Les Mille et une nuits [Sujet Commun]


Au royaume des bombes et des artifices, lorsque le Rubis s'embrase pour fêter l'anniversaire de la Reine aux Nuits Rouges.


Messagepar Caithleen » 15 Avr 2016, 22:33

Elle le sentait frémir, se tendre et presque crisper en essayant de se contrôler face aux caresses de la demoiselle. Car même sans le voir, elle pouvait sentir le désir qui émanait de lui comme une vague brûlante et impatiente. C’était un jeu, un art. Celui de faire monter progressivement cette chaleur entre deux être pour les réchauffer sans s’y brûler. Attiser le brasier jusqu’à le faire flamber haut et clair tandis que les corps se liaient et se consumaient dans un plaisir total et ardent. Voilà ce que Caithleen attendait de cette nuit.

Dans un tintement emplissant ses oreilles, le verre éclata au sol, le bruit de centaines de petits éclats brillants se répandant sur le marbre du couloir persistant quelques instants dans le silence ambiant. Elle le senti porter une nouvelle coupe à sa bouche, puis se pencher sur elle. Intrépide, elle accueilli le baiser sans fléchir, ouvrant ses lèvres pour lui alors que le liquide pétillant coulait entre eux, excitant encore plus le sens de la demoiselle. Les petites bulles éclatant par millier alors que leurs langues s’entrelaçaient était une sensation aussi inconnue que délicieuse pour elle alors qu’elle se laisse fondre dans la douceur du baiser, et ce fut à regrets qu’elle le laissa s’éloigner un instant. Du bout des doigts, elle recueilli une perle de l’alcool qui menaçait de dévaler son cou pour la porter à ses lèvres d’un geste sensuel, inconsciente de l’inutilité de geste face à ce que son amant préparait.

Ce fut froid, mais agréablement stimulant, lui faisant pousser un charmant petit cri de surprise. Coulant dans le long de sa clavicule, le champagne dévala allègrement chaque courbe de la courtisane. En une ligne brillante, il se faufila dans le creux de sa poitrine avant de disparaître dans les méandres de son corps et les plis de sa robe de soie. Cette fraicheur soudaine fut rapidement remplacée par le contact torride de la langue de son amant sur sa peau. Il semblait à la fois la goûter et la marquer, comme s’il voulait déjà la dévorer, imprégner sa peau tendre de son essence, se fondre en elle avant l’heure...

Et brutalement, elle fut de nouveau soumise à la passion de ses lèvres. Ce fut violent, presque brutal, mais elle se jeta à corps perdu dans le baiser sulfureux, répondant avec avidité aux instinct du jeune homme. Jetant ses bras autour de son cou, elle alla perdre ses doigts fins dans sa chevelure, ne cherchant nullement à échapper à son emprise alors qu’elle était acculée, plaquée entre son corps ferme et le mur de couloir. Oh non, elle ne voulait pas fuir. Elle ne cherchait qu’à se jeter dans la gueule du loup, tomber dans ses griffes et se laisser dévorer par le prédateur. Elle n’était pas là en tant que courtisane au service d’un client, mais en tant que femme seulement mue par son propre désir.

Ses mains sur ses hanches puis sur sa poitrine, la caressant au travers du tissu léger de sa robe la fit soupirer d’envie, et elle souhaita les sentir directement sur sa peau... Et elle sentait aussi cette envie chez son Onyx, avant même qu’il ne la formule, lui tirant un sourire taquin. Dans un mouvement fluide, elle échappa à en emprise, et l’espace d’un instant, révéla la beauté cachée de sa tenue. Furtivement, alors qu’elle pivotait sur elle même, le tissu vaporeux se déploya en corolle autour de ses jambes, et alors qu’elle se trouvait sous la lumière provenant du bout du couloir, sa silhouette se dessina nettement. Juste un court instant, juste le temps pour Arès d’entrevoir ce qu’il lui restait encore à découvrir. Elle le savait, elle l’avait entendu dans sa voix assourdie par l’envie qu’il ne souhaitait que son corps sans atours.

Elle se mordilla la lèvre, une réflexion traversant son esprit. Si elle trouvait très excitant cet instant volé à la foule dans ce couloir sombre, elle aurait été en revanche extrêmement frustrée d’être interrompue alors que son désir se faisait inextinguible. Doucement elle vint saisir sa main, et ce fut à elle de l’entraîner à sa suite cette fois ci. Tâtonnant un instant le long du mur, elle fini par trouver ce qu’elle cherchait. D’un geste vif, elle ouvrit la porte, fit entrer le jeune homme dans ce qui se trouvait être l’une des très nombreuses alcôves de la Maison des Plaisirs de Rubis, et referma la porte, y appuyant un instant sur dos avant de reprendre la parole.

- Caithleen.


Simple et concis, car elle n’avait plus vraiment la patience d’y mettre les formes. Puis, d’un geste assuré, elle porta ses mains à sa nuque, ouvrant le simple fermoir qui maintenait sa robe accrochée dans son cou. Dans un délicat bruissement de tissu, celle ci glissa lentement sur son corps, dévoilant au fur et à mesure sa peau pâle et la douceur de ses formes. Le vêtement fini par s’échouer au sol, à ses pieds. Sans plus s’en préoccuper, elle l’abandonna derrière elle en s’avançant vers l’Onyx, se coulant contre lui dans un mouvement plein de sensualité. Se hissant sur la pointe des pieds, elle pris son visage entre ses mains délicates, l’attirant à ses lèvres encore une fois, le goûtant sans se presser, savourant ce baiser. Avec une lenteur délibérée, seulement destinée à le faire exploser de désir pour elle, elle vint mordiller son oreille.

- Pourrais-je avoir un nom à crier cette nuit...?


Car tu me feras crier, n’est-ce pas?
C’était ce qui semblaient dire ses yeux, soudain de braise, bien loin de l’apparence pure et sage qu’ils avaient pu avoir quelques temps plus tôt.
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Messagepar Arwed Asriel » 20 Avr 2016, 00:00

    Le moins que l'on pouvait dire, c'était que la soirée était riche en événements, et en émotions. Certes, Arwed ne s'était pas attendu à retrouver l'atmosphère lente et majestueuse d'une réception Opale, pas en ces lieux où, même lors des soirées les plus « ordinaires » – si tant est qu'aucune occasion ne puisse recevoir ce qualificatif au sein du Cabaret de Rubis, surtout quand sa reine venait y siéger en personne – on retrouvait beaucoup d'animation, et souvent dans la gamme la plus plaisante qui soit. Néanmoins, il resta tout de même encore un peu surpris tandis que, se fondant plus ou moins dans la masse des nombreux invités, il découvrait peu à peu la fête. La surprise, toutefois, n'avait rien de néfaste, et loin de se dresser comme un pieu et chaste chevalier offenser, le forgeron buvait au contraire avec plaisir l'ambiance de la soirée, autant que ses yeux buvaient le spectacle des jolies hôtesses qui y circulaient.

    En-dehors de celles-ci, pourtant, il y avait encore bien d'autres choses à voir, c'était indéniable. Ainsi, nombre de puissants étaient venus à la soirée, parmi ceux qui à Londres méritaient le mieux ce qualificatif : les membres des Neuf, Patriarches et Matriarches des grandes Factions qui régnaient sur Magicopolis, chacun étant, chez lui, le souverain incontesté de son propre royaume, de son propre empire. Celui qui se fit le plus remarquer, aux yeux du forgeron, fut – peut-être par antagonisme naturel – le Patriarche Sambre, le redoutable Dante qui même en ces lieux semblait ne pas se départir de son aura unique qui aurait fait, pensa le chevalier, qu'on aurait pu repérer l'Hydre dans n'importe quelle foule de moutons ou même de loups, tant il se classait dans une autre catégorie, mais il nota aussi d'autres présences, comme par exemple celle de la Régente d'Améthyste. Néanmoins, une autre arrivée passa inaperçue de lui, pour un temps du moins...

    Il était bien compréhensible, d'ailleurs, qu'il ne s’aperçoive pas de la présence de chaque nouveau venu, fut-il des plus illustres, car il y avait bien des occasions autres que celle-là de voir son attention être captée d'un côté ou de l'autre. Ainsi le malotru qui se permis de renverser du champagne sur lui, se fendant d'une remarque minable qu'il trouva sans doute drôle avant de s'éclipser comme il était venu, sans avoir le cran d'assumer ses actes – un artiste drogué d'Émeraude ou un quelconque trublion d'Onyx de bas étage, à n'en pas douter – qu'Arwed ne prit guère la peine de poursuivre, d'autant que le breuvage pétillant n'avait cause que peu de dégâts, ayant été majoritairement reçu non directement sur ses vêtements mais sur le métal qui couvrait l'un de ses bras, et qui ne se laisserait guère occulté par si peu. Cela ne méritait pas de gâcher la fête pour un mauvais plaisant qui, il en gageait, tomberait bien assez vite sur un os, à un moment ou à un autre, car tous, dans cette soirée, n'auraient pas d'aussi bons sentiments que le forgeron.

    D'autres distractions, néanmoins, étaient plus plaisantes. Ainsi la danse d'Eonis fini-t-elle par venir, bien que la belle blonde y soit accompagnée d'une autre jeune femme qui, sembla-t-il à Arwed, était bien moins au fait de ce qu'elle devait exactement accomplir, bien moins experte que sa belle amie – mais d'un autre côté, qui pouvait prétendre l'être – en tous cas, cela n'enleva rien aux charmes du spectacles, quoi qu'il faille bien avouer que le jeune homme ne fit guère attention à qui accompagnait la belle danseuse sur scène, tant il dévorait des yeux la blonde Eonis. Il avait toujours apprécié ses danses, depuis la première qu'il avait vue, et y trouvait encore un charme plus particulier depuis qu'il avait forgé le lien d'amitié qui était le sien avec la belle. Le spectacle de ses danses le fascinait toujours, et cette fois ne fit pas exception à la règle, loin de là, puisque le forgeron fit en sorte de ne pas perdre une miette du spectacle, autant que possible en tous cas.

    Quand finalement la danse s'acheva, il la salua avec plaisir, tout comme de nombreux autres dans la salle, ignorant si, dans la foule, son amie avait pu le repérer du regard. Alors qu'il se demandait si c'était une bonne idée de chercher à la rejoindre pour la féliciter et passer un moment avec elle – c'était elle qui l'avait invité plus personnellement, après tout, et poussé, en définitive, à se rendre à cette soirée où sans cela il ne serait probablement pas venu – s'interrogeant sur le fait de savoir si c'était ou non une bonne idée, car la sublime blonde au corps de rêve était après tout là pour travailler, et avait peut-être d'autres obligations à remplir encore que son spectacle, ce choix lui fut de toute façon ôté, car une autre personne fit irruption dans sa soirée, une personne non moins belle, d'ailleurs, que la divine danseuse, quoique dans une autre catégorie – Arwed aurait d'ailleurs été bien en peine de trancher entre les deux, et heureusement, l'idée ne lui en vint même pas.

    Cette personne n'était autre qu'une de ses professeurs, mais également l'une des personnes les plus puissantes de Magicopolis : Strygie Black, la Harpie, co-Régente de l'Améthyste, qui régnait sur la faction d'une main de fer tout en se disputant avec son « collègue » les restes de la puissance des Jumeaux. Celle-ci se manifesta par une main posée dans son dos, une douce caresse, et alors qu'Arwed se tournait vers elle, intrigué, apparu dans toute sa splendeur, lui souriant avec une intensité qu'elle ne mettait que rarement à ses sourires lorsqu'il la voyait en cours. Elle était très belle, ce soir-là, très bien mise en valeur, et sa présence séductrice à son côté, surtout avec une telle « introduction », le troubla quelque peu. La Harpie, sentant peut-être ce trouble, en digne prédatrice qu'elle était, ne manqua pas de pousser son avantage en prenant la parole.

    « Bonsoir Arwed. En digne Chevalier de l’Opale, vous ne laisseriez certainement pas une femme à sa soif n’est-ce pas ? D’autant plus lorsqu’il s’agit de moi. »


    Elle avait, bien sûr, doublement raison. D'une part jamais il n'aurait abandonné de bon cœur une dame lui réclamant quelque secours, fut-ce une boisson au cours d'une fête, et d'autre part il n'aurait pas été assez imprudent pour l'ignorer elle, Strygie. Néanmoins, alors que son trouble s'effaçait un peu, il dû reconnaître à part lui que voir s'imposer la présence de la belle professeur n'était en soit pas dérangeant, surtout dans ce cadre. Après tout, il avait plus d'une fois contemplé la beauté de la Harpie lors d'un cours, et il n'était pas mécontent de pouvoir la contempler cette fois ainsi mise en valeur pour cette soirée...

    « Bonsoir, Dame Black. Vous êtes particulièrement en beauté ce soir, si vous me permettez ce compliment, et du reste clairvoyante, bien sûr. Jamais je ne me pardonnerais si je devais vous abandonner aux affres de la soif. »

    Comme toujours lorsqu'il s'agissait de belles paroles, de belles femmes ou, comme ici, des deux à la fois, Arwed retombait rapidement sur ses pieds. Pour l'heure, il en restait au vouvoiement, signe de respect, et s'adapterait éventuellement si la Dame – de plus haut rang que lui, après tout – lui disait d'y renoncer. Avec un sourire, il poursuivit.

    « Que puis-je vous apporter pour étancher cette soif ? Ne vous en faites pas, je ferai diligence pour vous satisfaire. »

    Une fois que la Régente lui eut dit ce qui lui ferait plaisir, Arwed s'éclipsa rapidement, revenant après quelques instants avec ce qu'elle lui avait demandé, ainsi qu'une flûte de champagne pour lui-même. Avec un sourire, il leva ensuite son verre dans sa direction.

    « Et voilà, belle Strygie... j'espère que votre soif pourra être apaisée et dans tous les cas je bois à vous, qui me faites le plaisir de votre compagnie ce soir. »

    Un plaisir, s'en était un, de fait, et Arwed ne pouvait s'empêcher de laisser son regard glisser de temps à autre le long de la robe de la professeur, ne regardant pas, bien entendu, que la coupe du tissu. Pour l'heure, toutefois, il fini de lever son verre et bu une gorgée, sans quitter Strygie des yeux, se demandant si elle allait le laisser, maintenant que son désir était satisfait – désir pour lequel il se sentait amplement rétribué par sa compagnie pleine de séduction dont il avait ainsi pu profiter – ou si elle avait encore d'autres choses en tête, des choses auxquelles, sûrement, il ne parviendrait guère plus à résister qu'à sa requête...
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Messagepar Valériane B. Kravt » 21 Avr 2016, 13:53

 « -Et toi tu sens la femme... Pas très propre... »


Rétorqua la fille de Pénombre, dont les lèvres voluptueuses s'écrasèrent en une moue boudeuse. Tout en parlant, elle avait capturé de la prise aviaire de ses doigts, doux et repliés en dépits de leurs écorchures, le poignet de l'intriguant. Rien de menaçant, rien de douleureux. Juste ce langage muet du corps, qui affirmait : tu ne prends que ce que je veux bien t'accorder.

Et puis elle le libéra, tout doucement, sans jamais cesser de le dévisager au travers du voile échevelé de ses mèches. La Reine, déjà apprivoisée, avait ce regard caressant et indolent. Mystique ou mystérieux, lorsqu'elle tamisait les éclats dishamornieux de ses prunelles amandines, de l'envol nocturne de ses cils cambrés.

L'ombre d'une tonelle de fleurs grasses tombées d'un balcon en une cascade colorée, leur offrait un abri discret. Un espace de silence, un recoin de calme, au milieu des réjouissances. Quelque chose qui invitait à la paresse, aux profonds ronflements de gorge, et à appuyer sans vergogne son épaule et la souplesse de son corps las, contre le torse musculeux du surprenant jeune homme.

Valériane n'avait rien fait pour le contredire, rien fait non plus pour abonder dans son sens. Qu'il la prenne pour une autre n'importait que peu, pourvu qu'il continue à délasser de ses doigts chauds, agiles, la harpe emmelée de sa chevelure. Presque elle se serait laissée tomber à ses pieds pour d'un reflexe félin, s'étirer de tout son long en faisant crisser ses griffes sur le tapis de lumières tissées.

Il fallait dire que le cuistre, tout grossier personnage qu'il soit, avait dans ses manières, cette façon de s'inviter dans le cercle solitaire de la guerrière ignorée, une franchise désarmante. En un sens, l'Obscurine se sentait flattée, charmée. La Femme en elle, parfois lassée d'être éclipsée par la Dragonne, retrouvait ses vieux reflexes d'adolescente mal dans sa peau et incomprise, toujours en quête d'une reconnaissance que Londres refusait à ceux qui avaient le malheur d'être mal nés.

Peut être aussi qu'elle appréciait ses odeurs puissantes, tellement plus parlantes à ses narines inquisitrices, que tout ces parfums floraux, désagréables dont les belles aux ailes de velours aimaient à s'asperger. Cela sentait l'homme, cela sentait l'Onyx. L'arrogance d'une vie à la mâle sauvagerie. Dans son sillage caractériel, se soulevaient des questions ; d'où, quand, comment, que faisait il là, pourquoi ; auxquelles l'Obscure Amazone, s'amusait à imaginer des réponses.

En un mot, il lui plaisait. Ce qu'elle lui fit savoir en levant une main paresseuse, aux ongles rongés de terre, pour lui caresser pensivement la barbe ; redessiner de la pulpe féminine de ses doigts déliés, les arrêtes volontaires, prétencieuses de sa machoire.

Se rappelant qu'il lui avait offert son verre, elle y trempa pensivement les lèvres. Le baiser de son haleine chaude, là où l'empreinte de la gloutonnerie du garçon avait laissé une marque de buée. Mais l'alcool était trop complexe, trop raffiné pour le palais de la Reptilienne. Et donc fade, désagréable. Ce qu'elle ne se cacha pas de démontrer en vidant le reste dans un pot de fleur.

Il s'était arreté. Sa main drapée de l'obscurité fumeuse de la chevelure de l'impériale, suspendue comme la patte d'un chien aux aguets. Surprise plus que gênée, Valériane lui adressa un regard interrogatif, avant de suivre la curiosité du garçon jusqu'à la scène où Eonis et Emy se déhanchaient pour le plus grand plaisir des convives.

 « -Elle nous provoque. Elle nous invite... »


Constata la Reine Noire, dont l'attention vite lassés par les évolutions des putains avaient survolé la foule pour se crocheter au masque de son homologue de la Maison Carmine. Clair... Un prénom que la Crépusculaire avait arraché aux lettres baroques d'un prospectus. Celui de cette Femme qui régnait sur ce palais de cocagne et dont la presque nudité charismatique, se voilait d'un mystère épais. Il en fallait de la morgue, pour s'approprier des filles du Dragon et les offrir en pâture à la foule avide.

Il allait falloir que Tskar s'explique. En temps, en heure, le loup rendrait des comptes pour son laxisme, à celle qui demeurait la Reine de l'Onyx. Mais pas ce soir, pas maintenant. Parce qu'il y avait dans l'air brassé par les invités de la Dame Incarnat, cette vibration. Un appel au laisser aller, à l'indolence si chic du Rubis.

Valériane qui ne tenait jamais en place, finit par se dégager de la présence d'Artyom. Et ses longs cheveux, échappèrent aux inquisitions taquines du garçon, en s'écoulant, se dévidant entre ses doigts comme une eau sombre. Elle s'étira. Fit craquer famillièrement sa nuque.

