Érèbe,

"shadows fall over my heart,
i blackout the moon,
i wait for you to come around,
you got me dancing in the dark,
i've closed my eyes,
but i won't sleep tonight."
Nom complet
Son pseudonyme sur V'kontakte : Nychtos, cette marée sombre et infinie de laquelle les engeances frelatées s'extirpent pour embrasser sa noirceur infinie.
Age : La trentaine d'apparence, né 1949, soixante et onze ans qui pèse sur l'âme.
Groupe : De prince fortuné d'une île lointaine, il est désormais de ces sombres seigneurs vampiriques, rejeton de la nuit, un maître de poupées, un Oligarque.
Son métier, son statut social : Magnat de la Nocht Korporatsiya, de l'Orient jusqu'en Amérique, les liasses se frictionnent chaque jour d'un nouveau contrat, les affaires se fructifient et dans la nuit, fleurissent les cris.
Concept du personnage
Diable tiré à quatre épingles. Prince solaire, devenu Roi d'ombres crépusculaires. Les doigts pleins de bagues aux têtes squelettiques claque dans de sombres entrepôts abandonnés, lors de soirées mondaines ou encore, dans ces carrés VIP où résonne les basses étouffantes d'une soirée alcoolisée. Morgue funèbre, ces cheveux toujours gominés, cette muraille de chair toujours lové de noir qui semble ne jamais s'épuiser, à courir partout, en toute heure de la sorgue. Rare sont les fois où son visage apparaît dans la presse, pratiquement jamais. Insaisissable. Presque un inconnu. Car Monsieur N est de ces hommes de l'ombre, qui toujours, se faufile entre deux rubans solaires. À toujours prendre le soin, avec une efficacité perfectionniste, maladive, d'effacer toute trace de son passage.
Vampire Kontakte
Incube des temps modernes, c'est lorsque la faim assaille ses entrailles, sur ces sombres réseaux où se perdent chantage abusif, menaces sous-jacentes et une sexualité décadente, qui part en tout sens. Monsieur N as déjà tant, qu'il ne peut que se satisfaire de ces proies les plus sublimes, celle qui lutte vaillamment en se pensant éprise d'un espoir. Celles qu'il piétine de sombres désirs barbares, ce nid, ce banc de poissons, dans lequel le requin nage sans relâche. Une soif, jamais inassouvie, une famine, qui toujours, se retranche un peu plus loin. Dans ces fantasmes que tous renie afin qu'ils se fassent gardien d'une conscience faussement épanouie. V.K est son Eldorado, pour toutes ces machineries funèbres et obsessions violentes qui encombre sa psyché.
Son histoire
Si les livres d'histoires de sa petite île sans nom ne retienne de lui qu'un nom traître, tombé dans l'oubli, dans la décadence. Il fut une époque, où il en fut le salvateur. La lignée frelatée a toujours eu de près ou de loin, des liens troubles avec la mère patrie. Sa mère en était l'exemple parfait. Aux antipodes de son père. Une grande blonde, longiligne et aux prunelles bleutées, toujours relevée d'un trait de mascara. Les mains toujours manucurées, penchées sur ses talons de quinze centimètres qu'elle faisait claquer sur le marbre du manoir. Atomic Blonde. Son franc parler en avait fait d'elle la cible de toutes les critiques, au beau milieu de ce patriarcat grec aussi vieux que le monde, peu de femmes présente dans la famille avait osé casser les codes et les clichés, de la manière qu'elle l'avait fait. De bonne famille Moscovite, on aurait pu croire à un mariage arrangé, mais ça avait été un mariage d'amour. Et peut-être, était-ce ce caractère fait d'un acier trempé qui avait plu au paternel aux proches origines Albanienne.

