[Intrigue] Fleurs d'épines, fleurs de rose.


/!\ Sexe & Violence. Putes mais insoumises. Lorsque les Neuf Maisons Closes se regroupent pour défendre leurs droits. Une armée de dentelles, de velours et de peaux dénudées. Mais à Magicopolis, peut on vraiment espérer échapper à la main mise du Conseil des Neuf ?


Messagepar Caithleen » 28 Aoû 2016, 15:54

- Prend garde aux neiges rouges qui annoncent le froid noir.

Était-ce elle qui avait prononcé cette phrase, prophétie désincarnée dénuée de sens? Sa voix douce semblait s’être superposée à un son irréel emplissant de ses oreilles à son âme l’espace d’un instant, déformant la réalité dans laquelle elle s’efforçait chaque jour de demeurer. Elle passa une main tremblante sur son visage, dissimulant un instant ses grands yeux opalins.

Il y avait cette réalité que captaient ses sens encore intacts. La présence immense de Tskar, sa voix grave et rocailleuse. Les effluves douceâtres de la forêts, et la brise sur sa peau. Le parfum âcre du Loup, la sensation fraîche d’une brise sur sa peau d’albâtre.

Et puis il y avait cette autre réalité qui emplissait ses yeux soudainement luminescents, chassant l’ombre délicate de ses cils sur ses joues pâles. Qu’avait dit l’Onyx...? Ses mots avaient été couverts par celui de la meute menant la chasse à travers la neige crissant sous leurs pattes. Des embardées de poudreuse, des volutes de buée sorties de gueules affamées.

- ...papillon blanc.


Ses mains sur son visage, familières, la ramenèrent à lui. Elle ferma les yeux, tentant de s’ancrer à cette poigne enserrant sa gorge puis son sein. Et le soupir mélancolique de la voix rauque de Tskar, semblant se désoler pour elle.

Malgré eux, ses yeux s’ouvrirent de nouveau sur l’éther. Étaient-ce les loups qui avaient ainsi déchiqueté le Trône d’Urielle? Les décombres étaient noirs et froids. Et les meurtrissures dans pierre étaient pareilles aux marques de griffes formidables, nullement comparables avec n’importe quelle arme humaine.

Elle heurta le sol avec violence, chutant sans comprendre ce qui l’avait ainsi jetée à terre. La brume obscure s’éloigna, lui laissant un répit alors que l’odeur d’un humus lourd emplissait ses narines. Un léger tremblement la parcourait, séquelle des sombres visions venant troubler sa conscience déjà fragile. Alors qu’elle esquissait un geste pour se redresser sur les coudes, elle fut de nouveau plaquée au sol.

Aah... La terre sur sa joue était douce et fraîche, d’un parfum primitif qui semblait la consoler. Elle ne chercha pas à se débattre, trop désorientée. Dans un bruit de fin du monde, le tissu recouvrant son corps frêle fut déchiré. La ceinture argentée enserrant sa taille vola en éclat dans une pluie de tintements désordonnés. La main de Tskar, rendue rêche par les cals et les écorchures, parcouru sa peau, et un léger gémissement franchit malgré elle ses lèvres, instinct dépravé.

Et l’odeur du sang, épaisse et poisseuse, laissant un goût de fer sur la langue. Partout autour d’elle, les loups festoyaient. Les cadavres étaient éparpillés dans des postures grotesques. Peu étaient encore intacts, et la plupart voyaient leurs chairs déchirées par les crocs, leurs os brisés en miettes d’esquilles blanchâtres.

Prisonnière de sa prophétie, Caithleen, haletait, sa peau blanche recouverte d’une sueur glacée. Un cri s’étrangla dans sa gorge alors qu’une forme sombre, pareille à un fouet écailleux, envahissait un ciel déjà obscur.

Un contact rêche dans son cou, puis le long de sa colonne et plus bas encore lui tira un nouveau gémissement, entre désir et agonie.

- ... Tskar venir avec Dragon.


Comprenait-elle vraiment...? Rien n’avait plus de sens dans son monde en cet instant, si ce n’était la présence de Tskar, son membre raidi contre elle et sa voix noire lui offrant le choix. La lueur dans les yeux de l’Oracle allait et venait alors que la vision de cessait de harceler son esprit, la laissant à l’aune de la folie.
« prend garde aux neiges rouges qui annoncent le froid noir. »


- Tskar... Ici... Ramène moi...! Garde moi avec toi...


Suppliante, sa voix avait déchiré le silence, rendue tremblante par l’angoisse de rester de nouveau prisonnière d’un éther si froid et inhospitalier. De plonger dans cette macabre vision et de ne jamais revenir parmi les vivants.

Alors qu’elle cherchait avidement son souffle, ses mains se refermèrent sur le sol, agrippant la terre et les feuilles comme pour se cramponner à la réalité.
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Messagepar Maëlys Keys » 28 Aoû 2016, 20:36

Les volutes de fumée formaient de nombreuses formes. Parfois des corps s’entrelaçant, d’autres fois de simples nuages difformes. Dansant sous les yeux des uns, caressant le corps des autres, elle s’évadait, s’échappait à la réalité. Peut-être, pourtant, cette fumée créait sa propre réalité. Une réalité éphémère. Une réalité si courte qu’elle en devenait fascinante. Dans sa performance, elle laissait à chacun la chance d’imaginer. Comme un mirage, elle rappelait que rêver était un luxe que seuls les vivants possédaient. Mais tristement, on ne prêtait plus tellement d’attention à ce si petit univers. Et ses prophéties avaient finies ignorées.

Une nuée de lapins blancs avaient filtrés des lèvres d’une catin, puis une meute de loups étaient apparue à leur suite. Et le vent les avait effacés au loin, engloutis par la nature, dans cette fuite délicate. Disparus déjà face aux yeux noirs de l’Opale, dans lesquels les bêtes s’étaient reflétées, la jeune femme fermait ses paupières sous une rangée de longs cils bruns. Ce fut dans un sourire évasif, plein de mystères, qu’elle avait effacé cette image de son esprit. Un esprit si pur que l’imagination ne lui était que trop connue. Un esprit dont la connaissance de cette pureté poussait à se teinté de méfiance, au risque de rester à jamais maculé. Alors, comme beaucoup, elle s’était détournée de ce présage abstrait pour ne se tourner que vers sa propre réalité, alors qu’elle le souhait d’attirer son attention.

Le bras retombant gracieusement, pointant vers le sol. La pipe laissée prêt de son visage. Le visage tournant délicatement vers un oiseau esseulé. Le félin rouvrait ses yeux pour rencontrer ceux du volatile amoché. Un joli petit rossignol chantait. Cherchant compagnie auprès d’une originale. Le jeune prédateur s’était alors tourné. Sur le ventre, la Rose jouait de sa jambe, à son tour dans le vide, comme un animal jouait de sa queue. Mais, charmeuse et pleine de tendresse, elle ne s’amusait que peu de cet oisillon blessé. Cet Oisillon dont le reflet était limpide dans les yeux du Serval. Ce ne fut pourtant pas elle qui en prit soin. Une surprise fortement plaisante s’était présentée à ses yeux. Une maîtresse offrant son aide à un maître. Et quelque nouveaux mots pour elle. Dans un battement de cœur plus prononcé, alors qu’elle observait le Rubis s’installer, elle déglutit. Resserrant les doigts sur la paroi de la colonne, griffant vainement la pierre de ses ongles limés, elle sentait quelque chose grouiller dans son ventre. Entre satisfaction, désir, envie, elle sentait son intérêt accaparé égoïstement.

Puis plus rien. Plus de papillons dans le ventre. Juste un sourire. Un regard malicieux. Une étincelle fébrile dans les yeux. Une action. Une caresse.

Sur la peau tiède de Nightingale, l’Opale posait sa main. Gratifiant sa joue d’attention, elle lui sourit. Puis se relevait, debout sur son perchoir. En un saut, souple, gracieux. Le corps délicatement courbé. La plante de ses pieds, recouverts de ses escarpins, rencontra le sol. Comme un chat retombe sur ses pattes sans un bruit, la catin s’était mise au niveau de ses frères et sœurs encore debout. Dans une étreinte légère, dans un baiser apposé sur la joue de Perle, elle offrait ses salutations.

« Lorsque tu seras guéri, Rossignol, nous nous lèverons ensemble sur ces hauteurs. Et contre ma compagnie, tu m’offriras tes chants. »

Nulle demande, seulement quelques mots prononcés comme une promesse scellée par leurs mains se joignant comme celles de deux amants. Un énième sourire énigmatique puis la pression de la main féminine sur celle qu’elle agrippait. Un. Deux. Trois pas pour une destination toute trouvée. Une ultime inhalation de fumée puis un soupir, droit tourné vers le visage du Rubis. Dans ce nuage de fumée aux douces odeurs, le visage de l’Opale s’était effacé avant que ses lèvres ne rencontrent la joue pâle de la Pierre Ecarlate. Un baiser, une salutation, similaire à la précédente et pourtant différente. Une salutation bien trop courte.

Comme si ses sens s’éveillaient, comme si son autre nature l’appelait, la catin d’Opale se redressait. Aussi droite qu’elle pouvait l’être, son regard vide vrillait dans la pénombre. Dans son regard, les ténèbres s’épaississaient à mesure que ses pupilles grandissaient. Le froid couvrait sa peau dorée alors que des flocons de coton y disparaissaient. Douloureusement, sa respiration s’accélérait, soulevant son buste si fin. Lâchant la main prise en otage, elle entourait son corps fragile de ses bras, comme une frêle protection. Mais ce n’était pas le froid qui lui glaçait le sang. Son autre moitié, cet animal en elle, criait au loup. Et dans la densité verte de la forêt, aussi éloignés soient-ils… Elle les entendait.

Unique ennemie de l’Homme. La Peur tordait les entrailles du Serval. Loin pourtant d’être une simple proie, les ongles plantés dans la chair de ses épaules, elle se tenait prête. Si seulement elle ne s'était pas détournée du Mirage, peut-être aurait-elle déjà prédit ces changements.
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Messagepar Arthur Helders » 28 Aoû 2016, 21:27

Herbe écrasée, feuilles malmenées. Sous les épaisses bottes, la neige crisse et les fleurs sauvages ne sont plus que résidu de pétales et pollen tamisé après leur passage ; quant aux pousses juvéniles, elles retournent sous terre sans aucun espoir d'en sortir de nouveau. Les jeunes branchages de ces arbres qui commencent tout juste leur croissance, eux, sont brisés d'être écartés sans ménagement aucun ; et les lourds rideaux de feuilles des centenaires souffrent quand un bras les repousse sans soin. Pas besoin de faire dans la dentelle, de prendre ses précautions avec cette nature fourmillante de fourrés et d'herbes folles.

Les serpents sauvages – petites vipères inoffensives, entre autres – s'enfuient sous le froid et les vibrations du sol provoquées par le pas lent et maîtrisé de ces ombres qui évoluent dans la forêt. Labyrinthe de verdure, elles savent s'orienter, où se diriger. Car la forêt s'écarte, les épines se rétractent à l'instant où les corps passent devant elle ; et les branchages et autres troncs sinueux, racines distordues et crevasses terreuses, montrent la voie. Contrôle de cette nature sauvage et millénaire, signe de l'Avalon proche ou volonté propre de ce dédale verdoyant, peu importe. Tout n'est que magie, tout n'est que mystère. Et l'âge millénaire de cette forêt bien plus vieille que tout – qui a vu naître et grandir Magicopolis, la Putain de Béton, ne fait que renforcer le doute quant à la nature des racines qui se terrent, des buissons qui se serrent pour montrer le chemin à ces ombres – laisse planer le doute.

Et elles sont là, ces ombres. Ces silhouettes. Au loin, en retrait du banquet. De l'orgie. Et elles peuvent voir distinctement les putains s'adonner à l'ivresse et la luxure, se repaître de ce faste sous l'odeur du stupre qu'elles ont provoqué, qu'elles encouragent. Si ils savaient, songe un instant Arthur, dont les pensées se chevauchent aux hurlements lointains des loups. Un maigre silence, un court instant. Juste le temps, rare et précieux, de savourer ce qui se déroule sous ses yeux – sous leurs yeux – et de ce qui ne sera bientôt plus. Une convocation, une réunion. De ce qui sera fait, du pourquoi elles sont présentes, la raison de leur rassemblement.

Ils n'ont point conscience de ce qui se trame dans l'obscurité broussailleuse de la forêt, derrière le rideau de neige, de qui les observe, ces travailleurs du sexe. Sous les gémissements et les dos cambrés, les sexes lustrés de cyprine, le plaisir d'écarter les cuisses et creuser les reins, redresser les croupes et s'enfoncer dans les chairs intimes. Arthur voit tout cela très distinctement, comme s'il se tenait au cœur de l'orgie débordante. Et il est temps d'y mettre fin.

Epée à la main, il pourfend la poitrine de la catin la plus proche de lui. Que dire, alors, de ce visage figé dans la stupeur de sentir la lame assassine au cœur de la vallée entre ses seins nus, qui a reconnu le visage de ce peintre qui, jadis, bien avant Valériane, a été l'un de ses clients réguliers. Que penser de ce hurlement strident, qui se répercute entre les arbres et les ruines du palais d'Urielle, à la vue de la pointe de l'épée qui ressort du corps de la putain assassinée. Ce cri d'hystérie, comme une vigie qui donne l'alerte, qui étouffe dans un gargouillis grotesque de sang qui jaillit sur le visage d'Arthur alors qu'il tranche la gorge de la putain.

Crocs et griffes ; lames et balles ; poings et magie. Que Valériane et ses cousins de Russie, que cet ours du Caucase qu'elle appelle Père choisissent librement leurs armes. Leur manière de tuer ces catins. Tout est bon pour asseoir cette orgie, faire crever la révolution dans l’œuf. Prendre à contre-pied – tout Kravt que peuvent être les attaquants – le conclave et chasser les putes vers Magicopolis. Les forcer à retourner dans leurs bordels, à craindre la pensée d'une nouvelle réunion en faveur de leurs maisons aux portes closes et aux lits vides. Et massacrer celles qui osent rester, renverser ces tables et toute cette nourriture de parade.

Aucune considération pour le souvenir d'Urielle, pour ce trône alors renversé et brisé de toutes parts. Les colonnes, les ruines déchirées, les fragments de pierres qui s'élancent et pourfendent l'air sous les chutes et les projections. Ces catins qui s'enfuient, blessées ou non, forcées d'enjamber les cadavres de leurs pairs – déjà tuées ou tellement touchées qu'elle ne peuvent se raccrocher à l'espoir de fuir, de survivre – voire de trébucher sur les corps allongés. Et surtout, les empreintes de pas laissées dans la neige et la boue, dans le sang, qui ne sont autre que les petits cailloux semés pour les suivre, retrouver celles qui osent se cacher.

Se dissimuler, disparaître aux yeux de ces Cinq venus pour tout arrêter. Pour tout massacrer. Pour rappeler qu'il ne peut y avoir de révolution de la part des putains. Que l'Onyx n'est jamais loin, que les Kravt jamais ne plieront. Comme une menace tangible, permanente, aux crocs de Dragon qui se referment sur Magicopolis. Et toujours les hurlements lointains des loups, le grognement sourd des bêtes et des lourdes bottes qui écrasent vaisselle et alcool, nourriture et sang. Cadavres et ruines, sans la moindre hésitation, en semant sur leur passage ces empreintes boueuses dans la neige encore fraîche.

