[Intrigue] Fleurs d'épines, fleurs de rose.


/!\ Sexe & Violence. Putes mais insoumises. Lorsque les Neuf Maisons Closes se regroupent pour défendre leurs droits. Une armée de dentelles, de velours et de peaux dénudées. Mais à Magicopolis, peut on vraiment espérer échapper à la main mise du Conseil des Neuf ?


Messagepar Le Conseil des Neuf » 07 Juil 2016, 17:28

[Ouverte et obligatoire pour les joyeux travailleurs des Maisons Closes ; si vous avez des questions, utilisez le flood général du fofo ;) Bon jeu les petits chats]

Au Crépuscule elles sont parties. Leurs grâces provocantes voilées mystérieuses capes colorées. En groupe et en silence, porteuses de petits lampions mélancoliques, elles se sont enfoncées à travers les avenues de la Ville Noire.

Une étrange procession de visages encapuchonnés. Quelque chose de spectral, que les habitants, les passants, regardaient passer sans oser intervenir. Les putes sont de sorties...Elles s'en vont... On se demandait, on s'interrogeait. Et le flot de mille parfums, de centaines de velours continuait à grossir et à s'éloigner des nids d'amours des Maisons Closes, pour une fois déserts.

Les grandes artères laissèrent places à des ruelles tortueuses, le pavé au gravier des sentiers, et bientôt les Neuf Quartiers, furent remplacés par la Pénombre épineuse de la Vieille Forêt. Une à une on les vit disparaître, entre ces troncs si anciens, si torsadés, que l'on disait qu'ils étaient déjà vieux bien avant que les Elfes ne quittent cette réalité pour les brumes de l'Avalon.

De la brume d'ailleurs, il en flottait de l'humus, en volutes langoureuses et serpentines, s'enroulant puis se dévidant autour des chevilles des jeunes filles et des jeunes hommes de passage. De rares lumignons suspendus aux hautes branches, éclairaient comme des feux follets, les labyrinthes du bois magique.

Nul ne parlait. Nul demandait. Voilà des semaines que le mot, dans le plus grand secret de cette confrérie de vendeurs et de vendeuses de joie, avait circulé. Une réunion. Un conclave. Une assemblé. Quelque chose de mystérieux et de hors la loi. Qui échappait à la main mise tyrannique des vieilles familles sorcières empêtrées dans leurs guerres ridicules.

Les buissons buvaient les sons. Les branches s'écartaient puis se refermaient comme autant de portes complices. Neuf Lunes éclairaient le ciel. Les étoiles visibles d'entre les griffes du sous bois, n'étaient que de pâles de reflets de ces yeux ardent que l'on pouvait apercevoir sous les capuches.

Au centre de la Vieille Forêt, s'élevait une étrange montagne de fleurs multicolores. Où plutôt une Ruine. Celle d'un antique palais aux marbres usés, dont les porches effondrés, les colonnes branlantes, avaient été recolonisés par la Nature.

Des parfums dans l'air. Vieux, et piquants, un peu tournés, comme si l'endroit à la respiration nocturne de fleurs et de pierres humides, conservait le souvenir de ses anciennes réjouissances. Là aussi l'endroit était souligné de lumignons palpitant, de papillons aux tons pastels, volant en essaims féeriques.

Cet endroit n'était pas anodin. Sa légende était un secret de putains. Il se disait qu'il avait été élevé là, voilà bien des années par la plus belle, la plus puissante des courtisanes. Urielle était son nom. La Dame de miel & de venin son titre. Au creux de cette forêt elle s'était prise à rêver à un autre pouvoir. Langoureux et féminin, libre et sensuel.

Le récit de sa chûte, était celui de Londres. Envol et apothéose, et puis la lame d'un poignard aux ordres du Conseil. Du sang de cette Reine qui avant d'être pute, voulait être femme, était née une variété particulière de Roses. Surnommées les vipérines, pour leurs épines mortelles aux allures de crocs de serpents, et pour ces murmures, lugubres sifflements, qui s'élevaient la nuit, de leurs pétales frottés par la brise.

Urielle n'est plus. Mais son rêve, comme ce palais enfoui sous les couleurs végétales, est demeuré dans les cœurs. Celui d'une Révolution de Jasmins, menée par celles Dames de Piques et Reines de Coeurs, qui font et défont les gloires de cette Ville Morne.

Comme dans ces représentations légendaires de Bacchanales païennes, un immense bûcher brûlait à l'entrée des ruines. Sa lumières était vive et folle, ses flammes hautes, des silhouettes féminines cherchant à toucher les étoiles.

Là attendaient les Neufs Reines et Rois des bordels, véritables maîtres d'une Ville guidée par le stupre. Se dévêtir devant eux, se débarrasser de ces lugubres capes de deuils, pour révéler les excès outranciers de tenues splendides. Et accepter de se faire couper une mèche de cheveux, pour la jeter aux braises.

Une façon de rendre hommage, à toutes ces putains, frères et sœurs, tombés par mégarde, violés, blessés, lors de ces ignobles guerres du Conseil des Neuf. De se rappeler, de se souvenir, de jurer sur les flammes, loyauté et fidélité, à la seule faction comptant vraiment. La seule n'étant ni guerrière ni politique.

Cette famille de putes.
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Messagepar Erika Vartanen » 08 Juil 2016, 23:29

    Elle était partie seule, avant les autres, sans aucune de ses filles, de ses garçons, pour l'accompagner. Ils viendraient à leur propre heure, à leur propre temps, tandis qu'elle devait partir à l'avance, pour préparer le terrain unique où cet événement exceptionnel était prévu. Elle ignorait comment avaient choisi de procéder les autres Reines des Putains, les autres Rois de la Luxure, et du reste ne s'en souciait pas : chacun avait son style, chacun avait sa « patte », et c'était justement riches de ces diversités que les prostituées, putes et courtisanes de Magicopolis étaient si fortes. Chacune des maîtresses de Maison Close – ou des maîtres parfois – avait sa propre personnalité, sa propre façon de faire les choses, lesquelles s'inscrivaient encore ensuite dans la culture propre à chaque faction et donc à chaque Maison Close. Elle-même était certes l'héritière de celle qui avait tenu son rang avant elle, mais elle n'était pas pour autant la même femme, la continuatrice des mêmes pratiques. Elle était elle-même, unique et belle dans sa beauté, tout comme ses collègues, tous comme les putains et les gigolos qui se pressaient dans leurs cours : c'était là toute la force du pouvoir qu'elle détenait au creux de ses cuisses, comme les autres.

    Elle était partie seule, et pourtant, il n'en avait rien paru. Enveloppé dans une longue cape sombre à fin liseré vert, elle était semblable à quelque riche dame de l'Émeraude – concept de richesse en soit tout relatif, cela allait s'en dire – accompagnée de quatre serviteurs qui faisaient corps autour d'elle. Mais ces corps n'étaient pas faits de chaire et de sang, ce n'était pas une éphémère âme humaine qui les habitaient : il s'agissait de créatures de pierre, façonnées par ses douces mains agiles, par sa magie subtile, et animées par ce même pouvoir. Leur âme immortelle était celle des pierres, à la fois antique et jeune, et leurs voix qu'elle entendait comme de fins murmures, mais qui restaient scellées aux autres, étaient les voix de la terre. Leurs yeux aveugles avaient vu bien des choses, leurs oreilles sourdes entendues bien des cris et bien des confidences, parmi les délices de celles et ceux qui étaient conviés ce soir. Surtout, ils lui servaient de gardiens, car ce n'était vraiment pas le soir d'être en retard à cause de quelque violeur en puissance un peu trop entreprenant.

    Elle était partie seule, seule avec ses gardiens de pierre silencieux, sous leurs capuchons noirs et leurs longues capes noires qui les faisaient paraître humains aux yeux des passants inattentifs, blasés, des rues de Magicopolis. Et seule, avec ces mêmes gardiens, elle pénétra dans l'antique forêt, trouvant son chemin d'un pas sûr à travers les allées florales. Elle n'avait jamais connu l'Académie et ses fastes, elle qui avait passé sa jeunesse à apprendre un métier qui la passionnait, jusqu'à ce que son maître la viol, qu'elle finisse par le tuer et qu'elle exerce finalement un métier à la fois tout différent et, finalement, très complémentaire. Mais elle était déjà venue, avait déjà trouvé ce temple perdu, en compagnie d'un guilde – temple véritable ou non quelle importance, il était un temple à la Déesse Luxure et au pouvoir qu'elle promettait. Si sa mémoire d'aventure avait choisi de la trahir, la mémoire de la pierre, elle, était sans faille. Guildes autant que protecteurs, ses gardes de pierre ouvraient et fermaient la voie, écartant pour elle, lorsque s'était nécessaire, les éventuels périls des solitaires sentiers sylvestres.

    Elle était partie seule, et seule elle entra dans le saint des saints consacrés ce soir, où l'un ou l'autre de ses collègues attendait déjà. Un salut joyeux, un doux sourire, quelques baisers poser sur les joues, sur les lèvres, quelques instants à caresser les pierres sur lesquelles la nature avait en partie repris ses droits, et elle s'était mise au travail, ou plutôt avait mis ses auxiliaires au travail. Les capes avait été ôtées : les statues s'étaient révélées, magnifiques, ainsi que la Reine des Putes d'Émeraude elle-même, dans une magnifique robe verte et or qui mettait superbement en valeur son corps de rêve, aux formes généreuses, cependant qu'un léger diadème d'argent, fin comme une toile, création arachnéenne et subtile, rehaussée de cinq émeraudes, reposait dans ses beaux cheveux d'or. Et, alors que les Reines et les Rois de la Luxure étaient arrivés les uns après les autres, les lieux avaient finalement été prêts, le grand feu allumé, le Conclave des Putains réunis.

    Elle était partie seule, mais seule elle ne l'était plus devant les flammes vives, au cœur des ruines végétales et des fleurs empoisonnées, ses statues perdues aux quatre coins de celle-ci, décoratives, semblant intégré au reste dudit décors, hommage de beauté pour rehausser la fête. Elle avait offert une mèche de cette nimbe d'or liquide qui était sa chevelure, en mémoire de toutes celles et de tous ceux qui avaient rendus l'âme au service de la quête sans fin de plaisir de Londres la Putain, dont les cuisses grandes ouvertes accueillaient toute la misère, tout le désir du monde. Les autres membres du Conclave en avaient fait autant, pour la plupart, puis étaient venus les premiers de leurs fidèles, les premières de leurs filles, de leurs garçons aussi, qui avaient suivit le même rituels, s'assemblant dans ces ruines cachées, perdues, se dévêtant devant ce concile des ombres qui tirait des ficelles différentes mais tout aussi puissantes que celle du Conseil des Neuf si désunis, sacrifiant une mèche de cheveux à la mémoire de ceux qui n'étaient plus, et pour le salut, pour la gloire solaire, de ceux qui restaient encore.

    Elle était partie seule, elle était venue seule, mais elle était maintenant au cœur d'une foule nombreuse, certains encore masqués, encore encapuchonnés, d'autres maintenant libres, affirmant maintenant la beauté de ce corps qu'ils avaient amenés ici, reflétant aussi bien les âmes les plus lumineuses que les plus sombres, les plus fidèles servantes de la Luxure brûlante comme les plus réticentes à s'offrir à ses baisers. Et à tous ceux qui se tournaient vers elle, demandaient sa bénédiction, elle l'offrait avec un doux sourire, reine solaire parmi l'assemblée, caressant souvent un front, une chevelure, en soufflant quelques mots tendres, elle qui semblait être sinon un soleil du moins une incarnation de la terre mère, plus rayonnante que jamais, d'une chaleur pleine de luxure mais aussi d'une touche maternelle – l'une ne contrariant certainement pas l'autre dans la libido de la plupart des hommes qu'elle avait connu.

    « Bienvenue ma sœur, mon frère. Bienvenue au Conclave des Putains, à l'Assemblée de la Luxure, bienvenue dans cette famille qui transcende toutes les factions, toutes les guerres et toutes les sombres politiques de Londres dans le seul point commun de toute Magicopolis : le stupre tout puissant, le goût du sexe, de ce pouvoir qu'aucun chef d'armée ne pourra jamais saisir... »
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Messagepar Eonis Omory » 12 Juil 2016, 23:16

Le crépuscule naissant, l’obscurité qui prenait doucement la place de la lumière. Il était l’heure. Dans le plus grand secret, les filles avaient été appelées, tel jour à telle heure, dans un certain endroit. Tout était prévu, alors qu’elles ignoraient tout. Rien ne leur avait été dit, elles avaient juste l’ordre d’être présente. Ce soir là, Eonis n’avait pas eu grand monde , la plupart des clients habituels n’étaient pas là. Elle pensa que cela été étrange, peut être qu’ils avaient été prévenus. Déjà présente sur les lieux elle avait revêtu la longue robe capuchonnée, rejoignant les quelques filles déjà là dans le hall d’entrée. Dans l’attente des autres filles, il ne restait plus que le maitre des lieux, leur patron.

Lorsque tout fut réunit, la procession se mit en marche. Le visage à moitié caché ,seul leur silhouette féminine et gracile laissait penser à des femmes. La nuit n’était pas encore là, et les passants et habitants de Londres de sortie en cette nuit calme en apparence regardaient le cortège des putains défiler le long des rues et des allées sans pour autant osé imaginer la véritable raison de ce déplacement. La plupart des gens qui peuplaient Magicoplis ignorait réellement les vrais préceptes des fondements même de la ville. Fond de magie, intérêt politique, famille sorcière, mais au delà de ça on oubliait ces maisons de plaisir où bon nombre d’hommes et femmes venaient se perdre, se laisser aller à leurs désirs et pulsions, à leurs perversions ; entrainés par les jolies visages, les corps voluptueux des belles putains. Ces mêmes putains qui marchaient dans ces rues voilés de brouillard où enfin l’obscurité avait prit possession de la ville toute entière.

Eonis était au milieu de ses comparses, dans les rangs, sans parler, juste avancer pour arriver enfin au lieu de rendez-vous. Le mystère sur le lieu s’éclaircit peu à peu. Au fur et à mesure des avancées, les filles arrivaient à l’orée de la forêt. La jolie blonde ne connaissait pas cet endroit, elle ignorait même qu’il pouvait y avoir une telle forêt ici même. Elle sortait peu en dehors de l’Onyx et le Rubis, mais il y avait encore tout un tas de choses qu’il lui fallait découvrir.Émerveillée comme une enfant, elle était étonnée par la beauté presque majestueuse et enchanteresse de cette forêt. Enchantée, elle l’était, elle portait les traces du passé, on pouvait encore imaginer la présence d’être féérique qui peuplait les arbres centenaires, qui nourrissait la terre, qui entretenait les cours d’eau et rivière, qui renouvelait l’air. Suivant le pas, l’heure se rapprochait. Elle observait, se disant qu’en journée elle devait être encore plus magnifique. Les feuilles volaient comme un murmure, les branches des armes semblaient vouloir protéger cet endroit mais c’était comme si ils leur ouvrait le passage. Les laissant s’enfoncer au plus lointain dans la forêt.

Parce que tout était prévu. Comme si cela était attendu depuis longtemps. Et soudain , c’était comme si tout s’éclairait, tout se mettait en place. A la vue de ces vestiges, de ces flammes qui brûlaient intensément, grandissant pour essayer d’atteindre le ciel ; la vision d’une nuit brumeuse où les préceptes antiques des maisons de plaisir se rencontrait. Tout autour les fragments de ce qui semblait être un ancien temple resurgit du passé. Un passé qu’elle ignorait mais dont les échos des chuchotements se laissait entendre. Autrefois conté, telle une légende inscrite par delà les époques. Une atmosphère lugubre, mais malgré cela la beauté du lieu restait intact. Eonis était encore une fois émerveillée par la splendeur et les charmes qui recèle en cette forêt mystérieuse. Toujours encapuchonnée, le temps de l’émerveillement était de courte durée. La procession s’arrêta, le silence régna calmement. Plus aucun bruit à part les murmures et les feulements des branches des arbres. Le voile sur tant de mystère fut révélé lorsque un membre de cette assemblée s’avança pour prendre place tout devant. Ils étaient plusieurs personnes attendant de prendre la parole pour expliquer de quoi il retournait. Eonis commençait un peu à comprendre. Il était évident que l’assemblée regroupée n’était autre que les putains des maisons closes. De toutes les maisons closes de Londres. Femmes, hommes, mais il y avait également les patrons et dirigeants.

Sa beauté était troublante. La capuche tombé, le visage de la dame à la chevelure d’or fut dévoilé. Le son de sa voix, ses mots si particulièrement bien choisi. D’apparat maitresse du Rubis, elle y ressemblait. Eonis ne percevait cependant pas les traits distinctifs qui y correspondait. Alors elle pensait qu’elle appartenait à l’Emereaude. Surement un talent caché, une prédisposition pour les plaisirs et autres jeux interdits. Le conclave des putains. Cérémonie sombre, secrète et érotico-mystique.

Tout en écoutant et regardant la prêtresse Emeraude accueillir l’assemblée de putains, elle osait jeter d’autres coup d’œil, à droite, à gauche, vers ses consœurs et confrères, vers d’autres qu’elle ne connaissait pas ou peu. Les prémices des sensations à venir se faisait sentir. Déjà elle arrivait à capter quelques émotions qui se distinguaient chez certaines personnes. De l’angoisse, de la peur, de l’excitation. Elle même était anxieuse et à la fois impatiente. Au fond d’elle, elle savait. Elle savait très bien comment les choses allaient se passer. A son tour elle abaisse la capuche pour enfin dévoiler son identité. Blonde comme les blés, sa crinière étaient reconnaissable en plein milieu de la foule. Et comme pour effectuer un salue elle incline légèrement la tête face à la prêtresse. Dans un murmure au creux de la nuit il se dit.

-« Bienvenue... »
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Messagepar Cassandre » 15 Juil 2016, 19:09

La femme enroula une mèche de ses cheveux vénitiens autour de son doigt à l'ongle nacré, presque translucide. Immobile, statut de pierre, sa présence aspirait l'essence de la pièce et en déformait de les contours. Sur les lèvres bleus et figées de la dame, un rictus incrusté prônait la victoire de la mort sur la vie, prônait une phrase silencieuse : « Je te l'avais bien dit.» Cassandre pressa ses mains tremblantes sur la surface polie du miroir encastré de rubis chatoyant. Elle découpa le visage du spectre du bout de son index, tandis que les yeux de celui-ci la dévorait du regard. Sur son crâne doré, une couronne rouillée trônait fièrement telle une menace ou un souvenir emporté sous la tombe. La prophétesse recula d'un pas et derrière la glace, l'apparition en fit de même. Toujours le même rictus. Urielle. Cette salope. Cette pute. Cette regrettée. Le salut de Cassandre. Ou sa perdition. Encore plus puissante maintenant rongée par les vers comme si ses échos grandissaient avec le temps. Une catin devenue divinité adorée par le mythe.

L'épine plantée dans ses convictions.

Elle s'avança, les tempes brûlantes, en serrant le poing qu'elle jeta de toutes ses forces contre l'objet inanimé. Les éclats brisèrent la chair tendre de sa peau, alors que le sourire de ses démons se fissuraient enfin. Elle avait réduit Urielle en miette pour une seconde fois. Le miroir brisé, reflet de sa psyché, renvoyait mille Cassandre, mille Cassandre anéanties par un simple souvenir. Mille Cassandre dont les jointures sanglantes esquissaient de nouveaux motifs vermeilles sur la moquette souillée. Ce fut ainsi qu'on la trouva, fixant les débris maudits sans un mot, sans un son autre que sa respiration sifflante. La servante banda sa main, malgré son refus de voir un docteur. De ses dents, elle serra le tissu autour de ses plaies tout en distribuant les ordres. Elle n'avait plus de temps. Les maisons closes n'avaient plus de temps. La marche des putes devaient débuter.

La Reine charnelle rejoignit les siens, ses protégés et ses amours devant les grandes portes d'or. Autour de son cou, elle laça les cordons de sa cape de nuit pour se fondre dans les ombres. Chacun leur tour, les beautés Rubis s'évanouissaient dans les rues de Londres. Cassandre fut la dernière à franchir le seuil de leur maison de sucre afin de sceller leur monde d'un tour de clé sous les yeux incrédules des clients. Les prostitués désertaient leur nid d'encens et de délices. Des griffes s'accrochèrent à ses chevilles découvertes par la foulée de ses pas rapides. On supplia, on quémanda des explications pour cette vile machination. Tant de sexes et de chair ne pouvaient disparaître ainsi. La maison close rubis ne pouvait interrompre son ode à la luxure, même pour le temps de nuit, surtout pour le temps d'une nuit. La dame de cœur se fit sourde aux supplications, alors qu'elle rejoignait la tête du cortège. La plus grande action d'une pute : son inaction.

Fermer les cuisses.

Elle, ses sœurs, ses frères, déambulèrent dans les rues de cette ville condamnée. Une coulée de lave nourrie par d'autres, d'autres travailleurs de la luxure. Il n'y avait plus de titres. Il n'y avait plus de couleurs ou de familles. Seulement qu'une Révolution en marche. Cassandre n'avait plus remis les pieds dans la vieille forêt depuis cette fête fatidique, pas depuis son crime, mais jamais elle n'aurait pu oublier le chemin pour parvenir au palais. Les ruines d'un autre temps. Les morceaux d'un rêve écrasé sous le talon des Neufs. Sous sa capuche filtrait encore les parfums épicés de cette Rose unique. Un parfum dont elle avait pu inspirer l'essence, tandis que sa lame pourfendait la porteuse de ce trésor. Une action pour la sympathie des Neufs. Une action pour son trône de stupre et liqueur. Qui aurait soupçonner une once de menace en provenance d'une simple fille de cabaret, une effacée aux yeux de biche.

La succession achevât son voyage au milieu de ce temple symbolique sous la lueur d'une une moqueuse. Hypnotisée par les flammes du bûcher, la prophétesse quitta ses enfants de joie pour rejoindre les autres Rois et Reines, ceux ayant transcender les codes des Vieilles Familles pour réunir leurs inquiétudes et leurs espoirs. Dans l'herbe humide, elle fit glisser sa cape afin de dévoiler l'étendue de l'art rubis, ces provocateurs, ces outranciers, ces immodérés du luxe. Ceux à qui la démesure d'Urielle avait le plus blesser l'orgueil. Une robe rouge pour le joyau incandescent, une robe rouge pour le sang versé, une robe rouge pour les larmes amères de Cassandre. De sa main blessée, elle saisit les ciseaux d'argent qu'on lui tendait afin de taillader elle-même sa chevelure. Puis, elle les accueillit un par un, ses braves soldats du sexe, afin de répéter envers eux son geste symbolique. À chaque cliquetis métallique et crépitement du brasier nourri par leur serment, elle se demandait si elle méritait véritablement cette foi aveugle.

Derrière ses paupières clauses, la courtisane était hantée par le visage de sa victime, la surprise se lisant sur ses lèvres entrouvertes, alors que la dague déchirait sa vie. Tel un murmure lointain, l'appel de sa comparse d'Émeraude la rappela aux joutes du présent.

« Autrefois, j'ai eu tort. »

Sa voix naissait du bruissement du vent contre les arbres.

« Autrefois, Urielle a eu raison. »

Sa voix roulait comme le tonnerre des jours d'été humides.

« Elle m'inspirait le dégoût, car elle ne respectait pas les règles non-dites, ces règles instaurées par les Neufs. Je vivais pourtant pour elles. »

Sa voix cassa tel un sanglot ravalé.

