[Intrigue] London Beach (ouverte à tous)


Un beau matin Magicopolis se réveilla les pieds dans l'eau. D'une brèche entre les mondes un océan avait étiré ses vagues jusqu'à noyer les rues. Le Soleil. Enfin. Et la plage pour des milliers de sorciers. Entre strings, nymphes topless, et match de volley sorcier.


Messagepar Le Conseil des Neuf » 09 Juil 2015, 00:44

London Beach

"Sous les pavés, la plage."

Image


L'intrigue est ouverte à l'ensemble des personnages validés ! N'hésitez pas à y ramener autant de comptes que vous voulez :heart:

(Elle est localisée dans le sous forum "monde extérieur" dans la mesure où la plage encercle les Neuf Quartiers).

Dragon de sable




La grosse limousine noire, avec ses vitres fumées, sa calandre en forme de mufle de dragon et son bouchon de réservoir d'onyx, s'arrêta en souplesse tout au bout de la jetée bordant l'océan. Sous ses roues, les énormes blocs de pierre bétonnés à la hâte pour protéger le Londres sorciers des ravages de l'érosion, avaient laissé place à un sable doré, très fin, qui réverbérait la chaleur et la lumière. Le premier le chauffeur en descendit. Il avait beau porter des lunettes de soleil, et une casquette d'uniforme frappée du Saurien ailé de la plus sombre des factions, il ne put s'empêcher de grimacer face à tant de soleil. Jamais le ciel n'avait été aussi bleu. Si limpide, si chaud, que l'air paraissait onduler et trembloter. Et lui pauvre serviteur, engoncé dans un costume trop étriqué pour sa musculature de barbare de l'Est, suait à grosse gouttes. Son premier soin fut d'éloigner tout ces petits galopins, qui attirés par les reflets écaillés de la carrosserie, tournaient déjà autour de la luxueuse berline en émettant force de gloussements et de plaisanteries au sujet de l'identité supposée du VIP transporté. Ceci fait, il prit une grande inspiration, resserra un peu trop le nœud de sa cravate, redressa les épaules, s'assura que ses gants soient parfaitement ajustés, et d'un geste souple, assorti d'une révérence stricte et professionnelle, déverrouilla les différentes protections runiques qui protégeaient sa passagère.

Une jambe après l'autre, sa main délicatement posée sur le bras galant de son garde du corps, Valériane s'extirpa de l'habitacle. Ses tongs, dont la semelle était frappée d'un adorable Dragon à l'esthétique tribale, claquèrent sur le sable brûlant. Il lui fallut quelque secondes d'adaptation pour passer du cocon de cuir douillet de son habitacle qui sentait encore le neuf, au brouhaha entêtant d'une Londres battue par les flots. Dans le lointain des immeubles aux fondations rongées de sel s'effondraient dans un fracas assourdi, qui soulevait d'énormes gerbes d'eaux sur lesquelles des surfeurs sorciers, ravis, rivalisaient d'adresse. De ses narines racées, la tête rejetée en arrière dans un abandon charmant aux rayons qui la nimbaient de lumière et de chaleur elle inspira longuement. Le simoun surgi de l'horizon turquoise était salé. Il portait en ses suaves rafales quelques parfums de varech desséché, d'embruns amères et de peaux bronzées alanguies sur un matelas de sable fin. Il faisait si beau. Le soleil toujours à midi, qu'il fasse jour, ou qu'il fasse nuit sur le reste de la ville était aveuglant. Et sa réverbération sur la mer sans cesse mouvante, faisait crépiter des étincelles à la crête des lames qui s'écrasaient sur la grève. Tant de couleurs, tant de vie pour elle qui depuis des années n'avait connu que les ternes ténèbres de son Onyx.

Marcher sur le sable meuble qui s'écoulait sous ses semelles en petit ruisselets, ne lui posait aucune difficulté. Elle avait la démarche d'une amazone paresseuse. Tout en souplesse et en détermination. Sur son nez aquilin, elle avait vissé de grosses lunettes de soleil. Mais même vu depuis le voile filtrant des verres réfléchissants, le spectacle de cet océan jailli de nul part, qui rongeait Londres était splendide. Elle se passa une main dans les cheveux, coinça une mèche d'ébène derrière une oreille percé d'une créole d'un métal mate. Son chauffeur ne l'avait pas accompagnée. Il demeurait debout, le dos très droit, accoudé à la carlingue brûlante de son véhicule à regarder avec autant d'admiration que d'inquiétude, la belle silhouette de sa suzeraine se fondre dans le labyrinthe de serviettes étalées. Il faisait chaud, mais l'haleine de l'océan enveloppant la peau de la jeune femme hâlée par le souvenir de tant de batailles, était comme une caresse. Autour d'elle les pans floutés de la fine étole noire la couvrant claquaient au vent comme une bannière. Valériane était dans la foule. Valériane était seule.

Lorsque un souaffle de beach volley sorcier, s'échoua entre ses jambes au grand dam du beau sportif à l'origine du tir maladroit, elle se contenta de le contourner avec un naturel gracieux. D'une enjambée déliée, sans hésiter, ni trembler, elle enjamba les fortifications de sable de deux enfants occupés, à rejouer la guerre entre Perle et Diamant. Il y avait tant de monde. C'était à croire que tout Londres, oubliant la moitié de la ville avait été engloutie par les vagues surgies du néant, s'était regroupé sur cette bande de sable dorée qui ceignait d'exotisme la magicopolis. Un groupe d'Emeraudes, facilement identifiables à leurs maillots bigarrés, n'en crurent pas leurs yeux lorsque la Rusée fendit leurs rangs. Et lorsqu'elle s'éloigna, ils regardaient toujours bêtement leurs joints se consumer sans plus oser y toucher. Il y eu aussi quelques drames d'été. Comme lorsque Valériane, attira à elle les regards captivés d'une dizaine de garçons jusque là occupé à rivaliser de roulement d'épaules et de contractions d'abdominaux, pour séduire une paire de Rubis faussement ignorante de l'effet produit par leurs corps dénudés vautrés sur le sable. Sans parler de ce Saphir qui trop occupé à regarder passer la Féline, en oublia qu'il était en train de badigeonner de crème solaire le corps cadavérique de son épouse, déjà rouge comme une écrevisse. Mais Valériane dont le regard disparaissait sous les verres réfléchissants de ses grosse lunettes de soleil, ne vit rien de tout cela. Elle n'avait d'yeux que pour cet océan gigantesque, qui mêlait son horizon turquoise au ciel limpide et l'appelait de son souffle rauque.

Lorsque l'ardeur du sable gorgé de soleil, laissa place à l'humidité de la grève martelé par le fracas des rouleaux elle se débarrassa de ses tongs. L'eau, les touts petits éclats de mica, ruisselaient entre ses orteils en la chatouillant. Elle ne frissonna pas au contact des vagues venant lui lécher les chevilles. La mer était fraîche, mais la Panthère avait l'habitude des hivers australs autrement plus cinglants. Elle ôta ensuite ses lunettes, en les laissant simplement tomber dans le bouillonnement d'écume telle une offrande au père Neptune. Derrière elle c'était tout un attroupement de baigneurs qui la suivait, en conservant une distance prudente. Face au flot indomptable, le vent était plus fort. Il venait du large, de cet horizon liquide qui avait englouti tout le sud de l'Angleterre. Les cheveux de la grande brune claquaient autour de son visage et s'étiraient derrière elle, en une longue traîne d'ombres soyeuses. La Ténébreuse inspira encore. Tant d'odeurs. Tant de parfums. Le sel des embruns, l'amertume des algues, mais aussi les épices d'îles lointaines, le santal de terres vierges. C'était grisant. C'était enivrant. Elle s'avança en fendant l'ondée miroitante. Belle et majestueuse, face à ce panorama de lumière, qui avait le vertige de l'inconnu.

Alors que l'eau lui arrivait désormais aux genoux, elle se retourna. Ses yeux bleus, effilés comme ceux des félins, embrassèrent de leur acuité perçante la foule des spectateurs qui avait formé un demi cercle autour. Elle détailla leurs sourires, s'arrêta sur leurs corps bronzés, ou rouges de brûlures, remarqua le panachage des maillots de bains divers. Puis elle observa plus loin. En direction de la plage noire de monde, où toute une ville, qui goûtait pour la première fois aux baisers d'un soleil aveuglant s'était regroupée. Elle vit les petits qui jouaient avec le sable. Elle vit les marchands à la sauvette vendant des contrefaçons Rubis. Elle vit la mosaïque de serviettes blasonnées des couleurs des Neuf Maisons. Enfin elle contempla Londres. Sa ville. Cet amoncellement de buildings, de tours crénelées, de forteresses et de manoirs aux toits dorés, qui s'élevait bien haut sous l’inondation marine. Les façades frappées de face par le soleil paraissaient se consumer en un incendie gigantesque. Ce n'était plus une mégalopole, c'était un brasier, un phare, le plus grand, le plus majestueux, dont l'éclat couvrait cette mer encore vierge.

On avait arrêté de parler. On avait arrêter de jouer. On attendait qu'elle décide. De bouche à oreille, entre paresseux et entre baigneurs, on s'était transmis le silence. Il n'y avait plus que l'océan pour bruisser et rouler de son souffle de tempête. Les vagues s'élevaient, se gonflaient sur l'horizon. A leurs crêtes couraient des cavaliers à la crinière d'écume. Et puis de concert elles s'écrasaient entre les jambes de la Craft immobile. Alors très lentement Valériane qui avait jusque là conservé les bras resserré sur sa poitrine, les écarta. Une bourrasque lui arracha cette étole qui la drapait. Le tissu noir s'envola bien haut porté par la brise marine. Dessous elle portait un bikini d'une sombre simplicité, qui mettait en valeur la grâce combattante de sa silhouette. Quelques murmures bien vite étouffés saluèrent l'éveil de ce gigantesque tatouage de Dragon qui lui dévorait le dos. Animé, ciselé jusqu'à la plus petite écaille, le reptile d'encre, aux anneau lovés autour des muscles de la matriarche, parut s'étirer. Toutes ailes écartées, il goûtait lui aussi à l'ivresse de cet océan qui le défiait de sa puissance.

Un sourire sincère. Espiègle et rusé étira les lèvres charnues de la Ténébreuse. A la foule elle lança d'une voix claire, qui chantait comme les légendes d’antan et se mêlait au ronflement marin « -Le Dragon ne dort jamais. Mais il a aussi besoin vacances. » Et d'un plongeon de sirène, elle disparut sous l'ondée mouvante.

L'été c'est magique


Qui, quoi, comment. Les sorciers sont au dessus de ces questions bassement triviales. Sachez juste qu'une nuit, le voile séparant les différentes réalités s'est déchiré. Et que dans cette béance s'est engouffré tout un océan. Une moitié d'Angleterre a été recouverte. Une moitié de Londres a été engloutie par le flot turquoise.

Les Neuf Factions n'ont pas attendu pour réagir. En un Conseil Extraordinaire elles se sont mises d'accord sur les détails en négligeant comme de coutume l'essentiel. Ce n'est pas la première fois qu'une telle catastrophe manque de réduire la ville de la carte. On ne va pas s'affoler pour un peu d'eau salée. Et il est bien connu que les magiciens sont d'un flegme légendaire.

-A l'Améthyste est revenu le soin de légiférer sur les heures de baignade, pour ou contre la cigarette sur la plage, quelle amende pour sanctionner les baigneurs oubliant leurs déchets sur le sable.

-Les Diamants se sont chargés de dompter le flot. Il n'a fallu que quelques heures à l'armée de leurs automates pour élever des digues et préserver les lieux emblématiques de la cité.

-Les Opales ont construit des phares pour guider les énormes pétroliers qui portés par les flots errent désormais entre les immeubles.

-Les Emeraudes ont organisé des fêtes sauvages, raves, et autres boîtes de nuit à même le rivage.

-Les Rubis ont innondé le marché de lunettes de soleil, maillots et autres accessoires estivaux.

-Les Perles se sont regroupés en collectif pour la préservation du littoral et la protection des espèces marines.

-Les Saphir font la collecte des centaines de cadavres noyés qui témoignent du manque d'habitude des Londoniens exposés au courroux de l'océan.

-Les Ambres ont mis au point divers crème solaire pour protéger la pâleur des sorciers anglais ; sans parler de leurs talents bienvenues pour gommer la cellulite et rehausser la poitrine.

-Quand aux Onyx, ils sont devenus des gloires de tout les sports de plage, impressionnant chacun par leurs prouesses musculeuses.


En bref, si une moitié de la ville majoritairement sorcière (et donc magiquement protégée) demeure inchangée avec son climat pourri, sa pollution au charbon, sa Tamise dégueulasse, et ses luttes fratricides. L'autre moitié (pauvre petits moldus submergés) a été remplacée par une gigantesque plage de sable dorée. Où le soleil brille à toute heure. Où les corps nus folâtrent dans des eaux turquoises.
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Messagepar Endal » 09 Juil 2015, 03:10

Elle n'avait pas jeté un seul regard à la limousine lorsqu'elle passa à côté de cette dernière, et même si elle l'avait fait, le véhicule ne l'aurait en rien préparée au choc. Car à l'instant où Endal retira ses chaussuress pour marcher avec plus d'aisance dans le sable chaud, à savoir arrivée à mi-chemin entre la pointe de la digue et l'arrivée des vagues, et que ses pieds touchèrent le sol, elle aperçut le dos de sa Matriarche, tatoué de ce Dragon d'encre vivant, disparaître dans l'océan. Comme les autres, elle s'était arrêtée à l'instant où elle la vit, même si cela ne dura qu'un instant. Comme les autres, elle ne pensait pas la voir présente ici, parmi tout ce monde. Et, comme les autres, elle sortit de son étonnement à l'instant où la Dragonne disparut sous l'immensité de l'étendue bleue qui s'étalait jusque l'horizon, là où ciel et terre, ou, en l’occurrence, ciel et mer se rejoignaient.

Chaussures dans une main et serviette dans l'autre, la jeune fille se contenta d'observer la marée humaine en perpétuel mouvement dans laquelle elle s'était fondue. Et malgré ce monde déjà présent, les Londoniens continuaient d'affluer en masse pour peupler encore plus la plage qui s'étaient imposée à la capitale, et il y avait tellement de monde qu'Endal avait été obligée de garer sa moto en retrait de la digue côté Londres pour la longer à pieds, et ainsi pouvoir rejoindre la plage. Là où elle se sentait nu. Car si cela lui avait fait tout drôle de marcher sans talons et en n'étant pas pieds nus, ce dont elle n'avait pas l'habitude, ce qui lui était le plus étrange était le fait qu'elle ne portait pas son collier. Sous le poids de la chaleur, elle avait renoncé à le mettre autour de son cou, et malgré son bikini, dont ses tétons piercés pointaient sous son haut et tendaient le tissu d'un noir métallisé, qu'elle portait sous son mini-short et cette chemise, ouverte, d'homme trop grande pour elle, à la teinte pastel contrastant fortement avec la couleur qui dominait sa garde-robe habituelle, elle se sentait encore moins vêtue que ces filles qui se baladaient en string le long de la plage et exposaient leur poitrine nue au soleil.

Quant à la fleur de dahlia noir qu'elle arborait quotidiennement, elle avait également disparu à l'instant où elle démarra sa moto et s'engouffra en trombe dans les rues, qui n'avaient pas été touchées par l'océan, de la Magicopolis, tandis que ses cheveux attachés en une haute queue de cheval volaient derrière elle. Sous le coup de l'accélération subite, la fleur s'était détachée de sa chemise pour s'écraser sur le sol, et la jeune fille n'avait remarqué cette absence à son cœur qu'une fois le moteur de sa moto éteint. Mais pour elle qui n'avait jamais vu l'océan, ou du moins un si bleu, si clair, si inhabituel du dégueulasse quotidien, autrement que sur des cartes et photographies, ou dans des livres illustrés pour enfants, ce détail n'importait que très peu. Car l'excitation de pouvoir toucher le sable, le sentir sur sa peau, et profiter des vagues, ainsi qu'avoir la chance d'apercevoir de loin la Dragonne et de la savoir présente, avait tout balayé derrière elle.

Tandis qu'elle cherchait un emplacement libre dans cette marée de serviettes de plages, étalées les unes à côté des autres, Endal n'avait pu manquer la Matriarche Saphir étendue sur une longue serviette aux couleurs de la faction qu'elle dirigeait. A l'ombre d'un parasol, afin que sa peau blafarde ne s'orne pas de coups de soleil, Dramira, des lunettes de soleil sur le nez, était allongée sur le ventre, ses seins opulents écrasés contre sa serviette, à peine vêtue d'un string, et profitait des mains d'un jeune homme qui lui étalait de la crème solaire sur l'arrière des cuisses. Et si le parasol sous lequel elle était allongée la protégeait intégralement du soleil, il empêchait également Endal de voir le visage de celui qui était dévoué à Dramira en cet instant, même s'il lui serait aisé de le découvrir si elle se penchait un peu.

Mais là n'était pas sa réelle curiosité. D'autant plus que quelqu'un la bouscula, ce qui la tira de sa contemplation. Et si elle voulait chercher le responsable, il se dénonça lui-même en lui hurlant un « Pardon ! » audible par-dessus le murmure de la foule, tout en agitant le bâtonnet de glace qu'il avait à la main, tandis qu'il fit quelques foulées à reculons pour attirer son attention. Avant de se retourner et de se ruer vers la scène érigée plus loin sur la plage. De là-bas crachait de la musique plein les enceintes, et une foule amassée devant les musiciens survoltés sous le poids de la chaleur et l'excitation de l'océan. Y compris ce garçon blond qu'elle connaissait. C'était un Emeraude, un peintre, avec qui elle avait eu une altercation lorsqu'elle l'avait surpris en train de peindre sa moto d'une énorme plante carnivore. Sa bécane d'ailleurs ne s'en était toujours pas remise, étant donné qu'une tache de peinture violette, horriblement criarde, n'était pas encore partie malgré le fait qu'elle avait forcé ce peintre à la nettoyer, et qu'elle-même avait passé beaucoup de temps dessus également.

Son short de bain multicolore, malgré le vert dominant, était facilement reconnaissable, et Endal suivit le peintre des yeux jusqu'à ce qu'il parvienne à l'orée de la foule dansante devant la scène, pour y disparaître. Et de cet amas de corps, la jeune fille parvint à apercevoir Ava. La grande Ava, vêtue d'une robe blanche transparente, qui se perdait sur le son de la musique. Et si l'esclave de son professeur de biologie, qu'il aimait appeler son assistante durant ses cours, était présente à la plage, cela signifiait qu'il l'était également. Et Endal put vérifier aisément cette théorie lorsqu'elle entendit des gloussements féminins derrière elle, provoqués par une plaisanterie que son professeur avait lancé à un groupe de jeunes femmes, dont une partie était composée d'étudiantes, tandis qu'il construisait un énorme château de sable avec elles.