 « -Je vais emprunter la baignoire de notre hôtesse... »


Glissa la jeune femme en guise d'explication. Mais avant de quitter les lumières et la fête pour fureter dans les couloirs du cabaret, elle se retourna une dernière fois. Juste ce jeté d'obscurité par dessus son épaule, et ce regard piquant, défiant, qui transperça l’Éphèbe infernal. Ses lèvres s'étirèrent. Avait elle parlé ? Le bruit ambiant était trop fort, le sens de ses mots, s'était perdu entre deux éclats musicaux et ne demeurait plus que l'illusion dérangeante, d'un baiser moqueur aux accents d'invitation.
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Messagepar Lora E. Boyle » 22 Avr 2016, 17:05

Ses jambes tremblaient un peu, au moment de traverser les moelleux tapis du salon, pour d'une détente de petite chatte se hisser sur le socle de cette statue de femme à la suave nudité de marbre, dressée au centre de la pièce.

Et Dante, qui avait pris place dans un moelleux fauteuil, aux enveloppant coussins de velours, qui la toisait de ses yeux froids. En évitant de le regarder, elle continuait à sentir son sourire de reptile hypnotique, couler sur elle, pour l'envelopper d'une angoisse fiévreuse.

Maladroite, Elle qui pourtant n'avait pas hésité, à proposer une danse privée au Roi des enfers, dut s'y reprendre à deux fois, pour réussir à dénouer ce petit nœud qui avait maintenu sur sa taille, l'impudique flou tacheté de la jupette.

Mais il y avait la musique, basse et langoureuse, à la rythmique de cœur féminin, bien loin des fastes bruyants de la grande salle, qu'elle avait choisie pour lui. Et lorsque les notes chutèrent dans les graves, en même temps que le bout de tissu dénoué de sa taille se posait au sol avec la douceur d'un papillon, elle s'éleva le long de la statue, portée par les murmures de la chanteuse.

Ses chairs unies au marbre, en une évolution à la poésie langoureuse et saphique. Dans la Pénombre cramoisie de ce salon aux murs capitonnés d'une intimité de velours, sa peau nue de danseuse, à peine barrée de quelques ficelles, se paraît d'un discret halo solaire. Comme un trait de pinceau doré, Boyle, passé sur les creux et les courbes de sa jeunesse, pour en souligner l'esquisse.

Dante. Cette eau de toilette qu'elle avait senti sur lui, en trébuchant poussée par Artyom, son exquise politesse de gros varan, et ce regard froid, sans âme, qui vous transperçait pour s'imprimer directement dans votre esprit.

Les jambes enroulées autour des hanches voluptueuses de la statue aux allures de Cassandre, Lora se laissa couler en arrière. Sa longue tresse, avec ce lourd disque doré qui jouait les pendules touchait presque la moquette. Un équilibre fragile, tout dans les cuisses, la souple torsion de la colonne, et la raideur des abdominaux. Ainsi renversée, alors que le sang lui montait à la tête, que le rouge réchauffait le hâle de son teint, elle croisa le regard de Dante.

Brièvement.

Dans ce fauteuil qui l'enveloppait comme un Trône, avec ce costume qui le sanglait de mystère, elle lui trouva des airs de statue. Avait elle rêvée, cette ombre informe, beaucoup trop grande, qui dans le dos du Lord, s'étirait sur les murs ? De surprise la danseuse en perdit sa concentration. Chuta et se rattrapa de justesse, en accompagnant le mouvement d'une roulade aérienne de danseuse afin de retrouver le rythme bas, onde et ressac, de la musique.

A Londres ville frontière, poussée à l’aplomb d'un gouffre, il était des regards comme des portes qu'il valait mieux ne pas provoquer. Un pas, un seuil, le cliquetis de petites sandales joueuses, une main de jeune fille glissée dans la poigne douce mais ferme d'un homme, et les huis mystérieux, capitonnés pour étouffer les bruits, qui s'ouvrent et se referment comme des paupières sur votre passage.

Lora ne se rappelait plus avoir dénoué, le nœud de cette bande de satin tacheté contraignant sa poitrine. Cela lui avait semblé si naturel, dans le vent, le mouvement parfumé de sa nudité, et d'un geste délié, l'offrande tiède d'avoir été portée si près du corps, vint se poser aux pieds du lord.

Gracieuse féline, aux voletantes évolutions de papillon, qui tournait autour de la statue. Légère et énergique, elle semblait à peine toucher le sol. Comme en apesanteur, avec ses membres suspendus à d'invisibles filins qui la hissait vers ce plafond et ce lustre lourd, baroque aux chandelles coiffées de bulbes cramoisis.

Au creux de ses reins, un paon multicolore faisait la roue à chaque fois qu'elle agitait les fesses. Sur ses bras, ses épaules, les fleurs exotiques et autres lianes l'habillant d'ordinaire d'une résille végétale, s'étaient découverts entre leurs pétales fragiles, des épines suintantes. Restait le mystère, la timidité farouche, de cette Bastet tatouée à l'intérieur d'une cuisse et qui ne se dévoilait que brièvement, parfois une oreille pointue, parfois un énigmatique sourire de chat, lorsque la Fille d'Anafiel jouant de sa souplesse Animagi écartait les jambes face à l'Homme.

Le final la vit embrasser à pleine bouche la statue, dont les lèvres blanches une fois libérée des attentions humide de la blonde, portèrent la marque rouge et provocante de son maquillage. Du socle sur lequel ses talons s'épuisaient, à Dante réduit à une masse ombreuse au regard scintillant, il n'y avait qu'une poignée de mètres, qu'elle franchit d'une détente. Vol de plume, puis choc, étreinte, le souffle coupé de la poitrine qui s'écrase contre le torse rude du patriarche, douleurs et perles de sang, lorsque ses piercings ripant sur la veste seigneuriale, meurtrirent ses tétons.

La musique s'était tue. La fête et les missions d'espionne noyées dans les étangs pâles et blêmes du regard du Patriarche. L'haleine de Lora, avait la chaleur courte et bruyante de la fatigue, le sucre grisant des alcools ingérés à même la coupe de Dante. Lentement elle se redressa. Ses fesses, dans le prolongement glacé de sueur de la cambrure son dos, pesaient à peine sur les genoux Infernaux. Grimaçant de ses lèvres piercées, elle chassa d'un souffle rauque, une mèche tombée devant son visage.

 « -Je doute que l'Hydre engluée dans son marécage soit assez rapide, pour faire festin d'un Ocelot gambadant dans les arbres. »


* * *


Cette présence dans le dos de Phèdre. Noire silhouette au visage voilé par la fumée d'une cigarette, sortie de nulle part, pour poser sa patte tatouée sur l'épaule de l'hybride. Et cette voix, murmure rauque, grillé par la braise et le tabac, à l'haleine incandescente de whisky.

 « -Ma fille, ta filleule, va se faire bouffer par un putain de psychopathe et toi tu restes là à prendre racine et à agiter inutilement la queue. Arrache là d'ici et cassez vous en vitesse. »


Spectre, apparition, que le simple mouvement de surprise de Phèdre suffit à dissoudre. Et lorsqu'elle se retourna, Il n'était plus là. Mais là où la grosse patte avait pressé d'autorité, la broche de Rossignol s'était comme embrasée et chauffait, cuisait, cramait la peau de l'ancienne putain.
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Messagepar Morzan O'Faolain » 23 Avr 2016, 12:54

Après avoir conduit la jeune demoiselle aux coulisses sans faire cas de ses paroles surprises et un brin énervées, tu la laissais donc aux soins des danseuses pour retrouver la grande salle où commenceraient bientôt les festivités. Un tour du regard te permit de reconnaître une silhouette familière, et vigilant à ton entourage, tu allais la saluer, sentant sa contrariété, bien que n’étant pas doué d’empathie ou autre pouvoir pouvant te l’indiquer plus précisément que tes sens de loup.

« -La foule est nombreuse ce soir, en effet. Effectivement, je suis employé de temps en temps à la sécurité des lieux. Mes sens de Loups-Garous m’apportent un certain avantage par rapport aux autres employés, alors autant que cela serve bien. »

La jeune Sesthia fit elle-même un tour d’horizon, en alerte, et tu ne la dérangeait pas, reconnaissant son professionnalisme pour flairer les détails louches. Elle était enquêtrices, et peut-être pourrait-elle t’aider dans une affaire liée à ces lieux.

« -Effectivement, cela m’a pris du temps pour apprendre à ne faire qu’un avec ma partie Lupine, mais je suis dorénavant apte à gérer mes plus fortes colères. Je suis un Loup-Garou à part entière, conscient des dangers et de mes forces. Je n’ai plus peur de faire du mal à quiconque bien que m’en sachant capable en cas d’ennuis. Ca aide lorsque je chaperonne mes jeunes sœurs lors de leurs sorties. Etre agent de sécurité dans un lieu aussi renommé me permet d’avoir mes entrées dans quelques établissements qu’elles fréquentent. »

Buvant une gorgée de champagne, tu repensais à ce qu’il se passait ces derniers temps… Te demandant comment aborder le sujet.

« -Es-tu toujours enquêtrice ? Est-ce que tu.. As-tu entendu parler d’une disparition, ces derniers temps ? L’une des filles travaillant ici manque à l’appel, et même moi n’ait rien pu découvrir, si ce n’est une lettre étrange tracée de sa main, avec des symboles bizarre tracés sur le papier… On piétine. Mais l’affaire ne doit pas être ébruitée inutilement. »

Simple murmure, sur un ton de confidences. Non, cela ne devais pas être porté aux oreilles de n’importe qui. Inutile de semer le chaos si cela se savait. Pour les autres filles, la disparue était en congé quelques jours, cela suffisait. Un claquement familier tinta à tes oreilles, et te retournant, tu vis ta tante cherchant vivement quelque chose des yeux, sans dote un opportun. En alerte, tu fouilla la salle du regard, jusqu’à trouver une jeune demoiselle que tu connaissais, avec un jeune homme qui lui parla avant de faire un geste en sa direction.. Que ?

« -Pardonne moi Sesthia, mais une amie est visiblement opportunée par un vilain plaisantin, je reviens. »

T’inclinant en souriant, te voila reprenant ton chemin, manquant d’attraper cet individu douteux qui sembla remarquer ta venue et s’éclipsa en un coup de vent. Un regard te suffit pour constater des dégâts… La soirée promettait d’être mouvementée avec un tel trouble-fête.

« -Bonsoir Nyx, merci à toi d’être venue. Et désolé pour ta robe, ce doit être rattrapable, non ?Je peux te conduire aux loges, il doit y avoir du matériel de couture… A moins que tu n’ais un lacet qui puisse être resserré un peu, à la manière d’un bustier ? »

Humant l’air profondément, tu tentais alors de repérer la fragrance de cet homme, mais la foule, les fragrances et autres parfums rendaient la tâche mal aisée. Plus de traces de la louve non plus, à deux, vous auriez eu plus de chances. Elle devait être occupée ailleurs, du moins l’espérais-tu. Tendant ton bras en digne cavalier, tu invitais alors ta belle à te suivre, rejoignant ainsi l’enquêtrice, sur le qui-vive, manquant de gronder tout bas. Inspirant doucement, tu appelais à toi ta magie chamane, qu’un souffle de vent emporte en un léger murmure une demande de renfort à ton ami hybride, Amarok, resté au dehors, qu’il vienne te seconder à la sécurité des lieux. Plus rapides, plus forts, plus vigilants. Les loups avaient bien le dessus sur les hommes. Le plaisantin devrait se tenir à carreaux, s’il ne voulait pas que des loups lui tombent sur le dos.

Relâchant ensuite ton emprise sur cette fine brise, tu vis bientôt venir l’hybride loup, ton allié et ami qui t’as toujours épaulé même en cas de difficultés. Il est l’un des rares à avoir su te calmer même en pleine colère. Messager leste et loyal, garde du corps, il a su se faire une place dans la famille, et il est un frère de cœur à défaut de sang, désormais et depuis plusieurs années.

« -Nyx, voici Sesthia, jeune enquêtrice d’Améthyste. Nyx est peintre en Emeraude. Et voici Amarok, un ami et garde du corps qui me seconde au dehors comme à l’intérieur de ses murs. Notre duo fonctionne depuis plusieurs années, et il est l’un des rares à pouvoir reconnaître des signes de colère pouvant déraper ou à m’avertir en ces cas, de manière à ce que je me contrôle. Un trouble –fête est présent à ces festivités, on ne sera pas trop de deux ou trois lupins pour le surveiller et l’appréhender au besoin. »
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Messagepar Phèdre Roncia » 23 Avr 2016, 23:13

Surveillant Lora du coin de l’œil, sans pour autant aller l’interrompre, ne la sentant pas en danger avec son interlocuteur, je restais en retrait, jetant parfois des coups d’œil à Morzan, et parcourant la foule de mes sens, par principe, toujours sur le qui-vive. Mieux valait ne pas s’endormir… Pourtant, je dû baisser ma garde, il ne pouvait en être autrement quand je sentis un tiraillement soudain dans le prolongement de la colonne vertébrale. Vive et leste je manquais de refermer mes mâchoires sur les doigts audacieux, mais ne rencontrais alors que le vide quand le serpent s’en alla voir ailleurs. Je le cherchais pendant quelques instants des yeux, respirant à plein poumons sans rien percevoir de probants… Si je l’attrapais, je lui apprendrais à être aussi téméraire.

Piétinant, piaffant sur place, je ne m’aperçu pas immédiatement de la disparition de ma filleule, ce n’est qu’en sentant une présence derrière moi, terriblement familière et me paraissant comme tangible que j’en fis le constat. Un ordre, une remontrance résonna à mes oreilles alors que naissait en moi un terrible sentiment d’urgence.

Un mouvement de la tête, pour le voir, m’assurer de sa présence, et le Lion s’évanouit doucement, comme un rêve retombant dans l’irréel… L’avais-je rêvé ? Pourtant… Ma Broche, à ma gorge me brûlait de plus en plus, comme chauffée au rouge. A mon épaule, là où la main puissante et léonine s’était posé se ressentait une brûlure qui me paraissait tout sauf illusoire.

Lora.

Je devais la retrouver, sur le champ. L’emmener, retourner à la Villa…

Mais où était-elle ? Ne laissant pas la panique m’envahir, je décrochais fébrilement ma Broche de mon cou, me concentrant sur le lien m’unissant à mon Maître, à ses enfants, et en cet instant particulier à Lora. Puis déposant l’oiseau précieux dans le creux de mes paumes jointes, je murmurais, en une douce ferveur, attendant un signe, n’importe quoi. Comme lorsque j’avais pénétré pour la première fois dans le ardin de la Villa, sans qu’on ne m’en ait indiqué le chemin, seulement guidée alors par mon besoin de trouver le Lion, et mes oiseaux de pierres et de sang en guise de boussole. Je croyais, m’abandonnais à ce lien unique. L’oiseau chauffé au rouge par quelque magie m’amènerait à ma filleule et protégée. Il le fallait. Mon cœur battait à tout rompre, le sang affluait en mes veines face à cette urgence.

« -Vole et montre moi, mon bel oiseau. Vole et indique moi le chemin. Amène moi à Lora, où qu’elle soit. »

Doucement, l’oiseau s’ébroua, ébourrifant ses plumes dorée comme semblant doté de vie. Et il s’éleva dans les airs, battant de ses ailes précieuses, au dessus de mes paumes, jamais très loin. Vive, je le suivis sans plus prêter attention à l’environnement. J’avais une mission, un but à remplir.

Parcourant la salle, je sentais un frémissement le long de mon flanc, mon Rossignol gravé à même ma chaire se réveillant, s’agitant doucement à mesure que je me rapprochais de ma Filleule. Soudain une porte, la fragrance de la jeune fille et celle, mâle de son interlocuteur. L’oiseau d’or vint se nicher dans ma paume, refroidit et s’immobilisant après m’avoir jeté un regard éclatant de sa pupille de Rubis. Décidée, je le raccrochais à mon ruban de soie, au creux de ma gorge malmenée par l’incandescence du métal puis appuyant contre le battant, j’ouvris la porte, la faisant claquer contre le mur et entrant d’un pas fier et prête à me mettre en danger si le besoin s’en faisait sentir pour la sortir de là.

« -Mon Seigneur. Pardonnez cette interruption sans doute mal venue, mais j’ai reçu l'ordre de ramener Miss Boyle en ses Quartiers. »

Je m’inclinais respectueusement, sur mes gardes face à l’homme assis devant la demoiselle. Je sentais le danger, à présent, et la mise en garde résonnait encore vivace au creux de mon oreille. Je me devais d’être vigilante. D’un geste, je me défaisais de ma veste pour la déposer d’autorité sur les épaules de ma protégée. Qu’elle soit ainsi dévêtue ne me paraissait pas normal, elle me semblait vulnérable, en cet instant, bien que la sachant parfaitement apte à user de sa puissance pour attaquer, ou de sa forme d’ocelot pour acquérir vitesse et force du félin.

« -Lora, je dois te ramener à la maison. »

Ma voix est rauque par la chaleur subit peu de temps auparavant, et à ses yeux, comme un appel muet à me suivre, mon oiseau de métal s’ébouriffa distinctement, alors que je lui faisais directement face. Prenant sa main, ne faisant cas de ma poitrine seulement vêtue d’une lingerie de dentelle noire, je la menais à la porte, à l’affût, n’osant tourner vraiment le dos au Seigneur, au cas où. On ne tourne jamais le dos à l’adversaire.

Alors que je tentais de préparer la suite, m’attendant à de la résistance d’une part ou d’autre, je repensais à cette intervention… Je pressentais qu’il n’était pas vraiment là… Etait-ce qu’une illusion ? Ou bien une manifestation de ce lien particulier qui m’unissait à Lui et que j’avais transféré à ses enfants ? Comment cela fonctionnait-il ? Et mon bel oiseau d’or… Je ne l’avais encore jamais employé de cette manière.. Fallait-il un cas d’urgence pour que cela se fasse ? Arrivées devant le seuil, je me penchais vers l’oreille de Lora, lui murmurant quelques mots, qu’elle seule les entende.

« -Mes Rossignols se sont réveillés. L’ordre vient de ton père… Où du moins de ce lien m’unissant à lui, à ton frère et toi. Je t’en prie, il faut que nous partions en vitesse. Maintenant. »

Murmure doux et vif, empreint d’urgence et d’autorité dont je n’usais que rarement, laissant généralement Lora décider. Mais un ordre était un ordre, et en piaffant ainsi, en hésitant désormais maintenant que je l’avais retrouvée, j’avais l’impression fugace de désobéir, de tergiverser trop longuement alors que je pourrais la traîner jusque la Villa, en sécurité. Je la servais et elle me commandait. Je rechignais pour cela à prendre les devant totalement.

Les habitudes ont vraiment la peau dure.
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Messagepar August » 24 Avr 2016, 22:15

Le nez de Connor pissait du sang, et Connor lui-même était avachi sur une chaise dans un coin du sous-sol. Il grognait alors que Maggie, toujours bienveillante envers les membres de l'IRA quand ils utilisaient la cave du Green Fairy, tentait de le soigner. C'était August qui avait frappé le garçon, quand il avait balancé le nom du pêcheur alors que la question de savoir qui allait se coltiner l'attentat avait été posée. Ca avait fait ricaner les autres, rire Johnny, quand le jeune terroriste avait même essayé d'imiter le marin vêtu d'un costume, à marcher comme un pingouin et mal à l'aise. Je suis propre et je sens bon, j'ai des vêtements en bon état ! Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ! Avait fanfaronné le garçon. Alors son nez s'était pris le poing d'August, qui avait fusé en un rien de temps, pour se retrouver le cul par terre. Et si personne n'était intervenu pour les retenir, pour les calmer, il y aurait sans doute eu des dégâts plus importants.