« Aujourd'hui, je juge toujours sa démarche, mais j'en comprends la raison. Cette force qu'elle avait décelé en cette dixième maison close qui ne vue jamais le jour. »

Elle baissa la tête vers le sol, piétinant sa honte, acceptant la sentence.

« Oui, autrefois, j'ai eu tort. Autrefois, Urielle a eu raison. »

Et que pour chasser les regrets s'ouvre le conclave des putes.
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Messagepar Jader » 15 Juil 2016, 21:00

Voilà un moment maintenant que Jader réfléchissait. À quoi ? Tout simplement à la façon dont il devrait s'habiller pour l'évènement qui allait y avoir lieu dans la soirée. Cela peut s'en doute avoir l'air idiot de réfléchir à la façon dont il devait s'habiller. Cependant pas pour lui. Il voulait faire honneur à la maison close et à sa maîtresse pour ne pas la décevoir un seul instant. S'il adule et respecte beaucoup sa patronne Cassandre ? Oui, on peut dire cela. Il lui doit tellement qu'il ne sait pas si une seule vie lui permettra ou non de rembourser la dette qu'il a envers elle. Tout ce qu'il sait, c'est que s'il peut la rendre fière par ce qu'il fait, alors cela voudra dire qu'il aura bien agi.

Il avait sorti l'ensemble de ses vêtements qu'il gardait précieusement dans une commode pour ensuite les poser délicatement sur le lit. Cela ne lui ressemblait pas de prendre soin de lui à ce point-là. Néanmoins, il se devait d'être élégant sans trop l'être et ne pas sortir du lot avec ses habits. Ce qui est sûr en tout cas, c'est qu'il mettra son bas en cuir noir. Jader ne le met pas souvent en raison du fait que le noir par vite et qu'il est très difficile de garder ce teint. Mais, pour cette soirée nocturne, nul doute qu'il allait le mettre. Ne voulant pas faire les choses brusquement et se précipiter au point de rater une étape, Jader rangea tous ses autres bas qui ne lui serviront pas dans sa commode. Et ce, après les avoir pliés convenablement afin qu'ils ne se froissent pas.

Une fois ses bas ranger dans la commode, Jader revenait vers son lit de sa chambre pour observer les hauts qu'il pourrait mettre. Tout en s'accordant assez bien avec son bas en cuir noir. Le choix était assez dur à faire. Il avait encore quelques hauts lui venant de son père adoptif. Des hauts qu'il ne mettait plus depuis le temps où il a été vendu à la maison close. Ou bien encore, il pouvait se concentrer sur quelques hauts d'usages qu'il mettait lorsqu'il vendait du parfum. Sinon, Jader avait le choix avec quelques hauts de roturier et mendiant. Après un temps de discussion dans son for intérieur, Jader avait fait son choix. Il prenait un haut de roturier à manche courte, sobre, de couleur écru. Un petit décolleté en triangle laissait voir ses muscles, mais sans trop descendre non plus. Puis, il mit une veste en cuir sans manche marron.

Dès qu'il fut habillé de ses vêtements, il s'en alla ranger ses hauts dans la commode après les avoir pliés. Une fois cela fait, il mit son collier autour de son cou et sangla ses bracelets en cuir orné de quelques petites perles en argent. Puis, vient le tour de ses bottes. Toujours utile pour marcher et ne pas aller au point de rendez-vous pied nu. Bien que Jader en soit capable. Néanmoins, le faire pour ce genre de rassemblement ferait négliger et ce n'est pas ce qu'il recherchait. Loin de là. Jader ne mit pas de suite ses bottes et regardait l'heure qu'il était en observant au travers de la fenêtre. Le crépuscule arrivait. Il s'empressait donc de mettre ses bottes et de se coiffer convenablement avant de se revêtir de sa cape qu'on lui avait fournie pour l'occasion.

Fin prêt, il sortit de sa chambre et rejoignait ses collègues et compagnes de travail en se joignant à la troupe descendant les escaliers. Tous avaient mis leur capuche pour cacher le visage, Jader en fit donc de même avant de sortir de la maison close. Ce qu'il se passa ensuite était fort simple à suivre pour Jader. Il avait simplement à marcher en se joignant à l'attroupement qui jonchait la grande rue pour rejoindre après une longue route, la forêt et le temple. Jader avait toujours pensé que ce temple n'était qu'une légende ou juste une histoire qu'on se racontait entre gigolo et fille de joie. Néanmoins, il avait la preuve incontestée que ce lieu existe bel et bien. Cela l'exaltait assez d'ailleurs. Des personnes passaient avant lui pour rendre hommage et il patientait. Dans un premier temps, du fait qu'il n'avait que cela à faire et dans un deuxième, car il trouvait cela discourtois de passer devant des personnes. Il avait par ailleurs, ôté sa cape pour laisser ses habits à l'air libre et se montrer tel qu'il était

Jader voyait alors son tour arrivé et ayant écouté le discours de la prêtresse, il ne pouvait que la saluer avec délicatesse en s'inclinant respectueusement. " Votre discours n'a d'égale que la splendeur qui émane de votre beauté. Vous êtes aussi franche et délicate. Mais votre façon de vous exprimer montre votre penchant pour ce pouvoir qui est le sexe. La luxure est le meilleur moyen de se détendre et de s'adonner à toute sorte de délices."

Jader rendait alors hommage à la statue et souhaitait la bienvenue à tous en s'écartant un peu de la prêtresse pour regarder un peu le temple à l'abandon. Il aperçu alors Cassandre et il l'a rejoignait en posant une main délicate sur son épaule gauche. A la suite de quoi, il prenait une de ses mains pour y déposer un baiser. " Tu es délicieuse comme toujours Cassandre."
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Messagepar Violine » 16 Juil 2016, 14:46

L’heure approche. Les automates se préparent en silence, se vêtant d’atours puis d’une cape sombre pour se mouvoir dans la nuit. Violine ne fait pas exception alors que se retirant, elle s’apprête avec soin. Sa chevelure est mauve aux nuances pourpres aux racines, se délavant en lilas aux pointes, coiffée de fines tresses agrémentées d’améthystes et de diamants scintillant doucement. Une longue robe d’un blanc pur réhaussée de broderies mauves habille ses formes de femme. En se mirant dans le miroir, la belle automate ne peut s’empêcher de se remémorer ce parcours qui a été le sien, l’amnésie d’après ce moment où la foudre l’a touché en pleine orage, la rencontre avec ce Peintre… Puis la curiosité, la volonté d’aller quérir un mécanicien, pour faire une révision de ses circuits, et quelques ajouts de programmes bien utiles.

Elle qui jusque là n’était qu’une jeune demoiselle programmée pour répondre aux envies d’un seul avait pu apprendre à servir les autres, elle avait mûrit, en quelque sorte, et prit quelques années physiquement et de par ses programmes. Elle ne répondait plus à son conditionnement comme une jeune femme, mais bien une femme faite, avec une certaine expérience, et son corps y était réceptif. Des traits un peu plus tiré, un maquillage savant, des parfums bien plus subtils. Une poitrine plus développée et des courbes enchanteresses, une confiance en soi qu’elle ignorait posséder…. La transformation avait prit fin environ une quinzaine de jours auparavant, alors qu’étant arrivée à la Maison Close Diamante pour y servir, elle avait pu remarquer que l’ancienne Patronne, une automate vieillissante commençait à tomber en décrépitude et devenait désuète, ses fonctions ne répondant plus aussi bien qu’avant. Alors la Créature, forte de son savoir et de sa volonté se rendit indispensable à la vieille Maquerelle, jusqu’à ce qu’elle lui lègue la place, son cœur mécanique s’arrêtant à jamais pour son dernier repos.

Les automates obéissants ne bronchèrent pas, et les poupées et autres humains améliorés purent ainsi voir la compétence de Violine, sa détermination à faire fonctionner la Maison et les diriger justement, bienveillante à leur bien-être, demandant à ce qu’un contrôle rigoureux soit fait chez les automates, qu’ils soient réparés ou améliorés si besoin était pour répondre au mieux aux demandes des clients venant se perdre dans ces lieux particuliers. Certes ils travaillaient sans repos, ou si peu, mais à trop les user, cela ne serait aucunement rentables. Mieux valait les préserver. Les poupées, ces humaines principalement, mais étaient présents quelques mâles, avaient eu droit à une visite réglementaire chez un médecin, toujours dans ce soucis de bonne santé et d'efficacité. Hors de questions qu’ils tombent malades ou se retrouvent avec des plaies infectées. La routine s’installait ainsi, l’Automate à la chevelure mauve dirigeant la Maison tout en accueillant les clients entre ses draps, et gardant par devers elle ce libre arbitre qui lui était si précieux. Hors de question de risquer d’attirer une convoitise malvenue.

S’ébrouant en entendant toquer à la porte, la Créature jeta un dernier coup d’œil au miroir, et satisfaite de ce qu’elle voyait alla ouvrir la porte, sortant rejoindre la jeune femme la prévenant que tous étaient prêts. Alors la marche commença, les automates, androïdes et poupées sortant en un long fleuve fluide, leur pas calé machinalement en un tambour régulier, leur souffle se mêlant à l’unisson pour rejoindre cette marée inhabituelle qu’était ce spectacle de chaque mignons, chaque catins sans exception aucune allant à travers la ville, les 9 Maisons Closes se vidant peu à peu pour rejoindre la Vieille Forêt, à l’abri des regards pour une Réunion peu commune. Violine fut la dernière à sortir pour fermer la porte avant de presser le pas, dépassant agilement les siens pour en prendre la tête, fièrement, ignorant les regards étonnés des passants qui devaient se poser moult questions à cet étonnant tableau.

Enfin la Forêt est en vue, et Violine jette des coups d’œil autour d’elle pour apercevoir ici des ruines recouvertes par la végétation, là un feu brûlant… Regardant derrière elle, elle voit ceux devenus ses filles et ses fils marchant d’un même pas. Alors elle rejoignit elle-même l’autre côté du brasier, prenant garde à ne pas s’en approcher tout prêt, faisant signe à ses condisciples Diamants de se mêler à leurs collègues de tout horizion. Alors l’harmonie fit place à l’éparpillement de ces hommes et femmes, humains et mécaniques pour ne faire tous ensemble, plus qu’un. Alors elle se libéra de sa cape, conseillant aux siens d’en faire de même, révélant leurs atours dissimulés jusque là. La Réunion pouvait débuter.

Le ciseau d’argent libéré, la Diamante sacrifia une mèche violine au feu, et passant l’outil à ceux dont elle avait l’obéissance, le fit tourner, que toutes et tous en fasse de même, s’approchant du feu, jetant cette partie d’eux dans les flammes, en un rituel immuable d’espoir et de recueillement, de vœux et de souvenirs. Attentive, elle écouta les paroles d’Erika Patronne de la Maison de l’Emeraude, puis Cassandre, la Dirigeante de la Maison de Rubis. Pourtant, silencieuse, aux côtés de ces dirigeants et face à cette foule si particulière, hétéroclyte et pourtant unie et formant un tout, elle ne prit pas la parole, l’Automate fraîchement promue. En cet instant solennel, elle ne trouva les mots adéquats à prononcer, préférant le silence respectueux à des paroles creuses ou maladroites. Et si nulle parole ne s’éleva d’entre ses lèvres, elle s’inclina tout de même brièvement, poing sur le cœur, face aux flammes, en un mouvement instinctif et non réfléchit, en mémoire de tous ceux qui ont été outragés ou tués. En ce souvenir perpétuel que l’on se remémorera en cette nuit éclairée par les 9 lunes, tous ensembles, unis. Les automates et autres Diamants firent de même pour la plupart, synchrones à travers cette assemblée éparse.

Là où les Factions se déchiraient, les ouvriers du sexe eux, semblaient en cet instant faire véritablement front, ne faire partie que d’une seule et même Famille, bien plus soudée, bien plus forte qu’ils ne le seraient jamais. Et Violine en prit conscience en sondant la foule de son regard.

Chacun à leur façon rendraient hommages, se souviendraient des jours sombres passés, présents et à venir. Mais cela sera fait dans l’unité d'un tout.
Violine
 



Messagepar Ragan Nightingale » 21 Juil 2016, 01:26

Les joyaux illuminés d'opales brillent à travers cette nuit, accompagnant la lune à scintiller de mille feux sur le quartier brumeux des perles. La magie est reine ce soir, bien plus encore que les autres soirs. Car c'est une soirée particulière. Le soir où toute une communauté entière, dévouée au plaisir se réunie, ne formant plus qu'un seul et même groupe, une même unité alors que des guerres de pouvoirs se profilent à l'horizon, des hommes se meurt, s'entre-tue. Cette famille de catins, qui comme des pétales de roses s'épanouissent dans les rues de Londres, sillonnant à la recherche du lieu sacré, d'un lieu de neutralité totale. Capable de rassembler les esprits, les unirent, jusqu'à ce qu'il n'en forme plus qu'un.

Le Rossignol ouvris la marche, en compagnie de ses oisillons, tous vêtus de chaperons anthracite, ils traversèrent les rues sous les regards des passants. Comme une brume qui se faufile au beau milieu de Londres, rassemblant ses rêves, ses songes, déversant leurs beautés enchanteresse sur ces yeux envieux. Ils étaient scrutés, comme des bêtes sauvages que l'on doit apprivoiser, mettre en cage pour n'y conserver que leur beauté éphémère. Si belle, si envoûtante, mais tragique. Une voix s'élève alors dans les airs, haute et forte, mais pourtant à la fois si claire et douce. Le Rossignol chante à nouveau, déversant sur Magicopolis ses songes, son savoir, sa liberté tant chérit.

La marche qui jusque là était silencieuse devint alors une série de chants lyriques, sur les contes de cette famille de joie. Sur ces neufs familles qui se partagent le pouvoir, s'arrache leurs innocences dans une lutte sans merci. Après tout, Londres est le centre du monde et celui qu'il la possède en devint un souverain inégalé. Mais la métropole convoité devint ce soir une ville de plaisir, où les seuls maîtres qui rôdent dans l'ombre en deviennent les maîtres qui se berce dans la lumière d'un rayon de lune. Par un éclat d'opale chatoyant comme le coeur de Nyméria.

Les pas font écho à l'appel de ce chant, de cette réunion sous les astres célestes de bonne augure. Bientôt le décors se change et à la place des pavés ce sont des chemins de terres qui se dessinent à l'horizon, les maisons deviennent des arbres aux branches sinueuses, recourbées sur elle même, laissant le passage au neuf maîtres de la nuit. Tous sont là, tous répondent à l'appel d'Urielle. La fougue de l'Onyx, la douceur inégalée de l'Opale, le lyrisme de l'Émeraude, l'ingéniosité du Diamant, l'éclat intense du Rubis, l'harmonie de l'Améthyste, le souffle funèbre du Saphir, les ténèbres de l'Ambre et les songes de l'Avalon, les Perles.

Tous se tenait ici, sous l'ombre de cet arbre sacré, éclairé par de petites lucioles inoffensives, le Rossignol diminua peu à peu l'espace entre les neufs maîtres des plaisirs, faisant taire sa voix. Il se tint à leur côté, enlevant sa capuche pour dévoiler ce visage aux traits fins, ce visage imberbe et ce corps élancé. Tous dévoilèrent leurs visages à l'obscurité, ses oisillons firent de même, dévoilant leur beauté pleines de mystères. Chacun avait son passé, chacun avait son vécu, sa propre expérience de la vie.

Mais ce soir, ils étaient un tout. Une seule et même voix résonnant au beau milieu de la nuit. Ragan se coupa l'une de ses mèches de cheveux, la déversant dans le feu et ses oisillons firent de même, écoutant respectueusement les maîtres des plaisirs. Le Rossignol était attentif à leurs paroles, il se rappelait de sa mentor qui l'avait accueillis comme s'il avait été son propre fils. Elle lui avait appris tant de choses et aujourd'hui, il se tenait ici, fier de liguer ce savoir à ces oisillons.
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Messagepar Caithleen » 22 Juil 2016, 21:28

Alors qu’un soleil qu’elle ne pouvait plus voir quittait paisiblement ce monde, le crépuscule prenait pleinement possession de Londres. Maître absolut et incontesté dans l’obscurité glauque emplissant sans relâche et chaque jour cette citée débauchée. Passerelle entre un jour trouble et une obscurité au parfum de vice.

Mais ce soir, la nuit revenait pleinement à celles et à ceux qui l’habitaient. Peut importe que nom qu’ils se donnaient. Putes, putains, catins, gigolos, filles de joies et filles faciles, ou autres courtisans et courtisanes, comme aimait à s’appeler Caithleen, rappelant que son art était avant tout de courtiser. De faire miroiter ses charmes et sa séduction, pour obtenir quelque chose des pauvres hères ainsi fascinés. Argent. Bijoux. Joyaux. Ou encore dangereuses confessions et brûlantes informations, faisant des évaporées damoiselles des maîtresses incontestées du secret.

Tout l’art était de faire croire que l’on soutenait sa faction. Que l’on séduisait tel ou untel dans un but secret d’alliances et de marchandages pour faire tantôt sombrer l’une, ou hisser l’autre des Neuf Factions.

Or cette soirée aussi exceptionnelle était là pour leur rappeler.

Que seules les Maisons Closes comptaient. Cette famille sans cette pillée par les Neuf, loyale et plus pure que les membres de ce conseil pervertis ne le seraient jamais.

C’est ainsi que revêtue d’une cape d’un gris terne frangé d’argent dissimulant ses traits évanescents, Caithleen s’était jointe au conclave. Gracieusement guidée par l’une de ses soeurs de l’Opale, elle s’était coulée dans la foule qui remontait paisiblement les rues de Londres jusqu’à son lieu d’assemblée.

Ne dédaignant ouvrir ses yeux opalescents, elle se laissait guider, sereine. Le parfum lourd et sirupeux des roses de ce lieu de légende emplissait ses narines, l’étourdissant légèrement.

Belle et calme, elle laissa choir sa cape au sol, abandonnant la triste étoffe derrière elle sans une once de regret, laissant les suivant la piétiner. Elle se présenta alors devant eux. D’un bleu très clair et pur, sa robe était telle qu’elle les aimait: en légèreté et en transparence imaginée dans le flou des étoffes. Sa taille était marquée par une ceinture d’argent et d’aigues marines, et ses cheveux cascadaient en circonvolutions de boucles argentées dans son dos. Elle reporta son attention vers ceux qui les accueillaient.

Parmi eux, ils étaient Rois et Reines. Saisissant les ciseaux d’argent qu’on lui tendait, elle s’acquitta de son tribut, laissant se consumer dans les flammes claires une partie d’elle même. Et elle les écoutait parler, livrer bribes de connaissances, de regrets et d’espérances. Chaque maison unique, et pourtant toutes unies pour faire front plus que jamais.

Elle songea à Urielle, qui un jour avait tenté de s’élever à une condition autre que la sienne. Dont le souffle s’était éteint dans une traitrise pourpre avant même de parvenir à son but. Elle qui avait voulu transcender les règles et lois tacites enchaînant les putains, et s’élever au rang de reine parmi les reines.

Tranquillement assise sur un muret à demi écroulé, Caithleen ne cherchait pour une fois pas à voir, se tenant tranquille, les yeux clos. Elle songea à sa propre existence qui chaque jour semblait plus lui filer entre les doigts, alors que son don l’égarait toujours plus loin, si loin qu’elle craignait de pouvoir un jour revenir d’un de ses rêves dans lesquels la plongeait l’Ether.

Mais étrangement, ces sombres pensées ne parvenaient pas à entamer sa douce sérénité. Elle était là, offerte à la nuit, entourée de ses semblables.

Elle se sentait en sécurité, comme si rien n’avait pu lui arriver...
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Messagepar Tskar » 23 Juil 2016, 00:16

Et Tskar de détacher doucement ses lèvres de celle de Caithleen, de libérer le pâle visage de l'aveugle de l'étreinte brûlante de ses grosses pattes. Quelques secondes encore, nez à nez, front contre front, en silence et puis enfin il se détourna.

 « -Brrrrravo ! Brrrrrravo ! »


Clama t'il de sa langue malhabile, aux « Rrrrr » si roulant, qu'ils sonnaient hauts sous les arbres multicolores. Il avait récupéré cette cigarette allumée, que jusque là il avait laissée coincée sur son oreille. Et le mégot au coin de ses lèvres à la barbe piquante, il traversait la foule en tapant dans ses énormes mains. Cela ressemblait à des applaudissements. En plus lent. En bien trop fort lorsque les larges paumes calleuses s'heurtaient l'une à l'autre. Et surtout en trop rythmé. Métronome martial. Tambour de guerre, menaçant.

Sur de lui, ravi de l'attention captée il se fraya un chemin à travers la foule de frères, de sœurs. Masse aussi énorme que souple, au torse gainé d'un vieux débardeur, qui roulait avec menace des épaules.

A tous ceux venus, il avait offert le baiser autoritaire de ses lèvres rudes. Une façon brute, étrangère, de partager la salive, le souffle, d'aller chercher bouche à bouche, sans distinction de sexe, le goût de la vérité ou du mensonge. Savoir qui était là par jeu ou par conviction. Démasquer les espions, se souvenir des plus convaincus.

Face à Cassandre, celle dont la beauté fleurit de sang était comme une bannière, un cri de ralliement, il laissa choir son mégot et l'écrasa consciencieusement dans les épines du soir. Le silence maintenant qu'il n'applaudissait plus un discours dont il n'avait strictement rien compris. Et cette façon de toiser la Rubis de toute sa hauteur, de toute sa largeur menaçante. De la juger peut être, de l'obscurité broussailleuse de son regard, de l'estimer. Elle qui semblait avoir l'ascendant sur les autres.

Et puis enfin, après un temps indéterminé, il sourit enfin et inclina la tête. Geste raide, contraint par cet énorme collier qui ceignait sa gorge de soumis Onyx. A la façon des bêtes, il reconnaissait à son tour son autorité et ne s'en cachait pas.

 « -Beaucoup bô soir ! Beaucoup amis ! Bientôt faire fête. Mais avant...surprise ! »


Clama le gigantesque Cosaque en laissant sa voix de rocaille, rouler dans son large torse.

Alors, à sa suite, la troupe se mit en marche. Délaissant les lumières multicolores de la forêt, pour s'engager en silence dans les ruines du palais. Là où les pierres se mêlaient aux fleurs sèches, où des ronces d'épines déchiraient d'immenses tentures funèbres.

Ils n'étaient pas seuls. Comme des spectres de vieilles, très vieilles putains, celles dont les charmes étaient depuis longtemps fanés, et les fentes pour toujours sèches, bordaient leurs passages. Voutées, drapées de bure, à la façon de prêtresses aux visaques masqués de cire écailleuse, elle tenaient entre leurs vieilles mains ridées et crevassées, non plus des sexes glorieux, mais de mélancoliques cierges.

Les anciennes, les retraités. Générations passées. Qui pour certaines avaient pris maris, fondées des familles, fait oublier leur jeunesse de filles de joie, mais étaient quand même sorties ce soir de leurs recoins de pudeur pour observer défiler la masse bruissante, indisciplinée de cette nouvelle floraison.

Et c'étaient à Elles, ces grands mères taiseuses, dont les dos cassés supportait l'amère souvenir de centaines d'étreintes monnayées, que l'on devait ce gigantesque banquet Noir, élevé dans ce qui avait été la salle du Trône d'Urielle.