Mais l'histoire prend ses premières traces dans un SPB sur la fin de ses années 60. La Nevsky est alors envahie de carnes mordorées et de costumes noirs qui déambulent, ivres et euphoriques, comme un long cortège de trognes étrangères, bras dessous, bras dessus. Ils accostent les passants, d'un russe approximatif et finissent par mettre les pieds dans ces clubs nocturnes où se déhanchent la jet-set russe sous des boules à facettes, avec leurs pantalons tailles hautes, leurs pattes d'éléphants, leurs longues bottes blanches vernies. Érèbe n'aimait pas boire. Il se contentait de suivre, sans mots, l'effervescence fougueuse de ses cousins. Héritier de la branche secondaire, on le promettait pourtant, à reprendre la tête du clan, fautes d'héritiers de la branche principale. Prince à la discrétion presque timide, farouche. Il l'avait vu, pourtant, ce soir là.

La féline.

Avec cette longue crinière brune qui venait à fouetter la foule tout autour d'elle, comme révoltée, sous l'emprise fiévreuse d'une drogue quelconque, à libérer ses démons dans le balancement de ses hanches, s'exulter comme une créature faite pour attiser les fantasmes, ce quelque chose d'érotique, lorsque la suie de sa chevelure venait à perler sur sa peau couverte de sueur, cette fièvre dans le regard. Surnaturelle. Ni Reine. Ni Soumise. Une impératrice de la nuit. À qui il voua une adoration quasi-divine.

Elle s'appelait Ksana.

Elle fut sa gloire et sa chute.

Une dame pour laquelle, il n'avait pas hésiter à tremper ses mains dans le pourpre. Dans tout ce qu'il y a de plus bas, de dégénérescent et d'obscène. Une tourmenteuse sur mesure. Une femme de haut rang, une reine crépusculaire, dont il était devenu la proie. Abusive et persécutrice, telle une érinye. Une furie venue des grands nords. Une fois. Une seule fois Érèbe avait tenté de tracer son chemin hors de la prise de ses griffes venimeuses. Jusqu'à ce qu'elle le fasse kidnapper et séquestrer, des jours durant. Son souffle alors, était devenu le sien. Son odeur, une obsession. Sa voix, une hantise. Son corps, une damnation.

« Tous les monstres sont fait de chair et de sang, Érèbe. »

Qu'elle lui avait dit. Là. Avant qu'il ne la quitte pour rejoindre le soleil de sa patrie. Là où il fut prince de sa lignée solaire. Mais dans chacun de ces corridors marbrés, c'était son souffle qu'il sentais sur son échine, sa langue contre sa peau, sa poitrine généreuse entre ces larges pattes veineuses, ses doigts effleurant son clitoris gonflé, ses lèvres humides et ses halètements provocateurs dans son cou.

Elle était revenue le chercher, son prince de lumière. Cette maîtresse oligarque qui avait fini par lui arracher la vie. Meurtre passionnel sur l'oreiller. Une vampirisation au goût d'épectase. Celui qu'elle avait fini par rendre à la nature à l'état de bête. Dépendant d'elle dans sa réincarnation funèbre, les faisceaux solaires de sa patrie ne lui appartenait plus, désormais. Il était à sa solde. Comme un cocaïnomane en manque de poudre. Il lui vouait une ire quasi-démoniaque, comme un culte malsain, une effigie à son machiavélisme.

Je l'aime. Je l'aime. Je l'aime tant que je pourrais la crever.

Ce soir là. Elle l'avait emmené à la Cathédrale Smolny, déserte et sous les yeux du christ pantocrator, il l'avait prise. Comme une bête. À même le sol froid de l'église. Le visage abaissé sur les marches de l'autel. Jupe relevée sur les hanches, les bas déchirés, les joues maculées de mascara et de rouges à lèvres, sous le rideau noirâtres de ses cils, ses orbes s'étaient révulsées, tandis que ses poumons peinaient à reprendre leurs souffles, plus qu'une série de sons hachés, abruptes, pénibles, qu'il lui avait arraché à chaque coup de reins. Il n'en avait cure, Érèbe. Il se fichait bien de ses plaintes, de ses cris, de son corps, ses cuisses tremblantes, trempées, martelées de spasmes sous l'orgasme.

