur moi pour te donner un coup de main avec les enfants. »

Le visage pourtant rayonnant de la jeune femme venait de prendre des teintes livides, comme si elle venait d'apercevoir un fantôme sous ses yeux. Judith s'occupait de ces enfants depuis qu'il avait franchis les Seuils de cette Ville, elle était une amie qu'il appréciait grandement. Entre autre pour cette patience d'acier qu'elle pouvait avoir avec tous ces enfants qu'elle recueillait sous son aile. Et la plupart d'entre eux ne lui facilitait pas la tâche.

« C'est Danaël. Tu sais à quel point il est turbulent. Il s'est disputé avec Eva, ce matin. J'ai bien cru qu'il allait lui arracher la moitié des cheveux. Tu l'aurais vu, le visage et les yeux rouges de larmes. Enfin, après ça, il est partis sous le coup de la colère. Il as parlé du quartier Perle, qu'il devait se rendre là bas pour une quelconque affaire. Je ne sais pas. Mais je m'inquiète, il n'est pas rentré et la nuit commence à tomber. Tu pourrais me rendre ce service, s'il te plaît ? Ramène le. »

L'inquiétude était palpable dans sa voix. Il pouvait la ressentir, par tous les pores de sa peau, comme ses yeux presque larmoyant qu'elle posais sur lui. Elle était attachée à tous ces gamins, comme une mère pouvait l'être et tenter d'en prendre soin, au delà de leurs caractères bien trempés. Il connaissait Danaël pour avoir déjà vu le garçon à plusieurs reprises en compagnie de celle qui se faisait appeler Eva. Les deux adolescents étaient plutôt proches, peut-être amants. Mais le jeune garçon donnait du fil à retordre à son entourage et des sueurs froides à Judith.

« Je vais le ramener, ne t'en fait pas. Mais j'aimerais parler à Eva d'abord, tu sais où elle se trouve ? »
« La dernière fois que je l'ai vu, elle se trouvais dans les jardins. »
« Allez, occupe toi des enfants. Tu reverra Danaël, ce soir. J'en fait le serment. »

Jetant un dernier regard à Judith, il s'élança dans les jardins. La pauvre femme, même au delà de ses paroles réconfortantes devait se faire un sang d'encre. Il l'a connaissait, elle et ses manières de mère poule envers tous ces gosses. Traversant les cloîtres de verre, porte après porte, il se retrouva enfin au dehors, dans les immenses jardins où se tenait des labyrinthes de fleurs et de quelques ruisseaux traversant les monceaux de terres. Miroir de flaques, grouillantes d'eaux, où se reflétait le crépuscule levant ses premiers astres brillants. S'élançant dans la verdure, après quelques chemins de fleurs, il trouva la jeune femme près d'un bosquet, assise sur un banc à la couleur du calcaire. Il l'observa un instant de loin avant de s'approcher, celle-ci semblait sécher ses larmes dévalant sur ses joues pleines de vigueur. Puis enfin, dès lors, il s'avança discrètement.

« Eva ? »

Celle-ci eut un sursaut, son regard se relevant promptement pour croiser les deux orbes d'azur de Kaïn.

« Oh.. Kaïn. Je ne vous avait pas vu venir... Excusez-moi. Je dois être dans un état lamentable. »
« Ne t'en fait pas. Je suis seulement venu te demander ce qu'il s'est passé avec Danaël. »

Séchant ses joues humides du dos de la paume, elle avait relevé son regard vers l'horizon. Comme si elle était la seule à pouvoir entrevoir ce qui se cachait au delà de la brume envahissante. Puis elle paraissait hésitante, remuant nerveusement ses doigts les uns contre les autres, mordant sa lèvre inférieure. En proie à un combat intérieur.

« Si je vous le dit, vous promettez de ne rien dire à Judith ? »

Kaïn était resté debout. Les bras relâchés le long du corps en attendant une quelconque explication et à la place, elle lui demandait de garder ces secrets. Il ne savais ce qui avait pu arriver, mais une chose était sûre, toute cette histoire commençait à prendre une tournure intéressante. Pour lui bien sûr, car il était un fervent chasseur de secrets et sa curiosité le poussait parfois dans des endroits aussi mystique que dangereux. Après tout, cette Ville était là pour qu'on en découvre l'histoire.

« Je ne dirais rien, si c'est ce que tu souhaite. »

Elle hocha la tête, regagnant un entrain de confiance, puis s'élança dans un souffle.

« Danaël et moi sommes allés en Perle une fois. Il disait toujours que cet endroit lui plaisait et qu'il aimerais quitter la Cathédrale pour le rejoindre. Il m'as dit qu'il aimerais m'y amener pour que nous puissions vivre là bas et nous, nous sommes disputés. »

Kaïn était venu s'asseoir à ses côtés, levant son regard vers la brume teinté de noir qui se dessinait dans l'horizon. Il avait un mauvais pressentiment.

« Pourquoi ? Tu pourrais tout de même le revoir. »
« Danaël est... Obnubilé par cet endroit. Il dit sans cesse que des voix l'y appellent. Qu'elles murmures son prénom dans son sommeil. Je n'ai aucune idée de quoi il s'agit... Mais récemment tout s'est intensifié et il ne pensais plus qu'à ça. Repartir de nouveau, pour ne plus jamais revenir. »

Des voix ? Ses sourcils s'étaient froncés et il semblait réfléchir à d'éventuelle réponses à cette énigme qui se présentait face à lui. Un mage de charme aurait très bien pu s'approprier son âme au premier regard pour le plonger dans ses songes de brume, mais l'effet n'était pas permanent. Un buveur de sang, peut-être ? S'il avait déposer sa marque sur lui, c'était une option envisageable. Bien que cela dépendait de la Décadence et à chaque Décadence ses propres effets. Que ce sois morsure ou autre.

« Je n'ai pas voulu le suivre, car... J'avais peur. Peur de ce qui aurais pu se passer une fois là bas. Et l'Opale me conviens. Je veux rester ici, auprès de Judith, m'occuper des enfants avec elle. »
« Je comprends mieux désormais. Danaël et toi, vous, vous aimiez, n'est-ce pas ? Si c'est le cas, tu le reverra. Je pense que l'amour... est une chose à laquelle on ne peux échapper. Bien que je ne sois qu'un novice dans le domaine. Je le pense, vraiment. »

Il se releva, sa cape remuant à son passage et venant frôler délicatement le sol.

« Je vais le retrouver. Ne t'en fait pas, d'accord ? Allez et fait moi un sourire. Je ne veux plus de ces larmes sur ton visage. »

Regagnée par l'entrain des paroles de Kaïn, elle releva vers lui un sourire éclatant.

~~

La brume était omniprésente. S'infiltrait partout, dans les rues et ruelles, virevoltant au dessus des toits recouverts de givres, teintant les vitres blafardes de son manteau opaque. Les spectres dansaient, tournoyaient, comme s'ils étaient pris d'une frénésie soudaine. Le quartier était désert, même au delà de la brume vorace qui menaçait de dévorer le quartier dans ses affres. Tous ses esprits affolés, qui s'agitaient d'un seul et même corps. À l'unisson dans cette folie frénétique dont ils étaient pris. Les terres mystiques avait beau être mystérieuse et receler bien des mystères, en cette nuit, Kaïn savais que quelque chose remuait, ici bas, dans ces nuages grisâtres. Qu'une force se vidait, tendait vers une dégénérescence que le quartier ressentais par ses moindres mouvements désordonnés.

Mais il s'avançais, laissant traîner ses bottes sombres contre les pavés et bientôt, sentant sous ses pieds des monceaux de terres, sentiers d'herbes le menant vers une clairière parsemées de petites créatures grouillantes qui se cachait derrières les arbres. Délaissant leurs minuscules traces de pas dans la terre humide. Il entendait le bruit de leurs voix fluettes intimidée par sa simple présence. Perle n'aimait pas les étrangers et encore moins ceux qui voulait venir débusquer ses mystères. Mais il n'était pas venu pour ça, pour prendre des secrets à ceux qui les détenaient depuis des milliers d'années. Et parfois, certains mystères valaient mieux d'être gardé à double-tour plutôt que d'être révéler au grand jour. Il en avait déjà fait l'expérience. Dans un Ailleurs, par delà ces Seuils qui l'avait mener à ce monde étrange, coupé de la réalité. Ou était-ce peut-être là bas, qu'il avait été couper de la réalité. Que jamais il n'avait pu apercevoir le monde comme il le voyait aujourd'hui. Dans ses moindres détails, avec sa magie, sa Décadence, ses secrets.