Une telle richesse. Une telle profusion de mets. Des fortunes avaient été dépensées. Parce que les Neuf Maisons Closes étaient riches, de tout ces vices que l'on venait s'y payer. Viandes saignantes, vins épais, miels dorés, confitures capiteuses... Londres affamée par l'été trop sec, et ces années de guerre stupides livrées par les Neuf, pouvait crever, les putains feraient bombance.

Le Trône d'Urielle, encore tâché du sang meurtrier de sa maîtresse défaite, était toujours en place. Plus vieux, plus menaçant, maintenant que ses décorations de fleurs s'étaient fanées, que son verni s'était écaillé, et que les ronces s'accrochaient à ses pattes gracieuses.

Le temps que les convives prennent place autour d'une unique table, gigantesque, couverte d'immenses nappes tissées de soie mêlée de cheveux multicolores, Neuf vieillardes aux bougies tremblotantes, aux cannes lugubres s'étaient approchées de Cassandre.

Et de leurs mains, aux doigts maigres et osseux comme des serres, elles entraînèrent la Courtisanne Rubis vers le Trône. Sans lui laisser le choix.

Tskar de sourire. Un rictus mauvais, de loup, en observant le spectacle de cette robe écarlate que les antiques, ancêtres, des Neuf Bordels, violentaient dans leur précipitation rhumatique.

La révolution avait sa nouvelle Reine, son nouvel étendard. Rouge.

 « -Cazandre, être maman Nous. Diriger nous. »


Et l'Onyx de faire craquer ses énormes poings et de bouger paresseusement la nuque en caressant la foule de son regard et faisant rouler ses énormes muscles.

 « -Famille être d'accord ? Qui vouloir dire...Non ? »
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Messagepar Erika Vartanen » 23 Juil 2016, 01:25

    « Non. »

    Dans le silence qui avait suivit la mise de Cassandre sur le trône et la question presque provoquante de Tskar, la voix s'était faite entendre, calme, douce, bien loin, semblait-il, d'être de nature à répondre à la provocation du loup slave. Mais pourtant, la douce résolution qui y vibrait, une résolution qui n'avait nulle besoin de la violence, de la provocation, du fracas, une résolution qui se suffisait à elle-même, vibrait d'un charisme tranquille qui semblait, justement, ne pas avoir besoin de tous ces artifices pour fleurir. C'était une voix, une résolution, que les artistes-putains de l'Émeraude, femmes et hommes, connaissaient bien, et ils portèrent leur regard vers elle spontanément, eux qui jusque-là fixaient pour la plupart la Reine de Rubis portée sur son trône ensanglantée par les neufs vieillardes, quand ils ne jetaient pas des coups d’œil plus ou moins nerveux au puissant Maître d'Onyx à l'accent tranchant comme une lame de rasoir. Et sous leurs regards, Erika se leva doucement de la place d'honneur où elle était assise, pour regarder, tranquillement, le guerrier russe devenu maître des plaisirs du Dragon.

    Au part avant, elle avait suivit le mouvement, l'avait guidé parfois, toujours avec la même fluidité. Elle avait accepté le baiser de bienvenue du slave, avait elle-même souhaité la bienvenue à tous, et rendu avec un beau sourire les compliments, notamment ceux de ce beau courtisan rubis qui lui avait prodigué des paroles qui tenaient sans doute de la flatterie – comment ne pas croire que s'était le cas ! – mais n'en étaient pas moins agréables à entendre. Ensuite, il y avait eut le déplacement jusqu'à la table de banquet où la belle blonde avait, avec cette gentillesse et cette douce fermeté, presque maternelle, qui la caractérisaient si bien, pris en main une partie du groupe pour le faire prendre place. Les vieilles courtisanes à la retraite, qui, sortie des ombres le temps d'une soirée, avaient impulsé l'organisation de la soirée, lui avaient en effet demandé de veiller à ce que tout se déroule bien, y compris lorsque viendrait le temps des... amusements, ce qu'elle avait accepté avec plaisir, alors que les ancêtres tramaient leur propre trame.

    Néanmoins, l'endroit où cette trame les menaient, ici et maintenant, elles s'étaient bien gardé de lui en parler, bien entendu. Se figuraient-elles qu'elle aurait peur de se dresser face au russe ? Ou bien pensaient-elles que, mises devant le fait accomplis, les putains et leurs Reines accepteraient ainsi de plier le genou ? Dans tous les cas, quelque soit le fond de cette affaire, quelque soit la manigance tramée entre ce conclave d'ombre au sein même de ce monde d'ombre qu'était l'univers de la prostitution et des Neuf Maisons Closes, et le maître des destins de la Maison Close d'Onyx, Erika n'y avait pas trempé, et elle ne comptait pas simplement s'incliner devant celui-ci. Semblant plus belle que jamais à la lumière des bougies, des torches et des étoiles, dans cette robe stupéfiante qui la mettait si bien en valeur, sans pourtant tomber dans le vulgaire, avec l'or de ses cheveux qui semblait capter la lumière des flammes et faire un voile de lumière pour la nimber, elle était presque royale, mais sans rien d'impérieux. Sa fermeté, toutefois, ne varia pas, cependant qu'elle répétait ce simple mot, maintenant que toute l'attention s'était cristallisée sur elle.

    « Non. »

    Elle le répéta sans trembler, face à face avec Tskar, en le regardant dans les yeux. Beaucoup de douceur dans cette voix, aucune provocation, mais le non n'en était pas moins irrévocable. Bien sûr, en bonne logique, elle aurait dû avoir peur. Aurait-elle été une combattante, ou peut-être une jouteuse politique, qu'elle aurait sans doute eut peur. Mais elle n'était ni l'une ni l'autre, et le pouvoir des Putains de Magicopolis n'était ni celui de la force ni celui des manœuvres politiques.

    « Et voilà, j'ai dis non, Tskar de l'Onyx. Que vas-tu faire ? M'arracheras-tu le cœur comme la Reine que tu proclamais jusqu'à ce soir a arraché celui des Corbeaux, pour l'offrir à ta nouvelle Reine d'un soir ? Tes muscles sont impressionnants, je le reconnais, et j'aurais plaisir à en profiter dans d'autres domaines, mais, sauf peut-être à l'Onyx, ce n'est pas par la force brutale que l'on gouverne le monde de la luxure... »

    Erika n'était pas chanteuse ou poétesse. Son art était celui de la pierre sculpté, des voix de la terre qui murmuraient pour elle leurs secrets. Mais pourtant, elle savait user de sa voix, comme savait le faire toute femme digne de ce nom, toute courtisane véritable – et elle qui était suzeraine parmi les siens mieux que beaucoup d'autres. Doucement, de sa démarche féline, qui faisaient se mouvoir bien des choses pour le plaisir de tous les regards, elle se détourna sans crainte de Tskar et fit quelques pas en direction de Cassandre, la pointant de son doigt fin et délicat.

    « Non, la règle des putains n'est pas la violence ! Nous ne couronnons pas les assassins ! Je ne m'agenouillerai pas devant une oracle gladiatrice sous la menace d'un guerrier fauve, pour adorer les pieds de celle qui a assassiné la maîtresse de ces lieux pour maintenant prétendre à son trône. Ce sang qui macule ce siège c'est toi qui l'y a répandu, Cassandre du Rubis ! Et si grand que soit mon respect pour la courtisane que tu es je ne reconnaîtrai jamais un pouvoir qui serait trempé dans le sang qu'a versé la gladiatrice qui se cache sous tes atouts. »

    Douceur, fermeté, comme une mère qui réprimande des enfants. La Reine des Putes de l'Émeraude, toute aussi souveraine, dans les murs de sa Maison Close, que n'importe quel grand Patriarche au trône plein d'orgueil, se tourna vers l'assemblée, faisant une nouvelle fois face au puissant seigneur de la luxure onyx.

    « Je suis Erika, Maîtresse de la Maison Close d'Émeraude, et je n'ai nulle reine au-dessus de moi, certainement pas une reine imposée par la force. Vous refusez de voir les leçons que nous avons pourtant mis en avant en commençant cette cérémonie : pendant que Londres se déchire sous la loi du sang, nous prospérons sous celle du sexe. Nous ne renierons pas la seconde sous la menace de la première, tous les deux. Je sais que les enfants de l'Émeraude ne se choisirons pas d'autre protectrice que moi-même. Et quand à moi, je ne me battrai certainement pas avec vous, ce n'est pas mon domaine, sauf si vous voulez un tournois de baise sauvage, que j'accepterai volontiers. Mais je ne me plierai pas aux ordres, et mes enfants n'ont besoin d'aucune mère, si ce n'est moi-même. »

    Les intentions de la belle blonde étaient claires : elle ne donnerait pas à Tskar le combat qu'il semblait presque attendre, mais refuserait cette mascarade autour de Cassandre. Doucement, elle se rassi donc, en laissant d'autres réagir, et se servit, sans se troubler, un verre de vin. Elle savait, ou du moins était persuadée, que toute tentative de faire plier l'assemblée par la force brutale ne mènerait qu'à sa dispersion et, en tous cas, à la disparition du genre de pouvoir qu'il était originellement question de canaliser cette nuit-là...
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Messagepar Caithleen » 24 Juil 2016, 01:38

Une odeur et un contact familier au sein de cette foule étrangère.

- Bonsoir, Tskar,
murmura-t-elle dès que ses lèvres rudes quittèrent les siennes.

Il la tint encore un instant, la laissant profiter de son parfum viril, presque animal. Cette fragrance de musc, de sang et de cendres mêlées. Elle s’en souvenait comme si c’était hier... Mais tout cela n’augurait rien de bon, songea-t-elle. Rassemblant les plis de sa robe, elle se leva, se coulant dans la foule sans aucune aide cette fois ci, se contentant de se laisser porter par le mouvement des corps et le bruissement des étoffes.

Les anciennes étaient là. Cela se murmurait, par des voies troublées, surprises de voir toutes ces femmes abîmées par le temps et leur vie. Et surprises par la magnificence du banquet qui avait été dressé en ce jour si particulier.

Et cette fois ci, Caithleen se fit attentive. En même temps que son catalyseur, ses yeux s’illuminèrent alors qu’elle se plongeait dans l’éther, observant attentivement les événements présents se dérouler, prendre place dans la trame du destin. Presque traînée par neuf vieillardes, si frêles et parcheminées qu’on aurait pu es souffler d’une pichenette, Cassandre fut placée du le trône. Celui qui fut, un bref instant, celui d’Urielle.

Et la voix grave de Tskar, grondement de tonnerre se répercuta sur les murs de pierres défraîchies, emplissant sans peine l’espace sans qu’il ait à demander le silence. Silence qui perdura quelques secondes dans la stupéfaction générale face à son annonce.

La Reine de l’émeraude fut la première à se prononcer. Forte et douce à la fois, elle exprima sa résolution et son refus à la proposition de Tskar. Mais vu comment tout cela avait été organisé, était-ce bien une simple proposition...? Mais la Reine d’Emeraude avait raison. Bien que souvent jetées dans les méandres de la politiques, les putains ne cherchaient pas le sang et la guerre. Chaque Maison était sa propre souveraine, ainsi en avait-il été depuis des siècles. Ainsi en avait-il toujours été.

En quelques instants, dès qu’Erika eu fini de se prononcer, le murmures des conversations résonna de nouveau. Questionnements, affolement, colère...

Paisiblement, Caithleen se leva, contourna la majestueuse table pour tranquillement cheminer jusqu’à Tskar et Cassandre, toujours assise sur le trône où elle avait été placée. La chevelure immaculée de l’Oracle détonnait dans cet environnement sombre, et plus encore une fois qu’elle fut face à l’immense Onyx. Sa voix se fit entendre, claire et posée.

- Pour quelles raisons devrions nous choisir un chef? Les Maisons se sont toujours autogérées. Et si nous devions le faire, pourquoi Cassandre? Quelle légitimité a la Reine de Rubis, parmi tous les autres...?


Elle eut un sourire amer à Cassandre, posant son regard sans vie sur elle.

- Les Oracles ne sont pas faites pour diriger. Nous sommes trop occupées à scruter les méandres des possibles pour observer le présent, et nous laissons passer l'essentiel. Nous apprenons rarement de nos erreurs.

Elle se tourna ensuite vers Tskar. Petite effraie blanche face au loup noir, la confrontation en était presque ridicule. Son regard perdit de sa netteté alors qu'un sourire s'esquissait sur ses lèvres. Comme bien souvent ces derniers temps, elle sembla de nouveau perdre sa cohérence, sa prise sur le monde, luttant pour ne pas dériver ailleurs et sa voix se fit chantante.

- Je ne souhaite pas devenir ton ennemie Tskar. Je suis sure que nous le regretterions de bien des façons

Elle eut un rire, presque incongru ici tant il semblait malicieux.

- mais si je dois l’être, sois sûr que j’aurais toujours un coup d’avance sur toi d’une façon ou d’une autre, conclu-t-elle d’un air joyeux.

Et tout aussi tranquillement qu’elle était venue, elle tourna les talons.
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Messagepar Elea » 25 Juil 2016, 16:15

Le grand soir était arrivé, Serena m’avait parlé de cette réunion secrète, m’expliquant l’importance qu’elle avait et ce qu’elle représentait. J’avais beau avoir été élevée par la Maison close d’Opale, c’était la première fois que l’on m’en parlait, les filles étaient restées très discrètes sur le sujet. Je supposais qu’elle ne m’en avait pas fait part, tant qu’elles n’étaient pas certaines que j’allais rester comme putain à la maison d’Opale. Je le concevais, parfaitement, et j’avais juste été surprise d’avoir été mise au courant cette fois-ci, n’étant qu’une nouvelle et novice encore, j’avais été touchée par l’attention, et l’intérêt que me portait Serena. Elle avait eu une confiance totale en moi quand elle m’avait offerte à Tskar, et elle m’avait encore fait confiance en me faisant participer à cette réunion.

Bon, j’étais encore en retard, j’avais pris trop de temps pour me préparer, me faire jolie pour plaire et faire bonne impression, et j’avais tardé, sortant presque la dernière de la maison close, je me dirigeais dans les ruelles en direction de la forêt, le pas hatif, et filant dans l'obscurité comme une chatte habile.

Filant sur les pavés, mes talons claquaient sous mon pas rapide et agile, j’avais toujours été douée pour marcher avec des pointes plus ou moins longs, et je tenais ma courte robe turquoise du bout des doigts en la soulevant un tantinet, me permettant de mouvoir plus facilement dans les ruelles. Ma poitrine menue rebondissait à peine malgré le décolleté plongeant que ma robe offrait, mais elle me serrait assez pour tout maintenir en place et ne pas rendre désagréable ma petite course.

Arrivée à l’entrée des bois, je ne me retrouvais plus seule, je pouvais voir d’autres filles, et des hommes aussi, tous très bien vêtus, trouvant ma robe classique même à côté de certaines tenues. Je travaillais depuis peu, et je n’avais pas pu me payer une robe plus luxueuse, celle-ci, turquoise aux couleurs de ma maison, était simple, mais me mettait parfaitement en valeur. Je saluais en souriant, et en hochant la tête poliment, et je me rendais compte que j’avais oublié ma cape … quelle bécasse, j’allais encore me faire remarquer.

J’entamais cette marche silencieuse, le calme n’étant brisé que par les bruits de pas et les cliquetis des parures, ou le bruissement des tissus.

Cette forêt était magnifique, les lumières éparses et peu puissantes, traçaient un chemin tout défini vers notre destination a tous, et les ombres qu’elles faisaient danser étaient floues et peu évidentes, ajoutant au mystère du lieu. J’étais venue, enfant, jouer dans ces bois, une fois ou deux, mais la vision que j’en avais aujourd’hui avait quelque peu changé, et je m’imaginais des scènes lubriques, un sourire aux lèvres, me disant que le monde de la nuit cachait tellement de surprises.

La longue marche était particulièrement troublante, on m’avait tellement dit de choses plus ou moins sordides sur les relations entre les maisons, et les factions, que j’étais ravie et étonnée de voir toutes ces filles et ces garçons de joie marcher côté à côte, comme un seul courant d’eau formant un puissant torrent, Et ce torrent venait se déverser dans un étang, calme, une foule mélangée de filles et de garçons des neuf. Une foule captivée par les reines et rois se tenant devant nous, sur cette hauteur qui les dévoilait à tous.

Je me tournais vers l’assemblée des couples de nos dirigeants, qui tour à tour, se défaisaient d’une mèche de leurs cheveux, l’offrant aux douces flammes qui dansaient dans la nuit, les consumant comme tribut.

Je ne connaissais Urielle que par les histoire que j’avais entendue à son sujet, et ça ne me disait pas grand-chose sur elle, une pute qui avait voulu s’élever au plus haut rang, s’imposer en voulant bouleverser son destin et le bousculer.

Contre toute attente, au milieu de ses visages inconnus, devant être une des plus petite, et une des plus jeune ici, je ne me sentais pas mal, ni gênée ni oppressée. Mon cœur palpitait, mais pour une toute autre raison. L’excitation de participer à un évènement si important, la petite fille que j’avais été, née et abandonnée dans la rue, recueillie et élevée par la maison d’Opale, avait bien grandi, et allait se faire une place dans ce monde nocturne qui animait la ville de Londres. Et j’en était heureuse, le visage souriant, les yeux brillants dans la clarté de la lune qui éclairait les visages alentours.

Une petite foule avait su détourner le regard, attirée par le spectacle offert par un homme qui partageait à haute voix ses pensées. Cette voix, je la reconnaissais, elle m’avait marqué par son parler sauvage, et son accent atypique. Mais j’étais bien trop loin pour comprendre ce qui se disait, et je n’osais trop bouger, restant calme, observant les rois et reines d’un œil, et ce qu’il se passait autour de moi de l’autre.

Mon attention fut captivée par un évènement, une des reines à la robe magnifique couleur rubis, certainement en lien avec sa maison, fut menée sur le trône, le siège même d’Urielle à ce que j’avais compris. Et elle allait être faite Reine, je me demandais ce que cela signifiait, et impliquait, je me sentais comme une petite fleur au milieu d’un essaim d’abeilles, perdue, mais en sécurité, je ne comprenais pas tout ce qui était en train de se passer.

De ce que je comprenais, cette assemblait devait désigner la nouvelle Reine ? Mais j’avais des doutes sur la manière d’y parvenir, Tskar semblait penser qu’on pouvait juste la nommer, et l’imposer, mais la maitresse d’émeraude, ne l’entendait pas comme ça, et elle le montrait clairement. Je sentais une tension, une gêne palpable dans l’atmosphère. Cela semblait des règlements de comptes, des accusations.

Puis Caithleen répondait parfaitement aux questions qui traversaient mon esprit. Le choix d’une Reine ne semblait pas une obligation, et semblait plus être une promotion pour l’une des reines qu’autre chose, et ça ne pouvait pas mener à autre chose qu’un conflit, et les tensions commençaient à s’intensifier.

J’entendais murmurer autour de moi, les gens parler entre eux, accepter ou refuser les choix de tel ou tel dirigeant. La bonne ambiance se dégradait, et même si tous ne prenaient pas part au débat et restaient silencieux et spectateurs comme moi, d'autres commençaient à s’échauffer, et je n’allais pas y prendre part. J’étais curieuse de voir comment la situation allait pouvoir s’améliorer, ou se dégrader. Cette nuit qui semblait avoir débuté comme une grande fête, dans la joie, la paix et la tolérance, prenait une toute autre tournure et semblait tendre dorénavant vers un débat politique, argumenté par des règlements de comptes, un peu de fierté, et de rivalités.

Voilà qui allait retarder l’heure du repas.
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Messagepar Eonis Omory » 26 Juil 2016, 10:04

Un à un ils continuaient d’arriver. Le conclave accueillait ses enfants chéris et alors les festivités prenaient vie en ces lieux qui semblait ressusciter un lourd passé. Une ancienne légende où résonnait encore le nom d’Urielle. Elle en avait seulement eut écho, cela remontait bien trop loin. Un temps qui lui était inconnu.

La bienvenue était souhaitait officiellement. Par l’homme de l’Onyx en personne. Tskar, incarnant la bestialité, la sauvagerie et la perversité, prenant suite après le discours de l’Emeraude ; un baisé pour sceller cette invitation de luxure. Eonis ne ressentait rien, rien de ses propres émotions, juste la froideur des lèvres de celui qui était son patron. Elle murmura un bonsoir à son attention, une légère inclinaison de tête avant qu’il ne continu son chemin vers les autres. Et les festivités, les vrais, allaient enfin commencer. Avant cela Tskar semblait avoir une surprise à l’attention de la foule. Pas seulement, il visait une personne en particulier, la blonde le savait, elle percevait non seulement son regard mais aussi ses intentions.

Tous s’engouffrèrent à l’origine même de tout cela, de tout ce que pouvait représenter cette fameuse nuit. Et sans autre mot la foule se mit en marche pour accéder à l’ancien palais enfouis, le rêve d’Urielle. La putain qui avait voulu s’élever au rang de reine. Eonis ne l’a connaissait pas, elle ne savait pas traître mot de toute cette histoire, juste des brides de cette désormais légende. Parmi l’assemblée, il semblait intéressé par une des catins du Rubis. Cassandre. La blonde arrivait à capter toute sorte de chose, grâce à son don, mais elle n’arrivait pas encore à bien voir ce que Tskar pouvait préparer pour la courtisane doré. Et pourquoi elle en particulier ?

Enfin tout le monde prit place autour de la table qui était dressé. A cet instant neuf vielles femmes, avec des cannes et des bougies s’approchaient de Cassandre. L’agrippant sans outre mesure, l’emmenant de force sans qu’elle n’est pu dire ou faire quoi que ce soit contre leur volonté ferme. Sans ménagement, elles l’avaient conduite directement vers le trône. Du moins ce qu’il en restait. Vestige du passé, des traces de sang séché étaient encore présente. Tout commençait à devenir un peu plus clair dès lors qu’elle avait pu ressentir les émotions de l’autre courtisane désavoué. La vérité lui fut apprise.

Tskar dévoila son idée perfide. Peut être pour blesser Cassandre, pour soulever une révolution. Il voulait faire d’elle la nouvelle reine de tout le conclave. Il savait bien qu’il y aurait du questionnement et que les gens allaient s’opposer à ce que lui voulait à tout prix imposer. C’est ce que fit l’Emeraude. La faction ne voyait pas cette proposition d’un très bon œil. Erika vient mettre à jour les doutes de Cassandre, les remords, confirmant ce qu’elle avait réussit à comprendre par elle même. Urielle n’était plus et c’était à cause de la courtisane Rubis. Et puis une autre fille de joie prit position à son tour. Pourquoi la communauté des maisons closes et des putains devait-elle être dirigé par une seule et même personne ? Après tout chacune des maisons avaient son propre dirigeant. C’était ainsi depuis la nuit des temps et c’est une bonne chose.

Eonis commençait à ressentir les sentiments qui faisaient surface. Partagée entre l’opposition et l’acceptation. Elle était sur d’une chose. Se mettre à dos Tskar n’était pas la meilleure solution. Surtout pour une fille de l’Onyx. Le russe était son patron, elle n’osait déjà pas pensé à ce qu’il était capable de faire lorsque la colère prenait possession de son être. L’Onyx elle connaissait. La vie de putain elle connaissait. Une fois elle s’était levé contre le désir sombre d’un homme et elle en avait subit les conséquences. Les multiples conséquences pouvait-on dire. Elle non plus n’était pas d’accord avec cette idée, mais elle ne pouvait délibérément rejoindre l’avis des autres. Elle restait Onyx, elle était loyale à sa faction, à sa reine et à son maître de maison close. Elle tenait à sa vie et ne pouvait se jeter sans conséquence dans la gueule du loup. Alors elle restait là, assise, sans dire mot et en soutenant simplement de son regard Tskar.
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Messagepar Harkendël » 27 Juil 2016, 15:30

Un sentiment bien connus lui nouait l'estomac. La peur. La peur lui donnait de violent frissons sur sa peau laiteuse, la chair de poule rendant sa peau électrique.