Mais le problème était que Connor était une belle gueule. C'était du charisme et une certaine prétention qui parvenaient à le faire être populaire malgré son statut d'ouvrier. C'était celui qui s'était porté volontaire pour que tout soit mené à bien. Pour être le messager de la cause. Il leur fallait une belle gueule, et avec le nez en sang (et probablement cassé), ça n'allait pas être évident. Alors ils avaient cherché, August et les camarades. Faisaient la liste de ceux qui seraient capable de ce que devait faire Connor. Des minois les plus potables. De la prestance la plus ordinaire pour se fondre dans la masse.

Et puis il y avait eu un prénom. Peter. C'était encore un étudiant, et il n'avait rejoint les rangs de l'IRA que depuis quelques mois. Un gosse de richard. L'héritier d'une compagnie, qui avait décidé de s'intégrer aux révolutionnaires uniquement pour s'opposer à son PDG de père. Un sale gamin en pleine crise d'adolescence qui boudait pour un rien. Et ce môme, August et Johnny l'avaient désigné volontaire, à coups de tapes dans le dos et de pintes de Guinness. D'encouragements et autres mots bidons pour le faire se sentir grand et l'obliger à accepter. A céder devant les flatteries et les longs discours du Johnny, appuyés alors par les grognements d'approbations et les hochements de tête réguliers de son second.

Et le gamin avait fini par dire oui, par bien vouloir être le Monsieur Loyal du spectacle. Il avait résisté le bougre, donné du fil à retordre à Johnny qui avait fini par avoir du mal à trouver les mots nécessaires, efficaces, pour que le Peter veuille bien participer à l'attentat. Et au moment où le nom de Moira lui avait traversé l'esprit, au Johnny, c'était August qui l'avait prononcé. S'tu l'fais pas pour nous, fais le pour Moira, c'lui plaira, t'lui tap'ras dans l’œil, elle finira par t'r'marquer t'verras, avait marmonné dans sa bière le pêcheur. Au sein de l'organisation terroriste (et même pour les habitués du Green Fairy) le fait que le gamin en pinçait pour la Banshee était connu. Bien connu, même, puisqu'ils étaient tous les deux charriés là-dessus. L'héritier d'une entreprise centenaire qui était amoureux d'une terroriste, et la Banshee qui avait un admirateur. Ah, une bonne paire. Cocasse, comme situation, qui faisait ricaner les plus vieux aux dépends des gamins qui, eux, ne s'en amusaient pas.

Le gamin s'était habillé en conséquence pour la soirée, et on l'avait empêché d'y aller avant l'heure prévue. Pour ne pas prendre le risque qu'il oublie, ou s'amuse un peu trop et fasse tout foirer. Tout était prévu, chronométré, et être à la bourre sur la moindre étape entraînerait un retard considérable. Et une attaque mal faite. Foireuse. C'était pour cette raison que le gamin pouvait entendre August lui râler dessus au travers de l'oreillette qu'on lui avait coincé dans l'oreille, et les deux activistes qui accompagnaient le môme en étaient capables eux aussi.

Peter marchait devant, ouvrait la voie, et derrière lui les deux autres terroristes poussaient un chariot, ceux qu'on trouvait dans les hôtels quand le groom montait de quoi se restaurer. Ou dans les restaurants gastronomiques quand le serveur apportait quelque chose d'énorme. Un chariot, donc, avec une jolie petite nappe blanche, toute propre, sur le dessus. Et posé sur le meuble à roulettes, il y avait un paquet. Tout aussi énorme. Les gars avaient du mal à voir au-dessus du papier rouge orné de ce gros nœud au liseré rouge et or. C'était trop. Trop ostentatoire, trop chic, trop ridicule. Trop cher aussi, et rien que de se souvenir du prix que le paquet, intérieur et emballage compris, avait coûté faisait grincer des dents August.

On en arrivait à la meilleure partie de la soirée. Là, en plein milieu des invités, le chariot et les deux terroristes qui le poussaient s'étaient arrêtés. Et Peter, le gamin, lui, s'était hissé dans les hauteurs. Assez pour que l'on puisse le remarquer, et l'entendre frapper dans ses mains pour attirer l'attention des convives.

Mesdemoiselles, mesdames, messieurs ! Je vous demande toute votre attention juste un instant !

Il avait continué à taper des mains, à applaudir seul, tandis qu'il parlait, et ce n'était qu'une fois certain d'avoir les yeux de tous les invités (ou au moins la majorité), et du personnel, braqués sur lui qu'il avait arrêté.

J'espère que vous me pardonnerez de vous interrompre ainsi, mais j'ai un message de la plus haute importance à délivrer, et un présent à offrir !

Dans l'oreillette, la voix d'August qui lui disait de continuer. D'y aller doucement, de prendre son temps pour parler que tout le monde comprenne, saisisse le message. Ils étaient bons, ils étaient dans les temps. Mais les doigts du marin le démangeaient, et il avait hâte d'en terminer. Peter, lui, de son côté, avait saisi une coupe de champagne qu'il levait à la foule, alors que ses acolytes avaient déballé le paquet. Il leur avait juste suffit de tirer chacun une extrémité du ruban pour que le paquet s'ouvre. Et laisse découvrir une énorme pièce montée de plusieurs étages, bourrée de crème blanche, de petites fleurs en pâte d'amande de couleurs diverses, et surmontée de bougies. Leur nombre n'était pas semblable à l'âge de Clair (après tout, c'était impoli de révéler l'âge d'une dame), mais bien supérieur, puisque chaque étage était blindé du nombre maximal de bougies possibles, sans qu'elle fasse fondre la crème.

Puissions-nous tous se souvenir de cette charmante soirée, tandis que je souhaite un joyeux anniversaire à notre hôtesse, et lui offre ce gâteau... de la part de l'IRA !

Le pouce d'August s'abattait sur le détonateur de la bombe placée au cœur de la pièce montée à la seconde où le gamin avait achevé sa phrase. Une bombe artisanale, peut-être dosée un peu trop fort, qui avait englouti tout le Cabaret et les personnes qui s'y trouvaient dans son explosion. Au loin, perchés sur un balcon, Johnny et August observaient les flammes et la fumée s'échapper du lieu de la fête en s'échangeant une cigarette. Ils ne savaient pas combien il y avait de morts, combien il y avait de blessés. Ni dans combien de temps les sirènes Opales et Améthystes arriveraient. Mais ce qui était certain, c'est que des trois terroristes envoyés, deux étaient revenus. Ceux qui avaient poussé le chariot, puisque partis une fois le paquet déballé. Peter, lui, était mort dans l'explosion, alors pauvre victime de l'IRA et sa cause. Et là-bas, de leur point d'observation, August et Johnny étaient silencieux. Ils n'avaient dit mot autre que le « C'était nécessaire. » de Johnny, répété par son second.
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Messagepar Sesthia Al'Saës » 25 Avr 2016, 10:36

Cette fête commençait à lui taper sur le système, sans qu'elle ne sache réellement pourquoi. Était-ce le fait que tout le monde s'amusait alors que derrière les rideaux, la crasseuse Londres laissait entrevoir ses méandres de désolation ? Il y avait probablement un peu de ça et un peu d'autre chose très probablement. Assez, elle en avait assez. De la musique, de ce crétin qui était venu l'emmerder et qu'elle avait bien envie d'estropier. Elle en avait assez de tout ça. Franchement, l'enquêtrice avait autre chose à faire que de s'amuser, on l'attendait autre part. Elle n'eut pas le temps de le dire à Morzan qu'il prenait déjà la parole. Lui parlant de quelqu'un qui avait disparu. Elle le regarda un instant, se demandant si s'était pour cela qu'elle était là aujourd'hui.

« Je suis encore et toujours enquêtrice oui. Cependant, j'ai pas mal de chose à faire. J'ai plusieurs dossiers qui m'attendent sur mon bureau et je dois bien avoué que si on ne m'avait pas obligé à venir ici ce soir, je ne serais pas venue quoi qu'il arrive. Je suis désolé. »

Pas qu'elle n'en avait pas envie, mais ces derniers temps, trop de personne avaient des demandes, toutes plus différentes les unes que les autres et les dossiers ne cessaient de s'entasser sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit pour enrayer le tout. À croire qu'il allait bientôt lui falloir un assistant ou une assistante pour pouvoir l'aider à tout résoudre te donner satisfaction à tout le monde. Sans compter que voilà, elle avait aussi pas mal de chose à réfléchir de son côté. Un bref soupir passa ses lèvres, alors que Morzan partait aider une amie à lui. Pas de souci, de toute façon elle ne comptait pas rester encore très longtemps. Rien de ce qu'elle avait vu ce soir n'avait eu envie de la faire bouger, ce n'était probablement pas maintenant que cela allait s'arranger, enfin bref. Mieux valait ne pas trop se prendre la tête, ça n'avait pas réellement d'importance de toute façon. Une fête n'était qu'une fête. Le reste... Elle vit cependant revenir Morzan avec une jeune femme qu'elle ne connaissait pas du tout. Pas étonnant si celle-ci n'avait pas cherché son aide, elle doutait fortement de s'en souvenir. Et puis, généralement, elle était surtout cantonnée dans le quartier Améthyste. La jeune femme posa donc son regard acier sur l'autre, la salua d'un signe de tête.

« Ravie de vous rencontrer. »

Ouais, bon d'accord s'était peut-être vite dit, mais peu importait n'est-ce pas ? Ici, on voyait beaucoup de gens, beaucoup trop très probablement et puis de toute façon.... Personne ne se formaliserait de son attitude non ? L'Améthyste était connu pour sa froideur, sa rigidité, son sens du devoir et de la corruption dans ses rangs. Ça lui fit grincer les dents. Elle laissa tomber un instant, reportant son attention sur des personnes qui venait d'entrer dans la salle avec un énorme paquet. Un paquet ? Pourquoi s'il s'agissait d'un présent, ceux qui poussaient le chariot semblait si agité. Et puis les applaudissement d'une personne qui mettait fin au différentes conversations. Les regards se tournèrent vers lui et l'enquêtrice laissa le monde s'effacer sous son regard pour réapparaître coloré. Son regard totalement blanc parcourut alors la salle. La combinaison télépathie et empathie faisait de nouveau son effet. Elle regarda le jeune homme. Ambition, secret, et quelque chose d'autre qu'elle n'arrivait pas à démêler. Un brin de colère entrelacer avec quelque chose d'autre... elle laissa tomber et regarda alors les deux types qui avaient finalement déballé le cadeau. Un énorme gâteaux était présent. Mais quelque chose dans les couleurs qui les représentais était inquiétant, sans qu'elle ne sache réellement. Elle ne prit pas la peine de creuser plus loin, attrapa le bras de Morzan d'une main et celui de son amie de l'autre.

« Faut qu'on bouge. Reculez vite.... »

Elle n'en dit pas plus les faisant reculer le plus possible. Ils étaient loin du centre de la salle, mais elle savait que quelque chose clochait. Et alors qu'il finissait de dire IRA, le gâteaux explosa. Le souffle de l'explosion les propulsa. Sesthia les lâcha tous les deux tant la force les entraîna sans qu'elle ne puisse rien faire d'autre. Elle valdingua jusqu'à l'un des piliers, le heurtant violemment et sentit le crac d'une côté qui se brise sous l'impact. Elle chuta ensuite lourdement sur le sol. La combinaison lui échappa, elle tenta de se relever et grimaça. Son crâne la vrillait, elle sentait le sang dans sa bouche et visiblement, respirer lui demandait plus d'effort que d'habitude. Il y avait probablement plus d'une côté de pété au vu de la douleur qu'elle ressentit en tentant de se mettre debout. Mais elle n'avait pas le choix. Elle se retrouvait au moins non loin de l'entrée, un plus. Elle se souleva avec peine, s'accrocha au reste du pilier pour stabiliser son monde. Ne pas les lâcher, ne pas les lâcher. Lorsqu'elle se sentit un peu plus prête, elle regarda autour d'elle. Du sang, des corps ensanglantés, découpés, mutilés. Putain, s'était quoi ce bordel. Elle tenta de chercher Morzan ou Nyx, mais avec toute la poussière, elle ne trouva personne. Elle-même était écorché de partout, du sang coulait de ses lèvres, elle était dans un sale état. Elle porta une main sur ses côtés et gémit de douleur. Bordel de merde. L'enquêtrice tituba vers l'extérieur. Il lui fallait de l'air, sans cette poussière. Elle sortit son téléphone de sa poche, l'écran était cassé, mais avec un peu de chance. Oui, ça fonctionnait. Elle composa rapidement un numéro.

« Un attentat de l'IRA au cabaret. Faites vite et appeler l'Opale, il vont avoir un boulot monstre. »

Elle soupira, reprit un instant sa concentration tant bien que mal et tenta de retrouver les colorations particulière qu'elle avait remarqué ce soir. Elle était toute seule dehors pour l'instant, mais elle entendait déjà les sirènes de loin. Son regard blanchâtre se porta sur le monde, elle n'avait plus assez de force et sa vision bascula. Merde... Elle ne voyait rien de particulier d'ici. Elle ne voyait rien du tout en fait. La douleur lui vrillait les côtes, les tempes. Ses oreilles sifflaient encore de l'explosion. Elle finit par s'asseoir. Merde, qu'est-ce qui s'est passé et pourquoi un attentat sérieux... une fois assise, elle remarqua que la douleur était encore pire, mais ses jambes n'arrivaient plus à la soutenir. Elle se laissa donc là, attendant les secours, elle ne pouvait rien faire de plus.
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Messagepar Morzan O'Faolain » 25 Avr 2016, 22:30

Les sens aux aguets, repérant bien vite un individu jouant les troubles-fêtes, tu discutais avec Sesthia, jeune enquêtrice de l’Améthyste, glissant dans la conversation cette étrange disparition, et cette lettre mystérieuse… Mais si tu pensais parler à la bonne personne, tu n’éveillais visiblement pas son intérêt pour la chose, alors qu’elle faisait remarquer avoir d’autres dossiers, d’autres demandes lui demandant tout son temps. Soit.

« -Bon courage pour tout ce travail, alors. Tu n’as pas à être désolée, il faudra sans doute qu’on cherche par nous même. Merci en tout cas. »

Vigilant, tu remarquais le plaisantin importuner une amie à toi, et t’excusant auprès de ton interlocutrice, tu allais jouer les chevaliers servants, lui proposant ton aide pour tenter de diminuer les dégâts causés aux bretelles de son vêtement par cet individus des plus douteux, puis l’accompagnant, vous voici tous deux auprès de l’Améthyste. Tu ne sais pourquoi, mais tes sens sont aux aguets, sans doute exacerbés par l’appel du devoir. Tu es ici en tant qu’agent de sécurité, garde du corps de la Patronne des lieux. Alors tu te dois d’être vigilant à toute action douteuse. Pourtant, un chariot est amené vers le centre de la grande salle des festivités… Ce n’était pas prévu au programme… Tendu, sentant le danger au moment où Sesthia vous faisait reculer tous les trois, tu ne peux que les entourer de tes bras puissants, tournant le dos à l’explosion pour tenter de les protéger aux mieux. Pourtant, le fracas et le souffle vous sépare, et tombant au sol, tu roule difficilement pour te relever, les oreilles sifflant du bruit perçu, la vue troublée par le flash produit… Toussant sous l’amas de poussières, tu parvins à te redresser non sans mal, endolori et le dos présentant un certain nombre d’échardes, d’éclats de verre. L’uniforme d’agent de sécurité t’aura sauvé la vie, mais il ne sert plus à rien désormais. Une fois stabilisé, et pouvant y voir à peu près, tu cherche tout d’abord Nyx et Sesthia des yeux. Tu aperçois l’Améthyste allant au dehors parmis les premiers, d’un pas incertain. Puis tu trouve Nyx, allongée au sol, non loin de toi. Doucement, avec précaution, tu la soulève dans tes bras, allant au dehors, loin de cet enfer de sang et de gravas. Tu arrive près de l’enquêtrice, et tu dépose à ses côtés la demoiselle Emeraude, demandant à Amarok de veiller sur les deux demoiselles.

« -Tu n’as rien de cassé, Sesthia ? Amarok va rester auprès de vous. Ca risque d’être la débandade pour sortir de là… »

Levant le regard aux cieux, tu commandes au vent de venir souffler doucement, pour rafraîchir l’air et faire se dissiper les poussières et cendres empêchant de respirer. La pluie aussi, répondit à l’Appel de ton pouvoir, venant en délicatesse imbiber le moindre morceau de charbon incandescent, la moindre petite parcelle de métal brûlant, que l’incendie se meure avant que les secours ne viennent. Puis une fois satisfait, laissant le temps et les éléments faire leurs œuvres, te voilà appelant à la Meute, que tes proches viennent à toi. Une fois, deux fois. Puis une troisième. Ton hurlement est rauque, de celui d’un loup dominant, un Alpha ordonnant le rassemblement. Tu en as la carrure, oui, et doucement, au fil des années, tu apprends à forger tes propres armes. Bientôt, tu pourras succéder avec honneur et fierté à ton Père.

Au troisième Appel, tu entendis non loin la voix de ta tante. Au moins la savais-tu en vie. Puis quelques instants après la voix grave de ton Père, celles plus hautes de tes sœurs, de ta mère, et la venue enfin de cette famille recomposée arrivant vivement. Enfin vous pourrez secourir efficacement les victimes.

« -Merci d’être venus aussi vite. Une explosion, revendiquée par l’IRA… Avec la foule, je n’ai rien vu venir. Mes sœurs, pouvez vous prendre votre forme lupine et chercher les victimes ensevelies ? Vous êtes plus légères que nous, et plus agiles. Père, Derek et moi iront enlever les décombres, usant de notre force pour enlever ce qui peut l’être. Mère, Lunia…. Pouvez-vous endiguer le chaos que cela va entraîner ? Ils risquent de se piétiner pour sortir, il faudrait le faire dans le calme, si possible. Et, Mère, Phèdre va bien, elle doit être en train d’aider sa filleule à sortir de là. »

« -Et s'il y a des morts? Que faisons-nous? »

Les jumelles parlant d'une même voix posaient une question adéquate, vu le sombre décors...

«-Il y en aura, sans doute en très mauvais état. Il nous faudra les déposer dans un coin sécurisé, que les dépouilles puissent être identifiées, et remises aux familles. Tant qu'on peut dégager des personnes, vivantes ou non, nous le ferons, en attendant les secours compétents, et sans nous mettre en danger. D'accord?»