La Ville était parfois pour lui comme un mage à ses yeux. Et sa Décadence, ses moindres facettes, se reflétait dans ses diverses terres éparpillées. Elle était le berceau de contrées qui se dissimulait derrière ces Seuils et les plus chanceux, comme les plus malheureux, en avait franchis les portes. Lui, en l’occurrence. Dont la Foi avait été totalement remise en doute, par delà ses étoiles dont il s'était sentis aussi proche que le Divin auquel il croyait autrefois. La première fois qu'il les avait aperçu, il s'était sentis serein. Comme si leurs visions avait eu pour le don de vider totalement son esprit et son corps. Qu'il s'était sentis léger, après tant d'années d'errances, à se chercher, se retrouver. Peut-être était-elle ici, sa vraie place, que les étoiles l'y avait guider, dans l'espoir qu'il puisse franchir ces Seuils. Qu'un jour aussi, il termine le chemin de son existence au beau milieu de ces astres rayonnants. Près de ces novas, ces nébuleuses et ces étoiles filantes.

Un jour, peut-être, ses ailes se mettrons à battre pour pouvoir les rejoindre et mieux les cerner à son tour. Qu'il y repose, après un long chemin et s'éteigne auprès d'elle, pour leur transmettre cet éclat, qui autrefois, l'animait. Mais dans l'instant, seule la brume était son chemin et il en était le voyageur. S'avançant à tâtons avant de sentir un courant d'air lui balayer le visage. Sa main effleura une pierre, sur laquelle il posa finalement sa paume en entière. La brume, n'avait pas encore infiltrer cet endroit sombre et humide. Une caverne cachée au beau milieu de la clairière. Là même où des mages païens s'adonnait à des rituels mystiques. Il s'avança, guide et voyageur à la fois. Pénétrant dans la grotte qui sur son chemin s'illumina de champignons bleutés, reflétant leurs couleurs bleutés sur chacune des parois sombres. Un souffle résonnait au fond de la grotte, erratique, rauque. Comme celui d'un animal blessé.

Et ce qu'il découvris là, au beau milieu de la caverne fut un loup, recroquevillé sur lui même. Une énorme bête au pelage blanchâtre dont la patte saignait abondamment de fluides sanguins. La bête était farouche et lui montrait les crocs en tentant de se relever pour pouvoir se défendre, mais lorsque Kaïn baissa sa capuche, la bête se stoppa et couina de nouveau. Mais le salvateur l'avait compris, dès le premier regard, qu'il ne s'agissait pas d'une simple bête. Et que la lueur qui rayonnait dans ses deux orbes, n'étaient pas celle d'une bête, mais d'un homme.

« Danaël. C'est moi, Kaïn. Judith m'envoie te chercher. »

La bête sembla s'être calmée, apaisée même. Puis se révéla au grand jour sous sa forme humaine. Un jeune homme à la crinière sombre et au corps nu se présenta face à lui. Le grand guerrier s'approcha, nullement gêné par cette nudité, il en avait vu bien d'autres, même s'il était chaste. Puis sa main se tendis vers sa cheville recouverte de sang, avant de fouiller à l'intérieur des pans de sa cape.

« Kaïn... Bordel. J'ai bien cru que j'allais finir ici... Comment... Comment vas Eva ? »
« Beaucoup mieux que toi. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Ahaha... Les spectres deviennent paranos ici. Certains d'entres eux ont voulus m'attaquer. Mais j'devais venir, je l'ai ressentis. La magie, elle est venue à moi. Mais ça grouille de bestioles dehors, elles sont toutes affolés. Il s'passe un truc Kaïn. Un truc vraiment pas cool. »
« Je sais, je l'ai ressentis dès mes premiers pas ici. On vas te soigner ça et filer. »

Onguent et bandages. Il en gardait toujours de côté. Ainsi que ses petites fioles d'eaux bénites et ses potions à base de magie et diverses plantes qu'il aimait à faire pousser dans ses propres jardins, dans sa demeure reculée de l'Opale. Il appliqua les premiers soins, même lorsque le jeune garçon grimaça. Mais au dehors de la caverne, une ombre difforme s'avançait, au même rythme que la brume prenait son ampleur sur le quartier. Changeante et néfaste. Ce n'était pas une brume qui devait être en Perle. C'était un nuage de cauchemar qui s'avançait d'uniques pas pour recouvrir Perle de ces esprits tourmentés.

« J'le sens... Comme si ça faisait parti d'moi. Quelque chose est entrain de s'éteindre Kaïn... Et les ombres... Elles s'avancent. C'est... la Reine. »

Nouant les bandages et serrant pour empêcher la plaie de saigner. Il se releva enfin, l'attrapant contre lui, nouant sa main autour de son épaule et la sienne, autour de sa taille, ainsi ils s'avancèrent pour regagner rapidement l'air frais. Mais ce qu'ils aperçurent dehors n'étaient qu'un énorme nuage difforme qui s'avançait, crépitant d'une magie ancienne et puissante qui s'abattait sur le Quartier Perle et dévorant tout sur son passage. Une bouche, un Lévianthan monstrueux où se mêlaient spectres en proies à la folie et chaos. Le guerrier avait vu bien des choses dans sa vie, mais comme celle-ci, jamais. Et ses yeux d'azur était habité par un doute devant lequel il ne pouvait que flancher. Mais pas s'abandonner.

« Il faut partir, vite ! Tu te sens le courage de courir ? »
« Je pense pas. »
« Alors grimpe sur mes épaules, vite. »

Le plus jeune s’exécuta et Kaïn courut, jusqu'à en perdre son propre souffle. Alors que derrière eux la brume s'animait de sa propre volonté. Détentrice de mystères et d'esprit revenant surgissant des fins fonds de l'Avalon lui-même. Mais quand même bien la course fut rude et longue, il ne s'arrêta pas. Pas avant d'apercevoir les lueurs réconfortantes des étoiles de l'Opale et de s'arrêter en ces terres pour reprendre son souffle. Mais Danaël qui était descendu de ses épaules regardait en arrière, là où ils s'étaient frayés un chemin. Et ses yeux, devenus humides sous ses longues mèches d'ébènes.

« Elle s'est éteinte. »

~~

« Kaïn ! Danaël ! Bon sang, que vous est-il arrivé ? Et met ça sur tes épaules toi, je ne veux pas que les enfants te vois nu. »

Judith venait de débarquer sur les marches de la Cathédrale, un long plaid entre ses mains qu'elle déposa sur les épaules de Danaël. Toujours aussi attentionnée et aux petits soins avec tout ces enfants qu'elle considérait comme les siens. Mais au fond, Kaïn redoutait le pire. Danaël voulait s'émanciper maintenant qu'il était capable de maîtriser la magie, il allait devoir s'inscrire à l'académie magique pour y prendre des cours et perfectionner son art. Ainsi que trouver un catalyseur et prendre en compte tout ce qui allait pouvoir suivre. Il était prêt à prendre sa vie d'adulte en main, retourner dans la brume lorsque celle-ci sera de nouveau prête à accepter tous ces habitants. Et ainsi s'éloigner du refuge, des enfants, de Judith et d'Eva qui venais justement de s'arrêter au dessus des marches, jetant un regard larmoyant à Danaël. Le guerrier ne put s'empêcher de sourire lorsqu'ils les virent se prendre dans les bras l'un de l'autre. Il ne pouvait que s'imaginer ce qu'il ressentais à cet instant. Le soulagement de s'être enfin retrouvé, de se savoir là, entre les bras l'un de l'autre alors qu'il aurait pu en être autrement. Qu'ils auraient pu resté figés là bas, coincé dans la brume frénétique.

« Viens, laissons-les se retrouver. »
« D'accord, je te suis. »

Marchant côte à côte, grimpant les marches ils se retrouvèrent bientôt au centre de la Cathédrale de verre. Au dessus d'eux, le ciel nocturne illuminait le quartier de ses astres incandescents. Kaïn ne put s'empêcher de rester un instant figer à cette vision avant de sortir de sa torpeur pour se rendre compte qu'ils se trouvaient au beau milieu du refuge où se tenait plusieurs lits aménagés pour les enfants qui se trouvaient dans un sommeil réparateur. Kaïn se tourna vers Judith en lui faisant comprendre qu'ils seraient bien mieux dans les jardins, puis une fois à l'air frais, il s'avança jusqu'à un buisson de roses transparentes, touchant délicatement leurs pétales du bout des doigts.

« Danaël s'est éveillé à la magie et Perle l'a choisi. »

Il ne pouvait qu'imaginer le visage de Judith à ses côtés, qui venait de prendre conscience en l'espace d'une seule phrase qu'elle allait devoir faire ses adieux à l'un de ces enfants qu'elle avait élevé comme si c'était le sien. Kaïn ne pouvait que s'en retrouver désolé, mais il fallait qu'elle l'accepte, cette vérité. Qu'elle l'entende.