L'excitation lui faisait battre le cœur rapidement et elle pouvait presque sentir son sang circuler dans ses veines.

Elle avait un rendez-vous. Mais un de ceux qui la mettait mal à l'aise. Et son client n'est autre que toutes les putains de la ville.

Un sourire matois étira ses lèvres pulpeuses à cette formulation. Si c'était vraiment le cas, peut être que le voyage mériterait effectivement d'être fait, rien que pour se plonger dans tout ce plaisir.

Un dernier regard dans le miroir la fit douter. Elle d'habitude si naturelle était parée de ses plus beaux atouts.

Sa robe n'était pas naturelle. C'était un présent d'un magicien devenu un client régulier. Une robe de brume. Elle pouvait sentir sur sa peau comme la caresse d'un tissu léger, qui passait de l'argenté au noir, bruissant, s'évaporant sur sa peau pour dévoiler un pan de cuisse ou la courbe d'un sein avant de venir cacher pudiquement cette peau si pâle.

Toujours en mouvement, la robe semblait vivante, comme si le vent jouait sans cesse avec.Un alliage d'argent englobé ses seins en fine arabesques pour descendre le long du creux de son ventre pour venir ceindre ses hanches et finir par s'enrouler autour de ses cuisses. Tel un serpent précieux il maintenait les pans invisibles de la robe.

Une lourde capeline en velours lui ceignait les épaules et Harkendël rabattit les bords de sa capuche sur son visage. On ne pouvait plus que voir ses yeux argentés et quelque mèche de sa longue chevelure noire.

Pas de maquillage, pas de bijoux. Elle ne portait même pas de chaussures. Sans un mot elle ouvrit la porte de la maison close et sortie se disant que sa tenue devrait suffire. Elle ne possédait rien de plus.


Les fragrances de la rue lui attaqua les sinus. Le sol était froid et humide, l'air était chargé dune humidité épaisse et lourde. Et il faisait sombre. Pour autant elle pouvait voir la procession de personnes s'avançait tous ensemble en silence, unit d'un même désir.

Son cœur battait à tout rompre. Elle avait si peur. Si peur de l'inconnue. La Poupée n'était pas faite pour cela. Elle est faite pour le plaisir, pas pour les aventures même si son cœur ne demandait que cela.

Alors, tel un fantôme elle rejoignit la file et se mit à marcher la tête basse, le ventre noué. Elle ne ferait pas demi tour. C'était impossible. Elle avancerait quoi qu'il se passe. Même quand ses pieds se posèrent sur une flaque d'un liquide rouge et poisseux, elle continua d'avancer.

Quand elle vit que personne ne lui adressait la parole et qu'il ne semblerait pas que des inconnus veuille lui faire du mal, elle se détendit. Il régnait une étrange ambiance parmi tout ce bas peuple. Il n'y avait pas besoin de mots échangé pour savoir que l'air était chargé d'excitation et de tension. Parfois elle apercevait les visages de ses camarades. Beaucoup était sérieux. Elle vit de belles femmes de Rubis chargés de bijoux et d'autre diamant sculpté de façon aérienne. Les hommes d'Onyx dégageaient un parfum de virilités, celles d'Opales étaient l'élégance incarnée, ceux d'Émeraude semblait danser tout en avançant d'une démarche souple, ceux d'Améthyste portaient des loups tous plus beaux les uns que les autres, les hommes de Perles semblaient presque flou, dégageant une odeur entêtante qui vous assomme comme l'éther, ceux de Saphir dégageait une force brute et les tatouages roulaient sur leurs peaux.

Pour l'Ambre elle ne saurait dire. Curieux non ? Elle faisait partie de cette faction, mais elle se sentait différente à bien des égards à ses camarades. Pour elle, ils n'étaient ni ses frères ni ses sœurs. Seulement des personnes qui devaient faire le même travaille qu'elle. Sauf que pour la Parfaite, c'était sa vie. Son fonctionnement.

Mais déjà ils s'enfonçaient tous dans une forêt ancienne. La forêt. Tous la connaissait, surtout tous les êtres de plaisirs. Qui ne connaissait pas cette légende ? Même elle l'avait entendus. Mais elle ne connaissait pas grand chose de cette histoire.

Peut être parce qu'elle ne se sentait guère concernait.

Ils continuèrent d'avancer sans un mots ; ses pieds s'ouvrant sous les débris de verres et les cailloux. Mais elle ne prêtait pas attention à cette douleur passagère. Elle savait très bien qu'elle guérirait d'ici peu.

Puis tout le monde s'arrêta près d'un feu. Il eut un discours, des altercations. Mais Harkendël n'y prêta pas attention. Ses yeux argentés fixaient les flammes se demandant si elle pouvait être concerné par tout cela. Avait-elle le droit de penser aux autres ? De penser … à elle ? Avait-elle le choix ? Le droit ?

Elle n'était qu'une création. Un objet de désir et de plaisir. Elle ne vivait que pour cela. Alors, avait-elle le droit de penser autrement ? La Poupée se sentait souvent très seule et elle se demandait si elle pouvait réellement intégré cette communauté.

Sans un mot, elle dégagea son visage le dévoilant aux yeux de tous et prenant le petit poignard cachait contre un de ses seins se coupa une mèche de cheveux sans prendre la peine de regarder où elle coupait. Elle trancha net une lourde mèche de cheveux noirs et s'avançant près du feu elle lança les cheveux dans les flammes.

Avec sa robe on aurait dit un esprit de la forêt s'aventurant dans le monde des humains le temps d'une soirée.

Mais déjà, sa mèche de cheveux commençait à repousser lentement, effaçant le vestige de son geste.

Replaçant le couteau à sa place initiale, la Poupée préféra s'écarter légèrement du groupe, contre un muret et caressa d'un doigt le pétale d'une fleur ou un papillon pastel se posa. Une nouvelle fois, elle ne se sentait pas à sa place avec les autres.

Peut être qu'elle n'aurait en fin de compte pas du venir.
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Messagepar Le Conseil des Neuf » 30 Juil 2016, 12:43

Raven Orothar

Mère des Putains Améthyste

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– Urielle.

Point de mot prononcé auparavant par Raven. La Mère n'avait rien dit depuis qu'elle était arrivée dans les Ruines avec ses Enfants, pas même lorsqu'elle avait révélé son visage et coupé une mèche de ses cheveux. Ou lorsque Cassandre avait pris la parole à propos de cette Reine assassinée, aux espoirs condamnés en même temps qu'elle.

Elle n'avait rien dit non plus lorsqu'elle avait quitté la Maison. Lumières allumées et portes ouvertes pour cet établissement que les putains Améthyste avaient laissé. Une provocation, une insulte aux clients, aux politiques, tandis qu'ils s'en allaient, toutes et tous. Les Putains n'écartent pas les cuisses, ne courbent pas l'échine ce soir.

L'air calme, elle n'avait fait que murmurer le nom de cette Reine damnée parmi les récriminations des autres. Régicide, Reine imposée et Trône maculé sous autres protestations. Quelle idée, Tskar. Quelle idée.

– En la couronnant reine, tu ne fais de Cassandre qu'une nouvelle Urielle.

Annonça-t-elle plus fort cette fois, assez pour se faire entendre. Point d'accusation, aucune menace. Uniquement la vérité des faits, une franchise dans la voix de Raven. Une évidence, selon elle, de l'avenir de la Gladiatrice.

– Et une nouvelle Cassandre s'élèvera d'entre nous.

Elle avait dit cela en se détachant de ses Enfants, de ces filles et ces garçons qu'elle avait pris sous son aile, ceux à qui elle fixait la voilette de leurs secrets, apposait les masques moulés à même leur visage. Et sur celui de Raven, cet antique loup noir qui lui dévorait les yeux et les joues, semblait ne faire qu'un avec sa peau, comme partie intégrante d'elle.

– Reste sur ce trône, Cassandre. Repais-toi de cette couronne qui siéra ton front. Regarde nous comme Urielle le faisait autrefois. Dirige nous comme elle désirait le faire. Sois notre Reine, sois donc !

Le ton franc, les mots justes. Et son regard, sous ce masque de dentelle et de plumes, qui fixait la Gladiatrice.

– Ce Régicide sera peut-être solitaire, ou consolidé par les alliances. Une naissance puisée au cœur des cuisses des Putains.

Ainsi, elle visait Erika qui avait été la première à s'opposer au Tsar et cette prise de pouvoir forcée. Elle visait également Caithleen et les autres, celles et ceux qui refusaient à se plier à la volonté de l'Onyx et des Anciennes.

– Ou le caprice du Conseil lui-même, trop orgueilleux, trop effrayé par cette Reine qui s'élève des Bordels pour en être l'égal. Une menace réelle.

Une sentence. Un écho à ce qui avait été fait autrefois à Urielle, à pourquoi Cassandre avait enfoncé le poignard dans le sein de celle qui voulait être une Mère.

– Sois notre Mère, et nous serons tes Enfants. Fais-le, si là est la volonté des Anciennes, si là est l'héritage naturel d'Urielle. Tu es celle qui a fait couler son sang, alors tu es la seule en droit de s'asseoir sur son Trône.

Comme les Grands. Comme les Neuf. Comme les Putains elles-mêmes qui, pour certaines, n'avaient en rien hésité à assassiner ce Maître, ou cette Maîtresse, de Bordel pour en prendre la place. Raven en faisait partie, elle qui n'avait pas un seul instant flanché lorsqu'il avait été question, à l'instant où l'idée lui effleura l'esprit, de supprimer cette précédente Mère Maquerelle dont elle était tombée sous l'autorité.

– Je ne serai pas de celles et ceux qui te suivront aveuglément ; mais je ne ferai pas partie des opposants qui réfutent ta légitimité. Le sang, nous l'avons nous-même fait couler, il nous est même arrivé de nous en repaître aveuglément.

De là, Raven s'adressa à ses Putains, à celles et ceux qu'elle tenait dans sa poigne et ses secrets, qui, le temps d'une nuit, s'étaient libérés de toutes contraintes.

– J'ai mes propres Enfants, ma propre Famille. Qu'ils te suivent, s'ils le désirent ! Qu'ils le fassent ! Mais qu'ils ne me quittent pas. Que je sois celle qu'ils voient en Mère, et toi en glorieuse Reine Nourricière.

Un verre de vin fut levé en direction des autres convives. Par principe. Pas symbole. Pour appuyer ses paroles.

– Tu as mon soutien, Cassandre. Ma fidélité, si tu le désires. Si tu le mérites. Sois celle qui nous guide au travers de cette Révolution. Qui nous libère des Neuf. Mais fais le bien, car aucune erreur ne sera acceptée. Le moindre faux pas, et tu perdras celles et ceux qui se seront ralliés sous ton autorité.

De ceux-là, Raven en faisait partie. Son clan détruit par le sang et la violence, elle était de ces personnes qui légitimaient la prise de pouvoir du plus fort sur le plus faible. Les complots et les poisons ; les viciosités de l'âme qui engendraient les envies. Point de traumatisme, juste une rage de sortir de sa condition, et si Cassandre était désignée comme la Putain Couronnée, celle qui mènerait cette révolution depuis le secret de ses cuisses, Raven la suivrait. Pour s'émanciper ensuite, et, peut-être, retourner à ce qu'elle était autrefois.
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Messagepar Ragan Nightingale » 30 Juil 2016, 15:39

Le rossignol observait la situation qui semblait s'envenimer, Tskar voulait donner le pouvoir à Cassandre, la mère putains des joyaux du rubis, tandis qu'une artiste d'émeraude à la beauté d'envoûtante faisait ce soir là preuve de courage face au grand loup déchaîné de l'Onyx. Un sourire illumina les lèvres du jeune rossignol en observant la belle blonde, il avait eu l'occasion de la connaître en d'autres circonstances et c'est toujours l'air un peu gêné qu'il osait la regarder droit dans les yeux, mais ce soir là, il ne s'en cachait pas, elle était tout aussi magnifique que l'écho de ses mots pouvaient avoir de l'impact pour lui. Lorsqu'elle se rassis, il lui fit un clin d'oeil discret en signe d'encouragement et qu'il la soutiendrais, car elle avait raison. Nul autorité ne devrait diriger ce que les neufs maisons closes étaient devenues. Jusqu'à maintenant celles-ci avait bien survécus aux atrocités de ces neufs dirigeant corrompu par le pouvoir, alors elles tiendraient, toutes encore longtemps, pour des siècles et des siècles.

C'était sous le signe du plaisir qu'elle devait s'unir, non sous l'une des reines des neufs maisons closes. Le jeune rossignol fit le tour de la table pour se diriger vers Tskar, lorsque fut à la délicieuse Raven d'exprimer son opinion. Calme et respectueux, comme toujours, le rossignol de brume écouta la Mère de l'Améthyste. Elle qui s'était fait discrète jusque là, n'hésita pas une seule seconde à exprimer son point de vue, tant de courage chez ces petits bouts de femmes, il en était en admiration face à elle. Durant toute sa vie, elles avaient été son point de repère, ses délicieuses muses, délicate, parfois peut-être un peu trop énergique, mais ils les aimaient tendrement et encore plus ce soir là, après les avoir écoutés une à une.

Même si tous n'avait pas le même point de vue, sur les lèvres du rossignol un sourire tendre se dessina. Le mieux était de débattre de tout ça et de faire en sorte que l'Onyx ne se précipite pas dans la violence qui sommeillait en eux. Et surtout en Tskar. Il était craint, mais pour le rossignol, c'était une tout autre affaire... Lorsque Raven termina, il plongea son regard dans celui du loup déchaîné, le saluant d'un signe de tête avant de prendre la parole.

- Tskar de l'Onyx. Mes frères, mes soeurs, ce soir nous, nous sommes réunis dans un même et seul objectif, resserrer ces liens qui nous unis sous une seule et même bannière, celle du plaisir. Mettre en avant une autorité supérieur a toujours été signe de conflit, regardez le résultat avec nos très chers dirigeant, ne sont-ils pas en ce moment même de s'entre-tuer pour le pouvoir de notre magnifique Londres ? Pourquoi devrions-nous faire pareil ? Nous sommes là pour nous unirent et non pour nous désolidariser. Nous voulons tous prospérer ensemble, n'est-ce pas ? Je n'ai rien de personnel contre Cassandre, même si ça aurait été quelqu'un d'autre, j'aurais réagis de la même façon.

Il s'approcha un peu plus de Tskar, l'observant sans un plaisir dissimulé. S'il fallait résoudre des conflits, il était prêt à s'offrir au loup déchaîné pour faire taire ces tourments en lui.

- Tskar, nous pourrions peut-être trouver un terrain d'entente. Ne faisons pas couler de sang ce soir, cela serait trop excessif et réduirais à néant tout les projets que nous avons employé jusqu'à maintenant pour vivre dans la paix et la sérénité. Nous ne désirons qu'une seule chose, vivre et prospérer de ce que nous savons faire le mieux.

Le jeune rossignol tandis alors une main vers le loup. Une main solidaire et aimante.
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Messagepar Cassandre » 31 Juil 2016, 06:20

Se méfier de la bête.
Sourire à l’Homme.
Cassandre fixait Tskar, le visage relevé afin de tenir le regard, ce regard. Lire dans l’autre. Briser les barrières du langage. Le don se tut, ferma ses voiles au Loup de l’Onyx. Comme s’il préférait ne rien dire, comme s’il ne voulait fendre le destin de ce Géant. Et Cassandre s’en contentait. Le chien des Kravt. Onyx. Sauvage obscurité, parcelles taboues du cœur, dont elle ne connaissait que les Arènes. Cela lui suffisait. Elle ne bougea pas lorsqu’il inclina la tête, seule une ombre traversa son regard. Une pointe d’incompréhension. Et du respect caché entre les secondes de son silence.

Puis, elle se recula et retrouva les siens.
Des mains cherchèrent les siennes, les touchèrent et les pressèrent. Des mains sur sa robe. Des mains sur sa peau. Ses Enfants Perdus quêtaient sa présence afin de se rassurer de l’inconnu, de cet endroit étrange où leurs pieds frôlaient racines, lit de mousse et décombres féériques. La Courtisane ne répondit pas à leur peurs, se contentant d’avancer, faisant valser les rubis pendus à ses oreilles découvertes par le vent. Pourtant, un inconfortable frisson glaçait sa peau, caressait son échine. Un avertissement. Une joie qui ne voulait éclore malgré l’heure de fête. Le fantôme d’Urielle derrière son épaule nue.

Le buffet détourna toutefois les craintes de ses protégés. Pas les siennes. Pas tout-à-fait. Il était vrai que le spectacle nourrissait la faim, même pour les Rubis, ces médaillés du luxe et des frasques, ces champions de la gourmandise et de la profusion. Des murmures affamés et agités parcoururent la foule. Cassandre garda les lèvres closes tout en esquivant des yeux cette débauche de nourriture. Non, elle demeurait plutôt hypnotisée par ces Anciennes, ces Reines passées, celles dont les noms créaient admiration et légendes, qui avançaient avec leur cierge dressé. Comme des Vierges. Ou des Saintes. Les minuscules flammes des bougies brillaient dans la nuit, menaçant de s’éteindre sous le moindre mouvement brusque ou sous la poigne tremblotante de ces neuf vieillardes. Cela ne prit qu’un instant à Cassandre avant de comprendre : Elles avaient un but précis, une convergence, une ligne droite vers elle. Son cœur manqua un battement, oisillon affolé.

Sous le choc, elle n’offrit pas la résistance nécessaire, traînés par leurs doigts voûtés par le temps sur sa robe fragile. Jointures secs et arides qui craquèrent lorsque les vieilles tirèrent sur le tissu. Blanc devint le teint de Cassandre, alors qu’elle saisissait leurs desseins. Rouge était le trône sous son corps tremblant. Reprendre constance. Être forte. Les mots de Tskar suivirent une courbe, dansèrent, flottèrent avant de la frapper. Un temps d’arrêt avant la détonation. Les paupières closes, elle compta dix souffles afin que le rêve s’évanouisse. Rien ne se passa. La foule, les neufs familles de maison close, se dressait toujours devant elle.

Une cacophonie. Des accusations. Elle devenait Folle. Encore. Un peu plus. Elle pressa ses paumes contre ses oreilles, enfonçant ses ongles dans la chair de ses tempes, se retenant de crier jusqu’à ce que ses poumons rappellent un brasier de l’enfer. Les dénonciations et les titres pleuvaient tout de même. Comme si chacun la connaissait mieux qu’elle-même. Assassin. Meurtrière. Sang. Gladiatrice. Oracle. Dans sa gorge, mourraient les gémissements qu’elle ne se pardonnait pas. Tout semblait vague, flou, tournait dans le brouillard de sa conscience. Comme si elle redevenait un enfant – cet enfant des ruelles qui se terrait devant chaque ombre, chaque rat et chaque menace. Et non pas une Reine. Non, un enfant terrifié par ses propres pouvoirs, une fillette angoissée de subir le même destin que sa génitrice.

Puis, une colère sourde grandit dans ses entrailles torturées. Sa réserve se brisa, se fracassa sous sa fureur mordante. Cassandre se redressa et quitta le trône où elle avait poignardé Urielle des années plus tôt afin de faire gicler son sang d’hérétique. De cette adrénaline qui l’avait préservée de la mort et de son passé trouble, elle repoussa la vieillarde la plus proche afin de la projeter sur les autres, ne prêtant pas attention aux cierges qui roulaient sur le sol, éteints.

Puis, dans la nuit noire, semblable à celle qui condamna Urielle, résonnèrent les éclats de rire de Cassandre. Un rire froid. Un rire épuisé. Un rire métallique.

« Oui, Urielle avait raison, mais je n’étais pas la seule qui a eu tort. »

La nausée bordait ses lèvres. Elle voulait mordre. Elle voulait fuir. Elle voulait détruire.

« Urielle s’est dressée contre les Neufs. Elle fit naître une dixième maison close, un schisme dans l’ordre établi, mais dont les scandales et l’opulence éclaboussèrent bien plus que les Neuf Grandes Familles : les maisons closes furent aussi touchées, jalouses de ce succès. »

Cassandre marchait d’un pas, feulant ses mots lourds de douleur. Une fois devant Erika, elle s’arrêta afin de continuer :

« J’étais jeune, courtisane depuis peu. Peut-être bien un peu naïve. Mais j’avais plus d’un atout, je maîtrisais les armes et mes mains étaient déjà souillées par le sang. Atouts que certains d’entre vous et vos prédécesseurs, chers Rois et Reines de la nuit, m’ont conviée à utiliser. Je n’ai pas choisi de tuer Urielle. On me l’a demandé. On est venu me lécher les pieds. Notre famille autant que les Neufs. » Elle inspira profondément.

Anafiel. Ephyméride. Les Neufs. Les putes. Cassandre elle-même. Tous n’avaient désiré qu’une seule chose : la mort d’Urielle et de ses ambitions trop grandes. Le premier, à lui seul, aurait suffi à la convaincre, les autres n’avaient qu’ajouter d’autres pierres à sa certitude. La Pythie poursuivit sa croisade afin de venir caresser le front de la jeune fille aveugle, l’Opale à la chevelure immaculée.

« Je n’ai aucune légitimité. Je ne demande pas non plus à l’être. Toutefois, fais attention, petite Oracle. Ne confonds pas ton don au mien. Certes, nous portons tous un fardeau, mais il en reste différent. Crois-moi, je préfère le présent au futur et mes erreurs ont plus que marqué ma chair.
Et je ne dirige pas, je guide.
»

Elle embrassa la joue de la prophétesse. Cassandre adressa un sourire triste aux autres avant de continuer. Expulser les regrets et la fureur avant qu’ils ne la consument toute entière. Devant Raven, elle se courba. Améthyste. Orothar. La droiture et la colonne de Londres.

« Je ne cherche pas à imposer mon nom. Je ne cherche pas à voler ces titres qui sont les vôtres, à vous arracher vos enfants. Et je ne comprends pas ce rôle dont on m’impose les rênes. Mais tes paroles trouvent écho en moi. Sois en certaine. »

Dernière étape. Son épaule frôla celle de Ragan dont elle saisissait les inquiétudes et les doutes. Ils rejoignaient les siens. Pourquoi semblaient-ils tous croire qu’elle était à l’origine de ce couronnement, de cette folie ? Ce n’était ni elle, ni Tskar qui avait engendré de telles illusions, elle le savait. Les Anciennes avaient joué de leurs pouvoirs et de leur statut immortel, celui d’idoles à respecter et à obéir. Elle acheva ses confessions et sa route auprès du Loup, dressé, prêt à défendre son droit au trône.

« Je veux bien porter l’étendard d’une Révolution et non être celle portée par la Révolution. »
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Messagepar Jader » 31 Juil 2016, 18:59

Jader se trouvait près de Cassandre et lui avait sourit en lui disant quelque chose d'évident, mais qui pouvait toujours faire plaisir. Or, s'était le but qu'il s'était fixé ce soir. Ou tout du moins, l'un des buts qu'il avait. La deuxième était de mieux connaitre ses compères des autres quartiers afin de nouer des relations amicales ou plus si affinité. Après tout, cela risquait fort d'arrivée avec une soirée désigné uniquement pour les filles de joie et les gigolos. Mais quand est-ce que cela allait démarrer... Là était vraiment la question. Jader pouvait s'en doute commencer cela avec une femme en question, mais avec qui...