Elles hochèrent alors du chef, en concert, le regard sombre. Soupirant de frustration, tu souriais malgré tout en remerciement à leur acceptations de ces consignes, et rejoignis donc l’intérieur, voyant plus nettement l’étendu du carnage. Du coin de l'oeil, tu surveillais tes soeurs, Cara, l'aînée ainsi que les jumelles, tes cadettes, Viane et Flora se transformais en de belles louves, d'environ 1m50 au garrot pour les deux plus jeunes, au pelage de cendres, et 1m80 pour l'aînée arborant elle un pelage anthracite. Elles se mirent toutes trois au travail, se séparant pour flairer, gratter doucement et habilement. Remus, votre Père ainsi que Derek, époux de Cara te prêtèrent main forte comme convenu pour enlever ce qui pouvait l'être, sans blesser plus les victimes. Il faudrait quelques temps pour désencombrer, rebâtir…. Cheminant difficilement parmi les gravas, tu dirigeais les valides vers tes mères, qui les aideraient au mieux, puis tu cherchais quelqu’un en particulier, son absence t’inquiétant… Tu la vis pourtant, debout et peut-être un peu choquée, mais d’un regard, d’un souffle de son don, elle t’indiqua de t’occuper des blessés sans te préoccuper d’elle, pour le moment. Sourire aux lèvres et poings sur le cœur, tu t’inclina devant la Reine du Cabaret avant d’aller vivement vers Flora qui avait repéré une victime coincée par une poutre. La déplaçant avec ton Père, tu parvins à dégager la femme, l’aidant à se remettre debout et lui indiquant la sortie d’un ton rassurant. Surtout que la panique n’envenime pas les choses.

Combien de temps passa ainsi ? A sortir les blesser, les rassurant, les guidant dans le calme assez relatif vers la sortie pour attendre les secours qui ne tarderaient pas à arriver ? Peu importe. Concentré sur la tâche, tu réfléchissais, marmonnais tout bas, mécontent de la tournure des événements. Cela n’aurait jamais dû arriver. Quand tous seraient partis, tu irais sans doute voir le point d’impact de plus près, tenter de sentir quelque chose. Peut-être que plus de lupins, Hybrides comme Lycans dans l’équipe de surveillance pourrait permettre d’éviter ce genre de mauvaises surprises.
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Messagepar Dante Sambre » 27 Avr 2016, 21:43

Point de coupe dans la main du Seigneur, qui avait alors ses doigts entrelacés entre eux. C'étaient trois yeux qui ne quittaient le corps de Lora, trois yeux braqués sur son corps ondulant de petite chatte. Et si le regard du patriarche Sambre errait sur les membres tendus et enroulés, l’Oeil Infernal qui surmontait sa chevalière, lui, restait parfaitement immobile. La pupille brûlait son doigt, incendiait sa peau en écho au monstre encagé qui désirait sortir. Ca vibrait, dans le torse du Seigneur, qui pouvait alors sentir sa bête dérouler son aura derrière lui. Se présentait même cette sensation de ses tentacules vicieuses s'enrouler autour de son propre corps, glisser sur lui comme sur de la glace comme une tentative pour s'éloigner de lui, s'en libérer. Echapper à la poigne du Lord et de sa retenue.

La dévorer, la dévorer. Litanie incessante à l'esprit de Dante qui bridait l'immondice en lui, prête à bondir au moindre relâchement. Et c'était pour contenir son démon que le Lord ne cessait guère d'entrelacer ses doigts, et d'en faire souffrir ses articulations, l'espace entre chaque tendon à force d'asséner une pression sur ses mains pour ne point céder. Il en tremblait, de sentir la gueule du Démon grogner, aboyer en lui, et tenter de ronger les liens qui le retenaient au bon sens du Seigneur. Pour ne plus être qu'une simple ombre projetée, une extension de son être qui vivait dans son ombre.

Il désirait la faire trembler, s'exalter sous lui, et ôter toute expression de son visage. Qu'il serait plaisant de voir se cambrer de désir la fille d'Anafiel, la faire baver sous les assauts furieux et assoiffés du Seigneur à cause de ses tentacules fourrés d'autorité entre ses lèvres alors qu'il l'étranglerait. Et la faire tendre son cul rougi, la forcer à réclamer la queue du Lord plus qu'il ne lui offrait déjà. Lui faire mal, la faire pleurer de tirer sur ses piercings et râper ses tétons sur un quelconque tapis. S'accoupler comme un animal plutôt que de la prendre comme un amant, et la forcer à lui baiser les pieds. Lui faire comprendre qu'on ne jouait point au chat et à la souris avec le patriarche Sambre. Qu'il avait passé l'âge, et qu'il perdait patience devant les jeux de provocation de la part d'enfants. Surtout lorsqu'il ne s'agissait pas là de sa progéniture, mais de celle d'un autre. Certes, il aimait ses filles lorsqu'elles étaient dans les âges de Lora. Certes, cette dernière avait réussi à lui soutirer quelques sourires. Mais il en avait assez, de ces préliminaires et de cette séduction incessante sous ses airs de jeu.

Les doigts du Lord s'étaient égarés sur la peau de la jeune Boyle. La pulpe de ses doigts frôlait à peine le derme en sueur, pour ne point effrayer la petite chatte qui se trouvait sur ses genoux. Il avait souri. Lui avait répondu que l'Hydre qu'il était pouvait encore se muer avec rapidité, et parvenir – peu importait le moment et comment – à attraper une féline jouant les acrobates. Car Dante étaient de ceux qui usaient tous les moyens vicieux possibles pour parvenir à leurs fins. Point d'honneur pour le Seigneur, ni de quelconque fair-play. Uniquement de la tricherie et de la manipulation. Petits pièges et tâches déléguées aux sous-fifres pour mieux en profiter soi-même, pour mieux en récolter la gloire.

Et la poigne de ses mains s'étaient raffermie sous les mots, tandis qu'il égarait son visage dans le cou de Lora. Inspirer l'odeur de sueur, et ouvrir la bouche pour en laisser sortir cette langue infernale. La gueule était béante et laissait dégager cette odeur de souffre caractéristique de ces créatures d'ailleurs. Celles de ce monde en dehors du leur, invoquées pour le bon plaisir d'une famille. Et cette langue, longue et fine comme un serpent dentelé, dardait sa pointe en dehors des lèvres du Seigneur. Une goutte. Juste une goutte de sueur, et la bête se calmerait peut-être, elle qui continuait d'étaler son ombre autour de Dante et Lora. Il faisait plier le Lord, le poussait à faire ce qu'il désirait. Alors juste une goutte de sueur, et non la bête ne se calmerait pas. Une goutte de sueur, récoltée de la pointe de cette langue de feu, et le monstre sortirait de sa cage, déchaîné, pour essayer de faire de l'Ocelot sa chatte à monter et dominer, à dompter sous la morsure d'une gueule dans le creux de sa nuque.

Mais il y avait eu la louve. La louve et son entrée qui avait surpris le Seigneur, et retranché au fond de lui sa bête. Plus d'ombre monstrueuse, étalée de tout son long sur la surface, aux yeux luminescents ; seulement la silhouette d'un homme. Terminés, les tentacules et cette langue d'animal dardée pour récolter les perles de sueur. Il ne restait que Dante dans toute sa splendeur de Patriarche. Calme, le visage éloigné de la peau de Lora ; mais toujours ses mains qui englobaient ses fesses.

Et bien vite, le fauteuil fut vide. Déserté de la jeune Boyle, à l'instar du Seigneur. Que ses genoux lui semblaient bien froids sans Lora, et ses bras vides. Pourtant, Dante n'en fit point une affaire. S'il était des vicieux et des pleutres, roi des damnés et des coups bas, il excellait dans le jeu des apparences et de cette politesse mielleuse si poussée que l'on pouvait sentir le sucre de sa voix couler sur sa peau.

Je confie donc Miss Boyle à vos soins, avait alors répondu le Seigneur à la louve, non sans retrouver une certaine convenance des apparences.

Quant à vous, Lora, j'espère que nos chemins se recroiseront. Passez une bonne soirée, mesdames.

Puis ce fut l'explosion. Pulvérisée, la statue sur laquelle avait dansé Lora ; brûlé, ce fauteuil qui avait accueilli la Boyle et le Seigneur. Quant à ce dernier, il ne put qu'être projeté sous le souffle de la bombe.

Douloureux. Que c'était douloureux, pour le patriarche, de se relever. Lui qui, alors, était blessé à la jambe et voyait l'un de ses bras couvert de brûlures. Des cloques, alors formées sous la chaleur étaient visible à travers les lambeaux de son costume. Quelle prestance, pour le Seigneur, ainsi blessé et au visage bleui sous l'impact de la projection. Il s'efforçait de marcher comme si de rien n'était, comme si rien n'avait abîmé sa personne ni ses habits, toujours avec cette tête haute et cette prestance de rapace, à la jambe qui ne parvenait qu'à saigner plus à chacun de ses pas forcés par sa jambe aux muscles contractés.

De la porte, il ne restait plus qu'une charnière qui se balançait dans un grincement lugubre, sous le gré de l'air encore secoué, et de la pluie qui arrivait alors. Sous quelques décombres, autres gravats et miraculeuses œuvres d'art intactes, la Boyle et sa louve de compagnie.

Vous voilà tirée d'affaire ma chère, avait-il alors adressé à Lora sur le ton de la plaisanterie, tandis qu'il l'aidait à se relever.

Le Seigneur évoluait au travers des décombres, de ce qu'il restait du Cabaret, ses propres rescapées à ses côtés. Et tandis qu'il leur traçait un chemin à tous les trois, il sentait son monstre revenu dans son ombre, agité et à l'affût. L'odeur du sang, de la chair calcinée et du massacre le tentait, et le faisait de nouveau gronder. Mais point de tentation pour le Seigneur, qui alors se devait d'être maître de lui-même. Peut-être que si les loups n'étaient pas là, alors il se serait contenté de faire sortir Lora et la louve, pour lui-même retourner dans ce qui restait du Cabaret pour achever les blessés, et ainsi nourrir sa bête et la calmer. Peut-être. Mais il ne le pouvait guère. Ne lui restait plus, qu'alors, à abandonner la jeune Boyle aux bons soins de sa marraine. Et ce fut d'un baisemain – car jamais le Seigneur n'oubliait ses manières – qu'il souhaita pour la seconde fois une bonne soirée à Lora, tandis que les sirènes Opales et Améthystes continuaient d'éblouir les lieux, alors désormais silencieuses.
Dante Sambre
 



Messagepar Nyx Barrymore » 28 Avr 2016, 08:40

La soirée lui déplaisait de plus en plus alors que ce chenapan venait couper les bretelles de sa petite robe noir. Le feu lui monta aux joues, d'un mélange de colère et de honte à la fois. Jurant mentalement, elle du alors tenir sa robe d'une main afin de ne pas se retrouver nue, au cas où, elle avait toujours sa veste qui lui permettrait de cacher ses formes. Elle n'avait en aucun cas envie de se retrouver nue, aux yeux de tous.

Charmant ce garçon... Et décontracte toi un peu ! C'est vrai que les bretelles sont démodées !

Raide comme un piquet, elle sursauta à l'entente de cette voix dans son esprit. Si seulement elle pourrais, elle aurait déjà secouer son démon jusqu'à le rendre complètement confus. Ou bien elle se serait fait un plaisir de l'attacher à un poteau et de le fouetter jusqu'à ce que mort s'en suive. Et la voilà qui divaguait à nouveau. Elle roula des yeux en rouspétant intérieurement, ses deux sourcils venant se froncer, affichant un air renfrognée. Au moins avec cet air là, on lui ficherait la paix.

Elle se haïssait de penser à des choses aussi mal, mais avec cette entité qui occupait ses pensées et ce jeune homme qui avait bien faillis dévoilée sa nudité à toute la bourgeoisie de Londres, elle se sentais mal à l'aise et en colère contre elle même. Si seulement elle avait été sur le qui-vive et non pas préoccuper à chercher Morzan de son regard, elle aurait pu évitée ça... Mais il en était autrement.

Soufflant un bon coup tout en portant une main à son crâne, elle goutta l'un des petits fours qui était proposé, histoire d'oublier à quel point elle pouvait avoir honte. La nourriture était toujours le meilleur des remèdes et ces petits mets délicieux faisait l'unanimité face à son estomac. Elle se remit donc de ses émotions jusqu'à ce qu'une voix la sorte de sa rêverie.

Elle se retourna alors en direction de la voix et son regard d'émeraude pailleté de bleu s'agrandis alors lorsqu'elle aperçus l'homme qui lui parlait. Morzan. Il avait belle allure, grand et dont les muscles semblait se dessiner sous ses vêtements d'apparats. Ses yeux vairons qui s'étaient posé sur elle, fit surgir des souvenirs de leurs jeunes années. Où ils se fréquentaient discrètement entre les bibliothèques de l'académie magique, où l'un et l'autre se posait de temps à autre des regards timides. Puis des paroles aussi, beaucoup de soutient en vue de leurs natures plutôt incontrôlable.

Un sourire apparut sur ses lèvres et ses petites mésaventures furent aussitôt oubliée alors qu'elle s'approchait de lui, d'un pas beaucoup plus confiant maintenant qu'il était près d'elle. Auprès de lui, elle s'était toujours sentie en sécurité et maintenant qu'ils étaient adultes, rien ne semblait avoir changé. Comme s'ils étaient toujours entrain de se taquiner dans les couloirs de l'académie.

- Ravis de te voir Morzan. Et t'inquiète pas pour la robe, rien de grave, je survivrais, déclara-t-elle dans un sourire.

Ce que ça peut être ennuyant... Tu est bien trop fleur bleue ma jolie Nyx.

Elle aurait presque pu entendre un bâillement venant de son démon. Et à l'entente de celui-ci, son corps fut parcourus de frissons. Morzan ne savait pas ça. Il n'avait aucune idée qu'une bête noir de terreur se cachait en elle désormais, comment l'apprendrais-t-il si elle lui disait ? Il la rejetterais à coup sûr, personne ne voulait d'un démon dans sa vie. Surtout pas aussi maléfique que celui là. Elle ne pouvait pas lui dire, non, elle tenait bien trop à leur amitié pour lui dire cette chose là.

Un air abattu apparut sur son visage durant un instant, mais il s'effaça aussitôt lorsque Morzan lui présenta son bras. A la place, ce fut un sourire rayonnant qui égaya ses traits délicats. Elle fit glisser son bras bien plus frêle avec le sien, à ses côtés elle parut prendre plus d'assurance, en sécurité. Avec lui elle ne craignait rien, ni même son démon.

N'en soit pas si sûr...

Elle ne dit rien, mais n'en pensait pas moins. Un jour où l'autre, elle arriverait à dominer cette sale bête qui obstruait sa vie. Morzan l'emmena donc à la rencontre d'une belle jeune femme avec qui il semblait bien s'entendre, une enquêtrice. Il la présenta à elle, ainsi qu'à l'un de ses amis, peut-être un loup-garou tout comme lui ? Elle n'en savait rien, mais elle les salua d'un signe de tête timide avant de prendre la parole.

- Pareillement, dit-elle en répondant à la dite Sesthia.

Le regard d'acier de l'enquêtrice la troubla durant un instant. Elle semblait être aussi frigide que la glace, mais rien n'empêchait de faire plus ample connaissance. Après ce qu'il lui était arrivé, Nyx s'était toujours méfiait des premières apparences, on ne savait jamais ce que les gens pouvait cacher au premier coup d'oeil.

Soudainement, quelque chose d'autre attira l'attention de tous. Un homme venait d'arriver avec un chariot transportant un gâteau, un présent fait pour la maîtresse des lieux d'après ce qu'il disait. La pièce en tous cas avait l'air vraiment appétissante. Jusqu'au moment où la voix de son démon résonna en elle, lui glaçant le sang.

Va t'en Nyx, maintenant.

Ses yeux s'écarquillèrent. Sa voix était encore plus discorde qu'en temps normal, gutturale et imposante à tel point qu'elle en eut des frissons, remontant le long de son échine avant de la faire déglutir. Pourquoi devait-elle fuir ? Quelque chose était-il entrain de se passer ?

Va t'en ! DE SUITE !

A peine ces mots avaient-ils résonner dans son esprit que Sesthia avait attrapés la main de Morzan et de la sienne pour s'éloigner au plus vite. Comment avait-elle deviné ? Son démon lui avait souffler la même chose ? Était-elle capable de sonder le coeur des gens ? Mais elle n'eut pas le temps de se poser plus de question qu'elle s'envola dans les airs, lâchant la main de sa connaissance pour atterrir un peu plus loin dans la salle. Son corps chutant lourdement au sol, un bruit sourd, strident parvenait à ses oreilles sans qu'elle ne puisse le stopper.

Puis se suivit d'une odeur de souffre, il y avait de la chaleur... Du feu, beaucoup de feu. A l'intérieur de sa tête, il y avait une dizaine de tambours semblant en mouvement. Son regard flouté se releva avec bien du mal, elle découvris alors ses doigts, semblant avoir était écorchés à vif. Toute la peau de ses doigts semblait avoir était enlevé. Elle avait mal, atrocement mal et pourtant tant la douleur était grande, aucun son ne parvenait à sortir de sa bouche.

Relève toi Nyx ! Laisse moi te prêter ma force !

La voix de son démon ne passa pas inaperçu à travers ce chaos, mais bientôt ce fut les cris de tous ces pauvres gens qui la stupéfia. Des souvenirs surgir à nouveau en elle, le manoir des Barrymore en feu, les cris de ses parents qui se consumait par le feu à l'intérieur de celui-ci. Le chaos, l'atrocité... C'était à nouveau la même chose. Encore une fois, elle subissait sans rien ne pouvoir y faire. Son coeur était douloureux, cognant à toute allure.

Relève toi ! Tu va nous faire crever !

Elle n'écoutais pas, bien trop faible pour bouger ne serait-ce qu'un seul membre. Soudainement une paire de bras viens à nouveau la sortir de là. Morzan. Il était toujours là lorsqu'il le fallait. Une larme roula sur sa joue, sans aucun sanglots alors qu'elle se laissait aller aux creux de ses bras. N'ayant plus la force de lutter contre qui que ce soit, elle remercia le ciel d'avoir un ami aussi bon à ses côtés lorsqu'il la déposa à nouveau après de Sesthia.

La fumée se dissipa peu à peu lorsqu'elle ressentis le pouvoir de Morzan provoquer de petit picotement sur sa peau. Lui au moins, il possédait un pouvoir fabuleux, capable de contrôler la météo à sa guise, contrairement à elle qui n'était que ténèbres et destruction. Elle baissa son regard face au sol, ses membres engourdies alors que sa vue revenait peu à peu, au même titre que son ouïe.

Plus loin, ses yeux s'ouvrirent à nouveau de surprise lorsqu'elle découvris au sol, une bonne vingtaine de cadavres. Une mer de sang, des membres entremêler, déchiré, complètement pulvérisé. Elle ne put se retenir et se tourna alors, déglutissant avant de vomir les petits fours qu'elle avait ingurgité plutôt.

Regarde Nyx... Ouvre bien grand les yeux et voit ce que tu a toi même fait à tes parents. Réalise que tu n'est pas si différente de l'homme qui a fait ça...

Le regard baissé au sol, ses yeux s'agrandir à nouveau de surprise. Oui... Il avait raison. Elle même avait fait subir la même chose à ses parents. A nouveau, une larme roula sur son visage, alors qu'elle s'essuyait du dos de sa main sa bouche.

Je suis un monstre... J'ai reproduis la même chose avec mes parents... Et les monstres ne peuvent rester auprès de personne aussi compatissante.

