Aurelya,

"Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort"
Nom complet
Son pseudonyme sur V'kontakte : Akroma
Age : 30 ans
Groupe : Petersbourgeoise
Son métier, son statut social : Infirmière le jour, chanteuse dans un cabaret la nuit.
Concept du personnage
Aurelya est une femme à l'apparence presque juvénile malgré ses trente ans. Ses longs cheveux blonds foncés forment de belles anglaises naturelles, quand ils sont correctement entretenus. Une mèche beaucoup plus claire et aux reflets cuivrés tombe sur la moitié gauche de son visage. Elle a des yeux bleu-gris qui peuvent se ternir et déborder très facilement. Elle mesure un mètre soixante-quinze et pèse trop lourd pour sa taille. Malgré ça son visage a su rester fin. Elle porte toujours au moins un vêtement noir été comme hiver malgré son amour pour la couleur. Il lui arrive souvent de teindre les couches inférieures de ses cheveux aux couleurs de l'arc en ciel de façon à ce que ça ne se voit que lorsqu'elle se fait une demi-queue. Sa peau est ornée de multiples cicatrices dont elle est très fière et de sept tatouages. Ce nombre pouvant augmenter avec l'inspiration.

La personnalité d'Aurelya est à l'image de son lieu de vie : bordélique. Dépressive, percluse d'angoisses multiples (plus ou moins rationnelles), collectionneuse compulsive de beaucoup trop de choses, atteinte régulièrement de frénésie créative pendant lesquelles elle fabrique manuellement toutes sortes de choses, des bijoux fins en perles, aux livres vierges qu'elle ne peut que revendre pour ne pas se retrouver surchargée, en passant par les vêtements, elle est souvent très difficile à suivre. Elle aime écrire, lire, dessiner (malgré son manque de talent pour la chose), jouer aux jeux vidéos, manger, dormir, faire des gâteaux et par-dessus tout elle aime la musique. Pratiquant le piano depuis l’âge de quatre ans et chantant depuis encore plus de temps, elle baigne dedans depuis sa naissance. Cette passion était sa seule échappatoire face à la dépression qui la suit depuis sa treizième année jusqu’à sa rencontre avec celui qui est devenu la personne la plus importante de sa vie, remplaçant même sa sœur jumelle. Malgré tout, rien ne peut empêcher les accès de violence qui la prennent parfois, quand la colère qu’elle refoule et contient depuis l’enfance la submerge. Dans ces moments-là elle ressent un besoin viscéral de détruire des choses ou de faire du mal, le plus souvent à elle-même. Personne n’est au courant de ces phases qu’elle traverse régulièrement.
Vampire Kontakte
Inscrite presque de force par le vampire qui a déchiré le voile pour elle, il voulait avant tout qu'elle se fasse des amis avec qui elle pourrait parler de tout sans risque car ça le rendait triste de la voir toujours seule en dehors de lui. Elle ne parle pratiquement jamais d'elle et utilise le réseau pour partager des photos de ses créations qu'elle appelle ses fiertés. Et des anecdotes concernant ses multiples blessures et cicatrices.
Son histoire
1989.
L’année de sa naissance.
L’année de la chute du mur comme le répétaient souvent ses parents.
Le premier souvenir qu'elle avait était celui du sourire rayonnant de ces derniers, lorsqu’à quatre ans, elle leur avait demandé si elle pouvait apprendre le piano.
Descendants lointains d'un des plus grands musiciens de l'histoire de la Russie, ses parents espéraient faire de leurs enfants des génies à la hauteur de leur illustre ancêtre.
La pression exercée sur leurs épaules les avaient poussé à bout tous les quatre. Son frère aîné avait craqué et totalement abandonné la musique. Le second, qui avait toujours été le meilleur d'entre eux, avait brisé tous liens familiaux quelques mois avant son mariage après une ultime prise de tête. Sa jumelle, son miroir, son âme sœur, avait tellement perdue la raison qu'elle ne parvenait plus à la reconnaitre et en était arrivée à avoir peur d'elle. Quand à elle, elle avait préféré la fuite.
A l’âge de dix-sept ans, elle avait fait ses bagages et s’était enfuie de Moscou, sa ville natale, pour terminer son voyage au beau de milieu de Saint-Petersbourg.
Ses études terminées en avance, elle était devenue infirmière car sa première vocation était son altruisme et son besoin d'aider qui elle peut. Elle avait beau avoir renié jusqu’à son identité, adoptant le nom d'Aurelya Ivanova pour que jamais on ne la retrouve, elle n'avait jamais abandonné le piano et le chant. Avant d’être l’ambition de ses parents, c’était une passion de la première heure, qui avait toujours représenté sa seule échappatoire quand la vie s'acharnait sur elle. Aussi, pour arrondir ses fins de mois, elle avait choisi de pratiquer son art dans un cabaret non loin de son appartement. Étant quasiment insomniaque, elle n'avait besoin que de quatre heures de sommeil maximum par nuit et pouvait donc jouer et chanter jusqu’à la fermeture chaque soir.