« Nous avons dû fuir. Perle était bien agité et nous ne pouvions rester là bas. Mais tu sais aussi bien que moi ce qu'il vas se passer n'est-ce pas ? »
« Oui... Je le crains. »

Le blond s'était retourné à ses paroles, rivant son regard dans le sien. Elle était attristée.

« Tu as élever cet enfant comme si c'était le tiens. Lui qui n'avait ni mère, ni père. Mais comme chaque oisillon, il doit prendre un jour son envol, sortir du nid afin de devenir un véritable oiseau. Mais après tout ce que tu lui as donné, cette patience dont tu as fait preuve, cette énergie que tu as utilisé vaillamment. Il ne pourra que t'en remercier, Judith. Tu lui as été d'une grande aide. Plus que tout. Tu lui as offert ce que la vie lui avait refusé. Je ne doute pas un seul instant qu'il ne t'oubliera jamais. »
« Oh... Kaïn, si tu savais comme je... »

Lui qui n'était pas habitué aux étreintes ne put s'empêcher de venir la prendre dans ses bras lorsqu'elle éclata en sanglots. Caressant doucement son crâne d'une main réconfortante.

« Danaël est un homme maintenant et tu te dois de l'accepter. Et sans toi, jamais il ne le serait devenu. Ne pleure pas. Jamais. Car je le sais, que vous, vous reverrez. »

RP introductif


Derrière le masque (facultatif)


PSEUDO, PRENOM, SURNOM ? : Esverancia

COMMENT AVEZ VOUS CONNU C.K ? : :face:

DES REMARQUES, DES QUESTIONS ? : Grosse refonte pour Rahan, désormais Kaïn. Sera-t-il juste possible de changer le nom en "Kaïn" lorsque vous aurez le temps ? Merci beaucoup. :heart:
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Messagepar Kaïn » 02 Fév 2018, 15:48

Famille et Histoire


I - Tu croiras à tout ce qu’enseigne l’Eglise et observeras tous ses commandements


J'ai vécu dans un monde où l'humanité se dressait contre ses propres principes. Là ou d'autres voyaient le pouvoir, moi j'y ait vu un but. Là ou d'autres voyaient la gloire, moi j'y ait vu l'espoir. Je ne pense pas avoir été le saint homme que je voulais être, ni même le pire d'entre eux. Je voulais à ma façon, rendre une certaine justice pour ceux dont les noms n'existaient plus. Rendre hommage à tout ceux que la cause avait sacrifié lâchement. À tout ces compagnons morts au combat, dont je me souviens chaque nom. Ceux dont l'épée ne vacilla pas en vain. Plantée dans la terre sainte où demeure leurs lames, tel des pierres tombales recouverte par l'humus. Nous étions aveuglés par notre fougueuse jeunesse. Et les années n'avait pus en épargner, nombreux était ceux dont la folie avait gagné leurs esprits. Ces textes sacrés illustrés de mensonges pour le prix du pouvoir. J'y ait cru pendant longtemps, j'y crois encore aujourd'hui. Mais d'une autre façon. Bien plus intime et personnelle. Peut-être y as-t-il au dessus de nous, des forces, quels qu'elles soient, cosmiques ou bien divines. Quelque chose qui nous pousse à nous battre, pour le bien. Pour toutes ces personnes, dont les visages s'effacent, puis apparaissent, comme dans un rêve, un cauchemar. Aujourd'hui, j'ai trouver ma voie. Celle de la rédemption. Celle du pardon.

La tunique rouge était un symbole bien particulier lors de l'adoubement. Un signe que l'écuyer sur le point de devenir chevalier était prêt à faire le sacrifice de sa vie sur le champ de bataille. La couleur pourpre n'était que les avant-goûts d'une terrible mort de tout ceux qui attendait le roulement des tambours. Puis il y avait les regards, fiers, de son père, son parrain, son mentor, son frère aussi, qui dans leurs armures paraissait digne, loyaux et distingué. De nobles guerriers qui n'hésiterais pas une seule seconde à donner leurs vies pour le Seigneur. Père des cieux et des êtres ailés à la grandeur merveilleuse. Et pour ce qu'il apercevait dans leurs regards, cette simple lueur d'espoir, elle suffisait à lui donner du baume au coeur. Cette dévotion qui transcendait leurs êtres tout entier lorsqu'ils mettaient le pieds à l'étrier, prêt à galoper avec la fureur du tonnerre et déferlant sur leurs ennemis tel une vague incoercible. Lui aussi, voulait ressentir cette excitation sourde dans ses veines, voir la lumière faire s'éclairer les cieux pour être au plus proche de celui qui était le Père de tous.

Un silence calme régnait dans l'église et tous étaient attentifs. Leurs visages sereins, certains souriant, d'autres d'une politesse cérémonieuse en vues des rites à venir. Mais Alexandre ne flanchait pas, son regard d'un bleu d'azur était franc. Clair, éloigné de tout doutes. Les années avaient défilés si longuement qu'il n'avait pas vu ce jour venir. Mais il parvenait à contenir cette hâte, dans ses gestes obséquieux. Ce jour-ci, où il ploya le genoux habilement, alors que le chapelain préparait ses textes. Il su que celui-ci serait à tout jamais le commencement d'une nouvelle vie. D'un renouveau. Le jour où naquit en lui la lumière bénigne des cieux. Les armes étaient disposées sous ses yeux, près de l'autel. Demeurant là comme un symbole de puissance et de gloire, ainsi que les armoiries de sa famille ornant son écu. Le Père de la paroisse, s’exécuta, récitant quelques prières.

« Créateur, Protecteur, Salvateur et Père des Cieux. Protège ce jeune homme du mal et de l'infamie. Fait jaillir dans son coeur, les flammes purificatrice de ton courroux divin. Donnez lui la vaillance et la bravoure pour affronter les ennemis de tes paroles sacrées. Fait à jamais croître en lui, cette Foi pour que jamais il ne doute. Fait lui connaître la Tolérance, la Patience, pour que jamais il ne tire son épée sans ton autorité. Donnez lui la Force, afin qu'il puisse assurer la Justice, maintenir la Vérité et l'Ordre dans tes fidèles. Disposez de cet homme comme il sied, afin qu’en tenant cette épée, il ne frappe jamais injustement personne, et qu’il protège avec elle tout ce qui est juste et tout ce qui est droit. »

Sa tête se courba et ses yeux, rayonnant de béatitude, alors qu'il venait ses paumes vers le ciel. Prêt à recevoir le glaive de la destinée qui l'attendait.

« Sir Alexandre de Lamberry. Désormais, vous êtes un chevalier de l'Ordre Saint. »




À l'époque, j'étais jeune. Influençable. Et j'avais besoin d'un énième souffle, d'une raison, pour laquelle me battre. Celle pour laquelle nous, nous battions me paraissait juste. Pas seulement parce que j'avais grandis dans ces rites bercé par d'anciens textes sacrés. Mais parce que le Crédo que l'on m'avait confier me donnait l'envie de me surpasser à toute épreuve. Car j'avais la Foi. Une Foi que je pensais immuable et éternelle. Alors je les protégeais, tous, au péril de ma vie. Car la mienne n'était rien, comparée à la leurs.

- Alexandre ! Protège l'Archevêque !

Son cheval cabra vers l'arrière, sous l'agitation folle qui régnait dans le chemin où ils s'étaient fait prendre en guet-apens. Les flèches pleuvaient, comme des larmes d'aciers perçant la pureté des cieux. Balayant nuages et teintes bleutées. Des cris aussi, de rage, de haine, de tristesse, de peur. Le champ de bataille ressemblait à un tableau où se disputait des émotions toutes aussi diverses et variées. Mais un tableau sanglant, qui se remplissait de couleurs vermeilles au fur et à mesure. Ses compagnons tombaient, d'autres levaient leurs boucliers dans l'espoir de survivre jusqu'à ce leurs opposants n'aient plus aucunes flèches. Les rangs s'étaient dispersés sous la panique, alors qu'une seule et même voix s'élevait du cortège, celle d'un ami, d'un mentor qui ne tarda pas à donner une tape sur l'arrière-train de son destrier. Celui-ci s'élança dans les rangs, manquant de faire tomber au sol quelques autres chevaliers qui se réunissait, comme un seul et même corps. Et lui, qui galopait, le bouclier levé, s'élançant à la poursuite de l'homme qu'il devait protéger.