Son regard s'était à nouveau poser sur Morzan qui s'efforçait d'en venir en aide aux autres personnes. Elle ne pouvait pas rester ici, non. Elle avait bien trop vu de choses qui lui rappelait son passé, sa douleur physique restait minime comparé à cette immense douleur qui résonnait dans son coeur. Elle se sentais sale, souillé, son âme dépourvue de la moindre trace de pureté.
Nyx Barrymore
 



Messagepar Arès Vasilios » 28 Avr 2016, 15:23

Elle jouait avec lui, avec la passion enflammée qui montait petit à petit en lui au fur et à mesure qu'elle lui montrait ses atouts les plus délicieux. Il se demandait réellement comment est-ce qu'il faisait pour ne pas céder et fondre sur ce corps qui ne demandait qu'à être pris. Quelque chose s'éveilla au creux de ses reins lorsqu'elle tourna sur elle même et il se pourlécha les lèvres tel un félin ayant trouver sa proie. Ce soir, il serait un animal complètement consumé par ses sens les plus primitifs. Et il allait lui donner tellement de plaisir qu'elle en perdrait ses cordes vocales. Serrant ses poings et se mordant la lèvre inférieur, il trouva bientôt sa main et celle-ci parvint à la guider dans l'obscurité pour les faire tout deux basculer dans une chambre aux teintes pourpres. La couleur de la passion, la couleur du feu.

Il observa un instant les lieux, mais son regard fut captivé par tout autre chose. Une parole, un nom, puis suivis d'un corps nu. Sublime. Sa robe glissa le long de ses courbes envoûtantes, son regard s'attardant sur chacune des parcelles de son corps qui se dévoilait face à ses yeux. Il se dit alors que c'était la fin et que désormais il n'allait plus pouvoir se retenir, tout son être entier allait aspirer à une seule chose, la rendre tremblante de désir pour lui. D'un geste brusque il enleva sa veste de cuir, la faisant voler dans l'un des coins de la pièce. Il la vit s'approcher, venant déposer un baiser tendre sur ses lèvres. Ce fut le geste de trop.

N'en pouvant plus, il l'attrapa par les hanches pour la retenir contre lui, avant de faire glisser ses mains sous son derrière rebondie afin de la porter. Quelques secondes plus tard, il la fit basculer sous lui, sur le lit baldaquin aux draps rouges. Pressé et au bord du gouffre, il écarta sans ménagement ses fines cuisses et ce qu'il y découvris lui fit lâcher un grognement. Il allait la prendre si violemment, si ardemment qu'elle ne pourrait plus marcher après ça. Il releva alors son regard vers elle tout en retirant son t-shirt noir qui ne tarda pas à rejoindre leurs vêtements aux sols.

Maintenant torse nu, il se pencha près de son visage et vint déposer un baiser dans son cou.

- Arès.

Ses dents mordillèrent alors le cou de la jeune femme et ses mains vinrent empoigner les seins de la belle. Ils avaient la taille parfaite pour qu'il puisse les empoignés comme il le voulait. Il lâcha un autre grognement de satisfaction à cette pensée et descendis le long de sa clavicule, traçant un chemin de baiser qui bientôt se termina sur la pointe de l'un de ses seins. Son souffle s'accélérant, il happa entre ses lèvres le bouton de chair rose avec avidité. Il avait faim de ce corps, si puissamment que son érection se retrouvait tendue contre son pantalon.

Mais soudainement, il se stoppa alors que des cris se faisait entendre dans la salle principale et il jeta un coup d'oeil à Caithleen. Quelque chose clochait et la chose en question, il ne la compris que bien trop tard, lorsqu'un nuage de feu se déversa contre le mur jusqu'à eux. Son premier réflexe fut rapide et clair, il se pencha au dessus de la jeune femme, se servant de son corps comme un rempart. Puis, il ne craignait pas les flammes, car ils les maniaient à sa guise et ne pouvais être brûlé par celle-ci.

En revanche le bruit net de l'explosion avait troublé son ouïe, manquant de peu de lui exploser ses tympans. Une brume de fumée avait obscurci son champ de vision et bientôt il ne tarda pas à tousser. La vue troublé et ses sens aux aguets, il attrapa le corps de la jeune femme et roula bientôt avec elle sur l'un des côtés du lit, leurs deux corps se retrouvant au sol.

Ses membres étaient engourdies, sa vue floutée et son ouïe complètement déstabilisée, mais pas question qu'il crève ici et qu'il laisse Caithleen dans ce chaos qui bientôt leurs parvint aux oreilles. Des cris d'horreurs, si strident qu'il devinait que dans la salle principale se trouvait dans un enfer sans nom.

Puisant dans sa force, il se releva en toussotant pour aller chercher leurs vêtements, un peu confus et à la fois en colère. Bordel ! S'il retrouvait le connard qui venait de casser complètement ses envies sexuelles il allait lui faire passer un sale quart d'heure ! Quelques secondes plus tard, il revint près de Caithleen, s'agenouillant auprès d'elle pour lui passer sa robe et poser sa veste en cuir sur les épaules frêles de la jeune femme.

- T'inquiète pas, j'vais t'sortir d'ce bordel, bouge pas, j'vais voir ce qui se passe, ok ?, lui dit-il d'un ton qui se voulait rassurant.

Ils ne se connaissaient qu'à peine, mais Arès ne pouvait pas la laisser ici, au beau milieu de cet enfer. Il se sentais responsable d'elle, même s'ils n'étaient qu'amants, pour cette nuit, il serait aussi son protecteur. Il sortis rapidement de la pièce, se couvrant le visage de son bras, attrapant à la volée son t-shirt qu'il enfila rapidement et se rendit dans la grande pièce.

Le feu venait de s'éteindre par une force, une magie puissante. L'endroit dont la beauté l'avait alarmé plutôt n'était plus qu'un immense tas de cendre et dont le sol était jonché par des dizaines de cadavres dont les membres avaient été arraché. Alors ça avait été bien une explosion, comme il le pensait. Des souvenirs douloureux surgir en lui, mais il les stoppa aussitôt, serrant ses poings en tentant de contenir son sang enflammé.

Se passant une main sur le visage, il revint vers ses pas pour revenir dans la chambre où Caithleen devait sûrement l'attendre. Il revint auprès d'elle, attrapant sa main pour l'aider à se relever, cherchant dans l'une de ses poches son médaillon afin de lui donner.

- Faut s'casser, si ces gens qui ont tout fait péter r'viennent à la charge on sera dans la merde jusqu'au cou.
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Messagepar Caithleen » 28 Avr 2016, 19:21

Si elle ne pouvait le voir, en revanche elle le sentait... Ce regard intense et brûlant qu’elle ressentait sur chaque courbe, chaque centimètre de peau offerte à sa vue. Elle en sentait presque la brûlure, l’envie, le désir. Ou peut être était-ce son propre désir qui semblait rendre incandescent de chaleur son corps...?

Elle entendit le son de vêtement brusquement retirés et jetés au sol sans ménagement, témoins de l’impatience grandissante de son amant. Alors qu’elle glissait doucement ses lèvres contre les siennes, elle su que c’était le geste de trop. Pour son plus grand ravissement. Il s’enflamma, ramenant son corps frêle contre le sien dans un geste brusque, lui tirant un léger gémissement. Pas de douleur non, pas plutôt d’expectative à ce qui allait suivre. Elle se sentit enlevée dans le air dans ses bras puissants, et bientôt le contact de draps de soie se fit sentir dans son dos nu. Sans résistance, elle lui ouvrit ses cuisses, l’accueillant entre ses jambes fines et blanches.

Elle ferma ses yeux opalins en le sentant enfouir son visage contre son cou, le goûtant sans réserve de ses lèvres avant de lui murmurer son nom tout contre sa peau.

- Arès...


Elle murmura son nom, comme un prélude, pour goûter à sa sonorité sur sa langue. Il semblait vouloir la dévorer sur le champ, ses mains la parcourant avec avidité alors qu’elle se cambrait, ses formes n’en épousant que plus les siennes. Il était à la fois brutal dans ses gestes et tendre lorsque ses lèvres embrassaient sa peau délicate, la faisant soupirer de plaisir alors qu’elles s’égaraient sur sa poitrine, faisant s’ériger ses mamelons.

Oh, que cette nuit était douce... Perdue dans l’ivresse de la soirée et des sensations se déversant en elle, entre eux, la rupture n’en fut que plus brutale. Caithleen s’était raidie quelques instant avant Arès, ses sens plus aiguisés captant le changement d’atmosphère sans qu’elle ne comprenne pour autant ce qui venait de se passer. Puis l’explosion balaya tout, faisant trembler le sol sous eux, vrillant les tympans si sensibles de la demoiselle. Sonnée par le bruit, elle ne pu que se réfugier dans l’étreinte protectrice que lui offrait le jeune homme, devinant vaguement qu’il semblait insensible à la chaleur des flammes. Quant à elle, la soudaine chaleur infernale la fit gémir, peur et douleur mêlées. Âcre, la fumée commençait à se répandre autour d’eux, envahissant sans vergogne leurs poumons, les faisant tous les deux tousser. Elle se résista pas lorsqu’il l’entraina au sol, ne souhaitant pas lui compliquer la tâche alors qu’il semblait vouloir la protéger. Docile, elle leva les bras alors qu’il lui repassait sa robe et une veste de cuir qui devait être la sienne, et hocha la tête à ses paroles rassurantes, un air faussement serein sur le visage.

- Je ne bouge pas.

Et elle se retrouva seule, au milieu des débris fumants de ce qui avait été une chambre du Cabaret de Rubis. Les flammes s’étaient essoufflées, ne laissant qu’une vague fumée grisâtre se disperser dans l’air ambiant. Machinalement, Caithleen posa une main sur sa poitrine, la où se trouvait en temps normal son catalyseur, son talisman. Elle ne l’avait toujours pas récupéré songea-t-elle avec un instant de pure angoisse. Elle était plus que jamais démunie. Qu’adviendrait-il d’elle si Arès ne revenait pas? Un moment de doute l’étreignit, avant qu’elle ne se ressaisisse. Un instant plus tôt il l’avait protégée de son propre corps contre les flammes. Il lui avait dit qu’il la sortirait de là, et elle se devait d’y croire. Ferma les yeux, elle se releva, et s’efforça de respirer calmement, prenant de grandes et longues inspirations avant de retrouver un semblant de sérénité. Tatonnant, elle fini par trouver un gravât suffisamment imposant pour qu’elle puisse s’y asseoir en attendant qu’Arès revienne.

Cela ne tarda pas, à son grand soulagement.Avec un soupir de contentement, elle passa autour de son cou le médaillon qu’il venait de lui rendre, levant un doigt pour lui intimer un instant de tranquillité. Et elle mis ses dons à l’oeuvre, véritablement. Le catalyseur se mit à luire d’une vive lumière bleutée, tandis que son regard d’opale se faisant encore plus absent qu’il ne l’était déjà. Elle remonta le temps, serrant de toutes ses forces la main du jeune homme dans le sien alors que les événements se faisaient clairs dans son esprit. La douleur et la terreur, le sang et les cris. Tant de cadavres déchirés et consumés par l’explosion... Son teint se fit grisâtre alors qu’elle chancelait sur ses jambes, avant de se ressaisir. Elle ouvrit les yeux.

- L’IRA... C’était eux. Ils ont fait rentrer une bombe... Il y a beaucoup de morts, je le crains.


Tirée en avant par son amant vers ce qu’il pensait être la sortie, elle freina des quatre fers en secouant la tête.

- Pas par là. Le feu couve encore, il va reprendre d’ici peu, nous risquons d’être piégés.


Un bref instant, son pendentif brilla de nouveau, et elle fit volte face, enjambant maladroitement une cloison effondrée pour déboucher sur un couloir de service.

- Par là. J’ai vu une entrée de service, nous déboucherons à l’extérieur plus vite comme ça.


Si il les sortait de là en un seul morceau songea-t-elle, elle lui offrirait autant de nuits de plaisir au creux de ses bras qu'il le voudrait...
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Messagepar Artyom » 29 Avr 2016, 16:33

Le renâclement à sa réponse sur son odeur souleva le drapé d’ébène de sa chevelure. Artyom ne sentait jamais vraiment la rose et sans résistance, suspendit sa lourde poigne au bracelet de ses longs doigts pâles qui le retenaient. Etrange cet ornement blanc sur le tissu rêche de sa peau, cette lumière qui l’accrochait doucement en taillant net les arrêtes de ses petits os féminins sur son articulation puissante. Ses ongles d’amandes sales sur ses veines tordues. Il avait l’impression qu’elle tenait une épée. Il avait l’impression d’être la garde. Il était tenté de vriller son poignet pour prendre le sien, juste pour se convaincre que la lame n’était pas de son côté. Mais surpris, le soldat avait juste dévié son regard interrogateur sur elle, courut les fils conducteurs de ses sourcils arqués pour rencontrer les iris peu siamois. Elle n’avait plus de nom à présent qu’il s’y était suspendu.

Quelque chose dans ce vertige de la prunelle noire l’avait retenu de glisser vers ses lèvres pulpeuses, gercées par le vent, dans un réflexe masculin assumé. Le jeune homme avait froncé les sourcils, comme pour affiner la mise au point, percer le mystère de cet abysse qui l’harnachait mais rien, l’opacité et sa mine aux allures renfrognées qui s’était imperceptiblement avancée comme pour tromper les ombres qui le bouffaient. Puis elle s’était mue et son geste avait rejeté le soldat onyx dans la réalité, sursautant une inspiration pour se dégager du piège.

Artyom était silencieux. Même ses gestes avaient l’apesanteur du silence. Mécaniques, détachés, qui ne lui appartenaient plus parce qu’elle avait maintenant posé son corps contre sa carrure brut et que son dos avait transmis à son torse un courant de magie latent, un spasme de pouvoir qui contracta malgré lui l’armure musculeuse sous le tissu usé. Son emprunte féline se dilata de chaleur comme une nappe de pétrole et il résista aux tremblements de ses abdominaux qui l’arquaient sur elle, maintenant l’illusion de l’immobilité alors qu’il emporta son image en fermant brièvement les yeux. Quelle matière l’avait façonnée, qu’il entrait tant en résonance avec sa présence ? Il n’aimait pas perdre maîtrise de lui-même mais une irrésistible curiosité de tête brûlée voulait connaître, repousser les limites, braver les magnétismes et s’affirmer triomphant, arrogant et impétueux. Peu importait ce que ça coûterait. Tout, de toute façon était amené à se perdre définitivement.

Le Russe perçu un mouvement, un flux d’énergie qui le libéra d’une partie de la tension qui l’électrisait. Il aurait juré la manœuvre d’un gardien invisible qui tolérait maintenant sa présence tandis que la Nuit portait ses arcs lunaires sur son visage. Qu’elle le torturait avec ses deux âmes ouvertes sur lui. Sa nuque s’inclinant d’elle-même vers l’inconnue, à peine, qui acceptait sans demander, qui dévouait sans lutter, qui voulait emprisonner du menton, cette petite main qui le démangeait. Le guerrier déglutit, ses mâchoires d’airain forcées l’une contre l’autre verrouillaient de larges striures sur sa peau, des reliefs que la Belle domptait de ses caresses distraites, qui le mettaient à l’agonie comme si elle avait nonchalamment joué la partition de ses muscles, de son corps. Une colonne de sang sur son front, seule, trahissait son trouble.

Artyom s’était figé, s’arrachant à la contemplation, à l’asservissement. Le regard comme un noyé se fixant à la barge du n’importe quoi capable de réveiller son mental subjugué. Une explosion lumineuse près de la scène frappa ses prunelles dilatées et la souffrance le fit lentement revenir à lui-même. Il n’entendait rien de plus que le tourbillonnement sourd du chaos qui régissait son esprit. Des souvenirs de la guerre, de terreurs enfouies saturèrent ses pensées tandis que la Dame Noire se libérait de lui, s’enfonçait dans les mystères qui l’avaient engendrée. Abasourdi, égaré, Artyom l’observait sans ciller s’éloigner de lui, une expression effroyable au visage. Elle s’arrachait de lui. Elle l’arrachait d’elle. Pourquoi ? De quel droit… Elle était sa guerre à présent, ses armes, sa survie, son absolution. Comment pouvait elle, en un instant, emporter toute cette part de lui qu’il avait soigneusement et profondément enfoui dans l’ombre et l’oubli ?

Une convulsion infime foudroya son visage, une douleur qui porta sa poigne brutale à son cœur, écrasant la chair sous le tissu lorsque la bannière d’ébène disparut dans la foule. Fou, puissant, sauvage, le Russe s’élança désespérément à sa poursuite. Bousculant, frappant même sur son passage, traçant des sillons de verres brisés et de jurons acerbes dans son sillage. La porte de bois jouxtant le couloir se fracassa contre le mur de pierre et Artyom se mit à courir d’une foulée rapide, intense, à perdre haleine. Une flèche aveugle. Qui s’égara…

« OU ES TUUUUU ? »

Hurla-t-il de toutes forces, aux dédales muets qui lui raillèrent son propre écho au nez. Essoufflé, perdu, Artyom se sentait misérable. Ses épaules glacées se soulevaient à rythme soutenu, sa poitrine frappée des violences de son cœur trop soudainement sollicité tandis que sa tête piquetait en tout sens, telle une boussole folle. Était ce un mirage ? De son esprit meurtri par les batailles de jadis ? Les fantômes du passé revenus encore pour le tourmenter ? Tant à tuer qui revenait sans cesse… Non… Jamais ils n’avaient arboré pareil visage et le corps si chaud dont le souvenir sur son torse le galvanisait. Le brûlait. D’une violence démente, il arracha son débardeur, jeta au sol la veste rapiécée pour demeurer torse nu, hors de contrôle, immolé de l’intérieur.

Là, un bruit. Un bond. Un coup de poings furieux. Une porte éventrée. Une longue colonne de vertèbres cambrées striées de batailles et de courage. Une coulée d’encre, de néant noir et absolu… De dos. Et le…

Le…

Le Dragon.

Immense, un dieu antique. Vivant, dérangeant, roulant ses écailles de ténèbres et de cruauté dans les ombres irréelles de la pièce d’eau. L’écrasant monstre de puissance et de magie oubliée dont le corps interminable dévorait la prison si lumineuse d’une nappe de nuit profonde, grouillante, coulant la chitine encrée de sa longue queue dardée sur la toile fine et pâle de la Reine Noire.

La Reine Noire.

Artyom était tétanisé. Un long instant, il la contempla. Interdit. Pourfendu. N’osant ciller jusqu’à ce que l’inflammation gorge ses yeux de regrets salés. Il était foutu. Lourdement, il se laissa tomber à genoux, les bras ballants. Puis le guerrier serra les poings jusqu’au sol et s’inclina en fermant fortement les yeux. Offrandes translucides qui chutèrent aux dalles humides. Serment scellé.

Puis brusquement, l’explosion, violente, ravageuse qui le projeta vers elle et le réveilla à ce qu’il connaissait de mieux. La Guerre. Porté par la déflagration dans laquelle il dériva tant bien que mal, blessé à sang par les projectiles arrachés, il fut plus vif que le Dragon lorsqu’il atterrit contre la Majesté des Terres Brûlées. Le soldat se changea intégralement en métal hurlant et cogna le corps nu de sa Maîtresse qu’il projeta en profondeur. Minéralement lourd, il coula à pic par-dessus Valériane dont il encadrait le visage surpris de ses bras tendus, les paumes s'enfonçant aux tréfonds d’eau. Derrière lui, un ciel aqueux d’incendies et d’explosions assourdies, lointaines et déformées. Une pluie de bois sculptés et de vêtements calcinés qui plongeaient en tourbillons de bulles nacrées ci et là. Heurtant parfois le corps de métal de l’Onyx en cabossant l’armure polie, éraflaient la porcelaine coupée de la Sainte Dragonne. Des filets de sang fascinants s’écoulaient alors d’elle qui ne cillait pas, dardait son regard dual sur lui. Une bulle ou deux qui rendaient humaines cette incarnation obsédante.