Il marchait un peu en ayant pris un verre du délicieux nectar se trouvant sur le buffet et regardait autour de lui ce qu'il pourrait faire. De plus, il se demandait bien qui était toutes ses personnes. Néanmoins, il avait du mal avec les hommes et il s'écartait en voyant certains arrivés. Il s'écarta donc du plus gros du lot et choisi une place près d'un arbre où il se cala contre le tronc. De plus, trouvant l'endroit assez sympa, il choisit de s'asseoir au sol en relevant une jambe jusqu'à ce que le genou de celui-ci soit près de son visage. Après cela, il buvait tranquillement son verre en trouvant le nectar vraiment délicieux.

Un débat voyait alors le jour et Jader n'était pas très fan de ce genre de discussion. Cela n'était pas un mal en soit pour lui. Il n'avait tout simplement pas vécu pour en faire sans compter qu'il ne se voyait pas en faire non plus. Cependant, il était toujours intéressant d'écouter les débats du moment qu'il ne finissait pas par s'endormir. Car oui, aussi bête que cela puisse paraître les débats durant trop longtemps avait un effet de somnifère naturel sur lui. Si bien qu'il bût tranquillement la boisson par de petites gorgées.

En écoutant le débat, il releva certains mots, comme le nom de sa patronne ou le fait qu'elle allait surement devenir la reine des putains de l'ensemble de tous les quartiers. Cela le surprenait assez, car il n'était pas un gigolo depuis tant d'années que cela et ne savait pas qu'il y avait forcément une reine qui devait régner sur les filles de joie. Jader ne l'a ne félicitait pas pour le moment, car elle allait surement devoir débattre encore un peu. En revanche, il se releva pour aller se chercher encore du nectar. Malheureusement, son haut se déchira avec une petite branche. Lui qui affectionnait tout particulièrement son haut se sentait désolé. Mais, il l'ota. Il se rendait compte que même son haut sous sa veste avait un petit déchirement. Soupirant, il l'ôtait aussi et le posait contre l'arbre en l'ayant plié.

Après cela, il se rendait une nouvelle fois vers le buffet, prenait un verre et se baladait un peu autour de l'assemblée. La plupart des femmes l'intéressaient et il souhaitait faire leur connaissance. Jader remarquait d'ailleurs une femme (Elea) que personne n'abordait pour le moment. Il allait donc vers elle et lui fait une bise sur sa main par galanterie. "Jolie demoiselle, je suis ravie de vous rencontrer. Je me nomme Jader" Il lui faisait peu après une bise sur sa joue et eut une idée pour approuver Cassandre comme reine. Il vient murmurer à l'oreille de cette demoiselle une idée saugrenue et indécente. "Est-ce que vous me feriez l'honneur de vous envoyer en l'air avec moi sur le trône pour mettre de l'ambiance ?"
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Messagepar Elea » 31 Juil 2016, 19:33

Plus le temps passait, les minutes défilant à toute allure alors que le ciel coloré de la soirée avait enfin laissé place aux ténèbres de la nuit, et plus les esprits s’échauffaient. Les uns voulant Cassandre pour Reine, je disais les uns, car je ne pouvais concevoir que Tskar avait décidé ça seul, et pris le risque d’imposer sa volonté. Il n’avait même pas commencé à argumenter. Certainement parce qu’il voulait avant tout voir ce que chacun en pensait, dosant les réactions, et les non réactions.

Après la mère des émeraudes, qui avait exprimé son refus en fournissant des arguments plus que convaincants, ce fut au tour de la mère des améthystes de prendre la parole, Elle s’appelait Raven, belle, imperturbable. Elle semblait calme, et parlait avec assurance, appuyant à peu de choses près les arguments de l’émeraude. Mais à cette différence, elle était apte à lui accorder ce titre, tant qu’il ne restait qu’un titre, ne lui procurant aucun avantage, aucune autorité supérieure. Dans ma tête je voyais alors ça comme faire de Cassandre une mascotte, trouvant le compromis un peu … insultant, genre "t'es pas la reine du bal, mais on te donne la couronne de fleur qu'il y avait sur la table pour compenser..."

Je restais bien dubitative sur ce que ce compromis allait apporter, mais je n’entendais pas tout, entre ceux qui criaient, ceux qui bavardaient autour de moi, je n’avais absolument rien entendu de ce que cet homme avait dit. Il était le père des perles, un certain Ragan, et je l’avais vu s’adresser directement à Tskar, mais n’avais pas saisi un seul mot qui avait été prononcé. Il lui tendait une main, amicale vu son visage et l’expression qui y était dessinée, il devait lui aussi chercher un compromis.


    «- Raa putain, j’entends rien.»

Je m’approchais un peu plus, me faufilant entre les gens, tous plus grands que moi. Talons ou non, je restais minuscule, et même si ça plaisait, il y avait des moments où cette petite taille était un sacré handicap. J’approchais, alors que Cassandre avait repris la parole, je voulais l’écouter, entendre ce qu’elle avait à dire, curieuse, mais aussi intéressée par notre histoire, et notre avenir, et ses arguments à elle.

La foule n’était jamais immobile, et les visages qui m’entouraient changeaient tout le temps, les gens allaient au buffet, revenaient, et moi, même si j’avais faim et soif, je n’osais pas. Ne voulant pas bouger, pas me montrer, rester discrète pour l’instant et écouter, pour l'instant...

Au rythme des paroles de Cassandre, son ton qui émouvait une partie de la foule, et en indignait une autre, les avis divergeaient encore plus, et les débats commençaient entre les appartenant aux différentes maisons autour de moi, entendant des
« Cette putain ne mérite pas.» ou bien « Il n’y a qu’elle qui puisse devenir Reine.» ou encore « Pardon, poussez-vous, j’ai soif moi.» Oui, car il y en avait plein qui s’en foutaient royalement aussi.

Et ce fut le cas de ce jeune homme. J’eus à peine le temps de tourner le regard vers lui, je ne sais pas pourquoi, une intuition, le fait de me sentir observée peut-être, et il était là, à quelques pas de moi, s’approchant en saisissant délicatement ma main pour y déposer un baiser en son revers.

Surprise, mes joues s’empourpraient doucement, je lui souriais, il était mignon, et semblait faire partie de ceux qui s’ennuyaient fermement ici.


    «- Bonsoir jeune homme, je suis Elea.»

Présentations sommaires, agréables. Et parfaitement dans l’ambiance de la fête de de la nuit qui nous attendait, nous nous présentions comme personnes à part entière, n’appartenant pas à telle ou telle maison. Simplement nous, garçon et fille de joie.

S’en suivait un doux baiser sur ma joue, et une proposition des plus farfelues et malséantes. Un petit sourire en coin se dessinait tout seul sur mes lèvres, instinctivement, mes yeux brillaient de satisfaction qu’il m’ait choisie pour cette folie. Puis je pouvais voir qu'il avait pas le temps le bonhomme, il était déjà torse nu. Comme s'il avait planifié ça, et avait juste cherché la bonne proie dans toute cette foule.

J’hésitais un instant, mais au diable les doutes.

Place à la folie.

Selena m’avait décrit cette soirée comme la nôtre, à nous tous, sans distinction, et animée par ses mots, cette ambiance, cet homme qui me proposait quelque chose d'unique, de puissant, je ne pouvais pas refuser une telle avance, l’audace me prenant. Je levais de nouveau ma main, paume face au sol, la lui présentant. J’étais prête à le suivre. Je lui répondais alors, dans un élan d’extravagance qui ne me caractérisait pas habituellement, mais qui m’avait été inspiré par l’ambiance et l’atmosphère de cette nuit, associée à ma lubricité constante.


    «- Je… Avec plaisir oui, allons-y.»

Timide, peut-être, nerveuse, très certainement, folle, assurément.

Je me laissais guider, il avait du cran, séparant devant lui la foule comme un voilier lancé à toute allure fendait l'océan. C'est lorsque nous sortions de cette mer humaine, arrivant dans l'espace vide autour du monticule sur lequel se trouvaient les mères et les pères, qu'un grand vide se fit ressentir.

Plus de foule pour se cacher, j'étais exposée, aux yeux de tous, et en moi se mêlaient des sentiments de doute, d'excitation, et de fierté. Je me laissais emporter jusqu'au trône, Je me laissais tirer par cette main que je faisais trembler de mes craintes, de ma gêne.

Une fois en haut, devenue une pièce maîtresse de cette fête, ayant un peu bousculé les évènements, il se tournait vers moi, et je ne pus rien faire d'autre que saisir ses joues piquantes entre mes doigts pour l'embrasser, collant mon corps au sien, le couvrant de ma chaleur, je happais ses lèvres, lentement, tremblante, plongée dans le noir pour essayer de fuir tous ces regards, mes paupières serrées, je me laissais aller à la luxure.

Je ne pouvais plus reculer.
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Messagepar Jader » 31 Juil 2016, 21:22

Jader avait vu cette charmante demoiselle et lui avait fait une proposition indécente non sans y avoir pensé au préalable. Bien entendu, il ne l'avait pas choisi par hasard non plus. Il l'avait fait avec soin ni plus ni moins. Certes, sa demande avait été un peu plus abrupt qu'il ne l'aurait fait d'ordinaire, mais l'ennui l'avait poussé à parler ainsi. On dit souvent que l'ennui n'est pas bon pour la santé et Jader ne pouvait pas dire le contraire. Pour lui, s'était plus pour son mental que cela jouait. Fort heureusement, ce n'était rien de grave et avait que peu de conséquences. En revanche, il détestait les moments d'ennuis.

La demoiselle s'était alors présentée à lui brièvement comme il venait de le faire juste auparavant et elle se mit à réfléchir. Jader en profita pour boire le nectar dans son verre afin de ne perdre aucune goutte. Et lorsqu'elle répondit à sa demande, Jader se mit à sourire sur le coin de ses lèvres. Eléa avait été hésitante dans sa façon de lui, mais le fait qu'elle avait accepté prouvait une chose. Elle avait beaucoup de cran et de courage. Peu oserait braver l'inconnu, surtout après une demande aussi indécente et demander de façon si peu courtoise. Pour ne l'effrayer, il se montrait doux et gentil, mais en étant parfois surprenant sur certains points.

Jader lui prit la main et la guida au travers de cette foule pour aller vers le trône qui sied à la reine des putes. Sa patronne serait cette reine et pour commémorer cela, quoi de mieux que de montrer la détermination et le plaisir que l'on prend en étant un gigolo. Tout le monde connaissait ce plaisir, cette sensation de bien-être. Un frisson qui nous parcourait au point de faire frémir chaque partie du corps que l'on a. La transpiration des corps s'entremêlant et le son du plaisir qui se faisait retentir. Rien que d'y penser, Jader avait déjà des frissons qui lui parcouraient l'échine.

Montant les marches menant au trône, Jader s'asseyait sur celui-ci sans aucune prétention ni l'intention de le prendre. En revanche, il avait d'autres projets pour le moins intéressants. Eléa prenait d'ailleurs les devants en venant l'embrasser tout en venant coller son corps contre le sien. La chaleur montait et il n'hésitait pas un instant à venir la caresser sur tout son corps. Il en profitait pour glisser sa main sous sa robe et venir la déshabiller lentement pour la mettre à nue. Le corps d'Eléa était bien joli et il malaxait sa poitrine avec une main. Le temps passait un peu avant qu'il ne décide de la prendre en public en prononçant quelques mots.

- Les paroles prononcées auparavant son digne de louange et le fait d'être au service de la reine Cassandre n'est qu'un honneur encore plus grand. La liberté du plaisir est un luxe, un plaisir, une passion, mais aussi une arme. Nul doute que nous en somme tous les détenteurs et détentrices. Nous sommes fiers d'être ce que nous sommes et cette soirée est la nôtre. Prenez la liberté et le plaisir ce soir. Et honorons notre reine Cassandre.

En ayant prononcé ce petit discours, il avait parcouru l'assemblée des yeux et avait fait un clin d'oeil à une femme (Eonis) en lui faisant signe de la main de venir les rejoindre. Il continua même de le faire en lui parlant " Rejoins nous et enflammons nos cœurs jusqu'à ce que le plaisir atteigne de nouveaux sommets." Après quoi, il prit Eléa.
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Messagepar Erika Vartanen » 01 Aoû 2016, 08:05

    Un rire.

    Pas un rire froid ou moqueur, pas un rire méchant, vil, qui se réjouissait du malheur et des erreurs des autres. Pas un rire froid, presque agressif, chargé de fatigue, qu'avait pu émettre Cassandre quelques instants plus tôt à peine, pas un rire fait pour blessé quiconque, loin de là même. Il n'y avait rien de négatif dans ce rire, que du contraire. C'était un rire doux, presque poétique, et si on avait dû décrypter les émotions dont il était chargé on aurait sans doute pu parler de tendre approbation. Il y avait d'ailleurs, comme souvent avec Erika, quelques accents maternels dans ce rire. C'était un peu comme le rire approbateur d'une mère devant la réaction surprise de ses enfants – et de fait, on pouvait dire qu'il y avait de ça. Tant de choses, dans un rire, un doux et bref éclat, qui comme une douche de clochettes d'argent, venait rafraîchir une atmosphère sans doute bien trop lourde pour une telle soirée.

    Avant cela, pourtant, une certaine forme de lourdeur c'était bel et bien installée. Les réactions s'étaient enchaînées, après celle d'Erika, réactions de maîtresses et maîtres de maison close ou de simples prostituées, certaines s'élevant pour défendre la prise de pouvoir sauvage de Cassandre, d'autres, au contraire, pour signifier avec elle toutes leurs protestations. Beaucoup d'autres, tout en restant silencieux, avaient apporté, par leur attitude, par la qualité même de leur silence, une pesanteur que la matrone d’Émeraude elle-même n'avait pas voulu introduire dans la conversation – mais avait-on vraiment le choix, confronté à une si brutale tentative de briser l'ordre établit pour faire naître un pouvoir nouveau ? – tendant d'autant plus l'atmosphère. Certains, sans doute, songeaient à la violence, que la belle blonde elle-même avait refusé, et refuserait toujours. Elle était une Reine des Putains, pas une guerrière sauvage, et ce n'était pas avec la violence qu'elle ferait entendre son point de vue, certainement.

    Puis finalement, Cassandre elle-même, semblant sortir de son absence par ce bref rire, si froid, si métallique, était entré dans la danse. Avait fait son petit numéros. Du charisme, il y en avait, assurément, une forme de magnétisme des mots, de l'élan qu'elle insufflait. Mais il en fallait plus pour faire basculer Erika, qui se contenta de hausser un sourcil dubitatif quand la pseudo-reine passa devant elle. Sa ligne de défense, c'était que ce n'était pas sa faute ? Que la mort d'Urielle ne pesait pas sur ses seules épaules ? Qu'on la lui avait commandée ? Pour Erika, cela ne changeait rien, pourtant : c'était par le sang que se trempait sa légitimité, comme Raven s'en était fait l'écho, et cette légitimité du sang, elle la refusait. Elle comprit pourtant, en écoutant Cassandre, qu'elle n'avait visiblement pas manœuvré pour se retrouver là, mais avait été manœuvrée pour ce faire, ce qui ne fait, à dire vrai, que renforcer ses doutes, qu'elle s'apprêtait à expliquer quand arriva un événement... inattendu.

    Mais qui pourtant aurait dû l'être.

    Car ils n'étaient pas, après toute, quelque sombre assemblée politique des Neuf Familles, quelques conspirateurs réunis pour les intrigues et les meurtres. S'ils étaient un Conclave, c'était le Conclave des Putains, et les voilà qui se retrouvaient à débattre de politique ! Une machination des vieillardes, assurément, qui pensaient peut-être que ce caractère de putes, justement, allait les préserver de toute controverse. Mais Erika n'avait aucune dévotion particulière pour ces vieilles femmes, ces reliques du passé : le pouvoir de la chaire reposait avant tout dans le présent, dans la chaude moiteur de la jeunesse, et non dans les vieilles reliques, fussent-elles de chaire et de sang. Et elle n'avait pas non plus l'intention de laisser derrière elle ses enfants, de déposer au pied de quelque gladiatrice que ce fut cette couronne que l'on ne matérialisait jamais d'or ou de joyaux, mais qui n'en était pas moins réel. Toutefois, l'intervention de Jader et d'Elea lui fit comprendre que l'angle sous lequel tournait cette discussion n'était pas le bon, et ne servirait à terme que des brutes comme Tskar. Ce qui la décida à reprendre l'initiative, après ce bref et doux éclat de rire.

    « Voilà assurément une belle initiative, Maître Jader. Il est vrai que les putes ne devraient pas perdre leur langue à parler de politiques, là où il y a tant d'autres choses intéressantes à faire avec... mais là où je ne peux toujours pas vous rejoindre, c'est sur le fait de reconnaître votre reine, toute légitime dans ce rôle, comme la mienne et celle de toutes les putes de Londres... »


    Alors que sa voix douce s'élevait à nouveau dans les airs, Erika de même se leva, de sa démarche souple et féline, pour adresser un sourire doux et approbateur aux deux amants perchés sur le trône. Voilà à quoi aurait dû servir ce siège depuis le début, par toutes les muses, pas à une parodie de couronnement ! Puis, doucement, elle se tourna vers Cassandre.

    « Je ne t'accepterai jamais pour Reine, Cassandre du Rubis, pour guide ou pour porte-étendard. Si l'Onyx et l’Améthyste veulent reconnaître le droit du sang versé, ce n'est pas mon cas, ce ne le sera jamais. Et le fait que jadis quelques murmures, quelques suppliques, aient pu te voir commettre cette acte de sang qu'aujourd'hui tu regrettes ne me rassure pas non plus sur ta capacité à assurer dans la durée un pouvoir que, selon tes dires, tu n'acceptes que parce que d'autres te mettent le sceptre en main, comme d'autres t'ont jadis mis le poignard... »

    Doucement, de sa démarche sensuelle qui semblait, par elle-même, être un appel à la luxure et au plaisir, la belle matrone s'approchait de celle à qui elle s'adressait, caressant au passage ici une joue, là une tête, une épaule, avec une forme de tendresse mais aussi de sensualité, comme si cette sensuelle caresse était un rappel, une tentative d'éveil, de ce qu'était le véritable sens de leur existence, de leur pouvoir : celui de la luxure.

    « Non, tu ne seras jamais ma Reine, Cassandre. Les putes n'ont pas besoin d'une Reine pour les gouverner toutes, c'est parce que nous avons toujours su rejeter ce genre de chimère que nous avons prospéré. Et si vraiment il en fallait une, je ne la choisirai pas à l'aune du sang versé... ou aux muscles de son beau champion... »

    Passant prêt de Tskar en disant cela, la belle blonde à la voix douce, chaude, mais qui s'était aussi faite tentatrice, sensuelle, de ces voix qui donnaient souvent à ses clients l'envie de la suivre jusqu'au bout du monde pour pouvoir plonger entre ses lèvres, ses seins, ses fesses ou ses cuisses, vint caresser les muscles puissants de son torse, avec un petit sourire mutin, comme une provocation, mais certainement pas pour provoquer de la violence, oh non – loin de là. Finalement, elle arriva devant Cassandre, et lui sourit, avec tendresse.

    « Mais je ne suis pas ton ennemie, belle Cassandre. Je refuse de laisser d'obscures machinations et d'anciens rêves de pouvoir jeter le trouble et la haine sur cette assemblée. La courtisane en toi aura toujours ma tendresse et mon admiration pour ce qu'elle est aujourd'hui, et non pour le sang qu'elle versa autrefois. Je ne serai pas de tes suivantes, ni aucun de mes enfants, je l'espère, après moi, mais je ne vais pas te combattre, ni ceux qui voudraient le faire. Il y a tellement plus intéressant à faire, comme nos deux amis me l'ont si bien rappelé... »

    Doucement, sa main vint se saisir du menton de la belle Reine de Rubis, et, tournant tendrement sa tête vers elle, elle l'embrassa. Le baiser, lui, toutefois, n'avait rien de tendre, ou si la tendresse était là, ce n'était qu'à l'arrière plan. Ce n'était pas une chaste marque d'affection, un pieu baiser de la paix. Au contraire, c'était un baiser brûlant, sensuel, passionné, un baiser dans lequel Erika laissa passer tout le flot brûlant de ses émotions, de ses ressentis, de sa passion, cette passion qui surpassait les doutes et les peurs, pour mieux s'embrasser ainsi, tout contre la maîtresse du stupre et de la luxure de la maison la plus luxueuse de Londres. Un long baiser, également, qu'elle ne rompit que quand elle n'eut plus le souffle, sa main quittant le menton de Cassandre alors qu'elle s'éloignait de quelques centimètres à peine, pour mieux venir caresser sa joue.

    « Viens, ma belle, oublions ces arides discours pour leur donner un exemple de ce que l'unité veut dire par excellence pour deux femmes telles que nous... »

    Cette fois, la douce voix d'Erika s'était faite murmure, audible seulement de Cassandre et peut-être des personnes les plus proches. Il y avait de la sensualité dans cette voix, mais aussi une forme de fragilité, pour la première fois de la soirée, comme si la belle blonde laissait entrevoir tous les doutes de cette soirée, un besoin d'être rassurée qu'elle ne pouvait guère exprimer devant tous – car ses propres enfants devaient avant tout pouvoir se rassurer en elle, tel était son devoir. Ce n'était pas seulement un symbole, ni son envie – quoique cette envie soit réelle – qui la poussait à ouvrir ainsi les bras, et bien plus encore, à la reine si polémique, mais bien un besoin tout aussi réel de trouver un espace ou se rassurer, ou puiser du réconfort.

    « Qu'en dis-tu, danseras-tu cette danse avec moi ? Et puis, si tu veux faire de moi une douce esclave au pied de ton trône, tu as là les meilleurs arguments pour se faire... »


    Sa voix, cette fois, c'était faite plus joueuse, plus malicieuse, quoique toujours dans un doux murmure, alors que ses mains glissaient sur le corps de Cassandre à travers le tissu, la ramenant tout contre elle, caressant son dos, ses bras, ses délicieuses fesses, son propre corps et ses doux appâts à portée de toutes les envies de la belle courtisane du Rubis. Restait à voir si celle-ci saisirait la perche tendue – pour ne pas dire, en une expression plus thématique, la verge tendue – par la belle fille de l’Émeraude, ou si elle choisirait une autre voie... à moins que quelqu'un ne vienne troubler cette petite fête qui après tout se déroulait, devant toute l'assemblée, sans d'ailleurs aucune forme de pudeur de la part d'Erika – et pourquoi en avoir, en cette nuit entre toutes ?
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Messagepar Elea » 01 Aoû 2016, 13:56

Arrivée en haut de ce piédestal, ce monticule surplombant cette immense foule de nos frères et de nos sœurs aux yeux rivés sur nous mon cœur s’était emballé, et mon esprit s’était perdu dans les méandre du désir et de la luxure. La foule nous huait, puis riait, et doucement, ces protestations se changeaient en acclamations. Nous avions été audacieux, fous.

J’avais évité les regards, me plongeant dans ce baiser soudain, avec fougue, avec passion. Mon partenaire de cette folie avait pris sans vergogne place sur le trône. Il l’avait fait sans craindre les remontrances de nos pères et de nos mères. Il avait voulu imposer notre vision des choses, il avait lancé cet appel à la luxure, comme un message à tous, leur faisant comprendre que nous n’avions aucunement besoin et envie de nous quereller pour ça.

