Bring me the fire baby [Ouvert à tous]


[Sujet commun]Et ce jusqu'à ce que la Ville décide de reprendre tout ce qu'elle avait donné. Il entendait les cris, les appels aux secours. Mais il ne bougeait pas. Tétanisé par ce spectacle poignant qui se déroulait sous ses yeux. Ce ravage barbare. Cette tuerie sans nom. Aussi froide que les lames de ces assassins. L'oeil du Dragon était là.


Messagepar Arès Vasilios » 26 Avr 2017, 20:22

Ce sujet est ouvert à tous et ne fait pas partie de la trame principale du forum. Néanmoins, vous êtes tous les bienvenues, que vous soyez de telles ou telles factions, peu importe. Vous êtes invités à l'anniversaire d'Arès Vasilios.


Bring Me The Fire Baby.


Loin des jeux de pouvoirs, loin de ces querelles que se font les Matriarches et Patriarches, une musique résonne. Violente, sauvage. L'Onyx veille ce soir. Déchaînée. Agitée. Un brasier immense, crépitant au centre de la foule exaltée. Ce soir, c'est la passion qui anime les corps, la frénésie qui émoustille les esprits. Une fièvre tombe, ravageuse et emporte avec elle toutes ces personnes, ces identités diverses qui s'entrechoquent venus des quatre coins de la ville. Ils sont nombreux et résonne dans cette nuit, telle une seule et même voix. Un même écho. La voix du peuple. De cette populace qui ce soir réclame que le plaisir soit de mise. Les jeux dans l'ombre ne sont plus, éclairé par cette flamme, cet incendie stimulant qui coulent dans les veines de chacun.

La franchise est de mise. Pas d’hypocrisie, ni de faux semblants. Ce soir, on parle à coeur ouvert. On se dit tout, on se raconte ce qu'on a sur le coeur. Ce qu'on ressens, ce que l'on souhaite exprimer depuis toujours. Ce pourquoi on se bat, ce pourquoi chacun de nos pas sont guidés. La passion, l'amour. Ce qui depuis la nuit des temps nous encouragent à vivre. A ressentir toutes ces émotions fortes, cette adrénaline qui parcourent nos veines, nous submergent, nous entraînent. On lève nos verres, on cris en choeur. On chante, on ris, on se bat. L'authenticité même. Des mains se rejoignent, se serrent entre quelques rires. On se caresse, les bouches se percutent, les langues, les souffles se mélangent dans cette union harmonique.

Les injures fusent dans tous les sens, les poings s'expriment, des filets de sang giclent. C'est barbare. Mais c'est réel. C'est la vie. La vraie. Pas celle que l'on raconte dans les contes de fées et dans les livres pédagogiques. Ça transpire la joie, la colère, l'amour, la passion, la jalousie. Un arc-en-ciel, une palette d'émotions de toutes ces personnes venues se réunir dans les quartiers du dragon sauvage. Mais en quelle occasion ? En quel honneur ? A vrai dire, plus personne ne sais vraiment. Tout ce que l'on sais, c'est que l'on s'amuse, qu'on oublie ses problèmes. Qu'on s'assume, tel quel. Tout ça avait débuter bien des jours avant. Sur un pari, une parole de trop. Une promesse d'anniversaire qui finalement avait finis en réunion festive de toutes ces factions.

Et le voilà. Ce feu sur la place qui brûle. Vif, vigoureux. Qui réchauffe les coeurs et entraîne les âmes à l'unisson, jusqu'à en perdre l'esprit. Autour, des gens, venus de tout horizons. Des artistes, des avocats, des guerriers, des génies de mécaniques, des servants fidèles, des êtres ténébreux. Ce soir, la Ville résonne d'une seule et même voix. Ce soir, la Ville brille de ses factions pour ne faire plus qu'un. La neutralité existe et elle est belle et bien là. Les conflits ne sont plus. Rien que le temps d'un instant, le temps d'une nuit qu'ils n'oublieront jamais.

Et au beau milieu de la foule, un homme. Un être comme tant d'autres, ses yeux bleus percent l'obscurité de la nuit. Tout vêtu de noir, il regarde la foule en délire, en retrait. Mais intérieurement il bouillonne. Il ronronne de plaisir. Ce soir, il est le feu qui les alimentent. Il est l'essence même de cette nuit. Ce félin qui rôde, ce guerrier au coeur tendre qui durant toute sa vie ne s'est battu que pour une seule et même chose. Pour celle qu'il a toujours désiré, aimé du plus profond de son être, de son âme même. Et cette passion là, il l'a distribue, la donne à tous ces gens, toutes ces personnes qui méritent cette euphorie.

Une bière dans la main, il s'avance alors, un sourire au bord des lèvres. La balance dans l'immense brasier, en hurlant, à plein poumons. C'est sa joie qu'il transmet, ce bonheur qui gonfle son coeur. Cette passion débordante, ces flammes qui embrase ces êtres, ces humains. Ce soir, on s'amuse sans se poser de question. Et alors, à travers cette musique rythmée, démente. Il cri. Un cri du coeur, de l'âme.

- Dansez ! Buvez ! Battez-vous ! Baisez ! Faites du bruit !

Il reprend son souffle, relève son regard en se tournant vers la foule en délire.

- Amusez-vous ! Bordel !

La foule hurle de concert. Cette nuit ne fait que commencer et elle sera longue.
Avatar de l’utilisateur
Maison Onyx
 
Messages: 889
L'Ascendance: Je suis Natif de la Ville
Catalyseur: Un briquet zippo Jack Daniels.
Pouvoir: Élémentaire Du Feu/Animagus Panthère Noire
Âge: 30 ans.
Statut: Capitaine de la Garde de la Dragonne.



Messagepar Faltenin H. Sëyligman » 26 Avr 2017, 22:09

Vous savez, ces soirs où les cours n’ont plus strictement aucun intérêt, parce que les lettres dansent devant vos yeux… Ces soirs où vous avez besoin de toute votre concentration pour vous relire, et où la frustration vous envahit en vous apercevant soudain que vous n’aviez fait aucune faute particulière, et que cet effort a été vain.

Ces soirs où vos camarades d’études n’aident absolument pas, au contraire : ils sont attirés aux fenêtres par le parfum de la nuit, comme de jeunes animaux qui brûlent de sortir du terrier pour la première fois. Vous savez comme il est difficile de résister à leurs sollicitations, de réfuter leurs arguments. Autant renoncer, n'est-ce pas ? Résister ne ferait qu'augmenter le mal de crâne, alors que céder... Quel soulagement lorsque l'on cède enfin, et que l'on referme pour de bon les vieux volumes poussiéreux !

L’air de la nuit sembla d’abord une véritable consolation pour l’esprit surchauffé de Faltenin, qui leva le nez et observa les chauves-souris sur le trajet sans vraiment se demander où il aboutirait. Le premier bar était chaleureux et animé, une ambiance de pub par un soir d’octobre, des lampions colorés, beaucoup d’autres étudiants. De vieilles connaissances le prirent par le bras et l’entraînèrent un peu plus loin ; ce qu’ils fumèrent sur le trajet n’est pas dit dans la chanson.

En arrivant au bar suivant, Faltenin imitait son professeur préféré, à merveille d’ailleurs, pour la plus grande hilarité de ses camarades. Là, un groupe interprétait sa chanson préférée, et un de ses amis l’entraîna sur scène et lui colla un micro dans les mains. Les joues rouges, le sourire radieux, il se ridiculisa joliment, et une inconnue se jeta à son cou pour danser lorsqu’il regagna le plancher des vaches. La danse fut endiablée ; le guitariste du groupe l’embarqua à la fermeture en parlant d’un after plus loin en ville.

Il fallait vraiment que Faltenin trouve une victime. Les symptômes d’intoxication s’accumulaient, sa nervosité aussi. Il fallait qu’il transmette tout cela à un autre, avant de perdre ses moyens. Il restait calme, il avait l’habitude maintenant – à son âge avancé, aurait-il pu dire – mais il voyait le temps passer à l’oeil nu, dans les petites crispations de ses mains, dans le rythme de ses pas qui se faisait précipité, moins dansant, plus martial.

Il était à cran, les moindres plaisanteries lui donnaient envie de se fâcher et de provoquer son interlocuteur en duel. Il y avait maintenant bien trois heures qu’il errait de divertissement en tripot, et il n’était plus entouré que d’inconnus et de très vagues connaissances ; leurs vies ne comptaient pas vraiment à ses yeux. Ses lunettes tombèrent, mais, à la grande admiration de tous, ne se brisèrent pas.

Ils arrivèrent à la Fête. L’ambiance était idéale. Faltenin oublia ses « amis » et se jeta dans la foule, commençant à embrasser les uns après les autres tous les visages qu’il rencontrait. A chacun, il dispensait un peu de la dose de poisons divers qui lui montait à la tête. Il se maîtrisait ; il ne voulait tuer personne, pas s’il pouvait l’empêcher. Après tout, une fois libéré de cette petite formalité, il pourrait toujours recommencer à zéro. Les occasions de s’enivrer ne manquaient pas ici... même si, pour lui, c'était hélas toujours momentané.

Il regardait à peine au cou de qui il se suspendait, d’ailleurs personne ne semblait vraiment étonné de son comportement, et certains le suivaient même des yeux en riant, faisant, semble-t-il, des paris sur sa prochaine cible, sur le temps qu’il mettrait à s’écrouler dans l’état où il devait être pour se conduire ainsi… ou sur le nombre de personnes qu’il embrasserait.

Il s’amusait comme un petit fou. Sautiller entre les corps en mouvement, c’était une danse et également un entraînement au combat. Exercer son pouvoir, être jeune et se défouler physiquement, embrasser n'importe qui ; ça, c’était une drogue, la seule dont il puisse réellement s’enivrer. La colère reculait petit à petit, avec la faiblesse, tandis que son pouvoir satisfait rechargeait lentement ses batteries.

Faites du bruit ? Un Seÿligman n'allait pas se dégonfler devant un défi, surtout s'il était le dernier des siens à pouvoir sauver l'honneur ! Il leva les bras vers le ciel et se mit à chanter à tue-tête, sans savoir réellement quoi, un air païen sans paroles et sans âge, de sa voix claire aux accents mal définis. Ses lunettes tombèrent à nouveau. Il ne s’alarma pas : elles étaient indestructibles. D'ailleurs, il avait fermé les yeux.
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Perle
 
Messages: 312
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes
Catalyseur: Mes lunettes
Pouvoir: Baisers empoisonnés
Âge: 25 ans
Statut: Héritier, étudiant



Messagepar Ouroboros » 26 Avr 2017, 22:11

Pour la première fois, et surement la seule, Ouroboros avait désactivé son système de nano-machine contrôlant la composition de son sang. Pour une fois, il pourrait se torcher. Descendant son verre de vodka d'une main, il donnait de grande tape dans le dos de Virgile de l'autre.

"Bro, les deux zautres zavaient dit qu'on se rejoignait l'bas non? J'espère qu'ils ont ramené de l'alcool et de la fumette, ces salaud!"

Un grand rire adressé à Virgile, son ami récent. Ce soir, il sentirait pour la première fois les effets délicieux de l'alcool et du hachiche. Un sourire bête sur son visage. Ils étaient arrivé sur la place, noir de monde, une vague humaine, Maelström de corps s'enlaçant, s'embrasant, se combattant.

Puis un rappel:

"Hum, hum. A défaut d'être décadent va au moins voir l'organisateur pour le remercier de cette expérience" invectiva l'IA, déçu du comportement d'Ouroboros.

Le génie créateur se fraya alors un chemin vers Arès, à grand coup de coude, d'invective et de sourire. Attrapant l'homme qui selon la base de donnée de Prométhée s'appelle Arès.

"Merci pour t'ça bro! J'oublierais pas, si t'as bsoin d'un truc, t'quiètes chuis la. Et Joyeux anniv'!"

Une fois avoir fini de beugler dans l'oreille de l'organisateur, il trouva une place en hauteur , bien en vue, enleva son t-shirt, et cria à plein poumon:

"Maëlys, je t'aime!"

Puis il retourna rejoindre Virgile, en attendant que Maëlys le rejoigne. L'artiste était entré dans un cercle, ou les gens faisaient tourner un joint. Prenant une grande bouffée, Ouroboros souriait. Pas de son sourire habituel, mais d'un sourire chaud, comme quand il est avec sa belle. En cet instant, il se sentait complet. Plus qu'à ce que sa belle vienne pour que cette soirée soit inoubliable.

Mais en attendant, il faisait la fête pour la première fois. Se transformant en ghetto Blaster sur patte, il emplissait ses environs de dubstep, les tubes préférés d'Osvald quand il était dans l'autre monde. La vision d'Ouroboros se troublait, mais il ne s'était jamais autant amusé.

Exceptionnellement, il songea à arrêter ses recherches, pour se consacrer à une vie de décadence, auprès de sa mie. Mais bon, de grandes pensées, pour un type déchiré qui tenait à peine debout! Il se mit donc à danser, oubliant ses problèmes, ce soir serait exceptionnel, hors de question de réfléchir à des trucs à la con.

Totalement défoncé, une idée "brillante" vint à Ouroboros. Il saisit par la manche Virgile, et lui dit:

"Bro, steuplait fais moi un tatouage d'Ouroboros, s'va être top je suis sûr! Comment ça t'sais pas comment on va trouver de quoi faire un tatouage? j'vais trouver moi, j'trouve tout!"

Alors qu'il disait ces mots, il vit qu'un concours de birge drinking se lançait au milieu de la foule. Avec un grand sourire, il rentra au milieu, criant:

"V'pensez faire le poids face à moi? Pff, laissez faire le dieu de la descente auto-proclamé!"

Saisissant une bouteille de vodka, il attendait le départ, donné par un soutien-gorge volant, tel dans une course illégale. En un instant, il activa son overdrive et la régulation du sang de son corps, et descendit la bouteille, la faisant tournoyer pour que l'alcool puisse descendre plus rapidement. Et une deuxième, pour la moquerie.

Une victoire facile. On pourrait dire qu'il avait tricher. Mais il employait juste ses capacités. Néanmoins, il désactiva le contrôle sanguin trop tôt. Le retour de flamme fût terrible. Une scène bien triste à voir, mais heureusement pour Ouroboros il oubliera celle-ci. Il se rappelait juste des célébrations folles adressées au vainqueur du concours.
Ouroboros
 



Messagepar Gemme Wolfkravt » 26 Avr 2017, 22:24

La sueur qui dégouline, qui lui pique la peau, les yeux, dévale le sillon de ses seins pour tremper son haut trop moulant. Ses cheveux sont plaqués sur son visage, les mèches lui brouillent la vue et, dans les lueurs éparses des projecteurs, sa peau luit faiblement. Elle danse, hurle, se déhanche sur la scène improvisée, crachant à la face de la foule mouvante qui lui fait face de toute la vigueur de ses poumons.

De temps à autre, elle s’arrête, reprend son souffle, détaille les gens présents les uns après les autres, glisse un sourire mutin à l’un, un clin d’œil suggestif à un autre, s’envoie une gorgée de la bouteille de whisky posée non loin d’elle, et repart se déchirer la voix, s’abîmer les cordes vocales sans souci de se ménage.

Son cadeau d’anniversaire pour Arès. Pas un vrai concert, juste une chanson, dont elle rugit les paroles, portée par les gémissements nerveux de la guitare électrique de Requiem Ashfield. Ils ont viré le DJ, pris sa place sur la petite scène improvisée. A deux, ils captivent, galvanisent. Alors que les basses font trembler l’Onyx, le duo embrase les passions et précipite les attirances.

Sous les yeux troubles de la louve, le décor perd en précision. Les visages se mélangent, les odeurs lui parviennent, musquées, brutes, comme les sons déformés que lui renvoie la masse vibrante d’une énergie sans cesse renouvelée. Ses prunelles pâles dévient, s’accrochent au ciel alors que de sa trachée malmenée s’échappe un dernier hurlement, inhumain, rappel de sa nature profonde, le cri du loup qui s’offre à la lune. Sauvage. Indompté.

La louve bientôt quitte la scène, ne laisse derrière elle que son micro qui se balance, lamentable, au bout de son fil, Requiem et sa guitare, qui entame un dernier solo.

Comme tous les présents ce soir, elle dégage à chaque mouvement un magnétisme animal.
Elle se glisse dans la marée humaine, se frotte contre les corps, lascive, comme une flamme portée par le vent. Lèche une paire de lèvres à l’occasion, frémit d’une caresse lancée au hasard contre sa poitrine trop peu couverte, alors que ses prunelles d’azur fendent la foule à la recherche de son amant.

Elle a envie de sexe, de violence, alors même que son maquillage forme sur son visage un amas d’un noir peu ragoutant, qu’une des bretelles de son haut s’est déchirée et que plusieurs accrocs dans son short le rendent plus que microscopique. Peu importe l'apparence, ce soir, elle n'est qu'instinct.

Presque nue, elle déambule, jouit de la fièvre ambiante, de l’ambiance générale, coulant toujours entre ses lèvres par intermittence le goulot de la bouteille qu’elle a emportée avec elle.

L’alcool lui coule le long de la bouche, elle en sent les effluves et les effets qui l’étourdissent peu à peu. Son pas se fait plus léger, aérien, elle sautille presque, toute à sa joie d’être là, une joie farouche d’appartenir à la fête, d’en être, de pouvoir à son aise passer d’un convive à l’autre sans souci des rancœurs ou des appartenances à telle ou telle faction de la Ville.

Elle se déplace, vive, vibre au rythme endiablé de la musique qui a remplacé sa voix, les tubes les plus en vogue du monde magique. Son cœur pulse sourdement, rejoint les basses puissantes, électrisantes, qui la portent toujours un peu plus au cœur du flot humain.

Une piste de danse improvisée l’accueille, non loin du feu gigantesque qui projette en grand les ombres des personnes collées les unes contre les autres. Une brise passe de temps à autre le mur humain, arrache ici un frisson, là un gémissement, et les corps se rapprochent davantage, toutes limites oubliées.

Elle reconnait parfois un visage ami, un autre, ennemi, et les accueille pareillement d’un haussement de sourcils espiègle. Nulle querelle ce soir, juste la détente, l’orgie sensorielle qui passe de l’un à l’autre sans distinction sociale. La fête ne fait que commencer mais déjà une aura d’exaltation semble planer sur les invités.

Tout paraît possible. Tout semble envisageable. Alors, pourquoi se priver d’une soirée qui depuis l’invitation d’Arès promet d’être mémorable. La louve tend le nez, inspire profondément et se gorge des senteurs de la nuit, de la sueur, du sexe, de tous les excès possibles et imaginables.

Ce soir, même si son équilibre la fuit, qu’elle tangue dangereusement sur les talons trop hauts de ses cuissardes, même si sa gorge la brûle encore de son chant barbare et décomplexé. Ses vêtements la gênent, le cuir humide de son soutien-gorge la démange.

Elle soupire, noie son regard dans la foule environnante, et accepte un verre tendu par une main anonyme. Vodka, lui murmure son odorat, avant qu’elle n’avale le contenu d’une lampée rapide qui lui embrase l’œsophage.