Si belle aux lueurs de carnage dorées qui dansaient sur son visage félin, l’incendie trouvant toile à sa mesure, le feu sa muse.

Si belle en noyée silencieuse.
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Messagepar Arwed Asriel » 29 Avr 2016, 20:17

    Pour tout avouer, Arwed n'avait pas véritablement prêté attention au gâteau et au jeune homme juché dessus. Cela ne semblait guère déplacé, dans cette fête aux nombreux excès. Simplement une fantaisie supplémentaire de la maîtresse des lieux ou, peut-être, un cadeau offert par un admirateur voulant rivaliser avec elle dans l'extravagance des moyens utilisés – et si on commençait à se lancer dans une telle rivalité, tout était possible, et un gâteau géant ne devenait pas si incroyable que cela. Après tout, on était en Rubis, et les gâteaux géants, s'était dit le forgeron distraitement, ne devaient pas être rares dans les fêtes d'anniversaires ici. Avec sans doute la belle danseuse – ou le beau danseur peut-être, ici, si le cadeau était adressé avant tout à la maîtresse des lieux – à l'intérieur, prêt à enflammer la soirée de sa prestation pour le bonheur de tous les amateurs de ce genre de choses – dont il était lui-même assurément, si du moins c'était une danseuse au féminin, bien entendu.

    Il fallait bien dire, pour sa décharge, que le jeune homme avait un tout autre sujet sur lequel fixer son attention, en la personne de la belle Harpie qui lui avait, si cavalièrement, demandé de pourvoir à son hydratation, pour dire les choses avec galanterie. Pourtant, Arwed n'aurait pas songé une seule seconde à lui tenir rigueur de cette intrusion dans sa soirée, car il fallait bien dire que la présence de la belle Régente n'avait rien d'une plaie, tout au contraire même. Elle était envoûtante par sa seule présence, et Arwed, qui avait plus d'une fois été troublé par la co-dirigeante de l'Améthyste pendant les cours qu'elle dispensait à l'Académie, ne pouvait nier que ce trouble n'était que plus plaisant encore, maintenant qu'elle était ici, en face de lui, dans cette robe de soirée qui mettait plus qu'il ne le fallait en valeur sa personne toute entière – un vrai chevalier et gentleman ne pouvant, d'ailleurs, s'attarder sur les détails de cette mise en valeur, quoique le jeune homme ne puisse s’empêcher de se dire qu'en d'autres occasions, ou peut-être plus tard dans la soirée, il ne se ferait guère prier pour mettre cette courtoisie de côté.

    Avant que de telles pensées ne puissent aller plus loin, toutefois, un mot résonna du côté de l'attraction imprévue – que n'y avait-il accordé plus d'attention quand il était temps de le faire – le mot fatidique : IRA. Néanmoins, avant que le message n'ait vraiment eut l'occasion de parvenir au cerveau du chevalier – qu'elle était lente, parfois, la pensée, dans ces instants où le destin reposait sur le temps d'une série de battements de cœur, à peine – venait déjà un autre message, ô combien plus pressant, celui du souffle de l'explosion, de la bombe qui, presque toujours, accompagnaient la proclamation du nom de cette armée qui avait pour soldats des hommes et des femmes prêts à périr pour leur cause, non pas dans la gloire du combat mais dans l'auréole flamboyante du sacrifice, le sacrifice qui n'avait rien avoir avec un champ de bataille mais emportait, au contraire, aussi bien le fort et le brave -et encore ceux-ci étaient-ils en vérité rarement frappés avec beaucoup de force – que l'innocent, la femme désarmée, l'enfant apeuré, qui avaient la malchance de se trouver là dans l'instant fatal du déclenchement.

    Arwed ne réfléchit guère – la pensée, après tout, était toujours si lente ! – mais réagit par instinct. Strygie Black n'était pas une faible femme,certainement, ni une enfant désarmée, mais elle était une dame et, en demandant son secours fut-ce pour une question aussi futile qu'une boisson, elle était placée sous sa protection. Ce fut l'instinct immémorial de la chevalerie, né en partie du sang de tous ces guerriers, tous ces chevaliers, qui avaient avant lui brandit l’étendard étoilé des Nimerys, et en partie de l’éducation qu'il avait reçu de sa mère, de Vulcain et de tous ses modèles d'Opale, qui poussèrent ensemble Aewed, au-delà de la pensée et de la réflexion. Alors que le souffle s'élançait, il saisit sa cavalière, si l'on pouvait déjà l'appeler ainsi, par les épaules, et la fit pivoter pour se tourner entre elle et l'explosion, tout en mobilisant l'ensemble de ses pouvoirs pour dresser une barrière de glace – au nom de son don et de l'Étoile Polaire de sa naissance – entre eux et le feu mortel promis par les tenant de l'Irlande.

    La barrière, bien entendu, était trop fine, trop hâtive, pour arrêter le souffle. Au mieux le ralentit-elle, l'émoussa-t-elle, mais n'empêcha pas les deux mages, homme et femme, étudiant et professeur, forgeron et Régente, d'être projetés en avant. Néanmoins, elle épargna assurément la vie d'Arwed et, conjugué au corps de celui-ci, ainsi – bienheureux était-il – qu'aux protections des bijoux qu'il portait, protégea la Harpie du souffle de l'explosion. Il fallut quelques instants au jeune homme, sonné, pour reprendre ses esprits, et aussitôt il aida la belle à se relever avec un sourire, et quelques mots, alors que ses propres oreilles sonnaient encore. Son dos avait souffert, mais grâce à la magie – celle, fragile, de la glace, et l'autre, plus solide, des enchantements enchâssés par ses soins patients sur les bijoux qu'il portait ce soir – il n'avait pas de blessures mortelles. Dans le chaos qui les entourait, il prit la main de la Harpie et, avec son aide, se fraya un chemin jusqu'à la sortie. Nulle violence en cela, mais la course impérieuse du chevalier, la présence impériale de la dame, fendirent la foulent paniquées, jusqu'au dehors.

    Là, les secours étaient déjà arrivés, les premiers éléments venus de Perle et d'Opale pour arrêter le sinistre. Arrivé au près d'eux, Arwed s'arrêta, repoussant avec une gentillesse un peu bourrue un guérisseur pour s'adresser à Strygie.

    « Lady Black, je suis désolé que notre soirée ait dû être écourtée. J'espère que vous m'accorderez, un autre soir, la danse que nous avons manqué. »

    Et, après l'avoir baisée, il lâcha la main de la belle, pour retourner vers le sinistre, où il aiderait à combattre l'incendie, à l'aide de ses pouvoirs de givre, jusqu'à l'arrivée de l'ensemble des secours. Déjà, alors qu'il se mettait à l’œuvre en compagnie des premiers de ses compatriotes opalins arrivés sur les lieux et de toutes les âmes de bonne volonté s'en venait un secours peut-être inattendu, plus local. Dépêché par la Générale-Lionne, un bataillon de gardes de Rubis venaient prêter main forte, pour sauver ce qui pourrait l'être des lieux – ainsi que des plus prestigieux invités – et éviter que les flammes ne se répandent au reste du domaine des Boyle...
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Messagepar Eonis Omory » 30 Avr 2016, 11:20

Parfois être empathe n’avait pas que des mauvais côtés. Fort heureusement. Les deux jeunes femmes en avaient terminé d’émoustiller les spectateurs. Même si au début Emy semblait perdu, elle avait finalement jouer le jeu. Elle n’était pas danseuse de base, mais elle dégageait une certaine grâce. Elle était belle et douce, des qualités appréciés pour le cabaret. A n’en pas douter, elle aurait fait une très jolie danseuse professionnelle. Eonis avait été contente de pouvoir danser à ses côtés, et de pouvoir l’aider dans cet univers qui lui était totalement inconnu. Les deux jeunes femmes venaient tout juste de quitter la scène. Le travail était accompli, place aux autres professionnelles. Pendant qu’elle dansait, elle était concentré, mais elle avait quand même eu le temps d’observer la foule, de la scruter infimement bien qu’elle soit plongé dans la pénombre. Elle l’avait remarqué, au milieu de tous. Il n’était pas seul, mais il était là. Il était venu. Rien qu’en évoquant cette pensée, en l’a gardant dans un coin de sa mémoire, cela arrivait à la faire sourire. Un sourire léger, plein de poésie. Soudain elle fut prise d’une douce atmosphère chaleureuse, comme lorsqu’il se trouvait à ses côtés. Elle était tout simplement heureuse que la soirée se déroule sans encombre.

En une fraction de seconde son si joli sourire s’effaça. Emy à ses côtés, elles venaient tout juste de revenir en coulisse pour préparer la suite mais les choses allaient être différentes. Comme si le temps s’arrêtait, la jeune femme se retourna, doucement, comme si elle marchait sur des œufs, la peur, la panique, ça s’agitait. Elle ressentait le moindre sentiment de chacun. Mais que se passait-il enfin ! Quelque chose de mal. De mauvais. Il y avait autre chose, quelque chose de différent mais elle n’arrivait pas à très bien le définir. Une voix, une voix se fit entendre. Poussée par la curiosité et surtout parce qu’elle ne pouvait s’empêcher d’essayer de comprendre ; Eonis regarda à travers le rideau. Des hommes, leurs têtes ne lui disait rien. Mais ils n’étaient pas des habitués, et ne ressemblait pas à des clients. L’un d’eux s’exprima. Il disait être là pour Clair, ils avaient un cadeau pour elle, pour son anniversaire. La danseuse fixa longuement l’homme qui s’adressait à la foule. Plus elle le fixait et plus elle n’aimait pas ce qu’elle ressentait. Enfin elle comprit leur intention. Elle avait peur.

-« Oh non...Emy, il faut qu’on parte d’ici...tout de suite... »

Elle eut juste le temps d’un regard à la rousse, un seul et l’explosion souffla le cabaret pour le réduite en cendres. Tout était ravagé, les flammes consumaient tout sur leur passage, les murs détruits, il n’y avait que des tonnes de gravas, des décombres, et des corps, des corps sans vie, ou inconscients, du sang. C’était l’horreur. Tout était détruit, un triste spectacle. Elle n’osait imaginer l’état de la salle principale. Certainement pire que les coulisses. Les belles tenues éparpillées, en lambeau, déchirés. Le souffle de l’explosion avait tout raflé. Eonis était vivante, mais pas en très bon état. La vue trouble, la fumée et la chaleur des flammes l’empêchait d’y voir quelque chose. Sa première pensée fut pour Emy. Elle devait retrouver Emy. Hélas elle prenait seulement conscience de son incapacité à bouger. Elle toussait et ressentait d’atroces douleurs dans tout son corps. Relevant doucement la tête elle réalisa qu’une poutre lui était tombé dessus. En sang, plein de sang qui s’écoulait au sol, s’épanchant de ses plaies ouvertes. De ses jambes, de son ventre, la lourdeur de la poutre l’avait pratiquement clouée au sol.

Elle souffrait, et pourtant ça n’était rien à ce qu’elle ressentait dans sa tête. Les autres, humains, sorciers, toute cette peur, ce malheur et la souffrance de ceux qui comme elle se retrouvait pris au piège. Elle, qui se trouvait en sécurité en ces lieux, jamais elle n’aurait cru qu’un truc de ce genre puisse arriver. Pas en Rubis. Elle ressentait tout, mais au vu de son état physique elle n’avait plus les capacités ni le mental pour arriver à supporter tout ça. c’était encore pire que d’habitude. Mais elle ne pouvait se résoudre à se laisser aller ainsi, en oubliant les autres. Il fallait qu’elle retrouve Emy. Elle ne devait pas être loin. Dans un élan d’effort presque démesuré, la jolie blonde essaya de soulever la poutre qui l’a bloquait. Rien à faire, pas assez de force et cela ne servait qu’à lui provoquer une crise de toux ravageuse.

Regardant au loin, essayant de voir au travers des flammes gigantesque qui continuaient de gagner du chemin. Elle aperçut un pan de mur complètement détruit, un énorme trou, c’était le seul moyen de sortir d’ici. Mais fallait-il encore réussir à bouger. Non, ça lui était impossible. Pas sans une aide. Et alors qu’elle regardait partout, pour apercevoir une lueur d’espoir ou une étincelle de vie aux alentour, la brillance d’un rouge se refléter au loin.

-« Emy... »

Un regain de force, de persévérance. Ne voulant pas abandonner, une volonté de survivre. Mais ça n’était pas suffisant. Simple humaine qu’elle était, que pouvait-elle espérer faire ? Un violent cri de douleur s’échappa de ses lèvres, une des branches effilochées de la poutre s’enfonçant dans la chair de son ventre, écorchant un peu plus sa plaie. Elle perdait trop de sang. Beaucoup trop. Elle n’avait plus la force, son inconscient sombra définitivement loin de ce malheur.

Dehors, les secours s’activaient déjà pour réussir à sauver le plus de personne. L’Opale, l’Améthyste, et la garde des Boyle. Les médecins, les chamanes, tous auraient bon nombre de choses à faire pour arranger les dégâts corporels fait aux habitants. Eonis, fut sortie des décombres par la bonne âme d’un chevalier Opale. A croire qu’elle était lié de cœur avec cette faction des plus surprenante. Inconsciente, elle n’avait pu assister à cette mission sauvetage, ignorant toujours si la belle rousse avait elle aussi pu être sauvé. Confiée aux soins des guérisseurs, la belle empathe sera de nouveau remise sur pied pour accomplir la volonté de l’Onyx.
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Messagepar Strygie Black » 02 Mai 2016, 23:21

De ses mains manucurées, Strygie se saisit délicatement de la flûte de champagne que lui tend le jeune chevalier. D'un sourire pincé, pratiquement forcé, elle porte la flûte à ses lèvres gommées pleines de promesse pour la nuit qui s’annonçait. Le liquide d’or franchit les lèvres pulpeuses pour sustenter les goûts luxueux de la Sorcière et enfin rassasier son gosier assoiffé. Délicate attention de l’hôtesse, un cru digne des prétentions Rubis et des attentes extravagantes de la Régente. Le filet de bulles coule doucement du verre jusqu’au pincement de ses lèvres, alors qu’elle laisse traîner son regard sur la foule des convives. Les grands yeux verts désapprouvent le gâchis de ce nectar au près de la masse des convives. Prostituées, étudiants et soldats se mêlent aux plus puissants de ce monde et s'abreuvent à la même source. Tout simplement abjecte.

La flûte quitte enfin ses lèvres pour laisser la Sorcier afficher de nouveau un sourire gainé à son interlocuteur. Pas un seul mot de remerciement ne franchit ses lèvres. La Régente n’attend rien de moins que d’être ainsi servi, qu’on l’adule et se plie à ses caprices. Les compliments étaient de mise et il aurait été inapproprié de les lui refuser. Elle daignait lui faire part de sa présence et de ses attentions, des remerciements auraient été malvenus, vulgaires. Elle est Femme, belle et capiteuse. Tout lui est dû. L’admiration de ce jeune homme comme les attentions de leur hôtesse ne sont que commune mesure à sa présence à leurs côtés.

« Un plaisir Arwed, vraiment ? Mais que savez-vous des plaisirs ? Comment fait-on plaisir en Opale ? »

La Harpie prononce ces paroles avec langueur, ses lèvres pulpeuses s'ouvrant lentement pour laisser glisser les mots et accentuer leurs reliefs. Et ses yeux verts de briller de quelques espiègleries, celles qui viennent avec l’âge et qui s’amusent de la jeunesse et de son inexpérience. Charmeuse, et vile tentatrice, elle pose sa main sur le torse de son élève, savourant la vigueur de ce corps jeune et robuste. Mais d’autant plus excitée par cette prestance digne des chevaliers d'une époque révolue. Plus droit encore que l’Améthyste lorsqu’elle y avait fait son nid. Et si pur, si bon, que la simple idée de l’initier aux jeux sauvages et cruels de ses nuits l’enflamme, l’excite. Le dominer, l’assouvir à ses caprices et à ses fantasmes. Le plier à la noirceur de son être et le rendre fou des pratiques débridées qu’elle chérit. Engouffrer la dernière lumière de Londres dans la moiteur de sa noirceur corruptrice.

Femme du monde, Strygie reporte son attention sur les nouveaux venus plutôt que de se perdre dans la moiteur de ses rêves éveillés. Elle est Régente, non pas pute après tout. Et discrètement, elle applaudit de concert avec les autres mondains l’arrivée de la pièce montée. Extravagant certes, mais quoi d’autre à la hauteur de la démesure de cette fête ? Ce soir, la belle se permettrait une tranche de ce gâteau à la crème blanche si alléchante avant de dévorer le jeune étalon que l’Opale avait laissé traîner dans ces quartiers aux mœurs douteuses. Et peut-être, et peut-être seulement, oublierait-elle un instant les frustrations de la journée et celles à venir pour se perdre dans quelques promesses de plaisir…

L'IRA. Le nom de l’organisation terroriste percute la Harpie et l'arrache à ses rêveries avant même que la détonation ne se fasse entendre. Grincement à ses oreilles, insupportables piailleries d’un oiseau de mauvaise augure, le visage de la Harpie se durcit, prenant une teinte menaçante. L’organisation terroriste n’avait cessé de lui donner du fil à retordre ces dernières années. Blackgates pullulait de ces irlandais, ces malotrus sans manière à l’accent écorché. Tous des fiers à bras qui se plaisaient à la dénigrer, elle et son accent d’aristocrate. Des vermines qu’elle se faisait un plaisir de corriger, mais qui finissaient le plus souvent par mourir avant d’avoir livré la moindre information sur les têtes pensantes de l’organisation. Tout pour irriter la Harpie.

Impérieuse, la Harpie ne bronche pas. Au contraire, la Maléfique gonfle le torse et relève la tête, prête à faire face aux torrents de flammes et de cendres caractéristiques de l'organisation. Elle est une Force de la Nature, inébranlable et implacable, à l’affût des manigances ennemies et qui avait plus d’une fois fait les frais de ces attaques surprises. Derrière son masque de glace, elle se moque avec véhémence des dernières tentatives de l’IRA pour ébranler sa prison ou, plus veines encore, leurs tentatives de s’en prendre à elle directement. Jamais à l’abris de l’affliction irlandaise, la Dernière des Harpies conservait toujours quelques maléfices sous la main pour faire face à leurs méthodes incendiaires. À la mention du nom de l’organisation, elle avait aussitôt porté sa main au talisman pendu à sa gorge…mais fut tout aussitôt bousculée.

Les lourdes mains se posèrent sur le corps frêle de la Harpie, la retournant de dos contre l’ennemi et le souffle de l’explosion avant même qu’elle ne puisse protester. Maintenue par la grippe de l’homme, immobilisée par les muscles du jeune forgeron et sa propre indignation. Humiliée et restreinte, comme une vulgaire poupée, une femme que l’on veut protéger avec les enfants. Insulte à son honneur, blessure à son orgueil et à son égo. Entre le moment où elle fut saisit par son cavalier et l’explosion une seule fraction s’écoula, mais si longue et si lente que Strygie put sentir la glue tenace de l’affront couvrir son corps et la tremper de cette vile humiliation. Trop peu de temps pour repousser avec dédain cette attention non-sollicitée et pour se protéger du souffle de l’explosion. Trop peu de temps pour arracher les yeux de cette vermine et le repousser avec véhémence, lui et ses manières phallocrates.