Devant le spectacle, navrant à ses yeux, de son professeur faisant le paon devant la gent féminine dans son short de bain blanc orné d'une multitude de petits rouages, comme s'il se prenait encore pour un enfant ou un jeune garçon dont la mère choisissait encore les vêtements, Endal reprit son chemin jusqu'à ce qu'elle trouve un endroit où elle pouvait poser sa serviette. Mais, tandis qu'elle l'étalait sur le sable pour jeter ses chaussures juste à côté, ainsi que sa chemise, une étudiante de sa maison s'approcha d'elle pour lui proposer de la rejoindre, ainsi que d'autres étudiants du Dahlia, dans une partie de beach-volley, à l'instant où leur ballon alla, suite à une mauvaise inclinaison du poignet d'un des joueurs, s'échouer dans l'océan.

Mais le ballon revint bien vite sur la plage, lancée par une femme profitant de la présence de l'océan, en se laissant bercer par les vagues, à l'aide d'une bouée dans laquelle elle se trouvait. Celle-là aussi, Endal la connaissait pour l'avoir vu, alors qu'elle traversait les toits sous sa forme animale, égorger un homme dans une ruelle. Un homme qui, si la jeune fille avait bien entendu, voulait la ramener de force dans une faction qu'elle avait quitté. Mais ses contemplations s'arrêtèrent là. Car le beach-volley n'attendait pas.
Endal
 



Messagepar Wiccan H. Cathares » 09 Juil 2015, 20:45

RIP
Wiccan H. Cathares
 



Messagepar Nawel O'Milgaï » 11 Juil 2015, 00:22

    Jadis, elle avait été nourries de légendes, auxquels l'enfant avait cru, mais dont l'adulte avait fini par douté, même si elle-même les racontait toujours autour d'un verre de rhum ou de vin, au détour d'un couloir ou d'une rue, riant avec les marins, éblouissant les plus jeunes et déclenchant parfois le scepticisme des plus aigris des londoniens. Et pourtant, qu'ils avaient tord d'être sceptiques, visiblement, tout comme elle avait eu tord d'avoir des doutes ! Elle en avait rit pourtant, parfois, souris, souvent, de cette fameuse Mer de l'Été, où le soleil brillait toujours, où il n'y avait ni pluie ni froid, et où les indigènes, vivant généralement sur des îles, étaient toujours heureux et plein de joie. Des contes inspirés par l'Afrique, ou peut-être par quelque terre extra-océanique, des récits de marins anciens qui avaient vu l'Inde ou les îles et archipels d'Asie, qui au fil du temps avaient été embellis par des générations de loups de mer adorant les bonnes histoires. Une théorie parfaitement possible, et pourtant. Pourtant, en ce moment même, ses ailes la portaient au-dessus d'une plage qui aurait pu être celle d'une Île de l'Été, surgie soudain de nulle part. Certes, elle n'avait jamais entendu parler d'une légende où cette fameuse Mer de l'Été était itinérante, mais elle n'avait aucun doute sur le fait que cela serait bientôt rectifié, par elle comme par d'autre !

    Quand elle avait entendu parler de la mer qui partait à l'assaut de Magicopolis, Nawel n'y avait d'abord pas cru, et quand finalement elle avait vu cela de ses propres yeux d'oiseau s'était ces mêmes yeux qu'elle n'avait pas tout de suite cru. Cela ressemblait tellement à un rêve qu'elle aurait pu faire, voir son océan bien aimé venir lécher les barreaux de la prison qu'était à moitié pour elle la terre ferme, quelques soient les circonstances. Une prison qui avait d'ailleurs bien faillit être submergée, et qui l'avait été en partie, mais les puissants techno-sorciers de Londres ne s'étaient pas longtemps laissé troubler par cet assaut marin, et ne s'étaient certainement pas laissé noyer. Ils avaient érigé une puissante digue de béton enchanté, emprisonnant l'océan à l'extérieur de celle-ci, et laissant les plus pauvres se faire submerger quand ils ne s'étaient pas mis assez vite à l'abri. C'était bien triste, sans doute, mais pour le moment la pirate devait bien avouer qu'elle ne s'en souciait pas beaucoup. Elle avait depuis toujours été habituée à l'idée que la mer était une maîtresse impitoyable et le bel océan un monstre sans pitié, et elle était bien trop heureuse de pouvoir facilement naviguer et plus facilement encore pouvoir s'envoler au-dessus des flots pour avoir l'esprit prêt à accueillir quelque idée noire que ce soit.

    Lorsque la Reine d'Onyx pétrifia la plage entière de sa prestance, de son aura, avant de plonger dans l'onde, la blonde ne la vit pas, ou plutôt ne la vit que d'en haut, et ne compris pas tellement ce qui s'y passait. Elle était un oiseau alors, et le temps qu'elle vire doucement sur l'air chaud et ne descende lentement vers le sol en cercles majestueux, la belle avait déjà plongé dans l'océan. Elle se posa en douceur de là où elle avait décollé, et où elle était venue avec un petit groupe d'élève de dernière année de sa maison. Un garçon, plus particulièrement, avait été chargé de garder son maillot, et ce fut derrière celui-ci qu'elle se posa. Mais il fixait encore l'endroit où la sublime femme avait disparu dans la mer quand elle reprit forme humaine et, malicieuse, elle vint se coller dans son dos, sa poitrine s'écrasant contre sa peau alors qu'elle lui mordillait l'oreille.

    « Alors, on néglige mon petit spectacle personnel ? Il ne te plaît plus ? Je devrais peut-être en gratifier quelqu'un d'autre... »

    La voix de la pirate était plein de malice, et son ami se dépêcha de protester, se retournant rapidement pour profiter du dit spectacle et tenter de la prendre dans ses bras. Avec un rire amusé, elle se déroba, mais lui vola rapidement un baiser avant de s'écarter. Elle le laissa mater quelques instants, écartant les bras pour le laisser tout découvrir – lui ainsi que d'autres mâles alentours, également ravis du spectacle – puis entrepris de remettre son maillot, un charmant bikini rouge deux pièces qui ne cachait que le minimum, et encore. Pendant qu'elle s'habillait, son condisciple lui expliqua ce qu'il en était, qu'il s'agissait de Valériane Kravt, et qu'elle avait proclamé que le Dragon lui-même était présentement en vacances.

    « Hé bien, voilà une bonne nouvelle, une horde de barbare ne viendra probablement pas essayer de tous nous tuer... moralité, on peut s'amuser ! »

    En riant, elle vint voler un nouveau baiser au jeune homme, avant de lui échapper à nouveau et de se diriger elle aussi vers la mer. Une bonne idée qu'avait eut la Dragonne que de plonger dans l'onde, et elle comptait bien l'imiter. Restait à voir si on la poursuivrait, ou si elle trouverait de nouveaux camarades de jeu, en route ou sur place. De toute façon, elle était toujours très ouverte aux nouvelles rencontres, et ce nouvel écrin digne des Îles d'Été de son enfance, digne d'un conte merveilleux de marin, ne faisait que renforcer cela. Elle comptait bien profiter de cet étrange sortilège tant qu'il durerait, et aussi longtemps qu'il le ferait, foi de pirate ! Et si l'océan prenait durablement ses quartiers à Londres, hé bien elle serait loin de s'en plaindre !
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Messagepar Nathaël » 12 Juil 2015, 12:35

« Que dis-tu là Terrar, une plage ? »
« Oui, elle est apparu comme un enchantement, noyant une partie de la ville. Tout est sous contrôle pour l’instant, mas peut-être devrions-nous.... »
« Pas moi, je ne compte pas me présenter là-bas, qui sait qui pourrait se tenir prêt à m'éliminer. »


Je ne comprends pas. Qu'est-ce qu'était exactement une plage ? Visiblement, il s'agissait d'un endroit agréable d'après ce que j'avais pu retenir de l'émotion de Terrar. J'avais bien envie d'aller voir, cependant je ne pouvais pas sortir sans autorisation, ce serait contraire aux règles et tout ce qui était contraire aux règles était interdit. Et puis, je ne pouvais pas laisser mon maître sans protection surtout si Terrar voulait y aller. Je poussais un soupir de résignation et m'éloignait de la porte en silence.

« Nathaël, vient ici s'il te plaît. »

Si j'avais eu des oreilles de panthères, elles se seraient dressés si haut qu'on aurait pu comprendre la joie de l'attente, est-ce qu'il allait me demander d'y aller. Je poussais donc la porte derrière laquelle je m'étais caché. Je regardais mon maître tranquillement, un visage sans émotion, cependant ma queue se balançait d'un côté et de l'autre d'une façon frénétique, tant et si bien qu'on ne pouvait pas ne pas voir l'impatience qui coulait dans mes veines. La patience était une de mes vertus, mais je devais avouer que là, j'étais impatient de savoir ce qu'il voulait de moi.

« Oui maître ? »

Il sourit comme si de rien n'était. Je ne l'avais pas vu souvent sourire, mais j'adorais cela, j'avais l'impression que le visage de son frère jumeaux s'effaçait à mes yeux, même si je savais parfaitement que la possibilité de le revoir était très présente. Je savais aussi qu'il en voulait à ma peau pour une raison que j'ignorais cependant.


« Tu ne connais pas la plage n'est-ce pas ? »
« Non maître, je ne sais même pas à quoi cela ressemble. »
« Très bien, alors tu vas y aller, t'amuser et surtout, laisse bien traîner tes oreilles et tes autres sens. Tout peut être utile dans ce genre de situation. Les hommes ont tendance à lâcher du lest quand ils sont en train de s'amuser. »
« Très bien maître, j'y vais de ce pas. »


Terrar me rattrapa à temps.

« Oula n'y va pas ainsi mon ptit Nath, viens, je vais t'habiller. »


Je le laissais faire et après quelques minutes, je me retrouvais avec un short m'arrivant à mi cuisse, qui permettait à ma queue de dépasser, ainsi que d'une chemise ouverte qui permettait de cacher les poils de mon échine mais qui laissait apparaître mon tatouage, qui semblait anodin en le voyant ainsi. Cependant il s'agissait de mon catalyseur, catalyseur que j'évitais de trop montrer tout de même. Cependant je ne pouvais pas y aller tout habiller. Je partis donc dans les rues de Londres déshabiller plus qu'habiller et alors que j'avais ce qu'on appelait des tongs pour homme, je finis par les enlever pour laisser la bête en moi courir. Je partis donc en courant vers cette plage, et j'y arrivais sans grande peine. Mon regard fut directement attiré par cette étendue jaune qui d'après Terrar se nommait sable. Je ne pouvais détacher mon regard d'elle, laissant ma vue s'écoulait sur ses grains si fins, grain que j'avais envie de sentir sous mes doigts. Je lâchais ma vue pour avancer tranquillement, mes pieds nus rencontrant alors enfin cette étendue, soyeuse et chaude. La douceur avec laquelle le sable rentrant en contact avec mes pieds me fit l'effet d'une caresse infiniment douce et me donna envie d'en avoir plus. Je marchais tranquillement sur ce sable chaud et fin, mes pieds entrant et sortant à intervalle régulier de la masse, creusant des trous et poussant le sable avec la souplesse du félin que j'étais.

Et puis je levais les yeux alors que finalement le silence se faisait sur la plage. Mon regard attiré par cette immensité bleuté qui semblait s'appeler la mer. Une eau infinis que Terrar disait salé. Je ne remarquais pas ce qui avait causer le silence, j'étais seulement attiré par l'étendue de cette eau, par le bruit de ces vagues qui venaient et claquaient doucement le sable avant de se retirer. Un spectacle de plus magnifique, mais mieux encore, ce fut les embruns que je pouvais sentir. L'eau de Londres était pourris, viciée, dégueulasse au possible. Elle sentait la merde, la mort, et tout un tas d'autre senteur peu amène, mais ici, je sentais le frais, le salé, je pouvais même goûter le sel sur mes lèvres alors que je passais ma langue dessus. Je remarquais enfin les enfants qui jouaient dans le sable, créer des structures éphémère mais ô combien importante pour eux. Je remarquais les gens couchés qui prenaient le soleil, enfin grillaient au soleil était le terme plus exacte. Je remarquais aussi la matriarche Saphir et baissait la tête en signe de soumission, parce qu'en un sens, j'étais l'un de ses sujets, même si elle n'était pas mon maître. Et puis, mué par un instinct que je ne contrôlais pas réellement, je partis vers l'eau, laissant celle-ci lécher mes doigts de pied. La fraîcheur contrastait agréablement avec la chaleur du sable et des rayons du soleil qui inondaient la plage. Je finis par avancer un peu dans l'eau et finalement, je posais mon derrière dans cette eau, laissant les vagues se plaquer contre moi, repoussant ma chemise et mouillant mes cheveux, long, attaché. Je sentais ma queue faire des aller-retour reflétant ma joie d'être ici. Je remerciais intérieurement mon maître de ce qu'il m'avait donné comme occasion, mais je n’oubliais pas ce qu'il m'avait dit et malgré mon apparente tranquillité, je me mis à l'ouvrage et laissait mes sens filer pour entendre, sentir et voir, goûtant à une journée que je n'aurais jamais pensé vivre dans ma vie.
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Messagepar Wayne Carmichael » 17 Juil 2015, 05:44

Certains signes ne trompent pas, peu importe que l'on soit un Perle, un Diamant, un Saphir ou un Émeraude. Il arrive parfois que certains éléments semblent faire exprès pour que votre journée se passe tout à fait mal. Dans ce cas-ci, Londres tombait très lourd sur la tête d'un sinistre fossoyeur Saphir. La Magicopolis et son smog pesant, son crachin décapant et ses tristes habitants avait été noyée sous une vague turquoise digne des plus belles plages du sud continental. Pas qu'il s'agissait là d'une amélioration, loin de là. L'oppressant astre solaire, la chaleur suffocante et les baigneurs puant la joie de vivre étaient maintenant aussi assourdissant que les hurlements de la Mort elle-même.

Cela, Wayne le savait très bien. Et cela, Wayne n'aimait outrageusement pas. Il avait fait son possible pour rester dans le confort froid et sombre de sa Nécropole. Alors qu'il disséquait un robuste Ambre pour une autopsie de routine, que l'un de ses corbeaux de mauvais augure était venu lui siffler la nouvelle. Le fossoyeur avait déduit que les humains dénués de magie n'avaient sans doute pas survécus à la vague liquide. Sans doute des corps flottant dans l'eau, côtoyant des baigneurs insouciants. Le Saphir termina soigneusement son autopsie, referma le corps et le fit magiquement glisser vers sa crypte.

Il avait paqueter quelques outils, fait atteler Abel et était partie avec Hugo vers la plage. Tout le long du voyage, Wayne n'avait cessé de soupirer à son gigantesque ami.


''Le vent qui me harcèle, le feu qui embrase le cimetière et maintenant l'océan qui inonde la moitié de la ville. Décidément, il y a quelqu'un quelque part qui m'en veut.''


Hugo n'avait rien ajouté, hormis son pas lourd et malhabile. Une fois rendu sur la plage, Wayne avait tout fait pour éviter les regards de tous les ''vacanciers''. Tous ces gens, ces femmes, si peu vêtus. C'était d'un obscène pas permis! Mais il avait des corps à repêcher. Ces gens ne savaient peut-être pas se prémunir d'un raz-de-marée, mais ils méritaient une sépulture décente. Wayne avait troqué sa redingote et son habit plus distingué pour ses vêtements de travail, plus adaptés à la chaleur et au soleil harcelant. Il avait couvert sa tête d'une sinistre capuche qui lui donnait un peu l'apparence de sa maîtresse la Faucheuse. Il avait pris soin de mettre de l'écran solaire à Hugo, n'ayant pas une large sélection de vêtements adaptés à sa taille pour le protéger.

Après avoir repêché une dizaine de corps déjà et les avoir mis à l'abri dans le coffre de sa calèche, Wayne évita de justesse de marcher sur la serviette d'une belle jeune Onyx et regarda où était rendu son automate dans l'océan turquoise. Si le fossoyeur avait horreur du soleil, il détestait encore plus les vastes étendues d'eau. C'est pourquoi il avait envoyé Hugo à l'eau pour ramasser les corps plus éloignés du rivage sablonné. Wayne n'aimait pas beaucoup l'idée de voir son ami dans l'eau, s'inquiétant beaucoup si la protection magique contre l'eau allait faire effet assez longtemps. Avec son mélange de chair, d'organes et de robotique, Hugo réagissait parfois mal dans l'eau salée.

''HUGO!!''


L'automate continua son périple sans prendre attention aux appels de Wayne. Portant deux corps sur l'épaule gauche et avec de l'eau jusqu'aux cuisses, Hugo tentait de ramasser un troisième cadavre boursouflé sans échapper son fardeau.

''HUGO!!''


Aucune réaction.

''Par Seth il a de l'eau dans les oreilles.''

Wayne attendit un moment. Le brouhaha de la plage, les vagues et la brise estivale n'aidaient pas la cause du morbide Saphir. Ce dernier marcha un peu pour être vis-à-vis son ami, s'excusant maladroitement auprès des gens au passage sans même leur apporter un regard dans les yeux. Lorsque son regard croisa celui de son immense ami, Wayne porta ses mains à son visage pour s'en faire un porte-voix.


''HUGO! TIENT LES DEUX ENFANTS SUR TON ÉPAULE AVEC TA MAIN ET RAMASSE LE NOYÉ PAR LE PIED QUAND IL REPASSERA! ET REVIENT ICI!''

L'automate regarda en l'air, puis vers l'horizon, puis à nouveau en l'air.

''MAIS ON A PAS LE TEMPS! ON A DU TRAVAIL! ET TES CIRCUITS NE DURERONT PAS AUSSI LONGTEMPS DANS L'EAU!

Wayne soupira avec lassitude. Probablement qu'Hugo ne voulait que se détendre, comme la grande majorité des gens ici. Mais ils avaient beaucoup trop de pain sur la planche. De plus en plus de corps s'échouaient sur le bord de l'eau, et cela incommodait les gens profitant de la ville, c'est-à-dire 99% des gens. Pendant que l'automate s'évertuait à repêcher sa ''prise'', Wayne regardait discrètement les gens autour. Cela n'était pas un geste de voyeur, mais plutôt un de protection. Des jeunes profitant du soleil pour prendre des couleurs, un petit groupe d'artiste peignant le bucolique décor et d'autres jouant au ballon. Regardant les prouesses athlétiques de ces vigoureux corps, Wayne essaya de comprendre les règles du jeu, en pure perte. Un bruit mat le sorti de sa contemplation. Hugo venait de ''déposer'' ses trois cadavres. Ces derniers, grotesquement gonflés par l'eau, avaient une apparence plus absurde que triste.

''Bon, tu t'es enfin décidé. On va aller porte ceux-là à la carriole, et je viens d'en aperçevoir deux sur le bord là-bas, près de ces vacanciers Opales. Mais avant, je vais les examiner un peu. En attendant, sèche-toi un peu. Des plans pour que tu attrapes une grippe pas possible.''

Wayne lança une serviette sur la tête d'Hugo. Ce dernier ne bougea pas d'un cil, le morceau de tissu reposant sur sa tête. Il fallu plusieurs longues secondes pour que le monstrueux bras droit prenne la serviette entre deux doigts et se ''sèche''. Le Saphir observa sommairement les cadavres repêchés, cherchant d'éventuelles traces d'infection, de traumatismes ou de toute autre anomalie. Passant son regard vers sa carriole déjà bien chargée, puis sur Hugo et les cadavres à ses pieds, et enfin vers le Londonien noyé près de lui en passant par le flot massif de gens qui s'amusait, Wayne poussa un soupire résigné.