Les sabots claquaient contre l'humus, remuant et soulevant la terre à son passage. Il y avait son souffle, saccadé, accordé à celui de son cheval alors que l'adrénaline les gagnaient tous les deux. Reprenant la distance sur l'homme qu'ils avaient perdus de vue. Celui qui galopait aussi rapidement que lui à travers les troncs et les branches noueuses, sautant au devant des obstacles alors qu'il tenait derrière lui, évanouis, les membres engourdis, l'archevêque reconnaissable dans sa longue robe blanche. Ils avaient ciblé cet homme de foi qui devait ramenait l'Ordre sur ces terres corrompues par leur présence impies. Des païens qui avait pactisé avec le malin. Des sous-fifres de Satan. Voilà ce qu'ils étaient à ses yeux, pour enlever un homme qui ne savais se défendre physiquement, seulement avec les paroles et les prières de son Dieu. Ils méritaient la mort, tous. Le jugement divin.

La colère le gagnait, même s'il savais qu'elle était néfaste et trompait ses réelles pensées. Elle l'aveuglait dans son jugement. Et pourtant, elle était comme un second souffle, une envie viscérale, réelle. Une volonté sanglante. Guidant chacun de ses membres dans une adrénaline transcendante. La Foi. C'était ça. À chaque instant, chaque souffle. La Foi, c'était le pouvoir de se surpasser à chaque moment, même lorsqu'il se retrouvais au plus bas. Il y avait toujours un échappatoire. Un espoir. Une sortie par laquelle s'échapper pour pouvoir s'offrir corps et âme dans l'élancée de cette bataille. Un énième souffle de vie. Un but dans l'existence.

Son bouclier était lourd, comme un poids mort tombant de la poigne de sa main et remontant jusqu'à son épaule. Mais son cheval était agile, slalomant habilement entre les arbres pour rejoindre sa proie à quelques mètres. Alors il lâcha les rênes, dégaina sa lance dans son dos. Il ne pouvait pas tirer d'ici, ni à cette vitesse, ni avec cette précision bringuebalante. Il risquais certainement de toucher l'homme de Foi et faire outrage à son Seigneur. Alors il se rapprocha, élançant son cheval par à-coups, le galvanisant de part ses étriers. Bientôt, juste à quelques centimètres, alors que la terre remuait sur leurs passages et le vent s'engouffrait dans leurs visages. Puis son bras bougea, frappant en plein corps l'homme qui cracha une gerbe de sang. Et il retira sa lame suintante du sang de l'infidèle. Mais le destrier, paniqué, continuait toujours sa course effrénée. S'enfonçant dans les bois à une allure folle, alors que le corps de son opposant tombait lamentablement, il y avait toujours celui de l'Archevêque qui lui demeurait sur la selle de cuir. Par tous les moyens, Alexandre tenta de l'arrêter, jusqu'au moment où ses mains parvinrent à effleurer les rênes et ainsi le faire s'arrêter.

Descendant de sa monture, il laissa son bouclier et sa lance retomber au sol, ainsi que son heaume, puis vint caresser ses mains gantés d'aciers la bête, afin qu'elle se calme.

« Là, tout doux, belle bête. Je ne te ferais pas de mal. »

Les bêtes étaient toujours les premières à subir les barbaries du champ de bataille, mais il n'aimait pas ce genre de traitement, n'avait jamais aimé cette violence que subissait les animaux dans cette guerre pleine d'atrocités. Ainsi, il avait préférer épargner la bestiole, retirant l'homme de foi de son dos, ainsi que sa selle et tout son attirail, avant de la délaisser dans la nature. Elle trouverais bien son compte toute seule. Alors il l'a regarda, fuir dans l'horizon où le ciel se baignait dans ses couleurs d’ocres, signifiant l'arrivée imminente de la nuit. Ils devaient filer, vite, avant que la nuit ne tombe. Il secoua les épaules de l'archevêque, jusqu'à ce que celui-ci ouvre enfin ses yeux.

« Monseigneur, je suis Alexandre de Lamberry. Chevalier de l'Ordre Saint, vous aviez faillis être capturé par ces païens, je vous ai sauvé. Mais mes camarades ont été pris au piège. »
« Le seigneur soit loué, mon garçon. Je ne pourrais jamais te remercier assez. »
« Ne me remerciez pas. Remerciez Dieu. »


III - Tu auras le respect de toutes les faiblesses et tu t'en constitueras le défenseur.


Ce qu'il y a de plus malheureux dans la guerre, c'est que les innocents, eux aussi, la subisse. C'est dans ce genre de moment là, que ma Foi était remise en doute.

La nuit sombre avait des allures d'enfers. Le village dansait dans les flammes. Perçant la nuit de ses couleurs enflammées qui ravageait les maisons. Les hommes mouraient sous les lames, tandis que les enfants, paniqués, se réfugiait dans les larmes en posant leurs yeux horrifiés sur les tuniques blanches ornant une croix rouge. Les femmes et certains hommes étaient fait prisonniers, mais les plus résistants, eux, n'avait pas le droit à la moindre pitié. Néanmoins, on leurs laissait le choix, soit ils vivaient et les suivaient, chaînes aux mains et aux pieds. Ou bien ils mourraient. Mais Alexandre restait en retrait, ne préférant pas se mêler à l'agitation qui gagnait les rues où courraient femmes et enfants pour tenter de se réfugier. Ils étaient les femmes, les fils, les pères, de ces infidèles contre lesquels ils guerroyaient jour et nuit. Et pourtant, le chevalier préférait ne pas leur porter le moindre intérêt. La guerre était vile et cruelle, même lorsqu'elle était au nom de la justice divine. Ses méfaits et ses actes avaient sur lui des répercussions bien plus grande qu'il ne l'aurait cru.

Mais ce qu'il découvris, ce soir-là, aux abords d'une grange qui paraissait abandonnée, avant qu'un cri ne l'alerte, marqua sa jeunesse pleine de candeur. Repoussant les portes de l'habitacle, les lumières enflammés des maisons proches éclairèrent l'obscurité, avant de faire naître dans ses yeux une lueur horrifiée. Deux chevaliers se tenaient là, dans la paille, leurs tuniques relevés et leurs pantalons baissés. Alors que criait une femme sous leurs rires gras, plus loin, contre un mur, se tenait un enfant, recroquevillé sur lui même, assistant sans pouvoir défendre sa mère du spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Impuissant. Un sentiment de révolte gagna le coeur du blond qui ne pouvait rester sans agir face à ces actes auxquels se livraient ses camarades. N'avaient-ils donc aucuns coeurs pour produire une chose pareille sur une femme sans défense et son enfant en bas-âge ? Bien qu'ils avaient été les pactisant des païens.

« Que faites-vous ? »

Sa voix était calme et pourtant, son esprit bouillonnait de colère. Les poings serrés et ses jointures blanches sous son armure d'acier.

« Ahah, ça s'voit pas ? T'veux nous rejoindre, p't'être ? »
« Lâchez cette femme. »
« T'vois, gamin, c'est comme ça qu'on fait la guerre. On se bat, on fête et on baise. C'est not' seul lot d'réconciliation. Alors dégage et vas voir ailleurs si j'y suis. »

Ils n'écoutaient rien. N'entendaient rien. Comme si ses paroles avait eu l'effet d'un coup de vent, une simple brise qui avait effleuré les flammes pour leur faire reprendre de leurs éclats. Mais il ne pouvait être indifférent, pas face à ce qui se déroulait sous ses yeux. Et le preux intrépide qu'il était ne pu se résigner à laisser cette pauvre femme là, condamnée à son sort. Alors il s'avança, ses bottes s'enfonçant dans la bataille, avant de venir stopper l'homme au dessus d'elle pour l'attraper par le col. Son regard d'azur vibrait de haine, prêt à se rompre d'un moment où à un autre. Cette mascarade avait suffisamment duré pour qu'il lève les yeux dessus.

« Tuez-là. Plutôt que de lui infliger vos misérables coups de reins. Vous ne voyez pas qu'elle souffre ? Oh que si... Vous le voyez. Mais vous aimez ça. Vous êtes pathétiques. »

Peut-être était-ce la pitié qui le guidait, peut-être était-ce aussi, cette bonté en lui de vouloir en venir en aide à son prochain, quel qu'il sois. Mais lorsqu'il relâcha l'homme, les deux semblaient l'avoir écouter pour de bon cette fois-ci. Alors il se tourna vers la femme, dégainant un poignard en acier rangé à sa taille, puis le lui tendit.