Il avait rompu ce baiser pour faire un petit discours, profitant par la même pour faire glisser sur ma peau le seul morceau de tissu qui la recouvrait, épluchant de ses doigts agiles mes courbes, et dévoilant mon corps à l’assemblée. Je me retrouvais alors nue, offerte, penchée en avant, et la croupe offerte à la vue de tous. Je jouais le jeu, la gêne faisant lentement place à la lubricité, le doute, au plaisir.

Son discours avait pour but d’enflammer la foule, et moi, je m’affairais à l’enflammer lui, ouvrant son pantalon. Je le débarrassais de sa ceinture, lentement, habilement, j’ouvrais alors son bas pour poser mes deux mains sur les boutons que je défaisaient un à un, continuant cette chute inexorable de mes doigts s’affairant à le libérer de chacune de ses entrave, arrivant enfin à libérer l’objet de toutes mes envies, je faisais glisser lentement son pantalon, ne perdant pas une seule seconde, mais prenant mon temps de bien le faire, lui retirant tout ça sensuellement, libérant ses pieds aussi, le voulant tout aussi nu que moi, et je l’avais enfin ! Je la regardais, droite, tendue, si belle. Sa virilité que j’avais réveillée, comblait ma vue et répondait parfaitement à mes attentes.

Dans cette position qui me caractérisais tant, cette pratique qui était ma préférée, je m’abîmais lentement, me laissant envahir par le plaisir, laissant mes mains et ma bouche parler pour moi, jouer de sa hampe comme une virtuose de sa flute, mes doigts pianotant et palpant sa peau tendue, son membre dur et chaud, et ma bouche jouant de sa langue pour l’exciter davantage.

Souple, ma langue partait de la base pour remonter sensuellement le long de sa hampe, couvrant de salive le plus de surface possible. Laissant le bout de mon nez frôler également son intimité, par intermittences, puis taquiner l'extrémité quand ce n'était pas ma langue qui la lapait lascivement. Je me complaisais dans ce rôle, patiente, à le faire un peu languir pendant qu’il terminait son petit discours, approchant mes lèvres pour déposer de légers baisers sur le bout, faisant mine de les entrouvrir, enfournant toute sa hampe dans ma bouche au moment même où mon regard croisait de nouveau le sien. J’étais obligée de relever un peu le visage pour que nos regards ne se quittent plus, juste assez pour qu’une tension délicate vienne envahir sa pointe, puis je la ressortais de nouveau, alors qu’il terminait de parler, offrant un dernier baiser sur sa pointe chaude et injectée de sang.

Son petit discours était terminé, les foules grondaient de nouveau, et Erika prenait de nouveau la parole, s’adressant à la foule, puis à Cassandre en personne, je n’écoutais pas, je n’entendais rien. Je me relevais, venant me positionner à califourchon sur mon hôte. Au-dessus de lui, je le contemplais, mon regard d’acier se plongeant dans le sien, contrastant avec la chaleur émanant de ma peau à son contact. Je sentais toute la vigueur de sa virilité entre mes cuisses, que je resserrais sur lui. Mes mains posées sur ses épaules, j’ondulais lentement dans une danse sensuelle et provocante.

Il attrapait alors mes hanches de ses mains fermes, et venait m'empaler sur lui. Je souriais, le regardant avec gourmandise alors qu’il pénétrait mes chairs, faisant cambrer mon corps et le courber. Une fois bien en moi, il restait immobile, et je commençais alors à faire de petits cercles avec mon bassin, en appui sur mes cuisses, sans m’éloigner de lui, sans le faire sortir de moi. Juste en roulant du bassin pour attiser la flamme, dans une petite danse lascive et sensuelle qui n'avait que pour but de donner le rythme et ouvrir les hostilité sur cet autel de la luxure, voulant pousser la foule à se joindre à nous dans cette nuit de débauche.
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« J'ai connu bien des filles de joie qui avaient pour père un homme de peine. » Alphonse Allais


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Messagepar Harkendël » 01 Aoû 2016, 15:53

La tension était palpable. Pauvre âme qui se combattait lors d'une réunion secrète. Pauvre ère qui ne savait pas calmer leurs ardeurs.

La Poupée n'aurait jamais pensé que cette réunion partirait en prise de pouvoir. A quoi bon être venue ?

C'était toujours un combat perpétuelle, un combat sans fin. La terre ne trouvera jamais de paix, car les aimes hommes sont promptes à la colère et lent à pardonner. Quel monde perfide. Le désir, le dégout, la convoitise, la haine s'insinuaient dans les cœurs fragiles. Un fin sourire, ou aucune joie n'apparut, étira ses lèvres. Elle avait l'habitude de cela. Elle le maîtrisait depuis de nombreuses années.

Un nouveau maître, cela ne changera guère les choses. Pourquoi vouloir prendre le pouvoir ? C'était un concept étrange aux yeux du Rossignol. Courber l'échine était plus facile.

Puis des souvenirs affleurèrent, ronce s'enroulant autour de son esprit, leurs épines s'enfonçant en silence dans son âme. Elle avait courbé l'échine toute sa vie. Et pourtant … Une rage brûlait au fond de ses yeux gris, une colère qui la rendait presque animale.

Dans ce monde si sombre, il fallait combattre pour survivre. Seul les plus forts pouvaient se permettre de rester. Et elle en faisait partie.

Sans un bruit, la putain se rapprocha du groupe observant les altercations primitives de tous.

Elle n'était pas maîtresse des putains de l'Ambre. Elle n'avait peut-être pas le droit de paroles. Monde injuste que voilà. Monde cruelle qui rabaisse continuelle les objets de désirs.

Harkendël ne se considérait pas comme une personne mauvaise. Non. Elle était faite pour donner le plaisir et faire tomber les âmes sous son emprise. Mais tous étaient au courant des pratiques de l'Ambre. Et elle ne comprenait pas pourquoi tous se battaient ainsi, créant du mal autour d'eux.

Les putains sont censées procurer le plaisir …. et non pas blesser ceux qui les entoure en rappelant le cruel passé et en rabaissant les autres.


Ces n'avaient été que murmure, mais les personnes autour d'elle lui jetèrent des regards en biais. Sa voix tremblait d'une émotion mal contenue. Son crâne bourdonnait, sentant les rêves éveillés de beaucoup d'entre eux. Son crâne était prêt à exploser.

Alors, avec un calme surprenant elle dégrafa sa capeline, dévoila tout son corps à lumière des bougies.

Peut être qu'elle ne se détachait pas contrairement à certains qui avaient des chevelures blanches ou blondes, des roulements de fessiers et des paroles suaves, mais Harkendël était une Poupée. Ce genre de considération ne rentrait pas dans ses pensées.

Redressant la tête, son regard se fit brillant. Enfin, la Poupée montrait son vrai visage.

-Entendez-vous, putains et dirigeant de putains ! Écoutez vos paroles enduites de poisons ! Vos paroles devraient être de miel, douce et sucrée, mais il n'en sort que l'amertume et la désillusion. C'est cela tout ce que vous êtes ?

Son regard se plissa et la colère fit trembler sa voie.

-Vous ne voulez que le pouvoir ? Tout comme les dirigeant de cette Londre si sombre ? Vous voulez marcher sur le sang de vos compagnons, vos camarades ? Tous ici-bas, tous ceux qui sont ici ont un point commun. Nous écartons les cuisses. Nous procurons le plaisir, nous brisons des âmes, nous envoûtons des êtres, nous donnons des fantasmes aux plus malheureux.

Vous êtes prêt à dénigrer tout le travail accomplis jusqu'ici pour un « Trône » ?


Elle serra la mâchoire sa poitrine se soulevant rapidement. Sa robe de brumes s'agitaient en tous sens, dévoilant des pars de chairs pâles.

-Certains veulent s'asseoir et prendre le pouvoir alors que vous ne représentez guère les putains. Plutôt que de vous battre sur un os à moitié rongé, faites ce que vous savez faire mieux.

Sa voix se fit plus douce, toute colère soudainement envolé.

-Écartez vos cuisses, offrez-vous les uns les autres. Le représentant de nos classes devrait d'abord prouver sa valeur de cette façon. Nous sommes le plaisir, pas la guerre. Nous sommes la rose, pas ses épines. Faites ce que vous savez faire de mieux, sans gênes, aucunes.

Pourquoi gâcher ces retrouvailles avec des querelles qui non pas lieux d'être, alors que nous pouvons tous nous voir, être présent.

Son regard parcourut les visages autour d'elles.

Oui, les catins et gigolo étaient tous là, moment magique et qui devrait être marqué dans les mémoires. Tous devraient se retrouver pour procurer l'amour et non la peine.

La Poupée en avait les larmes aux yeux. Elle qui c'était soumise toutes sa vie avait donné son avis. Elle qui était une combattante, une femme avec du caractère, n'avait jamais pus s'ouvrir. Alors ce soir, elle s'ouvrait enfin, tel une fleur lunaire dévoilant ses pétales timides.

Mais déjà des personnes se donnait aux plaisirs charnels. Soudain, Harkendël se prit à regretter les bals de son ancien maître où elle était l'objet de tous les désirs. Un sourire amer. Peut être qu'elle n'avait sa place que chez lui ou dans le bordel. Rêve chimérique d'un autre monde.
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Messagepar Violine » 01 Aoû 2016, 22:05

Le Banquet avait suivis la cérémonie du début, et avec le festin, une revendication, l’Une des Neufs Dirigeants des Maisons Closes élevée au-dessus d’eux tous, ces Hommes et ces Femmes, Poupées et Automates, sans oublier les Androïdes. Alors que les voix s’élevaient en acclamations ou en provocations, en allégeance ou en refus, l’Automate à la chevelure mauve ne disait mot, se contentant d’enregistrer ce qu’elle voyait, ce qu’elle entendait. Elle ne savait pas encore dans quel camps elle se trouvait, si tant est qu’il y est un camp. Elle n’était à la tête de la Maison Close Diamantine que depuis peu, et elle avait encore du chemin à faire, des programmes à perfectionner pour affermir sa volonté et sa position, décryptant les alliances, reconnaître les ennemis et les alliés.

Alors quand certains entreprirent de s’unir tout simplement, sans prendre en compte les Factions qui pourraient être ennemies, se concentrant sur ce désir que toutes et tous ressentaient au plus profond d’eux-mêmes, la Créature mécanique se leva, s’approchant d’une Poupée qui rappela à cette assemblée pour le moins désunie que les Maisons Closes se devaient au contraire n’être qu’Une, sans discriminations , sans les guerres intestines qui gangrénaient les Neufs Factions. Alors Violine passa doucement sa paume de porcelaine sur la joue douce et satinée d’Harkendël en un geste de réconfort, lui montrer que ses paroles étaient entendues.

Diamants et Ambres n’étaient pas faits pour s’entendre, en règle général, mais en ces lieux, en ces instants, cela n’avait pas d’importance. Seul compter le plaisir et la jouissance, l’union et la décadence des corps s’accouplant, alors la belle automate vint doucement poser ses mains sur les courbes de sa vis-à-vis, défaisant le tissu pour libérer la peau satinée de la belle, la rapprochant doucement d’elle-même en une étreinte charnelle, sensuelle, unissant ses lèvres aux siennes, y distillant un doux parfum sucré pour mêler son souffle au sien. De ses mains artificielles elle invita la belle à reproduire ses gestes, la faisant parcourir ses propres courbes, plongeant son regard noir aux éclats améthystes dans ceux de la Poupée, qu’elle y lise un désir non feint, un désir inassouvi qui ne demandait qu’à s’épanouir. Violine vint appuyer doucement la demoiselle Ambre contre la table, face à elle-même, venant titiller de ses lèvres mauves la gorge délicate de son amante du moment, usant d’un de ses gadgets artificiels pour faire se dresser ces monts fermes et généreux avant de descendre un peu plus, s’agenouillant souplement devant celle restée debout, pour lui offrir ce qu’elle faisait de mieux de cette langue devenant vibromasseuse, qu’elle sente le plaisir qu’aucune femme humaine ou même Poupée ne saurait donner ainsi à quiconque, sans pudeur aucune, acceptant de part ses reins cambrés et ses cuisses restées naturellement ouvertes et offertes en une invitation informulée que d’autres viennent se mêler à la danse engagée.

L’Automate n’avait pas d’aprioris, en cet instant d’échanges, sur sa partenaire. Elle n’avait remarqué que le désarroi d’une collègue qui aurait pu être aux côtés de ses gentes, alors elle n’avait suivi que son instinct, sans programmations aucune, mais une simple envie de partage, de redonner le sourire et de la bonne humeur à la demoiselle qui éleva la voix malgré son rang inférieur à celui des Dirigeants. Que ces derniers montrent l’exemple… Excellente idée que Violine exécutait en cet instant, montrant son savoir faire à la délaissée, remontant ensuite de son antre désormais échaudée à son ventre plat puis à sa poitrine et sa gorge, retrouvant ses lèvres chaudes et pulpeuses pour un baiser ardent, les mains de porcelaine doucement échauffées continuant de prodiguer leurs caresses, ne laissant jamais de répit à la belle ainsi gratifiée de ces attentions.

Alors l’Automate osa jeter un œil par derrière elle, regardant tous et chacun, ces corps enchevêtrés pour quelques uns, ces tensions qui s’envolaient au contact de ce pouvoir qu’eux tous possédaient. Qu’ils soient sorciers ou humains, hybrides ou automates, avec ou sans Magie, ils avaient en eux une source de pouvoir qu’ils ignoraient parfois, mais qu’en ce jour unique, ils révélaient et découvraient. Ils étaient unis malgré les premières discordes. Ne formant qu’un groupe suivant plus ou moins les mêmes buts. Qu’importe les guerres des Neufs, qu’importe les suprématies revendiquées. Elles n’étaient pas les leurs. Harkendël avait bien raison d’avoir ainsi élevé la voix, se faisant entendre de tous.

« -Que les discordes désuniant les Factions ne soient plus, en ces instants. Que tous, ici, ce soir, montrent que l’on peut s’entendre malgré les guerres intestines des Dirigeants de Factions. Nous sommes Neufs Maisons Closes venues de Neufs Factions qui se déchirent pour gouverner les autres. Mais en ces instants, nous sommes unis. Nous ne sommes qu’un. Cette demoiselle a bien raison. Montrons à ces combattants que l’on peut obtenir bien plus en trouvant des accords. Nous vivons pour les mêmes objectifs, à certains détails près. Alors laissons la politique, les sombres complots loin de nous, au moins pour cette nuit, et réjouissons-nous sans pudeur ni gêne, sans regret ni haine. »

A ces mots doux, empreints d’une autorité pourtant audible, l’Automate Diamante retrouva les lèvres de sa partenaire Ambre, ne voulant la laisser abandonnée malgré ce discours, venant lui murmurer quelques mots au creux de l'oreille qu'elle ne put s'empêcher de mordiller tout en venant jouer de ses doigts agiles contre les lèvres intimes de la belle pour la faire haleter et gémir de plaisir.

« -Montrons leur que les ennemis de toujours peuvent s’entendre. Que Diamants et Ambres peuvent se lier et s’unir sans devenir des chiens de faïences près à se jeter à la gorge les uns des autres. Aimes moi, belle Poupée, et je te montrerais des merveilles que peu peuvent accomplir et se vanter d'en avoir eu la jouissance. »
Violine
 



Messagepar Eonis Omory » 02 Aoû 2016, 00:09

Une révolution. C’était bel est bien le mot et l’instant que tout le monde avait retenu. C’était ce que Tskar avait en tête incontestablement. Il était évident que tout le monde n’allait pas suivre ses idées, que des gens allait s’opposer. Chose encore improbable, Cassandre elle même. Comment allait-elle réagir ? Voulait-elle de ce trône ? Était-elle d’accord pour reprendre les idées d’Urielle ? Eonis ne se sentait pas certaine de vouloir intervenir dans ce débats. Elle ne savait pas assez de chose pour cela, c’était une première chose et surtout il était impensable qu’elle s’oppose à la volonté de Tskar. Elle n’était pas assez puissante, simple humaine, simple putain, simple femme. Petite enfant ingénue face aux loup de Russie.

Les autres dirigeants des maisons, il n’y avait qu’eux pour faire valoir leurs convictions. Comme c’était à prévoir, ils étaient les opposants. Après tout chacun d’eux dirigeait les maisons, c’était la distinction des quartiers. Car il ne s’y passait pas la même chose à l’intérieur des murs. Comment une seule et même personne pouvait diriger tous les enfants du sexe. Emeraude, Opale, Perle, Améthyste, les uns après les autres ils s’élevaient. Et lorsque vient le tour de Cassandre, les choses devenaient clairs, un peu plus sombre, mélancolie lointaine. La Rubis était partagé par toute sorte de sentiments. Elle était loin, et pourtant c’était comme si elle était à ses côtés, comme si finalement elle avait vécu ces choses là. Elle ressentait les émotions de l’autre courtisane. Eonis aurait vu se lever, aller vers elle, l’a soutenir, l’a prendre dans ses bras mais elle ne bougea pas. Rien ne pouvait y faire. Cassandre ressentait le poids de sa culpabilité, et la jeune femme blonde le ressentait à travers elle. Comme si c’était ses mains qui avaient accompagné le poignard. Un frisson lui parcouru le dos, un frisson d’effroi. Une horrible sensation de douleur, de souffrance, de folie. Elle allait devenir folle, subjugué par sa propre peur, sa propre honte, sa culpabilité. Elle vouait que tout s’arrête, et la blonde le souhaitait autant qu’elle.

Au moment où la folie pure allait l’a gagner, Cassandre eut un regain d’adrénaline, de survie, et enfin elle laissa entendre sa voix, ses intentions, son repenti pour le meurtre de la putain d’autrefois. Là encore, Eonis ressentait sa fureur, mais c’était une spectatrice muette, une marionnette de sentiments. Le débat continuait de plus belle. Au delà de cette forte multitude d’émotions, Eonis arrivait encore à percevoir d’autre chose. Une envie d’autre chose, une personne s’ennuyait fermement et souhaitait un peu plus d’action. L’action que tous, et toutes connaissaient par cœur. Ce pour quoi ils était là. En théorie.

Eonis quitta alors la reine Rubis du regard. Elle chercha parmi l’assemblée qui pouvait émettre cette envie. Quelques personnes, mais ça ne semblait pas assez fort pour être la dite personne en question. Son regard se posa alors sur un homme. A sa démarche, son allure, son apparence, ça ne pouvait être que lui. Elle ne le connaissait pas, il ne faisait pas partie de l’Onyx c’était certain. Beau, charmeur, et de bonne éducation. A son sourire narquois elle su que c’était lui qui dégageait cette émotion. il ne comptait pas laisser l’assemblée continuer sur le ton de la politique. Il avait d’autres projets, entre autre ce pour quoi ils étaient tous là ce soir. Les putains vivaient pour le sexe non ? Alors il était temps de profiter et de faire honneur à leurs Hôtes et Hôtesse des maisons.

La jolie blonde ne le lâchait pas des yeux, elle le voyait s’approcher d’une jeune fille. Petite semble-t-il, belle, aux cheveux châtains, elle ressentait de la crainte, un léger sentiment de panique et puis de l’excitation aussi. Sans doute était-ce du à la demande du gigolo. Elle avait vu ses lèvres bouger pour formuler une phrase. Et puis tout les deux se dirigèrent vers le trône. Plus aucun doute, le conclave allait prendre le chemin du luxe et des plaisirs charnels. Après un discours, l’homme en question montrait l’exemple, une incitation à une orgie de grande envergure. Les émotions des uns et des autres se faisaient de plus en plus sentir. Et elle avait bien vu le message passer par l’homme, un sourire, un clin d’œil, elle était invité à rejoindre « le couple » sur le trône.

Ses propres envies prenaient le dessus. Oui, la belle pute de l’Onyx se sentait bien ici, entre toutes et tous. Là où le sexe régnait. Là où les corps devaient se fondre, s’apprivoiser. Avant qu’elle ne puisse agir, Erika la mère de l’Emeraude prit de nouveau la parole pour tente de calmer les enjeux. Elle n’était définitivement pas pour le fait que Cassandre gouverne sur tous. Et dans un sens elle n’avait absolument pas tord. Eonis n’avait qu’un seul chef, qu’un seul homme qui l’a dirigeait dans les méandres perfides. Tskar restait son seul maitre de maison.

La folie et l’excitation commençait à prendre tout le monde. Des couples, des groupes, les prémices de l’extase. Le temps de la frivolité est venu. Ce qu’il se passait était plaisant, agréable à regarder. Les deux objets de son attention, sur le trône, c’était une invitation indécente, une invitation qui lui faisait envie. Un esquisse de sourire. Elle se leva, regardant autour d’elle, oui partout on commençait à se laisser aller à une nuit magique offerte par les putains des neufs maisons. Cassandre et Erika ne semblaient plus en conflit. Sur le chemin de la luxure. Un autre bon exemple à suivre.

Eonis laissa tomber son long vêtement. La cape atterri au sol et laisse dévoiler les formes de son corps. Impossible de cacher sous cette robe noire. La belle s’avança vers les deux êtres qui prenaient du bon temps assurément. Elle les regarda. Lui, puis elle, l’envie dans ses yeux. Elle se présenta à eux, même si il est vrai que ça ne semblait pas être un de ces bons moment.

-« Je me joins à vous, l’offre est si alléchante que ça ne peut se refuser. Je suis Eonis, ma faction est l’Onyx. Vous avez attisé un certain feu tout les deux... »

Et sans autre mot, elle approcha ses mains du visage de l’homme, le forçant légèrement à l’a regarder. Elle l’embrassa, pressant ses lèvres, cherchant l’ouverture pour glisser sa langue et aller à la rencontre de la sienne. L’une de ses mains alla chercher le corps de l’autre jeune femme, l’a caressant doucement, tendrement, elle ne savait pas comment elle réagirait après tout.
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Messagepar Jader » 02 Aoû 2016, 23:18

Jader prenait du plaisir avec la jeune femme qu'il venait d'inviter pour prendre plaisir avec la luxure et la chair se collant l'un à l'autre. Le fait d'être contre une jeune femme lui faisait plaisir et lui rappelait pourquoi il aimait tant son poste de gigolo. Tout simplement pour le bon temps qu'il prenait et le fait de rendre ce plaisir aux femmes. Pourquoi s'embêter de politique plus qu'autre chose. À bien y réfléchir, il s'était mal formulé tout à l'heure, mais Jader avait beaucoup de mal à formuler ces propos. Et pour cause, il venait d'être mise à nu et Elea prenait grand soin de son monument dressé comme la tour de Pise avec sa bouche et son doigté.

Jader penchait un peu sa tête en arrière au début en sentant le plaisir monter. Puis lorsqu'il s'habitua à la gestuelle d'Elea, il la regardait en lui caressant le cou avec une main. Sa caresse n'était nullement forte ou brusque, mais délicate et douce. Il ne voulait pas lui faire mal, seulement lui faire plaisir. Jader traitait toutes les femmes de la même manière. Soit leur faire plaisir en cherchant la meilleure façon pour qu'elle soit comblée. PArfois, ce n'était pas simple du tout et il lui était arrivé de se mordre presque les doigts. Cependant, plus on lui résistait et plus il cherchait à s'améliorer pour pouvoir comprendre le plus rapidement possible le plaisir u'aimerais ressentir une femme.