Alors de rage et de dédain, la Dernière des Harpies ferme les yeux et encaisse le choc et l’humiliation. Raide, toujours digne, elle laisse le forgeron céleste invoquer son pouvoir pour sa protection. L’impact est brutal. Projetée au sol comme une vulgaire poupée, la Harpie sent le corps lourd de son protecteur et assaillant la repousser et le souffle chaud de l’explosion roussir la cascade noire de ses cheveux. Assourdie par le bruit de la déflagration, elle tâtonne avec misère le sol de marbre sur lequel elle s’était effondrée. Encore déséquilibrée par le choc, son esprit embrouillé, elle se sent soudainement tiré du sol par une main large et puissante. Traînée de force, comme une vulgaire chienne qu’on ramasse au sol, la Harpie proteste mollement, reprenant ses esprits pour réaliser qu’on l’écarte, qu’on la confine dans un coin pour l’amoindrir, la circonscrire.

À destination, elle reconnait le visage brûlé et attentionné d’Arwed. Son tortionnaire. Un homme, encore. Qui la rabaisse, l’isole, la traite comme incapable d'être son égal. Quelques belles paroles pour la sustenter et la planter en retrait. Les hommes et leur orgueil mal placé. Toujours à tenter de l’écarter pour briller sous les phares de la gloire et la laisser dans l’ombre. Un énième homme qui tentait de la dominer, de l’asservir et qui se mêlait de ce qui ne le regardait pas. Et d’agir comme s’il était tout puissant, son souverain et oppresseur désormais occupé à s’atteler à des tâches plus importantes, à éteindre les feux après avoir sauver les femmes et les orphelins. Et alors qu’il s’écarte, la rage explose sous la glace, lave brûlante et déchainée qui a pour cible ces hommes qui l’ont trop souvent dénigrées, qui l'ont écorchée à vif.

D’un pas lourd et abrupt, à l’image d’un oiseau qui foule la terre de ses serres, la Harpie s’approche d’Arwed pour le saisir par le poignet et le retourner en sa direction. Le coup fut rapide, précis, un arc véloce qui griffe jusqu’au sang la joue droite du chevalier y laissant la marque de ses ongles dans la chair sanguinolente. D’un geste ample, elle relâche ensuite son emprise sur son poignet avec dégoût, une rage poignante toujours au ventre. Et la Sorcière, le souffle bruyant et le corps tremblant de rage, de le regarder dans les yeux avec une haine dénotant grossièrement avec son élégance habituelle. La robe déchirée, un sein exposé à la vue de tous, son dos courbé par la rage et ses doigts tordus et raides comme les serres d'un rapace. Plus que jamais, avec sa chevelure roussie et ébouriffée, et ses yeux injectés de sang, Strygie Black porte bien son nom, la Harpie.

« Pensais-tu donc que j’avais besoin de ton aide pauvre imbécile ? Jamais. M’entends-tu ? Jamais ! »

La voix rauque et caverneuse, empruntée à quelques démons d’autrefois et de cauchemars trop réels, la Harpie crache son venin à celui qui fut la cible de ses attentions. Bien loin des roulements sensuels de sa langue dont elle avait usés pour charmer le chevalier. Étranger à la douceur fraîche dont elle avait caressé son cavalier. Il ne restait de la belle que la bête qui y sommeillait, un mélange de femme et d’oiseau de proie, le corps penché vers l’avant et la voix criarde. La dignité et l’élégance remplacée par une folie trop longtemps refoulée, issue de la sauvagerie de l’Onyx et des plaies encore à vif d’anciennes trahisons. La furie d'une femme en colère.

« Ne te mets plus jamais sur ma route Arwed Nimerys, ou je t’arracherai cette paire de couilles qui te fait croire que je suis l’une de tes demoiselles en détresse. »

Lâche-t-elle plus bas d’une voix menaçante, les dents serrés par les efforts et une étincelle rancunière dans le regard. Et sous les yeux du chevalier, la posture de rapace se dissipe alors que le corps de la belle s’étend pour reprendre l’élégance aristocrate qui lui sied. Droite, fière, malgré l’exposition de son corps sous les décombres de sa robe. Et le regard froid, toujours en contrôle, de la Régente de l’Améthyste. Le feu du volcan s’était vidé, laissant la glace fissurée colmater les vestiges du personnage alors qu’une équipe de l’Améthyste venait à la rencontre de leur Régente pour la couvrir d’une lourde couverture.

Aussitôt, Strygie Black prit le contrôle des opérations pour coordonner les secours envoyés de l’Améthyste, exigeant à une équipe d’élémentaires de feu, escouade spécialisée contre les assauts de l’IRA, de chercher les ruines du Cabaret à la recherche de quelques indices. Et du coin de l’œil, elle n’accordait plus qu’un mépris dédaigneux à l’Opalien, ce regard qu’elle réservait aux élèves de sa classe à l’Académie.
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Messagepar Kast Holder » 04 Mai 2016, 17:23

Merde, il n'allait pas tenir longtemps à ce rythme, Kast le savait parfaitement. Cela faisait bien trop longtemps qu'il se retenait avec lui. Pas que cela ne soit si dur que ça, ne pas le toucher et le regarder à peine avait était un moyen efficace, cependant, chaque nuit, dans chacun de ses rêves, s'était Irem qui était là. Il se tenait dans ses bras, coller à lui alors que l'Ambre avait une main passé dans sa nuque pour le retenir contre lui et une autre dans le creux de ses reins pour que jamais il ne s'éloigne. Une position d'une intimité parfaite. Il était l'objet de tous ses fantasmes depuis ce regard, l'unique regard qui l'avait frappé comme l'éclair qu'il maîtrisait pouvait frapper. Le jeune homme avait su en un instant que s'était lui qu'il voulait... Pourtant.... Pourtant... Il ne s'était jamais laissé allé à ses désirs. Il n'avait fait que rêver, qu'espérer qu'il vienne le voir pour pouvoir céder sans que sa conscience n'en prenne un coup, tout simplement, parce qu'il refusait de céder pour l'instant. Que pouvait-il lui offrir sérieusement ? Tant que sa vengeance ne serait pas atteint, il n'y aurait rien pour eux deux, Kast en avait été persuadé et pourtant, en cette soirée... Tout était remis en doute. Il avait suffit d'un regard vers sa silhouette pour embraser le cœur du généticien qu'on disait si souvent glacé. Il avait suffit qu'il s'approche un peu plus près, trop près peut-être et voilà que les sentiments sortaient, en vague, puissante, pour le frapper avec la force d'un désir contenu depuis bien trop longtemps. Il appréciait ce moment... Non, il aimait ce moment, l'avait voulu depuis bien longtemps et il voulait en profiter.

Il jouait un peu avec Irem, exacerbant son désir, le touchant, le dévorant, du regard, de ses gestes, de cette bouche qui ne cessait d'aller et venir sur ce corps qu'il avait tant touché en rêve. Il s'était même demandé au départ s'il n'avait pas finit par s'endormir, parce que, de ce qu'il avait sentit, enfin de ce qu'il espérait avoir sentit. Il ne s'agissait pas que d'un boulot. Le danseur répondait à ses gestes avec la même fièvre que lui mettait à la toucher. Il semblait aussi avide et rien que dans les baisers, on sentait l'amour. Pas une de ces passions qui vous prend quand vous avez envie de baiser parce que les hormones vous le disent, non. Il s'agit d'un amour réel, un de ceux qui n'a pas encore été consommé pas plus que consumé d'ailleurs. Un amour réciproque entre deux personnes totalement différente et pourtant qui s'attirait comme le papillon est attiré par la lumière. Il s'agissait plus d'une communion que d'une baise, oui, c'est ce que veut Kast, il veut communier avec Irem, lui montrer ses sentiments, lui faire comprendre que ce qu'il y a là, maintenant, c'est la réalité, c'est le vrai Kast Holder. Pas seulement celui qui lui jette des regards lorsqu'il ne le voit, pas plus que celui qui le cherche par moment dans les couloirs de l'académie, faisant des tours et des détours. Il s'agit de l'homme qui d'un simple regard est tombé fou amoureux, d'un homme qui a chercher des renseignements pour en savoir plus.... Merde à la fin, il s'agit d'un homme amoureux et c'est tout.

Alors, il fait en sorte de vénérer cette soirée. De la faire rentrer dans la tête du jeune homme pour que jamais, il n'oublie cette sensation, de plénitude, d'engourdissement, de retenue, de désir, d'envie et finalement de satiété. Parce qu'il espérait bien consommé tout ce que le danseur lui donnerait, il le garderait pour lui, le prendrait comme un amant et l'entourerait de protection pour que plus personne ne puisse le toucher. Jalousie.... Voilà un sentiment nouveau qui étreint le généticien. Depuis quand était-il si jaloux de ceux qui pouvait toucher Irem ? En avait-il réellement le droit avec ce que lui faisait ? Tant de question et s'il entendait les gémissements de son homme à ce moment-là, il ne s'attendait pas du tout à être arrêter alors qu'il avait enfin son moment avec lui. Qui aurait pu penser qu'un souffle puissant viendrait balayer les rideaux, apportant avec lui une odeur de chaire calciné mais aussi de fumée. Surpris... Il l'était, cependant, le jeune homme reprit bien vite ses esprits et récupéra ses vêtements qu'il remit à la hâte, tendant sa chemise au danseur pour qu'il l'enfile. En fait, il lui enfila quasiment de force.


« Vite Irem, viens, faut qu'on bouge d'ici. »

Il ne savait pas pourquoi, mais il savait qu'ils allaient devoir bouger et rapidement. Cette odeur de fumée, cette odeur de calcinée, il ne comprenait que trop ce que s'était. Une fois habillé, il entraîné le danseur à sa suite, sans lui demander son avis d'ailleurs, espérant que Zee allait bien aussi. Après tout, elle était la sœur de la seule personne qu'il aimait, il devait en prendre soin. Cette pensée le fit réagir un peu plus. Il poussa les portes, se retrouva dans les loges. Irem allait s'habiller rapidement, ne lui rendant pas sa chemise mais lui donnant l'une des siennes. Même dans ce carnage Kast sourit à cette pensée. Merde, ce qu'il aimait ce type... Il le fit sortir, l'embrassa une dernière fois sous les yeux de tous ceux présent. Il s'en fichait parfaitement. Il aurait aimé avoir plus de temps, pour lui montrer, pour lui dire. Il aurait aimé que cette soirée ne finisse pas, mais bien entendu, ça n'allait pas se passer ainsi n'est-ce pas ? Univers à la con. Pour une fois qu'il avait envie de quelque chose.... Un soupir lui échappa et il laissa Irem avec les vivants, retournant dans le cabaret pour voir s'il pouvait donner un coup de main. Après tout, toutes les mains disponibles ne seraient probablement pas de trop. Il entra donc de nouveau dans la fournaise, maudissant le ou les connard qui avait crée ce merdier. S'il les retrouvait... Il ne paierait rien pour attendre ces abrutis bordel.
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Messagepar Valériane B. Kravt » 05 Mai 2016, 07:25

Sexe et déflagration, le monde en apné et les flammes pour soupir. L'enfer de l'attentat avait accouché, d'un monstre de métal et de chairs.

Après le Chien, après Arthur, ce fut cet inconnu. Guerrier sans nom, a la violence brute, qu'elle guida en elle, au plus fort du brasier. Et alors, que contemplé de l'autre côté de ce miroir acqueux qui étouffait les sons, une large fissure éventrait le dôme du cabaret, le bas ventre, fragile et délicat de l'Obscurine, se déchira pour envelopper, avaler, un sexe de métal forgé aux allures de poignard.

Elle ne l'attendait pas, et son irruption tonitruante dans la salle de bain de Clair, en même temps que le monde soufflé par le blast tremblait sur ses fondations avait été une effrayante surprise. Pourtant lorsqu'il avait plaquée durement contre les faiences de la vasque, lui avait écrasé les seins de son torse de bronze martelé, ravi le souffle du claquement massif de son pubis d'acier venant cogner son ventre et fait violemment expirer son diaphragme, l'Ombrageuse ne s'était pas débattue, n'avait pas cherché à fuir.

Au contraire, ses longues jambes pâles, avec la souplesse de grands serpents à la tièdeur féminine étaient venues s'enrouler, se nouer à celle d'Artyom. D'une griffe diaphane elle lui avait maintenu la nuque, et l'avait forcé à ployer son faciès d'épure mal dégrossie, en direction de son visage, plus fin, plus petit, presque fragile, lorsqu'on se représentait la délicatesse éplorée, asphyxiée de ces minuscules bulles qui s'échappaient de ses lèvres au charme épais.

De l'air pour accompagner sa chute, cette lente descente à bout de souffle, dans cet entre deux rêveur, hors du temps, des profondeurs de la baignoire aux allures de placenta, qu'elle alla chercher à même la bouche d'Artyom. Lorsqu'elle l'embrassa, l'aspira : lèvres contre forge, bouche de femme et gueule d'airain.

Le Metalleux, avait un goût d'épée huilée, une haleine de scories et de braise. Fonderies et creuset d'incandescent, comme ces lents, pâteux serpents de lumière dorée, qui sous l'effet de la brusque monté de châleur, s'échappaient en reptation magmatiques des fragiles orfèvreries de la salle pour retourner à l'état brute, du métal vaporisé.

Autour, le Phénix de la Révolution prenait son envol dans une gerbe de flammes, environné par l'embrasement soudain, bienvenue pour les Irlandais, de ces stocks d'artifices encore contenus dans les caves du cabaret.

Et l'Ophélie Nocturne, de déjà se cambrer sur le fond de toute sa souplesse reptilienne. Les yeux clos sur le kaléidoscope de lumières profanées, le visage voilé et dévoilé, par ces bouffées de ténèbres algueuses, ondulant autour de son profil gracieux en rythme avec les élans martelants, des hanches de cette armure fait homme.

Mal, comme tous les mâles, il n'avait à lui offrir qu'une passion si brusque qu'elle en devenait violente, douleureuse.

Ni différent, ni pire, il l'avait confondue avec une putain, elle avait accueillie en Femme, et le Dragon, sculpté dans l'élan des fumées nocturnes par les lames cramoisies des flammes, s'était chargé de les lier, entrelacer, au point de ne plus pouvoir faire de différence, entre l'inerte plombé, et la porcelaine langoureuse.

Ce grincement étouffé par l'eau, celui d'ongles ripant sur l'acier galbé d'une fesse masculine, en une supplique impérieuse. Cet encore expiré d'un râle de bulles et de dernier souffle, dans le silence crépitant d'une eau parfumée portée à ébullition.

Et puis, l'Enfin. Celui qui se passait du qui et du pourquoi et Lui donnait des envies de se noyer dans la prise froide, de cette énorme main statuaire aux articulations plus puissantes que des verrins, qu'elle avait attirée dans un réflexe morbide jusqu'à sa gorge, pour l'y maintenir de toute l'autorité exigeante, mais si fragile de ses griffes d'oiselle.

Jusqu'à la jouissance. Au creux de ces bras aux biceps d'airain qui sculptaient autour d'elle une forteresse ajustée, dans la douleur de cette giclure de semence d'acier incandescent, qui lacéra sa solitude. Le temps d'un orgasme culminant avec la rupture des anciennes lois renversées par la Révolution. Elle ne fut rien.

Ni Reine, ni Craft, ni Dragon ; seulement ce météore de sensations déchirantes, qui fusait.

(...)


Fouler de la cambrure impériale de ses pieds encore veinés d'excitation les tapis de braises endormies, habiller le silence des sirènes d'un souffle court et boiteux, érafler sa nudité léchée par les coulures lumineuses des gyrophares aux ronces de fer fondu poussées entre les branches tordues des poutrelles déchirées, et ne pas se retourner, jamais, même pour lancer un dernier regard à cette baignoire, devenue le cercueil d'une statue de bronze.

Elle a marché de quelques pas maladroit, et puis elle s'est envolée, portée par le grondement de cuir d'ailes surgies de la fournaise. Entre ses cuisses, blessées, brûlées, par les épanchements de plomb fondu, d'un masochisme toujours incandescent, le long Dragon, tordait son échine longiligne. Sous leur envergure sifflante de vent rasoir, la Ville, ce jardin rosé par une aube de flammes, s'éveillait à la floraison printamnière de nouvelles novas lancinantes. Partout des bombes. La Tissombre, s'éleva encore. Jusqu'à la courbure de l'horizon, là où les cieux hématomés, viraient au noir, et où les vents devenaient froid, espace et silence.

Elle ne connaissait même pas son nom.
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Messagepar Arès Vasilios » 11 Mai 2016, 17:00

Il était à nouveau revenu près d'elle et un sentiment d'inquiétude le traversait alors qu'il pensait à la vue d'Arty en ces lieux plus tôt, lorsqu'il était arrivé, mais aussi de la présence de sa Reine qui devait se trouver ici même. Il savait qu'Artyom était costaud et du genre increvable, il avait certainement du s'en sortir et quand à sa Reine... Et bien elle n'avait pas sa réputation pour rien. La Dragonne était féroce. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet, cette attaque là lui rappelait beaucoup trop son enfance. Lorsqu'il avait vu le cadavre de sa mère sous ses yeux et ses flammes qui avaient embrasé le manoir, la situation se reproduisait à nouveau, sans qu'il ne puisse rien faire. Même s'il possédait le pouvoir qui autrefois l'avait toujours effrayé, il toucha instinctivement son briquet dans sa poche, serrant ses poings à tel point que ses jointures devinrent blanche.

Puis alors il se leva en compagnie de Caithleen, veillant sur elle en cette soirée noire. Il ne la connaissait pas, mais elle ressemblait tant à sa soeur, une beauté éthérée, une voix douce, cristalline et rassurante, il avait l'impression d'être apaisé à ces côtés, c'était le sentiment qu'elle lui donnait. L'apaisement sur son âme enflammée. Ils allaient partir par la sortie initiale quand la belle trouva une autre sortie donnant vue sur un long couloir se terminant par une porte de secours. Mais il avait quelque chose à accomplir avant de partir d'ici. Une dernière pensée, un dernier acte en cette nuit sombre.

- Part sans moi, j'te rejoins dehors pour t'ramener, j'dois faire un truc avant.

Sur ces paroles, il l'a laissa partir par la porte de secours, la surveillant du coin de l'oeil une dernière fois et repris ses pas vers la grande salle qui plus tôt animée, ne ressemblait plus qu'à un immense tas de cendre jonchés par des dizaines et dizaine de cadavres. Son regard se perdit à travers cette marée de corps morts, une colère monstrueuse grimpant en lui au fur et à mesure qu'il avançait pour chercher de son regard belliqueux la trace de vie qu'il cherchait. Lorsqu'enfin, il trouva un peu plus loin, un homme gémissant faiblement au sol, son visage carbonisé recouvert de sang et ses vêtements déchirés de part en part.