C'était sa vengeance, sa haine, son amour, qu'il avait braqué sur son crâne, une fois fini. Ce canon froid, bientôt brûlant, allant cribler le crâne de balles de celle qui l'avait damnée. Sur les marches de l'autel, comme une offrande, son sang, celui de sa Sire, dégoulinant en une bave pâteuse, noircie.

« Tous les monstres sont fait de chair et de sang, Oksana. »
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Pioup !

Comme pour le test Tenger, je me suis contentée d'un fragment de décor et de vie de l'époque en essayant de ne pas empiéter sur ton histoire ! J'espère ne pas m'être trop avancée avec Ksana.

Tu en fait ce que tu veux !

Il est beau. Son regard surtout. Quelque chose de doux et de confiant à la fois. Il est jeune bien sur et son visage porte encore sous son casque de cosmonaute l'ombre d'une tendresse de poupon. Et pourtant dans ses yeux sommeille toute la sagesse de l'humanité. Là où il va, il sera plus seul qu'aucun homme ne l'a jamais été. Et pourtant ni peur, ni affolement, pas même de morgue ou d'orgueil mal placé ne viennent le défigurer. Seule se dégage de son être apaisé, la grâce presque mystique de celui qui a fait la paix de son destin.

Les années 60 en URSS, c'est d'abord un sourire. Celui de Youri Gagarine. Quelque chose d'espiègle et de lumineux, qui comme un rayon solaire fait enfin fondre la chape de glace de plus de 40 années de tyrannie Stalinienne. Maintenant que Nikita Kroutchev a repris les rennes du tout puissant parti communiste on veut croire que les années de terreur sont enfin derrière nous. Finies les grandes purges et ces trains interminables chargés de condamnés qui roulent vers la Sibérie. Le peuple veut croire en des lendemains qui chantent et en cette utopie soviétique qui selon Marx promettait rien de mieux que le paradis. A nouveau on se prend à rêver, à regarder devant, où plutôt comme ce soir, vers le vaste ciel de printemps, ses étoiles, son infini surtout où pour la première fois de l'humanité, un homme s’apprête à s'élancer.

L'Histoire, celle avec un grand H s'écrit ce soir. Et pour rien au monde Ksana n'aurait voulu rater ce moment. De mémoire de russe, on n'avait plus connu pareille communion populaire depuis 1945 et le grand défilé de l'armée rouge devant les murailles du Kremlin.

Mais d'abord il va falloir traverser Saint-Petersbourg, où plutôt comme on l'appelait alors Leningrad. En trame, en trolley, ou pourquoi pas faire jouer ses relations pour obtenir une voiture. Rares à l'époque parce qu'au paradis de la collectivité, la propriété individuelle n'existe pas, du moins pas officiellement. Rouler 18 kilomètres direction les grandes plaines de Carélie, et les hauteurs du lac Ladoga là où tout le gratin de l'époque s'est regroupé à l'observatoire Pulkovo. Les nazis l'avaient bombardé, mais en vingt ans, ce vieil édifice des tsars avec sa coupole à miroir ouverte vers le ciel, a été reconstruit juste à temps pour ce grand moment. De là haut, le panorama nocturne est agréable, presque flamboyant pour peu que l'on se tourne vers Léningrad en contrebas. Mais bien sur tout le monde n'a d'yeux que pour l'écran de cinéma installé à l'extérieur. Celui là même, ou en noir et blanc, se retransmettent les premiers pas de Youri Gagarine sur le cosmodrome de Baïkonour.

Baïkonour c'est au Kazakhstan a des milliers de kilomètres d'ici. C'est surtout en URSS et donc – ne nous voilons pas la face – un peu en Russie. Ils sont des centaines a avoir fait le déplacement jusqu'à l'observatoire de Pulkovo et il a fallut toute l'habilité politique et les relations de Ksana pour réussir à se faire admettre au milieu de la foule de généraux, et autres amiraux aux costumes verts bouteille. Des vampires ? Il y en a peut être d'autres comme eux. Mais alors ils se font discrets. La faute à Staline et a la toute puissance du KGB d'alors qui déportait à tout de bras tout ce qui semblait menacer la sécurité de l'Etat. Sombre, grise époque, que l'après guerre et sa dictature obscène. Elle n'en parle pas beaucoup Ksana de ces années grises, elle a cette pudeur de louve russe qui lèche ses plaies en silence et préfère regarder devant elle, où plutôt au dessus d'elle. Vers l'avenir, le futur, et cet écran de cinéma sur lequel la majestueuse fusée Vostok fait déjà préchauffer ses moteurs à poudre et propergol.