Elle tousse, crache, éructe, et éclate de rire, avant de glisser son bras sous celui de son voisin le plus proche pour l’entraîner dans une danse licencieuse. Amusez-vous, bordel, a ordonné le roi de la fête un peu plus tôt. Et elle en a bien l’intention. Ce soir, elle n’échangerait sa place pour rien au monde. Bon anniversaire, Arès, songe-t-elle, sourire aux lèvres, avant de presser furieusement son corps mince et collant contre celui de son partenaire.
Avatar de l’utilisateur
Maison Onyx
 
Messages: 1291
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes
Catalyseur: Reflet de lune en flacon
Pouvoir: Loup-garou / Magie ténébreuse
Âge: 27 ans
Statut: Chasseuse de Brume



Messagepar Lamiane Black » 27 Avr 2017, 01:04

Le liquide coula dans sa bouche dégoulinant sur l’ourlet de ses lèvres poissant sa peau diaphane. Cela lui brûlant la langue, la gorge. Cela était fort, piquant. Une amertume, un goût fumé en arrière-goût.
Un sourire alors qu’elle retire le goulot de ses lippes, un cri alors qu’elle lève haut le liquide ambré.

Des gouttelettes qui collent partout, une respiration ardue, des yeux brillants. La musique faisait tremblai le sol, vibrer les os. Elle vous arrachait les tympans, vous faisait presque gémir pour ponctuer le refrain.
Lamiane ferme les yeux, lève les bras en l’air, dodeline de la tête. Fouette les autres de ses cheveux, martèle le sol de ses talons.
A hurler à tue-tête les paroles, même si elle ne les connaissait pas toutes.

Le maquillage à un peu coulé, entoure ses yeux d’orage de noir. La crasse colle alors qu’elle transpire, que cela dévale sur son corps, coule sur le creux de son ventre à découvert. La poitrine se sent à l’étroit dans le soutien-gorge et le petit haut, alors elle se soulève pour mieux aspiré l’air. Cet amas palpable qui sent le stupre, la boisson, les herbes, l’humain. Qui pue le vice et le plaisir. Ce qui ressemble tellement à la Ville.

Elle s’enivre, alors qu’elle se glisse dans la marée, se fond dans l’amas vivant qui hurle et gémis, qui se frappe et se caresse. C’était chaud, c’était moite. Cela ondulait, battait en rythme.
L’Orageuse se laisse porter. Pas de réflexion, plus d’emprise dans le Réel. Il n’y avait que l’instant. Maintenant. De suite.

Pourquoi réfléchir quand on vous maintenait debout, que vos pas fléchissant étaient soutenues, que votre corps s’affalent contre d’autre, qu’on vous serre dans les bras.
Pas de faction, pas de rang. C’était universel. Un moment de joie, une respiration goulue dans cette vie parfois pénible. Un moment de volupté façon Magicopolis.

Des mains parcourent son corps. Un frémissement quand on lui griffe la nuque, un gémissement alors qu’une main appuie sur son entre-jambe. Une joie sauvage quand elle embrasse un inconnu, qu’elle glisse ses propres mains sur des corps sales et bouillant.
On lui tendit une cigarette, elle inspire à fond le mélange d’herbe qu’elle recrache vers le ciel en un nuage qui disparaît.
Sa peau se marque d’éraflures, d’hématomes, mais qu’importe. Pour une fois, pour ce soir, son corps appartenait à d’autres qu’à elle-même.

Ses yeux inspectent, se perdent dans la masse. La tête lui tourne, elle papillonne des cils. Son regard se fit pourtant perçant, remarque des détails incongrus, d’une trop grande netteté. Mais cela n’avait pas d’importance. Car elle avait repéré grâce à cela Arès.
Le joyeux luron. Le Maître de la soirée.

Elle sourit, se précipite le plus vite possible à sa rencontre. Elle piétinent blesse au passage, ignore les jurons et les insultes, les pelotages. Elle s’avance, les yeux brillants d’une lumière intérieure. Presque chaude.
Un grand sourire alors qu’elle se met sur la pointe des pieds, prend le visage d’Arès pour venir l’embrasser à pleine bouche, d’un baisé chaud, écrasant. Un remerciement personnel.
Juste le temps de quelques secondes, avant de reculer en riant. Elle repart aussitôt sans se retourner, se fond dans la masse uniforme.

Lascivement, elle ondule contre les corps, met sa chevelure en boule sur son crâne pour évacuer la chaleur. La Black se mordille les lèvres, ses yeux se plissent. Des râles. Du plaisir. Soupirs silencieux. Elle se fait désir, se fait tentatrice. Presque féline. Les brides sont lâchées, les envies enfouies font surface. Plus de doctrine, de retenue. De lois et de barrière. Les nuits, les rêves deviennent réalités.
Elle prend, dévore. Elle accepte et rejette. Elle aime et déteste. Ses serres marquent les peaux, sa langue se fait baume.

Elle danse, tourne. Passe de bras en bras. Ce pourlèche les lippes pour donner envie, échange un regard langoureux. L'orageuse invite et repousse. Elle s’impose et fuit tel un mirage. Insaisissable.
Soudain son regard fut attiré par une nouvelle chose, alors que les brumes disparaissent momentanément; un éclair de lucidité.
Une idée germa dans son esprit.

Lamiane monte sur un promontoire, ouvrant en grand ses bras en croix. De ses ailes, elle pouvait parcourir le vent, vivre une liberté que beaucoup enviaient. Les yeux sont vers la voûte céleste, la bouche grande ouverte, un rire libérateur s'en échappant. Des spasmes la secouent alors qu’elle rie à gorge déployée, que le vent lui arrache des larmes de bonheur. Tel un oiseau prêt à décoller, elle surplombe l’endroit. Son ombre se perd dans l’immense brasier.

Le vent se lève, siffle à ses oreilles, murmure chaudement. Passe ses mains invisibles dans sa crinière noire, lui fouette le dos, martèle sa veste de cuir qui lui colle à la peau. Les nuages s’en vont lentement. Les constellations se découvrent, presque timide, car soudainement mise à nue. Elles étincellent dans la clarté de la nuit, les feux de bois ne pouvant cacher leurs beautés même si la jeune Black les alimente doucement d’oxygène pour les faire luire. Pour les rendre presque aussi visant que la foule tout autour.
Une odeur de pluie qui traîne dans l’air, de la terre et du vent. De la fraîcheur qui la berce pendant quelque seconde avant de disparaître au profit de la soirée, tel le baisé d’une mère invisible.
Des larmes s’écoulent sur ses joues crasseuses, goutte sur sa poitrine.
C’était beau.


Ses yeux luisent brièvement, d’un éclat ambre. D’un éclat de Rapace.
La bouteille toujours intacte se lève vers le haut, miroitement doucement sous les rayons de la lune, tel un salut.

« Bon anniversaire Arès ».

Détourner le regard du spectacle pour retourner dans la masse. Prends un corps pour rester accrocher, pour profiter de la fête, pour hurler, crier, râler, gémir. Pour boire, fumer et baiser. Trouver quelqu’un qu'elle connaissait pour partager.
Pour taper sur le sol à l’unisson et faire battre le cœur. Ensemble.
Encore.
Encore.
Encore un peu pour que la nuit ne finisse pas. Pour que la créature ne meure pas. Jamais.
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Amethyste
 
Messages: 349
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes
Pouvoir: L'Orage gronde / animagus rapace
Âge: 21 ans.
Statut: Héritière de l'Améthyste/Onyx



Messagepar Pain Unsëylis » 27 Avr 2017, 10:37

Il n’aime pas les fêtes. Sauf quand elles sont synonymes de festin de chair, d’orgie sexuelle. Et pourtant, il est là, paradant au cœur de la foule en liesse, une bouteille de vodka à la main, sa veste de cuir largement ouverte sur son torse nu.

Des mèches humides lui retombent sur le front, voilent le regard qu’il porte aux alentours. Détendu. Dépourvu de sa prédation habituelle. Presque serein, même si jamais ce mot ne s’applique entièrement à ce qu’il est. Nul danger ne guette ce soir, et le croque-mitaine s’est promis d’être sage, même si tous ces corps qui grouillent devant lui lui donnent des envies funestes.

Il se promène nonchalamment, démarche souple et féline qui trahit le grand fauve même sous sa forme humaine. La concentration de sorciers l’étourdit un peu, nid de pouvoir que ses sens perçoivent et dont il se nourrit sans en avoir l’air. Sans même y prendre garde.

Une drogue bien plus puissante que l’alcool ou que ces cachets aux couleurs pétantes qu’on lui a déjà proposé plusieurs fois. Nul besoin de substances, juste la vodka, le pouvoir, et la danse qui, furieuse, l’entraîne un peu malgré lui.

Lâcher prise, donner du lest à sa nature profonde, laisser le jaguar affleurer à la surface, changer ses prunelles de glace en deux lacs d’or fondu qui caressent chaque figure féminine à sa portée avec convoitise.

Bestialité, lorsqu’une jeune brune dont il ignore l’identité vient plaquer ses formes généreuses contre son torse musclé. Il l’attrape sans façon, plonge profondément sa langue dans sa gorge pendant que ses mains lui agrippent les fesses en une poigne puissante.

Relents d’alcool fort, de cigarette, qui s’attardent sur sa langue alors qu’il l’embrasse, qu’il prend ce dont il a envie sans se soucier d’autre chose que du désir furieux qui l’empli d’une rage tendancieuse. Il laisse tomber la bouteille qui gêne ses mouvements, la laisse se fracasser au sol, le son se perdant dans la musique environnante, s’écarte de la jeune femme pour aussitôt fondre sur une autre proie.

Une blonde plantureuse qu’il explore avec la même ferveur presque maladive, qu’il colle contre lui et entraîne dans un déhanché explicite en remontant haut sur ses cuisses sa petite robe aux couleurs flétries. Leurs dents s’entrechoquent, la langue du métamorphe s’accroche aux piercings de la blonde qui glousse tout en labourant le dos de son cuir de ses ongles manucurés dans un crissement étouffé.

Il la soulève par les cuisses, la presse plus fort contre lui en réprimant l’envie de la prendre là, sans plus de cérémonie, au beau milieu de cette masse mouvante de corps qui s’enlacent au gré des envies de chacun. Pas encore. Il la repose lentement, se lèche les lèvres et récupère au passage un doux parfum d’herbe, dont il lit la consommation excessive dans le regard voilé de la belle.

Une troisième s’approche, qu’il caresse d’un large coup d’œil avant de la gratifier d’un sourire prédateur. Il sent en elle la même furie latente que celle qui coule dans ses veines, un nectar auquel il ne peut résister. Petite, brune également, mèches asymétriques et maquillage dégoulinant, tenue minimaliste et formes discrètes mais pourtant bien présentes.

Deux pas souples la mènent tout contre elle, et il l’entoure d’un bras passé autour de ses épaules pour lui murmurer une invitation à l’oreille. Le visage féminin, triangulaire, dans lequel luisent deux yeux tentateurs se lève vers lui. Elle acquiesce, sourit, et glisse une main fine dans la sienne en se laissant entraîner à l’écart.

Aucune résistance, juste cette assurance inestimable d’un bref moment de profit partagé, d’un désir mutuel qui se détache de la confusion ambiante. Ils n’échangent pas leur nom, ni leur allégeance, peu importe d’où ils viennent et qui ils ont, tant qu’ils convoitent la même chose, cette chose qui fait briller dans le regard de l’un la même ombre affamée qui brûle dans le regard de l’autre.

L’air est plus frais loin du brasier, plus respirable, et dans le ciel toujours couvert de la Ville aux facettes si changeantes s’aperçoivent même quelques étoiles à l’éclat dur et tranchant. Que soient bénis cet Arès et son anniversaire, songe une dernière fois Pain avant de céder pleinement au désir qu'appelle les gémissements de sa partenaire.
Avatar de l’utilisateur
Maison Perle
 
Messages: 308
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes
Catalyseur: Croc de jaguar porté en collier
Pouvoir: Arpenteur - Métamorphe jaguar
Âge: 30
Statut: Croque-Mitaine



Messagepar Virgile Hobbes » 27 Avr 2017, 12:51

Spoiler:
Quelques heures auparavant…

Assis sur la chaise de velours rouge en face du bureau de chêne massif, Virgile se tourne les pouces. A regarder du coin de l’oeil le noble conservateur Rubis qu’il avait croisé dans la rue alors qu’il exposait son dernier tableau. Nobliau qui s’était arrêté, avait regardé l’oeuvre d’art pendant longtemps et avait demandé à l’acheter.

Première fois que ça arrivait. Virgile était secoué, mais sauta sur l’occasion pour que le type achète plus de tableaux.
Et voilà comment il s’était retrouvé dans sa vaste demeure, à essayer de lui refourguer cinq tableaux invendus depuis deux éternités. L’homme les observe depuis dix minutes, sans piper mot, totalement interdit. Et l’obscur peintre n’en dit pas plus, pour ne pas le brusquer. Ses prochaines semaines dépendent de cette vente.

“Bon…J’adore votre touche. Je vous les prends, Mr. Hobbes.” Conclut le noble en relevant la tête.

Virgile hoche la tête avec un sourire avenant, mais au fond de lui, un petit avatar mental est en train de danser pour fêter la victoire.

“Dites-moi votre prix pour ces chef-d’oeuvres, il sera le mien.
- N’importe quel prix ?
- Bien sûr ! J’adore ! Il me les faut pour ma collection.”

Alors quand sonne le glas de l’opportunité qui se présente, il ne manque pas de la saisir à pleine main: il fixe un prix exorbitant qui l’assurera pour les deux mois à venir, vantant ses tableaux comme des pièces de collection. Bien entendu, le noble accepte sans rechigner, berné par l’artiste du laid et sa langue de bois ; l’argent n’est pas un problème pour lui.
Et Hobbes se retrouve les poches pleines d’une somme qu’il a pratiquement volé.
Immoral, vous avez dit ?

De toute façon, il s’en fiche pas mal, il doit faire quelques courses pour la soirée dont lui a parlé son amante. La trentaine d’Arès Vasilios. Un déchaînement, une vague humaine qui était annoncée pour ce soir. Une orgie monumentale, avec une défonce grandiose.

Et Virgile ne manquerait pas à l’appel.


Il porte l’herbe roulée à sa bouche. Passe un coup de langue dessus pour achever son oeuvre, sous les regards mêlants impatience et fascination qui le dévisagent tout autour de lui. Puis il allume le joint de cannabis et est le premier à tirer dessus. Imprègne ses poumons de la fumée odorante et blanchâtre, qui l’apaise, qui aiguise ses sens et rend le temps plus lent.
Il tire sur la cigarette une nouvelle bouffée, sans souffler la précédente. Il faut arrêter le temps, c’est urgent. Que la soirée dure pour toujours. Ne pas retourner à la vie normale. S’amuser. Boire, fumer, baiser jusqu’à ce que mort s’en suive.

Hobbes souffle un épais nuage de fumée et regarde les autres membres du cercle qui s’est formé autour de lui. L’odeur de son cannabis attire les prédateurs affamés ; mais il devient le mâle alpha de la meute lorsqu’il lui offre ce divin présent. Puis il part, attrape une bouteille de whisky et boit avec avidité, en renverse sur ses nouveaux vêtements.

Les gens ne se retournent pas sur son passage, ne le dévisagent pas pour sa difformité. Ce soir, il est un homme comme un autre. Le peintre aux haillons a laissé la place à un autre Virgile Hobbes : boots noirs, jean slim de la même couleur, chemise à motifs fleuris ouverte sur un tee-shirt blanc. A collé des stickers de feu sur sa canne. A attaché ses cheveux indomptables et porte de luxueuses lunettes de soleil.

Lunettes de soleil, même la nuit.

Il trouve ce paradoxe de plus en plus ironique à mesure qu’il liquide sa bouteille. Ses soucis se noient, meurent définitivement. Monte un torrent de nouvelles envies de moins en moins sages dans l’esprit de Hobbes. Il veut fumer ; il ne veut plus que ça. Où est Ouroboros ? C’est lui, sa nouvelle connaissance qui a sa consommation. Quinze grammes d’herbe dont il avait payé le prix fort dans l’après-midi. Une valeur sûre, un goût parfumé et puissant qui transporte dans l’espace plus vite que la lumière ! Un pied-de-nez à ces Asriel fascinés par les étoiles qu’ils ne peuvent atteindre. Virgile, lui, peut même se perdre dans des planètes qu’ils ne peuvent voir avec leur Observatoire. Ses joints étaient des fusées et son herbe, le meilleur des carburants. Et toc !

Tiens, voilà l’automate qui revient. Le peintre l’a vu exhiber son torse et hurler son amour pour une certaine Maëlys. Inconnue au bataillon, mais ça a eu le mérite de faire éclater de rire Hobbes qui a félicité Ouroboros à son retour tout en lui chipant l’herbe pour rouler une nouvelle fusée.

Les deux déambulent un peu. Le semi-robot parle sans cesse, mais Virgile n’entend rien. A vrai dire, il n’entend plus rien. Uniquement de sombres échos de sons qui peinent à former une musique dans son cerveau. Il s’arrête, dégaine son portable pour envoyer un message à Talion :

“MECBORDEL§ SOIREE 2 OUF MEC VIENS CHTE jure c’est ouuuuuuuuuuuuhghuuf!!!!! plein dalcool et dmeufs tu va kiffer ya meme Ouro qui c mis torsepoil!! cgros baiseur!! viens en onyx et repere toi o son.BOUGE TON CUL.”

Il relève la tête lorsqu’il a appuyé sur “envoyer”. Piste de danse improvisée qu’il distingue près du feu. Mouvements langoureux, magnétiques, qui l’attirent irrésistiblement vers là. Il lance sa canne à Ouroboros en lui demandant de la ramener vers la voiture. Il n’est étonnamment plus du tout boiteux.
Finalement, à la marée humaine il se joint, colle son corps contre les femmes qui se frottent à lui, dansent avec elles avec indécence alors qu’il ne connaît pas leurs noms.
Son regard croise une silhouette éthérée qui danse avec un autre type. Elle se colle à lui, dans une étreinte furieuse. Et Virgile reconnaît-là son amante. Qui se dandine contre un autre.

Terriblement frustrant. Mais il commence à bien la connaître, Gemme Wolfkravt. Elle aime plaire. Elle aime quand on succombe à sa sensualité, à son charme puissant. Le peintre prend un large sourire en y repensant, tandis que ses pulsions bestiales enivrent toujours plus son cerveau.

Il tire sur son cannabis, se glisse à travers les danseurs avec une dernière cavalière pour rejoindre son amante. Crame la joue du type en y enfonçant le bout de sa cigarette qui fait grésiller sa chair. Le gars hurle, mais personne ne l’entend à travers la cacophonie ambiante. C’est si bête pour lui ! Maintenant, il recherche qui a bien pu lui faire ça, les yeux injectés de sang. Mais impossible de trouver le coupable avec les substances qui mettent son cerveau hors-service et la masse informe de suspects autour. Il ne reste plus qu’à aller trouver de l’eau fraîche pour apaiser la douleur. Bonne chance pour ça !

Hobbes retire ses lunettes qu’il accroche au col de son tee-shirt et va saisir une main de son amante pour l’attirer vers lui. Elle n’a pas l’air d’avoir remarqué son petit stratagème, et qu’importe ; Virgile ne souhaitait pas particulièrement qu’elle le sache. Il vient de la retrouver, il vient de passer un bras dans le haut de son dos, l’autre sur son bassin, qu’il saisit avec fermeté. Se colle à elle. Leurs fronts se frottent, leurs souffles s’entremêlent et chacun se plonge dans les yeux de l’autre. Danse sensuelle qui s’entame, au rythme de la musique ambiante. Pas un mot, mais les yeux du peintre et sa prise qui devient de plus en plus forte expriment ses désirs bestiaux. Elle est sienne, il a envie d’elle, et il va déchirer ce qui lui reste de vêtements de manière imminente.