Finalement, Elea enleva sa bouche et son doux doigté pour venir, se faire, empaler par son monument en elle. Un plaisir qu'il était toujours prêt à offrir du moment que les femmes étaient d'accord avec cela. Jamais il ne forcera une femme, sauf si être forcée est-ce qu'elle souhaite. Dans ce cas-là, il peut le faire. Bien qu'ils se soient regardés, le fait qu'elle venait de monter sur son membre l'excitait davantage. D'autant plus que la femme qu'il avait invité à les rejoindre ne se faisait pas prier pour accepter sa proposition. Jader en profitait alors pour utiliser ses mains et les poser au niveau des hanches d'Elea afin d'enfoncer au mieux son membre en elle. Il aurait préféré être dans une autre position pour une meilleure insertion, mais il n'en faisait rien.

De plus, Jader remarquait que la femme invitée venait de se dévêtir et qu'elle s'approchait de lui. Il se concentrait un peu sur Elea pour lui offrir autant de plaisir que possible avant que la femme (Eonis) vienne lui tirer légèrement le visage pour venir l'embrasser. Un baiser sur ses lèvres qu'il rendait plus langoureux que possible. Cela était vraiment aguichant et luxuriant. Surtout de recevoir un baiser d'une si belle femme. D'ailleurs, il profitait de ce baiser pour venir l'attirer vers lui et s'occuper de son derrière en la massant.

Jader s'adossait alors contre le dossier du trône et quitta un instant les lèvres de la belle Eonis pour l'inviter à autre chose. " Permets-moi de te lécher ton intimité". Il n'avait pas honte de demander, car la pire honte est de ne pas demander. Il continua d'ailleurs de donner des coups de reins et caressait la poitrine d'Elea avec une main et se servait de l'autre pour caresser la poitrine d'Eonis.
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Messagepar Harkendël » 02 Aoû 2016, 23:49

Le don d'arpenteuse était une malédiction dans de tel moment. Colère, injures, hésitations, les rêves et les fantasmes des putains étaient si violent que le crâne de la Poupée lui était douloureux. Image obscènes qui l'envahissait, traversait son corps d'une langue de feux. Fantasme révoltant qui laissait pantelante l'objet de tous les plaisirs.

Mais un esprit différent, calme et serein était proche du sien. Une femme particulière aux yeux et aux cheveux violet s'approcha, d'une main délicate lui caressa la joue.

Un geste anodin. Mais qui transmettait tellement. Un calme rassurant envahit Harkendël et elle ne refusa pas l'approche de la Diamantine. Corps soudainement nus, sa robe se brume s'évaporant comme délivrée, ne laissant que l'armature d'argent, serpent inerte s'enroulant autour de son corps, passant de sa poitrine, ceignant ses hanches et s'enroulant autour de ses cuisses.

Âme impudique, situation qui ne dérangeait pas la catin d'Ambre. Son corps, le savait-elle, était parfait. Nul honte, nul gêne. Son corps était une création et cet œuvre devait être dévoilé aux yeux de tous.

Pas d'égocentrisme dans l'attitude de l'Artificielle. Juste une assurance sereine.

Alors, ses mains s'enroulèrent autour des hanches de l'automate caressant cette peau lisse comme la sienne. Elle remonte la courbe des reins, chatouillant les omoplates. Des lèvres violines, tentatrices s'approchèrent et elle y répondit avec douceur, se laissant aller aux plaisirs. La créature s'activait d'elle-même son ADN la commandant pour ce qu'elle était faite.

Goûter ses lèvres avides, mêler leurs langues en un bal silencieux. Caresser cette peau artificielle sans aspérités, sentir cette odeur sucrée émaner de cette création.

Avec douceur, elle dût reculer, touchant la table du banquet. A demi assise, elle envahissait la bouche de sa compagne, l'embrassant avec passion, ses mains parcourant son visage, sa gorge sa clavicule, caresse éphémère qui descendent vers la poitrine de la belle, venant effleurer les deux proéminences violacé pointant sous ses doigts.

Lentement, tel une danse sensuelle, elle laissa la femme descendre dardant sa langue sur ses lèvres de chaires. Étrange sensation que voilà, de voir sa chevelure devenir un soleil noir, un halo sombre autour de son visage, corps à moitié offert sur la table.

Tableau de maître avec ces couleurs nuancés, ces deux femmes si semblables et si différentes. Avec cette femme donnant du plaisir de sa langue aux douces vibrations et cette créature étalée se donnant corps à et âme au plaisir. Deux factions ennemis, deux femmes de races contraires, réunis dans l'extase. Êtres de luxure sous son plus beau jour.

Harkendël était là, offerte à cette automate, position suggestive pour tout autre créature se sentant capable de supporter les frasques d'Ambre.

Sa partenaire eut un discours, censé, mais elle était bien trop concentrée sur les doigts de celle-ci, sur sa bouche qui l'accaparait. Une langue habile qui lui susurrait des mots doux à l'oreille.

« Aime moi ». En serait-elle capable ? Jamais la flèche de Cupidon n'a traversé le cœur de cette Poupée. Elle ne savait ce que c'était d'être aimé. Alors, donner de l'amour …

Relevant son visage elle observe sa partenaire. Une main vin caresser le haut d'un sourcil, le contour d'une pommette, le galbe d'une lèvre.

Elle se redresse lentement, accrochant toujours le regard de la diamantine.

- Nous sommes toutes deux des créations, faite pour le désir d'une personne. Nous sommes nées pour procurer le plaisir. Toi et moi sommes semblables a bien des égards.

Une main se pose sur le cœur de la femme, sentant un tic tac bourdonnant sous sa paume.

- Si différentes et si identiques. Nous sommes deux créatures faites pour se détester l'une faite de métal l'autre venant d'une cuve biologique. Deux âmes égarés retrouvé dans une même situation. Pourrons-nous abattre toutes ces idées là ? Touts ces faux semblants cette haine inexorable entre nos deux … races ?


- Prouvons leurs, à tous, que peut importe le rang, la race et les origines. Nous sommes tous reliés par le même fils.

Debout, elle vint embrasser Violine avec tendresse, une main glissant le long des reins de celle-ci la plaquant contre elle. Délicatement, elle retourne la femme pour l'allonger et vint lui murmurer à l'oreille.

- Laisse-moi donc également te montrer ce qu'Ambre et capable de faire.

Par sa pensée, elle vint entourer l'esprit de Violine, atteignant ses désirs les plus enfouis et les raviva avec minutie. Elle construit un univers de luxure qui convenait à sa partenaire, des odeurs épicées pour l'étourdir, des sensations formidables pour l'engourdir. Avec la tendresse d'une conjointe, elle vint créer un monde de luxure parfait pour Violine, voulant lui donner bien plus qu'une simple humaine. Un juste retour des choses.

En même temps, les doigts de la Parfaite parcouraient le corps de son amante, caressant la courbe d'un sein, venant titiller un téton, descendant par vagues s'immiscer entre ses lèvres intimes.
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Messagepar Caithleen » 05 Aoû 2016, 16:50

Alors qu’elle avait regagné paisiblement sa place, le brouhaha s’était fait plus dense. Le murmure gonflait, prenait de l’ampleur jusqu’à ce que les voix se recouvrent et s’entrechoquent dans une cacophonie faite d’accords et de désaccords. Certains manifestaient leur assentiment, d’autres leur refus. Certains étaient indécis, d’autres attendaient que leur leader se prononce.

Ce fut justement la matriarche de l’Améthyste qui vint à s’exprimer, sortant de son long mutisme. Et il y avait de la sagesse dans les paroles cachées derrière le masque posé sur son visage. L’assurance que l’histoire ne ferai que se répéter, presque une prophétie. Sirotant son verre de vin, l’Opale y prêtait une oreille attentive, luttant pour rester dans l’instant présent. Elle médita l’ambiguïté des paroles de Raven alors que la boisson liquoreuse fut son chemin à travers ses lèvres. L’assurance que, tant que Cassandre ne faillirai pas, elle lui apporterai son soutien. Une façon d’accepter la souveraineté de la Rubis sans pour autant se déposséder de la sienne sur sa propre maison.

Mais ce fut au tour du Régent de la Maison de Perle d’entrer dans la danse, tirant un sourire amusé à Caithleen. Tant de candeur et d’utopie dans ses douces paroles... Car pour qualifier Londres de magnifique, il fallait l’être, utopique. Elle ne croyait pas que le sang puisse couler ce soir, mais elle trouvait presque touchant la façon du Perle de plaider pour une paix entre les factions ici rassemblées, même si elle ne pouvait voir ce geste de main tendue vers le Loup de l’Onyx.

Mais enfin, celle dont elle voulait entendre la voix sembla sortir de sa torpeur stupéfaite. Elle ne pouvait la voir, mais elle sentait la fureur qui venait de l’animer alors qu’elle s’était redressée, quittant le trône sanglant sur lequel on l’avait placée de force. Avec un bruit mat, les bougies des anciennes repoussées tombèrent au sol, s’éteignant dans un souffle désolé. Cassandre pris la parole, et sa voix vibrait de milles émotions contenues à grand peine. Dans ses mots, les évènements survenus de longues années auparavant prirent un autre sens, éclairant l’histoire d’une autre lumière alors qu’elle cheminait parmi les convives, jusqu’à porter ses pas devant elle.

Caithleen resta de marbre alors qu’elle s’adressait à elle, avant de frôler sa joue de ses lèvres de velours. Guider ou diriger... Y avait-il réellement une différence? Peu importe les périphrases, le résultat était bien le même.

Porter ou être portée, Cassandre se voulait tout de même étendard de la Révolution.

Mais la plupart des putains de Londres sont bien loin de la plupart de ces considérations. Créatures de vice et de lubricité, cristallisation des plaisirs, désirs et déviances les plus folles, des modestes comme des plus grands de la Magicopolis. Comment donc contenir et captiver une foule aussi hétéroclite et indisciplinée? Déjà, la fragile attention de l’assemblée se fissurait alors que l’incongruité et la fantaisie de certains reprenaient le dessus. Un homme de Rubis avait pris place sur le trône, et entendait rendre hommage d’une façon toute personnelle à sa reine, et ses paroles semblèrent trouver un écho même auprès des plus grands. La Reine des Emeraude entra dans la danse, et si elle réaffirmait son opposition à Cassandre en tant que Reine des Putains, elle ne se refusait à pas à Cassandre, la belle Rubis.

La lubricité prenait peu à peu possession de la foule, et les murmures se faisaient lascifs. Et les paroles d’une Ambre semblèrent achever de mettre le feu au poudre. Dans une sorte d’assentiment général, cette nuit fut proclamée au plaisir et à la luxure.

Comme toutes les autres au sein des Maison de la Nuit...

Avec un soupir, Caithleen se leva et quitta sa table, son verre à la main. Elle se tint un instant, faisant face sans le savoir à Tskar, toujours posté près du trône, immense et sombre. Etait-ce pour lui une défaite? Ou bien une victoire...? Songeuse, elle resta un instant immobile, ses pensées tournées vers le Loup. Puis elle se détourna.

La fraicheur de la nuit lui paraissait bien plus accueillante que la moiteur de la foule s’abandonnant...
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Messagepar Eonis Omory » 07 Aoû 2016, 00:32

Chaude atmosphère. Enivrante sensations. Les échos de quelques soupirs se faisaient entendre au fin fond de la forêt. Les putains montraient enfin leurs vrais visages, leur pouvoirs. Le pouvoir que pouvait avoir un corps, un visage, un sourire, des mots, un geste. Le royaume du plaisir ouvrait ses portes. Lubricité enfoui au plus profond qui se laisse dévoiler pour mieux posséder.

Proposition accepté, scellé par un baisé. Réceptif, invitant, Jader ne pouvait sans doute pas être plus heureux. Deux femmes avec lui, pour lui, pour son plaisir. L’une qu’il était en train de prendre. Dans un mouvement de balancer de hanche, profitant de caresser le corps de la divine. L’autre qui venait de se coller à lui, cherchant à créer un nouveau contact, une nouvelle danse. Les lèvres s’entrouvaient pour accueillir le gout salé d’une langue chercheuse, demandeuse. Et les mains du gigolo viennent entourer son corps, caressant ses courbes avec délicatesse. Descendant sur ses fesses, rebondis, charnues, un appel à la luxure rien que d’y toucher. Il goûtait au sel de ses lèvres pendant que ses mains possédait la poitrine d’Elea. Un simple baisé qui promettait bien des choses. Leurs lèvres se séparèrent. Du par le fait que Jader voulait autre chose. Une autre envie. Et les mots qu’il prit soin de choisir, Eonis ne pu s’empêcher de sourire. Tout en délicatesse. Rare étaient les hommes qui lui parlait ainsi. Non, à l’Onyx même la façon de dire les choses était sauvage et violente.

Un esquisse de sourire se dessina sur son visage ; alors qu’il continuait de donner des coups de reins. La jeune femme trouva sa façon de lui demander la chose très attendrissant. Rien que le fait de demander d’ailleurs. Parce qu’à l’Onyx on ne demande pas, on prend. Tout ce qu’on veut on prend, les putains on les prends. Ce conclave était décidément de plus en plus intéressant. L’essence même d’une catin. Eonis avait néanmoins était touché par sa façon d’agir. Elle lui souria tendrement, une pointe d’excitation dans la voix.

-« Permission accordée cher monsieur. »

Mais avant de lui donner son du. Il y avait d’abord d’autre choses à faire. La jolie blonde partit à la découverte des autres. Elle donna un coup d’oeil à l’assemblée. Les corps commençait à s’enflammer. Et nul doute que le conclave finirait en apothéose. Elle retira la petite robe fine qui couvrait encore son corps, maintenant nue, exposé à la vue de ses camarades. Faisant face à Jader et Elea, elle s’avança doucement vers la jeune femme. L’a voyant prendre du plaisir pendant que Jader était en elle, elle décida d’augmenter ses sensations. De lui procurer un double plaisir d’une façon plus douce, plus féminine.

Sa main se posa sur son bras, une esquisse, une douce caresse qui l’a fit remonter jusqu’à l’épaule de la demoiselle. Elle passa ensuite à son visage, si cristallin, si jeune, encore une caresse du revers de sa main. Du bout de son index elle parcourra les contours de ses lèvres. Comme un léger effleurement, aérien, sans trop toucher. Elle se pencha doucement pour finalement y déposer les siennes. Un baisé doux et tendre, la plus jolie des façons pour se « présenter ». Elle se fit légèrement un peu plus pressente, attendant un signe de sa part pour approfondir le baisé. Eonis agissait un peu d’une façon maternelle, protectrice. En même temps, une de ses mains se joignait à celle du gigolo pour caresser le corps d’Elea. Ses courbes, son ventre, s’amusant un peu avec son nombril.

Jader avait le plaisir d’avoir la vue sur les deux filles en train de s’embrasser. Un des fantasmes des hommes. Eonis voulait un peu profiter de la situation. Pour une fois qu’elle pouvait mener le jeu, qu’elle n’était pas obliger de subir sans dire mots. Rien que du plaisir. Elle mit fin au baisé. Alors avec délicatesse, elle se mit entre eux, assise sur Elea et tournant le dos à Jader. Elle devait dire merci à la souplesse dont elle faisait preuve grâce aux heures passé à danser au Cabaret. Elle se pencha en avant, vers Elea, mettant son corps en contact avec le sien, sa lourde poitrine se presser contre ses seins. A nouveau elle lui offrit un baisé, profitant de ce contact et laissant sa croupe à la vue de Jader.

Le temps de s’imprégner. De goûter à ses mielleuses tentations. De respirer le parfum doux et sucré de la belle Opale, que la douce femme se fasse aussi à son corps, à ses mouvements. Eonis avait juste une petite longueur d’avance, car elle pouvait ressentir ses envies, ses émotions, son don d’empathie lui était finalement très serviable dans son métier de putain. Juste encore un instant. Et finalement elle se redressa, un sourire sur les lèvres, la folie s’emparait aussi des autres. La blonde en profitait maintenant pour venir coller son dos contre le torse de Jader. Se sentant porter par les mouvements de vas et vient, elle cherchait ses mains de l’homme pour les mener surs ses seins. Certes il aurait bien du mal à les maintenir au creux de ses mains mais la jeune femme avait besoin de ce contact. Elle poussa d’ailleurs un léger gémissement. Elle releva la tête pour croiser son regard. Une lueur de perversité dans l’éclat de ses yeux.

Eonis relâcha ensuite les mains de son amant. Et avec la plus grande souplesse et la grâce d’un ange, la jeune femme se leva complètement. Debout, sur le trône, elle faisait face à la foule. Elle l’a regarda un moment avant de faire volte face et de présenter son intimité à Jader. Il avait ce qu’il voulait en face de lui. Eonis souriait, elle était vraiment curieuse de voir comment les choses allaient se poursuivre. Joueuse, elle passa sa jambe gauche sur l’épaule de l’homme pour un meilleur appui. Pratiquement prête à lui fourrer le visage entre ses cuisses. Toujours ce sourire qui semblait illuminer son visage.

-« Voilà ce que tu désirais. La vue te plait-elle ? Elle est à toi... »
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Messagepar Tskar » 09 Aoû 2016, 13:14

Main tendue par le jeune Perle, que le Loup de sa grosse poigne calleuse, saisit avec force, avant d'une volte brutale, lui tordre. Mouvement de guerrier. Danse de judoka. Rien de plus qu'une clé de bras douloureuse qui vit choir Ragan sur la table avec fracas. Explosion de verre. Brisure de vin, comme du sang pour gicler sur la tenue du garçonnet, le souiller.

Une centaine de kilos de muscles, qui s'écrasèrent ensuite sur le torse de l'éphèbe. Genoux en avant pour lui couper le souffle, le contraindre. Et Tskar cigarette toujours coincée aux lèvres de contempler la tête légèrement penchée, l'oeil broussailleux et moqueur, cette proie baignant dans le jus de viande et les liqueurs fracassées.

Alors doucement de sa main puissante il essuya les traits du perle. Le recoiffa un peu. Comme un homme jouant avec un petit chiot insolent. Si jeune, si provoquant, si avide... Songea le Noir Cosaque à la barbe drue, dont le nez rapace humait les odeurs de bruine, de fleur pâle, de peau à la chaleur de sel, du presque adolescent écrasé sous lui.

Si proche que les narines au souffle chaud, aux inspirations inquisitrices du Russe, frôlaient parfois le derme affolé, au satin de pêche. L'irritant de cette brûlante grisaille de tabac, qu'il expirait comme un requin. Si sur de lui, lorsqu'il contemplait le chiot se tendre, se débattre à la recherche de caresses.

Jusqu'au moment où l'aiguille incandescente du mégot vint se planter sur le torse de Ragan. Brûler la chemise, voir les fibres se racornir, petit trou de tissu noir dans lequel la braise écrasée consciencieusement par le Russe obscène, s'insinua pour aller mourir sur la peau en une douloureuse brûlure.

Demain il aurait une cicatrice de cendres, à contempler dans le miroir. Et le souvenir de tabac embrasé, de barbe d'épine, des lèvres de Tskar écrasées sur les siennes en une salutation carnassière.

 « -Toi pouvoir mettre ta paix au cul. »


Ironisa l'Onyx à la musculature puante de morgue. Libérant le garçon sonné, il se redressa. Fit craquer sa nuque. Jouer ses épaules. Mâle dominant à la parade. Vieux lion, sur de lui. A peine si la commissure de ses lèvres s'étira en une esquisse de rictus, alors que le chiot toujours vautré entre ses jambes, il dominait l'orgie tapante du regard.

Quelque chose dans l'air. Mêlé à la touffeur florale des corps affolés, pressé des fleurs épaisses, ceignant comme une couronne les ruines du palais d'Urielle. Senteur lointaine mais prometteuse. Née du chaos du putains entremêlées comme un nid de vipère. Portant en soupçon, non pas la graine d'une fraternité idiote, mais la promesse de déchirures profondes, de guerres fratricides.

Non...Oui... De toute façon Tskar n'avait rien compris aux différents discours. Sinon que la discorde régnait. Et qu'importait que certains cherchent à noyer leurs doutes, dans des étreintes à l'urgence malheureuse, le réveil serait amère. La révolution était là. Quelque part tapie dans les ombres lugubres, à contempler d'un regard de fauve ces chairs qui se dénudaient pour Elle. Toutes les guerres commençaient par l'espoir. Et se finissaient lorsque ce dernier était...trompé.

Flamme et cigarette. Démarche chaloupée pour éviter les couples. Roulement d'épaules pour écarter les premières lianes, suspendues comme des cordes de pendue fleuries aux porches et le Loup mutique, dédaigneux, s'enfonça entre les fourrés. Bottes lourdes sur les aiguilles. Cent kilos en débardeur, pour écraser durablement ces petites fleurs que Caithleen n'avait fait que froisser de sa légèreté de velours.

Les loups ne s'en prennent jamais aux hardes. Trop dangereux. Mais qu'un animal vienne à s'écarter du troupeau... Toujours marchant, le colosse déboucla sa ceinture. Longe épaisse qu'il délassa de ses hanches musculeuse, et laissa doucement traîner dans les feuilles tombées à sa suite, comme la queue lente et menaçante d'une panthère ventre à terre.

 « -Violence parfois nécessaire pour qu'enfants deviennent hommes. Onyx apprendre à tomber. Revolution apprendre re'lever. »


Fit observer le Loup de son rauque murmure, en écartant les branches dans le dos de Caithleen. D'une main lourde, à la prise délicate il lui empoigna l'épaule, pour la forcer à se tourner vers lui. Lui caresser les cheveux, parce qu'ils étaient beaux, si blancs, si purs, que les étoiles semblaient y nicher.
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Messagepar Maëlys Keys » 11 Aoû 2016, 01:56

Londres, en cette aube si particulière, avait laissé de sortie une populace tout autant aimée qu’elle n’était détestée. Les enfants du plaisir, un à un, trouvaient leur chemin vers un même point, un épicentre baignant l’historique de leur profession. Comme une marche religieuse, encapuchonnées, les prostituées se frayaient un passage vers le lieu d’un rendez-vous unique. Éclairés par la faible lumière vacillante de lampions portés à bout de bras, les visages tout justes dissimulés étaient à l’image des rêves les plus enjôleurs mais également à celle de fantomatiques cauchemars. Leurs pas, à l’unisson, créaient un écho sourd dans les rues pavées.

Après s’être départie de sa cape, échouée sous la brume dont jouissait la forêt londonienne, Maëlys avait offert, tout comme ses frères et sœurs, une parcelle de cheveux. Une énième offrande aux flammes. Puis elle s’était installée, à l’écart. Comme si ses instincts bestiaux l’y avaient poussée, elle s’était installée en hauteur, à peine au dessus de deux mètres du sol. Assise au sommet d’une colonne encore intacte mais ayant, avec les années, rejoint le sol et son attraction inexplicable, il émanait d’elle une atmosphère particulière. Comme tout individu présent en ce lieu, elle possédait un charme qui lui était sien. Dans son kimono de soie rouge carmin parsemé de différents motifs, les épaules et les jambes découvertes du tissu appelé par la Terre, elle représentait l’attraction et la passion de sa profession, Maîtresse des âmes présentent. De sa douceur naturelle, aucune tension n’étirait les traits de son visage, à l’image d’une mère aimante, d’une sœur fidèle, d’une tendre amante. Contraste était dans son regard dont les sombres pupilles semblaient être des puits sans fond. Nulle émotion ne s’y lisait dans son observation méticuleuse. La Féline, de son perchoir, aussi minimaliste soit-il, avait scruté ses pairs comme les acteurs d’un spectacle duquel elle préférait jouer le spectateur au regard omniprésent.

