Re: Faction Perle

#1
O'nelly Tom
Libre
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Pseudo et avatar libre. Il a complètement oublié la signification de ses tatouages.

Atout Seylïs / Détective privé
Décadence : Sans mémoire. Poussé à chercher quelqu'un, sans savoir qui. Détective, lié aux rêves, à la brume. Arrivé dans cette Ville. Il y a des années. Quand. Comment. La brume a effacé les traces. Et chez les Seylïs dont il partage le sang gris et Atout, la mémoire n'a que peu d'importance.

Trop jeune pour ce job, pensent souvent ses rares clients, au premier abord. Et pourtant cette Ville il en connait les moindre méandres, les plus sombres coursives. Des années qu'il en parcourt en solitaire le bitume, s'y fond, s'y noie, à la recherche de ces visages tristes, disparus, dont les photos, telles des spectres aux regards gris et vides, hantent les murs de son office de détective privé.
Dans la brume ses souvenirs se sont égarés. Un passé fragmenté, aux allure de rêve terne, oublié au réveil. Se rappeler, mais de quoi, où plutôt de Qui ? Une Femme surement, simplement, dans cette Ville tout les chemins mènent à une femme. Mais laquelle. Et surtout où est elle ? Comme un parfum qui parfois, les soirs de grand vent lui frôle les narines. Sucré. Ou la vision, légère, de cheveux sombres se déroulant sous les rafales. Des pas devant lui, dans son dos. Une silhouette qui s'éloigne trop vite pour qu'il puisse la rattraper avant que les volutes enfumées ne la brouille. Elle existe, elle pourrait être le fruit de son imagination. Quelque part, sous ces façades aveugles dont les volets clos ne laissent filtrer que de rares lumières. Morte. Vivante. Une mère, une soeur, une amoureuse. Il cherche. Il la cherche. A travers les rues, le long des quais, au plus profond des cryptes suintantes. Sans la connaître, sans se rappeler son visage, où le chagrin de sa voix. Juste une ombre chinoise, que le brouillard lui dérobe.

Et à force de chercher il trouve, pour les autres, des corps froids, ou des absences. Tant, tellement, de disparus que la Ville dévore, parfois sans laisser de trace, sauf pour qui sait lire à travers les silences ouatés du brouillard levé du fleuve. Détective privé, car qui mieux qu'une ombre, pour faire corps avec la pénombre et en extirper les secrètes épaves. Dans son bureau, aux murs craquelés d'humidités, ont été punaisées des photos, par dizaines, centaines peut être. Visages que l'on a oubliés, que la Ville a avalé comme la mer emporte une dépouille, et qu'il traque, avec patience et obsession, tellement sur que parmi ces spectres qui la nuit le veillent en silence alors qu'il boit, fume, Elle est là, à attendre, patiente et retorse, comme une sirène tapie entre deux eaux, grises.
Spoiler:
Surtout ne pas faire de vagues. Se contenter d'un long manteau gris, refermé sur la toile chaotique et sans sens réel de ses trop nombreux tatouages, pour arpenter les rues désertes. A la lumière d'un reverbère usé, son visage se découpe, jeune et gris, un peu maladif, avec des angles, des os, aigus, presque agressifs, qui trahissent une violence dont il a oublié la cause première. Tellement semblable dans ses manières, ses façons, à ces petits prédateurs nocturnes, renards, belettes ou furets, qui chassent, tuent, avec une lâche discrétion, avant très vite de se dérober au moindre danger. Garçon de peu de mots, à la voix sèche de tabac froid, aux regards gris et pointus, qui percent à la dérobée avec une acuité désarmante. Inquiétant parfois, lorsque renfoncé dans un porche, dans un coin d'ombre oublié par l'éclairage urbain, il attend, surveille, le passage des rares noctambules. Pour n'en sortir qu'une fois la rue parfaitement vidée, à la recherche d'une flaque huileuse, d'imperceptible traces de sang, si vieilles qu'elles en sont devenues noires. Alors il se penche sur le pavé, observe, lit dans l'absence de criants témoignages, toujours soucieux de ne pas être surpris, avec ces regards furtifs, comme un radar, se préparent à détaler à la plus infime alerte.

Re: Faction Perle

#2
Alex
Libre
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Pseudo et avatar libre. Un tatouage de lapin. Peut très bien être un homme.

Atout Seylïs / Rabatteuse
✒ Les films qui finissent mal, commencent toujours avec une fille. Cette fille seule, qui fume avec nonchalance accoudée à un mur. La ruelle est obscure, des bouches d'aérations du métro monte une vapeur grise et froide. Une enseigne crépite par intermitence et quelque part, dans le brouillard on entend les remugles d'un fleuve. Pas un temps à sortir. Et pourtant Elle est là, elle est toujours là. Qui attend. Qui nous attend. Avec son mystère. Avec son charme rebelle. « Je connais un endroit. Une Ville de l'autre côté. Tu veux venir, avec moi? »

On ne dit pas non a des yeux gris. A une haleine rauque, qu’exsude un sourire sure de soi. Partir. Passer de l'autre côté. Un jour Alex a fait le premier pas. A saisi la main tendue paume ouverte, avec ce mégot qui se consumait entre des doigts aux ongles rongés et Elle est partie. Ou plutôt Elle est passée. Direction la Ville. Ce film gris et embrouillé, qu'une pellicule pleine de grain déroule à longueur de nuit. Cela va mal finir. Cela finit toujours mal, avec des cadavres roulés dans le fleuve et des hauts ponts aux balustrades de fer forgée, aux chevaux de bronze noir cabrés.