« Vis et souffre. Ou bien meurt dans le repos éternel. »

Elle était dans un sale état. La femme, recroquevillé contre la paille, les vêtements déchirés, les cheveux ébouriffés et le visage plein de larmes. Cette simple vision suffisait à tordre le coeur du jeune chevalier qui aurait préférer épargner sa vie. Mais il le savais, n'était pas dupe. Mieux valait un sommeil plutôt qu'une vie de tourments. Mais elle n'était pas de cette avis là et lorsqu'il la vit se ruer sur lui, poignard en main, il stoppa son geste. Attrapant l'arme entre ses mains avant de la retourner contre elle, il entendrais le crissement horrible de la chair contre le métal et le liquide pourpre venir tâcher son armure. Un souffle franchis ses lèvres.

« Je suis désolé. »

Et elle retomba, sous les yeux horrifiés de l'enfant, qui lui, n'avait pas oublier.


IV - Tu aimeras le pays où tu es né.


Compatriotes. Soeurs. Frères. Mères. Pères. Proches. C'était sa, les terres de son enfance. Comme une impression de rentrer après tant d'années d'errances, de reprendre ses marques et se souvenir de toutes ces petites rues de pavés. Ces ruelles étroites, ces porches où résonnait les voix, ces fontaines qu'il enjambait pour venir asperger d'eau son frère, jusqu'à en rire aux éclats. Rentrer à la maison, tard le soir, après avoir fait le tour du village, entendre les cloches de l'église sonner, comme une alarme. Un rappel, un couvre-feu. Voir le sourire tendre de sa mère et sentir la main de son père venir ébouriffer ses cheveux aux fils d'ors. L'odeur de la cuisson de la viande au feu de bois, la table en chêne massif autour de laquelle il se réunissait pour partager ce bon repas. Chez lui, c'était comme un havre de paix dans un monde en proie aux querelles. Un instant de calme et de sérénité.

Puis il y avait les entraînements à l'épée, avec son mentor, alors qu'il était un jeune apprenti chevalier. Qu'ils avaient parcourus le pays entier à dos de cheval, comme un voyage, du passe de l'enfance, jusqu'à l'âge adulte. Un baptême entre montagnes enneigés, plages ensoleillées, villes fortifiés. Et les cathédrales. Grande, dont la pointe semblait s'élevait dans les yeux. La première fois qu'il y était rentrer dans une, il avait cru son coeur s'arrêter devant les fresques des anges apportant leurs lumières bénigne. C'est comme s'ils avaient pénétrer à travers son âme même pour lui en apporter une lumière chaleureuse, réconfortante. Les reliefs de ces peintures qui semblait tant réel, qu'il aurait presque pu toucher du bout des doigts ces teintes, fait de chair et d'os. Il y avait de nombreuses femmes aussi, celle dont les visages ne pouvait que rester graver dans sa mémoire. Celle dont les rires lui donnait bêtement le sourire aux lèvres. Mais il n'avait jamais consommer ces plaisirs là, car il avait fait un voeux et ces actes charnelles allaient à l'encontre de ceux-ci. Néanmoins, elles lui avait apportés un grand réconfort. Surtout l'une d'entre-elle, qui était restée gravée dans sa mémoire. Fille de noble, à la longue tresse noire toujours reposée sur son épaule et son regard pétillant d'émeraude. Il aurait pu la marier, il aurait pu fonder une famille avec elle. Mais il n'était pas ce genre d'hommes qui aurait été prêt à sacrifier sa vie de chevalier, renoncer au champ de bataille pour rester auprès d'une femme.

Non, lui préférait l'adrénaline à la tranquillité. Et jamais il ne s'en était caché. Mais désormais, chez lui, c'est partout où il pose ses pieds, laisse l'empreinte de son passage. Partout où il fait bon vivre et que dans l'âtre de la cheminée, le feu brûle intensément et réchauffe ses mains engourdie par le froid.


V - Tu ne reculeras pas devant l'ennemi.


Une aile se déploie. D'une blancheur irréelle. Tranche avec le décors sombre qui l'entoure, ses plumes sont faibles, fragiles et pourtant rayonnante. Semblant imbibée même de lumières. Transperce la peau de son dos avec une douceur bénigne. Il n'as pas mal. N'as plus mal. Ses blessures se ferment d'elles-mêmes, gagné cette transcendance soudaine. Mais elles sont grandes, encombrantes, s'heurtent, frôle les murs de la cellule. Et pourtant, sa force semble immensément grande, comme s'il était capable de repousser cet étau de pierres froides dans lequel on l'avait enfermé. Il se tend, s'approche, tord les barreaux de fer sous ses mains de son regard surpris. Était-ce lui qui avait fait ça ? Et ces ailes, d'où venaient-elles ? Un ange s'était-il bercé au dessus de son âme condamnée ? Avant de regagner sa foi, c'était l'espoir qui le gagnait surtout. Un échappatoire.

« Où crois-tu t'en aller comme ça ? »

La sensation d'une lame froide reposée sur sa gorge. Et dans son dos, un homme à la longue crinière noire, aux yeux de gouffres infernaux où repose des fleuves de laves en fusion. Et des ailes, semblable aux siennes, mais teintés de noir et tranchante comme l'acier d'un glaive. Il est là, son bourreau. L'incarnation méphistophélique. Son nemesis. Ennemis naturels. Ils se jaugent, s'affrontent du regard silencieusement. Bataille sourde, en proie aux péchés et aux vertus. Incarnations différentes, tentations différentes. Mais Kaïn ne fléchit pas, jamais. Il reste debout, avec toute sa vigueur, toute sa haute stature et l'affronte. Se bat, même si c'est pour retomber à terre, car il se relèvera ensuite. Donnera de toute son âme pour échapper aux serres de rapaces qui s'appuie contre son esprit.

« Loin d'ici. Loin de ce que vous êtes, toi et tes semblables. »
« Mais tu nous appartiens. Tu m'appartiens. »
« Jamais. J'appartiens à un monde là où tu ne peux avoir ta place. »
« Sache que ma place, c'est partout. »
« Ta place est en enfer. »




For the grace, for the might of our lord
In the name of his glory
For the faith, for the way of the sword
Come and tell their story again


La terre tremble. Non pas d'elle même. Mais de ces guerriers qui dans l'horizon arbore fièrement leurs bannières. Ces chevaux à l'excitation fougueuse qui s'aligne, en rangée d'un seul et même unique corps. Ces vaillants combattant qui cours à travers le vent, galope en tenant dans leurs mains le drapeau des armoiries sacrées. La croix pour sainteté. Le courage qui naît fièrement dans le coeur et le regard de ces soldats. Ces chevaliers dévoués corps et âmes à la pureté infinie des cieux, de cette lumière dont se nimbent leurs esprits. À laquelle ils s'épanouissent de ses lueurs bénignes. Ils sont les cavaliers du Divin, les armes même d'une entité supérieure, souverain immuable de l'empyrée où il règne en maître. Et dès aujourd'hui, sur ce champ de bataille, la volonté de ces guerriers sera sienne. Ils seront les portes-paroles de son courroux destructeur et déferlerons sur l'ennemi en une vague invincible. Car les infidèles doivent mourir pour leurs péchés, doivent craindre la résolution et la détermination de ses messagers apporteurs de sa colère. Tous doivent entendre et connaître son châtiment.

Les terres saintes sont depuis bien trop longtemps souillées par leur présence infâme. Et les impies doivent périr pour avoir tacheter leur présence sur ces terres délaissée. Abandonnée dans ces rites païens et morbides. Se dresse alors comme ultime rempart une armée de chevaliers aux cœurs et aux esprits purs. Les ultimes boucliers contre lesquels ils viendront fracasser leurs crânes et leurs os et leurs épées, se gorger de leurs sangs souillés. Un homme se tiens à la tête de cette armée, un dont la grandeur et la bravoure lui fait se lever son épée en direction des cieux. Là où tournoient les nuages qui se confondent à l'azur épurée. Là où le soleil se reflète sur cette lame d'acier, bénie par la parole du firmament et sa justice inéluctable. Un, qui se tourne vers ces hommes vaillants, ces soldats à la solde d'une seule et même raison, d'un seul et même souffle. Qui pointe ce glaive comme un appel aux cieux et à sa volonté implacable. Fait jaillir d'un cri et d'un geste vers l'avant, vers l'ennemi, la frénésie dans l'esprit de ces valeureux guerriers. Les chants des chérubins résonnent et les gloires, aux portes de ce paradis transformé en Enfer. Parce que Dieu le veut. L'exige.