Plus égoïstement, Arthur. Arthur qui regarde, qui contemple les quatre autres assassiner les putains, détruire ce qu'il reste des ruines. Un plaisir coupable, dans sa manière de trancher le métal des automate, de pourfendre les chairs avec une facilité déconcertante, de briser la beauté de ces hommes et ces femmes que l'on s'arrache. Que l'on arrache. Et la démence latente, progressive, le contentement des sens de voir, sentir ce sang. De sombrer toujours un peu plus sous le poids de ce Dragon qui l'obsède. Car s'il est un tueur de Roi, Arthur est aussi un tueur de Putains. Et cela fait si peu de différence.
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Messagepar Valentina Stal'Kravt » 29 Aoû 2016, 21:13

Valentina souriait. D’un sourire qui dévoilait des dents d’une parfaite blancheur. Un sourire carnassier. L’absence de regard à travers ses verres polychromatiques la rendait encore plus féroce, plus inaccessible. Malgré sa démarche souple et décontractée, un brin nonchalante, elle évoquait une beauté froide et mécanique. Une arme de destruction. C’était ainsi qu’elle se considérait, ni plus ni moins. Son sang l’avait appelée. Ce même sang qui appelait à faire couler celui de ceux qui leur avait fait du tort. La revanche avait été longue. Préméditée sans doute. Son apparition ne manquerait pourtant pas de prendre au dépourvu ses victimes. A cette idée, Valentina Stal’Kravt n’en souriait que plus férocement. Sa fameuse winchester posée sur l’épaule, elle suivait le groupe légèrement en retrait. Ses sens, décuplés par l’ensemble des accessoires de sa création, les englobaient. Il lui semblait pouvoir percevoir le moindre signe de vie dans la dizaine de mètres à la ronde. Elle discernait le souffle de ses compagnons, devinait les battements de leur cœur, décelaient la moindre faille dans leur démarche. Ils semblaient calmes, dangereusement calme.

A mesure qu’elle avançait, Valya sentait l’excitation la gagner. Elle l’englobait, terrassant le calme qui précédait tout acte démesuré, irréfléchi. Tuer ne demandait aucune préparation. Seulement la volonté et l’envie. De cela, la jeune femme n’en manquait assurément pas. Le sang devait couler. Le sang coulerait. Par ses mains et celle de sa famille. Au nom des Kravt. Au nom d’une vengeance qui avait pris son temps à s’annoncer.

L’entrée fut aussi spectaculaire qu’inattendue. Alors qu’elle fermait la marche, lorsqu’elle entra à son tour dans le cloaque, Valentina eu un dernier sourire avant de claquer des doigts dans un geste théâtral. L’ensemble des lumières électriques s’éteignirent. La plupart des poupées mécaniques se figèrent dans une position grotesque, déplacée. Le reste ne fut qu’un chaos soigneusement agencé. Passée la surprise première, les cris succédèrent à la stupeur. Les mouvements devinrent flous, désordonnés. Les voix s’entrechoquaient, les membres s’emmêlaient en un simulacre de danse macabre. Valya eu un léger rire lorsqu’elle entendit son cousin lancer sa fameuse introduction. Ce fut la dernière pensée qu’elle eut pour lui. La dernière pensée cohérente à dire vrai.

Tout s’enchaînait. Mécanique bien rôdée. La winchester crachait sa hargne. Viser. Tirer. Recharger. Valya s’absorbait entièrement dans la tâche qu’on lui avait confiée. Tuer n’était certes pas sa spécialité mais concevoir les moyens les plus efficaces de destruction était en revanche dans ses cordes. Ses tirs étaient d’une précision chirurgicale, n’épargnant pas une vie qu'elle prenait pour cible. D’un mouvement de hanche, elle esquiva un corps qui chutait dans sa direction puis le repoussa du bout du pied. A un moment, une de ses mains dut quitter le manche de sa winchester pour attraper un homme qui passait à sa portée. Elle le saisit à la nuque et lui broya les cervicales d’un tour de poignet. Elle n’eut pas un regard pour lui, trop concentrée sur la manière d’éliminer sa prochaine victime. Les lèvres fermement closes, elle arborait un masque de mort. Pas un seul moment elle n’avait émi le moindre son, prononcé la moindre parole. Elle laissait les mots pour ses compagnons et les esprits futiles. Seule la tâche qu’on lui avait confiée importait.

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Messagepar Boris K. Valkorov » 31 Aoû 2016, 12:45

On aurait presque cru à la Russie.

La fraîche odeur de la forêt, enchanteresse, caressait les narines de l'ancien policier nostalgique. Les arbres n'étaient pas les mêmes - il manquait cruellement de bouleaux dans ce pays - et l'air était bien trop humide pour rappeler les promenades bucoliques du Slave, mais comparée à Londres, cette forêt ressemblait à celles de son enfance...

Mais le regard du Slave ne trompait pas. Il n'était pas là pour contempler des souvenirs perdus depuis trop longtemps. Le Loup du Caucase était en chasse.

Et il était calme. Déterminé. Froid.

Fusil automatique en main, équipé d'un silencieux réservé à de potentielles sentinelles, Boris progressait avec le flegme du chasseur aguerri, en avance sur ses camarades. Il savait ce qu'il faisait. Et à peine à couvert, il observait de loin la décadence prendre corps. Une moue de dédain déforma imperceptiblement ses lèvres. Il n'avait même pas eu besoin de se cacher. Aucun garde, aucune vigie, aucun système d'alerte. C'était à croire que toutes ces putes avaient demandé à ce qu'on leur perfore la poitrine.

Elles n'avaient que ce qu'elles méritaient.

Un soupir. Boris dressa l'oreille. Trop perceptible pour faire partie de la mêlée des chairs. Trop marqué pour être dangereux. Une voix grave, à l'accent familier. Une odeur de sueur, de sang, de peur, d'autant plus perceptible en cette paisible forêt. L'ancien policier laissa filer son don.

Caithleen.

Le Loup du Caucase diminua aussitôt sa position, comme conscient d'un danger imminent. Il dressa les oreilles, tous les sens aux aguets, fusil solidement ancré contre son épaule. Les signes ne trompaient pas, un autre loup était de la partie, et Boris n'en avait pas été averti. Il fronça les sourcils, contrarié. Il sentait aussi bien de la peur que de l'excitation. Mais à dire vrai venant de Caithleen, il n'y avait là rien d'étonnant...

Boris se redressa légèrement, et fila à travers les fourrés sans un bruit. Des bruits étouffés lui parvinrent plus clairement, des soupirs de plaisir et de douleur. Il vit alors les deux corps entremêlés, leur lutte simulée pour une parcelle de plaisir, et sentit tout le danger émaner de la brute épaisse qui s'emparait de la chair de la jeune Opale. Mais il n'avait pas le temps de réfléchir, et avec ce genre d'hommes, la stupeur était le meilleur moyen de s'en sortir indemne : si un homme averti en valait deux, un Tskar averti en valait au moins quatre.

- Стой ! vociféra-t-il alors tout à coup dans sa langue natale, afin de parfaire l'effet de surprise.

Le colosse se redressa soudain, comme un animal pris au dépourvu. Boris épaula aussitôt son fusil et appuya sur la gâchette. Le Cosaque partit brutalement à la renverse, l'épaule perforée. Sans perdre une seconde, l'ancien policier profita de son avantage. Il se jeta sur Tskar, lui asséna un violent coup de crosse dans la mâchoire et le plaqua au sol, appuyant sans douceur sur la blessure sanguinolente. Il siffla alors en russe, d'un ton qui se voulait sans appel :

- J'ai rien contre toi mais j'ai pas le temps avec tes conneries, alors si t'es pas capable de venir faire ton boulot correctement, casse-toi d'ici.

Il le fixa un instant, luttant mentalement une dernière fois avec son adversaire de circonstance, avant de se redresser, fusil toujours bien en main et les yeux braqués sur le Cosaque. Les Slaves respectaient certes la force, mais supportaient mal l'humiliation. On n'était jamais trop prudent. Sans se tourner vers Caithleen, il lui jeta alors sa veste, et lança :

- Rhabille-toi et va-t-en. Vite.

Il lui devait bien ça.

S'assurant alors d'un dernier coup d'oeil que Tskar ne viendrait pas lui chercher des noises, il se remit en route. Le carnage n'avait pas encore commencé, mais son clan ne tarderait pas à se mettre à l'oeuvre. Il ne lui fallut alors pas longtemps avant de rejoindre les lieux, déjà investis par Arthur. Concentré, absorbé par sa tâche lugubre, le peintre s'était mis à pourfendre consciencieusement les ennemis du Dragon, un par un. Boris en aurait presque apprécié le personnage, qui prenait malheureusement beaucoup trop de place dans l'esprit de la Reine à son goût. A défaut d'être un peintre talentueux à ses yeux, il semait au moins la mort avec une efficacité morbide, pensa-t-il alors en retirant le silencieux de son fusil automatique.

L'ancien policier fit son entrée à cet instant, Valentina sur ses talons, chargeant théâtralement une cartouche dans la chambre.

- C'EST LE LOUP ! beugla-t-il alors, fidèle à ses habitudes.

La surprise et la stupeur se transformèrent rapidement en panique, alimentée par les coups de feu et d'épée de l'escouade vengeresse. Les balles se mirent à pleuvoir, à répandre la mort sans distinction aucune. Les corps s'effondrèrent, les plus chanceux tués sur le coup, les autres se vidant de leur sang.

L'ancien policier se prit à admirer ce funeste spectacle d'égoïsme primal et de survie désespérée, tandis que son fusil automatique lâchait de courtes rafales contrôlées sur toute forme de vie passant à portée de son canon.

*Tatatac - tatac - tatac - tatatac - tac*

Le rythme des coups de feu était musique à son oreille, le choeur des cris de douleur et d'effroi composant la mélodie. Et pas une seule seconde, il ne se sentit coupable de ce sentiment de puissance qui inondait ses veines. Il était le plus fort, ils avaient été les plus malins, les mieux équipés.

Toutes ces putes n'avaient que ce qu'elles méritaient.
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Messagepar Elea » 31 Aoû 2016, 23:24

Une étreinte brûlante.

Une chevauchée divine.

Un spectacle magnifique.

A genoux sur ce trône glacial, chevauchant le jeune homme rubis, j’oubliais tout. Mon esprit était concentré sur mon étalon du soir et sur mon propre plaisir. Mes mains se serraient sur les accoudoirs en morceaux, tendant et détendant mes bras à chaque roulement de mon bassin. Mon dos vouté, la poitrine gonflée de désir alors que le jeune homme se laissait agréablement coulisser en moi, ma crinière se balançait, parfois s’agitant en de grands cercles quand ma tête roulait, parfois ondulant en vagues quand je le fixais, les flambeaux faisaient danser les ombres sur ma peau claire.

Lentement, une ambiance lubrique avait envahi la clairière. Comme si le centre, représenté ici par le monticule et le trône, source de cette lubricité et de cette luxure grâce à nos ébats, débordait tellement que petit à petit les gens aux alentours en étaient imprégnés, et se laissaient à leur tour, aller à la débauche. Seul, à deux ou en groupe, chacun faisait ce qu’il voulait, brisant toutes les barrières, toutes les différences.

Je ne portais plus aucune attention à ce qui se passait autour de moi, me focalisant sur ce qu’il se passait sur ce trône. Jader invitait une blonde pulpeuse à se joindre à nous, et elle acceptait sans la poindre réticence, approchant en scellant ce pacte d’un doux baiser avec lui. Mes yeux parcouraient son corps, ses cheveux, son visage. Elle était magnifique, plus grande, pleine de jolies formes, et semblait bien plus expérimentée, le parfait contraste avec moi, menue, novice.

Je n'étais pas jalouse non, mais envieuse de partager un moment avec elle.

Les petits couples se formaient, les groupes s’animaient, sur les tables, sur la pelouse, sur les rocher et contre les arbres. Il n’y avait plus de règle, putain, Maître de maison close, Gigolo, tous se mélangeaient, partageaient leur plaisir, leurs fantasmes, les vêtements volaient et couvraient le sol, puis les corps s’allongeaient et se mêlaient les uns aux autres.

Roulant du bassin sur les cuisses du jeune Rubis, mon attention se tournait maintenant vers cette nouvelle partenaire qui se déshabillait devant moi, sa robe glissait lascivement le long de son corps, le dévoilant lentement, dans un bruissement léger, comme un vent à peine perceptible qui caresserait le feuillage d’un arbre.

Ses yeux.

Son regard.

J’étais captivée, comme aspirée, alors que la caresse de son bras sur le mien faisait perler ma peau et se lever le fin duvet qui la recouvrait. Ma concentration déviait de mon amant, mes mouvements de bassin se faisant plus aléatoires, parfois maladroits, elle avait le don de me captiver. Le baiser qui suivit fut tendre, sensuel, quémandant une participation active de ma part, mon approbation pour le prolonger. Ce signe venait très rapidement, ma main lâchait l’accoudoir, venant saisir sa nuque, et insinuant ma langue en elle, changeant cette douce danse, cette lente et sensuelle valse, en une salsa sportive et torride, un échange humide comparable à une œuvre d’art, la dévorant alors que ses caresses jointes à celles de Jader faisaient danser mon corps empalé sur l’homme.

Sa petite transition vers son but ultime fut délicieuse, partageant son corps avec le mien, nos ventres et nos poitrines se frictionnant au rythme des mouvements de mon bassin, le baiser se prolongeait, comme si je ne voulais plus me détacher d’elle.

Elle était ma bouée de sauvetage dans cette tempête d’émotions et de sensations, mon point d’accroche dans ce rodéo.

Son final fut grandiose. Une levée magnifique, debout, face à la foule, dominant tout le monde, elle offrait la douceur de son écrin à la bouche du jeune rubis, qui s’abandonnait complètement au plaisir. M’offrant une vue magnifique sur son derrière rebondi, je ne pouvais m’empêcher d’en avoir envie, suçant et léchant mon pouce un instant, l’humectant de ma salive, je prenais ensuite sa rondeur dans ma main, ce pouce trempé, venant s’aventurer entre ses fesses pour jouer avec cette petite étoile dévoilée.


    «- Haaaa, Oui !»

Gémissements, gloussements, clapotis et bruits spongieux, corps qui s’entrechoquent et s’emboitent, insultes, remerciements. N’importe quel signe pouvant témoigner du plaisir avait été entendu, vu et prononcé ce soir, ils avaient tous gémis, elles avaient toutes crié.

Mais elle, son cri puissant et strident, avait fait tourner toutes les têtes. Un cri exprimant l’horreur, un cri annonçant la mort. Un cri qui en déclencha bien d’autres, et un mouvement de foule soudain.

Coups de feu, giclées de sang, hurlements. Je quittais bien vite les hauteurs célestes de mon plaisir, plongeant alors dans la terreur et le doute, dans l’incompréhension.

Je me retirais du trône, ne prenant même pas le temps de me rhabiller ou ramasser ma robe, je fuyais, nue, me glissant entre les colosses et les putains, me faufilant comme une souris apeurée, je disparaissais, m’éloignant des coups de feu. Lâchement et égoïstement, je ne me préoccupais de personne que ma propre personne.

J’atteignais les bois, courant sans me retourner, sans m’arrêter, sans même penser à autre chose que ma survie.

Des minutes, des dizaines de minutes. Une heure peut-être. Je ne savais pas combien j’avais couru, je ne savais pas où j’étais. Epuisée, je ne pouvais plus poser un pied devant l’autre. J’étais encore dans les bois. J’avais assurément pris une mauvaise direction, mais ne connaissant que peu les lieux, et n’ayant pas réfléchi une seule seconde, je m’étais perdue, complètement perdue.

Mais j’étais en vie.

En vie.

Mais seule. Combien de mes comparses avaient été tués ? Combien avaient pu fuir ? Certains avaient-ils pu se battre ? les repousser ? J’en doutais fortement. J'avais la chair de poule, frissonant, j'étais horrifiée en repensant à ce qui venait de se passer.

En vie.

Mais vidée, les pensées sombres tournées vers les évènements, ne comprenant pas ce qui s’était passé, qui ils étaient, et pourquoi ils avaient fait tout ça. J'étais paniquée, devenue livide, j'étais glacée de peur.

En vie.

Mais à genoux, la bouche coulante de salive, essoufflée, les doigts plongés dans la terre, crispés. Mon cœur palpitait toujours, étant effrayée, épuisée, les jambes fébriles, les muscles faibles. Je tombais, mes paupières se plissant, je me retrouvais vite plongée dans le noir.

En vie.

Mais seule, éreintée et perdue…
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« J'ai connu bien des filles de joie qui avaient pour père un homme de peine. » Alphonse Allais


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Messagepar Valériane B. Kravt » 01 Sep 2016, 15:53

Sucré, salé. Juste...