Il est bien seul dans sa petite capsule Youri Gagarine. Il a ce dernier regard doux vers les caméras. Des yeux qui regardent déjà ailleurs et pourtant semblent s'adresser à chacun. A toutes ces familles qui retiennent leur souffle devant leurs vieilles télévisions ou se tiennent chaud autour de la radio d'un lointain village de Sibérie. Lui plus que tous les autres croit encore à l'utopie Soviétique, et a ce monde libéré de l'injustice de classe. Et cet idéal gravé sur son casque au sigle CCCP c'est vers le ciel qu'il s'apprête à l'emmener. En avant garde de l'Internationale prolétaire ! De tous les grands explorateurs il est le premier et peut être le dernier à ne se remettre à aucun dieu contrefait, et à croire seulement, uniquement, en l'Homme.

Une fusée qui décolle, même vue au cinéma c'est quelque chose d'impressionnant. Surtout lorsqu'on se représente que tout au sommet de ce gigantesque réservoir à combustible un homme est assis. A t'il entendu depuis son lointain Kazakhstan cette rumeur parcourir toutes les républiques frères de l'Union Soviétique ? De Varsovie à Prague, en passant par Berlin occupée, et Moscou et Achgabat, l'URSS goutte à son triomphe sur l'impérialisme américain. Il vole, il s'envole, lance de feu qui éventre le ciel immuable alors que la voix nasillarde du speaker egrenne les étapes du décollage. Bien sur dans les années 60 il n'y a pas de caméra embarquée. Alors personne ne verra les rockets se détacher une fois leurs réserves épuisées, pas même on aura cet aperçu de la pointe qui fend la stratosphère et pour la première fois pénètre dans le violet profond des couches supérieures. Non. L'écran de cinéma s'est figé sur la dernière image des steppes du Kazakhstan là où flottent encore les fumées du grand brasier. Longues et interminables minutes. Jusqu'à ce qu'enfin la radio retransmette ces mots simples et cette voix douce qui tout là haut s'émerveille du silence.

« -Je regarde. Je regarde. Mais je ne vois aucun Dieu. Simplement et à perte de vue. La nuit qui étreint notre Terre. »

Bien plus tard et une fois redescendu sur terre il devait raconter qu'au cours de son orbite il avait survolé le delta de la Neva. Oui il était passé juste au dessus de leurs têtes a toute allure dans sa minuscule capsule soviétique. Rien de plus qu'un poinçon de lumière, qu'une poussière au milieu des étoiles. Lui. Le premier homme a avoir tenu un bref instant l'infini au creux de ses paupières.
Il faudrait aussi s'il te plaît russifier un peu plus ton prénom. Sans forcément le changer, mais comme tu avais fait pour Arès/Arkhas.

A dispo si tu as des questions monsieur le sexy Oligarque !

Bonne inspiration !
Vu qu'Ereghor était pas encore majeur au lancement de la fusée, j'me suis permise de faire un petit bond dans le temps en raccord avec ton texte, j'espère que ça ira. :heart:



Il y a ce quelque chose d'exaltant à voir une fusée décoller sur la surface plane de la terre. L'adrénaline, surtout. Lorsque dans un bombardement, elle gravie la montagne de la gravité, à lâcher tout autour d'elle ces nuages poussiéreux des fumées de ces réacteurs. Plus de deux cent tonnes d'une carcasse ferreuse qui s'élance, jusqu'à ne devenir qu'un petit point blanchâtre, dans le ciel. Semblable à un ange. Qui dans un élan, s'évade jusque dans le ventre du néant.

Comme si dès lors, l'homme était capable de tout. Mais surtout, du pire.