« DEUS VULT ! »

S'élance alors le bruit des sabots qui remue la terre sur leurs passages. Les boucliers qui se lèvent et les lances qui se pointent vers l'horizon. Vers les terres d'un renouveau, d'un sacrement. Là où coulera des mers et des rivières de sang et où brûlera les flammes purificatrices. Tout détruire, éradiquer les vestiges de leurs traces, faire taire leurs présences, effacer le passage de leurs vies dans les livres et leurs histoires bâclées. Plus rien d'eux n'existera, ni leurs souvenirs, ni leurs mémoires, ni leurs traditions et leurs Dieux païens, seulement la justice rétablie dans l'injustice, l'ordre dans le désordre, la vérité dans le mensonge. Les infidèles mourront et avec eux tout leurs savoirs. Leurs mères, leurs pères, leurs femmes, leurs enfants. Tous seront réduit à néant dans les flammes, anéantis et leurs âmes, soumise au purgatoire pour se glisser éternellement dans les fleuves infernaux de l'Enfer. Aucuns prisonniers. Aucuns survivants. Seulement les terres promises.


VII - Tu t'acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s'ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu.


Victor Lamberry était un homme fort. Brave et beau. Les dames étaient bien nombreuses à lui tourner autour comme s'il s'étais s'agit d'un pot de miel et qu'elles étaient les oursonnes qui cherchait à l'acquérir. Il était aussi son aîné, de deux ans à peine. Ensemble, avec leur père, ils avaient combattu maintes fois sur le champ de bataille. Côte à côte, l'épée à la main et les boucliers présent pour se protéger l'un et l'autre. Toujours à s'assurer leurs arrières et faire en sorte qu'aucun d'eux ne tombe avant l'autre. Mais c'était une triste période funeste. Car leur père avait rendu l'âme et leur mère, peu de temps après, de chagrin surtout. Elle n'avait pu s'imaginer vivre ces derniers jours seule sans la présence masculine de son époux à ses côtés. Et ils se tenaient là, tout deux, sous le chant des grillons et la chaleur du soleil qui leurs tapais au crâne, à travers les champs de vigne.

« Père ne sera pas mort en vain. Nous allons reprendre dignement sa succession, ensemble, mon frère. Ces terres sont autant les miennes que les tiennes. Nous allons devoir nous soutenir, l'un l'autre. »

Dans une poignée de main ferme, ils se regardèrent yeux dans les yeux. Le deuil était une période dur et amère. Et il l'avait tant connu qu'il était devenu un peu trop familier. Enterrer les morts, un par un. Les voir tomber et laisser dans leurs sillages des séquelles sur sa conscience. Mais il avait appris à serrer les dents, encaisser le choc, pour relever la tête, là haut. Vers ces cieux gouverneur de son existence, là peut-être derrière ses astres où se cachaient une quelconques trace de leur passage et de leurs nouvelles vies. Là bas, ils étaient heureux. Et ici, ils s'efforceraient de les rendre heureux aussi.

« Je te le promet, mon frère. Je te le promet. »


VIII - Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée.


La salle de bal était belle ce soir là. Rayonnante sous les feus incandescents des chandeliers, alors qu'en dessous jouait les ombres des grandes robes de ces dames. Virevoltait les tissus, comme les dentelles d'une méduse se déplaçant à travers les flots. Un grand banquet en l'honneur de ses soldats revenus du front pour une courte période. Mais Alexandre était en retrait de l'agitation qui régnait, de ces coupes de vins qui s'entrechoquait délicatement après quelques rires cristallins. Et lui revenait sans cesse, la guerre à l'esprit. Ses camarades qui eux demeurait au front, leurs corps reposés sur leurs boucliers et leurs âmes, évaporées, à des lieux accessibles seulement à ceux qui le méritait. Il se sentais bête. Ahuris. Il avait voulu rentrer, pour de nouveau voir le visage de ses proches lorsqu'il se trouvait au front. Et maintenant que ses souhaits avait été exaucés, il voulait le contraire. Un rire ironique franchis ses lèvres, puis il alla se poster près du balcon. Son regard se posant plus bas, sur ses grands jardins où flirtait quelques nobles entre eux, allant se réfugier derrière les labyrinthes de buissons.

Puis dans son dos, des pas se firent entendre. Ses yeux orbes d'azur croisèrent une femme à la longue crinière d'ébène. Ses prunelles d'un vert aussi luisant que la végétation dense des jardins derrière lui. Des joues pâles et rondes, des épaules délicates, découvertes. Une parure de bijoux entourait élégamment son cou, de la même teinte que son regard nostalgique et de cette robe qui mettait sa grâce en valeur. Elle était belle, même après toutes ces années, comme un joyaux éternel qui jamais ne perdait de son éclat. Il l'avait entrevue dans ses rêves les plus fous, là où les actes dépassaient la pensée, la où ses vœux ne pouvait être respectés. Il s'était imaginé leur rencontre, à bien des reprises, à bien des moments, mais jamais il n'aurait cru que revoir son visage lui serait d'une telle intensité. Comme si les mémoires de ces années perdues venait se repeupler de sa silhouette. Elle, dont le tendre nom lui avait inspiré bien des secrets gardés. Elle dont les lèvres carmines semblait être aussi douce que les pétales d'une rose, pourtant dotée d'épines.

« Alexandre. »
« Dame Victoire. »

Elle s'approcha, juste assez de lui pour que leurs visages ne sois plus qu'à quelques centimètres de l'un et de l'autre. Elle avait l'odeur de la rose et des agrumes de l'orange. Des effluves entêtantes qu'il ne pouvait s'empêcher de sentir comme si sa propre vie en dépendait. Et les souvenirs de leur première rencontre qui défilait, faisait naître sur ses lèvres closes, un sourire éclatant. Mais il était dans la retenue, toujours. Triturant nerveusement ses mains dans son dos, comme un adolescent faisait face à son premier amour sans savoir aligner un mot devant l'autre, ni les bons gestes. Maladroit et peu expérimenté.

« Je vous en prie, Alexandre. Après tout ce temps... Je pensais que vous me prendriez dans vos bras ou bien que vous me demandiez une danse. Ne suis-je pas assez apprêtée pour vous... Ou bien peut-être que vous n'arrivez pas à saisir le fond de mes pensées ? »

Les joues du chevalier s’empourprèrent de honte. Comme un enfant qui venait honteusement de faire une bêtise sous les yeux de ses parents sans pouvoir se justifier de quoi que ce sois.

« Ma dame. Ce serait une terrible erreur de croire ceci. Vous êtes... Très bien apprêtée et je ne pense pas un seul mot de ce que vous dites... Enfin ! Non. Plutôt si. Mais... »

Un rire cristallin franchis ses lèvres. Et elle posa sur celle du chevalier son index, pour lui faire signe de se taire.

« Taisez-vous et faites moi danser. »

Bien qu'avec de la pudeur, il enroula une main autour de sa taille et crocheta ses doigts de son autre main libre, aux siens. Jamais il n'avait été aussi proche de qui que ce sois et bien qu'elle fut plaisante, cette proximité était aussi troublante. Mais ils dansèrent, sous les lueurs des astres qui plus haut, les voyaient entamer une danse à l'écart des regards, propre spectateur de cette valse où ils tournoyaient. Un pas. Puis un autre. Encore et encore. Jusqu'à ce que leurs orbes ne se quittent plus, s'encre dans les unes aux autres.

« Vous m'avez terriblement manquer, vous savez ? Combien de fois ais-je prier votre retour dans l'espoir de vous dire ce que j'ai sur le coeur. Ce qui me pèse terriblement sur l'âme. Alexandre... je... »
« Non. Je vous en prie. Ne le dites pas. »

Son coeur se déchirait à ses mots. Et son regard s'était détourné, comme s'il était conscient de ce qui allais arriver, de ce qui pourrait entraver ses désirs de la cause à laquelle il s'était dévoué tout entier. Mais elle ne s'arrêta pas, attrapa son menton entre ses mains pour de nouveau faire basculer son regard contre le sien.

« Je vais vous le dire Alexandre. Pas pour vous. Mais pour moi. Parce que je le dois. Parce que mes pensées sont uniquement faites de votre présence et que je ne peux plus me taire. Je n'ai plus le courage. Je vous aime, Alexandre. »

Son cœur avait raté un battement à ces mots. Ces trois mots qui avait eu pour le don de le faire s'arrêter en pleine danse. Il s'était retourné, alors que son propre attachement se retournais contre lui, cachant son visage entre ses mains, qui avait pris des teintes enflammés. Mais elle demeurait là, tentatrice et à la fois bienfaitrice de ces émotions qu'elle lui faisait ressentir. Ses fines mains reposée contre son dos et son front se penchant jusqu'à ce qu'il le ressente contre le tissus de ses vêtements.