 « -Arthurrrrr »


Ronronna, presque chantonna la Rusée, en s'agenouillant devant le jeune homme, à la suite de cette gouttelette de transpiration, qui lui avait coulé le long du torse masculin. Le tee shirt, aux odeurs humides et organiques, lui avait été arraché plus que simplement relevé pour dévoiler son ventre maigre, brûlant, et ainsi révéler le liseré frontalier, à peine décent de ce boxer marquant l'arrondi tout en muscles nerveux et en ossature angulaire de sa taille.

Là où le désir naissait et se devinait au parfum épais d'une virilité contrainte par la simplicité rugueuse du jean, elle cueillit de justesse la perle transpirante de la pointe titillante de sa langue. Puis lentement, de cet appendice à l'agilité râpeuse de féline chaleureuse encadré du baiser de lèvres à la volupté charnue, elle remonta le simple fil, souvenir de sel, qu'avait tracé la gouttelette sur le derme aux abois.

Quelque chose en suspens, un trouble diffus comme la lointaine pensée d'un orage écrasant les atmosphères, planait sur l'atelier de peinture poussiéreux. Cette façon peut être, qu'elle avait de plaquer Arthur contre l'écran blanc, bientôt marqué par l'empreinte humide de son dos nu et gluant, d'une toile encore vierge ; de lui maintenir les poignets le long du corps, d'une prise caressante, où les ongles soignés et amandins de l'Incandescente, n'étaient jamais loin de transpercer, de lacérer. Ne pas parler, le laper simplement, et lui faire sentir par son silence, par ses regards de venins perçants qui le couvaient parfois lorsqu'elle daignait relever le lent et recourbé éventail de ses cils, qu'il était aimé. Qu'il était vulnérable.

Rituel félin, de la mère qui badigeonne de salive son petit, de la Dominante qui vient mordiller son autorité à la nuque d'un mâle insolent. Comme accroché à ce cheveux humide de cristaux de sel tranchant de part en part la peau du jeune homme, elle avait fini par se relever, et sur la pointe des pieds afin de grappiller ces excédant centimètres lui manquant, venir achever la course provocante de sa langue sur la gorge du jeune homme. L'imperfection masculine de la pomme d'adam fut aimée, léchée et embrassée, le menton et les lèvres du garçon lapées.

Alors doucement, de ce murmure qui n'était pas une question, alors qu'elle se cambrait contre lui, et lui soufflait la cruauté vénéneuse de son haleine au visage, elle laissa tomber couperet de son intelligence malsaine.

 « -Tu as eu des femmes avant moi... »


Mais aucune après moi... Constata Valériane avec un sourire morbide, en observant le zèle que mettait le peintre armé d'une épée qu'il maniait avec la grâce d'un bûcheron ivre, à faire éclater la précieuse porcelaine protégeant les minuscules rouages d'une pute automate.

Tant de mortes déjà. La neige grise d'un été maudit par la toute puissance capricieuse, d'une Reine Rock en blouson de cuir râpé, en était devenue rouge. Et de ces feux orgueilleux, où avaient été brûlés par les volatiles gracieuses, des encens et des parfums afin d'accompagner leurs ébats obscènes, s'échappaient désormais qu'ils consumaient des cadavres, de lourd et grossier panaches de fumée noire. Un Dragon de cendres charnelles, de cheveux embrasés, de larmes vaporisées, qui paraissait s'élever avec lourdeur vers le ciel, pour le violer, le posséder tout entier de son emprise incandescente.

Tête nue, d'un bond qui envoya volter dans son dos le fouet de cette immense natte d'encre et de cheveux entrelacé, Valériane, dont les bottes craquaient la couche de neige fraîche sans l'enfoncer, prit ses distances avec la boucherie. Ce soir elle n'avait pas tué. Et lorsque la nudité Angélique, petite biche aux pieds de vent, d'Elea l'avait frôlée pour détaler au creux des fourrés, elle s'était contentée d'abaisser sa baguette d'ébène, et de la suivre quelques secondes des feux perçants de son regard sans chaleur avant de l'abandonner aux ténèbres de la Forêt d'épines.

A Valya qui tordait le cou d'un homme prisonnier de la puissance galbée de ses cuisses, elle adressa un clin d'oeil mauvais. Connivence meurtrière de cette prunelle verdie, qui suintait le poison et étincelait d'autant plus lorsque les corps fauchés comme des blés, s'abattaient en son nom. Parce que sa lointaine cousine, cette cadette forgée d'acier, était la seule à savoir. A Elle Valériane s'était ouverte, et avait confessé les raisons jalouses et malsaine de cette moisson de beauté.

Mais aux autres membres de son groupe, ces Boris, Baïeslav, Artyom et même Arthur, elle n'avait rien dit. Qu'ils tuent, qu'ils expient, qu'ils écrivent sur la neige pâle les lettres de sang de leur pardon. Pas un pour racheter l'autre. Mâles indignes, mâles volages, des bêtes, que l'éclat d'une cuisse nue suffisait à détourner de l'Onyx, qui épuisaient leurs forces tumultueuses dans les bras laiteux d'étrangères, de traîtresses, au lieu de porter aux orages les clameurs du Dragon.

Possessive Valériane. Exigeante Princesse, jalouse des pouvoirs qu'elle exerçait sur les têtes barbues de son clan. Qu'ils l'aiment Elle, qu'ils les tuent. Toutes.

Pour rejoindre ce lambeau de robe rouge, se dévidant comme un fil de flamme, vers l'intérieur moins exposé des ruines désormais fleuries de givre et repeintes de la pourpre des abattoirs, elle eu encore à enjamber de la foulée de ses longues jambes gainées d'un jean troué, plusieurs cadavres, qui avaient volé là, beaux et fauchés, lorsque Boris avait fait parler son arme.

Il était loin le loup. Mais elle n'avait pas besoin de leur voir, pour sentir sa présence fraternelle. Quelque part dans la clairière, à peindre l'air cristallin de ses balles lumineuses, à enfoncer dans les poitrines de chaque fille abattue, l'âpre serment de plomb que jamais plus, il ne trahirait Valentina pour quelques kilos de chairs légères.

Cruelle constatation, lugubre jouissance féminine, qui étira les lèvres charnues de l'Enigmatique, avant que son visage racé, fonde sa pâleur dans les ténèbres minérales de ce gigantesque palais. Seule sa longue natte, lourde vipère lugubre parut encore flotter quelques secondes dans le silence, avant de se dissoudre.

 « -Tu savais ce qui allait advenir. Et toi seule aurait pu les protéger. Mais elles se sont détournées. Telle est la malédiction de toutes les Cassandre... »


Chantonna Valériane, en émergeant de quelques éclats de talons sur les marches d'un escalier, là où la Reine Rubis l'avait menée. Ce même balcon d'où Urielle la blonde, montait parfois pour contempler les orgies se déroulant à même les épais tapis de fleurs opiacées de son domaine. Mais le spectacle qui se déroulait dans cette grande salle de banquet, devenue une clairière lorsque le plafond s'était effondrée voilà bien des années, n'avait plus rien de licencieux, de majestueux et de feutré.

Une boucherie que Valériane dont les perceptions avaient fini par se modifier insidieusement dans une trop longue fréquentation d'Arthur, résuma à quelques thématiques efficaces et cinglantes. Sang vif, neige de cendres, pierre muettes. A dominante obscure.

 « -Et tu sais aussi ce que je te veux. Ce que je cherche. »


Ce qui me hante, ce qui me ronge... Dragon d'Encre corrosive, gravé à même ses vertèbres. Passion comme un cancer, qui la projetait vers un néant qui la terrifiait. La rendait urgente et instable, folle et dominée, au point de jeter à bas tout ce que Londres avait de plus gracieux, de plus touchant, dans l'espoir d'une réponse, de sang, de flamme.

D'un bond elle fut contre Cassandre. A se noyer dans la majesté embrasée de cette robe, buvant le vent et les odeurs de poudre. A lui tenir le visage de la prise affolée de ses mains trop fines, trop blanches, pour retenir le déroulé de son destin.

 « -Je t'en supplie et je m'en vais. Et tout s'arrête. Mais dis moi, dis moi, si c'est le bon »


Lui Arthur, ce peintre des abysses, trop aveuglé par sa frénésie créatrice, pour voir sa Reine quelques étages plus haut, s'effondrer brusquement aux pieds de Cassandre. D'une blessure soudaine, Valériane versait son sang aux pieds de la funeste prophétesse. Son sang... Et il fallut encore quelques secondes à l'Obscurine brutalement fauchée, pour ce rendre compte de ce qui se passait, pour comprendre où cette vie, cette énergie l'abandonnant, était en train de fuir. Au sol. Dans la neige. Nulle part. Perdue.

Alors prenant enfin mesure de l'ironie grinçante elle tourna lentement la tête, le visage à demi masqué par la rondeur de cuir de son épaulette, pour contempler cette putain qui venait de la poignarder. Pas Cassandre. Une autre. Anonyme rayon d'Opale. Ombre lumineuse qui l'avait suivie tout ce temps. Attendant son heure, le meilleur moment, pour glisser le baiser glacé de sa lame entre les côtes de la Guerrière pour venger ses Soeurs et mettre fin au carnage.

 « -Attend que je t'attrape petite conne... »


Et puis le noir.
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Messagepar Arès Vasilios » 02 Sep 2016, 05:16

Un cri déchira la nuit, sonnant le glas de cette orgie qui plus tôt s'était déroulé sous ses yeux. Habile panthère noire, homme-félin qui du haut de ces ruines anciennes observait ce tapis de corps s'entrechoquant, se frôlant, pour ne faire plus qu'un. Son sang enflammé bouillonnait à cette vue, il s'en lécha les lèvres, frôlant ses crocs avides de chaires fraîches à se mettre sous la dent. Il y aurait peut-être participé, se mêler à la fête pour claquer quelques paires de fessiers rebondies, mais ce soir, il n'était pas là pour prendre son pied. On ne posais pas de questions, on suivait. Arthur avait déjà commencé les festivités, déjà les peureux s'en allait, prenant leurs jambes à leurs cous, mais bientôt deux silhouettes familières firent leurs apparitions, poursuivant le carnage du peintre déchu.

La maîtresse dragonne avait parlé, il l'avait suivis. Comme il l'avais toujours fait. Une bête avide de pouvoir montrer sa haine à quiconque, un pantin guidé par ses instincts primaires, bestiaux. Voilà ce qu'il avait toujours été, jamais maître de ses émotions, toujours dans l'excès, peut-être même parfois un peu trop, il suivait l'instinct, se laissait guider par lui comme le courant fougueux d'une rivière. Il baignait, flottait à la surface en espérant pouvoir reprendre une bouffée d'air, mais jamais il ne s'échouait. Il était condamné à se noyer dans ses émotions trop fortes durant le reste de sa vie. Ce sang enflammé qui bouillonnait dans ses veines était bien trop puissant pour qu'il puisse lutter, alors il se laissais aller, se laissant guider par ce feu ardent qui brûlait en lui.

Tirant une dernière bouffée de fumée âcre sur sa cigarette, il observa le massacre sous ces yeux. Il n'y avait nul sourire sur ces lèvres cette fois-ci, car même si ça avait été les ordres, une part de lui ne semblait tolérer ce qui était entrain de se passer. Bientôt la cigarette entre ses mains tatouées disparus en cendre, la poudre âcre s'évaporant dans les airs comme si elle n'avait jamais existé. Il descendis alors de son perchoir, sautant agilement tel un félin pour atterrir gracieusement sur ses jambes. Ses yeux scrutait l'obscurité de la clairière qui plutôt avait servis d'immense baignoire à orgie. Il fallait un brin de lumière pour animer tout ça. Un sourire apparut alors sur ses lèvres malgré ses pensées négatives plus tôt et la magie de braise se mit à couler en lui, faisant bientôt apparaître deux énormes flammes dans ses mains.

De sa démarche féline, il entra alors dans la danse, maniant ses flammes comme l'aurait fait un chevalier avec son épée. Sous ses yeux les putains criaient, s'enfuyant en hurlant d'horreur face à cette attaque soudaine de l'Onyx. Sous sa magie, les corps des innocents brûlait, en même temps que ses émotions, il grimpait les marches avec l'allure d'un prédateur aux doigts enflammés. Laissant derrière lui des corps complètement carbonisés dont l'odeur venait chatouillé machiavéliquement ses narines, lui rappelant à cet instant précis la gravité de ces actes. Les jets de ses flammes jaillissait de ses paumes, tel des éclairs fulgurant, dégageant la voie face à lui jusqu'à ce qu'il arrive près du trône.

La plupart des dirigeants des maisons closes avait fuis l'endroit, plus bas encore il ne restait plus que Cassandre qui désormais se tenait face à la Reine de l'Onyx, l'envoûtante dragonne à la poigne de fer qu'il avait suivi. Au départ, l'Onyx avait été un moyen pour lui de pouvoir de quoi s'acheter à becter et trouver un toit, mais par la suite, ça avait été devenue une routine. Se lever, tuer, baiser, manger, dormir aux aguets. Vivre dangereusement chaque jour, se régalant de cette adrénaline mortelle qui lui donnait des frissons par milliers. Mais aussi oublier ces cicatrices du passé qui avait refait surface récemment. Il pensais alors à sa soeur, à cette belle blonde qui autrefois avait été innocente, inconsciente des risques que pouvait représenter le monde. Aimante et douce, bienveillante.

Son regard bleu clair se posa sur la nuée de cadavre carbonisé derrière lui et la bile lui monta à la gorge. Nauséabond, massacre, horreur. Voilà ce qu'il venait de faire... Était-ce vraiment ça ce qu'il voulait ? Ce qu'il désirait du plus profond de lui même ? Il ne parvenait pas à avoir la réponse. Alors il se retourna sur le trône, observant un visage qui lui était familier. Une belle blonde plantureuse se tenait là, à moitié déshabillé et échauffée par cette orgie qui plus tôt avait du éveiller ses sens les plus bas. Eonis.

Il posa alors sa veste de cuir sur ses épaules d'un regard las, désabusé par ce qu'il venait de se passer.

- T'ferais mieux d't'en aller, vite.

Un dernier regard, puis il se tourna alors plus bas, la dragonne s'agenouillait subitement face à la reine rouge, poignardée.
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Messagepar Erika Vartanen » 02 Sep 2016, 10:12

    Un instant manqué ? Une rancœur envers celle qui s'était élevée la première contre elle ? Ou bien tout simplement un manque d'envie après de si tristes émotions ? Toujours était-il que sa proposition adressée à la Reine de Rubis, qu'on avait voulu couronner Impératrice des Putains, n'avait guère rencontré d'écho, et que la maîtresse des putes de l'Émeraude se retrouva seule, alors que tout autour d'elle, l'orgie semblait bel et bien prendre corps. Que Cassandre elle-même se prête ou non au jeu, Erika pouvait dire, au fond, que cela ne changeait pas grand chose : l'idée d'une union politique et guerrière était morte, déjà, perdue, noyée, dans les flots du plaisir à venir. Elle était de toute façon morte-née, aux yeux de la belle blonde toutefois : elle même ne l'aurait jamais acceptée. La force des putains n'était pas là, dans ces jeux de pouvoir que d'autres, trop vieilles, trop éloignées sans doute des vérités profondes de leur nature et de leurs buts après une trop longues retraites, avaient voulu créer pour elles. Non, la force du plaisir, de la luxure elle-même, était toute différente de celle de la politique et de la guerre, et celles qui l'oubliaient, le plus souvent, en connaissaient qu'un funeste destin.

    Après cet instant manqué, il fallait bien avouer que la belle n'eut pas le cœur à plonger dans l'orgie, pas tout de suite en tous cas, quoiqu'elle regarde l'évolution des choses d'un œil approbateur. Voilà qui était plus conforme à l'esprit d'un Conclave des Putains qu'une quelconque tentative de manipulation politique, du moins aux yeux de la divine blonde. Visiblement, tous et toutes n'avaient pas perdu l'habitude de ce qui faisait vraiment une courtisane digne de ce nom, en dépit de l'égarement de certains des dirigeants, passés ou présents, des Neuf Maisons Closes. Tout en se servant un verre de vin, la Matrone de l'Émeraude se fit la réflexion que le meilleur moyen pour elles de prospérer était encore d'oublier toutes ces tristes manigances des vieilles reines. Si Cassandre voulait revendiquer une couronne, grand bien lui en ferait, mais il ne faudrait pas compter sur elle et sur l'Émeraude pour être de la partie. Ainsi, ceux qui étaient presque ces enfants, jeunes gens et jeunes femmes – et moins jeunes parfois – placés sous sa protection, n'auraient pas à craindre les funestes conséquences d'une telle intronisation.