Putain, quel pied. Et la soirée ne fait que de commencer. Ce Arès, alors…Virgile ne le connaît pas encore, mais il l’aime déjà comme son propre frère. Il ira le voir après. Bon anniversaire mon gars, lui adresse-t-il mentalement avant leur rencontre prochaine.
Virgile Hobbes
 



Messagepar Malkior Al Asnan » 27 Avr 2017, 12:54

Cette fois, un cap était franchi : la possession refusait de disparaître. Alaman en était sombrement ravi, et il erra dans la ville sans rentrer chez lui, pendant des heures. Il entra quelque part pour manger un morceau, et se mit sans même y songer à boire plus que de raison. Il réapprivoisait ses sens. Alors qu’on ne le regardait pas, il planta son couteau dans son bras et dut retenir un rire hystérique en voyant jaillir le sang. Il porta sa peau à ses lèvres, aussitôt un serveur s’approcha pour lui proposer de l’aide et il jura, en jouant la colère, mais il débordait en réalité d’une euphorie incontrôlable. Le pourboire qu’il laissa était si royal que l’on crut avoir eu affaire à un fou.

Voyons, qu’est-ce qu’il y avait ce soir en ville ? Rien ne semblait à sa mesure. Mais en échouant finalement près de la grande fête à ciel ouvert, il sut qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait. En jetant son regard supérieur sur la marée humaine qui s’entrechoquait joyeusement, il ressentit tant d’impulsions contradictoires qu’il eut l’impression de se déchirer en deux. Une part de lui avait envie de fuir. Il la maîtrisa sans peine : c’était ce pauvre Finch, qui s’effaçait davantage d’instant en instant. Il s’avança. Ces impulsions étaient toutes violentes, elles étaient toutes précieuses, et il comptait toutes les explorer, les mettre à l’épreuve. S’incarner, et dans ce but, confronter ses principes livresques au monde concret, dans ce qu’il avait de plus direct. Il commença à se déshabiller. Il voulait sentir ces peaux inconnues frotter contre la sienne, et son vêtement de velours noir trempé lui collait désagréablement à la peau. Torse nu, il se sentit mieux, plus en accord avec lui-même. Possédé. Non, ce n’était plus vraiment le cas ; l’âme qui le possédait était la sienne, une version primitive de la sienne. Berserker.

La vision du feu lui donna l’envie de se brûler. Il voulait voir, sentir, sa chair réagir et évaluer les marques, éprouver toutes les gênes de la cicatrisation. Mais avant qu’il y arrive, qu’il cède à cette envie de se faire mal qui venait d’un amour profond, passionné, pour la résistance de sa peau, il se trouva pris dans un groupe embrasé d’une toute autre flamme. Un homme et une femme qui se caressaient avec une envie délirante l’attirèrent contre eux, et il les repoussa rapidement avec une force décuplée par l’agacement ; il voulait tester les compagnies séparément, savoir précisément pour qui il bandait. La survivance de sa victime dans ce membre insolent, qui en avait toujours constitué le seul intérêt, lui donnait le sentiment que la moindre étreinte constituerait un défi posthume du mercenaire à son égard. Il n’était pas prêt. Il lui manquait quelque chose - une haine.

Son regard s’arrêta sur un objet au sol. Puis, lent comme un serpent, remonta au long du corps qui se déhanchait au-dessus, envahi d’un rythme sauvage et cependant éthéré, gracile. Aérien, fugace, mais charnel, physiquement prêt à être saisi. Alaman connaissait ce visage, cette silhouette. Il se rappela les paroles que son mécène lui avait susurrées à l’oreille. Ce vieux salaud pouvait se montrer extraordinairement persuasif. Il lui semblait avoir déjà entendu, un jour, ce même genre de murmure à ses oreilles, et avoir été incapable d’y résister. Les souvenirs affluaient, en charriant comme un fleuve d’un bleu sale les rages sourdes de son temps passé. Oui, il se souvenait. Les yeux. Les yeux seraient parfaits… Mais à l’anniversaire de Dante, il lui avait fait miroiter une toute autre partie du corps.

Le regard serpent redescendit au long du corps qui dansait toujours, aveugle à sa présence, les lunettes à ses pieds. Il avait envie de faire mal, un sourire mauvais fleurissait sur ses lèvres. Les injonctions qui flottaient au-dessus des convives l’encouragèrent, et il se porta en avant, fendant la foule. L’homme qu’il venait de repousser l’insulta, la femme voulut le saisir pour le frapper ; il disparut comme un fantôme dans les remous de la foule enragée. Sans cet imbécile de Judex, cette entrevue aurait déjà eu lieu ; elle n’avait été que différée momentanément.

Encore trois pas.
Une brève hésitation l’arrêta en plein mouvement. Alaman insistait : ses instincts réclamaient une action immédiate. Mais Finch regardait autour de lui, et ne percevait, parmi les autres invités qui eux aussi se libéraient totalement, aucune aura maléfique, aucune malveillance. Le contraste avec le poison que dispensait Alaman dans son âme le faisait souffrir et lui répugnait. Il s’avança encore d’un pas, mais mécaniquement, pris entre deux courants qui l’attiraient à la fois en avant, vers la proie, et en arrière, vers la foule.

Encore deux pas.
Les corps se défoulaient, les esprits crachaient leurs démons et inspiraient la joie franche de s’abîmer ensemble dans les festivités. L’envie n’était pas forcément une envie de détruire, d’arracher. Finch percevait tout autour de lui, poussées à leur paroxysme, déployées dans l’espace, toutes sortes d’envies qui faisaient battre son coeur d’une émotion qui commençait seulement à se tisser : un attachement à cette existence qui n’appartenait qu’à lui. A Finch, romancier, Poupée de chair âgée de trois ans, dédaigneux envers les mièvreries de son public, amateur de codes tordus et de mythes gothiques. Il arrivait à s’identifier à ces êtres, à ressentir ces envies violentes, sans se sentir submergé par la haine d’Alaman. L’envie d’actionner ses muscles, celle d’étreindre, celle de jouir, celle de rire, celle de scander un rythme en groupe ; s'incarner dans un groupe et non juste dans un corps ; tout cela était aussi animal, aussi naturel que ces tendances obscures qui le poussaient au mal. C'était une question de choix.

Encore un pas.
Il dévisagea Faltenin sans un mot, s’agenouilla soudain et ramassa ses lunettes pour les lui rendre ; l’autre les passa avec une insouciance légère et lui planta sur les lèvres un baiser qui l’étourdit. Ivre et perdu, Finch se laissa entraîner dans un autre mouvement général qui l’emporta loin de là ; il avait besoin de ces corps autour de lui pour s’y accrocher, le temps que l’éblouissement passe. Un goût d’absinthe sur sa langue… Tout le monde criait ; il se laissa guider et cria, transfiguré par la force tourbillonnante de la fête, qui le possédait en lieu et place de son démon familier. Son corps, passé en pilotage automatique, apprenait à danser, davantage encore en observant le feu qu'en se calquant sur les mouvements autour de lui. Où était Alaman ? Il était presque anxieux de ne plus ressentir sa présence. La réponse le frappa soudain comme une vague brûlante : Alaman était dans le feu. C'est avec lui qu'il dansait.
Image

Spoiler:
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Saphir
 
Messages: 294
L'Ascendance: Je m'éveille en Infant
Catalyseur: Une cicatrice à la gorge
Pouvoir: Vampire émotionnel
Âge: 11 ans
Statut: Etudiant



Messagepar Wendy » 27 Avr 2017, 16:34

Une nuit comme une autre nuit, une nuit de massacre, une nuit de mort, une nuit de cruauté, de bestialité. Une nuit macabre où l’odeur du sang se fera maîtresse des lieux, où les entrailles seront répandues au sol comme autant d’offrandes à un dieu indifférent, où le Wendigo prendra le dessus, prendra des vies, prendra une fois de plus une part de l’âme de l’enfant qui l’abrite. Une nuit au calme oppressant entre les murs de l’Académie, une nuit où elle n’arrive pas à dormir, où elle fixe le plafond de sa chambre en suant à grosses gouttes, une nuit de plus où elle aura enfilé en hâte un short et un soutien gorge sans même se donner la peine de le couvrir d’un débardeur, où elle aura couru vers l’extérieur, vers la liberté, vers le soulagement de sa Faim toujours grandissante. Une nuit de plus où elle oubliera les principes, la morale, les leçons de sa mère et ce que veut dire le mot souffrance pour aller se noyer dans le sang dont elle a besoin. Une nuit de plus où elle rentrera en longeant les murs avant d’aller se recroqueviller sous le jet brûlant de sa douche en regardant le sang s’écouler lentement par le trou noir qui s’ouvre comme une gueule béante qui menace de l’engloutir à son tour. Oui, ce sera une nuit comme ça, elle le sent, elle le sait alors qu’elle s’élance dans les ombres.

Alors pourquoi est ce que le sang n’a t-il toujours pas coulé ?

Trop ivre pour se poser la question, Wendy attrape un verre que lui tend un inconnu affublé d’un grand sourire. Elle s’est laissée emporter il y a bientôt deux heures dans une danse endiablée, un chant tribal, bestial, primal qui résonnait à l’unisson de ses battements de cœur et du choc des pieds frappant le sol autour du brasier. Au début, c’est la lumière qui l’a attirée comme une lampe fascine un moustique, mais avant qu’elle ne puisse se jeter dans les flammes pour en éprouver la chaleur, une forme fluette et souple a déposé un baiser humide sur ses lèvres qui lui a fait tourner la tête. Littéralement. Alors elle a ouvert les yeux sur le monde autour d’elle et même si elle n’a pas comprit comment ou pourquoi, elle s’est mise à chanter, à danser, à virevolter. Les corps s’entrechoquent et son souffle est coupé puis elle s’accroupit et prend un appel pour bondir vers le ciel d’une détente formidable pour s’élever au dessus de la foule et retomber au milieu des danseurs, animée d’une énergie inexplicable, entraînée par un rythme qu’elle seule comprenait, faisant glisser sur sa langue autant de salive que d’alcool, ses lèvres se pressant contre autant de verres que de nuques brûlantes. Mais les crocs ne sortent pas. Elle n’a pas Faim.

Elle se nourrit de l’énergie qui pulse depuis le centre du brasier jusque dans les bout des doigts électrifiés du guitariste, depuis la plante de ses pieds nus foulant la terre battue jusqu’à l’extrémité de sa langue qui sent le goût terreux du whisky mêlé à celui de la fumée qui retombe lentement sur la meute qui s’ébroue. Sa voix est multiple, elle jaillit de toutes les gorges, de tous les gémissements, de tous les cris, de tous les chants entonnés à pleine voix et elle est rauque, abîmée, écorchée. Elle résonne jusqu’au ciel qui semble pulser comme les baffles qui se tapissent au côté des musiciens. Et Wendy n’a pas Faim. Elle sent un corps se frotter contre le sien, une main agripper ses fesses, une voix non loin d’elle hurler à la Lune presque éclipsée par la lumière rayonnante du bûcher funéraire sur lequel se consument ensembles les limites, les doutes, les hésitations, les peurs et les mœurs. Wendy s’en délecte, le savoure, elle aime cette sensation de liberté pure, elle sent plus rien lutter dans son corps, plus rien tenter de sortir, elle est une femme comme tant d’autres au milieu de la mêlée, ni chasseur ni proie, membre d’une même meute, d’un groupe lié par son désir intense de tout envoyer balader pour une soirée que l’on souhaiterait éternelle. En tout cas c’est ce que Wendy souhaite.

Elle lève la tête vers le ciel et crie sa rage, son envie, sa haine, sa frustration, elle expulse tout de son cœur et l’envoie au loin avant de se pencher pour tousser. On lui tend une bouteille et elle prend deux longues lampées qui brûlent sa gorge usée avant de la donner à quelqu’un d’autre qui l’attrape. Elle titube et se laisse bousculer un instant jusqu’à trouver un endroit où aucun corps ne la maintien debout. Elle tombe au sol, sur la poussière humide, se redressant sur ses coudes et elle commence à rire comme une démente. Un rire libérateur, un rire libéré, un rire de possédée. Son souffle est court, ses genoux éraflés, ses tympans surchargés, ses pieds encrassés, ses cheveux emmêlés et ses yeux rougis par la poussière. Elle ne s’est jamais sentie aussi bien.
Avatar de l’utilisateur
Maison Ambre
 
Messages: 165
L'Ascendance: Je suis Natif de la Ville
Pouvoir: Magie du Sang
Âge: 17 ans
Statut: Etudiante



Messagepar Talion » 27 Avr 2017, 17:36

Talion dégaina son portable. Il avait reçu une notification, et la lumière brillait vert, pour lui signaler qu’il avait un message… Il eut un petit sourire. Il savait exactement qui lui envoyait des messages à cette heure là. Vingt-deux heures trente … Et il n’avait pas honte. Si c'était encore des conseils sur comment séduire …

“MECBORDEL§ SOIREE 2 OUF MEC VIENS CHTE jure c’est ouuuuuuuuuuuuhghuuf!!!!! plein dalcool et dmeufs tu va kiffer ya meme Ouro qui c mis torsepoil!! cgros baiseur!! viens en onyx et repere toi o son. BOUGE TON CUL.”

Il eut un petit rire. Lui il n’était vraiment pas bien. Virgile avait toujours le chic pour se mettre dans des situations extravagantes. Mais là … Ouroboros, leur nouvelle rencontre et ami était même avec lui. Se devait être vraiment une grosse soirée, pour qu’un diamant puisse fréquenter le quartier Onyx sans avoir de problèmes. Encore Virgile devait avoir l’aval de son amante. Mais là …

Talion n’appréciait pas qu’on s’amuse sans lui, à dire vrai. Pas du tout même. Et il ne fallait pas lui dire deux fois qu’il était invité à une soirée, sans quoi il était le premier à rappliquer. Il regarda son bureau, au Manoir avant d’émettre un petit soupir.

Au diable la Résistance pour ce soir ! Elle pouvait attendre une soirée. Après tout il fallait aussi profiter de la vie, et c’est bien ce qu’il comptait faire ce soir. Il se leva de son fauteuil, avant de porter son regard devant son armoire

Il enfila de quoi sortir, sans trop aller dans l’abus d’habits précieux : à vrai dire, il savait exactement comment se finirait cette soirée, en tout cas vu le message de Virgile, il savait très exactement pourquoi il y allait. Il se vêtit donc d’une chemise de piètre qualité à laquelle il ne tenait pas vraiment, ainsi qu’un pantalon de piètre qualité, et il jugerait que cela irait.

De toute façon, personne n’allait le juger pour ses habits, et si tel était le cas, il estimait que pour une fois, il enverrait chier les gens qui osaient porter un jugement sur sa personne. Oui il dépassait complètement ses pseudos manières, mais il n’avait juste pas envie qu’on vienne l’emmerder ce soir.

Se détendre, un peu, comme au bon vieux temps des soirées étudiantes dans son Ailleurs. Ca lui manquait.

Il inspira un grand coup, avant de sortir au dehors et de respirer.

La liberté !

***


Quelques minutes plus tard, il débarquait dans le quartier Onyx … Et là pas franchement besoin de savoir où se trouvait Virgile, puisqu’il suffisait de tendre l’oreille pour comprendre. De la musique, et des cris, surtout. Beaucoup de gens dans la rue aussi, qui étaient attirées comme des moustiques par la lumière. Mais après tout c’était normal, avec une telle effervescence … Encore un moyen de voir que l’Humain dépassait souvent par lui même le clivage des factions :

Des artistes, des gens avec des prothèses métalliques, des riches, des pauvres … Les gens s'assemblaient de manière pêle mêle, et se dirigeait vers le point de rendez-vous. Talion dans tout ça ? Il suivait le mouvement, et profitait de l’ambiance encore lointaine pour discuter avec deux trois personnes : souvent des inconnus, mais après tout qu’importe : il n’y avait pas d’endroit pour ne pas commencer à socialiser, et commencer à un peu s’ambiancer.

C’était finalement très simple, et très humain comme moment. On lui proposait de boire des breuvages divers, de fumer … Il échangeait deux trois boutades de ci de là avec des gens venus de partout dans la Ville : c’était drôle. Très drôle.

Mais ce qui intéressait Talion, dans le fond, ce n’était pas exactement là, alors il tenta de se frayer un chemin comme il le pouvait vers le centre de la fête, où régnait un feu géant, que sans doute quelques magiciens en herbe alimentaient avec joie. L’esprit de Talion pensa à peu près une demi-seconde, au danger que pouvait représenter une explosion en cet endroit ou tant de gens étaient réunis, puis il oublia tout ça : après tout, il était ici pour s’amuser, pas pour parler travail, et discuter des éventuels évolutions de la loi si jamais un tel massacre arrivait.

Alors il hurla un bon coup, histoire de se détendre, cri de joie qui fut repris par les nombreuses personnes autour de lui, grandement alcoolisé, donc beaucoup plus complaisant à la bonne humeur. Quant à Talion ? Lui s'était trouvé une bouteille de bièr… Enfin ce qui devait être de la bière, mais il avait plus l’impression que c’était un mélange d’alcools divers et variés : mais que diable, il ne trouvait pas cela mauvais, en plus de l’aider à se délier rapidement.

Et pour le coup, sur ce dernier point, c’était plutôt efficace : il bougeait en rythme avec la population, criait avec, et sautait, s’amusant comme un enfant au milieu d’une piscine à boules. Une sensation qu’il n’avait pas éprouvé depuis … Longtemps déjà. S’amuser, simplement.

Quelques minutes plus tard, il se mit à chercher ses partenaires habituels, déjà présents à la soirée. Hors de question qu’ils s’amusent sans eux comme il l’avait dit plus tôt ! Alors il se fraya un chemin parmi la population, jouant des épaules, en rentrant parfois dans les délires de petits groupes, improvisant quelques pas de danses improvisés dont un dont il avait particulièrement le secret : “Breakdance dimmensionnel” qu’il l’appelait. Pourquoi ? Parce que ça ne se faisait aucun sens. Un peu comme son état quand il se mettait généralement à le pratiquer.

Et alors qu’il se glissait dans la foule il reconnut un visage, qui lui passa devant les yeux, l’espace d’un instant

Lamiane … ?

Il n’en était pas très sûr. Mais après tout la voir là ne l’étonnait pas plus que cela. Après tout c’était une fête en Onyx alors … Il l’arrêta un instant, posant sa main sur sa taille, avant de se rapprocher d’elle et poser un baiser sur ses lèvres, avant d’échanger un regard, quelques pas de danses un peu idiots, mais plein de bonne volonté et de la laisser partir. Il connaissait les réalités de ces soirées, chacun devait faire son chemin, y compris lui même. Mais il ne voulait pas laisser partir l’occasion alors …

Cela lui faisait plaisir, de voir autant de monde s’amuser au même endroit, et y compris ses connaissances. D’ailleurs à propos de connaissances … Quelques pas plus tard, il vit Virgile se trémousser, probablement en compagnie de sa dulcinée qui lui collait le corps, les deux échangeant des regards qui voulaient tout dire. Alors c’était à ça que ressemblait la fameuse Gemme dont il avait tant entendu parler. Il posa discrètement une mains sur son épaule, avant de glisser à l’oreille du peintre :

“Félicitations mec ! Je survalide !”