Aussitôt, Arès s'approcha de lui, les poings serrés, le regardant de haut alors qu'il perdait petit à petit la vie sous ses yeux. Il était là, l'homme qui l'avait accompagné plus tôt, celui qu'il lui devait de l'argent à qui il avait laissé la vie sauve. Arès n'était pas très enclin avec les actes charitables, mais s'il avait laissé la vie à cet homme, son ancien employeur, c'est parce qu'il l'avait voulus. Parce qu'il savait cet homme bon et non un menteur comme il en avait rencontré pleins d'autres auparavant. La voix faible de celui-ci prononça son nom, sa main s'ouvrant vers le grec pour lui faire découvrir un collier sertie de pierres précieuses, un sourire demeurant sur ses lèvres alors qu'il était aux portes de la mort.

Les yeux du pyromane s'ouvrirent de surprise et il se baissa vers lui, ses sourcils se fronçant.

- J'ai régler ma dette, Arès..., souffla celui-ci.

La main du grec se posa dans la sienne, sans un mot alors qu'il réalisait ce qu'avait fait l'homme pour lui. Il n'avait pas toujours été réglo, mais il ne méritait certainement pas de mourir comme ça. Il aurait voulu lui dire quelque chose avant que la vie ne quitte son regard, mais la surprise était tel que les mots étaient resté bloqué dans sa gorge, réalisant alors qu'il avait eut de l'affection pour lui. Sa main se tendit alors vers les yeux de l'homme exorbité pour fermer ses paupières, d'un geste plein de compassion. L'IRA... Il avait entendu parler d'eux et savait que c'était une organisation terroriste, mais jamais il ne pourrait leur pardonner ce qui était arrivé ici. Il allait les traqués, les brûlés les uns après les autres, leur faire ressentir la même douleur qu'il ressentait à ce moment exact.

Son sang se mit à bouillonner dans ses veines lorsqu'il posa à nouveau son regard sur le collier. Il le laissa à l'intérieur de la main de l'homme qui l'avait côtoyé depuis qu'il était arrivé ici, l'un des premiers à l'avoir sortis de son trou à rat, sans aucune nourriture, ni espérance d'avenir dans cette ville. Il avait été celui qui lui avait donner l'opportunité de se sentir vivant à nouveau et il le vengerais. Il referma la main de l'homme sur le collier et se releva, sans un mot, le coeur lourd et plein de rancune, de colère. Puis alors il repris à nouveau ses pas vers là où s'était en allée Caithleen pour la rejoindre au dehors de ce massacre.

Sa vengeance allait être terrible.
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Messagepar Lora E. Boyle » 14 Mai 2016, 17:18

Ce n'était pas méchant, mais il n'était pas dans les habitudes de la Fille d'Anafiel de faire dans la dentelle ; et à peine Dante, avait il enfoui sa majesté au secret de la nuit embrasée, qu'elle giffla Phèdre.

 « -Mais lâche moi putain ! »


Feula, la petite chatte furibonde, en profitant de la surprise de sa marraine injustement heurtée, pour s'éclipser d'un bond agile qui laissa sur les pavés couverts de cendres multicolores sa paire de jolies sandalettes.

Deux secondes plus tard, le chaos du Cabaret l'embrassait à pleine gueule de son haleine de charbons ardents. Elle était revenue en enfer, dans ce décor méconnaissable. L'or tournait liquide, les pierres chuintaient sous l'effet de la châleur.

Peur, adrénaline. Ne pas réfléchir. Ce qui restait de ses vêtements, du souvenir des mains froides et autoritaires du patriarche Sambre, fut abandonné sur le sol, pour s'y consumer en longs, fragiles rubans de féminité.

Nue en amazone échevelée, elle se faufila à tâtons, les yeux mordus de larmes à cause des fumées acides. Autour de son visage, quelques mèches affolées, s'embrasaient, entre or et cendres. Et chaque fois qu'elle tournait la tête, de gauche, de droite, telle une félinette échaudée, le disque métallique suspendu comme un pendule au bout de sa tresse, se balançait poursuivi par un sillage d'étincelles.

Lorsque cette poutre, surchargée de guirlandes infernales, aux trilles semblables à des lianes porteuses de fleurs de feu, chuta du plafond en entraînant avec elle une portion de la coupole aux fresques fondues, l'Ocelot la sauva. Et la fille d'Anafiel, profitant de l'énergie de sa petite taille d'Animagi, de la prédominance de l'instinct sur la réflexion, s'élança vers les balcons, loin de la grande salle transformée en marmite en fusion, en grimaçant à chaque fois que ses coussinets tachetés se blessaient sur les braises.

 « -Clair !!! »


Dur de crier, lorsque la langue vous brûlait, et que vos poumons se gorgeaient d'escarbilles. Elle était redevenue fille, à la silhouette de bronze souple, au regard perçant sous le hâle grêlé de suie de son visage déterminé. Debout en équilibre sur une rambarde, confiante en cette agilité qui la caractérisait, elle fouillait l'enfer du regard, à la recherche de sa sœur adoptive.

Du trouble de ressentir pour la première fois, les mains d'un maître lui posséder les fesses sans qu'elle ne trouve à y redire, à l'ébahissement devant ce premier aperçu d'une guerre véritable, du chaos ravageant son petit monde de luxe et de vanité policés, elle ne savait ce qui était le plus inquiétant dans cette soirée.

Lorsque le balcon s'effondra, elle s'envola, et sur son corps énergique, quelques tatouages se déployèrent en dauphins bondissant, en rossignols agiles, en lianes fouets, afin de lui donner l'impulsion nécessaire à franchir cette folle distance la séparant d'un lustre auquel elle se suspendit.

De Clair nulle trace. La Reine Rouge était elle sortie par une autre porte dérobée ? Agonisait elle sous dans un cercueil de flammes ? Trop de bruits, de craquements, de vrombissements, d'éclats dans les yeux, de parades de papillons aveuglants, de pluie de débris, de guêpes étincelles, de fumées épaisses remontant dans ses narines effarouchées.

Quand à la chaîne du lustre, fragilisée par les fissures dévorant le plafond, striant de gouffres, de bubons soufrés ces fresques lascives qui avaient émerveillé les convives daignant lever les yeux vers la coupole, elle menaçait de céder.

Elle chuta. Fondant par réflexe ses tâches de rousseur, dans la toison légère et tachetée de l'Ocelot plus à même de retomber sur ses pattes. Et elle espérait en voyant se rapprocher dans le bourdonnement affolé de sa chûte la gueule embrasée du sol, que les Neuf Vies des félins, ne soit pas une énième promesse sans fondement.

Les bras de Clair se refermèrent sur la petite boule de poils. Lui offrant un abri de chairs chaudes, d'odeurs familières, de formes charnues, maternelles aux creux desquelles, elle enfouit son museau enfumé en jouant de pattes griffues, sur l'insondable masque dorée penché sur elle dans le contre jour du rideau de flammes.

J'étais venue te sauver... Ronronna l'animal, trop fatigué, pour faire autre chose que s'en remettre à la foulée déterminée de son aînée les emportant loin de ce fracas.
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Messagepar Zephyris Ashfield » 20 Mai 2016, 22:24

Un éclat, puis le chaos. Une flèche de feu qui perce les tympans jusqu’au crâne, jusqu’au fond de la masse grise, épileptique du cerveau qui déconnecte.

Noir.


Lorsque l’Indienne reprend connaissance, la réalité bat comme les entrailles ouvertes d’un oiseau sous la lame des haruspices – quelques instants hébétés qui s’étendent, s’étendent, s’étendent en longueur. Autour, un crépitement lui parvient comme au fond d’une forêt profonde, moitié éteint par l’armée des arbres. Elle porte la main à son front brûlant. Moite. Brun ? Non, rouge. Rouge sang, scintillant sous les reflets des breloques mangées de flammes.
Frappant les mains au sol, elle se hisse d’une seule, puissante pulsion en position accroupie. Aussitôt, les relents charbonneux lui agressent les yeux et les narines. Clignement de paupières. Toux sourde. Elle se projette de côté, à l’instinct, dans la direction du tigre qui s’est tiré des limbes en même temps qu’elle, et plonge le visage dans les poils tout collés de noir.

Odeur de cendres douces. De fauve roussi. De sueur et d’adrénaline. Un instant, le nez contre le corps vivant de la bête, cœur battant au rythme de ses veines à lui, Zephyris contemple le spectacle fantasmagorique de l’incendie ravageant les mignardises du cabaret rubis. Les feuilles sucrées se rabougrissent, puis éclatent en petits nuages de poudre noire au-dessus des flots deux fois ambrés. L’incendie mange. L’incendie boit. L’incendie dévore toute cette mascarade de joliesse, ces rideaux, ces tentures. Nourrie par une rivière d’alcool, une flamme s’élève brusquement, jusqu’à lécher le visage souriant d’une statue – effaçant ce sourire niais, qui coule à présent par les bords.
Alors, au plus profond de la poitrine sauvage, quelque chose éclate de rire.

Une quinte de toux féline interrompt cet élan d’enthousiasme. Si satisfaisant soit le spectacle – au temps pour elle ! les cabarets londoniens valent parfois le détour – reste qu’il fait sacrément chaud. Sans compter les effluves empoisonnés que les flammes arrachent aux choses. Tous fauves qu’ils sont, ils ne tiendront pas bien longtemps.
L’instinct les rattrape. Les voilà qui rampent, jambes puissantes projetant leurs corps tout maculés de noir entre les cadavres. Pour certains, l’apothéose fut de courte durée. Si elle se rappelait pour quoi elle est venue, Zephyris s’amuserait de ce cadeau d’anniversaire explosif ; mais l’explosion a balayé jusqu’au souvenir de la reine rouge.
De toute façon, elle ne se demanderait même pas où elle est. Encore moins si elle se porte bien.

À mi-chemin de la sortie, un chuintement accroche l’oreille échaudée.

- Aaa… Aid…

Un regard de bronze liquéfié par les flammes se coule entre les corps, jusqu’aux lèvres qui se plaignent. Sous le tronc effondré d’un arbre factice, une silhouette tremblote. Prise au piège. Un genre de rat, long et maigre, cage thoracique écrasée par le décor. Une branche, en s’arrachant, lui a défoncé le crâne. De sa blessure jaillit comme un masque pourpre qui lui couvre la moitié de la figure, et fait briller la terreur jaune de son regard.
Zephyris plisse les yeux. Déjà vu quelque part, mais où ?
Oh. Tant pis.

Elle tend une main miséricordieuse vers ce visage emplit d’une terreur au-delà des mots. Elle sourit presque. Étrange. Terrible et pathétique comme une statue de bronze noirci, dans cette géhenne qui magnifie la belle teinte de sa peau. Un bref instant, la pauvre victime écrasée semble soulagée.

- Aidez-moi, appelle-t-elle encore, dans un sifflement de poumon percé, rassuré déjà. Elle va le sauver. Oui, elle. Il la reconnaît.

La régente d’Émeraude va le sauver.

Les dieux en soient témoins, il la couvrira d’or. Il est riche ! Il renflouera cent fois les caisses de la faction des arts. On l’appellera mécène. Il donnera la moitié, et à sa mort, lèguera tout le reste : tout, tout, pour sa sauveuse ! Voilà ce qu’il dégoise, à moitié audible dans le vacarme des flammes et des hommes ; et Zephyris se tend vers lui à mesure, prêtant l’oreille à la douce musique chuintante de sa voix de jeune homme. Ses doigts coulent sur la joue mouillée de sang et de larmes, flattent la mâchoire tremblante de gratitude, grattent le cou où meurt un souffle…

Lorsque le pouce de l’Indienne trouve sa trachée, l’héritier rubis écarquille les yeux. Une pression plus tard, son regard se voile.

D’un coup de museau, Eurus presse sa sœur qui s’attarde à abréger les souffrances des perdus. Pourquoi perd-elle son temps, à la fin ?

Quelques instants plus tard, la régente retrouve le chemin de son domaine, d’un pas traînant, appuyée sur l’immense peluche aux poils tout collés en petits paquets noirs. Soigner les blessés ? Qu’ils crèvent. Qu’ils crèvent tous.
Décidément, ces excités de l’IRA lui plaisent de plus en plus.
Zephyris Ashfield
 



Messagepar Clair de Nuit » 21 Mai 2016, 17:40

Incrédule derrière l’épais métal de son masque facial, la Reine Rouge observait la régente Ashield lui répondre avant de prendre à son tour la parole, doucereuse et raffinée, égale de politesse et d’affabilité :

« C’est proprement incroyable ! »

S’exclama-t-elle, admirative en s’approchant d’un pas gracieux de son interlocutrice :

« L’on m’avait jadis conté au coin du feu des mythes parlant d’esprit aussi abscons et étriqué que de manières grossières digne de l’aube de l’humanité moldue mais jamais je ne m’étais trouvé en présence d’insuffisance intellectuelle aussi incroyable que la votre. Vous défiez les légendes, ma pauvre enfant. »


Son regard bienveillant se détacha de la demoiselle pour embrasser les lieux aimés d’un arc de grâce :

« Tout ici est vrai, petite fille, mais la profondeur de cette véracité échappe certainement à vos yeux trop jeunes pour la lumière complexe de la civilisation. Ah, si seulement vos manières de souillonne ne vous avaient pas tiré du silence qui aurait pu laisser planer quelques doutes quant à la vacuité de votre esprit. Qu’il est dommageable toutefois qu’une sublime inaptitude de votre genre soit à la régence de l’Emeraude. »

Une arabesque charmante déposa le dos tendre de sa longue main hâle sur la joue de l’impolie :

« Quel sorte d’artiste êtes-vous, je me le demande. Il doit être si ardu de créer dans le si minuscule espace de votre conscience mais je m’égare, votre petitesse me donne le vertige à contempler l’ailleurs alors pardonnez ma révérence, Régente déficiente mais il doit vous être aussi pénible de me comprendre que pour ma part, d’articuler à l’excès pour votre béatement. Profitez de la soirée, il y a de quoi nourrir vos autres attributs moins lacunaires au buffet à volonté. Exquise soirée, très chère. »

Mouchée l'arrogante qui pensait pouvoir être si irrespectueuse dans la Maison qui l'invitait, il était bien temps que quelqu'un lui apprenne les bonnes manières à cette jolie morveuse mal intégrée, mal informée, mal élevée. La Courtisane masquée s’éclipsa d’une ravissante inclination qui courbait joliment son dos souple, paré d’huile dorée avant de se détourner en délicatesse. Dans l’ombre de son regard drapé de cils noirs, elle percevait de nombreux sentiments diffus ci et là, son radar à émotions captant des vagues plus intenses quelques parts dans les alcôves secrètes du Cabaret. Mais ce que cherchait la Voyeuse des cœurs était l’emprunte de la sœur, la protégée, la Prunelle, l’Espérée. Sa brève conversation avec la discourtoise Régente l’avait distraite de ses attentions à l’immatériel, à l’impalpable et elle avait perdu trace de Lora dans la foule d’expressions de l’âme. Quelque chose l’inquiétait, la tourmentait, inexplicablement. La certitude qu’elle devait la retrouver dans la foule de plus en plus compacte d’invités. Instinctive dans l’urgence, Clair de Nuit projetait plus volontiers ses pouvoirs que son regard, couvrant plus grandes distances, précise et aiguisée par l’entrainement, forçant l’intimité ci et là, sans scrupules ni regrets :

* Où es tu sœurette ? *

Remontant une piste brûlante d’empruntes singulières, la Brune fut brutalement interrompue par la puissance d’une violence mentale dévastatrice qui la percuta avec tant de force qu’elle perdit l’équilibre, se raccrochant à une colonne blanche, ses mains plaquées contre son front pulsant d’une douleur terrible. Une menace, une menace meurtrière qui l’oppressa d’une terreur aussi soudaine qu’irrépressible :

« Lora… »

Gémit-elle, faiblement. Loin d’elle pourtant, la volonté de détruire, la rage blanche de la vengeance en marche se fit aussi cruelle qu’un poignard en plein cœur. Quelques mots qu’elle n’entendit pas vraiment, terrassée de douleurs avant qu’une formidable explosion n’irradie les lieux.
Clair de Nuit fut sauvagement projetée à terre, heurtant de plein fouet une porte de bois tendre qui céda sous le souffle de l’explosion, emportant corps et débris, chair et lambris loin dans un couloir adjacent. Des sifflements stridents hurlèrent dans sa tête, ses tympans blessés sourds aux hurlements et aux agonies. Un cauchemar ouaté… Leur peur, leur douleur, leur incrédulité mais aussi du courage, de la volonté et l’entraide se déversaient dans sa tête en torrents incontrôlables. Elle plongeait, plongeait sans répit dans les eaux troubles des sentiments qui l’entouraient à la recherche de sa sœur. Etait-elle en sureté ? Ils étaient trop nombreux à saturer ses facultés et l’Empathe demeurait trop troublée pour se protéger de cet afflux dangereux. A contre cœur, elle dégagea son pouvoir. Le silence des âmes lui était difficile. Les voix, les cris, ces râlements auditifs lui semblaient en comparaison si difformes. Si grossiers.

Péniblement, la Rubis se leva, ses longues mains hâlées couvertes de sang et de poussières, ses genoux bleuis d’hématomes. Un appel du Loup loyal qui la cherchait et auquel elle répondit brièvement, déséquilibrée. Morzan ferait le nécessaire, il était fiable et compétent, digne de confiance et efficace, sans hésitation à travers le rideau de fumées âcres, elle lui transmit ses instructions avant de couper l’émission, submergée par le puissant courant d’autres pensées agitées qui lui brouillaient l’esprit.
L’odeur infernale de la combustion la gifla, cinglante tandis que de la sueur ardente ruisselait en grosses gouttes derrière le métal bouillant de son masque. D’un geste maladroit, la Courtisane masquée se déchaussa et bondit dans l’escalier de velours menant à sa chambre. Elle ne portait aucun linge d’une largeur susceptible de la protéger des fumées mais qu’importait, l’intrépide n’était plus très loin.

Sa magie déverrouilla la serrure de sa chambrée et la Belle s’élança en son sein. Rapide et déterminée, elle fouilla la cache secrète de son bureau pour récupérer une précieuse chemise de cuir nouée dans laquelle reposaient d’inestimables documents signés de la main d’Anafiel même. Le feu s’était propagé dans l’escalier et Clair de Nuit ne pouvait plus s’enfuir par le chemin d’aller. Sans hésiter, la Reine Rouge s’élança sur la balustrade lorsqu’elle aperçu la silhouette féline de Lora. Agile comme l’ombre, longue et belle comme un mirage dans ce décor d’enfer. L’adrénaline se mélangea à l’admiration puis à la joie pure de la savoir en vie. S’arrachant à la contemplation, la Reine Masquée glissa la chemise de cuir dans l’élastique doré de son string et s’élança dans les airs, attrapant une longue langue de soie destinée au numéro d’acrobatie qui avait miraculeusement échappé à l’incendie. Enroulant ses jambes satinées pour amortir sa chute, Clair de Nuit se balança jusqu’à arquer sa trajectoire directement sur l’oceline, la capturant dans son déséquilibre. Le choc lui coupa le souffle mais elle tint bon, le trésor avait trouvé son écrin. Sa peau brûlante sous la fourrure lui offrit un regain de détermination et de force lorsqu’elle s’élança à travers l’une des fenêtres ovoïdes de l’étage, se ramassant sur Lora pour la protéger de son corps :

« Courageuse petite sœur. Te voilà entre de bonnes mains, maintenant. »

Plus personne ne te fera de mal. Je te le promets...
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