''Par la Grande Faucheuse, je sens que la journée va être longue.''
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Messagepar Kaya Gao » 17 Juil 2015, 13:07

L’air passe du pollué à la pureté en un claquement de doigt. A peine le temps de dire ouf, à peine le temps de souffler. L’air, chargé du sel de l’océan vient danser autour de moi dans une brise chaude et agréable, bien loin de l’air glacé et sale de Londres. La magie a encore frappé. Et un matin, l’océan a envahi la ville, noyant une partie de celle-ci sous les flots. Ainsi, enfin la ville était belle à mes yeux. Depuis mon arrivée ici, je n’ai rien vu d’attrayant, sauf peut-être cette enfant dont prend soin l’aîné des enfants Joyce. Duncan d’ailleurs est devenu mon propriétaire. Enfin, à ses yeux il n’y a pas de propriété je suis devenue une employée. J’ai l’impression qu’il est différent des autres, ils ne voient pas les choses comme il le devrait. Enfin, comme les autres sorciers de Londres les voient. Je ne suis plus une esclave, je suis une femme, avec un talent pour la gravure et qui apprend vite. Si au début les schémas et automates étaient un mystère pour moi, je comprends de mieux en mieux. Même si je dois bien avouer que je déteste ça. Ce sont des automates qui ont envahi mon pays et des automates qui ont assassiné toute ma famille. C’est assez étrange dans ces conditions de me retrouver projetée ainsi dans l’univers diamant. Pourtant, c’est l’une des meilleures solutions pour arriver à mes fins. Je n’aurais pu espérer mieux. Et la régente du quartier diamant se mordra bien vite les doigts de ses ardeurs militaires.

Immobile au milieu du sable, je ne peux que constater à quel point tout semble différent ici. Comme si, en changeant de milieu, j’avais aussi changé d’univers. Plus de pollution, plus de noirceur. Juste le sable chaud et la paix de l’océan. Mon débardeur, humide d’une pluie affrontée quelques instants plus tôt dans l’autre côté de la ville sèche bien vite. Et mes cheveux flottent doucement au rythme d’une brise douce et calme. Quant au dragon, il prend des vacances lui aussi. Alors les gens se détendent et se remettent à rire et à parler. Pas de risque d’attaque, pas d’angoisse. Juste le plaisir de profiter d’un phénomène magique et étrange. L’air est agréable, plus aussi oppressant et un instant, j’ai l’impression de pouvoir à nouveau respirer librement, comme chez moi, dans les lointaines plaines chinoises que j’aspire à retrouver très vite. Sous mes orteils désormais libéré de leur prison de tissu, le chatouillis du sable est fin, léger. Il est agréable. Alors que je regarde les londoniens, le paysage semble s’effacer, bien vite remplacé par une plage restée sauvage, là-bas en Chine. A quelques mètres de moi, Xu me regarde. Tu es là, si proche et pourtant si loin et ton sourire me réchauffe le cœur. Il m’apaise, me rappelle à quel point j’ai pu être heureuse. Un rire me fait tourner la tête alors que je vois des enfants jouer, courir et rire. Trois garçons, trois visages familiers me regardent. Vous m’appeler, de ce surnom dont plus personne ne m’affuble, qui pince mon cœur. Vos sourires sont si beaux, si rayonnants. Promesse d’une paix que je ne tarderais à trouver à mon tour. Bientôt mes amis, bientôt. Lorsque je tourne la tête, j’aperçois la mer et je souris. Doucement, je reviens à la réalité sans savoir si la vision provient de mon inconscient ou d’une manifestation du monde magique dans lequel je me trouve. Mais je souris. Et je ne pleure pas. Je ne pleure plus depuis longtemps, on ne saurait ramener les morts à la vie, même avec un millier de larmes chargées de désespoir.

Finalement, je retire mon débardeur que j’abandonne sur la serviette que j’ai étalée par terre, près de laquelle se trouve un sac empli d’une bouteille d’eau, d’une crème solaire et de quelques autres babioles que j’ai empruntées à la sœur de Duncan. Ma peau est moins pâle que celle des londoniennes mais un peu de protection ne fait pas de mal. Je retire mon short également et je me redresse. Je ne porte plus qu’un bikini coloré, frais et rappelant l’été. Mon tatouage est là aussi, visible, rutilant. Malgré le temps passé sur ma peau, il est resté inchangé, aussi beau qu’au premier jour. D’ailleurs, si on regarde attentivement, la chaleur et mes muscles roulant parfois donnent l’impression que les plumes bougent aussi au rythme du vent. D’un pas souple, je m’avance vers l’eau laissant mes pieds découvrir la température de l’eau, à la fois fraîche et agréable, rassurante et sympathique. Mais j’ai appris depuis le temps que la magie peut-être traitre. D’ailleurs les londoniens tellement peu habitué à l’océan se font prendre aux remous de l’eau et se noient par dizaine. La ville aura une épuration naturelle. Les grandes digues produites par mon nouveau quartier sont solides et rassurantes aussi, mais j’aperçois des corps se fracasser sur celles-ci. Alors c’est ça ? La beauté de la magie ? Au loin, j’entends un homme hurler sur un automate qui ramasse des corps. Cela me semble tellement bizarre que je ne préfère pas m’approcher.
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Messagepar Le Conseil des Neuf » 17 Juil 2015, 21:11

Cerberus

"La plage, le soleil, la mer et les enfers…"

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Londres n’avait jamais été une petite ville tranquille. Et aujourd’hui, les habitants, particulièrement les sorciers, avaient l’impression que pour une fois la magie était de leur côté. La mer était bleue, le ciel sans nuage et l’air était frais, plus pur qu’il ne l’avait jamais été. Ainsi, on avait l’impression de se retrouver dans un paysage de carte postale de ces îles magiques et lointaines. D’ailleurs, peut-être bien était-ce cela ? Qui pouvait le dire ? Personne n’avait réussi à comprendre à quel endroit, dans quel univers parallèle le voile s’était déchiré pour laisser le sable et l’océan envahir la belle ville. Enfin, à présent, elle était belle. Avant elle était sale, grise. D’ailleurs, Cerberus avait eu l’occasion de la visiter cette ville, la vraie. La ville épargnée par les flots. Puante, grise et sale. Les quartiers étaient inégaux, certains puait le fric, d’autres empestaient le sexe. Seul un semblait plus agréable, mais on sentait la corruption partout dans ces rues. Il n’avait pas aimé ce qu’il avait vu. Alors il avait choisi. Il passait le voile à sa guise allant entre les mondes grâce à son canoë, dissimulé entre des dunes et les siens lui avaient dit : observe, regarde, écoute et juge. Et l’homme avait abattu son marteau. Il n’aimait pas ces lieux et ne proposerait pas aux siens de venir s’y installer non. Mais en plus, face à l’ensemble du mépris qu’il avait pu lire dans les regards, il avait choisi de laisser un petit souvenir de son peuple aux londoniens. Un petit cadeau d’adieu. Car oui, du mépris il en avait vu. Du mépris pour la magie : les humains étaient parfois horripilants, les sorciers en venaient parfois à bafouer leur art. Du mépris pour la vie : les hommes ici torturaient, tuaient pour le plaisir ou rendait esclave ceux qu’ils voyaient comme plus faibles qu’eux ou inférieurs. Mais aussi du mépris pour la nature : des automates pour remplacer les hommes crées par les dieux, des immeubles à la place des arbres, des animaux en cage, aux bouts de laisse et même comble de l’horreur des humains à l’ADN mélangé à celui des animaux… Il avait ainsi pu voir de nombreuses choses toutes droits venues des enfers. Pêchés et préjugés. Alors il avait décidé de juger. Et il punirait.

Allongé sur une dune, son ventre soutenu par le sable chaud, il regardait. Il avait vu la jeune femme arriver, traverser la plage jusqu’à l’eau et parler. A la suite de ses paroles, il avait senti l’ensemble de la foule se détendre. Comme un soupir de soulagement général et silencieux, une tension énorme qui retombait. Il ne comprenait pas bien. Mais il sentit la peur quitter les lieux. Riez, riez, tant que vous le pouvez. Le Dragon n’est pas le seul danger qui rôde. Cerberus voyait les gens jouer avec un ballon, près d’un immense filet. Il pouvait voir les passes et les enchaînements parfois souples et fulgurants. Comme lui. Invisible, il regardait, il guettait. Il vit un oiseau se métamorphoser en jeune femme. Il vit le jeune homme entouré de son harem de glousseuses. Il vit une étrangère au dos orné de plume. Il ne comprenait pas ces gens. Non, décidément, il ne les comprenait pas et n’avait pas envie de les comprendre. Chez lui, la nature était une déesse. Chez lui, les dieux étaient parmi les hommes. Chez lui, tous vivaient en paix. Chez eux, il n’y avait pas de pièce, pas de richesse, hormis celle de l’âme. Chez lui, tout était plus simple, plus pur. Il faisait le tour de son île avec son canoé pour aller chercher des fruits, ceux que ses enfants préférés. Et il revenait en héros. Pourtant, c’était si simple. Il ne lui avait fallu que quelques semaines pour s’habituer au long chemin. Et son corps s’était façonné. Mais les étoiles brillants dans les yeux de ses enfants étaient si belles, que cela en valait la peine. Ici, les gens ne se rendaient pas compte de ce qu’il avait, ils en voulaient toujours plus, encore plus. Ils ne voyaient que ce qu’ils n’avaient pas. Alors que chez lui, tous donnaient pour aider celui qui en avait besoin. Il n’était pas question de possession mais de partage. Chez lui, la vie était belle. Les différences entre les deux mondes étaient immenses. Même s’il se doutait que chez lui, quelque part surement à des milliers de miles de lui, il y avait une ville comme celle-ci. Mais elle ne les touchait pas. Elle restait à distance, et eux restaient hors de son champ de vision.

Un soupir franchit ses lèvres. Il sortit de sa besace en peau de bête une longue sarbacane en bois flexible ainsi qu’une boite en bois. Il chaussa sa première petite fléchette et portant l’instrument à ses lèvres. Il guetta la plage et finalement il trouva sa première victime. La jeune femme-oiseau fut touchée à la base de la gorge. Il chaussa une seconde fléchette. Il attendit un peu et finalement, il toucha l’homme dont on pouvait voir une queue sortir de son short à la cuisse. Il chaussa une troisième fléchette et attendit un peu d’avoir une ouverture. Il toucha Endal pile dans la jugulaire. Puis, agacé par ses cris, il chaussa une fléchette pour toucher l’étrange homme cherchant à rassembler les cadavres derrière la nuque. Il toucha quelques autres personnes dont l’homme qui étalait de la crème à l’arrière de cuisse voluptueuse mais très blanches. Puis enfin, il réussit à toucher l’étrangère à l’étrange tatouage dans le bras. La boite était vide. Il avait fini son œuvre. Le poison commençait à se distiller dans leur veine. Un puissant hallucinogène qui proposerait aux londoniens touchaiés d’étranges hallucinations fantasmatiques basés sur leurs caractères et leurs désirs mais aussi sur leurs peurs. Et des peurs, il en sentait. Il rangea son matériel puis récupéra son étrange canoë et s’éloigna pour rentrer chez lui. Il n'avait pas envie de voir cela. Mais il savait que cela serait incroyable pour eux. Ils auraient peur, ils céderaient à des envies, ils verraient des choses étranges. Peut-être riraient-ils, peut-être pas. Mais dans le fond, il s'en moquait. Ces gens ne l'intéressaient pas, non. Ils étaient trop superficiels, trop monstrueux.
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Messagepar Styx Keegan » 18 Juil 2015, 23:14

Tout autour de nous, les scorpions s’étaient déployés. Au sol, sur les branchages des arbustes, sur les planches des cabanes. Certains nous observaient d’en haut et certains d’en bas. Mais la scène était la même de toute les positions. Le rituel utilisait la force du sacrifice pour appeler les forces obscures. Le rituel utilisait la sauvagerie des mangeurs de chair pour appeler les forces sournoises. Le rituel utilisait la férocité des pratiquants pour appeler les forces démoniaques en ce monde. Au centre, la femme était assise en tailleur. En face d’elle, j’entonnais en chœur les incantations hier encore une étrangère à leurs yeux. Autour de nous, les hommes étaient sacrifiés et les guerriers se régalaient des cœurs et des foies encore bouillant d’une vie trop courte. D’autres femmes, des esclaves, traçaient sur nos peaux les anciens textes invocateurs en symboles de sang.
Et soudain, alors que nos voix récitaient les prières pour la troisième fois, les bords du pentagramme tracé entre nous semblèrent frémir. Puis ils se mirent à tourner, comme des serpents se mêlant petit à petit au sang des sacrifiés. Les petits serpents de sang continuèrent à se former, sans briser le tracé qu’ils dessinaient dans le sable. Puis lorsqu’ils furent tous suffisamment fort, nos voix cessèrent. Les serpents se mirent à siffler tout en commençant à s’éloigner, entrant chacun dans un panier. Un à un, les charmeurs de serpent se levèrent et posèrent les couvercles sur les paniers avant de les emmener. Chacun de ses paniers iraient dans les tribus ennemies. La guerre couvait et l’el dorado était menacé. Ainsi assuraient-ils leur protection. Chaque panier serait porté à dans les tribus ennemies en gage de paix. Et chaque serpent ferait son œuvre de mort avant de retourner à la terre. Poussière, tu étais, poussière tu redeviendras.


La plage avait envahi Londres aussi soudainement que le petit Simon éternuait par temps de grippe. Et pour tout dire, je n’avais guère envie d’en profiter. Je détestais le soleil. Je détestais l’océan. Il était synonyme d’immenses monstres aux longues dents acérées et aux tentacules violentes et suffisamment puissante pour couler les plus grands des navires. Alors, je n’aimais pas particulièrement cela. Mais Grant avait supplié. Il avait dit qu’il avait envie de voir cela que tous ses amis avaient foulé le sable. Et j’étais la seule capable de veiller sur eux. Alors j’avais capitulé. D’un signe de tête qui avait provoqué un hurlement de joie. J'avais donc préparé les deux enfants, le plus vieux et le plus jeune, le petit Hadéros confié à mes soins et à ma protection. Grant arborait fièrement un short de bain bleu saphir, aux couleurs de notre trône. Il courait devant moi, insouciant. Mais comme convenu il s’arrêta à la limite dorée formée par le sable chaud. Les scorpions s’insinuèrent doucement sous le sable retrouvant leur élément avec plaisir. Ils se dispersèrent sur la plage veillant à ce qu’il n’y ait aucun risque puis l’un d’entre eux sorti du sable agitant ses pinces et Grant se mit à courir sur le sable le découvrant avec une curiosité sans borne. Il n’avait pas encore découvert la plage et l’océan. A présent, c’était fait. Il s’était d’ailleurs immobilisé devant l’immensité bleutée. Puis il se tourna vers moi et demanda :

« Pourquoi est-ce qu’il y a autant de mort ? » Mes lèvres s’étirèrent en un léger rictus avant de répondre : « L’océan n’est pas ton ami mon grand… Et tous ces gens sont dans l’eau ils sont allés se baigner sans savoir ce qui les attendait… Tu comprends pourquoi tu ne peux pas te fier à l’eau ? ». Il acquiesça, se cachant un peu derrière ma jambe impressionné alors que j’arrivais à sa hauteur. Puis il aperçut un emplacement libre, et couru jusqu’à celui-ci. Juste à côté de lui, se trouvait la matriarche, Dramira Erenesis qu’il salua avec respect avant d’étendre sa serviette et de prendre le seau et le râteau qu’il avait pris avec lui.

Je le rejoignis, posant le couffin dans le sable, étendant ma propre serviette. Puis je plantais le petit parasol qui me permettrait de créer suffisamment d'ombre pour abriter les deux enfants. Sous le paréo de voile, on aurait cru deviner un maillot de bain noir. Mais en fait il ne s’agissait que de poison, du venin, traçant les contours du maillot et l’emplissant pour recouvrir ma peau et donner l’impression d’être ainsi vêtue. En réalité, il n’en était rien. Je ne portais pour simple vêtement qu’un bikini noir peint sur ma peau. Les traces sur mon visage étaient fraîchement refaite de ce matin, pour inciter les gens à passer leur chemin. Petits à petits, mes amis nous rejoignirent, formant autour de nous et de Dramira, un cercle protecteur de fidèles petits guetteurs dissimulés sous le sable. D'autres, vinrent jusqu'au couffin, pour s'y dissimuler, offrant une protection naturelle à l'enfant, encore endormi. Seul un, plus petit que les autres et plus joueurs, sorti de sous le sable pour galoper sur la serviette de la matriarche afin de jouer avec elle, affectueusement avant de rejoindre Grant qui se tartinait consciencieusement de crème solaire sur ordre de sa mère, ce que j’avais aussi fait avant de partir pour ne pas avoir de sable collé à ma peau. Je m’accroupis pour être à sa hauteur et ne pas la forcer à lever les yeux afin de saluer ma matriarche : « Ma Reine ». J’esquissais un léger sourire aussi amical que respectueux avant de reprendre : « Si vous avez besoin de quoi que ce soit… ». Je me tournais finalement, pour m’asseoir sur ma serviette, regardant autour de moi tandis que le petit filait droit vers l’eau pour aller chercher un seau pour mouiller le sable. Puis un second. Puis un troisième jusqu’à obtenir assez de sable mouillé pour sculpter un château. Une fois à nouveau assis, je me risquais à laisser mon regard errer autour de moi. La marée humaine était intense.

J’aperçus des blondes, des brunes, des rousses. Des jeunes ou des moins jeunes. Ici, je vis cette vieille femme du quartier rubis soudainement redevenue jeune grâces aux nombreuses crèmes liftantes mises sur le commerce en prévision des jours à venir. Partout, les discussions allaient bon train, les rires se faisaient entendre, joyeux lurons s’amusant innocemment. Comment tous ces gens pouvaient-ils croire que tout cela sentait le rire et l’amusement ? Vraiment ? La magie réservait bien des surprises, mais jamais elle n’avait réservé bonté et joie. D’ailleurs, les fléchettes en furent la confirmation. Lorsque le sifflement retentit, je tirais Grant par la main pour qu’il se couche et me penchait un peu pour vérifier que la fléchette n’était pas fichée dans la peau de la matriarche. Je retirais l’arme plantée à l’arrière de la cuisse de l’esclave et d’un bond ample le forçait à se reculer, couteau sous la gorge : « Si tu as de la chance, tu vivras. Mais si c’est une drogue tu pourrais avoir des sautes d’humeurs alors va faire un tour le temps que les effets s’estompent… ». Je le laissais prendre sa décision. S’il rechignait, je le tuerais. Grant était couché, jouant avec le scorpion tout en surveillant Hadéros du regard pour qu'il ne lui arrive rien. Près de moi, la fléchette reposait, goûtant de sang et de poison. Je ne connaissais pas l’embout, ce n’était pas d’ici, ni des contrées que j’avais visitées. Ni même dans les carnets de voyage de mon père et de mon grand-père. Alors il venait d’ailleurs. Probablement de par-delà l’océan. Et je ne connaissais pas ce poison, il me faudrait trop de temps pour réussir à trouver un antidote. Il mourrait avant cela, s’il était mortel. Je ne bougeais pas. Une jambe passée par-dessus celle de Dramira, l’autre restée du côté de Grant, J’étais calée par le sable, sans toucher la peau de ma Reine tout en le faisait reculer en appuyant sur sa gorge jusqu’à ce qu’il se décide.
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Messagepar Jane T. Joyce » 19 Juil 2015, 00:19

Ces deniers-temps je dois dire que je ne suis pas au top niveau. Il m’arrive pas mal de souci sans que je ne le veuille réellement il faut le dire. Enfin, je crois que personne ne cherche jamais vraiment les ennuis, n’est-ce pas ? Mais ces derniers temps c’est plutôt la loi de Murphy. Je commence à en avoir ras-le-bol, d’ailleurs. Il est un peu trop souvent avec moi à mon goût. Et la seule raison pour laquelle mes pieds sont actuellement dans le sable est que j’ai largement été forcée à le faire. Mes amies m’ont juré que ça serait super. Vraiment top qu’elles ont dit. Tu verras, beach volley, baignade et château de sable, une journée de totale détente, loin des usines et du stress de la place qui est la mienne. Elles ne savent pas pour Andy mais savent ce qui m’a valu cette énorme marque violette sur la joue. Du reste elles ne savent pas non plus pour Eonis, la prostituée Onyx que j’ai promis d’aider. Je me dis parfois que j’ai un trop grand cœur pour mes épaules. Pourtant, j’ai envie de l’aider, de me sentir utile et d’avoir l’impression de faire enfin quelque chose de bien. Venir n’a pas été si pénible que cela finalement. Les entendre rire et me mêler à leurs discussions est vraiment agréable. Cela m’aide à oublier un peu. Ce qui me tracasse, ce qui m’inquiète. Et demain. Rester focalisée sur aujourd’hui.