Sans trop savoir s’il l’avait compris ou non, il glissa un petit sourire au peintre avant de partir. Il était de trop en ces lieux.

Néanmoins, cela ne l’empêcha point du tout de s’amuser : le jeune homme alla se glisser de nouveau dans la foule, et de nouveau parti dans la foule … Quelques instants plus tard on pouvait jurer l’entendre chanter, avec quelques comparses de soirée, un air absolument idiot et répétitif mais qui sonnait bizarrement assez correctement à ses oreilles, spécialement avec l'appui de quelques personnes :

“J’ai trouvé le sens de la raison qui m'entraîne …”

Mais pourquoi est-ce qu’il chantait cela ? Aucune idée. Ça n’avait pas de sens, c’était simplement qu’il … S’amusait tout simplement, sans politique, sans mal qui le ronge, sans rien de tout cela.

Il se sentait vivant.

Pleinement vivant.
Talion
 



Messagepar Nina Strøm » 27 Avr 2017, 18:35

Quelques jours plus tôt.


Cette ville. Elle l'a connaît. Ces secrets, ces événements. Les yeux rivés sur son écran, une sucette multicolore entre ses mains, rien ne lui échappe. Le magicoweb, c'est son terrain de jeux. Elle fouille les archives, retournent ces machines, vivantes, contre leurs propres créateurs pour trouver ce qu'elle cherche. Ce qu'elle veux détenir. Toutes ces informations, ces codes qu'elle résous en pianotant sur son clavier, du bout de ses ongles aux couleurs de l'arc-en-ciel. Elle pirate tout ce qui est à sa portée, laissant pour unique trace un sigle d'une tête de mort aux couleurs flashy. Elle apprend qu'une fête, un anniversaire compte se dérouler dans les jours prochains à l'Onyx. En fouillant mieux, elle apprend qui exactement se trouve derrière tout ça. Un certain Arès Vasilios. Un mercenaire, pyromane. En voilà un beau minois. Un regard sauvage, une crinière brune et des tatouages, par milliers.

Elle suçote lentement, d'un geste langoureux sa sucette entre sa langue et ses dents teintées par le bonbon. S'imaginant un instant certaines choses très peu catholique à la place de cette sucette. Puis elle reprend aussitôt ses esprits, un sourire au bords des lèvres. Voilà de quoi remuer un peu les habitants de Magicopolis. Une info pour faire bouger les choses. Sans attendre plus, elle transmet l'infos. Sur tous les réseaux sociaux du magicoweb. Dans quelques jours, l'Onyx ne serait plus qu'une immense orgie collective et démente. Sous ses yeux, les pages de son écran clignotent à une vitesse faramineuse, des réponses, de tous les horizons. Elle souri, fière de son exploit, de l'émeute qu'elle venait de déclencher.

Soir de la fête.


En tant que dénonciatrice anonyme de la fête quelques jours plus tôt, elle se devait être là, de s'y rendre. Elle s'y était préparée, son arsenal comme preuve à l'appui. Une tenue des plus extravagantes. Un corset rose bonbon, une jupe à froufrous peut-être trop exagérée, des bas à rayures, de toutes les couleurs et des bottines, aux motifs de petites fraises. Ses cheveux aux multiples couleurs affolantes, qui attire l'oeil, noués en deux couettes distinctes de chaque côté de son crâne. Ce soir, elle veut faire dans l'excentricité. Pas de retenue. Simplement être soi-même, sans être juger par les regards et les critiques. A vrai dire, comme à son habitude. Mais ce soir encore plus. Elle veux s'amuser, passer du bon temps.

Ajustant une dernière fois ses mitaines rayés et ses breloques, de multiples bracelets bonbons. Elle se dirige alors à travers sa planque souterraine, près d'un immense robot la dépassant de deux têtes. Un tas de ferrailles qu'elle avait retapée elle même. Et ce soir, il était temps de lui donner de vie. Le faire renaître de ces débris métallique, tel un phénix d'acier et de rouilles. Elle s'approche alors, pose une main sur son coeur mécanique, une énergie la parcoure, anime la machine qui soudainement s'active sous ses yeux bleus pâles. Elle prend vie. Ses yeux issue d'un mécanisme complexe s'ouvrant pour faire face à sa maîtresse. Sautillant presque sur place, elle s'approche de lui, dépose un baiser sur son front de fer de la pointe de ses pieds.

- Toi. Tu sera Phénix.

Le robot acquiesce d'un petit gazouillis typique d'un automate. Puis alors, elle attrape sa main de fer pour l'emmener avec elle. Sortant tous deux de sa planque. Ils se dirigent ensemble, main dans la main vers l'animation de l'Onyx. Elle avait vérifier bien sûr, avant de pouvoir l'emmener si tous ces logiciels et programmes étaient à jour. Elle s'était préparée avec précaution, avait complètement donner vie au robot pour qu'il puisse l'accompagner dans ce genre d’événements. Et elle en avait pris soin, comme la prunelle de ces yeux, son petit bébé comme tant d'autres dont elle était la mère ravie. Mais bien plus qu'une mère avant tout, une amie, une protectrice. Elle s'étais réjouis à l'idée de pouvoir l'emmener et lui faire connaître toutes ces choses humaines.

Et aussi, par la même occasion, de s'amuser, se libérée sans contrainte, ni conséquences. Alors qu'ils s'approchaient tout deux du centre de la fête, de nombreuses personnes vinrent voir le robot et sa créatrice. Quelques succubes passant par là, venir déposer quelques baisers de leurs rouges à lèvres sur le tas de ferraille qui se mit à gazouiller. Elle riait devant autant d'enthousiasme. Fière d'elle, de ses enfants, ses créations. Une fois au coeur de la fête, elle n'hésita pas à se jeter dans la foule, entre tous ces corps qui se touchait, s'enlaçait dans une folie furieuse. Près du feu, une ronde s'était formé, un assemblement de personnes qui criait, riait. Observant au centre de l'assistance Phénix, qui dansait en compagnie de Nina. Tout deux s'était lancés dans une danse robotique qui avait attiré de nombreuses personnes.

Leurs gestes étaient lents, calculés à la même manière que l'aurait fait un androïde. Bientôt, elle s'arrêta en donnant une tape amicale sur l'épaule de son acolyte avant de se tourner la foule en délire.

- Allez ! J'vous met au défi d'faire mieux !

Entraînant ainsi d'autres personnes à venir les rejoindre, à se mêler à cette danse. Et ce jusqu'au bout de la nuit.
Avatar de l’utilisateur
Maison Diamant
 
Messages: 67
L'Ascendance: Je suis Natif de la Ville
Catalyseur: Ses mains bioniques.
Pouvoir: Alchimie/Magience.
Âge: 28 ans.
Statut: Mercenaire, inventeuse, hackeuse.



Messagepar Arès Vasilios » 28 Avr 2017, 15:49

Il observe la masse, cette marée humaine qui se hurle dessus à coups d'injures, de baisers volées et de danses langoureuses. C'est ça la Ville. Hors des frontières de la réalité, qui dépasse notre imagination, l'entendement même. Il n'y a pas de limites, aucunes et ce soir encore plus, elle sont transgressées. Toutes ces lois, ces préjugés, toutes ces choses qui éloignent les gens les uns des autres. Ce soir, les barrières fondent sous le feu infernal de l'Onyx, sous les flammes du dragon sauvage. Les bruits des tambours, tribaux, qui accompagne la foule endiablée. Menée par une seule et même force, celle de la joie, de l'euphorie. Sur les planches de bois aménagés en scène, un guitariste et une louve font monter la température, amène les corps à s'entrechoquer de leurs sons grondants.

Il l'a connaît, cette femme là, au regard animal qui bientôt se jette dans la foule, dans cette nuée de corps. Et il souri. En retrait, slalomant entre quelques danseurs, quelques uns de ces compagnons de l'Onyx à qui il donne des tapes amicales sur l'épaule. Sentant quelques mains baladeuses d'un duo de femmes qui lui souri et à qui il refuse les avances. Car ce soir, il est accompagné. Il attend quelqu'un. Et il se réjouis d'avance, sautillant mentalement dans tous les sens. Il attrape une bière balancée, l'ouvre de la main, sans s'écorcher et en bois son contenu. Assoiffé, conquis par cette soirée d'anniversaire. Jamais auparavant il n'avait vu autant de monde réunis. Autant de personnes qui en d'autres occasions aurait été en désaccord et qui ce soir, sous l'oeil des forteresses rudes de l'Onyx, s'unissent.

Il discute avec l'un de ses frères d'armes, le sourire aux lèvres. Balançant quelques blagues douteuses alors que celui-ci tripote sans vergogne une petite brune métissée. Ils échanges quelques mots qui le réconforte, anime son coeur d'une passion exalté. Qui lui donne l'envie d'aller se jeter au beau milieu de la foule jusqu'à en perdre la tête. C'est chaleureux. Un foyer, une maison qui ce soir accueille de nombreux invités. Mais il attend. Guette. Le moment propice. Lorsqu'il entends soudainement des bruits de pas, qui s'approche, des talons qui claque contre le sol. Et il vois soudainement son visage attrapé par une jeune femme à la crinière sombre. Et ses lèvres rencontrent les siennes. Déposer un baiser fiévreux sur ses lèvres, goûtes à ses jumelles le temps d'un instant.

Il souris, bêtement et la laisse partir. Sous les rires de son ami qui le charrie, lui dit d'aller la retrouvé pour continuer ce qu'ils avaient commencés. Mais même si elle est plus qu'attirante, il ne veux pas. Il ne sais qui elle est, ni même d'où elle viens, mais il ne l'oubliera pas et gardera ce baiser dans ces plus beaux souvenirs. C'est fugace, le temps d'un instant, mais apaisant, doux et affectueux. Finalement, il délaisse son ami, interpellé par une femme au visage pâle de l'Onyx aux nombreux piercings. Celle-ci vint passer un médaillon en forme de flammes autour de son cou, avant de finalement le jeter près de la foule à coup de pied au cul. Il ris, se tourne vers elle en lui montrant son majeur.

Puis la délaisse pour entamer une petite danse en compagnie d'une troupe de gymnaste de l'Émeraude qui se met à tournoyer tout autour de lui. Une bière en main, un sourire aux lèvres, il n'hésite pas à remuer son bassin en leurs compagnies au rythme d'une musique déchaînée. Puis il s'éloigne de nouveau, allumant magiquement la cigarette d'un homme sur son passage à qui il fait un petit clin d'oeil. Il reçois soudainement une autre accolade, d'un homme qui le prend dans ses bras amicalement, le remercie pour cette soirée et lui souhaite un joyeux anniversaire. Il ris de nouveau et encore plus lorsqu'il vis l'énergumène enlever son haut sur une place en hauteur, criant haut et fort d'aimer une certaine Maëlys. Il le comprenais. Plus que tout. Lui aussi était dingue de quelqu'un.

D'une femme envoûtante. Qui le hante, jour et nuit et encore plus à cet instant. Car il sais qu'elle viendra, il l'attend. Avec impatience. Puis alors il aperçois un peu loin, en retrait de la foule une jeune fille aux traits familiers. Blonde, d'une beauté glaciale. Des yeux gris, qui ce soir semble animé d'un feu inextinguible. Il s'approche, s'accroupis face à elle. Il aurait du être en colère en apercevant son visage, sur ses gardes. Mais ce soir, il ne veux pas faire la guerre. Il ne veux pas que les différents prennent le dessus. Alors il enlève sa veste de cuir, la pose sur les épaules frêles de la jeune femme.

- On dirait bien qu'on peut plus s'quitter toi et moi.

Un sourire. Une main qui se tend vers elle, l'invite à danser.
Avatar de l’utilisateur
Maison Onyx
 
Messages: 889
L'Ascendance: Je suis Natif de la Ville
Catalyseur: Un briquet zippo Jack Daniels.
Pouvoir: Élémentaire Du Feu/Animagus Panthère Noire
Âge: 30 ans.
Statut: Capitaine de la Garde de la Dragonne.



Messagepar Raven Orothar » 29 Avr 2017, 00:44

Des gémissements profonds alignés sur des claquements. Peau contre peau. L’odeur du vice, du stupre s’ajoutent à celle, plus profonde, d’épices. Un râle rauque et purement masculin s’élève en fond, accompagnant les autres éclats de plaisir. Pas un, pas deux présents, mais plus. Une multitude, un groupe, donc le concerto de jouissances semble à son apogée.

Une brune racée s’éloigne dans le couloir aux teintures pourpres où d’autres bruits sensuels se font entendre à la lueur discrète de quelques lampes à huiles. Des cris plus sauvages, le son de lanières de cuir s’abattant sur une peau sans doute déjà rosée, des geignements de douleur mêlée à l’abandon tant recherché. Un lieu de plaisir, une Maison emplie d’offrandes pour Eros. Une nuit comme les autres au fond du Quartier Améthyste, derrière cette porte noire au heurtoir Corbeau.

Raven poursuit son chemin vers le hall, dans sa poche brûle ce mot reçu dans la journée. Une invitation signée d’une flamme :

Ramène-toi en Onyx cette nuit.
Y aura du son. Du bruit. De l’alcool et de quoi t’éclater.
Pas d’excuse.


Elle n’avait pas eu à réfléchir longtemps, un Onyx jouant avec le feu, elle n’en connaissait qu’un. Arès. Et elle lui devait bien cela.

Pourtant Raven n’avait jamais été du genre à sortir, ou faire la fête, plutôt rat de bibliothèque, pure Améthyste, elle a travaillé toute son adolescence. Et puis la vie l’avait poussé au sein de la Maison Close. Les Régents l’y avaient poussé, mais qu’importe, ce soir, elle ferait une exception. Pour souffler, loin de ces histoires de traîtrise, d’Améthyste et de corbeau blanc. Sa décision était prise, elle irait se perdre dans une foule, priant pour qu’au milieu du nombre, personne ne la reconnaisse.

~

De la fumée qui s’élève haut dans le ciel, masquant les étoiles pour aller se perdre dans les quelques nuages abandonnés à la lune. La musique est puissante, les rires sonnent alcoolisés et sans doute bien plus. Il est impossible de ne pas savoir où se situe l’endroit dont il parlait, le cœur de l’Onyx, quartier de tous les dangers, de tous les vices, de tous les insoumis.

Le bruit des bouteilles s’explosant dans les vitrines aux alentours, les alarmes de quelques voitures oubliées sur la chaussée, et dans certaines ruelles, des gémissements. Peur, plaisir, douleur, tout se mêle dans cet endroit où la seule loi est celle du pavé. Celle du plus fort.

Le claquement des talons sur les pavés interpelle, l’allure est fière, le menton haut et le regard vers l’horizon. Malgré son incertitude intérieure, Raven ne laisse rien paraître. Tout avait toujours été une question de paraître, garder la face, ne pas montrer ses faiblesses, et avancer. Alors elle avance. Sa démarche est souple et fluide, perchée sur une douzaine de centimètres, son équilibre ne semble pourtant pas le moins du monde précaire. Pour une fois, ce n’est ni du noir, ni du violet qui enserre son corps, mais une robe en mailles fines beige. Les manches sont longues, le col rond et la coupe courte et moulante. Très courte. Et très moulante. Quitte à sortir, autant le faire bien habillée. Ou peu si l’on en croit la longueur de jambes visible. Et pour une fois, une simple fois, le visage est nu. A découvert. Des yeux bruns et brûlants habilement soulignés d’un maquillage charbonneux, des lèvres plus rouges et vives que le sang et des pommettes rosies, sans doute la timidité d’être enfin dévoilées au monde entier.
La musique est maintenant toute proche. Les corps se frôlent, se cherchent et s’apprivoisent. Les bouteilles passent de mains en mains, tout comme ces cônes d’herbe fumants. Un univers nouveau s’étale sous les pupilles pétillantes et grandes ouvertes de l’Orothar, en écho à ses pensées, un croassement s’élève, pas loin. Jamais bien loin, ces Corbeaux. Ses Corbeaux.

Rassurée elle plonge dans la foule, le bruit des basses s’infiltre dans son corps jusqu’à faire battre son cœur et pulser son sang en rythme. Autour d’elle l’alcool se déverse sur les corps enserrés, les mains s’accrochent autour des tailles, se posent sur les hanches, s’agrippent aux fesses d’inconnus. Les regards se rencontrent juste avant que ne se joignent les lèvres, avides de partager ce besoin vital d’envie, de désir pur. Brut. Bestial. Massif. Brûlant. La chaleur. Cela semble tellement aller à cet hôte qui doit être perdu quelque part au milieu de ses connaissances. Alors elle divague, laisse son bassin se mouvoir d’abord lentement, puis plus franchement, oubliant sa position, son héritage, son passé. Le pouvoir de la musique, des Émeraude, l’oubli dans le présent.

Ce soir, elle n’est que Raven. Elle n’a pas de passé, pas de futur. Et surtout, pas de masque. Elle n’est ni une Orothar, ni une Améthyste, elle n’est que cette femme, au déhanché suave, perdue au milieu de corps transpirants et étrangers. Ce n’est pas bien différent de la Maison Close, l’endroit pue le sexe à plein nez, et l’alcool. Ce précieux liquide qui aide à dépasser ses peurs, ses craintes, ses complexes, qui offre un nouveau filtre au monde.

Une bouteille atterrie dans les mains blanches, l’hésitation est brève avant que le goulot ne monte aux lèvres cinabres. Abandonnée à son voisin, elle n’est qu’un test éphémère et laisse à Raven une bouche humide qui attire les regards de ses voisins. Le monde se resserre, les membres se mêlent, se pressent et s’empressent d’emprisonner le temps d’une danse.

Derrière sa frange protectrice, le cerveau se met en pause, le temps d’un instant. Le temps d’une soirée. Qui ne fait que commencer.

Bon anniversaire Arès.
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Amethyste
 
Messages: 128
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes
Catalyseur: Un anneau... pour les gouverner tous !
Pouvoir: Magience - Affinité animale
Âge: 31 ans
Statut: Gérante de la Maison Close Améthyste



Messagepar Faltenin H. Sëyligman » 29 Avr 2017, 15:11

Ils passaient tous comme des éclairs. Les plus étranges, les plus inattendus, les plus colorés, les plus ténébreux ; tous extrêmes, tous délivrés. Faltenin songea brusquement que si un Seuil le reprenait un jour, il s’ouvrirait la gorge, sans même attendre que la réalisation de sa perte ne lui monte au cerveau. Il ne pouvait plus renoncer à ce kaléïdoscope infernal et magique au centre duquel il tournoyait comme un derviche, livré à l’illusion radieuse que c’était son mouvement qui entraînait tous les autres alentour, son rayonnement qui les mettait en transe. C’était ridicule, et parfaitement faux, il le savait, et il s’en fichait ; il était un prince, un enchanteur, le maître des rêves, parce qu’il l’avait décidé. L’épuisement l’arrêta finalement, et il fixa son regard plus précisément sur ses voisins. Une sorte de curiosité fraternelle, non dépourvue de voyeurisme pervers, les lui rendait passionnants, tous autant qu’ils étaient.