    Ce qu'elle ignorait bien sûr, c'est que certains avaient déjà choisi pour elles qu'il était trop tard pour rester à l'écart.

    Trop tard, oui, trop tard pour le Dragon. Le Dragon ne s’embarrassait pas de nuances, il ne faisait pas dans le détail. Peu lui importait que certaines soient pour, ou contre, l'idée d'une union de toutes les Putains de Magicopolis sous une seule couronne : le fait que cette idée ait été proposée, proclamée, suffisait à concrétiser la menace. Ils auraient dû le savoir, le réaliser, mais Erika elle-même était loin d'être experte dans la psychologie de l'Onyx, et surtout elle n'imaginait pas que le secret de leur réunion serait trahis. Il y avait toujours une certaine loyauté entre la Maîtresse – ou le Maître, d'ailleurs – d'une Maison Close avec le reste de la faction, et avec ceux qui se trouvaient à la tête de celle-ci, mais elle avait pensé, naïvement peut-être, que la fraternité qui existait entre celles et ceux qui pratiquaient le plus vieux métier du monde aurait suffit à s'affranchir de ces liens, fut-ce le temps d'une nuit. Fut-ce seulement tant qu'une éventuelle menace n'avait pas été concrétisé, tant que la faction et ses dirigeants n'avaient rien à craindre – rien de plus qu'hier, en tous cas – des prostituées de Magicopolis.

    Ce qui était une tragique erreur.

    Elle pu s'en rendre compte quand les premiers cris retentirent, et que les Cinq Fléaux de l'Onyx s'abattirent sur eux. La Dragonne, ceux qui portaient son sang, son fougueux protecteur et, bien que la blonde elle-même n'en sache rien, son amant, fusionnel et destructeur tout à la fois. Cinq seulement, ce n'était que bien peu. Et pourtant, c'était assez, Erika le réalisa tout de suite, dès les premiers instants, alors que, sous la surprise, elle laissait tomber son verre au sol dans un fracas de cristal. Elles n'étaient pas des guerrières. Tel n'était pas leur rôle. Et même si la Reine Dragon prétendrait le contraire face à Cassandre, l'ancienne gladiatrice elle-même n'aurait rien pu faire contre cette réalité. On ne transformait pas en une nuit une armée de putains en une armée guerrière, c'était tout simplement impossible. Et même sur le long terme, on ne pouvait le faire sans changer leur nature profonde. Erika elle-même, quoiqu'elle fut une puissante sorcière, n'avait jamais modelé ses pouvoirs pour la destruction, pour le combat, pas directement en tous cas, et elle savait que c'était le cas de la majorité des autres. Leurs pouvoirs étaient tourné vers le Beau, leurs corps entraînés pour le Plaisir. Nullement pour la guerre.

    Les statues qu'elle avait emmené avec elle, pour être des gardes d'apparat, seulement, mais qui maintenant allaient être utilisé pour un véritable combat, se portèrent aussitôt près d'elle, sortant leurs armes de pierres. D'un geste et de quelques mots, elle changea le sort qui leur donnait vie, leur ordonnant d'aller protéger les filles de l'Émeraude. Néanmoins, elle savait que ce n'était qu'un bref répit, pour quelques-unes, au mieux. Erika savait que le salut n'était pas dans la bataille, et elle s'approcha du fond des ruines, alors que le massacre faisait rage de l'autre côté, utilisant ses pouvoirs pour pulvériser un des murs qui barrait la route d'une fuite efficace, en faisant un escalier de pierre un peu chaotiques mais qui faciliterait certainement la fuite des plus pressés, avant de se tourner vers le combat, élevant la voix.

    « Putains de l'Émeraude et d'ailleurs ! Ne combattez pas, fuyez ! Fuyez pour sauvez vos vies si vous le pouvez encore ! »

    Lâcheté ? C'est ce qu'aurait peut-être dit un guerrier, mais Erika n'était pas une guerrière. Ceci n'avait rien avoir avec son genre de pouvoir, avec leur genre de pouvoir. Ceci n'aurait pas dû être. Elle-même ne resta en arrière que pour s'assurer du départ de ses filles, leur criant d'accélérer tandis que ses statues barraient la route de la retraite. Mais ce n'étaient que des statues, et elle vit une d'entre elles être pulvériser par un titanesque guerrier d'Onyx, puis une autre. Et alors qu'elle se demandait si elle-même allait devoir se sacrifier pour voir sauver plus de ses filles, elle vit, au loin, la Reine Dragon se faire poignarder face à Cassandre, poussant un cri de surprise et d'horreur – horreur, car elle savait que sa mort à elle, si elle survenait par extraordinaire, signifierait leur mort à tous, certainement – en pointant le doigt vers la scène, faisant se retourner la Bête d'Onyx dans cette direction. Elle vit alors le guerrier-bête se détourner dans cette direction, alors que, balayant la scène, elle voyait qu'un guerrier supplémentaire était venu s'adjoindre aux forces du Dragon.

    Cela faisait trop. Entre la rage probable des Onyx devant la blessure – si ce n'était que cela – de leur Reine, et l'arrivée d'un nouveau guerrier qui augurait peut-être l'arrivée de nombreux autres, elle savait que cela devenait trop risquer, même pour elle. Faisant signe à toutes les filles encore proches d'elle d'accélérer la fuite, elle s'enfuit elle-même en courant, sa retraite protégée par la dernière statue encore intact, fuyant dans la nuit au rythme d'une course rapide, déchirant sa robe dans les bois, espérant encore se sortir de ce cauchemar, de ce traquenard, avec rien de plus que des égratignures dues aux ronces et un cœur plein de chagrin pour celles qui étaient tomber. Car si elle s'en sortait, il y aurait des comptes à faire rendre, plus tard... et elle tenait absolument à en obtenir des responsables de ce carnage...
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Messagepar Baïeslav Zdorovega » 02 Sep 2016, 11:11

    La Dragonne ordonnait, et il obéissait. En dernier recours, s'était ainsi que fonctionnaient les choses. C'était pour cela que la tête du petit peintre était encore fixée sur ses épaules, plutôt que d'avoir été broyée entre les crocs de l'Ours. Il n'approuvait pas cette amourette avec un Anglais, avec un homme qui était plus peintre que guerrier, avec celui qu'il voyait comme un minable. Qu'il ait achevé une petite fille agonisante ou tué un vieux guerrier qui ne s'était pas défendu ne l'impressionnait guère : c'était à chaque fois la patte d'un véritable Onyx qui avait amené ces gens à être à sa merci. Il lui semblait impossible qu'un tel homme puisse être choisi pour devenir le compagnon de la Dragonne, pour tenter de perpétuer l'héritage millénaire des Kravt, pour cette élection la plus noble d'entre toutes, et s'il avait eut le choix d'agir, celui-ci serait certainement déjà mort, d'une façon ou d'une autre, pour mettre fin définitivement au problème à la source.

    Mais la Dragonne le lui avait interdit avant qu'il ne puisse agir.

    Elle le connaissait bien.

    Et il avait obéit.

    De même, il avait obéit sans posé de question quand il avait été annoncé qu'on allait attaquer ce « Conclave des Putains » qui se tenait dans la forêt. Il n'avait grogné qu'en voyant que le petit peintre serait de la partie, mais qu'importait : cela à part ce serait une attaque glorieuse, une attaque menée en compagnie des Dragons – de sang légitime ou bâtard, ils n'en restaient pas moins porteur du Sang de Mordred et mieux encore, pour ce qui concernait cette compagnie, ils en étaient tous dignes. Baïeslav ignorait les véritables raisons de sa Reine, bien sûr. Les aurait-il connues qu'il les aurait fermement désapprouvées, mais ce qu'il ignorait ne pouvait faire naître son ire. Pour sa part, il voyait très bien l'intérêt de frapper vite, de frapper fort. De ne pas laisser croire aux Putains de tout bord qu'elles pouvaient se rencontrer, s'organiser, se fédérer, tramer leurs petits complots. Il savait trop bien le pouvoir de la chaire sur un guerrier. Il fallait tuer dans l’œuf toute tentative de réunir ce pouvoir en une arme qui pourrait être utilisée contre le Dragon.

    Ils n'étaient pas partis sur la pointe des pieds, et certains avaient pu avoir la fantaisie de les suivre. Qu'importait. Ils n'avaient pas besoin de renforts, pas pour contrer une masse de putains, du moins aux yeux de Baïeslav. Une troupe d'élite produirait un effet plus durable et serait bien suffisante. Mais d'un autre côté si quelque guerrier en mal de violence ou porté par l'adoration de sa Reine voulait leur emboîter le pas, ce n'était guère une gêne. Seul importait le résultat, et le pire que pouvaient risquer les impudents, c'était leur propre vie... mais celle-ci n'aurait alors guère de valeur. Le voyage fut rapide, le rythme soutenu. La forêt où ils se rendaient était enchantée, paraissait-il, maudite disaient certains, mais cela importait peu. Ce n'était pas une petite forêt anglaise qui allait freiner l'avancée des fléaux venus de la steppe glacée de la puissante Russie, et de fait, elle n'y parvint point. Ils arrivèrent ainsi aux abords de la fête des courtisanes anglaises, laquelle semblait déjà doucement dégénérer en orgie, sans qu'il soit possible de dire si cela célébrait la réussite d'une union... ou si c'était simplement dans les habitudes de ce genre de rassemblement. Dans tous les cas, ce n'était pas très important.

    Car l'orgie allait bien vite tourner au massacre.

    Les enfants du Dragon passèrent à l'attaque, et ce fut le chaos. Baïeslav avait encore forme humaine, mais armé de ses deux haches courtes il paraissait plus être une bête qu'autre chose au milieu de l'assemblée. Les corps faibles et peu couverts n'étaient pas de taille à faire face au cruel acier manié avec une force terrifiante, et dès les premiers instants il fit d'horribles victimes. Une tête fut tranchée par une hache, une autre fut simplement pulvérisée par un puissant coup de l'autre, et le massacre commença. Parallèlement, les autres tuaient déjà. Du coin de l’œil, il vit Boris, le Loup du Caucase, remettre brutalement à sa place le chef de la Maison Close de l'Onyx, souriant en voyant que la réputation de cet homme n'était pas usurpée. Il n'avait guère été étonnant de découvrir qu'il avait du sang de dragon dans les veines, celui-là ! La terrible Valentina au corps à moitié inhumain ne s'illustrait pas moins, et, globalement, l'opération semblait se passer au mieux, à la grande satisfaction du Chante-Gloire, qui eut un rire titanesque alors qu'il ouvrait largement une gorge, se faisant baigner de sang, tout en tranchant un bras tendu en guise de protection, laissant hurler de douleur une prostituée dont l'harmonie corporelle, pourtant au part avant parfaite, était maintenant gravement compromise.

    L'Ours Noir ne cherchait pas forcément à tuer ses proies, il se contentait de frapper, de trancher, de broyer. Si certaines s'en sortaient estropiées, elles ne seraient que de meilleur témoignage de la folie qu'était une tentative de conspiration contre l'Onyx, et en attendant les cris de douleur égayaient l'endroit d'une façon qu'il trouvait particulièrement à propos. Laissant la Reine Dragon confronter la putain du rubis qu'elles avaient voulu se choisir pour meneuse, Baïeslav progressa vers une autre cheftaine putain qui appelait les siennes à la fuite. Une attitude sensée, mais cela n'allait pas l'empêcher de poursuivre son massacre. Il fut bloqué par un groupe de guerriers de pierre, qui le firent à nouveau rire au cœur du massacre.

    « Bwahah, de petites statues veulent arrêter le Chante-Gloire ? Je vais vous transformer en tas de gravas ! »

    Les guerriers de pierre étaient résistants... mais ce n'étaient que des êtres de pierre. De sa puissante magie ténébreuse et de sa force terrible, l'Ours Sanglant les réduisit bel et bien en pièce, tout en déviant de sa seconde hache la plupart des coups. Une épée de pierre ouvrit une entaille dans son bras, une lance de pierre se rougit contre son flanc, mais ce n'étaient que des égratignures mineures pour un guerrier tel que lui. L'un après l'autre, les gardiens de pierre étaient détruits, et bientôt il pourrait passer pour continuer d'aller trancher les chaires, ce qui était tout de même plus intéressant. Peut-être se contenterait-il d'assommer la maîtresse de ces statues, pour lui apprendre sur son propre terrain ce qu'il en coûtait de s'opposer à l'Onyx. Peut-être pas. Tout l'intérêt de ce genre de massacre gratuit était qu'on pouvait allégrement improvisé en son sein, puisque le but n'était pas un objectif précis – du moins, le croyait-il – mais simplement de répandre la terreur dans le cœur de ceux qui voulaient se dresser contre le Dragon. Tout se passait bien...

    Jusqu'à ce que la blonde pousse soudain un cri paniqué en pointant quelque chose derrière lui.

    Cela aurait pu être un piège, mais par réflexe le Chante-Gloire se tourna, regardant derrière lui... et voyant sa Reine s'effondrer, blessée par l'une des putains. Oubliant aussitôt les statues, il poussa un cri de rage et, brisant une lance et le bras de pierre qui la tenait en y enfonçant ses haches dans un mouvement de fureur pour repousser ses assaillants, quitta sa forme humaine, son cri se changeant en un rugissement bestial, qui n'évoquait que la fureur, la colère, la soif de sang. Et l'Ours Sanglant, qui méritait son nom plus que jamais, fondit en cette direction, avec un seul but : réduire à néant celle qui venait ainsi de frapper sa Reine. Il broya d'un coup de patte le crâne d'une putain sur son chemin, brisa sans même la voir la colonne vertébrale d'une autre qui, blessée, au sol, se trouvait sur son chemin, et fondit vers le zone de cette tentative de régicide. Griffes, crocs, et magie noire, toutes ses armes avaient soif de sang, et il serait sur la scène en quelques instants. Sa lourde patte se lèverait pour frapper avec une force terrifiante, première d'une longue série d'expression de rage. Pour la candidate au régicide, il allait falloir fuir assez vite pour lui échapper, ou l'affronter assez vaillamment pour le repousser – ce qui semblait difficile – à moins bien sûr qu'elle n'ait quelque aide... dans tous les cas, l'Ours Noir avait soif de sang et il comptait bien l'assouvir, faisant confiance aux autres Onyx, plus indiqués en la matière peut-être, pour prendre soin de la Dragonne blessée...
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Messagepar Caithleen » 02 Sep 2016, 11:52

Des sanglots silencieux secouaient sa poitrine, et même son corps tout entier. Et pourtant, pas une larme ne venait faire briller son regard mort, et encore moins tremper ses joues recouvertes de terre.

Écho impitoyable à la prophétie qui avait manqué de la plonger dans la folie la plus noire, les premiers cris se firent entendre en provenance des ruines. Et Caithleen commençait à prendre la mesure de ce qu’elle avait vu, de ce que Tskar lui avait dit. Bien plus imminent qu’elle n’aurait pu le prévoir, le carnage quittait l’Ether pour se matérialiser dans une atroce réalité.

Cela aurait-il changé quelque chose qu’elle s’arrache à la poigne de Tskar pour courir vers les lieux de la tuerie...? Probablement que non. Mais la culpabilité, insidieuse et dévorante commençait déjà à s’insinuer en elle alors que les cris se faisaient plus stridents, plus désespérés au loin.

- Comment as-tu pu...