Sur ma hanche, mon sac de plage bouge au rythme de ma marche. Dedans, les affaires les plus importantes pour passer une journée à la plage. Serviette, lunettes de soleil, crème solaire et paréo. Ainsi que mon carnet de croquis, mes crayons et un livre. Il y a aussi mes deux marques pages : la libellule et le colibri que j’ai récrée après m’être séparée du premier exemplaire. Je souris un peu en voyant les filles s’éloigner à toutes jambes dans le sable. L’une d’elle se tourne et m’appelle : « Aller viens Jane ! Dépêche-toi ! ». Elle ajoute à ses cris des grands signes de main tandis qu’à mes côtés, un enfant me dépasse après plusieurs bosses sous le sable. La jeune femme qui passe à leur suite est étonnante et effrayante. Saphir. Je frissonne puis m’engage à sa suite, pour rejoindre mes amies. Je dois dire que c’est étonnant. J’avais déjà vu la mer, mais une mer sale, polluée, déchirée. Ici tout semble si calme, si doux. Je n’ai jamais vu Londres comme ça. Les rires, les discussions joyeuses animées, le ciel dégagée et l’air frais, tout semble si lumineux, si apaisant. Même le bruit de la foule n’est pas agressif, il résonne de bonheur et de douceur. Comme je n’en ai jamais vu en ville. Je rejoins mes amies et étale ma serviette, l’une des filles laisse tomber des cubes de métal ici et là, sur les coins pour les maintenir. L’arc en ciel est joli : des serviettes unies. Une rouge, une jaune, une verte, une bleu et une violette. La mienne. Je souris un peu et je retire ma robe sous laquelle je porte un maillot de bain deux pièces, bleu assorti à mes yeux que je n’ai pas eu le loisir de choisir.

Car oui, ce matin Amanda, la jolie blonde du quartier rubis, au lierre azur comme nous toutes, nous a apporté à chacune un maillot de bain. Selon ses goûts et la mode. Et il faut dire que comme toujours elle a fait mouche. Comme bon nombre de fille de ce quartier elle a un talent inné pour assortir les couleurs et les formes mais aussi les gens aux couleurs et aux formes. J’attache mes cheveux en un chignon haut puis je les suis. Pour aller jusqu’à l’eau, dans laquelle aucune de nous ne rentre plus loin que les hanches pour ne pas finir comme tous ces pauvres gens à la dérive. Gerbe d’eau, éclats de rire et bataille d’eau, une trentaine de minutes passe avant que nous ne revenions à nos serviettes. Pour sécher au soleil. Puis elles se lèvent et pour aller chercher à manger. Je suis le mouvement mais dans un mouvement de foule étrange je me retrouve séparée du groupe. Je tourne sur moi-même pour les trouver mais sans succès. Alors je reprends la direction dans laquelle j’allais, enfin il me semble, mais je me retrouver nez à nez avec Ian, tout seul séparé de ses groupies par ce même mouvement de foule. Le professeur Rosens. Je le regarde. Je suis à moitié nue devant lui qui est également en short de bain à moitié nu devant moi. Je m’empourpre. Mais vu la couleur de ma joue droite, cela ne se voit pas tellement. Si le gonflement s’est plutôt bien réduit, ainsi que l’œil au beurre noir, je reste encore violette et ma pommette n’est pas encore ressoudée.

« Bonjour professeur… ». Je lui souris timidement. Je dois dire qu’il m’impressionne. A la fois à tomber de beauté et d’intelligence je n’arrive pas à savoir ce qui me plaît le plus chez lui. Et rien que l’idée qu’il me plaise alors que c’est mon professeur me perturbe. Je m’éclairci un peu la gorge et je souris à nouveau : « Vous n’avez rien ? J’ai cru voir des gens étranges et des espèces de projectiles… ». Bon, ce n’est pas l’approche de l’année, mais c’est toujours mieux que : « vous avez vu ce magnifique soleil ? » quoi que s’il répondait : « pas aussi magnifique que tes yeux, Jane » cela m’irait bien comme conversation … Je souris un peu niaisement avant de me ressaisir. Un instant, je me demande ce qu’il va penser de ma joue avant d’espérer qu’il aura entendu parler de ces rumeurs qui courent à m on sujet : un automate défectueux chez un ouvrier, cela a donné lieu à un certain nombre de rumeur mais aucune sur Andy, cela se serait su sinon !
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Messagepar Ian Rosens » 19 Juil 2015, 05:09

Il ne savait plus quand tout cela avait dégénéré, et quand l'intégralité du projet initial avait été balayée. Le fossé, qui devait être rempli d'eau pour ainsi faire office de douves, avait été abandonné, et le pont-levis n'existait plus, quant aux deux tours assurant sa défenses, elles avaient été rasées. Le chemin de ronde n'était plus qu'une vague ligne continue, dont le haut avait été détruit, et une des échauguettes, reliées grâce au chemin, ne ressemblait plus qu'à une vague hauteur cylindrique dont le sommet n'était qu'un vomi inexplicable de sable mouillé. De fait, par extension de tout ce massacre, on ne pouvait plus voir les meurtrières qui avaient été dessinées dans la longue muraille, ainsi que les créneaux et merlons qui offraient toute leur esthétique aux antiques châteaux forts. De cet édifice de sable, il ne restait plus rien à part tout ceci, ainsi qu'une empreinte de pied qui avait fait s'effondrer le tas de sable central, celui qui avait été sculpté en premier. Celui qui avait fait office de donjon. Il avait été désespéré devant cette perte de temps et d'énergie, jusqu'à ce qu'un détail le frappe. Des quatre tours, il n'y en avait qu'une de détruite, tandis que les trois hautes tenaient, miraculeusement, encore debout. Alors Ian avait lancé les filles sur une autre idée. Sur quelque chose qu'elles avaient toutes connu.

Bien vite, tout avait été balayé, absolument tout, afin de tout reconstruire de zéro. Les trois tours intactes reprirent place, ainsi que celle partiellement détruite, pour se retrouver connectées les unes aux autres par un entrelacs de murs et autres coursives, malgré une grande cour laissée vide. Une des tours était ornée de fleurs de roses, réunies parfois en un ensemble concentré pour former comme un bouquet, et son toit avait été ouvert de façon à laisser passer la lunette imposante du canon d'un observatoire. La deuxième tour, elle, n'avait que du lierre qui recouvrait l'ensemble des pierres dessinées, et Ian savait que dans l'imagination de ses étudiantes demeurait, dans cette reproduction factice, les bibliothèques emplies jusqu'à l'effondrement. Quant à la troisième tour, les immenses pétales des fleurs de dahlias couvraient sa muraille extérieure, cette même muraille qui, malgré sa forme similaire à celle de ses sœurs, voyait son style être un peu plus agressif au travers des coupures et autres reliefs dessinés.

En retrait de ces tours imposantes était érigé un tas de sable. Grossièrement sculpté, il représentait une forêt labyrinthique aux clairières désertes, et dont le lac n'était qu'un vulgaire trou rempli d'eau de mer, bien plus claire que celle aux teintes d'encre noire qu'elle représentait. L'arène, quant à elle, était devenue un cercle creusé, dont les gradins de sable donnaient des airs d'amphithéâtre de l'Antiquité à cette aire de combat, dont le centre n'était pas recouvert de tout le sang versé au fil des années de tournois académiques. Cette Académie de sable était belle, représentative de la réelle de pierre malgré quelques détails impossibles à reproduire, et le fait qu'il n'y avait aucune représentation humaine. Pas un corps. Pas une âme. Sauf ce cadavre de corbeau, aux proportions humaines si l'on jugeait selon l'échelle donnée pour cette maquette sablonneuse, étalé devant la base de la tour détruite. Elle était la plus gigantesque des quatre, et si les étudiantes en avait détruit son sommet, comme si le toit avait été arraché lors d'une nuit d'orage, afin de symboliser la chute des jumeaux, elle restait imposante par son toit détruit et son intérieur creusé dans lequel demeurait un escalier à moitié détruit longeant le pourtour de la tour.

La dernière marche sculptée finalisa l’œuvre, et, tandis qu'elles admiraient leur travail de groupe, Ian proposa aux demoiselles composant son harem éphémère d'aller se baigner, et ce malgré les cadavres qui étaient repêchés régulièrement. Du danger, il s'en fichait, tout concentré qu'il était sur celles qui lui tenaient compagnie. Cela expliquait, en partie, le fait qu'il n'avait pas fait attention à Nawel et son arrivée nue sur la plage, ni à son bikini minimaliste, chose qu'il aurait remarqué en temps normal. A l'homme dont la queue animale sortait du short, il n'y fit pas attention non plus, ce qui évita à Ian de pousser un soupir dédaigneux, de ceux qu'il réservait pour les hybrides qu'il croisait, quant au ramasseur de cadavres, il ne fit qu'entendre les hurlements sans s'en soucier. En réalité, il ne fit attention qu'à une chose tandis que sa petite troupe débattait encore s'il fallait réellement ou non aller dans l'eau.

Il n'avait pas fait attention à cette brune qui s'était retrouvée éjectée de sa bouée et s'était débattue désespérément dans l'eau, jusqu'à s'agripper à ce qu'elle considérait comme étant son ancre alors qu'elle avait encore pied là où elle se trouvait. De l'arrêt soudain d'Endal, alors qu'elle devait faire le service, et de sa contemplation du ballon, en pleine partie, il en ignorait l'existence. Il ne remarqua pas non plus l'esclave qui s'éloignait de la matriarche Saphir, alors entourée de scorpions. Non. La seule chose à laquelle il fit attention, ce fut Ava. Sa jolie Ava qui dansait devant la scène, dans un rythme effréné, en compagnie de ce peintre à qui il avait acheté une peinture un jour, sur la demande de la blonde. Et si Ian voulut arracher Ava à cet artiste, à cette scène qu'elle n'avait pas quittée depuis leur arrivée excitée à la plage, il dut remettre son projet à plus tard car les filles avaient accepté d'aller se baigner, et l'une d'entre-elles lui tira le bras un court instant, pour lui intimer de suivre le groupe.

L'envie toujours présente d'aller chercher Ava le faisait traîner, et le mouvement de foule dont il fut victime n'arrangea en rien les choses, et alors qu'il se décida sur ce qu'il allait faire, Ian fut interrompu. Par Jane. Alors il oublia Ava, ainsi que les filles avec qui il était un instant plus tôt, pour se concentrer sur la rouquine qui lui parlait, et plus particulièrement sur la couleur de sa joue, ainsi que sa blessure et son œil. « Bon sang, Jane ! Tu peux pas faire un peu attention à toi ? » Il avait entendu parler de la blessure de la jeune fille, mais il ne pensait pas qu'elle avait la joue colorée à ce point, ni enflée, ce qui expliquait sa surprise et le fait qu'il avait haussé la voix comme s'il la réprimandait. Cependant, il savait également que l'automate de Jane n'était en rien en cause, et, en un sens, cela rassurait Ian. « Avant de t'inquiéter pour les autres et pour moi, tu devrais être plus prudente avec toi-même. Il ne faudrait pas qu'il t'arrive quelque chose, tu m'entends ? » Il n'avait pas fait attention aux projectiles dont il parlait, mais il en avait vu des gens étranges sur cette plage. « Et ça implique n'importe quel genre d'incident. » Il avait posé sa main sur sa joue meurtrie, pour en frôler la blessure du pouce. Trop gentille. Il la trouvait trop gentille. Alors s'il était déjà question d'un quelconque danger sur la plage, Ian ferait attention à elle, et ce malgré son harem. Et Ava. Parce qu'il l'avait décidé ainsi.
Ian Rosens
 



Messagepar Anafiel Boyle » 20 Juil 2015, 23:01

Cette ville qui s'effondrait dans le silence de la brise jaillie du large. Les vagues étaient venues jusque en Onyx, jusque sous les fenêtres de la Maison Close. Elles avaient rongé la pierre, attaqué les pavés. Parfois des rideaux d'écumes, s'élevaient par delà les toits tourmentés du quartier, pour s'écraser contre les fenêtres ouvertes de cette tour de ronces, de ruines et de murs fendus qu'Anafiel affectionnait tant.

Sous lui, la Louve vautrée dans le suaire de draps, salés de sueur, salés d'embruns, haletait de ses lèvres pâles. Et cette respiration de femme, ce souffle de chienne, se confondait avec le grondement rassurant de l'océan. Anafiel la pénétrait en un rythme entêtant. Celui d'une vague de châleur, qui enveloppait, pressait, écrasait, roulait et noyait l'hybride au bord du vertige.

La gueule de la Lupine quémandait. Ses lèvres intimes, moites, mielleuses, n'en finissaient plus de s'enrouler, de se contracter autour de poignard de chairs, veiné et tatoué, qui lui fouillait les entrailles. Et au dessus d'elle son maître avait des allures de Lion.

La lumière, si rare en Onyx, incendiait ses muscles de pierre. Il était si grand, si large, si massif, et Phèdre si jeune, si innocente dans l'ombre de cette masse qui poussait en elle, avec des mouvements répétés, qui se mêlaient au ressac lointain de l'océan.

Qu'elle bouge, qu'elle supplie, cette rouquine qui reposait dans la flaque automnale de sa chevelure explosée sur l'oreiller trempé, et les ronces qui lui maintenaient les jambes et les bras écartés s'enfonçaient durablement dans sa peau. Anafiel n'avait laissé libre que la queue animale de l'hybride. Ce panache ardent, aux allures de flamme soyeuse, qui sous les spasmes d'excitation, lui chatouillait les fesses, le dos, et les jambes en fouettant l'air marin.

L'Homme s'était penché sur sa petite. En appui sur ses bras contractés, dont les poings s'enfonçaient dans la tendresse du matelas. La brise avait fait ruisseler le drap de son dos pour le dévoiler, dans toute la majesté virile, de sa nudité tatouée. Les muscles roulaient sous sa peau. Se déformaient et se réagençaient en des cuirasses improbables et félines. Et sur lui, ronces et serpents, glyphes et venins noirs, se mêlaient au lascis de ses veines résurgentes de châleur.

L'orgasme de la Louve se perdit dans les vagues qui innondaient le quartier. Le Prince la sentit se tendre vers lui. Se cambrer et s'offrir alors qu'il la toisait de la fixité minérale et victorieuse, de son regard perçant. Lorsqu'elle retomba sur les draps avec la douceur d'une plume de mouette, l'Homme l'enveloppa de son étreinte d'acier. Si puissante. Si rugueuse. Qu'elle en devenait rassurante.

Dehors le vent soufflait, et l'océan continuait à perdre ses courants entre les façades des immeubles. La petite rousse semblait voguer sur son matelas. Suspendue entre mer et ciel, alors que les doigts rudes, mais si tendres du Scorpion, accompagnaient de leurs caresses appaisées, les ultimes spasmes de jouissance de la chienne.

Quelques heures s'étaient écoulées, et désormais Anafiel et Phèdre déambulaient sur la plage bondée de monde. Ils marchaient au bord de l'eau et les vagues turquoise à la crinière de poudre d'argent, s'écrasaient entre leurs jambes. On aurait pu les croire amoureux, ou en couple, si il n'y avait pas eu cette jolie longe, fine et indécente, qui traçait une laisse entre le poignet du Lord et la gorge pâle de la rousse.

Des regards s'accrochaient à leur disharmonie provocante. A ce petit maillot, dépoitraillé, rouge Boyle, qu'Anafiel avait offert à Phèdre. A ces tatouages noirs, luisants d'embruns, qui couraient sur les muscles puissants du seigneur seulement vêtu d'un short de bain, aux tons bleus azur.

Les lunettes noirs du Lion reflétaient cette mer turquoise piquetée de pépites de soleil iridescentes. A ses lèvres se consummaient une cigarette. Il était silencieux. Pensif. En observant cette ville incendiée de lumière qui s'enfonçait avec un fracas humide, dans les profondeurs d'un mystérieux océan. Lorsqu'il se retourna vers Phèdre, on aurait pu croire qu'il allait lui parler, lui faire part de ses observations. Mais il se contenta de la regarder brièvement, surtout ses petits seins dont les tétons rosés, s'offraient aux chatouilles du vent sablonneux, avant de l'attirer à lui d'une traction autoritaire de la laisse.

D'ordinaire il se réservait la Louve pour l'intimité. La profaner, l'abuser dans le secret de tours en ruines et de chambres condamnées. Mais l'été était une saison magique. Les mains du seigneur trouvèrent d'elle même le chemin du postérieur charnu de Phèdre. Il caressa sa longue queue en panache, il caressa ses fesses en jouant avec l'élastique du ridiculement petit maillot de bain de l'ingénue.

Le soleil les baignait. L'océan les rinçait. Anafiel était beau. D'une présence masculine et solaire. Avec ses muscles puissants, ses bras qui faisaient sans difficulté le tour de la taille de sa louve, ses tatouages intimidants, qui coulaient comme de l'encre de sèche sur les rebonds de sa carrure. « -Tu es fidèle comme une chienne... Mais si je te le demandais Phèdre, accepterais tu de devenir Louve et de tuer pour moi? »

Entre leurs jambes les vagues roulaient tendrement. Le bruit de l'océan, les cris des enfants, la lumière du soleil... Tout ce cela rendait la question du Prince si anodine. Après l'amour, l'été, comment résister à une demande de meurtre ?
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Messagepar Phèdre Roncia » 21 Juil 2015, 13:17

Sourde au bruit des vagues noyant brusquement la ville de leur fracas, aveugle au ressac atteignant les fenêtres de cette chambre si particulière située en hauteur, parmi les étages de la Maison Close de l’Onyx, je me donnais sans réserve au Lion, les poignets et les chevilles enserrées par ces liens de ronces noires qui m’étaient si familières. Je ne m’y dérobais pas, empoignant au contraire ces tiges bardées d’épines à pleines mains lorsque mes cambrures étaient trop fortes. Mes jambes bougeaient parfois, mordues par ces crocs d’acier, à vouloir plus de liberté de mouvements.