La danse tournait à l’étreinte, et l’étreinte à l’orgie. Solitaire au milieu des couples, Faltenin hésitait : le rythme entêtant de la nature sauvage qui n’épargnait pas même son élégance pâle montait de la terre, traversait les jambes, et réveillait le petit démon tapi dans le creux de ses reins. Il tira une pièce de sa veste, la considéra rêveusement. Après tout, il était très loin de son quartier habituel ; personne ici ne le connaissait… n’est-ce pas ? D’ailleurs, il lui suffisait d’ôter ses lunettes, de défaire sa cravate, de laisser ses cheveux s’envoler librement, en crinière, et il était soudain bien plus difficile à identifier parmi cette foule de bacchantes et d’incubes.

« Face, j’enlève le haut. Pile, j’enlève le bas. »

Ce qui se communiquait surtout d’un fêtard à l’autre, comme une drogue communément partagée, c’était la disparition des inhibitions quotidiennes, ces peurs risibles qui contenaient la violence interne comme si sa beauté barbare n’avait pas le droit de s’afficher. Faltenin et ses baisers en étaient victimes autant que dispensateurs. Un coup de pouce, et la pièce s’envola. Si elle retombait trop loin dans la foule, ou si quelqu’un s’en emparait, tant pis ; le hasard aurait répondu par la négative. Quand tout cessait d’être décidé, planifié, orchestré par de savantes et secrètes stratégies, les frissons de la musique qui résonnait de la terre à son crâne se faisaient plus réels, plus forts.

Il récupéra le petit morceau de métal au vol, et, les yeux fermés, le plaqua sur le dos de son poing, avant de le dévoiler précieusement. Un sourire ineffable traversa son visage de porcelaine, où luisaient avec violence les reflets du brasier voisin.

Il rangea sa pièce, en tressautant vaguement lorsqu’on bousculait sa silhouette filiforme au passage, mais sans se démonter ; il lia ses lunettes à leur cordon doré, et les laissa pendre à son cou comme un collier d’un nouveau genre. Ses mains plongèrent dans sa chevelure, l’ébourriffèrent avec énergie, et en firent une crinière farouche où le feu jetait ses éclats d’or et de sang. Son pouvoir s’anima de vive force ; il cherchait une proie. Ses prunelles étincelèrent soudain d’une lueur mauve, entre parme et lilas, chargée de foudre et d’étincelles.

Quelques instants plus tard, deux mains graciles s’élevèrent dans les airs au-dessus des têtes de ses camarades, agitant deux éléments vestimentaires comme des bannières au vent : dans une main, une paire de chaussures ; dans l’autre, un pantalon. Pas une seconde il ne songea au cauchemar sans nom que serait son retour à l’Académie s’il égarait ces précieux quoique triviaux items dans une pareille cohue. Pour être franc, il ne songeait à rien de particulier ; il avait tiré « pile », voilà tout.

Un elfe aux contours flous, presque brumeux, pieds nus martelant le sol, longues jambes fines, shorty blanc rosé presque indiscernable de la couleur de sa peau, livré à la générosité princière de l’égoïsme instinctif : il buvait les sensations à même les corps voisins, et à le voir s’en délecter amoureusement, ceux-ci en recevaient quelque chose, les étincelles d’un brasier, les miettes d’un festin. Des offrandes plus réelles que tout ce qu’il aurait pu dispenser à travers son masque de courtoisie policée. Ce n’était pas forcément ce qu’il aurait choisi d’offrir, et ce n’était pas forcément interprété comme il l’aurait revendiqué. Mais quelle importance cela pouvait-il avoir ? Puisque la magie circulait entre ses réceptacles. Les mains qui se posaient sur ses hanches, les mots murmurés d’une voix rauque ou sulfureuse à ses oreilles, n’éveillaient aucunement son désir de contrôle absolu et de règne sans partage.

Au contraire, il célébrait la liberté, celle de sa peau d’apparition nacrée qui s’articulait souplement sur les mouvements de la bacchanale, et celle des êtres qui l’environnaient, d’autant plus beaux qu’ils étaient inconnus, d’autant plus aimés qu’ils étaient sauvages. Pour que la fête soit complète, il aurait voulu pouvoir s’enivrer réellement, de cette ivresse qui laisse l’esprit incertain et embrouillé au lendemain matin, et que tout sombre bel et bien dans le néant ; un tel final aurait parachevé la sensualité de l’oeuvre éphémère en cours, dont il travaillait, lui aussi, lui toujours si éthéré pourtant, la matière à pleines mains.
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Perle
 
Messages: 312
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes
Catalyseur: Mes lunettes
Pouvoir: Baisers empoisonnés
Âge: 25 ans
Statut: Héritier, étudiant



Messagepar Harkendël » 03 Mai 2017, 14:42

Un grand sourire étirait ses lèvres teintées de noires. Du haut de l’immeuble, elle voyait la fête en contrebas, un déchaînement de plaisir et de vice laissé libre court.
La jeune flamme avait été alimentée, tellement que désormais le brasier rugissait fièrement, appelant toujours plus de combustible.
Il était beau de voir que parfois y avoir quelque chose qui valait la peine. De profiter. De se détendre.
Un cadeau de la Ville parfois si égoïste. Un geste tendre pour l’anniversaire d’un de ses rejetons.

Elle ne tient plus en place. Sa peau frémit, ses pieds tapent au sol par eu-même. Elle s’élance dans les escaliers, manque de trébucher dans le noir complet. Ses pas la menèrent vers le centre, là ou la foule rugissait à l’unisson.

Soudain, on l’attrape par l’avant-bras, la jette dans la gueule béante. Déjà, les pattes monstrueuses se resserrent autour d’elle.
Une femme lui prit le visage et l’embrassa à pleine bouche, brisant la barrière de ses dents, engouffrant sa langue chaude.
Pour aussitôt repartir et laisser une jeune femme pantelante, un sourire ravi aux lèvres.
Elle marche. S’avance. Fends la foule de son corps souple, de sa robe de soie noir et volage qui ne cachait pas suffisamment de peau pour ne pas être indécente.
Naturellement, la foule la caressait, l’évitait.

Tant de mémoires. De souvenirs. De rêves. D’espoir. Elle se gorgeait de tout cela. S’imprégnait de cet amas brut, le façonnait à sa manière.
Pas de cauchemars. Non.
Elle distribue. Donne.
Du plaisir. De l’envie. Du désir pur.

Elle rêve, tisse sa brume. Enveloppe le monde autour d’elle d’une toile invisible. Harkendël se veut généreuse. Alors elle disperse des images érotiques, provenant du plus profond de l’Ambre. Elle insinue des images chaude et moite. De la transpiration, des halètements. Des marques et des râles. De corde et d'ustensiles. De cuir et de latex.

Les yeux se ferment alors qu’elle libère son pouvoir, elle ondule sur place en une danse sensuelle, laisse ses mains parcourirent son corps, ses jambes s’ancrer dans la terre.
Puis elle tourne, tourne. Toujours plus vite.
Ses cheveux tourbillonnent autour d’elle, fouette les gens qui s’amassent qui, tel des abeilles sur du miel, sont attirées par les émanations.

Bête vorace, aux crocs trop longs.

Elle frappe le sol, chaque choc promulgue des gémissements autour d’elle, à l'unisson.
Bientôt, elle transpire, sa robe lui colle à la peau. Un sourire aux dents blanches tranche le noir de son maquillage.
Des pulsions.

Boum. Boum. Boum.

Son corps brille. Les lignes pulsent. Ses yeux qui s’ouvrent. Sont le reflet de la lune au-dessus d’eux. Mais personne n’a peur. Pas ici, dans cette fête ou tout le monde se mêlaient les uns avec les autres. Pas alors qu’ils veulent toujours plus de ce qu’il ont dans le crâne, tel des camés réclamant leurs doses.

Les bras vers le ciel, elle rit. Rit fort. Elle mange, dévore les sensations, redonne le tout par son pouvoir. S’alimente de façon extraordinaire, comme jamais elle n’a pas encore se satisfaire.
La seule chose qu’elle savait parfaitement faire. Elle voulait le partager. Et tout cela gratuitement.

Petite étoile qui tourne sur elle-même, qui bientôt se fait coller. Elle gémit quand on lui attrape un sein, soupir quand une bouche mord son coup, souffle quand un doigt se glisse dans son intimité.
Un grand cercle autour, qui s’amasse. Pour goûter. Pour toucher. Celle qui est si généreuse. Cette fille au visage trop symétrique, à la bouche pulpeuse, aux muscles tendus et tremblant.

C’était tribal. Primitif.

Un bref regard autour d’elle. Pain était là aussi, attrapant une proie dans un coin. Leurs regards se croisèrent et elle lui sourit pour se détourner ensuite.
La fille de la Harpie se fait retenir par un homme qui l’embrasse, profité brièvement de son corps. La louve blanche ondulait furieusement contre un jeune homme ; Arès s’avancer vers une femme blonde.
Un jeune homme aux lunettes non loin. Elle lui lance une vague de plaisir. Un clin d’œil. Puis elle change. Ne reste jamais sur la même personne. Un grand roux, à la mentalité bien trop instable. Une autre vague, un autre dont.
Tant de personnes.

On lui verse directement dans la bouche une liqueur sucrée qui coule en masse sur ses seins. Aussitôt se fut lécher, rattraper par des bouches intrépides.

On la soulève parfois, elle se trouve les jambes fermement ancrées autour de reins puissants, se fait pénétrer avec brutalité.
Un autre derrière son dos qui mord le cartilage de son oreille. Son dos frotte contre le torse puissant. Elle gémit de plaisir, cri sans se retenir.
Une bouche à embrasser pour la faire taire alors que la musique rugit autour d’eux, que les exclamations se font de plus en plus puissantes autour d’elle.
Elle envoûte. Créer un harem. L’ancienne catin se donne en prenant. Une orgie généreuse. Brille de mille feux dans cette bête sombre.

Car l’appétit doit être rassasié. Parce qu’il faut faire honneur à cette fête.
Qui ne finira pas de si tôt.
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Ambre
 
Messages: 249
L'Ascendance: Je suis la Proie des ruelles
Catalyseur: Aucun
Pouvoir: Arpenteuse
Âge: 25 ans.
Statut: Ancienne catin prestigieuse. En fuite désormais.



Messagepar Malkior Al Asnan » 04 Mai 2017, 08:49

Le moment de s’interroger est passé ; Alaman a fini de se demander qui il est devenu, qui il est resté. C’est le moment d’agir. Finch, nageant dans la foule, cherche son style. Il rejette dans le brasier voisin la pensée angoissante de la possession toujours présente, il laisse les instincts destructeurs, malveillants qui l’habitent danser dans cette arène de flammes rouges qui leur correspond mieux.

Il cherche son instinct. Les autres en ont. De beaux instincts sensuels et libres qui leur semblent parfaitement clairs et connus. Alaman sait ce qu’il hait, mais Finch se bat pour comprendre ce qu’il aime. Ils se détachent ; ça ne durera pas, mais c’est merveilleux. Finch déborde de l’envie d’en profiter, de se saisir, lui qui part en fumée si souvent depuis quelques temps. S’il parvient à être quelqu’un ce soir, pleinement, il sait qu’il ne disparaîtra pas.

Une robe noire passe et il la suit. Il a ressenti quelque chose de puissant et de viscéral comme une faim ardente, et toutes ses lectures avides lui ont appris une chose : le désir ressemble à la faim. Il est aussi douloureux, aussi dévorant, aussi impossible à bannir de sa vie. Aussi chronique. La robe noire doit correspondre à ce qui l’attire dans ce monde matériel. Il faut qu’il en ait le coeur net, la bouche pleine, le regard aveuglé, qu’il s’en imprègne et qu’il s’en rende ivre, avant que l’autre revienne le hanter. L’urgence redouble son besoin hurlant ; les muscles de ses reins se crispent au point qu’il éprouve, comme une logique soudaine, l’envie de déboucler son ceinturon et d’ouvrir son pantalon pour échapper à toute contrainte encore existante.

Ils sont tout autour de lui, peau contre peau, ces magnifiques humains, mais il lutte encore pour les rejoindre, pour se fondre parmi eux, pour s’incarner totalement. C’est dans la peau d’une autre personne qu’il faut s’incarner, souffle une voix à son oreille, mais ce n’est pas Alaman. Ce n’est aucun des mauvais démons qui tournoient dans ses vies antérieures. Il se demande soudain si ce n’est pas simplement cet instinct qu’il cherche ; un instinct de vie, celui dont le culte exige que l’on dépouille et dépose à terre comme des offrandes toutes les questions inutiles. Il ferme les yeux pour communier avec ces vagues de chaleur qui l’emplissent, de plus en plus intenses. Ses doigts s’accrochent fébrilement aux attaches des vêtements qui lui restent. Enfin, libre.

Sa ceinture à la main comme une arme, il s’enfonce dans le paquet de corps qui enserre la robe noire de toutes parts, et passe ce lien de cuir sombre au cou de l’inconnue pour l’attirer, plaquer ses lèvres sur les siennes ; un alcool sucré y a laissé son goût puissant qu’il happe avec une avidité presque dévorante. Presque. Il touche au point où malveillance et bienveillance se rejoignent en un même extrême contradictoire et affolant, l’ultime enivrement : faire mal n’est plus si différent de faire du bien.

Il tremble d’une rage aimante quand son membre dur se plaque contre un tissu froissé, qui se relève pour dévoiler le contact franc et chaud d’une chair animée, pulsante de vie et d’exigences. La danse n’a pas tellement changé. Les ondulations des corps voisins guident la sienne, le rythme est toujours aussi acharné, les voix crient, c’est un autre niveau de la même fête tout comme il est, lui, Finch, un autre visage de la même âme ; et comme il a frappé plus tôt l’inconnu qui voulait le prendre dans ses bras, tout aussi naturellement, il lui plonge à présent la main dans les cheveux, pour l’attirer et lui offrir à sa suite les lèvres noires et les dents blanches.

Embrasse-la comme je l’ai embrassée, puis je la prendrai comme tu la prends, rien ne m’est retiré par ce que tu reçois : nous coexistons comme des flammes dans un brasier. Nos langues brûlantes lèchent la même peau invulnérable, mais nous n’avons pas à nous affronter. La vie porte une robe noire, sous laquelle toutes les mains sont les bienvenues.

Dans l’espace de cette étreinte, où il accède brusquement à la pensée souveraine de ce qu’est cette Ville dont il est l’enfant, il a la vision d’un dragon aux milliers d’écailles mordorées qui s’enroulent, en palpitant d’étincelles mouvantes, sur ses anneaux infinis, et cette extase l’emporte tandis que son corps s’unit à un autre – il ne sait plus lequel. N’importe qui. Puis n’importe qui, à nouveau. Il leur appartient à tous, et tous lui appartiennent. Ces femmes sont des miracles, leurs chevelures sont un océan, il ne sait plus compter ni articuler des mots, il se perd… mais il est bien là, plus que jamais, ancré dans sa propre chair, en même temps que dans celle des autres. Qu’il était ridicule de chercher ses limites pour se définir ! Chacun, ici, se définit par leur absence.

Sauvage.

Il sait que, depuis le feu voisin, Alaman le regarde et sourit de son sourire de fauve, en s’imaginant quelque chose de fabuleux et de terrible qui naîtra de cette nuit partagée ; et dans ce sourire, il y a quelque chose de l’amour égoïste, absolu, du créateur pour le monstre, et de l’armurier pour son chef d’oeuvre ; et pour ne plus y penser, il s’accroche à la robe noire, enfouit le visage dans la chevelure noire, cherche à nouveau les lèvres noires… Vapeur éphémère, dont il se souviendra demain comme d’un rêve torride et à peine compris, qui forme pour l’heure un écran opaque entre lui et la lave qui coule au fond de ses veines.

Au-delà des paroxysmes physiques qui le traversent comme des flèches d’or, elle renouvelle son énergie, pour ne jamais en finir. Un abri qui résonne de coups et de cris comme un champ de bataille éternel. Voilà une chose qu’il aime. Un première pierre sur laquelle s’arc-bouter pour résister. Une sensation si ancienne et si nouvelle que son seul souvenir lui rappellera, à travers toutes les manigances de l’Autre, son lien profond avec la terre, avec cette marée bouillonnante et disparate qui s’appelle pourtant ses semblables : créature unique, réelle, charnelle, réseau d’actes et de perceptions sensorielles, amant insatiable, homme exalté, affranchi.

Comme un symbole, il porte toujours sa ceinture défaite à la main. C'est un jouet, maintenant ; il en découvre les plaisirs sulfureux, et nourrit son nouvel être de l'imagination de ceux qui l'entourent. A constater que certaines se plaisent à ce qu'il les en cingle, il laisse le sourire équivoque d'Alaman fleurir sur ses lèvres sans retenue, mais il le revendique pleinement.
Image

Spoiler:
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Saphir
 
Messages: 294
L'Ascendance: Je m'éveille en Infant
Catalyseur: Une cicatrice à la gorge
Pouvoir: Vampire émotionnel
Âge: 11 ans
Statut: Etudiant



Messagepar Tskar » 06 Mai 2017, 16:49

Dante est mort


Clament encore les gros titres des quotidiens. Mais ce sont des vieux journaux. A l'encre passée. Neuf mois. Un an peut être. Déjà. Seul le vent s'en soucie encore. En effeuille les pages. Les fait tourbillonner comme des feuilles mortes, dans les rues désertes.

La foulée souple et silencieuse de loups. D'immenses capes qui battent le bitume, se confondent avec cette nuit qu'ils tirent derrière eux comme un drap. Là où ils passent les reverbères s'éteignent un à un. L'ombre tombe. Le vent souffle. Trop froid. Chargé de poussière. De sel. Quelque chose approche. Dans le ciel l'orage s’amoncelle. De lourds nuages. Immobiles et enflés. Ils pèsent sur la fête. Voilent les étoiles.

Des masques d'acier greffés sur leurs visages. Des yeux morts, sans âme, qui boivent la lumière de la petite sauterie d'Arès. Attirés par les cris, le spectacle, comme des charognards par le maigre fanal d'un randonneur égaré. D'un même mouvement, leurs mains gantées de cuir ont fait jaillir la nudité de lames souillées de runes cyrilliques. Ils ne s'annoncent pas. Ils ne parlent pas. Et la foule avinée ne découvre leur présence qu'aux premiers morts.

Ils ont plongé dans la danse, comme des loups dans un troupeau de moutons, comme des requins dans un banc de sardine. Ce ne sera pas une bataille. Ce ne sont pas des soldats. Mais un carnage. Un massacre. Tout ce qui passe à porté de leurs épées est transpercé, découpé, éventré, décapité. Leurs mouvements sont froids. Méthodiques. Travail à la chaîne dans une boucherie. Payés à la carcasse désossée.

La plupart ne parlent même pas la langue de leurs victimes. Aucun ne dira pourquoi il est là. Ce qu'ils veulent. Mais leurs actes sont d'une clarté limpide. Renverser les spots qui éclatent au sol dans une gerbe d'étincelle. Eventrer les baffles. Trancher les têtes des musiciens. Étouffer les feux, les flammes, en y jettant des cadavres ou des blessés qui achèvent d'agoniser en hurlant leur misère.