Toute cette mascarade, cette soit-disant révolution au sein de leur ordre... Cette ridicule tentative de sacrer une reine, souveraine parmi les catins... Tout cela n’avait été que mise en scène pour laisser place à une tragédie orchestrée savamment. Pour le caprice d’une Reine dragon déchue, noyée dans une folie noire de passion et d’amour malsain. Caithleen eu un rire désincarné, encore une fois impressionnée par la capacité du destin à se jouer des vivants, à en faire des marionnettes se débattant en imaginant tirer elles mêmes les fils. Que d’illusions...

En cet instant, anéantie, l’Oracle aurait laissé faire le Loup ce qu’il voulait d’elle, incapable de s’opposer à lui comme elle l’avait déjà fait. Comme elle l’avait toujours fait, acceptant joyeusement la danse qui avait lié deux êtres fondamentalement opposés.

Elle l’aurait laissé faire, s’il n’y avait pas eu Boris.

Une voix cracha un mot dans une langue qui lui était inconnue, et le poids de Tskar se fit un peux moins présent dans son dos. Étrangement, le tir ne fit qu’un bruit curieusement étouffé, contrastant avec la violence avec laquelle le corps de son assaillant fut secoué. Quelques gouttes tièdes furent projetées sur le dos de Caithleen, se détachant intensément sur la peau d’albâtre de l’Oracle. Tskar fut jeté au sol, et elle fut de nouveau libre de ses mouvements.

Avec une vivacité qu’on ne lui aurait pas soupçonné, elle s’écarta du slave, s’agenouillant dans les feuilles en retenant contre elle ce qui restait de ses vêtements en lambeaux. Elle reçu le vêtement jeté par Boris avec un léger mouvement de recul, avant de comprendre qu’il s’agissait d’une veste. Elle l’enfila prestement, cachant ce qui devait l’être, abandonnant les vestiges de sa robe, et hocha brièvement la tête aux mots du mercenaire. Elle se redressa, toujours magnifique malgré la terre barbouillant son visage, ses grands yeux vides ayant retrouvé leur teinte opaline habituelle.

Cette rencontre fortuite avec Boris n’était qu’un prélude, elle en avait la conviction. Lui, qu’elle n’avait jamais revu après l’avoir fait basculer... Elle ne le remercia pas, il n’était de toute façon déjà plus là.

Sans un mot pour Tskar dont elle était sûre qu’il ne la suivrait pas, elle pris la fuite à son tour.

Fuir le carnage, sauver sa vie qui avait été miraculeusement épargnée. Rentrer chez elle, et le lendemain, faire le décompte de ceux et celles qui n’avaient pas eu cette chance.
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Messagepar Cassandre » 03 Sep 2016, 05:37

L’odeur du sang. Avant les cris. Une trahison.
Sur leurs branches tombantes, les corbeaux veillaient sur la scène, prêts à enfoncer leurs becs dans les plaies déjà ouvertes. Lissant leurs ailes de jais, ils assistaient au carnage ; imperturbables créatures venant croasser un dernier chant. Sur ces ruines, un deuxième rêve fut brisé et les dalles se teintaient de rouge, tandis que les racines se gorgeaient de nouvelles offrandes.

Tombée à genoux dans les débris, Cassandre creusait le sol de ses ongles, raclant mousse et limon humide par la neige fondue. Presque ventre à terre, cette femme qu’on voulait faire Reine, abimait ses mains délicates de sa frénésie. Resserrant sa prise sur le morceau effilé de verre qu’elle arracha à la boue, ses jointures en devinrent blanches. Blanches de colère. Blanches de tristesse. Blanches de trahison. La sienne. Sa robe en lambeaux n’entrava pas le bond qu’elle fit pour se relever, bien qu’ivre d’émotions. Sa main libre se referma sur la nuque de la féline courtisane, l’attirant contre son corps. La protéger vainement. Pour un temps. Entre ses griffes, Cassandre déposa son éclat de verre. Une arme rudimentaire, mais suffisante. De quoi survivre encore un peu. Et d’un souffle, elle supplia plus qu’elle murmura :

« Cours, petit chat. Cours. Il y a des loups dans ces bois. Et le Dragon. »

Puis, elle relâcha la pression exercée sur la nuque de l’autre prostitué. Pourquoi elle, songeait Cassandre. Ce besoin de faire amende honorable, d’en sauver au moins un. L’histoire se répétait, la tourmentait. Piétinée sous le poids d’une illusion de Révolution arrachée, on lui brisait les os. Elle avait tant espéré se tromper, commettre une erreur pour une fois. Voilà qu’elle payait le prix de la vérité. D’un geste brusque et dans l’agonie de la soie, elle déchira ce qui restait du bas de sa robe, libérant ses fines jambes. Sous un arbre mort, elle abandonna ses chaussures ; elle courrait plus vite pieds nus.

Autour de la prophétesse, la terreur imprégnait l’air de ses putrides exhalations. Hommes et femmes se bousculaient et enjambaient les dépouilles des moins fortunés. Au loin, Cassandre apercevait les gardes de pierre d’Erika. Sauver les siens. Adieu Règne des Putes. Sous la lueur des lames carmines, tous s’empressaient de s’accrocher férocement à leur vie, au détriment des autres si possible.

« Cassandre ! Aide-nous ! »

La Maudite continua ses larges enjambées vers l’intérieur des ruines. Déjà tant d’années, mais elle n’avait pas oublié chaque passage, chaque escalier et chaque couloir de ce palais damné. Elle ferma son esprit aux supplications sur sa route, aux regards égarés de ses sœurs et frères rubis qui pressaient leurs capes sur leurs lésions. Qu’ils fuient. Qu’ils fuient. Qu’ils la détestent. Qu’ils puisent dans cette rage pour défier leur sort. Chacun de ses pas l’immolait par cette Trahison.

La Courtisane avait une mission.

Contre le revers de sa main, elle écrasa ses larmes qui lui brouillaient la vue. « Tu es faible, s’accusa-t-elle. » Le Conseil des Putes l’avait proclamée Reine d’une Révolution chancelante. L’opposition de ses pairs l’avait acculée à cette cruelle réalité : hurler la vérité jusqu’à en perdre la voix ne suffisait pas. Elle avait donc rejeté cette couronne encore endeuillée du meurtre d’Urielle. Mais elle n’avait ni besoin de Trône, de Couronne ou d’une Bénédiction pour faire face à son destin et accepter ce qu’elle devait être :

Une Reine Invisible.

Le souffle court, la pointe de ses pieds nus frôlaient à peine la pierre polie de l’escalier. L’urgence rythmait son cœur et le balcon s’ouvrit à elle comme une révélation. Sous l’angoisse de ses prunelles fatiguées, le spectacle entier du meurtre de ses Enfants se dévoila. Il fallait à présent attendre l’orage et craindre le feu du Dragon.

Dont les paroles au souffle brûlant la frappèrent plus douloureusement que la pointe d’une épée.

« En effet, je sais beaucoup de choses. J’ai failli cette fois… »

Mais je ne faillirai pas la prochaine fois. Ses mots pesèrent lourds dans son silence. Et là voilà contre cette femme, ce reptile dont le seul nom faisait frémir Londres. Celle qui voulait tenir le monde entre ses crocs. Celle qui a massacré les siens pour un Homme, un Peintre. Celle pour qui tant d’autres sont morts.

Sur ce balcon en ruines, sous le chœur de gémissements de ses proches agonisants, la parure en lambeaux et le visage couvert de poussières par sa course effrénée, la Maitresse en Haillons exhiba un sourire gracieux, alors que ses lippes sèches s’étiraient doucement. Sans prolonger son regard derrière l’épaule de la Matriarche, elle attendit que l’ombre soit suffisamment proche pour avouer :

« Vous vous aimerez pour toujours. D’un amour à la Folie. »

Qui les consumera. Qui les détruira. Qui vengera la Haine de Cassandre. Qui apaisera les morts. Qui les rendra fous. À ses pieds sales et dénudés s’effondra la Dragonne, aux pieds de cette courtisane qui fut un jour esclave de ces mêmes arènes se dressant fièrement en territoire Onyx. Quel monde cruel. Impassible devant la vision de cette neige décorée de flocons pourpres, elle arracha la dague d’entre les lèvres rougeoyantes de la blessure, laissant le flot s’écouler plus rapidement.

Saisissant l’Opale menacée par la taille, Cassandre la mena à un escalier dérobé dont les dernières marches se fondaient dans la noirceur d’un tunnel. Ce même escalier qu’elle avait utilisé pour fuir les gardes d’Urielle et rejoindre le bal, s’innocentant de son crime pour l’instant d’une soirée. Replaçant l’arme à la ceinture de sa propriétaire, elle la poussa dans cette obscurité mordante, l’intimant de fuir afin que la Courtisane puisse refermer la trappe derrière elle. Devoir accompli, Cassandre accorda un dernier regard à cette femme bernée par l’Amour et prête à massacrer tant d’âmes pour la seule satisfaction d’éteindre sa jalousie corrosive.

Puis, pressée par le temps et craignant les balles, elle s’élança à travers les ruines, telle l’Amazone dont elle avait un jour possédé le titre.

« - Telle est la malédiction de toutes les Cassandre... avait-elle dit. »
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Messagepar Ragan Nightingale » 03 Sep 2016, 06:42

Entre ses branches recourbées sur elle même, au coeur de ses ruines anciennes, vestige d'une ancienne ère, la soirée battait de son plein. Le rossignol plongea son regard dans celui de cette femme agile et souple, retombant au sol gracieusement tel un félin. Aux premiers abords, il ne l'avait pas totalement deviné, mais cette jeune courtisane avait une agilité pour le moins surprenante, traits proéminent de tout félin qui se respecte. Et voilà alors que l'oiseau se trouvait face au chaton. Prédateur naturel. Mais il n'y avait rien d'agressif chez la jeune femme, seulement de la tendresse et il se mis à sourire à ce baiser et cette caresse sur sa joue. Comme hypnotisé par la jeune courtisane, il l'a gratifia d'un sourire bienveillant et vint attraper sa main dans la sienne, pratiquant le baise-main en signe d'affection naissante.

Il se tourna alors vers Cassandre, qui malgré ses avis plus tôt lui donna un petit mouchoir imbibé de glace. En grand rêveur qu'il était, il avait espérait que la Reine du Rubis ne lui en veuille pas pour son opinion et c'était le cas. Il était aux anges, heureux de découvrir que malgré ce qu'il avait subit plus tôt, il y avait toujours des personnes bienveillantes prête à en venir en aides aux autres, même si ce n'était que de petits détails, de petits gestes, cela comptait grandement pour lui. Et il n'oublierait pas un jour de redevoir cet acte au joyau rouge.

- C'est une action délicate que voilà, merci beaucoup Cassandre.

Il y avait du respect dans sa voix, toujours, il n'était pas craintif de la présence de l'ancienne gladiatrice, au contraire même. Elle l'apaisait. Il se tourna une dernière fois vers la douce féline de l'Opale, la saluant d'un geste de la tête.

- Ce serait avec un grand plaisir.

Il s'assit alors près de la Dame de Rubis, posant délicatement le mouchoir contre sa blessure qu'il avait subite plus tôt. Un sourire au bord des lèvres, des moments comme celui-ci, il en avait rêvé secrètement. Voir toute ces personnes issues de diverses factions et croyance qui ce soir ne faisait plus qu'un. Harmonisant toute leurs couleurs dans un kaléidoscope en complète communion. Il n'y avait plus d'actes de trahisons, de paroles lâches, de coups bas et de sournoiseries ce soir. Et il espérait que le reste se poursuivrais ainsi, mais toutes les bonnes choses ont une fin et ce fut le cas.

Les paroles discrètes de Cassandre parvint quand même à ses oreilles. Un souffle bas, mais distinct même à travers cette foule de corps s'entremêlant. Un frisson parcourut sa nuque et il releva aussitôt son regard vers la dame des Rubis. Et il compris alors, quand un cri d'horreur déchira l'écho de cette nuit enflammée. La suite fut bien trop rapide. Tel les cavaliers de l'apocalypse annonçant la fin de ce monde, les ombres de l'Onyx surgirent. Puissant et terrifiant qu'ils étaient. Ragan n'aurait jamais cru en cet instant, en cette soirée pourtant si paisible que la trahison fut reine. Et pourtant, sous ses yeux, il en eut la preuve. Voyant Cassandre aussitôt détalé, il ne se fit pas de soucis pour elle, elle pouvais très bien se débrouillé.

Il ne lâcha pas son mouchoir, le gardant dans ses mains avant que les cris d'horreurs viennent le remettre pieds à la réalité, l'affolement général sonnant comme une alarme dans son esprit. Son premier réflexe fut de courir vers ses oisillons, presque comme pour les couvrirent de ses ailes. Il n'était pas un guerrier, il était à des années de lumière de l'être. Sa seule façon de se battre était dans la diplomatie et l'art de l'amour, rien d'autre. Il ne pouvait que fuir malheureusement. Prenant sous ses ailes autant de ces disciples qu'il le put, il fut à deux doigts de la mort lorsqu'une gerbe de flamme partis en sa direction.

Il se jeta au sol, le sang battant à ses tempes. Son rythme cardiaque s'accélérait dans cette folie furieuse, ses yeux se relevant subitement pour apercevoir les corps carbonisés de ces oisillons déchus. Horrifié et complètement désemparé, il se releva comme un fou. Il avait vu la mort sous ses yeux, ces corps dont l'odeur nauséabonde lui avait donné la bile. Il slaloma entre les branches, jamais il n'avait courut aussi vite. Comme s'il n'avait plus aucun contrôle sur ses jambes. Elles bougeaient d'elles mêmes, le guidant loin de ces ruines qui s'était transformé en chaos total. Il manqua à plusieurs reprise de trébucher, se rattrapant négligemment à des branches qui craquait sous son poids.

Courir, fuir totalement cette marée de mort comme un lâche. Il s'en voulait au plus profond de lui même. Mais il n'aurait pu faire grand chose. Au bout de quelques minutes, lorsqu'il jugea d'être assez loin de cet enfer causé par la dragonne, il attrapa pensivement le mouchoir de Cassandre entre ses doigts. Il avait toujours rêvé d'un Londres unis, combattant main dans la main face au mal. Mais il le savais, il l'avais toujours su. Tout ça, ce n'était que des chimères, des reliques idéalistes qui jamais ne pourrait existé. Il compris alors, le prix de la paix serait bien trop grand au coeur de Magicopolis. Et lui, au beau milieu de tout ça qui n'était qu'un oisillon égaré au coeur des brumes de l'Avalon... Que pouvait-il faire ?

Il déglutis, serrant le mouchoir entre ses doigts. Peut-être il y avait-il encore des personnes raisonnables, peut-être, il y avait-il encore... De l'espoir.
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Messagepar Eonis Omory » 03 Sep 2016, 10:28

Les corps qui s’entremêlent, les halètements qui pourfendent l’air. Les putains faisaient ce qu’ils faisaient de mieux. Ils vivaient pour le sexe, pour cette luxure décadente qui régnait à Londres. Chacun à leur manière, à leur savoir faire, ils exprimaient la passion de la chair. Nudité absolue, les langues qui lapaient, léchaient, s’enivraient du parfum suave que dégageait les corps en fusion. Les mains qui touchaient, palpaient, caressaient, en rythme les formes voluptueuses. Seins, fesses, ventre, jambes, cuisses, pas un centimètre de peau n’était laisser à l’abandon par les putains. Tout était venu très vite, sans vraiment de grandes explications. Ce trône qui aurait du appartenir à Cassandre, ce trône encore imprégné du sang de la putain révolutionnaire. Urielle. Ce même trône servait en ce moment même à un spectacle troublant. Trois corps qui chaviraient ensemble. Deux femmes, un homme. Une blonde et une brune. Eonis et Elea partageaient des baisés, des caresses, des frottements, des attouchements. Tandis que Jader jouait de ses atouts pour combler les demoiselles.