J’haletais sous ses assauts, sans cris et sans paroles, contenant des gémissements de plaisirs tandis que je m’abandonnais à ces efforts. Mon corps et mon âme appelaient sans cesse à ces instants précieux pour moi, à cette Chambre au Rossignol, aux mains de mon Maitre… Lui seul pouvait m’amener toujours plus loin sur le seuil de ce que je pouvais supporter, cette douleur ne faisant qu’un avec la jouissance, comme en avait décidé le Sorcier m’ayant créé… Et sans doute bien plus que ce qu’il avait imaginé. Je sentais chaque muscle de mon corps se tendre et se détendre avec délice. S’il m’arrivait parfois de simuler lors de certaines réservations, mon Maître pouvait être certain que cela n’était jamais feint lorsqu’il venait me retrouver ici.

Mon Seigneur se pencha vers moi, ses bras s’appuyant sur le matelas de part et d’autres de mon visage alors que dans un spasme dévastateur, je sentais la jouissance venir en moi. Me cabrant, me tendant vers lui, les liens se mouvaient, se resserrés autour de mes articulations pour me contraindre à l’immobilité. Le souffle court, le temps de reprendre mes esprits, je savourais les caresses plus douces que me prodiguaient le Lion, mon Rossignol sanglant, gravé dans mon dos frémissant au contact de nos deux peaux, reconnaissant la main de son créateur et appelant après lui. Mon seigneur avait dans le regard qu’il posait sur moi une lueur particulière, celle de la victoire, ou du moins est-ce ainsi que je le ressentais en voyant mes réactions. Je savais qu’il n’en fallait jamais beaucoup pour me mener à de tels états d’abandon et de jouissances, et que seulement par des caresses, il arriverait sans nul doute à me mener à ces vagues de plaisirs dévastatrices. Mon souffle reprenait un rythme calme et serein tandis que reposant sur le matelas je m’ouvrais au monde, entendant alors le bruit des vagues toutes proches, trop pour la configuration de la ville, et que je voyais la masse sombre des eaux se fracassant aux fenêtres en un ras de marée indéniable. Fronçant alors les sourcils aux senteurs des embruns, je me questionnais sur tout cela, les réponses me furent apportées quelques heures après, lorsque nous sommes sortis au-dehors.

***


Voir le sable fin et l’eau de la mer aussi proche était très impressionnant. C’était la première fois que je voyais ces grandes étendus d’eaux et de sable et je ne pouvais m’empêcher de regarder partout autour de moi, remarquant le monde qui était venu profiter de cette occasion, sans plus s’émouvoir que la ville était à moitié engloutie. Je respirais à plein poumon l’air salé que le vent portait à mes narines, je marchais dans le sable humide, laissant les vagues s’enrouler autour de mes chevilles, mes oreilles dressées sur le sommet de mon crâne ne cessaient de bouger, captant le clapotis de l'eau, les cris des oiseaux, les conversations autour de nous. Je n’étais maintenant plus vêtue que d’un mini bikini, recouvrant mon intimité, au rouge éclatant, offert par mon Maître. Le reste de mon corps était dénudé, laissé libre aux regards des passants. A mon cou se trouvait mon collier de cuir m’identifiant comme propriété officielle de l’Onyx, l’oiseau chanteur d’or et de rubis y étant fermement accroché, et nettement visible. Dans mon dos, à mon flanc, l'oiseau de san, tracé à même mes chaires par la main même du Lion. L'une de mes cuisse était ornée de 5 griffures parallèles, celles d'un coup de patte d'un léopard des neige se trouvant n'être autre que la Matriarche de l'Onyx, récoltée lors d'une étrange confrontation entre canidé et félin. Mon torse, lui, arborait des griffures bien plus imposante, plus profondes, d'une patte de Lion qui m'avait envoyé m'écraser contre un arbre. Les deux félins que je servais m'avaient ainsi marqué, et je n'éprouvais nulle gêne à ce qu'elles soient visibles de tous.

J’étais heureuse de trouver cette longe de cuir me liant au Seigneur, car sans cela, à force de vouloir tout voir et découvrir, nul doute que je me serais perdue. Déambulant ainsi, tranquillement, je vis une jeune demoiselle vêtue d’un maillot aux tons du sable, agenouillée dans le sable, récoltant des algues et autres plantes marines, tandis qu’une autre jeune femme vêtue de cuir jouait à ses côtés avec un ours se roulant de contentement dans l’eau, s’amusant dans les vagues. Plus loin, c’était un étrange spectacle qui accrocha mon regard, une autre femme, au corps indéniablement humain, mais à ses omoplates se trouvait d’étranges ailes, non naturelles, qui tentait maladroitement de voler.

Enfin, un hurlement reconnaissable parvint à mes oreilles et je me tournais vers ce bruit, voyant un loup rouge et blanc, aux proportion bien supérieures à la moyenne s’ébrouant dans le sable, jouant avec d’autres lupins. Mon neveu et sa famille, visiblement. Proche d’eux, était une hybride au faciès de louve, son corps avait des formes féminines, et un pelage immaculé la recouvrait entièrement. Naria. Ma sœur, la première hybride créée par le Sorcier Darchanga. Nos gênes humains et lupins viennent pour toutes deux des mêmes sources, nous possédons le même ADN, le mélange étant simplement différemment dosé. Nous n’avons eu le temps que de croiser le regard l’une de l’autre lorsque d’une secousse sèche, mon Maître attira mon attention sur lui, m’approchant de lui de cette traction ferme de la laisse.

Ses doigts parcoururent ma peau en douces caresses, jouant avec ma queue lupine fouettant paresseusement l’air marin. L’observant, je sus instinctivement que ce moment était important, prémices de quelque chose, d’une nouvelle étape dans cette relation de maître à esclave. Alors, lorsqu’il parla, et me questionna, je n’eus pas d’hésitations, toute ouïe à ses paroles. Le doute n’était pas permit, je me devais de donner une réponse claire, qu’elle quelle soit. Serais-je capable de tuer à ses ordres ? En doutait-il ?

« -Oui, Maître, je le ferais si vous en décidiez ainsi.»

Sa question me ramena quelques années en arrière, lors de mes premières menstrues, cette première pleine lune qui m’avait vu devenir une véritable furie, lorsque je massacrais de mes crocs et de mes griffes la pauvre demoiselle que mon Sorcier avait acquis, pour me tenir compagnie. N’en ayant pas reçu l’ordre, j’avais été cruellement remise à ma place, mais la leçon fut acquise des deux côtés, demeurant seule lorsque mon Sorcier ne vendait pas mes services ni n’avait besoin de moi. Le pourrais-je consciemment ? Relevant le regard que j’avais baissé à ces funestes souvenirs, je plongeais mes yeux dans le sien, me redressant, me rapprochant plus que nous ne l’étions.

« ...La seule fois où j’ai pris la vie, j’avais 11 ans, une pauvre fille… Je n’ai plus recommencé par la suite, vu la rossée que j’ai pris pour cela… Mais si vous me l’ordonnez, alors oui, je recommencerais. Il me faudra simplement laisser mes instincts lupins prendre le dessus et apprendre à le faire… »

Si ma voix était calme et ferme, mon regard troublé voyait encore ce sang répandu et la colère du Sorcier. Mais j’appartenais au Seigneur Boyle, à présent, et les choses étaient différentes. Comme en échos à mon affirmation, je sentis un frémissement de la part des traits gravés dans ma chaire, un doux chant d'oiseau résonnant à mes seules oreilles. Posant doucement mes lèvres aux siennes, je scellais cette réponse pour me reculer doucement, ne rompant pas le contact d’avec le Lion, curieuse de la suite des évènements.

«-De part ces Rossignols ornant mon cou et mon dos, ainsi que de part mon allégeance, je vous appartiens de corps et d'âme, Seigneur. Ordonnez, et j'obéirais. Je ne me déroberais pas à vos volontés. Plus jamais.»

Le souvenir des loups était encore cuisant, mais cela ne saurait se reproduire. Pas tant que je ne saurais faire le nécessaire pour protéger ce qui m'était cher.
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Messagepar Ellaryain A. Esthèse » 23 Juil 2015, 07:55

Les rues étaient réellement crasseuses, elles manquaient singulièrement de propreté, même en Opale, cependant, ce n'était pas pour regarder leur propreté que je les parcourais aujourd'hui. Non, d'après la rumeur, une plage était apparu, noyant cependant une partie de la population, chose que je regrettais sincèrement. Mourir faisait partie du quotidien, cela faisait partie de Londres, cette ville vicié jusqu'à la moëlle, je le savais parfaitement pour avoir subit tout ça. Mais je ne pouvais cautionner la mort, ce n'était pas mon genre. J'étais triste pour ceux qui avait laissé la vie, mais en même temps, j'étais réellement excité de voir la mer, la plage. Alors, je m'étais rapidement faufilé chez mes parents, ma mère avait préparé ce qu'il fallait et j'avais donc laisser les robes foncés et les les capes tout aussi foncé pour finalement mettre un maillot de bain une pièce, pour caché mes plus grosses cicatrices bien évidemment, mais ce n'était pas que cela. J'avais vu arrivé Liam en trombe habillé aussi en maillot de bain qui m'avait souris de toute ses dents, bien évidemment, hors de question de partir sans lui, il devait prendre soin de moi. Je secouais la tête doucement, en enfilant une robe légère avec des manches longues mais transparente et très légère. Histoire d'éviter de montrer mes cicatrices à tout le monde.

Le tout fut rehausser d'un chapeau, d'une paire de lunette de soleil et d'un petit sac, remplit de gâteau, d'eau, ainsi que d'un écran total. Maman avait réellement tout prévu. Je regardais donc Liam qui avait pris avec lui un parasol et des serviettes et puis sans autre formes de cérémonie, une fois nos tongs aux pieds, nous prîmes la route pour arriver à la plage. Cela nous prit un certains temps, vu que je n'étais pas ce qu'on pourrait appeler quelqu'un en forme. Que ce soit marcher ou courir, je ne pouvais pas faire des efforts trop conséquent. Heureusement pour moi, Liam était au courant et prenait tellement soin de moi, que parfois, j'avais l'impression que si je le perdais, je perdrais probablement tout. Peut-être qu'il serait temps que j'arrête de compter uniquement sur lui. Même si je ne suis pas capable de me battre, ou de ma défendre, je peux tout aussi bien utiliser mes connaissances, mon intelligence et mon pouvoir sur les enchantements pour me débrouiller. Mes visions ne pouvaient pas être très utile sachant que de toute façon …. je ne pouvais pas faire appel à ce pouvoir comme je le voulais. S'était tout aussi bien d'un autre côté, ça me faisait flipper de voir l'avenir de cette façon. Je secouais doucement la tête et me concentrais sur le chemin pour éviter de ne causer plus de souci à Liam.

Il nous fallut une bonne demi-heure, voir plus probablement pour arriver à la plage qui s'avérait quelque peu bondé. Je regardais autour de moi, mes cheveux roux flamboyant au soleil. Heureusement que seul mes mèches dépassait de ce chapeau gigantesque. J'avais la peau tellement pâle que ça m'en faisait presque peur. Je regardais autour de moi, tant de gens, tant de sorciers, mais pas seulement. Des hybrides, des automates et un tas d'autres personnes. Mon visage s'assombrit un instant quand mon regard accrocha la charrette sur laquelle reposait des corps. Et puis une main vint se poser sur mon épaule, je frissonnais de peur, mais je reconnu alors Liam et la peur fit place à plus de tranquillité. Je le regardais doucement, un sourire franc sur les lèvres. Il prit ma main et m'emmena alors sur la plage. Les embruns de la mer me frappèrent de plein fouet, me faisant tousser plus que de raison, je n'aurais jamais pensé que l'air salin pouvait atteindre mes poumons de cette façon. Mais en un sens, j'avais puiser pas mal sur la réserve pour me dire qu'il fallait que je me repose un peu. Une fois la quinte de toux passé, je laissais Liam me guider à travers le labyrinthe de serviette.

Je finis par enlever mes tongs, laissant alors le sable chaud réchauffer la plante de mes pieds. Je pouvais sentir sa douceur, son intrusion entre mes orteils qui me chatouillait. J'enfonçais mes pieds profondément à chaque pas pour ressentir cette sensation un peu plus puissamment, pour laisser le sable s'occuper de mes pieds. Je souriais doucement, heureuse de pouvoir me détendre enfin. Ce que ça faisait de bien. Je laissais Liam installé le parasol et les serviettes et finalement je vins me blottir dans les bras de mon frères de cœur.


« C'est sympa hein. »
« Oui, j'ai bien envie d'aller me baigner et toi ? »
« Je vais me reposer un peu, mais vas-y je vais te regarder. »


Je souriais doucement et le poussais tranquillement en voyant sa réticence. Il partit vers la mer sans pour autant cesser de jeter des regards vers moi le plus souvent possible. Il était réellement trop inquiet. Je doutais fortement que mon géniteur puisse être là. Il n'était pas du genre à apprécier ce genre de chose, et ça m'arrangeait fortement. Tranquillement installé sur ma serviette, ma robe légère recouvrant mon corps pour éviter que le monde ne voit mes cicatrices, je regardais cet océan de bleu qui défilait devant mes yeux, me demandant bien ce qui nous tomberait sur la tête la prochaine fois.
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Messagepar Phalène Volantis » 26 Juil 2015, 00:12

Le papillon s'était posé sur le sable. Tout au sommet d'une dune, couverte d'herbes sèches et rases qui crissaient comme des grillons dans le vent. A ses pieds l'océan chantait de sa voix tumulteuse. Un peu ébloui par l'éclatante lumière du soleil, il grimaça. Tout ce bleu, qui virait parfois au blanc lorsque les rayons le chauffaient, tout ce doré, qui s'étirait à perte de vue sur le fronton de la ville aux allures de mirage tremblotant. C'était beau et étrange. Comme l'un de ces rêve de vagues, de cavaliers d'écumes et de grands vaisseaux aux ailes d'albatros, que tissait parfois Sygnii pour l'endormir.

Lentement il déplia ses doigts. Et tout ces papillons de brume et de papier, une petite dizaine liés à des ficelles d'argent lui échappèrent pour s'envoler sur le dos gonflé d'une rafale. Son menton levé vers ce ciel à l'air ondoyant, Phalène les regarda disparaître comme une volée de cerfs volants dont on aurait tranché les longes, ou une nuée de petits oiseaux dont on aurait laissé malencontrueusement ouvert la porte de la cage. Un rien l'amusait. Il se surprit à rêvasser en voyant ces petits pliages de papier se dissoudre dans l'azur d'un éther qui se confondait à l'océan.

Lui l'assassin, le pourfendeur de roi, se songeait pirate. Du haut de sa dune, il rêvait de voyages merveilleux. Dans ses soupirs ravis c'est tout un monde de flibustiers qui naissait et mourrait au grès des fantasmes légers de son imagination. Une frégate à la coque percée de coups de canon, aux voiles trouées, dansait sous l'horizon de midi. A bord l'on se battait. Au sabre, au pistolet, à la gaffe. Et lui en fier capitaine qui n'oubliait jamais de sortir de la dunette coiffée d'un grand chapeau de cuir et d'oiseaux exotiques, menait de la pointe de sa rapière tout cette foule de rapaces, boucanniers et autres aventuriers de fortune.

C'était coloré, c'était charmant. Des requins filaient avec l'agilité rêveuse de félins sous la surface d'un lagon rougi par le sang versé. Des sirènes chantaient et répondaient aux voix graves des marins s'épuisant sur la grande roue du cabestan. Le canon tonnait. Les boulets fusaient à travers l'éther surchauffé en bourdonnant comme de gros frelons. Et le tonnerre de la poudre noire, se mêlait aux coups de semonce d'un cyclone s'amassant telle une muraille noire dans le ciel équatorial.

Le garçon secoua la tête. Ses bouclettes d'argent, s'échappant de l'anse saphir de son diadème princier, tombèrent comme un voile de saint devant ses yeux à l'humidité multicolore. Maintenant, tout à ses rêveries bercées par le ronflement salin de l'océan, il s'était débarassé de ses petites sandales de cuir. Le sable lui chatouillait les orteils. Et ses pensées, plus libres encore que ces papillons de papier qui l'avaient porté jusqu'à la plage suspendu comme une nacelle de mongolfière à une poignée de fils d'argents, transformèrent le rêve de flibustier en un mirage désertique.

Il dévalait la dune à petites enjambées précieuses. Derrière lui les tourbillons de sable soulevés par la respiration marine, effaçaient le sillon de ses empreintes menues. Dans le ciel un grand albatros d'acier, au moteur pétaradant, le salua d'un souple balancier de ses ailes étoilées. Phalène sourit de toutes ses quenotes translucides. Encore un rêve que Sygnii avait jadis composé pour lui.

Celui d'un océan de sable, aux vagues brunies de châleur, à l'air étincelant, et aux oasis de fontaines chantantes. Point de requins ici. Encore moins de grands gallions à l'envergure de toile blanche. Mais des cobras dorés, qui se coulaient dans la poussière avec un frisson électrique. Et de grands oiseaux d'acier, aux soutes pleines de pensées de papier, qui passaient parfois en hurlant et en froissant le ciel du battement mécanique de leurs hélices de bois.

Maintenant le papillon voletait dans la foule de baigneurs et de paresseux. Pour lui qui rêvait de vaisseaux ardents, dirigés par des capitaines sans nom, et de planètes étouffées par les racines de baobabs monstrueux, tout ces gens dénudés qui l'entouraient n'étaient que des spectres. Sortes d'ombres fragiles qui dansaient au coin de ses yeux amandins. Mais pour ces vacanciers qui
lézardaient comme de gros vers bouffis de châleur sur des tapis de serviettes éponges, ce garçon qui allait d'un pas dansant, avec une rapière au côté, et une longue, très longue écharpe qui buvait la lumière et le vent, n'était lui aussi rien de plus qu'un mirage de leur imagination ivre de langueur.

Phalène marchait face à la mer, un peu courbé pour résister aux rafales salés venues de l'océan. Il avait croisé ses bras sur son ventre pour empêcher sa légère tunique blanche de trop se gonfler. A son cou, son écharpe, cette bannière multicolore tissée des milles nuances de rêves arrachés aux lèvres de ses victimes, s'étirait loin, très loin dans son dos, comme une pelotte dont l'aurait laisser se dévider le fil.

Pour ceux qui étaient amoureux, pour ceux qui avaient des amis avec qui partager une poignée de sourire étincelants, alors l'océan était quelque chose de joyeux. Une masse miroitante, sans cesse mouvante, qui s'écrasait sur la plage avec le battement d'un cœur allégé par la perspective de vacances. Mais pour le petit elfe bien esseullé en cette ville noyée, si loin de ses domaines embrumés, où devait sommeillait cette rose à la peau de plume blanches et aux lèvres sanguines, qu'il avait abandonnée, la mer avait un tout autre son.