Pourtant, un soir, elle avait dérogé à la règle et n’était pas allée au cabaret. En effet, une de ses collègues de l’hôpital où elle travaillait, avait absolument besoin de pouvoir passer la nuit auprès de sa fille malade. Aurelya avait donc décidé de la décharger de sa nuit de travail. Elle savait que son altruisme exacerbé finirait par la perdre un jour. Elle ne savait pas à quel point elle avait raison.
Sa première et seule nuit à l’hôpital se déroula presque sans encombre. A l’exception d'un cas. Un homme, amené au milieu de la nuit par les urgences, avec des profondes lacérations dans le cou. Il avait perdu beaucoup de sang, mais était encore vivant. Pourtant, son chef de service semblait ne pas vouloir le sauver et avait même expressément demandé que les infirmières n'entrent pas dans sa chambre. Les autres avaient obéit docilement, mais Aurelya ne l'entendait pas de cette oreille.
Elle se faufila dans sa chambre, dans l'espoir de pouvoir faire quelque chose pour lui, et l'examina en détail. Le pauvre homme n'avait plus assez de sang dans le corps pour survivre à la nuit et sa blessure était particulièrement étrange. Les traces étaient rondes, nettes et on aurait presque dit que le sang ne s’était pas échappé par-là, tant la zone était propre.
Elle songea en premier à un tueur un peu fêlé, qui se serait inspiré du mythe du vampire pour tuer, mais n'eut pas le temps de pousser plus loin son raisonnement. L'homme faisait un arrêt cardiaque. Son médecin chef arriva en trombe et tomba nez à nez avec elle. Il lui hurla dessus, avant de la jeter hors de la chambre.
Quelques minutes plus tard, il en sortit avec la mine sombre. L'homme était mort et le médecin était furieux. Elle subit ses réprimandes pendant tout le reste de la nuit, mais il ne semblait pas seulement en colère. Il avait l'air inquiet aussi. Elle ne se posa pas plus de question, perturbée qu'elle était par cet homme mort, à la blessure si intrigante.
En rentrant chez elle au petit matin, elle reçu un curieux SMS d'un inconnu, lui donnant rendez-vous à la nuit tombée dans une ruelle près du cabaret, pour lui parler du cadavre qui occupait ses pensées. La curiosité l'emportant très largement sur la prudence, elle s'y rendit en pressant le pas.
La nuit et la neige avaient recouvert la ville et, sous son manteau gothique en feutre noir, elle grelottait de froid. En arrivant à l’entrée de la ruelle, elle ne vit pas tout de suite qu'un homme se tenait là, droit comme la justice et qu'il venait de poser ses yeux sur elle.
Elle approcha doucement et, en un instant, l'homme attrapa son bras et tira dessus d'un coup sec, faisant sauter sa capuche fourrée, avant de la plaquer brutalement contre le mur le plus proche. La voiture qui passa à ce moment-là, dans la rue toute proche, éclaira de ses phares les deux visages qui se faisaient face. Et, contre toute attente, les deux blêmirent de panique. L'homme fit un bond en arrière, tandis qu'Aurelya se laissait glisser lamentablement sur le sol humide et froid.
Des crocs …
Cet homme avait des crocs …
Comme –
Même son cerveau, saturé d’adrénaline, refusait d’admettre l’évidence. Elle ne risquait pas moins que sa vie, à rester là, mais ses jambes étaient bien incapables de la porter. Elle riva alors son regard sur celui qui venait de l'agresser. Il était recroquevillé sur lui-même et semblait se lamenter à propos d'une muse. Alors qu'il se redressait, la circulation envoya à nouveau un rayon de lumière qui se répercuta sur les murs humides et sur la neige, illuminant la totalité de l'agresseur. Il apparut alors clairement à ses yeux sous les traits d’un homme grand, au visage un peu prognathe, à la mâchoire carrée et à la carrure athlétique et élancée, habillé de vêtements riches du début du dix-neuvième.
C'est à ce moment qu'elle le reconnu. Six mois plus tôt, alors qu'elle chantait dans le cabaret, il était entré, visiblement par hasard, et s’était immobilisé totalement en la voyant. Depuis, elle l'avait revu tous les soirs, sans exception, assis toujours à la table la plus proche d'elle.
Avant qu'elle n'ait pu faire le moindre geste, il était tombé à genoux et l'avait prise dans ses bras.