Si le Dragon ne dort jamais. Sait se faire oublier. Il n'est jamais bon de le réveiller. De le déranger. Et au loin, plane sur ce paysage de carnage, l'ombre haute de la Tour Noire. Donjon sans lumière, à la pointe duquel flamboient des éclairs violacés, planté en la Ville, comme une lance dans le flanc d'une charogne déjà pourrie de vers. La Reine est là. De retour. Gracieuse silhouette dont les mains fines et pâles sont appuyées à la balustrade de marbre sombre. Dont la chevelure boit le vent. Elle ne dit rien. Elle regarde son Verbe s'écrire dans les rues en lettres de sang.

En première ligne va ce géant. Le seul a avoir troqué l'épée pour une hache monstrueuse. Le seul qui ne porte pas la cuirasse d'acier sous sa cape, mais la simple virilité rugueuse et tatouée d'un torse nu. Il a beaucoup tué ce soir. Avec la rareté de mouvements d'un bucheron maître de son art. Un coup. Un mort. Et les cadavres, parfois tranchés en deux, dans le sens de la hauteur qui s'accumulent sur son passage.

Et face à Arès. Alors qu'autour d'eux la foule transpercée par la meute se débat et s'éteint. Il ôte son masque d'acier. Le laisse tomber au sol. Et s'appuie mollement sur sa hache. Comme un ouvrier heureux de faire une pause, pour saluer un collègue après une journée d'usine particulièrement éprouvante.

"-Mais c'est le petiot Arès !"

Tskar qui serre alors le jeune Onyx contre son torse. Lui prend le visage à pleine mains pour l'embrasser. Coutume étrangère. Sur la bouche. Rendre honneur au maître de cérémonie. A celui dont c'était l'anniversaire. Et puis l'enlacer. Lui passer le bras autour des épaules. Vieux copains.

"-Ca être beaucoup belle fête ! Reine contente toi célébrer anniversaire du Dragon ! Penser vieux poto Tskar. Belle idée. Faire venir tout le monde à Onyx. Comme ça nous tuer max people sans grosse problèma !"

Cette fille aux cheveux bleus que deux tueurs encapuchonnés, trainent sur le sol. Ils l'ont rouée de coups. Lui ont broyé les genoux. De concert ils la projettent aux pieds de Tskar et de Arès. Carcasse de viande presque sans vie. Et Tskar qui tend son énorme hache à Arès.

"-A ton tour, toi t'amuser avec les bro' ! Montrer à tout le monde que toi être véritable bad boy de l'Onyx !"

Et les tueurs dont les capes boivent le sang versé. Dont les lames nues gouttent sur le pavé. De se regrouper en cercle hostile autour de Tskar et d'Arès. Des masques d'acier. Des coeurs de pierre. Des regards surtout. Où la haine flamboie.

Spoiler:
Vous avez un poste pour décider comment clôturer votre petite nuit Onyx ! Et vous rappeler. Que le Dragon ne dort jamais. Bonne écriture à tous :heart:
Tskar
 



Messagepar La Ville » 07 Mai 2017, 13:54

Image


Rage


Veste de cuir vieilli ouverte sur une armure de plaques lourdes. Tignasse noir qui retombe en bordel sur un front dont seul le haut est visible. Un masque lui mange les traits, lui donne des allures de dévoreur cauchemardesque. Assassin confirmé, soldat revendiqué, on l’appelait l’Ange dans le réel. Ou l’exterminateur. Tueur de cette vermine grouillante qu’il exècre par-dessus tout.

Malgré l’armure lourde, il se déplace furtivement, furie muselée dévouée aux ordres, méthodique et nonchalant tueur qui efface les sourires de ces lèvres impudentes.

Il y avait les cris de joie, les chants avinés, la fumée du brasier et les relents d’alcool, de fête. Une victoire noyée dans le sang. Nul besoin de magie pour ôter la vie, en témoigne les traces d’un sang lourd, noir et épais, qui maculent l’épée antique qu’il tient d’une seule main.

Il distribue les coups sans réfléchir. Lever l’épée, l’abaisser d’un coup, la secouer pour en ôter les résidus, recommencer. Il tranche, estropie, ne prend pas la peine d’achever ses victimes. Ses frappes sont puissantes mais imprécises. Écrasent les chairs, lacèrent, mutilent, abîment, plutôt que de tuer nettement. Sa petite signature sadique personnelle. Le résultat sera le même, aucune des blessures causées par sa lame runique ne guérira.

Il se penche parfois sur un agonisant, tend l’oreille pour saisir les murmures entrecoupés de sanglots, de gargouillements funestes. Et il rit devant la détresse de ces âmes qui n’ont pas senti la menace venir et que le couperet a cueillies, presque trop facilement. Ces âmes qui se noient maintenant ans le grenat qui dévale joyeusement de leurs blessures béantes. Il rit. D’un rire strident qui le secoue tout entier et fait tinter l’acier de son armure.

Autant pour la gratuité du geste. Qu’ils meurent, tous autant qu’ils sont, ces fêtards imbibés qui dans leur aliénation osent donner à l’Onyx des allures de parodie. Ils riaient, ils dansaient, ils crèvent maintenant, fauchés les uns après les autres, pantins hagards dont on coupe les fils, qui partout tentent encore de fuir l’hallali. Bien trop tard.

Le vent s’est levé. Fait claquer sa cape et rafraîchit son corps qui transpire sous la plaque qui le couvre. Ses bras tremblent à force de fendre l’air, puis les chairs, de sa grande épée qu’il manie sans lassitude en empruntant docilement le chemin tracé par le soldat à la hache. Ce n’est pas un concours, mais Rage sent la compétition lui aiguiller l’ego. Il compte les corps qui devant ses assauts s’effondrent. Il lui faut plus de cadavres, pour honorer la reine noire qui du haut de la forteresse surveille sans nul doute le carnage, le visage relevé d’une de ses élégante grimace.

Son masque a foutu le camp, sans doute arraché par une main agonisante en quête d’une prise invisible à laquelle se raccrocher. Sa cape alourdie, trempée d’hémoglobine, bat contre les talons de ses bottes au cuir usé, les gifles de rouge à chaque pas. Une traînée de sang jailli d’une carotide tranchée, lui gicle au visage, dégouline le long de sa pommette, en traçant le contour fuselé.

Il sourit dans la nuit. Et ses prunelles rougeoient. Flammes sombres qui embrassent l’obscurité frémissante. Le massacre est consommé. Sa main libre tâte sa poche arrière, fouille à travers l’étoffe rugueuse de la cape qui l’enserre, la repousse jusqu’à trouver un paquet de cigarette.

Un geste trop ordinaire pour une soirée qui ne l’est plus. Il fiche entre ses lèvres encore entrouverte le filtre d’une longue cigarette. L’allume. Inspire profondément la fumée mentholée. La tension dans ses épaules se relâche. Ses lèvres s’écartent sur un soupir d’aise. Et son regard attentif se tourne fugacement vers l’ombre de la forteresse.
Avatar de l’utilisateur
Administrateur du site
 
Messages: 462
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes



Messagepar Wendy » 07 Mai 2017, 17:59

La joie palpitait autour d’elle, elle sentait son cœur battre à l’unisson avec celui de la foule, elle entendait son rire résonner jusqu’au ciel noir masqué par les flammes intenses, les même qui semblaient brûler sous sa peau, enflammer son être d’une passion animale. Elle se sentait acceptée, partie d’un tout, un tout immense et ondulant sous les étoiles faiblardes de l’Onyx, une marée humaine d’êtres mêlés. Non, pas humaine. Mais bestiale. Fraternelle. Une meute. Des loups errants se rassemblant sous la lumière de leur Lune flamboyante pour hurler de concert, célébrer la terre que foulaient leurs pieds et l’alcool qu’engloutissaient leurs gueules grandes ouvertes. Des bêtes sauvages. Des prédateurs ayant rétracté leurs crocs pour une nuit, pour célébrer une date arbitraire, un jour comme un autre, un nouvel hiver pour un simple homme. Une raison futile pour une fête démente.

Mais alors qu’une jeune femme blonde au corps salit de poussière et à l’haleine empestant l’alcool entama un geste pour attraper la main tendue d’un adversaire, ni ami ni ennemi, juste un compagnon de jeu, un corps dont elle avait goûté le sang, le Wendigo senti l’odeur de la mort faillir d’une gorge tranchée.

La bête bondit sur ses pattes.

Un battement.

Les griffes sortirent des doigts en déchirant la chair.

Deux battements.

Les pupilles s’étrécirent en deux fentes cherchant frénétiquement les giclées de rouges.

Trois battements.

Le Wendigo avait disparu.

Fondu dans la foule, perdu dans la masse des corps qui commençaient à peine à comprendre ce qu’il se passait, la Bête avait une longueur d’avance. Elle avait senti les entrailles au milieu des cigares, entendu les cris de douleur par dessus ceux de joie, avait comprit qu’elle n’était plus le seul chasseur. Alors le chasseur se fit charognard. Rampant au sol, cramponné à la terre afin de ne pas se laisser emporter par la foule, la Bête suit l’odeur du carnage. Elle laisse derrière elle une traînée de salive brune et sent déjà son sexe se gonfler de sang impur en entendant les gargouillements d’agonie. Une orgie. Des corps qui tombent à la chaîne, sans cérémonie, sans pitié, s’entassant autour de lui. Il reste tapi, discret dans les mouvements de foule. Puis il le repère. Lui. Le Dragon à la moto hurlante et aux gants de cuir. Le Wendigo se souvient de sa poigne, de la délicieuse suffocation. Du crissement de ses crocs contre les écailles. De la facilité avec laquelle il l’a soulevé de terre. La Bête est assez sage pour reconnaître un alpha lorsqu’il en voit un. Puis un rire rauque racle sa gorge.

Tout autour de lui ne sont pas les cadavres d’une meute de loups… Mais ceux d’un troupeau de moutons. Ce sont eux les prédateurs. Et la cannibale glissée dans la bergerie compte bien rester loin de leur acier qui pue une mort putrescente et vicieuse. Alors elle contemple la scène, de loin. L’odeur du sang et de la chair l’a rendu folle. Alors elle dévore. Elle prend une bouchée, une autre. Certains sont déjà morts, d’autres gémissent encore. Réalisent à peine ce qui se penche sur eux avant de leur arracher la carotide d’un coup sec, méthodique. Il mâchonne les cartilage d’un air distrait, se demande s’il devrait fuir. Mais l’odeur l’enivre. L’excite. Il a envie de plus. Il reste, tapi dans le dos des silhouettes sombres, souplement glissé entre les cadavres. Il embrasse des lèvres entrouvertes, desquelles s’échappe un filet d’air qui bientôt s’éteindre, et arrache la peau de ses crocs, déchire le visage comme il mordrait dans une pâtisserie, savoure autant le goût de la chair que le hoquet de douleur et de surprise qui émerge de la poitrine faiblissante. Les vapeurs d’alcool mêlées à celle du sang chaud lui monte à la tête, il s’enivre de chair. La mouille qui coule de sa chatte pour tomber sur les cadavres en de lourdes gouttes est aussi rouge que la marée qui se forme petit à petit autour de lui.

Un paradis a ses archanges et ses chérubins.

Un charnier a ses prédateurs et ses charognards.

Ce soir le Wendigo accepte d’être le second. Car l’Onyx lui a offert un banquet digne de Tantale.
Avatar de l’utilisateur
Maison Ambre
 
Messages: 165
L'Ascendance: Je suis Natif de la Ville
Pouvoir: Magie du Sang
Âge: 17 ans
Statut: Etudiante



Messagepar Malkior Al Asnan » 08 Mai 2017, 08:34

Alaman s’ennuie. On le laisse de côté depuis trop longtemps maintenant. Bien sûr, il est plaisant de voir ce gamin de Finch déployer un peu ses ailes les plus sombres et le rejoindre petit à petit dans l’expression de pulsions inavouables ; et bien sûr, l’accouplement debout et sans paroles de ces bêtes humaines est un spectacle digne d’intérêt, ne serait-il que scientifique. Mais Alaman trouve qu’on lui promet beaucoup, depuis qu’il est arrivé à cette fête, et qu’on lui offre surtout la moitié qui intéresse Finch ; comme s’il avait amené son petit frère et le voyait s’empiffrer de gâteaux sans trouver le buffet qui propose les alcools. Il ronge son frein dans les flammes. Puis, arrivent les assassins. Il les sent venir, une sourde pulsation de mauvais pressentiments et de cris anormaux parmi les cris de la fête, qui court dans le sol comme un réseau de veines. Il reconnaît, d’une vie antérieure, cette ivresse glacée et saisissante comme une plongée dans l’océan noir : ils viennent. Qui sont-ils ? A quoi bon se poser la question ? Ils sont là.

Finch relâche le corps en sueur avec lequel il avait fusionné bestialement, titube en voyant ce corps traversé d’une lame. L’instant d’avant, il aurait partagé davantage qu’un paroxysme sensuel avec cette silhouette maintenant cambrée en arrière selon un angle imprévu, raidie et frémissante, les yeux révulsés, mais pour une toute autre cause que le plaisir de leur sauvage union. Cette lame noire en face de lui contient un mystère différent. Pourtant… Tout est cohérent. Il n’arrive pas à être surpris. Alaman est là, et Alaman sait. Sans réfléchir, Finch se jette sur l’assaillant, qui a déjà extrait son arme des chairs tranchées et s’apprête maintenant à l’abattre sur lui. La joie étincelle dans l’oeil bleuâtre du colosse nu qui abat ses poings crispés droit sur les tempes de l’inconnu masqué, le renverse sous son poids, roule avec lui au milieu du chaos.

C’est le même instinct brutal de domination physique et immédiate, le même plaisir ardent de sentir céder les muscles durcis, d’écraser un être conscient contre une surface dure pour le pilonner de coups rythmés. Les poings d’Alaman sont rouges quand il se relève – pas réellement, il reste à quatre pattes, campé comme un loup, encore enivré par la compilation d’informations innombrables, la comparaison des plaisirs violents dans l’encyclopédie qu’il dresse en son esprit. Il a fait l’amour avec toutes sortes d’entités ce soir. C’est le tour de la géhenne. Il se relève, se trouve dos à dos avec quelque autre invité qui essaie de survivre, et ressent à son contact une envie étrange – Finch est toujours présent. L’envie de se connecter, d’exploiter n’importe quelle faille des événements pour tisser quelque chose qui ne soit pas négatif. Crétin de petit Finch, tu vas nous faire tuer. Garde le cap !

Alors qu’Alaman saisit à pleines mains, pour la détourner, une lame qui lui a entaillé l’épaule et qui l’aurait peut-être tranché en deux au second coup, une secousse le traverse soudain de part en part, et Finch s’évanouit pour quelques moments, croyant que cette fois l’assaut a réussi et qu’il n’est plus. Non, Alaman reste conscient, alerte : il sait. Ce n’est pas un coup de l’extérieur qu’il vient d’éprouver, c’est un pouvoir qui s’active. Incontrôlable, démesuré, terrifiant. Un déferlement de haine l’emplit comme un barrage cède et dévaste un paisible vilage, et les cris au-dehors ne sont plus rien soudain en comparaison du chaos qui l’envahit. Il boit. Quoi ? Sur le moment, il n’est plus capable de penser, de lui donner un nom. Mais il boit, avec l’avidité de celui qui refuse de suffoquer. Il a trouvé le buffet des alcools.

La main ennemie s’ouvre. L’épée tombe et sonne à terre contre un morceau de métal – la cuirasse d’un autre, peut-être. Alaman ne sait pas : il ne baisse plus les yeux. Il dévisage la créature en face de lui ; la créature sans visage qui commence à trembler. Ce n’est pas de la peur, ce n’est plus de la colère, c’est de la faiblesse. Il boit. Il s’enivre comme un fou, il laisse affluer de toutes parts autour de lui cette énergie divine qu’il vénère plus que toute autre : l’envie de détruire. Elle s’arrache aux enveloppes charnelles qui la contenaient comme autant de verres brisés. Elle fuse jusqu’à son coeur noirci par la haine qui bat pour la transfuser à tout son corps électrisé. Nouvelle forme de jouissance. Nouvelle dévoration. Il boit. Tous délicieux, tous irrésistibles, et comme il ne sait pas où peuvent se situer ses limites, il ne s’arrête plus, en quête de leur seuil de lumière où il pourra enfin s’effondrer, s'illuminer d'un embrasement solaire.

Ceux qui dansent sont pris d’assaut. Fort bien, c’est une logique comme une autre.

Alors il danse, il danse, il danse, il attire l’attention par ses moindres gestes. Un corps jeté dans le brasier, qui a pris feu, lui sert d’arme de poing ; il le soulève comme une massue et l’abat autour de lui en larges moulinets qui le disloquent sans l’éteindre, et il rit, enfant sans guide qui a trouvé un jouet à sa mesure.

Frapper. C’est une musique d’enfant. Une épée se plante dans son arme de chair ; il l’arrache à la main qui la tenait en faisant tournoyer le corps sanglant au crâne incandescent, et l’abat sur le porteur dépossédé, soudain ahuri de l’avoir trop approché, de s’être laissé vampiriser sans y prendre garde, les os craquent. Ceux de qui ? Quelle importance, tant que la musique continue ? Kornalis Alaman a des forces pour un million de nuits. Briser. Fracasser. Il ne fait qu’un avec lui-même, avec cette foule immense dont il avale les instincts meurtriers comme un hydromel sacré, et il s’amuse. Dans son for intérieur, loin où survit encore sa conscience et sa capacité à former des phrases, il élit ce jour comme celui qui sera également sa fête d’anniversaire.

Autour de lui, les créatures fauves ses frères et ses soeurs se réveillent et sortent du néant, échappent aux enveloppes humaines, et dansent en sa compagnie ; il les aime, chacune d’entre elles. Leur beauté n’a pas d’égal sur cette terre. Il prend garde à ne pas les approcher, car il veut qu’elles continuent à se battre. Et il se promet, s’il s’en sort, d’écrire dans son prochain roman le combat titanesque des figures des constellations jetées dans la bataille par un cueilleur d’étoiles.
Image

Spoiler:
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Saphir
 
Messages: 294
L'Ascendance: Je m'éveille en Infant
Catalyseur: Une cicatrice à la gorge
Pouvoir: Vampire émotionnel
Âge: 11 ans
Statut: Etudiant



Messagepar Faltenin H. Sëyligman » 08 Mai 2017, 09:26

Une belle femme de caramel au visage anguleux, à la voix délicieusement basse et chaude, enveloppait Faltenin d’une étreinte à la fois flottante et insistante ; il sentait les seins lourds plaqués contre son dos et s’abandonnait à cet appui affolant, les yeux fermés, ondulant dans une danse qui n’était plus une danse en exhalant des soupirs éloquents.

La main dorée avait disparu sous le rebord de son shorty et entre ses cuisses, et avait la décence appréciable de lui faire miroiter monts et merveilles sans pour autant chercher à le déshabiller ; il appréciait beaucoup cette étonnante délicatesse. Elle gâcha cependant la lente montée vers l’orgasme en lui chuchotant quelque chose à l’oreille, mais il fit mine de ne pas l’avoir entendue dans le vacarme environnant, et se livra à ses mordillements insidieux, en essayant de réparer ce merveilleux abandon qui tissait un cocon de luxure à ses sens exigeants.