Comme si le Premier Acte avait prit fin, un second, moins cordial, succédait au précédent. Et, parce que jamais la famille des plaisirs ne décevait, l’Opale eut rapidement droit à l’avancement de la trame. Le loup avait chanté, hurlé à la lune son amour, proclamant sans nul procès qui il estimait devoir dirigé chaque être présent. Peu importait qui, peu importait quand, peu importait comment : quelques courageux firent front contre une vision qu’ils n’avaient point eut avec la Bête. Les uns et les autres avaient leurs opinions, leurs arguments. Il était légitime de souhaité un accord du plus grand nombre pour s’entendre sur un dirigeant. D’un autre côté, la discussion, parfois, ne mène à rien, et imposer un choix, aussi réfractaire puisse-t-il être, s’avère pouvoir être une solution. Les réactions des uns et des autres étaient logiques, plus encore pour ceux ayant vu la disparition d’Urielle.

Le plus important, intéressant, avait été laissé un temps en suspens, cela étant. La mêlée pouvait-elle bien s’exprimée que la principal intéressée se devait de réagir. Et c’était bien cette seule réaction qui importait à la jeune prostituée, témoin silencieux de ce coup de théâtre. S’allongeant sur le ventre, laissant choir l’une de ses jambes et l’un de ses bras dans le vide, le menton appuyé contre le dos de sa main, elle avait observé intensément la femme mise tout à coup sous la lumière la plus vivace que le feu puisse apporter. Les pupilles dilatées par l’excitation qu’apportait l’attente touchant enfin à sa fin, elle avait bu les paroles de la Rubis. Mais doucement, l’exaltation malsaine de voir un insecte brûler dans les flammes incandescentes de cette foule était retombée. Ne subsistait dans le regard de Maëlys qu’une faible étincelle nourrit par le respect d’un discourt si bien prononcé. Honnête qu’elle était, la jeune catin ne pouvait nier les capacités d’orateur que pouvait avoir son aînée Rubis. Cassandre, aussi peu l’étudiante la connaissait-elle, était intelligente, douée d’une volonté propre et d’une pensée certainement uniquement éthérée par sa seule personne. Ce court instant, elle avait à elle seule attirée tout l’intérêt de la Féline. Instant bien trop court.

Le Troisième Acte effaçait son prédécesseur alors que deux personnes faisaient leur chemin vers le trône. Comme une vision, comme une évidence, la Rose avait vu les événements arrivés. Des sentiments mitigés avaient chatouillés ses entrailles alors qu’elle observait le duo se donner en spectacle. Une initiative ayant permit au plus grand nombre de se laisser porter non plus par la colère et les désaccords, mais par l’envie et la passion. Mais pour son regard plein d’un jugement tout à fait personnel, ceux-là se donnaient en spectacle pour se donner, plus précisément, une importance qu’ils ne possédaient pas. Aux yeux du Serval, peu importait que leurs professions soient les mêmes, peu importait que l’un ou l’autre soit de sa Faction. Dans la sévérité de son regard, ils lui paraissaient bien ridicules. Alors elle les quittait des yeux pour se rasseoir et observer la foule autour d’elle.

Sa longue pipe venue des Indes aux motifs dorés allumée, elle observait les duos, les trios, se former. Loin de vouloir montrer aux autres leurs propres existences, comme des animaux en périodes de chaleur, ils avaient cherché le ou les partenaires idéaux pour vider leur corps d’un désir trop lourd. Ils se trouvaient, se charmaient, se donnaient. Offraient.

Caressés par la vision des volutes de fumée soupirées par la catin toujours perchée, elle observait les vêtements s’effacer sous la brume tapissant le sol, observait le roulement des muscles des uns et les courbes des autres. L’odeur des corps se rencontrant se mêlait à l’odeur si particulière de la fumée. Douce. Amer. Sucrée. Salée. Suave. Brute. Masculine. Féminine. Une odeur s’adaptant au goût de celui à qui la chance vint à lui faire humer. Une odeur comme une épice dont l’objectif n’est rien de plus que de relever l’arôme des corps se fondant les uns dans les autres. Passive qu’elle était, elle n’avait pas aidé le pauvre Rossignol, n’avait pas rejoint ses compères dans leurs passions. Passive, elle n’offrirait son amitié, son affection, son amour, qu’à la personne qui lui tendrait la main. Passive, elle pourrait tout aussi bien aimer fumer sa pipe face à la plus belle représentation des passions de la Prostitution.
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Messagepar Ragan Nightingale » 11 Aoû 2016, 02:38

Peu à peu, cette soirée sous les astres fit battre les coeurs à l'unisson, aussi bien que les actes de luxure qui se déroulait sous les yeux du jeune rossignol. Chacun avait eu le droit à la parole, mais il était temps de régler ces affaires là autrement. Bientôt les corps des disciples du plaisir s'entrechoquèrent au rythme de ce trio qui se formait près du trône de roses. Décadence, luxure, plaisir, les catins fêteraient à leurs façons le banquet des neufs pêchés de Londres. Même si certaines questions restaient sans réponses pour lui, son regard d'ébène ne tarda pas à rejoindre celui du Loup russe à qui il tendait une main aimante et pleine d'espoir, mais ce qu'il suivit le laissa pantelant et à la fois conscient du danger.

Grimaçant de douleur sous la prise féroce de Tskar, il ne tarda pas à chanceler contre la table. Pris au piège contre ce corps d'acier, son regard se relevant pour ne croiser que ténèbres. Un danger dont il avait clairement conscience, le Loup n'était pas le genre d'homme à être patient, ni même à avoir de l'empathie pour autrui, il le devinait aisément dans ces gestes et paroles. Son corps raidit contre le sien, il se tendit à nouveau lorsqu'il sentis la poigne un peu plus douce du Loup qui s'amusait avec lui, essuyant son visage et recoiffant ses cheveux. Il ne bronchait pas et n'hésitait pas à lui rendre son regard. Il n'avait pas peur, inconscient qu'il était. Et un cri déchira ses lèvres lorsqu'il sentis la douloureuse brûlure de la cigarette, l'odeur âcre envahissant ses narines alors qu'il restait appuyé contre la table.

Observant sa blessure en fermant les yeux pour retenir cette délicieuse douleur intense, il tourna son visage une dernière fois vers l'Onyx brut pour lui glisser quelques mots.

- Tskar de l'Onyx, même les loups les plus sauvage ont un coeur qui palpite sous leurs chairs.

Il s'en suivis de ce baiser carnassier s'écrasant sur les lèvres du jeune Rossignol qui savoura le doux goût âcre de ses lèvres contres les siennes. Partageant une dernière fois leurs souffles chauds, le jeune Rossignol regarda le loup traverser la foule. Son grand corps disparaissant dans cette orgie sonnant le glas du débat qu'il y avait eu plus tôt. Encore sonné et tourmenté par le plaisir et la crainte qu'il avait ressentis, Ragan vit bientôt paraître deux de ses oisillons qui vinrent l'aider. Un sourire se dessina sur ses lèvres, aimant et doux, il attrapa leurs visages inquiets entre ces deux fines mains.

- Ne vous inquiétez pas pour moi, profitez du reste de la soirée, les festivités ne font que commencer.

Refermant son grand gilet anthracite sur son torse pour couvrir sa blessure qui semblait lui tirer quelques grimaces de douleurs, il les laissa vaguer à leurs occupations et disparus bientôt à son tour dans la foule. Remarquant une jeune femme qui du haut de son perchoir semblait observer toute la foule. Il leva son regard vers elle avec un sourire, tenant une main sur son buste.

- La vue t'est paisible de là haut ? Je pense que tu ferais mieux de descendre pour ne pas te blesser.

Bientôt autour d'eux, les chaires de chacun s'offrait dans une symbiose totale. Quand à lui, il recherchait un peu de réconfort, pas uniquement destinée au plaisir de la chair, mais pour oublier ce qu'il venait de subir quelques secondes plus tôt. Ce dur retour brutale à la réalité alors qu'il avait osciller entre plaisir et douleur, rien que l'espace de quelques secondes.
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Messagepar Caithleen » 12 Aoû 2016, 17:53

Alors qu’elle sortait de la salle, un nouvel éclat de voix l’accompagna. Corps s’entrechoquant, voix rauques et cris. Douleur et délices mêlés. Ainsi, le Rossignol de Perle avait eu sa réponse, songea-t-elle en réprimant un gloussement amusé. Il fallait vraiment méconnaître Tskar de l’Onyx pour lui formuler une telle proposition, songea-t-elle.

Le pied léger, elle s’enfonça dans l’obscurité qu’elle ne pouvait voir, les pans de sa robe formant des volutes autour de ses jambes alors qu’elle s’éloignait du murmure de la foule exaltée. Mains tendues devant elle, elle effleurait les buissons, frôlait les lianes et caressait les ruines, s’enfonçant au sein de la forêt millénaire. Silhouette fantomatique baignée par la lueur éthérée de la lune, Caithleen paraissait plus irréelle que jamais. Elle se déplaçait sans craindre de trébucher, parfaitement insouciante des obstacles se dressant sur son chemin. Étrangement, la végétation, la forêt toute entière semblait prendre soin d’elle, s’écartant sur son passage, jalonnant le chemin sous ses doigts pour mieux la guider en son cœur.

Elle derrière elle, une ombre de cendres, précédée par une effluve âcre de tabac.

Elle s’immobilisa, et inspira calmement. Elle aimait cette odeur de nuit et de fraicheur, ce moment où toutes les autres fragrances pouvaient se déployer dans l’air ambiant. Ces parfums floraux, de terre et d’humus. Cette odeur d’écorce et de lierre, de la pluie fraichement tombée pendant le jour.

Les pas derrière elle se firent plus affirmés alors que Tskar s’approchait, tout en force et en détermination à l’exact opposé de la légère douceur de l’Oracle. Le cliquetis d’une ceinture arraché, le bruissement du cuir traîné au sol.

- Prétends-tu savoir distiller la violence avec autant de savoir faire...?


Sans résister, elle se tourna sous l’injonction de sa poigne ferme. Ses mains, immenses et rudes, dotées d’une force capable de l’écraser sous ses doigts. Et pourtant si délicates à son égard... Elle frissonna et ferma les yeux alors qu’il glissait ses doigts dans la blancheur immaculée de ses cheveux, penchant la tête pour appuyer sa joue de velours dans l’immensité chaude de la paume de sa main.

La violence pouvait faire grandir, c’était vrai. Il y avait tellement de violences... Les terribles et sanglantes, de massacres et de guerres, de meurtres et de souffrances gravées dans les chairs. Les violences ordinaires, séparant les castes et les hommes, divisant les êtres. Les violences contenues dans les gestes, et les violences contenues dans les mots. Les violences infligées par le destin, et celle infligées par la cruauté. Certains pouvaient la supporter et s’en tirer plus fort. D’autres se tordaient, perdaient leur esprits et dérivaient. D’autres ses brisaient pour ne jamais se relever.

Caithleen connaissait la triste violence des destins, distillée par l’ether. La cruauté des chemins possibles, de ceux qui s’imposaient et de ceux qui restaient inatteignables... Elle qui était si souvent sollicitée pour percer les brumes du passé ou du futur, et que cela rendait parfois à moitié folle...

Elle rouvrit les yeux, opales au regard aveugle sur le monde, posée sans le voir sur le visage dur de l’Onyx.

- Quoi qu’il soit, ta révolution semble être en marche. Même si je ne suis pas sûre qu’elle ai pris la tournure que tu souhaitais...


Elle eut un sourire amusé en songeant à l’orgie se déroulant la où aurait du prendre place le banquet. Là ou Tskar avait voulu sacrer Cassandre Reine. C’était un tout autre sacre qui prenait place, celui de la luxure et du plaisir, chasse gardée des putains de Londres.

Doucement, elle tendit une main vers la lourde lanière de cuir, l’effleurant des doigts avant de s’en saisir, l’enroulant autour de son poignet jusqu’à ce que son corps ne soit plus qu’à un frôlement du géant.

- Nos chemins semblent avoir été faits pour se croiser, Loup, fit-elle observer d’un ton léger.,
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Messagepar Cassandre » 13 Aoû 2016, 05:37

La fourbe fureur de ses mots s’étant échouée contre des murs et des sourds, Cassandre lava ses traits des ombres de sa colère. Telle une tempête d’été dont les éclairs pourfendaient les arbres et illuminaient les eaux, l’aura de son trouble s’affadit après avoir tout dévoré. Plus que des poussières. Le vide. Une aquarelle estompée. Et l’irrésistible envie d’abaisser le rideau.

Partir.

L’ennui, le pire des poisons. Elle qui préférait les murs clos d’une chambre et la moiteur d’un lit occupé. Argumenter. Parler. Se justifier. Elle en était lasse et sa couronne lui pesait lourd. Sous les rubis et l’or, un regard suffisait. La breveté d’un ordre ou d’un claquement de doigt. Pour tout posséder. Ou presque. Derrière rideaux et voiles, entre coussins de taffetas et rivières de champagne glacée, elle recevait les honorés, les choisis, dans une intimité calculée. Contempler l’autre dans les yeux, le charmer, l’appâter pour enfin le prendre au piège. Puis, le laisser choir dans ses chimères érotiques, s’essuyer les cuisses afin de rejoindre la scène principale. Elle reprenait la comédie et de sa tribune, elle orchestrait les festivités : presque inaccessible, semi-irréelle et en contrôle. Contempler d’ailleurs.

À présent, l’ordre se bousculait.
L’odeur familière des sexes et de la sueur transgressait celle du banquet. La Courtisane dorée se mordit la lippe inférieure, ses dents de nacre entaillant durement sa chair. Même les acrobaties de Jader et ses compagnes la laissaient de marbre. Vide. Vide. Vide. Cela aurait sans doute plus à Urielle. Le trône de la baise. Saisissant une coupe encore pleine entre ses doigts, elle but longuement le liquide ambré sans détacher ses prunelles vagues des intimités de braises et de perles, et des corps haletants. L’air en frissonnait. Un vent du Sud. Chaud et moite. Une comédie. Échanger des coups de reins comme échanger des politesses. Lasse. Lasse. Lasse. Les halètements fusaient autour d’elle. Pourtant, ses sens demeuraient imperméables à l’électricité. Et l’Aveugle avait eu raison ? Coincée dans le futur. Commettaient-ils tous les mêmes erreurs qu’Urielle ? L’impression de s’enfoncer dans l’erreur la tenaillait et lui nouait le cœur. Apathie. Atonie. Léthargie.

L’impression d’être un témoin derrière une glace floue. Elle vida sa coupe avant de projeter sa coupe au sol, rassurée par le son mélodieux du cristal qui se brise en éclats d’étoiles. Dans son crâne aride se répercutait le discours d’Erika dont le flot de paroles, lave en fusion, élimait ses limites. Elle la laissa approcha, saisit son visage entre ses paumes tendues afin d’approfondir la danse de ses lèvres contre les siennes ; voler son souffle et en arracher les fragrances alcoolisées. Sa poigne glissa le long du cou de la Belle, taquina le creux d’une épaule avant de s’immobiliser sur cette chute de reins qui parjuraient l’âme des Hommes. Encore si proches l’une de l’autre, leurs fronts s’en touchaient presque, Cassandre murmura doucement :

« Je m’excuse. Je ne prends pas d’esclave. La fidélité morale me suffit. »

Ses mains sans gêne glissèrent encore plus bas, saisirent la fin de cette robe éblouissante afin de tordre durement le tissu. Le bout de son index dessina le mont de vénus de sa comparse. Indécent. Familier. Vulgairement. Sur sa bouche écarlate naissait un rictus. Sans être un sourire. Sans être une menace.

« Tu te trompes. Mon discours n’est pas politique : mon sexe est politique. »

La possession de ses nymphes créait des empires. L’orgasme de ses chairs en défaisait d’autres. De son règne, tout était politique. Sa couronne. Ses amants. Arrachant des bribes et des scandales des membres entre ses cuisses. Des noms. Des futurs. Des possibilités. Un réseau d’informations de soie et de corsets : voilà le véritable pouvoir des putes. Cassandre embrassa une dernière fois la Belle d’Emeraude. Si ce Conseil demeurait des marionnettes – aux Neufs comme aux Vieilles Prostitués – l’ancienne gladiatrice jouerait de ses propres cartes. Sans honte. Sans regrets.

« Et je tuerais pour une cigarette. »

Sur cette vilaine plaisanterie, elle quitta sa comparse. Elle ne leur en voulait pas, aux autres. Elle avait appris à vivre dans la crainte, cette crainte qui grandissait à chaque nouvel événement, nouveau sang versé. Les peurs surpassaient la réalité et les futurs la hantaient par leurs promesses de monstres et de chaos. Une douleur qu’elle ne pouvait partager. Une vision qu’elle affronterait seule : celle des ruines de Londres et des dépouilles des siens.

« Je vous redonne ce trône et cette couronne. Ils me donnent la nausée. »

Cassandre soupira, projetant du pied les débris causés par les fantaisies de Tskar. Elle l’affligea d’un regard courroucé. Certes, elle partageait sa pensée. La paix n’était qu’un conte idyllique pour les enfants, une vision manichéenne d’une réalité pourtant plus grande. « Non. » Non à cette douleur. Non à cette violence. Non à ce rôle. Elle l’observa suivre l’autre jeune femme en secouant la tête. Puisse-t-il éteindre cette rage.

Sur les tables restantes, celles épargnées, elle enveloppa quelques cubes de glaces, servant à refroidir leurs rafraîchissements sucrés, d’un mouchoir brodé. Rejoignant Ragan, la courtisane lui tendit délicatement. « Cela devrait calmer la brûlure. » Puis, elle releva la tête vers la demoiselle perchée. « Il raison. Même pour un petit chat bien silencieux, les hauteurs sont parfois dangereuses. »

Cassandre se laissa tomber sur le siège le plus près.

Quelle nuit.
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Messagepar Tskar » 22 Aoû 2016, 10:06

Prend garde aux neiges rouges qui annoncent le froid noir.

Qui avait parlé ? Énoncé d'une voix désincarnée cette prophétie aux oreilles de l'Oracle. Surement pas son amant, dont les mâchoires étaient trop closes, trop angulaires pour être aimables.

Il ne la regardait pas. Il l'écrasait. De ses deux mètres d'épaules massives, de ses cent kilos de muscles à peines contenus par ce débardeur laissant apparaître la vieille violence de ses tatouages cyrilliques. De son regard surtout. Noir et sans âme. Broussailleux. D'une froideur qu'elle ne lui connaissait pas.

Vision de loups qui courent dans la neige. Vite comme des spectres. Vifs comme des rafales. Une meute en chasse, qui échappe aux regards mais dont l'approche est annoncée par le bruissement alentour des feuilles agitées par leur passage.

 « -Petit chaperon rouge, a croisé chemin du Loup qu'une fois. »


Fit sobrement observer l'homme, en caressant le visage de la jeune fille, puis plus bas la gorge comme s'il voulait en estimer le diamètre, en peser la fragilité, puis encore plus bas en sein, qu'il vint cueillir par dessus le tissu de sa main à la paume rugueuse.

 « -Belle papillon blanc. »


Soupira le colosse. Et il y avait dans sa voix quelque chose de passé. Comme s'il se souvenait. Comme si Caithleen n'était qu'un spectre, et non cette tige gracieuse qui se suspendait à la longe de la ceinture, qui le narguait de sa souplesse de fille feuille.

Plus de banquet, plus de hautes flammes crépitantes, plus de sœurs, plus de vie. Juste ce palais ruiné, silencieux sous une gangue de glace noire. Le trône d'Urielle a été brisé. Pas par une hache, par autre chose de beaucoup plus gros, de beaucoup moins humain, qui d'un fouetté de griffes, a labouré en profondeur la neige dure.

Et Tskar de tirer avec brutalité sur cette ceinture, qu'elle s'était nouée au poignet pour l'envoyer voler dans l'humus aux épaisses odeurs d'humidité nocturne, à la senteur d'aiguilles résineuses. Un savoir faire dans la violence ; à l'antonyme du raffinement qu'attendait peut être l'Opale projetée de quelques mètres pour aller s'étaler sur le ventre.

Bête apprivoisée. Bête avant tout. D'un geste puissant, le colosse Sibérien, arracha plus qu'il ne se débarassa de son débardeur, puis se rapprocha de la forme au sol, désorientée, d'un pas leste, vif et silencieux. Prédateur.

Avant qu'elle ne puisse se relever, il s'accroupit à ses côtés, et lui plaqua une main sur l'arrière du dos, pour la renvoyer à la terre. Cette poigne ferme. Autoritaire. Du dresseur de chien fou victorieux, qui apprendrait à un molosse enragé, ce qu'il en coûte de désobéir.

Plus inquiétant encore était cette efficacité dans les mouvements. Rien du jeu de force et de caresses mêlées, auquel il jouait d'ordinaire avec les femmes venues se repaître de sa douce puissance de bête enchainée. Il semblait le faire, parce qu'il fallait le faire. Comme un soldat.

Et cela ne lui plaisait pas. Quelque chose en lui, un cœur sous la cuirasse hargneuse de ses muscles, regrettait. Ce qui se passait. Ce qu'il devait advenir. Pas elle. Pas Caithleen. Oiselle pâle, oiselle innocente, dont il avait la nostalgie des pépiements légers.

Le bruit du tissu qui gémit, qui pleure, qui s'éventre, lorsqu'il déchira la robe de la belle dans l'herbe. Le dos était doux, très pâle. Rivière de lait, dont il suivit la sinuosité frissonnante du plat de la paume, dont il mordit les hanches des poings pour apprécier ces rondeurs qui se nichaient comme de petits animaux gracieux au creux de ses doigts.

Tant de fleurs d'épines avaient versé leurs pétales que la neige en était devenue rouge. Des loups faisaient bombances des cadavres. La forêt résonnait du fracas de leurs crocs broyant les os des filles pour en extraire la moelle. Et dans le ciel, possédé d'un sombre tourbillon de nuages, une forme d'écailles et de cuir, longue et sinueuse, tournait et retournait.

Encore il lui arracha sa culotte. Dévoilant l'argent velours de ses fesses galbées. Nue comme une ange. Et désirable comme une flamme blanche, qui éclairait de son éclat le hâle sombre du Tsar scarifié.

Doucement il l'embrassa, de sa barbe d'épine, au bas de la nuque, là où les petits cheveux revêches, lui chatouillaient les narines. Puis la caresse de sa mâchoire mal rasée, descendit le long de l'échine, vertèbre après vertèbre, jusqu'aux fesses, jusqu'à l'entrejambe dévoilée, dont il huma le parfum de sel et de sucre.

 « -Toi comprendre maintenant. Putes pas avoir le choix. Battre ou mourir. Tskar venir avec Dragon. »


Avait il senti, deviné, aux palpitations de ces chairs qu'il possédaient toutes entières de la masse enveloppante de ses bras les visions répétées de l'Oracle ?

Des flocons en plein été. Comme si les étoiles en pleuraient. Comme lors de leur première rencontre, qui embrassaient de leur fraîcheur prophétique les lèvres de l'Opaline.

Prend garde aux neiges rouges qui annoncent le froid noir.

Tskar avait baissé son pantalon. Couché sur la jeune femme, il jouait de son désir, sur les fesses de cette dernière. Une invitation. Une promesse. Un choix. Encore. Comme dans les jardins de l'Onyx.

 « -Prévenir putes et mourir avec. Ou rester avec Tskar et vivre ? Amis ? Ennemis ? »


Souffla le titan aux oreilles de sa victime.
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