- Pardonne-moi. Je t'en prie, pardonne-moi de ce que j'ai failli te faire. Je ne savais pas que c’était toi. Si j'avais su, je ne t'aurais jamais violenté de la sorte.

Elle l’écarta un peu d'elle, en poussant légèrement sur ses épaules et le regarda plus en détail. Elle n'avait jamais vraiment pris le temps de le faire, au cabaret. Ses longs cheveux de jais, détrempés par la neige, collaient à ses épaules et à son visage. Aussi, elle dégagea une de ses mèches et constata, avec soulagement, qu'il arborait une expression de profonde détresse, face à ce qu'il avait failli faire. Elle eut un doux sourire, avant d'essuyer d'une main tremblante la larme ensanglantée qui s’était échappée de ses yeux indigo.

- Est-ce que tu -

Elle s'interrompit brusquement. Elle avait encore fait l'impasse sur le vouvoiement. En même temps, elle n'en avait jamais vu l’intérêt. Mais elle savait que ça pouvait déranger de nombreuses personnes.

- Tu habites loin ? Demanda-t-il, visiblement perturbé par son attitude.
- Pas vraiment.
- Alors je te raccompagne chez toi et, quand tu seras à l'abri du mauvais temps, je t'expliquerai tout.

Malgré tous ses efforts, elle ne parvint pas à se remettre sur ses jambes, qui tremblaient encore de la terreur qui l'avait assaillie. Il la prit donc dans ses bras et la ramena chez elle. Une fois au chaud et au sec, il lui livra les explications qu'elle attendait.
Il s'appelait Laszlo et était, bel et bien, un vampire. Elle ne chercha pas à le contredire sur ce point, se doutant bien que, s'il avait voulu lui mentir, il aurait sûrement choisi une histoire plus crédible. Né en l'an 1800, il avait obtenu son immortalité à l’âge de trente-sept ans.
Musicien, spécialisé dans l’alto, et compositeur depuis son plus jeune âge, il avait été abandonné par l'inspiration plusieurs années auparavant et était tombée dans l'apathie la plus totale. Jusqu’à ce qu'il entre dans ce petit cabaret, attiré par la mélodie qui s'en dégageait.
Il lui raconta que ce fut comme un coup de foudre. Elle jouait bien, sans être parfaite, mais elle mettait tellement de cœur et d’âme dans ses reprises au piano et à la voix, qu'il avait eu l'impression de revivre en l'entendant. L'inspiration et l'envie lui étaient revenues, presque instantanément. Et peu importe de quelle manière, mais il se jura de toujours garder un œil sur elle, pour que jamais rien de mal ne lui arrive. Elle était devenue sa muse, la personne la plus importante pour lui, dominant même la musique.
Malgré ces révélations, la potentielle dangerosité de cet homme et son aspect obsessionnel, elle n'avait pas pu s’empêcher de sourire en entendant la fin du récit.
Elle était importante, primordiale pour quelqu'un qui la voyait en elle-même et pas comme ce qu'elle aurait pu être. La chaleur que cette révélation lui procura, fit rapidement s'envoler toutes ses questions et ses inquiétudes.
Il était peut-être dangereux, mais pas pour elle. C’était tout ce qui lui importait. Depuis sa fuite de Moscou, deux ans plus tôt, il n'y avait plus eu personne dans sa vie et son désert de solitude commençait à lui peser.
A compter de ce jour, elle ne fut plus jamais seule. Quelque soit l'heure du jour ou de la nuit, et malgré le fait qu'il ne pouvait pas aller au soleil, elle savait qu'il avait toujours un œil sur elle. Par moment, elle parvenait à distinguer sa haute silhouette, dissimulée dans une ruelle obscure, proche de son hôpital, quand elle jetait un œil par la fenêtre.