Malgré l’excitation, le plaisir et la joie de pouvoir laisser libre court aux fantasmes ; un danger imminent se cachait dans les arbres et la verdure de cette majestueuse forêt. Tapis dans l’ombre, les soldats attendaient. Le bon moment, l’instant précis où ils se repaitraient de ce faux semblant. Tout ça n’était qu’illusion. Ça n’était pas eux qui dirigeaient. Non, jamais ils ne seraient dirigeant de quoi que ce soit. Les putains subissaient, les putains suivaient. Elle aurait du le savoir, le sentir. Bon sang mais à quoi ce don lui servait si elle n’était pas capable de réagir au bon moment ? Encore une fois ça lui échappait. Ce don lui était incontrôlable, depuis qu’elle l’avait découvert. Elle n’aurait pas du espérer. Elle n’aurait pas du oublier. Elle qui était de l’Onyx. L’Onyx ne se mélange pas, il reste Onyx. Faction primale, faction meneuse. Ces pauvre brebis allaient découvrir la réelle raison de leur présence ici, de ce conclave.

Et alors que ce lieu semblait leur appartenir, c’est un véritable cauchemar qui fit son apparition. Le même cauchemar qu’elle côtoyait tous les soirs, tous les jours. L’Onyx savait se fondre dans le décor, cacher sa présence pour mieux surprendre. Et la surprise était de taille. Un carnage sans nom se déroulait en temps réel. Encore une fois du sang, encore une fois de la violence, tout ça ne s’arrêtera jamais. La garde entière de Valériane était là. La matriarche savait bien s’entourer. Ses soldats venaient de faire irruption dans la forêt, se mettant à massacrer les putains. Hommes, femmes, pas de distinction. Arme blanche, pistolet, poing d’acier, tout un arsenal d’arme dont ils disposaient pour mette leur plan à exécution.

Enfin Eonis se mit à ressentir le mal. Parsemé par la peur, la haine. Ils étaient là pour tuer. Tuer tous le monde. Coincé entre Jader et Elea, sur le trône, nue, au prise avec des sentiments confus. Eux étaient un peu éloignés. Ils avaient peut être une chance de s’en sortir. Peut être. Elle avait déjà vécu ce genre de situation, plus d’une fois même. Une grande fête prévu et puis le massacre qui vient tout arracher. Déjà deux fois par le passé, la blonde avait été au centre d’un carnage. Avant qu’elle n’ai pu faire quelque chose, Elea s’éclipsa de leur union. Trop effrayée, la peur l’avait complètement gagné. Elle ne voulait pas mourir, elle ne voulait pas rester en ce lieu malsain et maintenant souillé. On ne pouvait lui en vouloir. Dans ce genre de situation, l’instinct de survie était accru.

Elle l’a vit s’engouffrer entre les arbres. Eonis espérait juste qu’elle ne fasse pas de mauvaise rencontre. Ils tombaient tous, les uns après les autres. Elle voyait le sang, les têtes tomber, trancher par une épée, les corps s’écroulaient mutilé par la violence des armes choisi par chacun des soldats Onyx. Ils étaient tous là, sauf la reine. Pourquoi Valériane n’était pas là. Peut être restait-elle dans l’ombre. Elle ne prit pas le temps de se rhabiller. La panique régnait, ses comparses continuaient de se faire mettre en pièce. Pourvu qu’il ne soit rien arriver à Elea. Même en ces temps durs, Eonis ne pouvait s’empêcher de penser aux autres avant de penser à elle.

Elle regardait impuissante. Elle même ne pouvait rien faire à part fuir. Erika, la reine Emeraude clamait à ses putains et les autres de s’enfuir. Il était déjà trop tard, bien trop tard pour certain, mais pas pour elle. Eonis se sentait prise dans le tourbillon d’émotion humaine qui s’emparait d’elle, l’obligeant ainsi à rester sur place. L’Onyx avançait, les soldats continuait le carnage. Et il lui fallu plusieurs minute pour s’apercevoir qu’il y en avait un qui s’avançait vers elle. Oui, un soldat de Valériane mais un homme qu’elle connaissait. Arès, l’homme de feu, impitoyable avec ses congénères alors que pour la blonde il fit preuve de tendresse et d’une certaine compassion. Il posa sa veste sur les épaules frêle et nue de la jeune femme. Il ne voulait pas lui faire de mal, alors il lui laissait une chance de fuir, de sauver sa vie.

Sans réfléchir d’avantage, aidé par une putain qui se faisait achever sous ses yeux, non loin, Eonis prit la fuite, avant un dernier regard pour Arès, triste et mélancolique. Il fallait fuir, elle ne pouvait se battre, elle n’avait pas de pouvoir. Une simple humaine, sans magie. Et c’était complètement impensable de tenir tête à l’Onyx, sa propre faction. Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas. La fuite. C’était la seule solution. La jeune femme couru jusqu’au liserai, quand un horrible cri retentit. Elle s’arrêta nette dans sa course et se retourna pour voir sa reine à genoux. Valériane était bien là. En mauvaise posture. Elle n’avait pas été épargné non plus. Eonis ressentait sa douleur, sa triste douleur et son mécontentement. La blonde était déjà trop loin pour voir qui avait osé poignardé le dragon. Une chose était sure, la colère allait dévaster cette terre souillée. La putain reprit sa course, à vive allure, elle courrait, elle courait jusqu’à s’éloigner de ce lieu maudit. Il fallait trouver refuge ou sortir de la forêt. Mais il était aussi difficile de se repérer dans la noirceur avec pour seul lumière la lune qui éclairait les arbres et les feuillages.

Elle manqua de tomber plus d’une fois. Cette fuite lui en rappelait une autre. Un très mauvais souvenir de son passé. Avant qu’elle ne trouve refuge au Rubis. Perdu dans ses pensées, la jolie blonde trébucha sur une écorce d’arbre et s’effondra. A bout de force, le choc brutal, le massacre de ses compagnons, tout ce sang versé, elle perdit connaissance.

La sensation d’une douce chaleur, peu à peu elle reprenait doucement connaissance. Elle arrivait à distinguer plusieurs voix. Des survivants ? Ou les soldats de l’Onyx. Eonis ouvrit les yeux. Face à elle, il y avait une femme, elle ne l’a connaissait pas. Elle était belle, ravissante, avec sa chevelure blonde elle ressemblait à un ange. Une bonne aura. Une femme au grand cœur. Il y avait quelque chose de bizarre. Elle avait déjà ressentit ce sentiment. Elle l’a regardait, s’activant autour d’elle pour sans doute soigner ses blessures. Il y avait quelque chose de mystérieux en elle. Un cœur vraiment pure, ses yeux, on aurait dit du cristal, le bleu de l’immensité de la mer. Eonis remarqua une autre femme à ses côtés. C’était Elea. Elle était saine et sauve. Elle était en vie. La blonde en était heureuse. Elle esquissa un sourire, apaisée de cette soirée cauchemardesque.
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Messagepar Maëlys Keys » 03 Sep 2016, 14:48

Le ciel pleurait la chaleur se dissipant de corps bientôt laissés à l’abandon. Comme témoins du carnage à venir, les corbeaux s’étaient regroupés, menés par leur nature. Charognards qu’ils étaient, peut-être auraient-ils la chance de profiter du malheur s’abattant sur les enfants du plaisir. La nature tout entière avait tenté de prévenir les événements à venir mais, encrés dans l’ivresse et la luxure, chacun l’avait ignoré. Mère aimante pourtant, avait déjà versé les larmes de son chagrin alors que le danger, tapis dans le noir, avait fondu sur ses enfants démunis.

Éternellement protégée, par son entourage comme par son instinct, la jeune prostituée de l’Opale avait vu le danger inconnu approcher. Trop tard pourtant. Autour d’elle, les cris d’effroi de ses frères, de ses sœurs, déchiraient le vent. Comme un requiem, elle entendait les ustensiles arrachant leurs vies déchirer, perforer, broyer leurs chairs. Insoutenable et douloureuse cacophonie, jamais son regard ne se faisait témoin de l’horreur qu’étaient ces chants funéraires. Comme si sa force était drainée à mesure que les vies diminuaient, ses bras enveloppant son corps étaient retombés. Là, trop effrayée pour réussir à se mouvoir, elle observait la gladiatrice à ses pieds qui bientôt lui offrait de quoi se défendre tout en l’étreignant. Les mots prononcés, si proche de son oreille, couvrant presque la misère alentour, l’avaient atteinte. Il lui fallait courir. S’échapper. Survivre.

La séparation venue, elle regardait une fois encore celle qui aurait pu devenir leur reine et se détournait d’elle, piétinant la neige pour rejoindre la végétation. Là où elle se trouverait plus dense, peut-être pourrait-elle s’évader. Pourtant son corps ne suivait déjà plus sa raison. Jambes tremblantes, la chute ne sut se faire attendre longtemps, alors qu’elle tombait à quelques mètres d’un homme agonisant. Épuisé par l’émotion, le corps de la Rose semblait avoir doublé de poids, alors qu’il se traînait à l’ombre de l’arbre le plus proche. La protectrice nature tentait à sa manière de lui venir en aide, recouvrant le tissu rougeoyant du kimono qu’elle portait de sa neige encore un instant immaculée. C’était parce que ses jambes refusaient de la porter que le Serval crut vivre ses derniers instants. Loin des prières, elle n’entendait que son sang couler dans ses tempes et les battements de son cœur, si rapide qu’une course n’aurait suffit à égaler ce débit.

Mains sur les oreilles, boucliers contre l’acerbe réalité, les sens de la catin semblaient s’engourdirent, à mesure que le froid et la peur paralysaient ses muscles. Uniquement parce qu’elle était douce, une bonne étoile, sa bonne étoile, semblait vouloir regrouper tout moyen imaginable pour la sauver. Adaptant la vision du Serval, l’écran de fumer s’échappant de ses lèvres se dissipa. En cet adieu, il laissait au petit prédateur apeuré, la vision d’une solution. Sur cette cuisse découverte existait peut-être le salut de quelques prostituées, la survie d’un nombre peut-être plus grand de ces personnes démunies. Mais de la survie du plus grand nombre résulterait probablement la mort de la petite Opale. Il lui fallait donc faire un choix. Un choix décisif. Un choix duquel le sang serait indubitablement versé.

Le luxe du temps ne lui étant pas accorder, le choix ne fut prit que par le hasard lui-même.

Dans la vision d’horreur des corps s’empilant, des êtres fuyants et des bourreaux chassant, la Reine Dragon s’était frayé un chemin. Ce fut à cet instant que, dans un regain d’énergie obtenu par un choix décisif, la putain s’était relevée. Comme un chat chassait sa proie, elle avait doucement réduit la distance les séparant en se cachant du regard de tous derrière de nombreux obstacles. Une éternité avait semblé passée dans cette ascension vers le balcon suspendu sur les nombreuses ruines. Une éternité bénéfique alors que le cœur affolé d’Opale doucement se calmait.

Dans ces ruines semblant infinies, elle avait trouvé, couvert de mousse et de rouille, une dague abandonnée par son propriétaire et couvé par le temps. Énième cadeau, énième signe la poussant à poursuivre son avancée, elle avait bloqué le manche fin de sa pipe entre ses lèvres rosées, afin de pouvoir se munir de cette dague abîmée. C’était alors qu’elle observait droit devant elle qu’elle perçut une sortie. Reculer n’était dès lors plus possible, et ses pas, feutrés, la menèrent à l’instigatrice de ce carnage. Si dans ce tunnel sombre, elle ne pouvait voir les morts, elle ne pouvait entendre les vivants, l’odeur de souffre s’insinuant entre les paroisses l’empêchait également de se détourner de ce choix qu’elle avait prit. Et finalement, sans qu’elle ne vit la distance enfin disparaître entre elle et la Kravt, elle s’était trouvé là, dans son dos. Éludant la présence de Cassandre, l’action ne sut se faire attendre d’avantage.

La Rose Pourpre qu’elle était, pour protéger le rosier d’être totalement arraché à la terre, avait planté trois de ses épines dans l’épiderme dorsale du Dragon. Comme le dard d’une guêpe, comme un cadeau empoisonné, l’une des épines fut laissée dans cette peau perforée au travers de vêtements de cuir et autres tissus, enfoncée si loin qu’on ne devinait son passage que par la marque qu’elle laissait derrière elle. Alors que ses deux sœurs de retiraient, la dague à la lame émoussée, d’un mouvement plus rapide, brusque, dénuée de la délicatesse qu’avaient fait preuve les longues épines, se plantait à son tour dans cette Reine, dans ce Dragon qui ne laissait percevoir que le fait qu’elle n’était qu’une humaine alors que la lame disparaissaient en elle.

« C’en est assez. » avait-elle murmuré en lâchant le manche de l’arme fraîchement utilisée.

Peu importaient les insultes que pourrait proférer sa victime, l’Opale s’en détournait alors qu’elle aperçut le Chante-Gloire de l’Onyx faire son chemin vers elles sous sa forme bestiale. C’était dans un regard aux pupilles dilatées qu’elle lui tournait également le dos, poussé par les bras bienfaiteurs du Rubis. Suivant ses instructions silencieuses, elle s’élançait dans le tunnel où la pénombre était maîtresse. Un long moment passa avant de percevoir une faille.

Parce qu’elle était celle poursuivit, que Cassandre qui l’avait aidé à deux reprises n’était pas le principal ennemie de l’Ours Apprivoisé, dans un saut souple, elle s’échappait des ruines. Dans un dernier regard sur sa ceinture dans laquelle elle avait planté ses aiguilles élégamment nommées Paralysis et Sleep, sœurs séparées de Neutral, toutes usées sur la Dragonne, elle laissait la bête en elle se dévoiler. Dans cette transformation rapide, elle était parvenue à resserrer la ceinture sur sa taille alors que la pièce maîtresse du kimono s’envolait derrière elle. Agile. Rapide. Le Serval se frayait un chemin entre les troncs, grimpait parfois sur l’écorce et sautait entre les branches. Alternance gracieuse entre course au sol et saut dans cette flore généreuse, elle faisait son chemin vers la ville, seule exutoire actuel.
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Messagepar Boris K. Valkorov » 04 Sep 2016, 08:55

*Clac-clac, crac-crac, clac*

Nouveau magasin, fusil armé d'un coup de main habitué. La force de l'habitude est trahie dans chacun des gestes de l'ancien policier, précis, mécaniques, fiables. Chaque balle atteint sa cible. Certaines tuent, d'autres blessent volontairement, afin de ralentir celles et ceux qui chercheraient à aider leurs camarades d'infortune.

Les héros en herbe mourront les premiers, parce qu'ils auront tenté d'aider les faibles.

Le carnage se poursuivit inexorablement, l'odeur de la poudre, du sang, de la chair brûlée embaumant l'air. Les coups de feu froids et précis de Valentina, les tempêtes de flammes d'Ares, le courroux vengeur de l'épée d'Arthur, les charges bestiales de Baieslav. Toutes ces putes n'avaient aucune chance.

Certaines déjà s'étaient enfuies pourtant, et Boris repéra des visages familiers, certains vivants, certains morts. Mais cela ne fit aucune différence à ses yeux, la loterie de la mort choisissant ses proies à sa place. Il était tel un chasseur face à un lâcher de biches.

Mais le Loup du Caucase avait perdu de vue la Reine enfant, sa protégée malgré tous les problèmes qu'elle pouvait bien lui causer, et s'il faisait confiance au Chante-Gloire pour veiller sur Valériane, son absence commençait à l'inquiéter.

Cette gamine capricieuse avait un véritable don pour se fourrer dans les plus mauvaises situations...

Un cri soudain, bref et douloureux, couvrit la mêlée et les coups de feu. Boris avait eu raison. Le rugissement de Baieslav confirma ses pensées.

Aussitôt, son don fila à travers les âmes torturées de la boucherie pour tenter de repérer la Reine. La charge de l'Ours noir lui indiqua la route.

- Arès ! beugla aussitôt Boris tel l'officier au-dessus de la mêlée, couvre notre retraite ! Valya, avec moi !

Le ton était sans équivoque. L'indiscipline leur avait coûté la blessure de leur reine, il n'était plus question de laisser s'exprimer leurs penchants destructeurs. L'individualité et les fiertés mal placées n'avaient plus leur place à cet instant précis. Fusil à la main, il fila ainsi entre ses victimes qu'il continuait d'abattre avec une précision redoutable. Passant alors devant Arthur - non sans le bousculer volontairement au passage - il lâcha, plein de mépris et de colère :

- Heureusement que tu es là pour protéger ta bien-aimée !