« Vous savez que je ne peux vous rendre vos sentiments. Je suis un homme de Dieu. J'ai fait vœux de chasteté, je ne pourrais jamais vous rendre heureuse... Et je vais devoir retourner sur le champ de bataille. Comment espérez vous passer une vie auprès d'un époux qui ne pense qu'à guerroyer plutôt que de construire un foyer ? »

Il s'était retourné vers elle, ses sourcils froncés en une expression de colère. Contre lui de ne pouvoir lui apportait de qu'elle lui demandait. Et contre elle, de le tenter au delà de ce qu'il s'était promis.

« Je pourrais... Passer outre. Si c'est ce que vous voulez... Je pourrais... Faire tant de choses pour vous. Vous n'avez aucune idée de ce dont je suis capable, ni même de la volonté dont je pourrais faire preuve. »

Elle était si bonne avec lui. Si aimante, si compréhensive. Mais il ne le se permettrait jamais. De lui faire passer une vie à cacher ses véritables désirs, de gâcher ce bonheur auquel elle aspirait tant. Et ses propres désirs passait en second plan face à ses réelles responsabilités. Il ne pouvait l'aimer, comme il le voulait, la désirait entièrement. Contre ses vœux qu'il s'était promis. Il attrapa alors ses mains entre les siennes, les porta comme si elles étaient détentrices du fardeau qui rongeait son coeur.

« Non. Je ne peux accepter. Je m'en voudrais, toute ma vie, de n'avoir pu vous aimer comme je le voudrais. Je veux vous aimer, entièrement, pleinement, sans contrainte. Mais j'ai déjà vouer mon coeur à une autre Cause, bien plus grande. Je... Je vous aime aussi, Victoire. Mais je ne peux égoïstement choisir mes désirs à la place des vôtres. Ainsi, je ne vous demanderais qu'une seule et unique chose.»

Il l'avait tant redouté ce moment. Celui où la franchise se devait d'être présente, bien qu'écrasante et lourde d'un terrible mal qui rongeait son âme. La vérité était dur et tranchante, comme le bout d'une épée. Et les conséquences qui en résulterait, en serais désastreuse. Mais il ne pouvait lui mentir, autant à elle, qu'à lui. Cela allait de paire, avec ses principes, avec cette vie qui était la sienne. Ainsi, il scella à tout jamais ses désirs, d'un unique et seul baiser sur son front.

« Soyez heureuse. »

Puis il l'a délaissa. Traversant le balcon pour rejoindre la salle, bien que même il fut tenter de revenir en arrière. Il ne jeta pas un seul regard dans son dos, rejetant à tout jamais ce qu'il avait désirer avec tant d'ardeur.


IX - Tu seras libéral et feras largesse à tous.


Nuit étoilée. Toits de verres. Là où se confond le firmament à l'architecture flottante de la Maison Close. Jardins aux iris évanescentes, rosiers transparents et fontaines épurées qui crachent leurs flots du fleuve nimbés des lueurs des astres. Le vent fait se mouvoir le feuillage des arbres, dont les racines s'agrippent le long des maisons, s'envolent, puis touche les cieux. Juste assez pour pouvoir sentir la caresse des nuages sur leurs feuilles rendues bleutées par l’atmosphère. Presque gelées, du moins assez pour y voir le reflet des lumières incandescentes de l'empyrée. Monde de paradis et de songes qui se déroule dans ses alcôves où se berce de grands rideaux vaporeux. Et lui, qui demeure là, discret et silencieux, au dessus des cloîtres. Il l'a vois, la femme, qui traverse les allées, s'arrête au beau milieu d'une fontaine pour y caresser distraitement la surface de l'eau. Elle est belle, semblable à celle dont le nom lui fut refusé. Mais il ne veux pas la déranger, faire irruption au beau milieu des fleurs et la faire sortir de sa torpeur. Il préfère l'observer, de loin.

Et elle disparais de son champ de vision, s'infiltre sous les parois de verres, là où se reflète uniquement la vue du vide intersidérale. Il attend, qu'elle fasse peut-être de nouveau son apparition, presque jusqu'à en compter les secondes. Il se sens terriblement honteux de l'observer ainsi sans qu'elle ne sois au courant de rien. L'impression d'être un voyeur qui vint mettre son nez là où il ne le faut pas. Et regarder, sans jamais oser s'approcher. Les dames étaient bien plus délicate que ses créatures auquel il faisait face avant de leur briser la peau de sa lame et regarder leurs corps s'enflammer sous la caresses des flammes purificatrice. Mais il se laisse tenter, fait battre de ses grandes ailes blanches pour atterrir près de la fontaine, alors qu'elles disparaissent d'elle même, dans un souffle lunaire. Puis il s'avance, à pas de loup, jusqu'à la porte coulissante qu'il fait bientôt glisser sous ses doigts avant de l'apercevoir là. Sur le lit, en compagnie d'une autre femme et qu'elles... Non. Il referme aussitôt la porte, les joues légèrement rougie et le regard strict. Non, il ne regarderais pas et ne se laisserais pas tenter. Il attendrais là.

Près de la fontaine, assis en tailleur, alors qu'il dépose son épée à ses pieds et ferme les yeux pour humer doucement l'odeur des jardins qui s'en dégage. Des effluves apaisantes qui le font doucement partir dans une méditation réparatrice. Son corps se vide, son esprit aussi. Fait le tri entre les pensées négatives et bienfaitrice. Se concentre uniquement sur celle, bénignes, qui le font tenir en équilibre au dessus de ce vide, alors que son corps ne tiens qu'à un fil. Seulement existe la caresse du vent, le chant des oiseaux nocturnes, la caresse des rayons lunaires sur sa peau, le clapotis des eaux abondantes de la fontaine. Le temps semble s'écouler lentement, les minutes deviennent des heures et les secondes, des minutes. Mais il attend, reste là, jusqu'à ce qu'une main vienne délicatement se déposer sur son épaule.

« Kaïn ? Vous êtes là. Je ne vous ai pas entendue. »
« Ma Dame. Veuillez m'excuser, je ne voulais pas vous déranger. J'avais seulement quelque chose à vous offrir et... »
« Vous êtes drôle, Kaïn ! Jamais aucun client ne m'as offert quoi que ce sois en échange de mon corps. »

Il se retourne vers elle, accroupis, puis fouille enfin dans la ceinture de toutes ses fioles alignées avant d'en sortir un petit contenu. Danse à l'intérieur du verre des reflets opalescents, un genre de poudre qui tournoie sur elle même de ses éclats incandescents.

« Lors de la Veillée des étoiles, je récupère toujours quelques poussières des astres pour en collectionner. Et... Je voulais vous en offrir. »
« Je... C'est magnifique. Mais pourquoi faites-vous ça ? »
« Parce que j'en avais envie, tout simplement. N'y voyez aucunes arrière-pensées ma Dame... Je vais... Je vais vous laisser reprendre vos... activités. Je vous remercie de votre temps. »
« Attendez... Kaïn ! »

Trop tard. Le guerrier avait déjà fait battre de ses ailes pour s'envoler vers d'autres cieux qui lui était hors de portée.




Marais sombre. Marécage brumeux, changeant. Formes divagues et sombres qui faisait se mouvoir le feuillage des arbustes et des arbres. Vent factice. Et l'odeur métallique du sang. Il ne pouvait que l'a reconnaître, cette odeur, tant il l'avait vu, sentis et vécu. Une lanterne aux lueurs bleutées entre ses mains, il avançait, à pas de loup, alors que le paysage changeait sous la lumière de la lampe entre ses mains recouvertes de mitaines. Il y avait de l'herbe, au lieu des flaques où dansaient la brume de ses bras fades, évanescent, s'enroulant et se dénouant au contact de l’atmosphère. Et l'odeur qui persistait, plus proche, plus viscérale. Là, sous ses pieds, un morceau de tissus déchirer. Rouge. Du velours. Il s'accroupis, le portant à ses narines pour en humer l'odeur. Laissant ses sens séraphiques prendre le dessus sur son humanité. C'était du sang, humain. Un anthropophage donc. Goule ? Buveur de sang ? Non, quelque chose d'autres. Une créature capable de manier les illusions.