Une rythmique lente et répétive, un halètement profond qui ressemblait à l'infini soupir d'une âme un peu chagrine. Parce qu'il ne savait pas nager, autrement que dans ses rêves où il avait l'habitude de suivre sa sirène de sœur, il se figea à l'extrémité du monde. Là où la terre cédait l'horizon à l'eau. Des langues d'écume s'enroulaient autour de ses orteils nacrés pour le chatouiller. Des vaguelettes clapotaient contre ses fines chevilles. C'était un peu froid. Il frissonna, grimaça de ses lèvres duveteuse et se recula d'un bond de chaton.

Alors sur ce sable à peine humide que n'aspergeaient que les plus gros rouleaux Phalène s'assit. De ses bras nus, il avait entouré ses jambes. Son petit menton vint se poser sur ses genoux. Le vent venu du large folâtrait dans ses boucles argentés. Comme la caresse de jolis doigts aériens, qui donnait des envies de ronronner. Il semblait pensif. Ses grands écarquillés, presque hypnotisés par cette orgie de lumière se confondaient avec le bleu marin. Ils étaient si vastes et graves, que tout l'océan paraissait s'y déverser. Avec ses rêves noyés, ses bouteilles pleines de messages secrets, ses bateaux fantômes et ses sirènes à la chevelure de varech.

Et à la première personne qui passa à ses côtés il demanda d'une voix nostalgique en indiquant l'horizon d'un coup de menton.

« -De l'autre côté, il y a quoi? »
Phalène Volantis
 



Messagepar Baïeslav Zdorovega » 26 Juil 2015, 01:14

    Cela ne valait pas un bon cheval, aucun doute, la communion avec une bête vivante qui vous portait jusqu'au cœur de la bataille, mais l'Ours Noir ne pouvait nier que cela avait également ses attraits. Le bruit d'enfer était peut-être un des plus gros atouts, annonçant à tous la terreur qui pouvait fondre ses ennemis, le précédant et le suivant mieux qu'un coup de clairon, d'un bruit terrible qui aurait sans doute semé le trouble même dans une meute de vampires. La vitesse était appréciable aussi, comme il avait pu le voir lors des essais, même si maintenant il avançait à une allure – et d'ailleurs, du coup, avec une sono – un peu plus limitée. Et même si cela ne valait pas le vivant, même si cela ne vaudrait jamais les courses et les batailles de chez lui, dans l'Est, dans les plaines infinies de la Mère Russie, au près desquelles l'Angleterre tant vantée par ses habitants n'était guère plus qu'une petite île étriquée du bout du monde, la sensation de chaleur brûlante entre ses jambes, les vibrations puissantes de la machine, avaient également leur charme. Il y avait du potentiel dans cet engin, et il fallait reconnaître que, dans un tout autre registre qu'une monture à la fois terrible et noble, il savait en imposer.

    De fait, il avait une allure terrible, sur la puissante moto noire et argent, dont l'avant avait été fondue en forme de tête d'ours grondant, la gueule ouverte de façon menaçante, agressive. Plus qu'un engin de plaisance, c'était presque une véritable machine de guerre, mais aussi un bijoux qui aurait sans doute fait la jalousie de plus d'un passionné, même si pour sa part il s'était contenté de se la faire fabriquer. Il avait des lunettes de soleil noir sur les yeux, mais avait dédaignée toute protection, roulant les cheveux aux vents. Si pendant ses essais il avait porté un lourd blouson et un épais pantalon, tous les deux en cuir, la chaleur plus grande aujourd'hui là où il devait se rendre l'avait poussé à changer d'habillement, et il avait simplement passé une cape noire bordée de fourrure d'ours blanc, retenue une fibule d'argent en forme là de patte d'ours, ainsi qu'un court short de tissu. Pour retenir cela, il portait tout de même une ceinture de cuir à boucle de bronze – à nouveau une tête d'ours, mais gueule fermée cette fois. D'ordinaire, il y aurait suspendu de nombreuses armes, mais cela aurait, parait-il, semblé de mauvais goût sur la plage, aussi n'avait-il pendu qu'une courte hache à sa hanche droite, le strict minimum selon lui. En conséquence, un jeu de hache était pendu à la moto elle-même, dans des étuis de cuir noir, au cas où. Et lui-même pourrait se défendre sans aucune arme au besoin – la magie, la force, étaient de bonnes armes, sans parler des griffes et des crocs du grand ours qui dormait au fond de lui.

    Il n'était pas seul sur la route, puisqu'il suivait la superbe et terrible voiture noire de la Reine Dragon en personne, en compagnie de deux de ses lieutenants, des russes tout comme lui, sur des montures d'acier à peine moins impressionnantes. En cas de soucis, ils auraient facilement pu déployé la vélocité de leurs engins pour rattraper la voiture voir la dépasser, et protéger leur souveraine, mais l'escorte était surtout un complément de prestige à la voiture luxueuse, une marque de grandeur de la Dragonne. Qui aurait été assez fou pour attaquer Valériane Kravt ? Qui aurait voulu porter la guerre dans ces circonstances ? Si Baïeslav aurait combattu par tous les temps, il était volontiers prêt à reconnaître qu'il préférait combattre par temps froid, quand le gel affermissait les muscles et fendait les boucliers. Et visiblement, soit les éventuels attaquants étaient du même avis que lui, soit il n'y en avait tout simplement pas, car ils arrivèrent jusqu'à la plage presque brûlante sans aucun encombre. Alors que le chauffeur de la limousine s'occupait de la sortie de la Matriarche, le Chante-Gloire et ses hommes s'arrêtèrent non loin derrière la voiture, stabilisant leurs motos et mettant pied à terre alors que leur maîtresse foulait pour la première fois le sol de la plage.

    Comme les autres, il regarda la Dragonne s'engager sur la plage, reconnaissant non seulement sa beauté mais surtout la force et la grâce féline de ses mouvements, cette souplesse pleine de danger qui pouvait annoncer si facilement la mort. Au bout de quelques instants, il se tourna vers un de ses hommes et lui tendit sa cape, qui serait inutile sur la plage, restant simplement en short court, qui serait bien suffisant. Hors de question qu'il se vête d'un ce ces minuscules bout de tissus à la mode en ce moment à Magicopolis, souvent des créations synthétiques des Diamants ou des Rubis. Une fois délesté, et sa peau déjà tannée par bien des éléments exposée au chaud soleil de cette mer surnaturelle, il s'engagea à son tour dans la foule, bien décidé à ne pas laisser sa Reine s'enfoncer seule dans la plèbe. Même s'il doutait que quiconque ait cette audace, encore plus maintenant, cela aurait pu être un moment idéal pour éliminer un ennemi gênant, si le cas s'était présenté, alors qu'il passait sans guère de protection au milieu de tout un chacun. Et si quiconque essayait ici, et en réchappait tout de même, il voulait être certain de lui mettre – solidement – la main dessus, en supposant qu'il survive à sa confrontation avec le Dragon.

    Là où Valériane fendait la foule comme dans un rêve, évitant les rares obstacles qui avaient le front de rester sur son chemin, l'Ours, cependant, était bien loin d'avoir une telle souplesse, ou une telle aura. Il n'hésita pas à bousculer ceux qui s'assemblaient sur le chemin du Dragon, projetant dans le sable ceux qui avaient le front de lui résister, et qui auraient dû être reconnaissant de garder leur vie sauve. Quand elle évita souplement une balle de plage, il l'envoya promener d'un coup de pied loin de son propriétaire qui approchait pour la ramasser, et qui fit taire ses protestations d'un simple regard noir. Quand elle enjamba des fortifications de sables, le russe les traversa sans s'arrêter, démolissant tout le centre du château éphémère de ses jambes puissantes et ignorant les cris des enfants. Ils apprendraient ainsi que le Dragon pouvait balayer sans les voir les fortifications que les autres se disputaient – une leçon dont ils profiteraient assurément s'ils la retenaient. L'un dans l'autre, il se tailla un large chemin brutal là où sa maîtresse passait comme un rêve, mais nul ne le retint plus de quelques instants, la plupart des anglais en maillot de bain trouvant finalement que ce grand colosse à l'air barbare, au torse puissant et aux nombreuses cicatrices ne les avaient pas offensé tant que ça, en y réfléchissant bien.

    Finalement, sa reine arriva jusqu'à la mer, et après quelques instants, laissa le vent lui arracher la tunique qui la couvrait, révélant son maillot noir et son corps, qui fascinèrent sûrement plus d'un homme dans la foule qui s'était formée derrière lui, parmi laquelle se trouvait Baïeslav, dans les premiers rangs, les gens évitant, après de solides bourrades, de se serrer contre lui. Mais le Chante-Gloire ne vit qu'à peine ce corps pourtant digne d'une Déesse, il ne vit que le Dragon, le Dragon qu'il avait contemplé pour la première fois sur les froides terres de son pays natal, dans les landes de son exil guerrier, devant lequel il s'était mis à genoux pour jurer allégeance. Une fois encore, il baissa la tête avec respect devant cette incarnation primal, cet éclat noir de l'ancienne gloire à laquelle Mordred Tueur de Dragon avait mis fin si longtemps au part avant, et que sa descendante faisait maintenant renaître sur le monde. Et alors, alors que l'attention était toute entière concentrée sur elle, la Reine se retourna vers la foule, pour prononcer quelques mots – quelques mots seulement, mais qui scellaient les destins de beaucoup, surtout de ceux qui se tenaient à proximité immédiate de l'Ours Noir d'ailleurs.

    « Le Dragon ne dort jamais. Mais il a aussi besoin vacances. »

    Et, d'un mouvement à la grâce inhumaine, elle plongea dans les flots, disparaissant à la vue de tous. La foule poussa des soupirs de soulagement, et se dispersa lentement, commentant l'événement. Le Chante-Gloire, lui, resta planter là, à regarder la mer toute proche de lui, si chaude et si sombre, comparé à cette de son enfance, froide et claire, qui charriait des corps qu'il notait à peine, pas plus qu'il ne se laissait troubler par les cris d'un homme chargé de les ramasser. Valériane avait proclamé des vacances, mais il ne voyait guère quelles vacances prendre en ce lieu. Pour lui, ce mot évoquait le repos entre deux combats, des banquets, des fêtes, peut-être une bonne partie de chasse ou de lutte. Luttait-on, sur cette plage du bout du monde ? En parcourant les alentours du regard, sa curiosité éveillée par cette question, il n'en vit nulle trace. Il découvrit par contre de nombreux jeunes gens qu'il connaissait, des russes venus de la Mère Patrie et d'autres qu'il avait déjà vu au combat ou à l'entraînement, et d'autres encore qu'il ne connaissait pas, mais qui portaient le Dragon tatoué qui sur une épaule, qui sur un bras, et qui tous rivalisaient dans divers jeux, impliquant souvent une ou plusieurs balles.

    L'Ours Noir, pourtant, ne se sentait aucune envie de les rejoindre, même s'il en connaissait plusieurs. Ce n'étaient pas là des jeux qu'il appréciait vraiment. Même enfant, il préférait de loin jouer à la guerre qu'au ballon, et depuis lors, il avait connu plus que son contant de guerres. Les massacres, les combats, les villages entiers ravagés par une horde de vampire, les patrouilles écartelées horriblement par les griffes de choses qui n'étaient pas de ce monde, les horreurs rencontrées sur le champ de bataille, tout cela avait en quelque sorte tué en lui le plaisir de ce genre de journée, les jeux qui n'étaient que les ricochets d'une balle. Avec un grognement qui aurait pu être celui d'un ours et non celui d'un homme, il secoua la tête et reporta son regard sur la mer, vers laquelle il s'avança, ses pensées revenant aux combats et aux beautés de sa vie, bien loin de cette ville étrange où une plage et un soleil immobile pouvaient surgir du milieu de nulle part. Si une telle chose pouvait arriver à Saint-Pétersbourg, noyer les miasmes du Tsar Noir et réduire en cendre ses hordes de vampires, pour le laisser seul au milieu d'une île où il aurait pu venir le tuer ! Souriant d'une telle pensée, autant que de ce prodige, il s'avança encore, et soudain vit bondir un enfant non loin de lui, s'écartant de l'eau comme s'il avait été échaudé, ce qui fit sourire à nouveau Baïeslav.

    Il baissa les yeux sur lui, amusé, et fut surpris de rencontrer un regard si grave dans un visage si enfantin. Il aurait cru voir un enfant, mais en croisant ce regard il n'en était plus si sûr. C'était un regard qui avait vu bien des choses, bien trop de choses, un regard vaste et grave, aux reflets d'océan, non l'océan rieur que Londres avait découvert à ses portes, mais celui, sombre et profond, qui avait charrié tant d'épaves et de noyer. Il nota aussi que, comme lui, cet étrange enfant était armé, chose rare sur cette plage, d'une longue rapière qu'il trouvait trop fine, mais qui ne semblait pas être un jouet. Malgré tout cela, cependant, il ne le reconnu pas. Il était un étranger, il ne connaissait pas assez Magicopolis et ses intrigues pour cela, il ne s'intéressait pas assez aux factions querelleuses qui la composaient, pas pour autre chose que pour trouver comment les décrire. Il aurait aimé pourtant rencontrer, en le sachant, un Tueur de Roi. C'était quelque chose qui aurait fait une bonne chanson, assurément. En l'état toutefois, il ne pu le savoir, mais il se vit par contre poser une question, d'une voix pleine de nostalgie.

    « De l'autre côté, il y a quoi ? »

    En d'autres occasions, il aurait simplement envoyé promener, sans doute assez brutalement, un enfant lui posant une telle question, mais ce n'était pas vraiment un enfant, il le sentait. Et cette nostalgie dans sa voix, sa façon innocente de désigner l'océan du menton, la gravité de ses yeux, tout cela ramena une bouffée de nostalgie dans son propre esprit, et ce fut d'une voix un peu bourrue, mais grave et profonde, aux rythmes lents comme le ressac de la marrée, une voix digne de déclamer les sagas d'antan, qu'il répondit.

    « De l'autre côté, petit homme, il y a le monde. »

    Une phrase toute simple, et pourtant pleine de vérité. Le regard de Baïeslav dériva vers l'océan, se perdant dans ses brumes et dans ce qu'il y avait au-delà. En le disant, il ressentait à quel point c'était la vérité. Ici, ils étaient sur une petite île perdue, insignifiante, sale et boueuse, et les anglais disaient que c'était le monde. Mais non, ce n'était qu'un cailloux infime dans les flots, et le monde, le véritable monde, était bien loin au-delà de ces flots.

    « Il y a des pays boueux et pleins de guerre, des hordes de loups et de plébéiens qui se rêvent les égaux des rois, des petits curés qui se prennent pour des empereurs et des princes chamailleurs qui se disputent des miettes de gloire. »

    Sa voix restait profonde, puissante, son rythme s'était fait un peu plus lent encore, du rythme des vieilles légendes. Il y avait un côté presque drôle à voir cet immense colosse à la peau tannée et aux cheveux sombres répondre à ce tout petit prince d'argent aux cheveux blancs, mais Baïeslav ne voyait pas cela, il voyait les images que la question avait fait naître devant ses yeux. Sa voix se chargea légèrement de nostalgie, elle aussi, alors qu'il continuait de répondre.

    « Et au-delà de tout cela encore, il y un pays grand et beau, dont les plaines sont plus grandes que toute la terre d'Angleterre, qui portent de nombreux fleuves, dont chacun ridiculise la maigre Tamise, dont les montagnes sont hautes et belles, garnies de neiges qui ne fondent jamais, où la terre est parfois gelée et le blizzard mordant. Une terre où les hommes sont rudes et où les femmes sont belles, dit-il d'un ton à nouveau plus bourru, ses yeux perdu dans le vague. C'est là que je suis né, et là que je retournerai, pour détruire les ténèbres qui en ont étreint le cœur. »

    Lentement, la voix du titan s'éteignit sur cette note poignante, laissant place au silence, quoique tout relatif, entre les cris et les rires qui retentissaient tout autour de lui. Les ignorant totalement, toutefois, il baissa le regard sur le petit être qui, de sa question, et surtout de sa voix, de son regard, avait fait naître cette évocation toute simple mais en même temps si profonde, qui avait fait vibrer la voix du colosse d'une note étrange et unique, entre amour et mélancolie. Levant alors une de ses grosses pattes, il la posa sur la tête de cet enfant à l'air si unique, et ébouriffa ses cheveux blancs, sa large main dérangeant l'ensemble de la chevelure sur sa petite tête.

    « Il y a bien des choses, au-delà de la mer. Tu devrais aller les voir un jour, petit homme
    , fit-il avec ce qui aurait presque pu, si l'on imaginait bien, passer pour un soupçon d'affection dans sa grosse voix, si tu en es si curieux. »
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Messagepar Lili » 26 Juil 2015, 14:50

L’homme et l’enfant forme une étrange paire alors que je les regarde de dos. L’immense carrure de l’ours aux boucles noires contraste avec la frêle carrure de l’assassin aux boucles d’argent. L’homme et l’elfe regarde l’océan. De dos, on dirait un père et son fils, dont la mère aurait les mêmes cheveux d’argent que lui. Mais il n’en est rien et je le sais. Parce que je les connais tous les deux. Je sais leurs corps et leurs cœur aussi couvert de cicatrice l’un que l’autre. Pas les mêmes, certes, mais des cicatrices aussi douloureuses que les miennes. Elles sont différentes, nos histoires sont différentes, mais dans le fond nos douleurs, nos doutes, nos joies sont les mêmes. Elles sont marquées des cicatrices que nous a infligé le monde. Ce monde qu’il commence à décrire. Doucement sous mes yeux, se modélisent les longues étendues de terre, détrempées par cette pluie ardente, si noire, si sombre. Presque acide. Qui voudrait pouvoir ronger ces chaires, ces os de tous ces hommes qui détruisent la terre. Mais elles ne le peuvent pas. Seules les pluies de Londres le pourraient mais les londoniens sont habitués aujourd’hui à se défendre contre ces attaques acides. Devant moi, la caravane avance : des hommes, des femmes, des enfants. Certains montés sur des chevaux. Non loin d’eux la lisière de la grande forêt n’est pas loin. Cette forêt noire, profonde, menaçante. Cette forêt dans laquelle j’imagine tant la grande louve blanche courir à amples foulées et imposer sa prestance prédatrice. Et j’ai envie de crier à ces hommes de partir, de s’éloigner de la forêt qui frémit et qui gronde. J’ai envie de leur hurler de prendre garde à ces grands yeux jaunes qui s’ouvrent le long de la lisière. Mais j’ai l’impression non je sais que le vent qui souffle et la pluie qui s’abat empêcheront ma voix de leur parvenir. Mon souffle s’accélère alors que les loups s’élancent dans la direction de la caravane et lorsque le plus grand de tous bondit pour refermer sa gueule sur la gorge d’un homme je lève les mains devant mon visage pour me protéger de cette averse de sang qui tente de m’éclabousser. Et quand j’ouvre à nouveau les yeux je suis à nouveau sur la plage, sur le sable, à regarder l’ours russe et le papillon anglais. Ma respiration saccadée s’apaise petit à petit alors qu’il continue à raconter.