S'il savait dans quel état la Reine se mettait pour lui... Au nom du ciel et de tout ce qui était sacré, que pouvait-elle bien lui trouver ? Sa programmation slave aux forts accents paternalistes l'empêchait de le comprendre clairement.

Le Russe bondit par-dessus des décombres, lâcha une rafale dans le buste d'une prostituée anonyme, suivant la charge vengeresse de Baieslav. L'Ours s'était lancé à la poursuite de l'impudente, confiant dans le comportement de son équipe. Le but de Boris était désormais clair :

Sortir cette saleté d'enquiquineuse de toute cette merde.

Nouvelle rafale, nouveau cadavre, et il atteignit le corps inanimé de Valériane. Une brève perception de son don lui confirma qu'elle était encore en vie, ce qu'un rapide diagnostic tempéra aussitôt : elle ne le serait plus s'il n'agissait pas rapidement.

- T'as pas intérêt à crever entre mes pattes sale emmerdeuse ! s'écria-t-il en russe tout en arrachant sa propre chemise pour panser la plaie.

Cri du coeur pour ne pas céder à la panique. Il détestait travailler en équipe. Trop de paramètres à prendre en compte, trop de manières de faire, trop de risques. Au moins seul, il n'y avait pas de blessé, il n'y avait que lui et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.

Les pensées fusaient tandis qu'il découpait la veste de la jeune femme pour appliquer avec attention son bandage de fortune sur la plaie sanguinolente, dans l'attente de Valentina. Elle était plus compétente que lui en médecine, et de loin, mais avec une telle blessure, chaque seconde comptait. Et ainsi vêtu d'un simple marcel tâché par le sang et la terre, les traits fermés par la concentration et la main ferme, il se courbait sur la blessée pour l'exposer le moins possible à une nouvelle attaque.

Et les premiers soins administrés, il souleva Valériane sans effort pour l'installer sur son épaule.

- On s'en va, vite, annonça-t-il d'une voix ferme à ses camarades à proximité immédiate.
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Messagepar Valentina Stal'Kravt » 08 Sep 2016, 21:19

Le massacre persistait. Les morts s’acharnaient. Lancée dans une dynamique soigneusement maîtrisée, Valentina ne prenait pas garde aux corps qui s’amoncelaient et aux cris qui agitaient la maison close. Un instant, elle perdit de vue ses compagnons. Un flottement dans le chaos l'interpella, une prémonition sans doute. Elle se tourna d’un bloc sur sa droite et chercha du regard l'origine de son trouble. Elle aperçue Valériane agenouillée non loin, prostrée dans une position de souffrance. Boris fut plus rapide qu’elle. En quelques secondes, il fut à ses côtés ôtant derechef son masque de tueur à gage pour enfiler celui de protecteur. Valya les rejoignit en quelques enjambées, ne manquant pas d’écraser quelques membres plus ou moins inanimés au passage.

Valya n’eut pas un regard pour son cousin, elle s’attelait déjà à examiner rapidement la blessure. Sous les injonctions autoritaires de son amant, elle grimaça. En d’autres circonstances, elle aurait certainement trouvé une réplique cinglante à lui envoyer. L’urgence et l’inquiétude la rendaient cependant taciturne. La plaie était profonde. Par chance, elle ne semblait avoir percé aucun organe vital. Intérieurement, la jeune femme pestait de ne pas avoir emmené un dispositif de soins d’urgence avec elle. Ils étaient partis pour perpétrer un massacre en règle. Alléchée par les combats, elle n’avait pas songé un instant que l’un des leurs puisse être blessé. Ils s’étaient crus invincibles. Ils avaient cru leur dragon immortel.

- Ça ira, finit-elle par lâcher après avoir nettoyé grossièrement la plaie et réalisé un pansement compressif.

Elle posa la main de Boris sur celui-ci et lui jeta un rapide coup d’œil, lui intimant par ce geste de continuer la pression afin d’empêcher l’écoulement de sang. S’ils la sortaient rapidement de là, ils pourraient réaliser de véritables soins et la mettre hors de danger. Une nouvelle fois, Valya pesta intérieurement. Tout d’abord contre sa propre mégarde. Ensuite sur le fait que les êtres de chair étaient beaucoup trop faibles et difficiles à réparer à son goût. Voyant déjà les siens se regrouper autour d’eux tandis que Boris mettait la blessée sur son épaule, elle leur jeta un regard sévère. Bien que certains étaient couverts de sang, aucun ne semblait grièvement blessé. Constat relativement rassurant.

- J’ouvre la marche, Arthur tu couvres Boris et Valériane. Baïeslav tu fermes la marche. Arès tu surveilles mes arrières. Les autres autour.

Son ton n’appelait pas à contestation. Elle s’avança, fauchant un énergumène qui s’élançait vers elle d’un coup de crosse. Elle rangea sa winchester, passant la sangle par-dessus son épaule puis sortit une grenade offensive de sa conception. Elle la dégoupilla pour la jeter loin devant elle, comptant par l’occasion se créer une ouverture vers la sortie. Une fois lancée, elle dégaina aussitôt une arme de poing semi-automatique. Son bras non armé s’ouvrit pour laisser place à une petite arbalète. La grenade avait explosé, paroxysme du chaos. Comme espéré, un couloir s’ouvrait devant eux. Passage de corps désarticulés, calcinés et sanguinolents. Somptueux spectacle. Profitant de l’occasion, Valya n’hésita pas bien longtemps avant de se lancer à l’assaut des foules. Aucun être qui se dressa sur son chemin ne fut épargné.
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Messagepar Serena Asriel » 16 Sep 2016, 22:02

Le conclave. Le jour était enfin arrivé. Seule dans sa chambre, Serena se préparait. Assise face à son miroir, dans le plus simple appareil. Elle coiffait les boucles de ses cheveux, la blondeur étincelait le cristal du miroir, éblouissant tout regards qui oserait se porter sur la jeune femme. Elle avait prit soin d’avertir ses enfants un temps plus tôt. Ses jeunes femmes et hommes qui travaillaient dans la maison, vendant leur corps au profit d’un retour pécunier. Ils étaient là pour diverses raisons. Tout le monde avaient ses propres raisons, tout le monde faisait un choix, qu’il soit bon ou mauvais. Elle, elle devait partit la première. Il y avait encore des préparatifs à faire. Là bas, dans ce lieu gardé secret aux convives. Ils ne connaissaient que l’heure précise à laquelle tout ça allait commencer. Serena posa sa brosse sur la table et termina de finaliser ce qui pouvait passer pour un habillage. Un habillage de façade. Son visage, il restait pur et angélique. Le maquillage restait un apparat. Une femme, quelle qu’elle soit restait une femme, avec des envies de coquetterie. Et maintenant plus que jamais, l’angélique reine déchu représentait la luxure de la maison close Opale. Une luxure bien plus joyeuse que n’importe quelle autre maison de Londres. Une luxure céleste où il faisait bon de se perdre dans l’immensité d’un cosmos rempli de milliers d’étoiles brillant de mille feu.

Ses paupières parés de bleu, poudré légèrement, du noir sur ses yeux. Elle se leva et prit un voile fin et d’une transparence sans faille qui laisser voir son corps exquis. Une poitrine de Reine, des fesses splendide, elle avait le corps qu’il fallait, un corps dont tout homme pouvait rêver ou ne serait-ce imaginer avoir dans son lit. Ce privilège n’était pas acquis par tout le monde. Cela se méritait. Elle savait qu’ils viendraient tous en heure l’a rejoindre. Elle s’éloigna de sa demeure. Laissant une traînée de lumière, comme de la poussière d’étoile là où elle marchait. Serena donnait l’impression de flotter , de voler au dessus du sol. Elle disparaissait déjà dans les ruelles, arrivant dans cette clairière des jardins enchantés, s’engouffrant dans la vielle forêt. Entre les arbres millénaires, elle ne pouvait s’empêche de regarder le ciel, le clair obscur, les étoiles qui brillaient dignement et fortement ce soir. A son arrivée, il y avait déjà quelque dirigeant des autres maisons. Serena était nouvellement gérante, c’était suite à son rang de reine déchue. Mais déjà elle avait mener la petite affaire du mieux qu’elle pouvait.

Dès lors, l’ancienne reine fit glisser le simple voile qu’elle portait. Nue, il n’y a que comme ça qu’elle se sentait bien, qu’elle se sentait elle, femme, étoile. Toujours sur son passage, de petites éclats de cristal se dispersait dans l’air. Magique. Telle une merveille de la galaxie qu’on ne pouvait toucher. Elle vient à l’encontre d’Erika, mère de la maison Emeraude. Elle se joint à elle pour les derniers préparatifs. Erika avait quelque chose de particulier. Quand on l’a regardait, certes on ne pouvait s’empêcher de remarquer son physique hallucinant. De belles formes généreuses, une blondeur, quand elle parlait c’était comme si elle chantait. Le son de sa voix ressemblait à une douce mélodie. Alors que tout était en train de se finaliser, les travailleurs du sexe arrivaient. Au fur et à mesure, les uns après les autres. Peu étaient dans la confidence. Personne ne savait la réelle raison de ce conclave. Mais les choses se laissaient présager. Certaines choses. Serena regardait ses enfants se mêler aux autres. Toutes les factions unis, réunis, presque une entente parfaite. Presque. L’Onyx avait d’autre projet. Un projet bien précis qui s’appuyer sur la jeune Cassandre. Courtisane du Rubis, autrefois elle avait joué un rôle important dans cette communauté de la luxure. Et aujourd’hui encore, elle avait un rôle à jouer. Rôle attribué par l’Onyx encore une fois. Par Tskar.

Cassandre pour reine. Reine des putains, à celle qui a autrefois tué l’ancienne. Celle qui voulait s’élevé plus haut que tout. Urielle. Pourquoi une personne en particulier devrait gouverner toutes les autres ? Erika non plus n’était pas d’accord avec cette demande et elle ne se priva pas de le faire savoir. Porte parole engagé, disant tout haut ce que beaucoup pensait tout bas sans oser le dire. Cela aurait pu tourner en conflit politique mais c’était sans compter sur les catins présents que cela commençait à prendre forme en véritable bacchanale à l’ancienne. Des groupes se formaient, les corps fusionnaient, l’amour luxuriant s’infiltrait dans chacun des êtres présents dans la forêt. Serena souriait, elle aimait quand l’harmonie régné en maître. Quand tout était clair, quand les étoiles brillaient de milles feux. Elle approcha de deux jeunes gens qui n’osaient pas se lancer. Un homme et une femme, ils semblaient timide, non ou plutôt effrayés par cette ambiance luxuriante. La dame de l’Opale leur vient en aide. Par sa gentillesse, sa douceur et sa tendresse elle se fondit entre eux. Caresses, baisés, elle jouait les entremetteuses pour les guider vers le chemin du plaisir. Alors qu’ils commençaient à se laisser aller, Serena regarda du côté d’Erika. Mais elle détourna son regard assez vite. Attiré par les étoiles dans le ciel. Elles brillaient, presque d’une façon anormale. Cela ne signifiait rien de bon. Quelque chose se préparait.

Une en particulier attira son attention. Et alors le fléau s’abattit sur eux. Sans crier gare, sans faire attention. Juste avec la ferme intention de faire le plus de dégâts. Des guerriers, ils ressemblaient à des guerriers venus de l’ombre, caché dans les tréfonds des arbres, dans les recoins obscurs pour attaquer les innocents. Ils étaient là pour tuer. Tuer les catins. Les tuer tous. Les chevaliers noirs qui se dispersaient pour faire plus de dégâts, plus de mal. Le massacre. Encore un massacre. Comme si la perte du patriarche de l’Opale n’avait pas était suffisant. Il n’était pas question que ça se reproduise. Ils n’étaient pas encore assez proche, fort heureusement. Serena eu le temps d’entraîner les deux jeunes gens avec elle, une course pour atteindre les bois, parce qu’il n’y avait que par là que la fuite était possible. Mais pouvait-elle vraiment fuir en abandonnant ses frères et sœurs ? Elle n’était pas une guerrière, il n’était pas question pour elle de se battre. Elle voulait juste les sauver. Toute cette violence, ce sang, certains de ces enfants tombèrent devant elle. Le temps de guider les pauvres âmes perdus, et elle alla à la recherche de compagnons qui seraient en danger. Elle en trouva quelque uns, ouvrant un faisceau de lumière brillant grâce à ses pouvoirs, elle montrait le chemin. Les actes valaient mieux que les mots, dans certaines situations.

Les maîtres et maîtresses des maisons faisaient de leur mieux pour aider et surtout pour fuir. Car ce conclave n’était absolument pas préparé à tout ça. Serena arrivait à sauver des gens, elle apparaissait tel un ange à leur yeux.Prête à fuir aussi pour se sauver car de toute évidence elle n’avait jamais été pour la violence. Elle traçait son chemin au travers cette mêlée. Très vite elle se retrouve au devant d’un petit groupe. Un groupe qu’elle tenait par dessus tout à sauver, à faire sortir de ce bois maudit. Reine des égarés, Serena prenait sous son aile chacun et chacune qui pouvait être en difficulté. Peu importe leur faction, à cet instant ils étaient tous pareil. Son corps laissait des gouttes de cristal, et d’une main elle laisser la lumière envahir les ombres.

Dans un coin elle retrouva une des siennes. Elea, perdue, seule, apeurée, elle était vivante mais elle semblait ne plus réussir à bouger. Serena ordonna aux autres de continuer en suivant le chemin de lumière qu’elle avait créé. Mais personne ne voulait l’abandonner. La jeune femme s’approcha doucement d’Elea, caressant doucement son épaule, sa tête, son visage. La jeune catin sortit de sa torpeur et en sa compagnie ils continuèrent la course. Parce que rien ne laissait envisager qu’ils étaient tranquille. Un soldat de l’Onyx avait pu les suivre, les poursuivre pour achever sa funeste tâche.

Il ne fallait plus beaucoup. La lumière continuait de s’élancer au loin, ouvrant la marche pour ses âmes perdues. Bientôt tous seraient hors de la forêt. Bientôt. Le petit groupe trouva une autre femme. Évanouie au sol, nue, elle semblait épuisée. Serena ne l’a connaissait pas, elle ne faisait pas partie de la maison Opale mais pour elle cela ne changeait absolument rien. Alors à l’abris, dans un recoin de la forêt, là où les feuilles et les branches des arbres pouvaient former une sorte de petite cachette ils se retrouvèrent. La reine d’Opale n’avait pas de pouvoir de guérison, mais par son toucher, sa façon d’être, sa tendresse elle arrivait à penser les blessures. Quelques minutes pour leur accorder le repos. Tout comme Elea, elle aida la jeune femme inconsciente à se réveiller, appliquant douceur et tendresse. La jeune femme blonde reprenait connaissance. Il fallait partir. Le danger rodait toujours. Elle s’était promis et juré de mener ce petit groupe hors de la forêt, en sécurité. Tous ensemble, mené par la lumière qui continuaient de scintiller, guider par l’envie de sortir de l’enfer. Par un seul et même but. Survivre.
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Messagepar Arthur Helders » 18 Sep 2016, 00:11

Rouages exposés, circuits à vif qui révèlent les minces fils de cuivre entrelacés. Grésillement de machine, éclats d'électricité qui s'élève comme de minces filets d'éclairs. Arthur regarde l'automate au sol, contemple la dépouille inhumaine allongée à ses pieds. La Putain n'a plus bougé depuis qu'il l'a transpercée de son épée, enrayé le métal de son corps à travers son mécanisme. Il y a eu des sursauts, comme ceux d'un corps qui se vide, mué par les derniers battements d'un cœur qui termine sa course à l'agonie, avant qu'elle ne s'éteigne complètement. Pour de bon ou pour un temps, ce n'est encore qu'un détail pour le peintre qui, à peine l'immobilité de l'automate survenue, est parti en quête d'une nouvelle putain à abattre.