A vingt ans, et suite à une grosse erreur administrative dans l’hôpital, elle perdit son logement et se retrouva presque contrainte de vivre 'temporairement' dans la maison de Laszlo. Dix ans plus tard, cet endroit est devenu le seul où elle se sent chez elle.
Malgré son insistance, elle ne céda jamais aux avances du vampire, arguant qu’étant humaine, ils souffriraient tous les deux de cette relation.
Maintenant bien installée et heureuse, elle a presque réussi à oublier les frasques de son ancienne vie de moscovite, mais elle ignore que sa sœur jumelle, rendue folle par l’ambition de ses parents et encore plus par son départ, a réussi à remonter sa piste jusqu’à Saint-Petersbourg et l'y cherche frénétiquement depuis déjà presque un an.
"Un jour, elle me retrouvera. Ce jour là, je devrai faire un choix."
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Bonjour !
Voilà ma fiche finie si tout va bien. S'il y a des choses à préciser, modifier ou corrigé, n'hésitez pas à me le dire.
Première véritable fiche sur un forum RP. J'ai beaucoup hésité à sauter le pas parce que j'ai tendance à manquer de constance mais une de mes meilleures amies m'a un peu beaucoup poussée (clin d'oeil pour la demoiselle en question). Alors me voilà.
"Un jour, elle me retrouvera. Ce jour là, je devrai faire un choix."
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*Saute sur sa meilleure amie pour lui souhaiter la bienvenue !*

Comme pour Ivan, j'ai vraiment hâte de pouvoir rp avec toi ! Je pense que vous vous plairez ici, tous les deux, les gens sont cool et super sympa !
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Ouah...
J'adore ! x)

L'histoire est hyper intéressante, tu te sers bien du contexte c'est génial.
Ca donne envie de la voir en rp.

C'est chouette de vous voir avec Ivan !
J'espère que vous vous plairez avec nous !
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Merci Feodora ^^
Si je suis acceptée, peut-être qu'on pourra RP ensemble (éventuellement).
En tout cas, je suis ravie de voir que ma fiche plait à quelqu'un.
"Un jour, elle me retrouvera. Ce jour là, je devrai faire un choix."
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Oui, mais toi t'es pas la plus objective ^^'
C'est le fait qu'elle plaise à quelqu'un que je ne connais pas (et qui ne me connait pas non plus) qui me ravi.
"Un jour, elle me retrouvera. Ce jour là, je devrai faire un choix."
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Bienvenu à toi ~

J'aime beaucoup le côté névrosé. Remplis de tics et de réflexes malsains, ne pas être capable de gérer sa vie et être guidé par tout ce qui la traverse.
Une bonté de cœur qui la perdra.

Au plaisir que tu ne croises jamais ma route. :pur:
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Merci beaucoup Orlove.
Mais sache que si je viens à croiser ta route, je doute de le faire seule.
"Un jour, elle me retrouvera. Ce jour là, je devrai faire un choix."
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Bienvenue sur les Matins de la Neva Aurelya :pur:

Comme expliqué sur la fiche de Ivan qui est tout aussi nouveau que toi :pur: Je suis désolée de ne pas être passée plus tôt !