Il était peut-être le seul alentour à n’être absolument pas ivre. Peut-être est-ce pour cela qu’il réalisa immédiatement le sérieux de l’attaque, tandis que ses voisins demeuraient hébétés. Derrière la haie de corps qui commençaient à se piétiner pour refluer en fuyant, il vit briller les éclairs des lames ; une main à terre, entre les jambes qui titubaient, lui indiqua une première victime bien réelle.

Il esquiva la femme qui le pelotait comme il l’aurait fait d’un adversaire. Soudain, elle était devenue un risque pour sa survie. Rampant agilement parmi les danseurs tétanisés, il atteignit cette main au sol, cueillit le sang qui la maculait et traça en travers de sa propre gorge un large sillon noir aux reflets pourpres ; puis il se laissa tomber à terre. La première vague passerait en l’ignorant. S’il gardait un sang-froid total, il avait ses chances.

Sa cavalière en était encore à se demander : mais qu’est-ce qui se passe ? que le jeune illusionniste était déjà prêt à tromper les regards des assaillants. Il avait fermé les yeux, mais les sentit passer au-dessus de lui. Leur démarche était différente. Il avait toutes les peines du monde à bloquer les battements erratiques de son coeur. De tels êtres étaient venus, jadis. Il n’était pas né mais il percevait toujours le souvenir diffus de leur passage. De tels êtres avaient déjà failli l’atteindre. Il n’avait pas le droit de leur en laisser l’opportunité. C’était une question d’honneur familial.

Dès que les assassins furent passés, il remit ses lunettes, se releva d’un bond, et se jeta sur celui qui se trouvait le plus proche de lui. Oui, dans le dos, pourquoi pas ? Il était désarmé, après tout ! Il s’accrocha au corps cuirassé, esquiva un tranchant qui n’aurait laissé de lui que des fragments éparpillés, chercha la chair, ne la trouva pas. Il s’éleva comme un voltigeur, feignit d’être commotionné par le choc, roula entre les jambes du spectre, porta un coup en traître. Debout à nouveau, son premier geste fut d’arracher le masque et il gémit faiblement de s’y être écorché les doigts ; gémissement qu’il éteignit contre les lèvres de l’assassin. Ils basculèrent, l’être sanglant effondré sur lui.

Dans les secondes qui suivirent, Faltenin dut gérer, en se répétant les mots de ses maîtres d’armes, le stress d’être étendu sous un corps qui se débattait dans les affres de l’overdose et dont il embrassait les lèvres, sans lui laisser un moment de répit. Ça ne devenait jamais agréable, et puis les circonstances dramatiques ajoutaient à la difficulté. Mais une seconde vague passa, toute proche, sans déceler ce qui était en train de se produire.

Il se faufila jusqu’à ses vêtements, tombés près du feu – un peu trop près, à son goût – et entreprit, sérieux et concentré, agacé et glacial, de se rhabiller au milieu du chaos. Il fallait qu’il récupère ses amis et qu’il rentre à l’Académie maintenant. Il avait un cours important le lendemain, un exposé à présenter. Cet acharnement à rationaliser porta ses fruits ; et dès qu’il fut présentable pour revoir des visages connus – et chaussé de manière à pouvoir courir sur la terre battue retournée par la foule en délire – il se remit à évoluer dans le carnage ambiant.

La fatigue se faisait sentir. La migraine montait, ce qui le rendait irascible, et d’autant plus impitoyable. Après avoir éhontément utilisé un inconnu comme bouclier humain pour se défaire d’un nouvel adversaire, il revint finalement à de meilleurs sentiments alors qu’il commençait à pouvoir pratiquer son art ancestral, quoique gêné par l’équilibrage inattendu de l’épée dont il s’était emparé.

Il était blessé, tous ses muscles le tiraillaient désagréablement, il se savait peu à son avantage, et lorsqu’il repéra un groupe d’amis qui tentait de faire front commun pour atteindre le couvert des bâtiments les plus proches, il se moqua bien finalement qu’ils soient de sa classe, de sa faction, ou de la petite coalition avec laquelle il était arrivé sur place. Il les rejoignit, en cueillant au passage sur un cadavre une seconde épée, brisée en revanche, et débarqua parmi eux comme un feu follet surgit d'un dolmen, en essuyant du dos de la main le sang qui coulait de son arcade. Il n'avait pas encore eu le temps de rattacher ses cheveux, mais ils le gênaient moins qu'il n'aurait cru.

« Quelqu’un sait se servir de ça ? » jeta-t-il d’une voix qu’il voulait claire et joyeuse, en tendant à la cantonade l’arme en bon état. Il n'y avait aucun héroïsme absurde dans cette offre ; simplement, il serait plus à l’aise avec l’arme brisée. Plus légère, plus proche des dagues qu’il pratiquait au Cloak&Dagger dans l’exercice dit « de mêlée. »

De tels êtres étaient venus, jadis, mais aujourd'hui, il était là pour les recevoir dignement, et leur accorder une valse dont ils se souviendraient.
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Perle
 
Messages: 312
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes
Catalyseur: Mes lunettes
Pouvoir: Baisers empoisonnés
Âge: 25 ans
Statut: Héritier, étudiant



Messagepar Lamiane Black » 11 Mai 2017, 15:45

Le dos cambré, les reins bougeant en rythme, le fessier calé contre un bassin. Les odeurs lourdes qui font autant tourner la tête que l’alcool et la drogue.
Ses muscles tremblaient, étaient douloureux. Des brûlures qui arrivent par spasmes, la font grimacer. Mais cela n’avait pas d’importance.
Parce que la nuit n’était pas terminée.

Lamiane se détache, s’approche d’un nouvel inconnu, danse brièvement avec lui pour partir de nouveau. Donne sa bouteille encore intacte à quelqu’un, en prend une autre pour vider le reste. Elle se perd dans cette marée noire de monde, ou tous les visages semblent être identiques, ou tous les corps semblaient quémander la même chose.
Petite tache de couleur alors qu’elle reconnaît soudain un visage, un homme qui s’approche.
Elle bat des cils, sourit en le voyant. La surprise était grande. Elle imaginait mal Talion dans ce genre de soirée, mais elle fut étrangement heureuse de le voir ici.

Le rapace s’approche, esquive les corps, repousse de coups de coude les personnes trop collantes, se retrouve dans ses bras. Une main glisse à sa taille, une bouche fut offerte.
Un baiser.
Un baisé moins violent que les autres, presque une douceur hésitante. Les yeux se ferment brièvement, les lèvres happent en douceur.
Reculer son visage. Mettre un terme à cet échange qui ne devait pas avoir lieu. Mais ici. Ici tout était permis.
La joie de l’Onyx.

Un clin d’œil, un petit rire. Elle se cale contre lui, le guide. Prends les mains de cet homme, son adversaire tentateur. Les poses sur ses hanches, lui montrent le balancement. Son ventre nu ondule, se tend. Ses cuisses à découvert roulent sous le peu de lumière qui traverse la foule.
Elle rit joyeusement, rejette ses cheveux sombres sur un épaule.

Parce qu’elle lui apprend. Regarde. Il y a autre chose que l’Améthyste. Il y a aussi tout cela. La joie sauvage. Le plaisir. D’être libre d’être ce que l’on veut. De prendre ce que l’on désire.
Un dernière caresse, une main sur une joue.
Puis elle se fait de nouveau happer par la bête goulue.

Une violente crispation la fait courber en avant alors que des pulsations se font ressentir. Aussitôt, sa poitrine se fait lourde, le souffle haletant. Ses genoux s’affaiblissent, ses yeux se perdent.
Autour d’elle, une marée de corps enchevêtrés.
Des gémissements, des hurlements. Tous au même moment. Tel une bête agonisante qui hurlait vers le ciel sa détresse.
Une femme au milieu de tout cela, au milieu de corps mâle qui la prenait sans réserve. Elle brillait, tel l’argent le plus pur.

Une étoile en train de se faire manger.

Se dégager. Ne pas tomber dans ce piège sordide. Ne pas céder à ses plus bas instincts qui grondaient dans son ventre. Qui réchauffait son intimidé, qui pulsait brutalement.
La colère la gagne alors qu’enfin, elle fuit cette sensation. Elle se dégage, donne de violents coups à ceux qui osent s’approcher. Il fallait quitter cet amas gluant. Elle ne pouvait pas se plonger ainsi dans la débauche toute Ambre. Elle était une Black.
Elle montre les dents, griffes et mords. Un coup de genou partit dans l’entre-jambe d’un homme, un coup-de-poing dans le visage d’une femme.
Lamiane ignore la douleur de ses muscles, du sang maculant sa peau qui craquait aux jointures. Qui goutte le long de ses doigts.

Perdre le contrôle était une chose totalement répugnante. Qu’on essait de la contrôler.
Des barreaux pour empêcher l’oiseau de sortir.
Mais le vent ne peut être retenu.

Tel le sable, il glisse entre vos doigts. Vous pouvez toujours essayer de l’attraper, il vous échappe sans cesse.
Le vent se lève. Aussi soudainement qu’il avait dévoilé les étoiles. Rapidement, cela s’élève. Siffle. Gifle les danseurs et les ivrognes.
La poitrine se soulève vite. Le vent se met à rugir.

Le noir arrive.

Les nuages s’installent, glissent dans le ciel. Lourds et lents. Chargés d’Orage. Rapidement, le ciel fut caché, et l’ambiance toute joyeuse et insouciante disparut.
L’Ombre envahit la fête, la colère et la violence parcourut la peuplade.
Un avertissement, une nausée subite qui la fit ployer.

Puis le bruit du métal, de la chair qui se rompt. Des hurlements, des cris. La continuité des précédents sons de la soirée. Presque semblables. Mais qui ne désignait pas la même chose.

La Vierge de Fer s’était éloignée, au fond là ou il n’y avait personne. Parce que sa colère était une émotion qu’elle ne pouvait contenir. Parce que son propre pouvoir n’était pas malléable.
Campé dans le sol, les jambes droites, le menton haut, elle observait.

Ils étaient tous là. Les prédateurs. À fendre les gens de leurs armes, à rugir comme des possédées. Il tue, broie sous leurs poignes, décime des vies en riant. Des jappements de Hyènes.
Et Lamiane qui ne bouge pas.

Non loin, un homme aux yeux rougeoyant, une allure de bad-boy. Un échange de regard de ses yeux venus de l’enfer; des hommes qui passent devant elle et l’ignore.
Parce que le vent tourne autour d’elle, fait tambouriner ses cheveux dans son dos, assombrit son regard aussi noir que la Faction.
Parce qu’elle a un faible sourire aux lèvres.

Elle observe, analyse. Sent le frisson lui parcourir les reins, son cœur palpiter. Puis elle se rend compte. De ce qu’elle fait. Du plaisir qu’elle avait en voyant tout cela. L’attrait qui pesait sur son esprit

Les ailes s’étendent batte l’air. Le vent la pousse à droite et à gauche, fait chuter. Veut jouer avec ce petit rapace qui ose partir.
Prendre un courant ascendant. S’élever. Plus haut, toujours plus haut.

Un regard rapide vers le sol, voir Arès face à un homme gigantesque. Une petite pensée pour les personnes qu’elle ne désire par voir mourir.
Puis son regard doré se pose sur la tour, sur cette femme au loin qui observe en silence. Sur ce destin qui épie les actes de son règne.

Vouloir s’élever et rejoindre cette balustrade pour se poser à ses côtés. Et apprendre. De cette femme fascinante. Regarder dans une même direction.
Mais repartir d’où elle venait, fixer l’horizon et sa teinte violette.
Parce que la nuit était finie et que le soleil, bientôt, inondera de ses rayons les déluges de la soirée quand la pluie aurait tout balayé.
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Amethyste
 
Messages: 349
L'Ascendance: Je règne parmi les Princes
Pouvoir: L'Orage gronde / animagus rapace
Âge: 21 ans.
Statut: Héritière de l'Améthyste/Onyx



Messagepar Harkendël » 11 Mai 2017, 15:55

Passion. Tout n’était que plaisir. Un plaisir ardent qui vous rongeait de l’intérieur.
Déjà, plusieurs heures que le feu brûlait. Que son corps se consumait au grès des envies. Passait de bras en bras. De sexe en sexe.

Elle était souillée. C’était sale, la crasse collait à la peau. Des marques grises sur son épiderme, les perles salés de la sueur qui tracent des sillons, les cheveux qui balayent les corps, fouettent et les des traces rougeâtres.
Cela goutte, glisse le long de ses cuisses. S’écrase sur le sol, se colle à des membres.
Cela pue au-delà de ce que l’on pouvait imaginer.

C’était immonde et c’était si beau.

Ils n’étaient plus qu’un. Un corps. Un râle. Un gémissement. Des échos tout autour, des répercussions. Des voix multiples, mais qui venait d’un même endroit.
Parce qu’ils sont tous sous le pouvoir de l’envie, sous la tentation de l’Ambre.

Harkendël embrasse goulûment, attrape des langues, échange sa salive. Elle griffe les épaules, laisse le sang affluer et couler sur ses doigts. Elle mord des lèvres, prêtes à éclater tel des fruits trop mûrs. Elle se laisse prendre par des inconnues, laisse les membres virils se frotter contre elle.
Sa bouche est perpétuellement occupée, donne la jouissance, lèche avec avidité. Elle sent que cela pulse, palpite en elle, alors que les hommes se libèrent en elle, lui offre leurs essences.
Elle a mal aux joues dans ses mouvements, les dents s’entrechoquent et résonnent dans son crâne, ses intimés brûlent d’être autant attaqués, ses muscles sont perclus de crampes à se retenir à des corps qui l’assaillent.

Un sacrifice offert à la bête qui se jette voracement sur son tribut.

Un cadeau empoisonné. Elle marque les esprits, imprime sur leurs âmes une marque au fer rouge. Ils ne pourront pas oublier. Jamais.
Car toujours, ils repenseront à cette nuit. A tous ses délices. A quel point ils se sont lâchés. Et ils auront honte. Honte de s’être ainsi donné. D’être devenue plus bête qu’homme.
Parce qu’ils se rendront compte, que derrière leurs belles façades, leurs masques si bien entretenus, se cache un monstre au fond d’eux. Qui se rassasie de tout cela. Qui quémande.
Et ils regretteront que tout soit lointain. Que la nuit n’ait pas duré plus longtemps. Ils se caresseront dans leurs lits en repensant à ce moment fabuleux ou plus rien n’avait d’importance hormis l’envie de sexe.
Ils seront rongés de l’intérieur, par un manque qu’ils ne pourront plus combler. Ils chercheront en vain les vices les plus cachés pour retrouver, juste un instant, ce moment de grâce.

Tel était le pouvoir de l’Ambre.

Une laisse autour de son coup, un rire ravi. Aussitôt, elle se retrouva face à un grand roux. Elle l’embrasse. Avec ferveur. Animalité. Elle fait rouler sa langue, écrase ses lèvres contre les siennes. Échange leurs souffles. Avale sa chaleur.
Elle s’enroule autour de lui, bloque ses hanches de ses cuisses, s’empale avec délice sur son sexe.
La robe se déchire en un bruissement presque imperceptible, dévoile sa peau parcourue de rainures, de lignes qui dévalent le long de ses courbes et qui pulse doucement dans le soir.
La luciole brille, toujours plus fort. Parce qu’elle est alimentée par le feu.
Par cette personne qui se libère dans ses bras. Qui pousse des râles de plaisir. Qui semble profiter du moment comme si il était libérateur.
Parce qu’en lui il y a une cage qu’elle perçoit. C’était instable. Explosif. Mais cela n’avait pas d’importance.

Parce qu’elle était généreuse. Que tous avaient le droit. De goûter à l’extase.

L’esprit est embrumé. L’alcool, les sensations, sa magie qui se libère tel des tentacules sombres. Cela la vide, l’épuise. Elle voit des avenirs et des passés, des bulles de couleurs et de souvenirs. Parfois, elle donne une réponse à une question informulée. Jette des brides de songes, les dispersent aux grès des esprits.
Parce qu’elle a besoin d’énergie pour offrir. Parce qu’elle se vide lentement sa propre vie tant elle mange et distribue.

Elle quitte les bras. Touche enfin le sol, titubante. Elle ne perçoit pas de suite. Dans ce mélange exotique. La terreur. Autre de voir son avenir. De voir une potentielle mort. L’angoisse, de savoir que sa boîte allée fermé, que les notes ne suffiront pas à passer l’année.
Elle sentit la douleur. De la chair qui se rompt, de la personne qui ne devient qu’un tas de chair ramollis sur le sol.

Elle se convulse, sentir sa tête bouillir. Elle hurle, tombe à genoux. Elle n’était pas prête. Pas à subir tout cela. A couper le cordon. Elle ne savait pas. N’avait pas encore finis son apprentissage.
Alors elle hurle. Sa voix s’élève, déchire le soudain silence qui s’était installé. La foule reste pantoise et se pétrifie en sentant soudain les pulsations s’arrêter.

L’étoile est tombée.

Les griffes lui lacèrent le cuir chevelu alors qu’elle se tire les cheveux et pleure de douleur. Qu’elle frappe le sol de ses poings, roule dans la salissure.
Autour d’elle, la Mort. Les lames découpent, fendent. Brisent les os. Détruise tout sur leurs passages.
La foule se met à crier , pousse un avertissement.
La Panique.

Ça court de partout, piétine, se bouscule. Elle se fait marcher dessus. Celle qui a donné reçoit en remerciement des pieds qui écrasent son corps, l’enfonce dans le sol, la laisse meurtris. On ne fait plus attention à cette femme à moitié nue, puant l’alcool et le sperme, avachis sur le sol.
Un détritus comme un autre.

Une lame la blesse alors qu’elle essais de se relever. Cela gicle, tache sa peau laiteuse de rouge. Des rires fusent tout autour.
Un son qui la fait frissonner.

Son propre sang s’écoule. La douleur lui arrache un cri qui fait trembler ses cordes vocales. La plaie béante sur son ventre était une marque qu’elle cache, retient de ses mains crispaient.
Puis elle se met à courir.
A trébuché sur les corps, à fuir cette horreur.

Elle dévale la terre battu, trouve rapidement des pavés. Glisse sur la pierre, sent des gouttes de pluie s’écrase sur son visage collé au sol. À ses longs cheveux qui glissent sur le sol tel des algues. Ce maquillage noir qui coule le long de ses joues.
S’érafler les genoux et repartir. Courir. Sans s’arrêter.

Elle halète, sent son corps au bord de la rupture. Mais elle devait retrouver sa cachette et se terrer au fond de son trou.
Parce que la Ville lâche ses gouttes glacées qui martèlent les crânes. Qui lavent le sol. Mais qui n’effaceront jamais cette nuit.
Tous se souviendront de cet anniversaire.

Le maître de cérémonie avait réussi sa soirée.
Image
Avatar de l’utilisateur
Maison Ambre
 
Messages: 249
L'Ascendance: Je suis la Proie des ruelles
Catalyseur: Aucun
Pouvoir: Arpenteuse
Âge: 25 ans.
Statut: Ancienne catin prestigieuse. En fuite désormais.



Messagepar Ourcän de Wilenos » 11 Mai 2017, 16:05

Le vent souffle, soulève la toile longue et fine de son dos. Flotte derrière lui tel un étendard noir. des filaments qui se balances, des cheveux qui se colle à son dos.
Déjà, les nuages étaient là, annonciateur. De la barbarie de l’Onyx. Du jeu de cette Ville capricieuse.
Il observe, en silence.