« Au-delà de ces eaux il y a aussi l’amour, le bonheur et la liberté… Londres semble avoir oublié cela depuis des années… Les a-t-elle jamais connues ? Le monde n’est pas si noir Baïeslav… Il est grand, vaste empli de merveilles et de mystères, de grandeur et d’une force incroyable que nous ne pourrons jamais comprendre… Tu la sens n’est-ce pas Phalène ? ». Je sais que mon ami le papillon a une vaste conscience du monde, de la nature. Je ne doute pas qu’il sente cette force sourde et intense qui provient de l’océan, du vent, de l’arbre centenaire dont les racines s’enfoncent si loin dans le sol. Au milieu de ses brumes, je suis sure qu’il les sent. Doucement je me lève. J’ai échappé à la vigilance de mes gardes aujourd’hui pour venir à la plage. Prendre un peu de temps pour moi, ne plus penser à rien. J’aimerais tant pouvoir retrouver Silène, l’aimer et l’embrasser au grand jour. Mais c’est impossible et pour le moment le prince ambre reste loin de mon regard. Alors je tente de profiter, laisser ma peau pâle bronzer, sans oublier de la protéger, particulièrement l’ensemble de mes cicatrices exposées à tous les regards qui crient que ma vie peut parfois être dure. Mais le maillot de bain est un deux pièces blanc recouvert de fleur roses, violettes et turquoises, pour montrer que je ne suis pas vide, que je suis là, belle et souriante. Garance m’a aidée à le trouver. Je m’avance vers les deux hommes laissant ma serviette sur le sable et je vins m’asseoir au côté de mon meilleur ami posant ma tête sur l’épaule de celui-ci tout en levant mon regard sur l’ours onyx : « Et je suis sure qu’il doit être très beau, ce monde… Mystérieux mais aussi lumineux, incroyable mais aussi redoutable... Il doit vraiment être incroyable... ». Peut-être un jour aurais-je la chance de le voir, ce monde. Je souris à l’homme de main de la Dragonne avant de baisser les yeux sur ces eaux qui semblent traites et sournoises. Peut-être un jour pourrais enfin quitter cette ville, ce pays, m’enfuir avec ce prince qui fait battre mon cœur. Voir les vastes plaines africaines, les étendues glacées de Russies, les pays d’orient mystérieux et fascinants ou la côté ouest, au-delà du grand océan. Que se cache-t-il dans ces contrées ? Quels mystères se dissimulent entre les bourrasques d’un brouillard étrange et inconnu ? Tant que je suis avec ma famille, peu importe où le bateau nous mènerait, je serais heureuse de pouvoir découvrir de nouveaux horizons avec eux… Un doux sourire se dessine sur mes lèvres alors que je glisse une main sur mon ventre songeuse, un peu inquiète mais heureuse. Tellement heureuse.
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Messagepar Caleb Lewis » 27 Juil 2015, 16:06

Cette journée semblait sortir de l'ordinaire pour tout le monde. Naturellement, elle ne l'était pas vraiment pour Caleb. Il avait été engagé par des hauts fonctionnaire Améthyste afin de faire régler "l'ordre et la sécurité" sur les nouvelles plages de Londres. Le semi Loup trônait sur un poste de surveillant arborant les couleurs Améthyste, il était haut de quelques mètre. D'ici, il pouvait observer une grande partie de la plage. Ainsi il avait assister au spectacle de la sulfureuse Valériane Kravt, qui avait captivé une énorme partie de la foule. Caleb souffla d'un air dédaigneux, mais s'avoua intérieurement que quand même, elle était bien roulée.
Tournant la tête dans le but d'éloigner de son esprit ce spectacle ridicule, l'homme observa une multitude de gens bizarre occupé à faire des trucs tout aussi bizarre. Un homme à la coiffure démesurée arborant une queue animal s'amusant comme un gamin dans l'eau, deux bonhomme s'évertuant à repêcher des corps inanimés : pour une fois que la lubies morbide des saphirs servait le bien commun. Un groupe d'étudiante minaudant devant un mec bien trop vieux pour elles et un jeune homme entouré de gonzesse, un harem qui le tirait inexorablement vers l'eau. Le lycan leva les yeux aux ciel, désespéré. Pourquoi avait-il accepté un travail si ennuyeux ? Gabrielle avait insisté sur l'importance de ce contrat. Si la populace le voyait prendre soin d'eux, peut être qu'ils seraient plus indulgent avec lui et arrêteraient de changer de trottoir en le croisant. Elle avait peut être raison, mais il se fichait bien de se que pouvait bien penser la plèbe. Il se redressa, dégaina habillement une cigarette qu'il alluma et la porta à ses lèvres. Tout était calme et cela ne lui plaisait pas.
Il fut soudainement sortit de sa rêverie par les cris aigu d'un gamin

" - Tu fais quoi assit la monsieur ? "

Caleb lui jeta un regard noir, il ne voulait pas adresser la parole à un morveux qui allait le harceler de question.

" - Hey monsieur, vous faites quoi ? Vous matez les nichons de maman ? "

Le loup toussa nerveusement, faisant tomber sa cigarette à ses pieds. Son visage devînt rouge de colère. Il tourna les épaules vers le gamin, fichant ses mains puissantes sur la rambarde qui le séparait du marmot et se défendit :

" - Bien sûr que non imbécile ! Je veille à la sécurité, pour qu'il n'arrive rien à personne. Et je me réserve le droit de te botter l'cul si tu m'empêche de bien faire mon travail ! Alors va jouer ailleurs morveux. "

Le gamin avait l'air profondément touché, sans se démonter il se contenta de répondre d'un air malsain.

" Ouais ben avec tout les mecs mort qui trainent sur la plage tu fais trop mal ton boulot espèce de caca tout mou... "

Caleb eût du mal à contenir son énervement, se n'était pas sa faute si des débiles allait dans l'eau sans savoir nager. Il n'était pas maitre nageur et puis de toute façon il n'aimait pas l'eau.
Il serra les poings, ne cherchant pas à répondre à la provocation puérile du garçon. S'occupant l'esprit autrement, il concéda au petit morveux que le nombre de mort était assez impressionnant. Il jeta un bref regard sur le gamin, celui ci n'avait pas l'intention de partir, feignant d'aller inspecter les lieux pour rechercher une raison imaginaire quant à la noyade de masse, Caleb entreprit de s'éloigner du marmot. Sans succès, celui ci le suivit comme un clebs.

" - Ouaaaaaais on va enquêter ! Moi je suis ton acolyte ok ? On va attraper le vilain monstre qui...

" - Ferme là ou j'tenterre. "

Le gamin la boucla une bonne fois pour tout. Il était plutôt malin.
Caleb se dirigea vers le colosse et son acolyte, ceux qui récupéraient les corps. Il s'approcha lentement, concéda un regard effrayant au plus petit et s'agenouilla près des corps. Il n'avait pas envie de se justifier.
Il remarqua immédiatement une trace rougeâtre sur la cuisse du corps d'une femme morte. La trace rampait en faisant le tour de la jambe droite et finissait sur le bas du ventre. Comme si quelque chose brûlant l'avait enserré. La femme avait une teinte de corps pâle et son visage était crispé, squelettique. Désormais pensif, Caleb retourna le corps et remarque une blessure étrange sur le talon droit, comme si trois aiguilles disposées en triangle s'y était planté. Une drôle de sensation l'envahit, le gamin avait il raison ? Celui ci arborait une mine triomphante.
Il observa un second corps et fut horrifié de constater les mêmes blessures. Cela ne pouvait être une coïncidence, quelque chose tuait les nageurs. Cela ne devait cependant pas se trouver proche de la plage, sinon quelqu'un aurait remarqué. Il regarda l’horizon de la plage et déduit qu'une créature marine chassait et suçait le sang de ses victimes par le talon, dans les eaux plus profonde.
Sans faire part de ses déductions, Caleb s'adressa à la personne la plus proche de lui (Wayne Carmichael).

" - Vous travaillez à la morgue je parie ? Qu'elle genre de créature peux bien tuer de la sorte...? "

Peut être qu'il avait prit le temps d'examiner quelqu'un uns de ces corps et de déduire quelque chose ? Quoi qu'il en soit il était vital d'analyser la menace avant de hurler au scandale et affoler tout ce beau monde...
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Messagepar Jane T. Joyce » 28 Juil 2015, 17:07

Mon sursaut fut aussi soudain que son exclamation. Je ne m’y attendais pas. Je le regarde en clignant un peu des yeux surprise par ce qu’il me dit. Je sais qu’on se connait un peu, puisque je lui pose sans cesse des questions sur ses cours et sur la biologie en général et que nous sommes du même quartier mais quand même. Je ne m’attendais pas à ce qu’il réagisse à ce point. Je le regarde tout en l’écoutant. Il me demande de faire plus attention à moi pour qu’il ne m’arrive pas malheur. Il semble vraiment penser ce qu’il dit et se soucier de moi. D’ailleurs, il pose sa main sur ma joue ce qui me tire un frisson. J’ai mal mais son contact et doux et ne me tire presque pas de douleur : il n’appuie pas, il se contente de survoler la plaie avec douceur. Pour le connaître à l’académie et par les rumeurs parfois folles qui circulent parfois sur lui, je me doute qu’il n’est pas toujours aussi doux. Et je ne peux m’empêcher de rougir légèrement en le regardant troublée. C’est fou, c’est dingue de voir ce qu’un simple geste peut être aussi perturbant. Je ne sais pas bien quoi dire ou quoi faire alors je ne bouge pas et je balbutie :

« Je euh.. Je.. C’était un enfant je ne pouvais pas le laisser comme ça… ». Je sais bien que c’est une preuve dans ma famille. Sauver un enfant, qui plus est le fils d’un ouvrier. Que n’ai-je pas fait là ?! Pourtant c’est comme ça. Je suis comme ça, je ne peux laisser mourir un enfant comme ça, lorsque je peux l’éviter. Je souris un peu malgré le fait qu’il me réprimande et me dise de faire d’abord attention à moi. « C’est aussi ma façon de prendre soin de moi… ». Je crois que je deviendrais dingue si j’étais comme mon père. Ne pas me soucier d’autre chose que de moi ou de mon entreprise. Certes c’est important, nos travaux, nos chaînes de production sont importantes mais l’humanité aussi. Sans cette humanité, nous ne serions pas là pour en débattre. Et si demain les femmes arrêtaient de se soucier de leurs enfants ou même de la volonté de procréer alors la race humaine s’éteindrait. Et il ne resterait que des robots. Qui alors pourraient s’en vanter ? Certainement pas une lignée Joyce éteinte… Mais ça parfois, ils semblent un peu tous l’oublier. Je fais une légèrement moue suivie d’un sourire. Contente que quelqu’un s’inquiète pour moi quand même. Surtout quelqu’un comme lui. Alors je viens l’embrasser sur la joue, chastement et je lui dis : « Merci… Je suis vraiment contente que vous n’ayez rien ! ». Je lui souris puis je regarde autour de nous.

Ava n’est pas près de lui, mais j’imagine bien qu’elle lui a faussé compagnie pour aller voir le sable plus du côté des enceintes déversant du son sans aucune retenue. Une version plus aérée de la cage ? Peut-être. En moins trash aussi, surement. Je souris toujours. Au loin, j’aperçois le scorpion Boyle à la tête de ma maison à l’académie aux côtés de sa louve. Mais aussi Lili la belle violoniste après de deux personnes que je ne connais pas. Un homme qui me semble tout à fait onyx par sa carrure et sa prestance. Et un Volantis si j’en crois cette douce chevelure d’argent et cette douce mélancolie qui semble émaner de lui. Et si j’osais extrapoler un peu je pourrais penser que c’est ce Phalène dont me parle si souvent Elendil. Je ne pensais pas qu’ils pourraient s’établir un lien si fort entre deux êtres aux abords si différents. Pourtant, le lien semble évident et très beaux entre eux. Il se dégage de cet attroupement une aura différente à la fois noire mais très lumineuse, mélancolique mais très douce. Lili fait cet effet-là à tout le monde, paraît-il. Et celui qui un jour pourra la sortir de ce cauchemar onyx qu’elle endure depuis si longtemps sera probablement le plus heureux des hommes. Je souris un peu avant de me tourner vers le reste de la plage. Finalement, je pose à nouveau mon regard sur Ian me demandant silencieusement si un jour moi aussi je serais capable de rendre les gens heureux. Car quoi que je fasse, en bien ou en mal, en humain ou en inhumain, cela ne semble jamais suffisant. Jusqu’à ce que je rencontre Eonis, mais elle me ressemble beaucoup, alors cela semble normal. Cependant, je ne dis rien de ces démons habituels qui m’habitent et je souris à nouveau avant de demander :

« Vous pensez qu’on peut se baigner sans risque ? Enfin, en dehors du courant évidement … Parce que les mers autours de notre bon pays ne sont pas vraiment accueillantes… Vous pensez que ces eaux le sont plus ? Plus sûre ? ».

J’ai du mal à penser que oui. Car en général tout ce qui touche à un phénomène magique n’est jamais très bon. Mais qui sait, peut-être que pour une fois, Londres a vraiment gagné des vacances ? Enfin ceux qui ont survécu, bien sûr…
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Messagepar Valériane B. Kravt » 29 Juil 2015, 12:23

La respiration du dragon se mêlait au halètement de l'océan. Valériane allait d'un pas tranquille, fendant l'écume de ses amples foulées. Les vagues roulaient et claquaient contre ses jambes. Dans son dos, cet immense tatouage qui défigurait la pâleur cuivrée de sa carrure de nageuse avait les ailes ruisselantes de sel.

Le soleil jouait sur la surface miroitante des flots. De chauds reflets brillants, dégouttaient du corps presque nu de la nocturne. D'un geste à la féminité désarmante, presque touchant, elle essora cette longue natte de cheveux d'ébènes qui encadrait son visage piqueté de bruine. Autour d'elle la mer allait de son pas cadencé. Une force tranquille, au rythme appaisé. Mais qui dissimulait sous le mirage trompeur de ses eaux turquoises, une puissance brute, sans cesse aux abois.

De toutes ces beautés solaires ou crépusculaires qui paressaient sur le sable ou s'ébattaient dans les vagues, la Ténébreuse ne pouvait supporter la comparaison. Elle n'était ni la plus grande, ni la plus volupteuse. Sa silhouette de guerrière semblait lourde, trop puissante, lorsqu'on la comparait aux venins blafards d'une Dramira en train de rôtir, ou à l'élégance indomptable d'une Nawel baignant dans un hâlo de lumière.

Mais le charme de la matriarche au nez trop long, aux lèvres trop épaisses, au visage trop rond, était au delà d'une pulsion plastique. Peut être dans ses yeux, à l'éclat assymetrique, bleu à gauche, vert à droite, dans lesquels il était si facile de se laisser sombrer. Peut être dans cette force sans cesse tonnante qui jamais ne la quittait, même au repos, même en vacance, et donnait l'impression de contempler un gouffre noir enfermé dans la frêle enveloppe d'une femme. Ou bien dans le mystère de cette mélancolie poignante, qui toujours s'accrochait aux langueurs épurées, racées, de l'Orageuse.

Jeune elle était. Plus encore maintenant que sous les conseils de Gemme et d'Endal elle s'était parée de tout les attributs d'une Russe blanche en vacance sur la côte. Avec ce bikini noir, sobre et moulant, ces créoles d'argent suspendues aux lobes de ses oreilles, qui renvoyaient la lumière et se prenaient parfois maladroitement dans quelques mèches de cheveux affolées par la brise.

Vieille elle était encore plus. Comme une légende surgie d'un autre âge, pour débarquer, nue et vulnérable dans un monde qui ne la reconnaissait plus. La voir marcher dans ces vagues qu'elle fendait de sa souplesse féline, c'était contempler plus de mille ans d'histoires Craft. Tant et tant de drames s'accrochaient à son nom. Et elle paraissait bien seule pour supporter sur ses épaules, tenues droites et fermes par orgueil, la décadence sans fin de sa lignée empoisonnée.

La différence de taille, entre la Panthère et son Ours garde du corps, ne jouait pas en la faveur de la Brune. Sans le support de ses célèbres cuissardes talonnées, forcée de marcher pieds nus sur la grêve humide, elle paraissait si fine, si frêle, lorsqu'elle se dressait aussi proche du colosse russe. Et plus que jamais elle faisait son âge, celui d'une jeune femme qui n'avait pas eu d'enfance, et qui s'était construite trop vite, de façon bancale, dans les tumultes d'indignes conflits débutés bien avant sa naissance.

Sans effort, le monstre de l'Oural, avec ses énormes biceps veinés, sa poitrine de roches glaciaires, aurait pu broyer sa matriarche contre lui s'il l'avait souhaité. Pourtant c'est elle qui le toucha, sans crainte aucune, en ouvrant toute grande sa main gauche pour la poser sur le torse couvert d'un rêche duvet du seigneur. Sous la paume de la Craft, le cœur de son garde du corps battait avec une force rassurante. Quelque chose de sombre et de martial. De vapeur et d'acier. Elle lui sourit en levant le menton pour croiser son regard. Un étirement des lèvres étrange pour cette femme, dont le visage avait pris l'habitude de se contrefaire pour devenir le masque de terreur de Londres. Elle se moquait de lui.

« -Londres t'aurait elle ammoli ? Mon ours se serait il découvert un cœur de miel ? » Afin de tenir Phalène et Lili éloignés de leur conversation, la belle s'était exprimée en Russe. Une langue qu'en dépit des efforts desespérés de rares tuteurs assez courageux pour la reprendre, elle ne maitrisait qu'à grande peine. Et allait ajouter quelque chose lorsque surgit de nul part un projectile assassin manqua de lui arracher la tête.

Les deux gamins à l'origine du tir malheureux regardèrent avec crainte la Matriarche Onyx, s'écarter de l'ours d'un bond félin, et rattraper le ballon d'un coup de pied précis. Souple, agile, elle fit quelques jongles, en retrouvant sans effort ses vieux reflexes de joueuse de Quidditch. Chevilles, cuisses, genoux, poitrine. La balle véloce, rebondissait sur son corps sans toucher le sable humide. Une dernière fois, elle se servit de la tête du plantigrade grincheux comme d'un mur, contre lequel alla taper le projectile, avant de l'immobiliser sous son bras.

Est il utile de préciser que les deux garnements préfèrèrent détaler loin, très loin sans demander leur reste ? De son regard assymetrique la matriarche embrassa la foule. Et puis elle ordonna d'une voix qui ne souffrait d'aucune contradiction : « -Lili, Baïeslav, Endal avec moi. » Il se dégageait de sa personne une autorité naturelle. Même lorsqu'il s'agissait de mettre en place un simple jeu, elle faisait montre de la même détermination que lorsqu'il s'était agit d'organiser ses troupes pour vaincre les Orothar sur le champs de bataille. « -Des volontaires pour affronter l'Onyx sur le terrain de Volley ? » finit elle par demander.