Il est zélé dans sa tâche, au point qu'il tient lui-même à tuer les putains qui lui ont ouvert leurs cuisses. Les poursuivre, les chasser, et repartir, une fois le fait accompli, en massacrer d'autres. Des connues, des aperçues, des inconnues. Toutes. Tous. Une certaine méticulosité à s'atteler à ce pourquoi il est là, sans se soucier des Autres. Que Boris et Valya foncent dans le tas, qu'Arès les fasse brûler, que Baïeslav agite sa hache. Que le reste s'amuse. Peu importe. Quant à Valériane, il la laisse évoluer sans lui – elle n'a pas besoin d'avoir quelqu'un qui la surveille et la suit pour s'assurer de sa sécurité, de toute manière – plongé qu'il est dans son ouvrage. Tous sont venus dans un même but, mais ils ne sont en rien obligés de rester les uns avec les autres.

Ce n'est pas le cri qui l'a prévenu. Ce n'est pas le hurlement de rage de Baïeslav qui l'a inquiété. De toute façon, pour les deux cas, Arthur a tout simplement cru que cela était normal, banal en de telles circonstances. Non. Ce qui l'a fait réagir, c'est Boris. Boris et sa bousculade, Boris et sa manière de lui parler. Protéger sa bien-aimée, faire attention à Valériane. Ca l'agace. Il grince des dents, se mord la langue. Je suis pas sa mère et elle a plus cinq ans, bordel ! a-t-il alors envie de lui hurler tandis que déjà le cousin s'est éloigné pour rejoindre l'Ombrageuse.

Le peintre les a rejoint. Enfin, a plutôt rejoint Valériane – après tout, il se fiche grossièrement de sa cour – dont la blessure signe l'arrêt de l'attaque. Il fronce les sourcils à la voir hissée sur l'épaule de Boris, râle en entendant les injonctions de Valya.

– Que dalle.

Répond-il alors. Si la cousine a énoncé ses ordres sans attendre la moindre contestation, Arthur en a fait autant. Il refuse de lui obéir, et l'idée de s'en aller, de les laisser se débrouiller sans lui s'insinue dans son esprit. Cela serait facile de jeter l'épée au sol et de partir, d'abandonner la Belle à cette cour piaillante au moindre de ses mouvements ; mais cela serait difficile – si ce n'est insurmontable – de tourner le dos à Valériane. Et il le sent, il le sait, Arthur, que son départ ne serait que prétexte supplémentaire pour que tous le regardent de haut.

Il en a marre, de cet entourage. De ces hommes, ces mâles, en harem autour de sa Belle. Qu'ils aillent tous se faire foutre, songe-t-il, ces Artyom, Baïeslav, Boris et autres Moloch qui le regardent d'un mauvais œil. Ne l'approuvent pas. Peuvent le dénigree. Tant mieux, tant pis, à eux de voir. Mais aucun d'eux ne saurait l'empêcher de poursuivre Valériane, de ne jamais rester loin d'elle très longtemps. De vouloir la garder pour lui. De l'aimer, tout simplement.

Qu'ils le maudissent ! Qu'ils espèrent sa perte ! Il le sait, qu'il n'est pas intouchable, qu'il n'a pas cette carrure toute en muscles qu'ils peuvent se targuer de posséder, qu'ils peuvent aimer exhiber. Arthur, lui, a la chevalière. L'Enfant. Le cœur de la Reine. Alors qu'ils continuent de surveiller ses actions, de la surveiller elle comme si elle était encore une petite fille. Qu'ils se précipitent autour d'elle, se montrent prêts comme s'ils étaient à la lisière d'être un élu, imaginer être le centre de son attention, de son monde. A s'articuler au moindre de ses caprices. Comme peut le faire Arthur, finalement.

Et il a envie de leur hurler tout cela. De se défendre, se battre, même s'il sait pertinemment qu'il n'y aura aucune amélioration. Et puis, de les insulter aussi. Qu'ils comprennent son agacement. Son énervement. Sa colère. Son mépris. Sa haine. A Valya, surtout. Elle et sa lubie d'imaginer qu'il obéirait à ses ordres, qu'il la suivrait sans rien dire en protégeant ce cousin qu'il exècre. Duo qu'il aimerait plutôt voir loin de lui.

– Elle est à moi, je la reprends.

Il arrache Valériane des bras de Boris, la garde tout contre lui. Sans vaciller – alors non sans effort – il bande ses muscles pour ne pas la lâcher, serrer contre son torse son corps de féline. Il l'a dit, c'est sa bien-aimé. Sa. La sienne. Alors s'il n'a pas pu empêcher le fait qu'elle soit blessée, il ne laissera en aucun cas un autre être celui qui la sauve. La sort d'ici.
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Messagepar Will Silverane » 19 Sep 2016, 22:31

Épilogue

Fleurs d’épines, fleurs de roses



Odeur de sang. Odeur de mort.

L’étalement momentané d’une fleur singulière, virevoltant faiblement au gré de la nuit. Pétales frémissantes à la lueur de la mort qui rôde et qui frappe comme un soupir abjecte. L’épineuse cheville qui arrache la chair et éclabousse dans son trépas la beauté transcendante. Ce fut ainsi, par la course folle du chaos, que l’éclat de ces fleurs multiples et uniques, s’entacha d’une encre indélébile. Les racines souillées, coupées de ce qui jadis s’incarnait comme la stabilité de leur existence, s’étirèrent pour flétrir violement dans l’amertume. À la vue de sa chute mortelle, le bouquet floral s’effrita en laissant place à la peur d’une vie : l’aboutissement de celle-ci. Alors chacune et chacun prirent le soin d’épouser la frasque du vent, libérant leurs cœurs, terminant leurs courses aux mains cadavériques.

Éperdues, les pétales s’étalèrent de détresse. Le courroux de la rose noire s’éleva, laissant la panique au détriment de l’entrelacement sensuel. Éveillée par la révulsion, une force doucereuse brisa l’entrave de son être pour sauter dans le croisement des corps. Ainsi transpercée par l’épineux toucher, l’impudente avait déjà accomplie son dû et posé les pierres d’un nouvel ordre. À jamais et plus que toujours, les roses porteront en elles le relent caractéristique de la méfiance garant d’une insouciance dérobée.

**


À l’orée d’une forêt aux vestiges fantomatiques, les ruines du temps avaient déposées avec parcimonie un baiser vénéneux aux lèvres des précurseurs du désir. Tel le cycle sans fin qui borne l’humanité, l’histoire fut répétée dans sa gloire sanglante, affublant les rites du pouvoir courtisan d’un désordre maculé. Par un portrait grandiose, à travers les feuillages épars bordant l’étendue amoncelée de pierres, les corps immobiles s’entremêlaient. Pilier de son vestige, une longue table reposait au cœur de la marre humaine, refroidissant de son ébat charnelle. La fatalité symphonique dont la posture des corps, tantôt tordus tantôt embrassés, rappelait une fresque morbide, suintant ses rémanences dans la mousse verdâtre et l’herbe entachée.

Les victuailles éparpillées, les éclaboussures parsemées et les membres nus enchevêtrés l’un sur les autres gisaient de cette manière: paisiblement. Berçant ainsi les saveurs funèbres d’une violence horrifique, la nature environnante s’étalonnait en contraste percutant par cette nuit tirant sur sa fin. Une nuit close, un nouveau Chapitre. Elle enveloppait de son brouillard de censure, cette noirceur opaque, lorsque l’homme se figea au lever de rideau magistral.

Le spectacle foudroyant n’accomplissait sa sordidité que dans le silence le plus total qui régnait sur l’étal de cadavres. Un sanctuaire fut profané et les âmes meurtries propulsaient une vapeur âcre jusqu’aux poumons du spectateur immobile. Devant l’innommable, l’irréparable, il se décida enfin à avancer d’un pas lent. Ses yeux se posèrent sur ces douilles brûlantes couvrant le sol, ces carreaux d’arbalète jonchant la chair et les balafres tranchées, rejetant un liquide noir et épais. Incomptable, la multitude humaine surplombait la moindre parcelle, le moindre recoin de la clairière jusqu’à s’étendre vers un amoncellement couronné d’un trône de pierre. Se dirigeant dans cette direction, un sang y coagulait : une blessure qui marquera à jamais le visage de Londres. Plus loin, près d’un arbre, une robe opaline et déchirée jonchait la rosée florissante, un sol rabroué par le spectre de mouvements contigus. Tout près, le ciel était désigné triomphalement par une colonne toujours érigée, permettant une vue respectable, probablement. Vestiges.

**


Les réminiscences d’un évènement aux prestiges bafoués. Jamais, les fleurs de tous horizons ne furent profanées par la lutte de la pureté des castes. Jamais, la souffrance brute ne fut le levier d’un assouvissement éclectique. La pureté des roses n’est plus. Plusieurs périrent, tranchées par la faux, certaines s’enfuirent, se refermant sur elles-mêmes mais dans la plus improbable des répercussions, quelques-unes s’ouvrirent majestueusement en libérant une puissance redoutable. Peu de temps s’envolera au gré des champs et la Ville Sombre subira les réverbérations d’un malaise propagé, une cicatrice à jamais enfoncée dans son cœur originel.

**


L’homme dans sa longue chevelure de nuit, perça du regard un tressaillement dans la masse. Ce qui attire l’errance est avant tout la coïncidence, puis la pulsion hasardeuse d’une chasse nocturne. Atteignant le corps faiblissant, marqué par la colère fatale d’une lame, celui-ci soufflait ses derniers instants dans un soubresaut désolant. Submergé par le torrent du carnage, l’homme s’agenouilla tout près des bruissements, déposant délicatement ses doigts sur le cou immaculé. Une pulsation parmi tant d’autres, une victime noyée avec ses sœurs et frères. Sa voix résonna dans un chuchotement étouffé.

« La mort n’est qu’un portail, une cloison vers la douceur du repos. Laisse-la te bercer. »

En déposant ses mots contre le derme, il s’approcha de plus en plus, ouvrant la mâchoire d’un mouvement ample après avoir insufflé :

« De cette nuit, Londres n’est plus.»
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Messagepar Harkendël » 20 Sep 2016, 16:01

Extase. Gémissements. Plaisir.

Une ronde de son rauque ponctué de cris indécents. Bien vite toutefois, Harkendël abandonna sa compagne pour lui permettre de changer de partenaire.
Elle n'avait pas la tête à plonger dans les méandres de la luxures malgré ses paroles.

Alors qu'elle observait autour d'elle, elle ne voyait que des corps enchevêtré. Un vent chaud et moite lui colla à la peau. Une ambiance de déperdition.
Pourtant, quelque chose clochait. Un courant électrique qui lui donnait la chair de poule.
Son cœur battit plus vite. La peur lui noua les tripes.

Sa robe de brume revint d'elle-même recouvrir son corps pâle, tremblant. Son souffle se fit plus heurté, un instinct primitif lui disait de partir. Et vite.

Alors, d'un pas calmes et posé, elle errait entre les convives, effleuraient des corps nus, sentant l'odeur capiteuse de l'orgie.
S'éloignant, elle s'enfonçât dans la forêt, ses pieds s'enfonçant dans l'humus et les feuilles mortes. Ses doigts caressaient les vieux arbres, trouvant étrangement réconfortant leurs présences silencieuses.

S'adossant à l'un d'entre eux, elle posa sa main sur son sein pour se calmer. La peur ne la quittait pas, poison qui s'insinuait dans ses veines, brulant tout sur son passage.

Alors qu'elle reprenait contenance, elle avait vu Caithleen partir, un air dédaigneux sur son visage.
La Poupée se crispa, agacé. Elle ne supportait pas les êtres condescendants.

Glissant le long du tronc, elle enfonça ses mains dans la terre humides, salissant ses ongles et sa peau.
Terre souillé. Sang versé. Un lieu devenus maudit.

La Poupée avait presque envie de pleurer. Elle ne savait pas ce qui se passait, mais un drame s'approchait. Serait-elle sujette à des crises d'angoisses ?

La forêt l'entourait, lourde, feutré mais presque accueillante. Que se passerit-il si elle partait ? Si ses pas la conduisaient en dehors de sa prison perpétuelle qu'est Londre ? Si elle défilait entre les arbres, tel un fantôme du passé et qu'elle partait loin, si loin, que personne ne la retrouverait ?

Ici elle n'avait aucune valeur, hormis le désir pervers d'un riche membre d'Ambre.
Mais elle avait si peur. Si peur de partir et de quitter tout ce que fut sa courte vie. Enchainé par des boulets invisibles, son cœur était partagé.

Soudain, des coups de feux.

Se relevant d'un bond, les yeux écarquillés, Harkendël était aux aguets.

Hurlements. Cris. Odeur lourde charriant un air métallique. Nouveau tirs.

La Catin ne demanda pas son reste. Elle se mit à courir. Courir. Ne plus s'arrêter. Les branches lui déchirant la plante des pieds, les pierres griffant sa peau. Mais rien n'importait. Il fallait qu'elle coure. Encore. Toujours.

Son cœur battait aussi vite que celui d'un oiseau affolé. Un instinct primitif lui enjoignait de ne jamais s'arrêter.

Elle glissa. Sa tête tapa le sol dans un bruit sourd. Sa robe magique ne la protégeait pas et sa peau fut érafler de tout son long. Mais elle n'abandonna pas pour autant. Étourdie elle continua sa route.
De nombreuses fois elle glissa, tomba, s'écorchant toujours un peu plus.

Elle faillit s'étaler de tout son long quand elle percutât un corps. Un homme. A terre. Grand massif.

Du sang.

L'horreur déforma son visage, tandis qu'elle s'approchait; attirance morbide. Mais non, l'homme était vivant.

Tskar.

Écarquillant les yeux ; elle se précipita vers lui. Qui lui avait du mal ? Que se passait-il ?

Il respirait. Son cœur battait. Il était juste sonné. Perdue elle regardait autour d'elle, mais elle n'appela pas à l'aide. Peut être que les personnes qui avaient fait tout se mal allaient revenir.

Prenant la main du géant, la Poupée se résolue à tirer le corps derrière des buissons pour le cacher. Elle ne pouvait rien aire d'autre. Elle grogna, souffla, jura.

Il pesait son poids. Bien que plus puissante qu'une simple mortelle, elle n'en était pas moins une femme. Qui n'avait rien de surpuissant.

Haletant elle fit glisser le corps jusqu'à destination et cacha les traces avec des feuilles. Se penchant sur le Loup elle déchira un pan de sa tunique pour essuyer les blessures de son visage et celle de son épaule.
Dans la panique, Harkendël entra dans les demis songes de sa connaissance de manière brutale, lançant un appel puissant dans ses rêves vaporeux. « Tskar, réveille-toi! »

Elle frappa son torse sans douceur, ses mains couvertes de sang.

Odeur riche, capiteuse. Métallique. Hurlements. Gémissements. Odeur lourde. Métallique. Sang.

La nausée la prit. Se relevant elle laissa Tskar où il était. Elle ne pouvait rien de plus pour son ami.

Elle se remit à courir. Encore. Elle avait mal partout. Son corps lui criait de s'arrêter mais sa conscience lui ordonnait de continuer.

Le corps maculait de sang dû à ses blessures et à celle du membre d'Onyx, n'importe qui qui avait un minimum de flair pouvait la retrouver.
Paniquant, elle se faufilait entre les arbres voyant du coin de l'oeil des corps sans vies, de la barbarie.

Mais elle ne pleurait pas. Trop choqué pour comprendre, pour analyser.

Alors qu'elle ralentissait le rythme pour reprendre son souffle elle vit un homme à la longue chevelure noire se pencher sur un corps. Non sur une vie en train de filer.

Tel le papillon s'approchant de la lumière destructrice, la Poupée s'approcha doucement, son regard argenté sur l'inconnu. Sa propre chevelure de jais glissant sur son corps, des feuilles éparses et de la terre les salissants.

Un vampire.

-Je ne doute pas que le repas doit être tentant. Mais une guerre vient d'éclater. Si vous voulez vivre, vous devriez partir.


La catin le regardait avec insistance. La curiosité la rongeait de l'intérieur peut être plus que la peur de l'attaque que le conclave à subit. Elle n'avait pas peur. Pas encore. Aussi s'approchât-elle encore un peu, sa robe de brume caressant son corps, dévoilant des morceaux de chairs abîmés.

- Ce n'est qu'un conseil.

Il fallait qu'elle reprenne son souffle. Aussitôt après, elle repartirait.
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