Néanmoins, je viens de te donner les accès en lecture aux différents forums de jeu.

La personnage a un profil d'artiste qui ferrait une jolie Pierot :pur:

Il y a juste un passage qui me chafouine dans la fiche : celui avec Lazlo. Je n'ai pas bien compris pourquoi il déchire le voile pour elle :question: Ce n'est pas un acte anodin pour un vampire. Surtout qu'il est âgé Lazlo et donc qu'il doit déjà avoir rencontré d'autres jolies filles avec des belles voix ;) Je te laisse me répondre à la suite s'il te plait !

Pour le reste n'hésite pas à participer aux différents floods, jeux et discussions : viewtopic.php?f=26&t=2311&p=113077#p113077

Bon voyage à Saint-Petersbourg :heart:
Bonsoir Katyusha.
J'avoue c'est peut-être assez flou, mais dans l'idée ce n'est pas seulement une jolie fille avec une jolie voix, c'est un total coup de foudre qui lui a fait développer une véritable obsession. A partir de ça il a fini par devenir tellement fou de cette fille qu'il pouvait pas imaginer sa vie sans elle. Lui aussi il est un peu névrosé ^^'
J'espère que ça fonctionnera comme ça. Je m'étais imaginé cette histoire depuis l'été et je pensais que ça conviendrai.
En tout cas merci pour l'accueil.
"Un jour, elle me retrouvera. Ce jour là, je devrai faire un choix."
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Moscou a le théatre du Bolchoï et Saint-Petersbourg a le Mariinsky. Deux temples de la danse et de la musique classique qui s'opposent. Et si on dit que les musiciens du Bolchoï sont les plus talentueux, les Saint-Petersbourgeois répondent froidement que ceux du Mariinsky ont le plus de cœur.

Lazlo a eu des billets. Une surprise qu'il voulait faire à Aurelya pour fêter l'anniversaire de leur rencontre. Les voilà donc parti en Taxi a travers la Venise du Nord frigorifiée. Les canaux sont gris et froids. Les arbres dépouillés par le gel ont perdu toute leurs feuilles. A 17h il fait déjà nuit, ce qui n'est pas pour déplaire au compagnon vampirique de Aurelya.

Il va quand même falloir patienter devant le théâtre. Taper du pied pour se réchauffer et partager un parapluie avant que les ouvreurs en uniforme ne déverrouillent enfin les portes. Mais une fois à l'intérieur quel spectacle ! Tout est luxe, stuc et dorure. D'immenses lustres baignent l'ensemble d'un halo doré. Les spectateurs sont sur leur 31. Les femmes surtout prennent le temps de passer au vestiaire – encore une particularité russe – pour troquer leurs bottes à l'épreuve de la pluie Saint-Petersbourgeoise, contre de splendides hauts talons.

Ici venaient les Tsars. Et si les Romanovs ont été balayés par l'histoire, demeure encore dans ces couloirs aux immenses plafonds, où l'on sert encore du champagne et du caviar, le souvenir de leur goût pour le faste. Les hôtesses en charge de guider les spectateurs sont des jeunes rats d'opéra (le surnom donné aux danseuses encore en apprentissage). Ce sont elles qui avec grâce, et un port de tête fier en dépit de leur jeune âge, guident la vampire et l'infirmière en direction des balcons.

A croire que Lazlo a sorti le grand jeu. Leur balcon domine la salle et la scène. Ils ont une vue plongeante sur les autres spectateurs qui entrent tour à tour pour occuper les sièges en contrebas. Bientôt la lumière s'éteint et les grands rideaux de velours s'ouvrent. Un unique violoncelliste occupe le centre la scène. Un projecteur l'éclaire d'une lumière poudrée et tout le reste est comme plongé dans la pénombre.