Le grésillement de sa cigarette, la fumée qui part d’un courant d’air.
Deux yeux jaunes qui luisent.
Voilà tout signe de sa présence.
Lui qui devait regarder.

Le regard se fixe sur le spectacle en bas. Assis sur les tuiles d’un toit, il observe l’armée en marche. De ses lourdes capes qui claquent aux pieds des bottes. De ses masques qui terrifieront les personnes présentes. Qui hanterons leurs cauchemars pendant longtemps.
Des silhouettes sombres, larges. Qui avalent la lumière. Annonce de terribles prophéties.

Ils marchent avec une assurance presque hautaine. Avec une nonchalance de ceux qui n’ont pas peur.
D’utiliser ses longues lames effilées. De s’avancer dans la foule pour pourfendre, découper.
Et voilà les hurlements.

La mélodie s’élève, tourne autour de lui. Il tend l’oreille, se fait attentif. Il clôt les paupières, retient chaques notes. Balance sa tête de droite à gauche. Joue avec le bout d’une mèche qui caressa son visage.
Ses longs doigts pianotent. Tambourinent le cuir de son pantalon.

Parce que toutes les chansons doivent être apprises.

Le visage anguleux se baisse. Un charnier. Voilà ce que devenait cette superbe soirée.
Il aurait bien participé, mais il n’était pas fait pour ses bains de foule. Et surtout, il ne souhaitait pas spécialement se retrouver dans l’amas de chair qui se fait trancher.
Parce qu’il était au courant.
Il doit observer.

Là en bas. Un amas de corps qui se fait moissonner. Hébéter, ils ne réagirent pas de suite. Alors qu’une femme, se met à s’éteindre tel un feu douché par l’eau. Une ampoule qui éclate. Une bougie mouchée.
Un petit rire le secoue.
Du bétail.

Des proies faciles.

Il salive. S’accroupit soudainement, se mets au bord du toit. Se penche avant, ses cheveux pendent dans le vide.
Il se retient. De ses mains multiples. De se jeter. Là, juste en bas. De faire juste un pas. Pour en prendre un.
Un dans tout ce lot, on ne verrait pas de différences.

Voler sa pitance, prendre un morceau du banquet qui ne lui appartenait pas.

Mais il se retient de justesse. Serre la mâchoire.
Et il regarde.

Il observe une jeune femme en contrebas. Sens l’odeur de son corps. Vois sa mâchoire s’activer. Prendre ce qu’il désirait. Bouffer des cadavres comme si elle pouvait se servir.
Il la jalouse.
Puis se rend compte subitement qu’ils se ressemblaient sur ce sujet.

L’Araignée plisse ses yeux jaunes, observe le visage émacié, la blondeur passée. Un autre. Comme lui. Qui chassait.
Un grondement roule dans sa gorge, il frappe du poing les tuiles qui tombent et s’éclatent en contre-bas.
Il recule, se met dans l’ombre. Il mord sa lèvre inférieure pour contenir sa frustration.

Des boyaux, des viscères. Des organes qui glissent sur le sol en un chuintement humide. De la cervelle, de la matière grise qui parsèment le sol devenue boue.
Une odeur âcre qui emplit ses sinus, qu’il hume avec plaisir.

Il enregistre tout. L’Héritière dans un coin qui prend son envol. Regarde le battement de ses ailes qui pourfend comme ils pouvaient le ciel. Prend garde à ce que personne ne s’en prend à elle. Murmure des imprécations, une litanie qui résonne autour de lui. Avertis. Punis ceux qui osaient.
Parce que les ordres étaient clairs.
Une moue dépitée.
Le Monstre n’aimait pas les piafs.

Trop de plumes. Et peut de chair.

Il tire un autre coup sur sa cigarette. Puis la lance dans le vide. Se mets debout, ignore la pluie qui martèle son long manteau. Glisse sur son visage émacié. Parce qu’en face, il était là.
Le Loup.

Celui à la hache. Celui qui retire son masque impunément, dévoile les traits taillés à la serpe. Salue et rit. Parle avec son accent aux « R » prononcé. Les yeux jaunes se posent sur la nuque. S’intensifient.
Parce qu’il avait un projet pour ce grand gaillard. Qui n’allait pas plaire au concerné.

Mais il attend. Et observe. Parce que la Dragonne voulait tout savoir. Parce qu’il était ses yeux. Parce qu’il avait reçu des ordres.
L’Ombre du Dragon quittait rarement les pas du maître espion.
Il ferait son rapport. Comme toujours.

Donnerait au gamin crasseux une récompense. Une lame pour se défendre, de quoi survivre dans les ruelles. A cet enfant à la crinière ébouriffé et au collier représentant un dragon noir. Qui semble toujours chaud, comme animé d’une vie propre.

Il irait voir sa Reine et lui raconterait tout.
Parce que le Dragon ne dort Jamais.
Avatar de l’utilisateur
Maison Onyx
 
Messages: 650
L'Ascendance: Je suis Natif de la Ville
Catalyseur: Boucles d'oreilles en forme de croissant de lune
Pouvoir: Chuchoteur / Magie ténébreuse
Âge: 32 ans.
Statut: Maître espion, expert en poison.



Messagepar Arès Vasilios » 12 Mai 2017, 12:36

La haine aurait du s'éteindre. Partir dans ces flammes infernales qui crépitent au beau milieu de l'assemblée. Tel le flambeau de la liberté de toutes ces factions esseulées. La rage aurait du se ternir, au contact de ces milles et unes couleurs, ces groupes qui ce soir dansaient à l'unisson. Tout ces corps, enchaînés au rythme d'une musique tribale, barbare. Leurs esprits réunis dans cette harmonie si parfaite et pourtant, tout les opposent. De ces querelles bien anciennes, qui avec le temps continue à se fragmenter dans l'esprit de ces héritiers. Qui subsiste dans cette Ville, pourtant magnifique, mais si décadente. Capable de corrompre les esprits les plus purs. Comme celui de sa soeur. Qui autrefois éthérée, n'est plus ce qu'elle était aujourd'hui. Il ne savais ce qui pouvait sommeiller en elle, mais il savais, qu'elle n'était plus la jeune fille innocente avec qui il avait grandis. Ils avaient été maudits, depuis le début. Et aujourd'hui encore, dans cette Ville sans nom. Peut-être dans un autre plan, une autre dimension, un autre monde, il ne savais. Mais elle était comme eux, maudite.

Maudite par ces jeux de pouvoirs, ces lignées qui dans l'ombre complotait les unes contre les autres. Aucune neutralité qu'ils disaient. L'Onyx au départ, avait été son refuge, une façon pour lui de se sentir de nouveau vivant, de survivre tant bien que mal. Car la violence avait été son asile, son abris pour lutter contre le passé. Il y avait rencontré de nombreuses personnes qui avait su voir quelques choses d'autres en lui. Pas seulement cet enfant turbulent qui n'avait jamais cesser de provoquer le danger et de lui rire au nez. Mais un homme, avec un coeur tendre qui battait sous sa poitrine, derrière ces barrières de flammes qu'il avait érigé. Pour ne plus avoir à souffrir de nouveau. Mais il savais qu'au fond, la tendresse n'avait pas sa place ici. Et ce qu'il était réellement aussi.

Et malgré tout ça, il se sentais chez lui. Une nouvelle maison, un nouveau foyer, chaleureux. Slalomant entre un groupe de personnes, son regard se posa au loin, au-delà de cette foule. Sur deux jeunes tourtereaux, qui assis près de marches d'obsidiennes, s'embrassaient avec fougue. Il se demandait alors, ce qu'aurait pu donner sa vie s'il n'avait jamais été séparé de sa soeur. Auraient-ils été comme ça ? Insouciant de ce qui pouvait les entourés, à se caresser, mélanger leurs souffles sans que personne ne viennent leurs dirent quoi que ce soit ? Il s'imaginait à leurs places. Lui, glissant sa main dans ses longs cheveux blonds. Elle, le sourire aux lèvres, riant à ses blagues douteuses et caressant tendrement sa mâchoire mal rasée. Rien que cette simple idée fit naître un sourire sur ses lèvres. Douloureux et beau à la fois. Il resta là un bon moment, à contempler ces deux amants. Qui eux, n'étaient pas maudits. Qui pouvait s'aimer librement, au dessus de toute contraintes. Sans craindre qui que ce soit.

Mais il savais, mieux que n'importe qui. Que l'amour, n'avait pas sa place en Onyx. Et que tout ce qui pouvait s'y rapporter... N'étais rien. Hormis une lame, qui se glisse dans une jugulaire. Et bientôt, la foule se mit à hurler. Les gens se mirent à courir dans toutes les directions, paniqués. Alors que des hommes sans visages arrivaient, tel un tsunami, déferlant de leurs armes aiguisés sur la foule. Poignardant, déchiquetant, tout ce qui était à portée. Ce n'était pas un combat, c'était un massacre. Et même les plus braves y passèrent, même là bas. Ce couple, dont l'amante fut tuée. Il ne bougea pas. Spectateur de son propre massacre. Comme s'il était le véritable investigateur de cette attaque. Son amant, vit sous ses yeux celle qu'il aimait se faire tuer. Sans états d'âmes. Sans pitié.

Car la Ville avait beau offrir de nombreuses choses, elle reprenait tout. Jusqu'à la dernière goutte de sang. Au final, tout ceux qui en franchissait les Seuils, étaient maudits. Et ce jusqu'à ce que la Ville décide de reprendre tout ce qu'elle avait donné. Il entendait les cris, les appels aux secours. Mais il ne bougeait pas. Tétanisé par ce spectacle poignant qui se déroulait sous ses yeux. Ce ravage barbare. Cette tuerie sans nom. Aussi froide que les lames de ces assassins. Et au delà de tout ça, dans cette tour fortifié. L'oeil du Dragon était là. Il avait beau être ici depuis de nombreuses années maintenant, à semer la zizanie sur son passage, à tenter d'oublier son passé chaotique. Il savais. Que le Dragon... Ne dors jamais. Et même lorsqu'il se terre, il continue d'observer, de se préparer. Pour engloutir tous les êtres sur son passage, de ces flammes incandescentes.

Et puis, après les cris. Le silence. Une marée de cadavres sous ses yeux et bientôt, le sang ruisselant sur le sol, coulant jusqu'à ses bottes de cuirs. Il baissa le regard un instant, laissant tomber sa bière au sol. Le verre allant s'éclater en milles morceaux contre le sol. Il se tourne, observe la ronde qui s'est formée autour de lui et de cet homme là. Dont la voix lui semble familière sous ce masque d'acier. Il le retire et il y découvre ce visage familier. Tskar. Il voit cette arme qu'il arbore fièrement, cette hache, teintée du sang des innocents. Un sourire flotte sur ses lèvres, heureux de revoir ce visage familier. Mais l'esprit n'y est pas. L'accolade qui lui fait, il lui répond sans entrain. Mollement. Car son esprit est ailleurs. Tourné vers ce malheureux couple qui désormais n'est plus.

- Tskar...

Plus un souffle exténué que de paroles. Un air blasé sur le visage, qui se décompose alors qu'il vois, cette pauvre fille, qui se débat entre deux tueurs aux poignes féroces. Le visage tuméfié, qui parvint à peine à marcher et qui finalement se retrouve projeté au sol, près d'eux deux. Il vois cette hache qui se tend vers lui, ce sourire amicale qui flotte sur les lèvres de son ami. Puis il se tourne, vers la Matriarche. La maîtresse qui orchestre ces lieux d'une main de fer. Et il se rend compte, qu'inconsciemment, il avait guidé tous ces gens à leurs morts. Vers un destin fatal, qui ce soir, s'est terminé dans un bain de sang. Est-ce sa volonté, ou bien celle de cette femme là haut, qui l'a guidé à faire ceci ? Il ne sais pas. A vrai dire, ces pensées sont embrouillées. Elle se compose, se décompose, se mélange, se sépare. Partagé entre ses deux parts qui sommeille en lui. Le monstre de flammes, ou bien la bête ronronnante ?

Que désirait-il réellement ? Il savais ce qu'était l'Onyx, il l'avais toujours su, mais c'était à cet instant qu'il s'en rendait le plus compte. Voulait-il être un soldat pour la cause de l'Onyx ? Un mercenaire sans foi, ni loi, qui ne devait rendre de compte à personne si ce n'était que sa faction. Ou bien ce gamin là ? Qui avait toujours rêvé de liberté et épris d'un amour si grand et si pur pour sa soeur qu'il serait prêt à mourir pour elle ?

Que désire-tu ?

Cette voix résonnait en lui, lointaine. Alors qu'il sentais cette brise, ce vent du sud venir parcourir ses mèches sombres, s'imaginant face à lui, cette horizon bleuté, dans lequel le soleil se reflétait. Et à perte de vue, jusqu'à l'infinie même, cette mer, turquoise, sans impureté. Et à ses côtés, cette femme, grande et blonde, qui venait chuchoter près de son oreille.

Que désire-tu vraiment ?

Il releva son regard, attrapant la hache entre ses mains, qui finalement, retomba mollement au sol dans un bruit sourd. Son regard d'azur se releva, ses pupilles se posant sur son ami.

- Je prend la fille avec moi.

Il se pencha, près d'elle, venant l'attraper entre ses bras, puis il se tourna, sans un mot. Poussant de l'épaule ces tueurs aux masques d'aciers. S'engouffrant bientôt dans les ruelles obscures de l'Onyx. Une seule et même voix résonnant dans sa tête.

Est-tu vraiment... Comme eux ?
Avatar de l’utilisateur
Maison Onyx
 
Messages: 889
L'Ascendance: Je suis Natif de la Ville
Catalyseur: Un briquet zippo Jack Daniels.
Pouvoir: Élémentaire Du Feu/Animagus Panthère Noire
Âge: 30 ans.
Statut: Capitaine de la Garde de la Dragonne.



Messagepar Ourcän de Wilenos » 16 Mai 2017, 12:12

Arès se dresse face au géant. Lui qui était resté figé fasse au massacre. Qui ne semblait pas comprendre ce qui se passait alors que ses yeux étaient resté sur un jeune couple.
Et le voilà qui tenait tête à cette brute épaisse deux fois comme lui.
Il donne l’accolade, fait un semblant de sourire.
Mais il n’y avait aucune joie.

L’Araignée se lève, marche sur les tuiles en faisant attention. En calculant chaque pas. Pourtant, son regard reste fixé là-bas. Sur ce qui l’intéressait.
Il ignore la pluie qui rend le chemin dangereux. Qui colle ses cheveux à son crâne.
Parce qu’il devait observer.

Ne fais pas le con minou.

Parce qu’il ne veut pas voir cet ami mercenaire se faire découper en deux. Parce qu’il ne réagirait pas. N’essayerait pas de sauver ce partenaire. Pare qu’ils étaient en Onyx.
Parce qu’ici, c’est chacun pour soi.

Il était arrivé au bout du toit. Il ne pouvait pas s’approcher. Pas encore. Il n’était pas l’heure.
Le garçon prend la hache, la jette sur le sol. Grandes éclaboussures de rouge et de boue qui giclent sur les jambes de Tskar.
Geste de défis. De renonciation.

Une moue qui déforme les lèvres noires.
Il saute. Balance son pied au-dessus du vide. Donne un petit élan. Et il atterrit sur la pointe des pieds en contrebas, s’enfonce dans la boue.
Léger bruit qui n’avertit pas les autres. Parce que le vent fait claquer les longs manteaux. Parce que tous se concentrent sur le spectacle devant leurs yeux. Sur ce leader qui salue un compagnon d’armes.
Il s’avance. Lentement. Sans se presser. D’un pas assuré.

Il tourne la tête, voit Rage. Un sourire goguenard envers l’homme qui n’appréciait pas forcément. Envers cet homme aux prunelles flamboyantes qui ne lui ressemblait pas.
Celui-ci fait la moue, plisse ses yeux.
Pourtant, il ne dit rien.

Car si Ourcän était là, c’était pour quelque chose. Pour quelqu’un.
Parce que la Reine avait donné ses ordres.


Arès prend la femme dans ses bras. Masse de chair boursouflée qui se laisse aller entre les bras musclés.
Puis il part, laisse derrière les restes de la fête.
Le grand Loup le regarde partir, semble entre deux actions.

Alors L’araignée s’avance. Repousse un pan de son manteau de cuir. Dégaine une lame parfaitement effilée.
Un cadeau qu’il garde toujours sur lui. Judex avait un certain talent.

Il s’approche d’un air décontracté. On ne le regarde pas, l’ignore. Le Monstre se glisse dans le dos du guerrier. Sent le froid polaire qu’il lui colle à la peau.
La lame s’enfonce dans les reins. Tanche les tissus. Coulisse sans un bruit dans la chair. Évite soigneusement les os. S’insinue avec langueur et précision.
Puis elle remonte, déchire, découpe.
Parce que la lame est particulière. La magie noire avait le don pour donner des armes faîtes pour tuer. Pour faire souffrir. De quoi faire une arme qui traverse toutes les matières.

Des mains se glissent sur le corps formidable. Des araignées grises qui parcourent le corps, semblent le grignoter. Retienne le poids qui s’est figé pour le maintenir droit. Un léger bruit qui émane de la bouche du Grand.
Mais il était déjà trop tard.
Parce que les Ombres sont venus.
Parce qu’il a observé.

Parce que la Bête va le dévorer.

Il touche la peau sous le tissu, sourit à ce contact. Il se penche, s’approche de l’oreille.
Il murmure. Maudit. Ancre à son âme des marques qu’il ne pourra retirer. Nul repos pour le Loup. Même l’Après ne voudra pas de lui. Jamais de repos pour celui qui à une tête mise à prix.
C’était chaud, presque tendre. Alors que l’Araignée susurre des paroles d’amour infâme aux oreilles de cet homme qui peu à peu s’affaisse.
Une étreinte d’amants qui n’ont jamais existé.

Éclat dorée qui émane des bijoux à ses oreilles.

- La Reine ordonne et j’obéis.

Un sourire dans cette voie. Il recule, relâche le maintient. Le corps glisse, s’effondre. Ce géant à la force magistral tombe. S’écrase au sol. S’enfonce dans la boue sale.
La bouche s’ouvre et se ferme, cherche l’air. Alors que le sang s’écoule rapidement en rigoles. Que le poison paralysant et nocif fait son travail.

Parce qu’il a analysé. Observé. Et agit.


Parce qu’il a offert un présent au retour de la Reine. Il regarde cette haute tour, fait une grande courbette une main sur le cœur, un grand sourire aux lèvres.
Puis demande à des hommes prendre le presque cadavre et de l’emporter.
Un dernier souffle misérable pour celui qui fut autrefois magnifique.
Une tombe qui n’existera pas pour celui qui, de prédateur, devient la proie.


La fête était terminée.
Car le Dragon est de retour.
Avatar de l’utilisateur
Maison Onyx
 
Messages: 650
L'Ascendance: Je suis Natif de la Ville
Catalyseur: Boucles d'oreilles en forme de croissant de lune
Pouvoir: Chuchoteur / Magie ténébreuse
Âge: 32 ans.
Statut: Maître espion, expert en poison.



Retourner vers Bring me the fire baby