Mais l'important c'est le Voyage. Cette invitation qu'Alex susurre d'un battement de paupière moqueur alors que la ruelle est déserte, qu'il n'y a qu'elle. Et qu'importe si elle travaille pour la Maison Close Perle et si toujours son aide à passer le seuil finira par se monnayer. D'abord passer, et ensuite aviser. De toute façon ici, dans le réel, il n'y a plus grand chose qui en vaille la peine. De l'autre côté par contre. La Vie vaut la peine d'être poignardé dans une ruelle, battu à mort dans un bordel.

De l'autre côté, des filles seules à la silhouette embrumée fument en bordure des fleuves. Leurs yeux sont insondables, leurs rires aigres doux. Et lorsqu'Elles écrasent avec mépris leur mégot entre deux pavés déchaussés, c'est qu'il est temps de partir. De passer. « Alors tu viens ? On y va? »

Re: Faction Perle

#3
Stef
Libre
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Pseudo et avatar libre. Un tatouage de Phalène.

Atout Seylïs / Phalène / Maison Close
✒ Tu n'étais qu'un(e) enfant du Réel particulièrement rêveu(se), lorsque ces hommes pâles sont venus t'arracher à ta famille pour te ramener dans la Ville. Ils t'ont enfermé(e). Ils t'ont détruit(e). Ils t'ont reconstruit(e). Comme une chenille fait sa mue et s'extrait de son cocon. Aujourd'hui tu leur appartient. Tu appartiens à la brûme. Enchaîné(e) à la Maison Close Perle tu as rejoint le très secret bataillon des Phalènes.

✒ Des adolescent(e)s papillons de nuit. Que de cruels clients paient pour chasser leurs cauchemars. Par tout les moyens. Des plus suaves aux plus brutaux. Au charme ou à l'épée. Dans le lit ou dans le labyrinthe obscur des venelles de la citée. Baiser. Tuer. Recommencer.

Pour toi les Seuils ne sont que des voiles fragiles. Rêve et Réalité que les faces complémentaires d'une même pièce. Passer de l'un à l'autre. Finir par confondre. Ne plus faire de différence. Dans le brouillard une ombre est monstre et un monstre un simple mirage.

Et tu sais comment cela finira. Oui tu le sais. Parce que tu as vu ceux qui t'ont précédé sombrer dans la folie. S'égarer. Devenir ce qu'ils avaient toujours combattus. Des cauchemars qu'à ton tour tu as du pourchasser. Venger. Et d'un coup de lame rendre à la bruine. Les Phalènes ne vivent pas longtemps. Des éphémères que la nuit consume trop vite.

A cause de cette question. La seule qui mérite d'être posée.
"Si je veille sur les cauchemars des autres. Qui surveille les miens."

Re: Faction Perle

#4
Max
Libre
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Pseudo et avatar libre. Vous pouvez très bien en faire un homme et/ou un(e) Atout.

Pute Perle
✒ Elle est cette blonde aux jambes interminables. Cette brune aux seins menus. Cette rousse aux hanches rondes et pleines. Elle est des chevelures courtes et sauvages ; de longues et lourdes boucles qui cascadent. De la voix grave qui murmure à l'oreille, au rire cristallin qui jamais ne cesse. A la peau aussi sombre que la nuit, lorsqu'elle n'est pas aussi claire et fragile que de la neige.

Elle est toutes les femmes. Elle n'en est aucune.

Max est cette putain que l'on vient voir pour ce qu'elle est, et ce qu'elle n'est pas. Elle est multiple. Elle est unique. Elle n'est pas fade. Elle n'est pas comme toutes les autres. Surtout, elle s'adapte.

✒ Dans sa chambre, l'encens brûle en permanence. Et de ce mince filet de fumée, de cette poudre rendue envoûtante par son encensoir (c'est son catalyseur), elle fait se détendre ses clients. Les apaiser. Pour qu'ils confient leurs fantasmes, ces femmes qu'ils rêvent de tenir entre leurs bras. Sœur tentatrice, épouse défunte, cousine affriolante, et bien d'autres. Max est toutes ces femmes à la fois.

Les clients, elle les charme. Parvient à les envoûter de son encensoir qui consomme et consume ces grains qui détendent l'esprit. Apaisent les sens. Tout, pour qu'ils se laissent aller au jeu de cette putain malléable. Celle qui ne change d'apparence. Mais pénètre l'esprit pour faire croire à ces ces hommes, ces femmes, venus chercher les regrets, les souvenirs, entre ses cuisses, que c'est la personne de leurs désirs qu'ils enlacent et embrassent.

Car les remords et les regrets, les longs souvenirs qui s'effacent au fil du temps. Max en connaît la sensation. Elle qui en a tellement dans les recoins de son esprit. Dans ses pensées que jamais personne n'a su apaiser comme elle le fait avec ceux qui la visitent pour la nuit. Pour la vie.
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