Alors Lazlo de se pencher vers Aurelya pour lui murmurer : « -Oublie le nom qui est marqué sur le programme. Son identité est bidon. Son véritable prénom est Andreï. Je l'ai connu dans les années 40. En camps de concentration. Les allemands l'avaient raflé en Ukraine parce qu'il était juif. Et c'est dans les camps encore qu'il a appris à jouer de la musique. Tu comprends à l'époque pour échapper à...enfin tu sais de quoi je parle... il fallait avoir un talent, une utilité pour les nazis. Et lui ce fut la musique. En une nuit afin d'échapper à la mort, il appris à se servir d'un vieux violoncelle qui avait été jetté à la décharge, au milieu des ordures. Une nuit ! Tu te rends compte. Et sa musique était tellement belle. Tellement profonde. Que les gardiens l'ont épargné jusqu'à ce que l'armée rouge vienne nous libérer. Une nuit pour devenir un maestro. Tout ça pour dire Aurelya... Il y a ceux qui vivront une trop longue et morne vie. Et ceux qui en une seule nuit fulgurante auront l'impression d'avoir vécu pour l'éternité ! »
Et voilà ma belle !

En espérant que cela t'inspire. A répondre de la façon la plus naturelle du monde. En te laissant porter par l'ambiance.

Welcome to Spb !
Elle était nerveuse. Elle l’était toujours quand elle allait dans un endroit qu'elle ne connaissait pas. Laszlo lui avait dit qu'il avait une surprise pour elle avant de lui demander de se mettre sur son trente et un. Dans le taxi il n'avait pas dit un mot se contentant de sourire quand elle lui demandait leur destination. Il aimait garder ce côté mystérieux sur certaines de ses décisions. Lorsque la voiture s’arrêta elle leva les yeux se figea.

- Est-ce que c'est –

La fin de sa question rhétorique mourut dans sa gorge en même temps que son souffle. Il l'avait vraiment fait. Depuis bientôt treize ans qu'elle vivait ici, elle n'avait jamais eu le temps de voir tout ce qu'elle voulait voir dans cette ville. Et le théâtre du Mariinsky avait une place d'honneur dans la liste de ce qu'elle rêvait de visiter dans Saint Pétersbourg.

Elle vit soudain sa portière s'ouvrir, la faisant redescendre de sa contemplation pour voir la main gantée du vampire se tendre vers elle. Elle y glissa ses doigts frêles et sortit du taxi avec son aide. La pluie mêlée de neige qui tombait sur la ville donnait à l'immense bâtiment qui se dressait devant eux une aura presque mystique. Accrochée au bras de son compagnon vampirique, elle ne parvenait pas à poser son regard sur autre chose que la splendide architecture, qui semblait rayonner de milles feux dans le ciel nocturne. Elle était émerveillée comme une petite fille. Le souvenir de la première fois où cette sensation l'avait envahie lui revint rapidement. C’était un autre théâtre. Son jumeaux. Son contraire. Elle savait que les deux écoles s’opposaient par une rivalité sans bornes et pourtant l’émerveillement était le même devant le Mariinsky, qu'il ne l'avait été devant de Bolchoï. Tout à sa contemplation fascinée, elle ne vit pas passer le temps et ne s'en rendit compte que lorsque Laszlo commença à avancer pour les faire entrer dans ce temple de l'art musical.

En franchissant les portes elle eut l'indescriptible sensation de faire un bond dans le passé. Les dorures. Les peintures. Les couleurs. Les lumières tamisées. Les hauts plafonds au moulures magnifiques. Jusqu'au service des hôtes et des petits rats. Tout évoquait immanquablement l’époque lointaine et fantasmée de la Saint Petersbourg des Tsars. Elle ne savait plus où poser les yeux sur tant de merveilles. Mais elle n’était pas au bout de ses surprises.