Ksana en avait conservé des cassettes, de ce moment. Des extraits en noirs et blancs, figé dans une époque pas si lointaine. Lors de ces week-ends loin de Léningrad, près du Lac Beloïe et de l'église de Krokhino, engloutie dans les flots de la Cheksna, elle avait ce quelque chose d'étrange. De presque, d'automate. Une vieille habitude tenace. À s'enfermer entre les quatre murs de cette salle de cinéma au devant de ces dernières images du Vostok. Parfois, il venait à s'échouer avec elle, sans bruits, à pas de loups, comme pour ne pas l'extirper à sa torpeur contemplative, à écouter les dernières paroles de Youri s'enfonçant jusque dans les dernières couches de la stratosphère.

« Aucun Dieu. Seulement des femmes, des hommes et des monstres. »


Elle n'était pas là, en ces moments. Comme ailleurs. Son regard miroitait des contrées qui n'avait rien de semblable aux terres hiémales de la Sibérie ou des toits à bulbes de Léningrad. Seulement ce noir, béant. Insaisissable. Ce même regard, féroce, quand elle venait à le chevaucher, à aplatir son torse de ses griffes, lorsque dans un soupir, sous ses prunelles closes, la marée inanité du vide venait à l'ensevelir. Cette sensation d'appartenance trouble, brisant les frontières de l'irréalité. Ce n'était pas lui, qu'elle apercevait, lorsque de ces pointes extatiques, qu'il se disait. Pas son visage rougis par l'effort, ni même de cette voix grondante qu'il venait à retenir contre sa lippe tremblante. C'était autre chose, qui venait à la terrasser. Sans nom. Sans visage.

« À qui est-ce que tu offre ton corps, ces nuits-là ? »


Ksana était douée. Et ce par des milliers de façon. En affaire, comme en art. Elle lui avait racontée, une fois, comment toute jeune pianiste qu'elle était, elle avait été refusée dans un Orchestre Moscovite de part son sexe. Défaite du carcan de ses draps, nue et assise face au piano, ses doigts avait roulés sur le clavier d'une douceur placide, bien lointaine de ses griffes meurtrissant la chair de sa peau. Dans le crin noirâtre de ses cheveux, dansait les lueurs pâles, maladives, d'une reine crayeuse et blafarde. Prunelles closes, c'était une bouffée de mélancolie sombre qui s'échappait des entrailles des cordes. Relent amères d'une époque morne, révolue.

Il lui semblait apercevoir ses détours, opaques, qui peu à peu venait éclaircir les puzzles de sa pensée sur ce mystère qu'elle était. Mais aussitôt à peine découverte, qu'elle s'enfonçait à nouveau, seule, dans l'opacité de ces corridors obscurs, à vaguer à ces occupations de femme, comme elle aimait à le dire. Sans bruits, des heures durant dans une salle de bain marbrée, seulement avec le clapotis rythmiques des jets d'eaux dans son bain. Et si Érèbe avait le malheur de faire irruption, c'était un cendrier gorgé de cendre qu'elle venait à lui envoyer au visage.

Féline possessive avec son intimité. Cette barrière que quand bien même, le Prince aurait voulu défaire, il n'aurait pu. Car les lisières qu'elle laissait dans son sillage était aussi infâmes qu'infinies.

Tantôt froide, tantôt brûlante, elle avait un véritable don pour passer d'un extrême à un autre. Comme si elle même, était partagée. Entre jour et nuit. Crépuscule et aube.

Aujourd'hui encore, l'Oligarque était de nouveau retourné sur les rives de la Cheksna. Dans ce grand chalet luxueux, rongé par la mousse et la moiteur des eaux. Os boisés, devenus humides par la force des vents Finlandais. À balancer toutes ces robes, ces bijoux dans l'âtre crépitant de la cheminée, noyée dans les cendres. Mais non loin, comme derniers adieux, cette cassette poussiéreuse, surannée, délaissée au devant des baies vitrées, sans bruit, sur les reliefs d'un piano à queue.
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