De faire apparaître de la brume en Opale. Là où n'existait que la caresse des nuages et la lumière des étoiles. Qui enlevait des humains pour se nourrir d'eux et ainsi faire croître sa magie. Qui avait pris bien plus d'ampleur qu'il ne l'aurait cru. Sa Décadence était telle qu'il la ressentais par tous les pores de sa peau. Comme une caresse invisible venait se faufiler jusqu'à la peau nue de son visage, faire apparaître le long de son échine tout un tas de frissons incontrôlés. Plus de froid que de peur. Le gel avait recouvert les arbres dénués de feuille, s'accrochant à ses branches jusqu'à qu'elle ne sois plus que glace et se brise avant de s’effondrer au sol dans un bruit cristallin. Il rangea le tissus dans les pans intérieurs de sa cape et avança de nouveau, sa lanterne sous ses doigts qui dissipait les illusions au passage de ses rayons. Il y avait bien une chose que les illusions physiques ne pouvait prendre en compte, c'était les odeurs. Elle restait, s'imprégnais, peu importe le nombre d'images et de vues brouillées.

Plus il avançait, plus il en ressentais l'horrible piqûre jusqu'à ses sens sur-développés. La magie, l'odeur et sa vue, tout semblait être sur le point de l'agresser, le bombarder d'images nocives. Là, de nouvelles traces, des gouttes ensanglantés. Des traînées pourpres. Quelqu'un avait traîner quelque chose, un corps, plutôt lourd. Assez pour que la créature ne puisse le porter sur son dos, à moins que celle-ci sois bien trop fine et frêle pour pouvoir en supporter le poids. Une femme, peut-être ? Ou alors tout simplement une créature agile et rapide, mais pas assez puissante. Compensant ses lacunes par ses illusions recouvrant l'entièreté de la zone. Il repris son chemin et les traces s'arrêtèrent au devant d'une grotte. Sa tanière sûrement. Elle devait se trouver à l'intérieur. Kaïn déposa la lanterne à l'entrée de la caverne et fouilla à sa ceinture pleine de fioles. Grenade de poussière de lune et d'argent. Flocons d'eaux bénites. Cela ferait l'affaire sur une créature de type anthropophage.

Il s'agenouilla un instant près de la lampe. Le temps d'enduire sa lame de quelques gouttes d'eaux bénites. La lame fixée à son baudrier dorsal était fine et pourtant assez large pour pouvoir abattre et trancher des créatures de n'importe quel type. Peu de temps après avoir fait ses premiers pas en Ville, il s'était tourner vers le Diamant et ses maîtres forgerons afin qu'il reproduise la même lame qu'il avait manié alors qu'il n'était qu'un templier. Le forgeron avait ensuite incruster des runes magiques, de feu tout le long de la lame afin qu'il puisse en faire appel aux flammes lorsque l'obscurité s'abattait sur lui. La lame était uniquement faite de métal, mais d'un métal tranchant et résistant. Lorsqu'il se releva après avoir ranger ses concoctions dans sa ceinture de fioles, il effleura la lame du bout de sa main et à son passage, celle-ci fut parcourus de flammes incandescentes, éclairant ainsi la pénombre.

Le guerrier s'avança, ses bottes de cuirs se trempant dans quelques flaques humides, tout comme les parois de la grotte où se tendait des stalactites. L'air était oppressant et charger d'une magie lourde. Et enfin il l'aperçue là, au beau milieu d'un bassin. Une femme à la longue chevelure d'ébène qui descendait le long de sa peau nue, dévoilée aux faibles lueurs bleutés qui irradiait du liquide transparent. Elle se releva à sa présence, belle et envoûtante. Ses yeux luisant d'éclat orageux et sa peau d'une pâleur inhumaine. Elle leva l'un de ses ongles peinturés de noir alors que ses lèvres charnues se mouvait en des paroles funestes.

« C'est toi alors. Qu'ils ont envoyés, pour prendre ma vie. »
« Tu as pris la vie de beaucoup d'innocents. »

Un rire s'échappa de ses lèvres pulpeuses et elle s'avança. Roulant des hanches, de sa démarche aguicheuse.

« Qu'en sais-tu ? T'étaient-ils proches pour que tu te soucie d'eux ? »
« Assez pour que je vienne te voir et t'ôter la vie. »
« M'ôter la vie ? Bien d'autres l'ont dit avant toi. Et bien d'autres sont morts. »

La beauté sépulcrale devint en l'espace de quelques secondes une affreuse créature issue tout droit des enfers. Sa bouche devint un gouffre, une gueule béante aux rangées de petits crocs aussi tranchant qu'une lame d'acier. Et sa peau se marbra de nombreuses veines apparentes dans des teintes grisâtres. Ses ongles devenues d'énormes griffes noircies et son corps, aussi flétrie qu'une veille femme sur le point de rendre l'âme. Il voyait ses côtes apparentes, comme si on venait de lui prendre tout l'air que contenais la vigueur de son corps. Elle n'était qu'une pâle et trompeuse facette de ce qu'elle cachait véritablement. Un monstre, issue des légendes tordues dont parlait tant ces textes. Une odieuse et nauséabonde abomination de la nature. Sa lame tournoya entre ses mains et elle poussa un cri strident qui lui perça les tympans. À tel point qu'il du en fermer les yeux pendant quelques instants. Des secondes de trop, qui permirent à la créature de se jeter sur lui pour lui ôter sa lame de ses mains. Mais il tint bon, lorsqu'elle tenta d'arracher la peau de son visage, braquant les canons d'aciers de ses avants-bras pour la repousser.

D'un coup de pieds dans le ventre, il la fit reculer sur quelques mètres alors qu'une adrénaline fougueuse gagnait ses veines. Il parvint à trouver un flacon de poussière d'argent et la jeta sur la créature qui hurla une énième fois, lui laissant ainsi le temps de récupérer sa lame quelques mètres plus loin. Mais elle n'était plus là, avait une énième fois disparue. Sur ses gardes, le guerrier jeta des regards de gauche à droite, concentrant ses sens séraphiques à la recherche de la damnée. Et ses yeux aux éclats d'un bleu aveuglant se posèrent sur l'ombre d'un corps, derrière lui, dissimulé dans la brume. Là. Il ne pourrait la louper. Son épée forma un arc-de-cercle tout autour de lui et une gerbe d'un sang noircie jaillis contre les parois de la grotte. Elle puait la putréfaction et l'odeur de chair humaine. Ainsi il n'eut aucun mal à frapper de nouveau juste en plantant l'arme enflammée dans son corps malingre. Elle poussa de nouveau un cri sourd et repris petit à petit sa forme humaine. Apparaissant sous les yeux de l'ange pour lui jeter un dernier regard. Celui de Kaïn vibrait de haine.

« Bien d'autres, mais pas moi. »

Et il retira la lame d'un coup sec, avant de voir son corps s’effondrer contre le sol. Peu à peu, les illusions se dissipèrent et le mal, s'éloigna.
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Messagepar Vhaal O'Doherty » 02 Fév 2018, 19:05

Ca c'est de la refonte. Carrément un nouveau personnage en fait ! Rien à voir avec Rahan.

Je ne m'attendais pas à ça. A... tout ça. :question:

On voit que tu es inspiré. Mais, mais, faut en garder pour tes RPs hein ! Pas tout dévoiler avec la fiche. Comme ce qu'on dit, répète. Aller à l'essentiel, au plus important. Pour avoir la liberté de raconter le reste en jeu.

M'enfin, j'aime bien toute cette thématique autour de chevalier qui se bat au nom de la lumière. De la religion. Attention tout de même hein ! A rester vague, sans entrer dans les détails. Comme avec les repères géographiques et historiques. Laisser deviner les choses sans les dires.

Je te change ton nom ! :danse:

Et à toi de voir. Comme on en avait parlé sur la CB, comme ce qui avait été évoqué avec Cerbère. Pseudo court, à unique nom tout ça. Si tu veux faire de ton personnage un Atout. :pur:
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Messagepar Kaïn » 03 Fév 2018, 19:42

Merci Vhaal pour le nom :pinkheart: Oui en effet, je me suis laissée emportée par l'inspiration et du coup la longueur de la fiche aussi ! J'avais envie de totalement changer de Rahan que je trouvais pas assez développé et pas assez Opale à mon goût. Et pour l'Atout, oui, comme on en parlait, ça me branche vraiment, d'autant plus que Kaïn serait un bien meilleur Asriel que Rahan le fut, du moins il a plus l'idéologie de la famille je pense. :nyu: Après je développerais ça certainement en jeu ! Du coup voilà, je viens prévenir que j'ai terminer la fichette, désolé encore pour la longueur :you:
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Messagepar Serena Asriel » 03 Fév 2018, 22:54

Ohlala mais c'est une refonte de malade avec ce personnage :heart:
Franchement ça dépote, c'est super.
En tant qu'Asriel je trouve que Kaïn reste dans l'esprit de l'Opale et de la thématique de la famille Asriel. C'est une bonne idée la possession par un ange j'aime bien moi.
Quel talent inné, tu as eu une folle inspiration en tout cas :rabbit:
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