En sortant du vestiaire, l'une des jeunes hôtesses se présenta devant Laszlo et elle, pour les conduire à travers l'immense bâtiment. Elle finit par s’arrêter devant une porte donnant sur un balcon. En passant la porte, Aurélya s’émerveilla à nouveau. Comme un enfant devant un sapin de Noël s’extasiant sur le moindre de ses cadeaux, elle ne savait plus où donner de la tête. C’était trop beau pour être vrai. Elle allait sûrement se réveiller dans peu de temps, ado, dans le lit qui surplombait celui de sa jumelle. Et pourtant c’était bien réel. Son cœur n'avait pas cessé sa course folle depuis qu'elle avait posé les yeux sur l'un de ses rêves de gamine. Laszlo la fit asseoir et elle se pencha doucement par-dessus la balustrade pour pouvoir regarder tout autour d'eux jusqu’au moment elle se figea.

- On est – Dans le balcon des Tsars ?! S’écria-t-elle plus fort qu'elle ne l'aurait voulu.
- Bien sûr.
- Mais tu es fou ! C’est trop !
- Rien n'est trop beau pour toi princesse.
- Laszlo, je te l'ai déjà dit. Je ne suis pas une princesse.
- D'accord. Tu n'es pas une princesse. Tu es mon ange. Conclu-t-il en posant avec une infinie douceur ses lèvres sur sa joue rougie.

Elle sourit presque tendrement avant de porter le regard sur la scène. Elle appréciait vraiment son côté tactile. Mais elle ne pouvait pas céder à la tentation. Rejoindre son monde n’étant pas dans ses plans, ça le détruirait de se construire une vie avec une mortelle. Et lui faire du mal était bien la dernière chose qu'elle souhaitait. Surtout en ce jour si particulier du dixième anniversaire de leur rencontre.

Les lumières s’éteignirent doucement et bientôt le rideaux se leva, dévoilant un homme assis derrière un violoncelle hors d’âge. Elle sentit alors son compagnon vampirique se pencher vers elle jusqu’à ce que le murmure de sa voix atteigne son oreille.

- Oublie le nom qui est marqué sur le programme. Son identité est bidon. Son véritable prénom est Andreï. Je l'ai connu dans les années 40. En camps de concentration. Les allemands l'avaient raflé en Ukraine parce qu'il était juif. Et c'est dans les camps encore qu'il a appris à jouer de la musique. Tu comprends à l'époque pour échapper à ... Enfin tu sais de quoi je parle ... Il fallait avoir un talent, une utilité pour les nazis. Et lui ce fut la musique. En une nuit afin d'échapper à la mort, il appris à se servir d'un vieux violoncelle qui avait été jeté à la décharge, au milieu des ordures. Une nuit ! Tu te rends compte. Et sa musique était tellement belle. Tellement profonde. Que les gardiens l'ont épargné jusqu'à ce que l'armée rouge vienne nous libérer. Une nuit pour devenir un maestro. Tout ça pour dire Aurelya ... Il y a ceux qui vivront une trop longue et morne vie. Et ceux qui en une seule nuit fulgurante auront l'impression d'avoir vécu pour l'éternité !

Elle sentit les larmes lui monter au yeux tandis que la musique douce mais en même temps si puissante lui parvenait aux oreilles. Une nuit pour une vie. En entendant sa musique, les affres de la guerres lui paraissaient tellement proches. Elle avait l'impression qu'il était en train de raconter son histoire à travers sa mélodie. Une nuit pour une vie. Ça lui rappelait brusquement son histoire. Ce n’était pas aussi impressionnant, mais elle se souvenait de la seule nuit pendant laquelle elle avait osé faire preuve de courage. Cette nuit qui lui avait permis de refaire sa vie. Loin de la tyrannie, du jugement et de la peur constante. Elle s’était promis de ne plus jamais ressasser les souvenirs de son ancienne vie, mais parfois ils s'imposaient à elle. Pour se rassurer, comme une petite fille qui se réfugie dans les bras de sa mère pour échapper à la peine, elle posa sa tête sur l’épaule du vampire avant de poser une main tremblante sur la sienne.

- Merci pour tout Laszlo … Souffla-t-elle portée par la musique.
- De rien petit ange.
Désolée pour la réponse tardive. Les tuiles se sont enchaînées ces derniers temps. Mais maintenant que ça va mieux j'ai enfin pu finir ma réponse. *Toute fière*
"Un jour, elle me retrouvera. Ce jour là, je devrai faire un choix."
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