Lentement elle regarda Nathanaël, Arthur, Nawel, Ellaryain, ou Jane, Phèdre, Caleb et Wayne. Peut importait le nombre dont se constituerait l'équipe adverse. Même à quatre contre dix, Valériane était sure de gagner. L'Onyx n'avait pas pour habitude de perdre ses batailles.
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Messagepar Nel'kael Selean » 04 Aoû 2015, 15:23

Resserrer un boulon. Courir en équilibre sur les digues instables. Resserrer un boulon. Essuyer la transpiration du revers de la manche. Se contorsionner pour passer sous le panneau de contrôle. Boucher une fuite. Essuyer l'eau salée de ses yeux. Jurer à cause de la douleur. Ressortir de sous le panneau. Resserrer un boulon. Franchir les digues d'un bond agile. Passer la main sur les turbines pour en vérifier l'état. Sentir la magie fourmiller le long de ses bras. Resserrer un boulon. Essuyer la transpiration. Maudire le soleil brûlant au dessus de sa tête. Lever les yeux pour vérifier la présence de son supérieur dans sa nacelle climatisée. Jurer. Resserrer un boulon.

Pour une fois, Nel se blâmait pour son choix de carrière. Elle venait de passer tout son début de journée à courir en cercle pour maintenir en place les fragiles tuyaux qui pompait l'eau des quartiers riches pour éviter que les nobles aient les pieds humides, au lieu d'aller se prélasser sur la nouvelle plage comme tout le monde. Elle l'avait même vu ce matin en partant au travail ! Les centaines de milliards de grains de sable, comme autant de minuscules pépites d'or pur, avaient accroché son regard en moins d'un instant... Mais elle avait été forcée de dépasser l'idyllique rivage pour plutôt se diriger vers son éternel fardeau : sa vie d'ouvrière.

Alors autant d'habitude elle l'acceptait avec joie, mais aujourd'hui c'était particulier. Elle qui mettait un point d'honneur à profiter de la vie, elle se retrouvait forcée à travailler plus dur que jamais alors que tous les autres se prélassaient comme autant de morceaux de lards fumés aux algues ? Il n'en était pas question ! Depuis ce matin, elle ruminait son plan d'évasion. Tant pis si elle loupait quelques heures, ils ne verraient pas la différence de toute façon, avec toutes les fourmis obéissantes qui se débrouilleraient très bien seules. Et puis son superviseur n'avait qu'à mettre la main à la pâte pour une fois ! Ça changerait un peu.

L'image de son chef, ce nanti bedonnant en chemise impeccable, entrain de suer sous le soleil en tenant un marteau dans le mauvais sens, lui traversa l'esprit. Un gloussement passa ses lèvres roses tandis qu'elle se glissait, maigre comme elle était, sous les tuyaux, disparaissant du champs de vision de ses collègues. Bien.

La meilleure façon de passer inaperçue, c'était bien d'afficher ce qu'elle avait caché pendant si longtemps non ? Et lorsqu'une jeune elfe à la peau claire et aux longues oreilles pointues passa la limite du chantier en toisant le surveillant d'un air condescendant, celui ci cru bon de s'incliner.

Nel était positivement fière de son idée. Les subtils changements apportés à son apparence, en plus d'afficher sa nature clairement, la rendait impossible à associer à l'ouvrière qu'elle était à d'habitude : plus de marques, plus de crasse, des cheveux propres et coupés très courts, d'un noir d'encre aux reflets bleus, un visage aux traits magnifiés et aux tâches de rousseur effacées, de grands yeux d'un jaune d'or saisissant... En plus, la tenue de plage dérobée à un étal avait été facile à dissimuler au fond de sa besace de travail... Elle n'aurait plus qu'à se faufiler dans les vestiaires pour récupérer le reste et pointer sa sortie. Le plan parfait.

Ce fut donc avec un sourire guilleret que l'elfe inconnue au bataillon traversa le peu de distance la séparant de la foule. Elle avait pour l'occasion revêtu un maillot de bain une pièce au motif qui lui avait tapé dans l'oeil... Elle était vraiment à croqué dedans... Sans mauvais jeu de mot. Ses formes menues et athlétiques, débarrassées de la saleté, était très bien soulignées par son nouveau vêtement. Elle avait une serviette de bain blanche et des sandales à brides de la même couleur, qui claquaient sur le goudron menant au sable chaud.

Enfin. La marée noire, se dit elle en gloussant à mi-voix devant l'immense foule de vacanciers, informe et mouvante au gré des vagues dont profitaient les nageurs. Et elle comptait bien faire de même.

Elle traversa la grève d'un pas décidé, avec un air de ce qu'elle interprétait être approprié pour une elfe noble (c'est à dire des lèvres pincées). Elle s'amusait bien, mais elle n'était pas vraiment crédible. On aurait dit une enfant imitant les grandes personnes sans pouvoir se retenir de rire... Mais elle n'en avait que faire. Elle observait avec intérêt les regards se tourner vers elle. Ah oui, c'est vrai, ça ne devait pas leur arriver tous les jours de voir une elfe. Elle-même n'en avait pas croisé beaucoup dans sa courte vie à part ses parents... Elle répondait aux regards trop insistants avec un demi sourire moqueur qui faisait en général l'affaire.

Le tout était d'éviter les questions intrusives. Elle était arrivée après tout le monde, vu le nombre de patriarches qu'elle apercevait sur le chemin, donc elle se ferait sans doute moins remarquer. Mais il fallait rester prudente. Elle aurait sans doute du mal à s'inventer une vie du tac au tac si on commençait à la questionner sur telle ou telle dynastie...

Mais elle ne parvenait pas à conserver un visage sérieux. La beauté de l'eau, d'un bleu si clair et limpide, véritable miroir se confondant avec le ciel à l'endroit de l'horizon, la chaleur du sable s'élevant en d'épaisses vapeurs invisibles, les cris et exclamations de joie retentissant tout autour d'elle, tout cela faisait monter son éternel sourire en un arc presque extatique.

C'est donc dans un état d'euphorie complète qu'elle finit par s'installer au milieu des paisibles bronzeurs, posant sa serviette sur le sable avant de se redresser, scrutant les alentours. Alors... Par quoi commencer ? Nager peut être ? Ou aller danser avec les étudiants ? Tenter de se stabiliser plus de deux secondes sur une planche de surf ? Entamer un château de sable ?... Les possibilités étaient infinies. Mais le match de Volley semblant s'organiser non loin était sans doute la meilleure... De quoi se dégourdir un peu !

Nel s'approcha de la petite foule et se plaça en face de l'équipe qui défiait le reste du monde et... Se figea. Ah oui. La Matriarche. Prenant une longue inspiration, Nel se maudit pour son impulsivité, jura intérieurement. Puis s'avança encore d'un pas, les mains posées sur les hanches. Voyons si les années passées à taper dans une balle avec les gamins des rues avaient laissé des traces...
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Messagepar Endal » 20 Aoû 2015, 21:13

Les grains de sables s'incrustaient sous ses ongles, parfois entre les mèches de ses cheveux, et sous son maillot. Ils lui irritaient la peau, et pourtant elle n'abandonnait jamais. En aucun cas elle ne prenait le temps de les retirer, car ce n'était qu'une perte. Et leur présence ne faisait que redoubler son envie de gagner. Son besoin de remporter chacune des manches jouées. Car le Dahlia Noir ne pouvait se permettre de perdre, et encore moins lorsque ses étudiants représentaient le fier Onyx. Telle était la manière de penser d'Endal. Alors chacune des ripostes de l'équipe adverse ne faisait que renforcer sa détermination. Au fil des matchs, ses services devenaient plus rudes. Ses passes plus précises. Ses tirs plus rapides. Et ses smashs plus violents. Les premiers avaient été faibles, peu convaincants, et dorénavant chaque impact du ballon sur le sable provoquait une gerbe de grains, provenant de la force avec laquelle elle s'était précipitée sur lui pour le projeter vers le sol. Ainsi, l'équipe adverse ne pouvait riposter.

Elle jouait au volley comme elle jouait sa vie. Et si elle n'était pas postée devant, aux côtés du filet, elle courait sur l'arrière des lignes du terrain improvisé de façon à récupérer le ballon et faire une passe à ses coéquipiers. Quelques fois elle allait jusqu'à sortir des limites pour renvoyer le ballon, par pur esprit de compétition, au lieu de le laisser tomber et ainsi obtenir le point. Car si elle voulait marquer, c'était en éclatant le ballon dans le camp adverse, parce qu'elle, ou l'un de ses coéquipiers, avait marqué. Et non parce que son adversaire avait mis trop de force dans son coup et avait envoyé le ballon trop loin. Ainsi, elle poussait la compétition plus loin, allant dans l'idée que si un point était obtenu, c'était par l'attaque. Non la passivité. Et si elle se disputait de temps à autres sur ce principe avec les membres de son équipe, Endal ne baissait pas la tête. On l'insultait, elle aboyait plus fort, et même les « Sale pute » qu'elle pouvait recevoir ne lui donnait qu'envie de se battre encore plus contre ceux qui étaient opposés à sa manière de jouer, cette façon qu'elle avait de ne pas laisser le ballon chuter en dehors des limites du terrain, et ses subites poussées individualistes, durant lesquelles elle se mettait à courir depuis l'arrière du champ de jeu jusqu'au filet pour smasher avec puissance.

Plus qu'un travail d'équipe, chacune des manches prenait l'aspect d'un combat individuel. Avec sa façon de jouer comme si elle était seule, Endal avait poussé, malgré eux, ses coéquipiers à se dépasser personnellement. Ainsi, ils étaient six. Six étudiants, dont la jeune fille, qui n'hésitaient pas à abuser de coups bas et de techniques qui ne nécessitaient qu'un seul joueur, à jouer contre une équipe soudée. Car Endal et ses coéquipiers jouaient le jeu de celui qui marquerait le plus de points contre les adversaires, comme s'ils n'étaient pas un groupe jouant dans le même camp, tandis que les membres de l'équipe adversaire jouaient dans une véritable coopération. Et s'ils étaient six dans chaque équipe, à savoir douze joueurs au total, et non deux ou quatre comme certaines variantes le voulaient, à l'instar du volley-ball en salle, ce n'était que pour rendre le jeu plus intéressant. Et jouer sur un terrain assez étendu.

A cet instant de la partie, Endal était postée à l'arrière du terrain. Cela faisait plusieurs fois qu'elle effectuait le service, et elle était en position pour en faire un nouveau. Positionnée derrière la ligne de fond, qui n'était alors que tracée grossièrement dans le sable par un joueur qui y avait traîné son talon pour la dessiner, le corps de la jeune fille était légèrement de profil. Un pied derrière l'autre, séparés de la longueur d'un pas, elle reposait tout son poids sur son pied droit, qui était alors en arrière. Son bras gauche était perpendiculaire à son corps, qui lui était tourné vers le terrain adverse, là où elle désirait faire atterrir le ballon. Une fois ce dernier à hauteur de ses yeux, et son bras totalement tendu, Endal s'était contentée d'effectuer une légère impulsion avec sa main afin de le lancer droit au-dessus d'elle. Il était propulsé avec une force maîtrisée. Ainsi, il allait assez haut pour laisser le temps à l'étudiante de préparer son bras droit, tout en ne la faisant pas attendre. Et tandis que le ballon flottait, elle ne le quittait pas des yeux tandis qu'elle ramenait son coude droit en arrière, à hauteur de son oreille, comme elle le faisait lorsqu'elle tendait la corde alors qu'elle pratiquait le tir à l'arc. Une fois le ballon au zénith de sa course, à la seconde où il commença à redescendre, Endal banda les muscles de son torse et de son bras droit, puis avança ce dernier afin de taper le ballon avec le bas de sa paume, afin d'achever le service.

Mais elle l'avait raté. Car à l'instant où la fléchette se logea dans son cou, son bras battit le vide au lieu du ballon qui atterrit dans le sable. L'étudiante avait cru à un insecte, une simple abeille qui s'était égarée non loin d'elle et qui s'était pensée en danger, et pourtant lorsqu'elle retira la minuscule fléchette de sa jugulaire ce n'était pas la surprise qui se présenta. Mais l'agacement. Alors elle la lança plus loin, près d'un groupe de jeunes rubis qui bronzaient sur leur serviette, tout juste vêtues du bas de leur maillot de bain qui était taillé en forme de string, de façon à limiter les disgracieuses marques du bronzage qu'elles souhaitaient obtenir naturellement, pour changer de ces cabines spéciales que l'on pouvait trouver dans divers instituts esthétiques du quartier Rubis. Et les coéquipiers d'Endal se moquaient d'elle. Ils la raillaient et ponctuaient leur énervement de quelques insultes afin de la faire se dépêcher de reprendre le jeu. La jeune fille les ignora. Comme elle le faisait toujours. Alors elle se baissa pour récupérer le ballon et l'envoyer à l'équipe adversaire. Car c'était comme cela qu'ils jouaient. Un service raté était synonyme d'un point offert aux adversaires, et c'était alors leur tour de servir et d'engager un nouvel échange.

Cependant, Endal ne renvoya pas le ballon. Elle ne parvenait pas à le lâcher, et s'était figée dès l'instant où elle s'était redressée. Car ce n'était plus un ballon qu'elle tenait entre ses mains, mais une tête. Celui de sa défunte mère, cette putain incapable et dépendante qu'elle n'avait jamais réellement apprécié. Elle souriait à l'étudiante et lui disait à quel point elle était heureuse de la voir être aussi faible qu'elle, car elle avait encore beaucoup à apprendre. Puis le visage se changea, et Endal vit son père, arborant le même air qu'il avait lorsqu'elle l'avait vu pour la dernière fois. Celui d'un mort. D'un cadavre surpris, aux yeux encore ouverts. Mais la différence était qu'il riait, ou plutôt ricanait, en écho aux propos de la mère de la jeune fille. Et ce ricanement moqueur devint plus aigu, féminin, à l'instant où le visage se métamorphosa de nouveau pour prendre l'aspect de cette matriarche qu'elle haïssait tant, celle dont les soldats étaient à l'origine de la mort de son père. Celle qui avait trahi la faction d'Endal pour se réfugier dans les entrailles de la Magicopolis.

La jeune fille serrait les dents pour encaisser les moqueries qui n'étaient présentes que dans son esprit. Et lorsqu'elle pensa que tout cela s'était calmé, à l'instant où les rires cessèrent, la douceur devint visqueuse, l'ébène se changea en brun, et les cheveux se transformèrent en vipères. Alors ce n'était plus le visage de cette matriarche qu'Endal voyait, mais celui de cet étudiant au Dahlia, d'une année au-dessus d'elle. Celui de ce siffleur de serpents qu'elle jalousait pour être l'écuyer de sa championne, et à cause duquel elle était prête à donner n'importe quoi pour le voir manger ses ophidiens. Et parce qu'elle ne supportait pas sa vue en cet instant, Endal ne put se retenir de griffer de ses ongles le crâne de cette tête qu'elle tenait, et d'enfoncer ses pouces dans les globes oculaires. Elle y était presque. Encore quelques instants, et plus jamais elle n'aurait à supporter la vue de ses yeux de la couleur de ces émeraudes glaciales. Lorsqu'elle y parvint, il cria. Il hurlait de douleur tandis que ses yeux rentraient dans leur orbite en noyant dans le sang les pouces d'Endal. Et elle sourit de sa maigre victoire.

Pour désenchanter aussitôt. Poussée violemment par l'un de ses coéquipiers, la jeune fille sortit de son hallucination pour s'apercevoir que ce n'était pas une tête qu'elle tenait entre ses mains, mais bel et bien le ballon de volley-ball qu'elle n'avait pas lâché. L'agacement des autres étudiants finissait par lui porter sur les nerfs, et le fait d'être poussée à se dépêcher, tandis qu'elle était quelque peu choquée de s'être laissée bernée aussi facilement. Alors elle lâcha le ballon et étendit sa jambe pour tirer dedans avec son pied, et l'envoya atterrir au loin, tout près d'une jeune femme vêtue d'une robe transparentes aux manches longues, et dotée d'un chapeau ainsi que de lunettes de soleil. Par ce geste, Endal n'avait réussi qu'à redoubler l'énervement de ces coéquipiers. Mais peu lui importait. Car la Dragonne était sortie de l'eau. Et elle était tout ce qui importait. Surtout lorsqu'elle provoquait quiconque pour jouer au volley, et qu'elle exigeait Endal dans son équipe. Alors elle n'hésita pas. Elle quitta le terrain sur lequel elle se trouvait pour traverser la plage avec une certaine fierté, et une arrogance présente tandis qu'elle se tenait fièrement près de la matriarche Onyx et de son fidèle ours. Ainsi que de la douce Lili. Oui. L'Onyx serait vainqueur. Et elle était persuadée, ou plutôt elle savait, qu'à eux quatre ils pouvaient gagner contre toute une armée au volley. Parce qu'ils en étaient capable.
Endal
 



Messagepar Kaya Gao » 22 Aoû 2015, 17:42

Tout change, tout bouge autour de moi. Le terrain de volley est plutôt actif, une bande de jeune y joue mais les insultes que j’entends me laissent l’impression qu’ils ne s’amusent pas vraiment, au final. Ils jouent mais ils s’insultent, se crient dessus, ils se poussent, jouent individuellement. L’équipe d’en face semble plus unie. Mais cela ne me laisse pas l’impression qu’ils profitent vraiment. Les londoniens sont vraiment horribles parfois… Je ne comprends pas comment on peut être aussi mauvais. Je souris et j’avance un peu dans l’eau, faisant un peu de remous avec mes chevilles. L’eau est agréable, une petite baignade me ferait du bien. J’avance un peu et je regarde l’eau. Claire et propre, si l’on omet les morts qui y flottent, elle est vraiment superbe et j’adore. J’ai toujours aimé la côté. Les remous apaisants de l’eau. Mais c’était aussi la personne avec qui j’y étais qui la rendait belle. Et parfois, je me dis que le changement m’évite de trop penser à tous ceux qui me hantent. A tous ceux que les anglais m’ont pris. Alors je me tourne et je regarde la plage. Malgré tous les risques des lieux, les gens s’amusent. Malgré les cadavres, les londoniennes continuent à bronzer, sans se soucier de ceux qui sont ballotés par les courants. Je vois des filles presque nues, des hommes qui se rincent l’œil, des créatures étranges qui se sentent hommes ou femmes, et des têtes pensantes qui sont en vacances. Les anglais respirent pour la première fois l’air frais et pur d’une belle plage. Sans se soucier des conséquences. Ce n’est pas étonnant venant d’eux. J’ai l’impression qu’ils ne pleurent pas les morts faits par les avancées des eaux, ils se contentent de se faire de l’argent et de profiter. Ici et là, je vois des filles de joies sorties de leurs bordels s’ébattre avec des clients exhibitionnistes. La luxure ronge cette ville.

Et au moment où je vais me tourner pour entrer dans l’eau, j’entends un léger sifflement et incapable d’estimer d’où il vient, je ne peux pas empêcher la fléchette de se planter dans mon bras. Je grimace en sentant la piqûre et je regarde un instant l’objet avant de l’enlever. Et très vite, la drogue commence à faire effet. Un léger tournis m’envahit alors je m’agenouille pour me passer un peu d’eau sur le visage. Et lorsque je me redresse la plage est comme figée. Les gens sont toujours là mais ils sont comme immobiles. Au loin j’aperçois une jeune fille tenant un ballon dans ses mains mais elle ne bouge pas. J’aperçois la sauvage au maquillage penchée par-dessus une autre femme, menaçant un homme mais ils sont comme figés. Je cligne un peu des yeux. Quel est cet étrange maléfice ? C’est alors qu’un mouvement attire mon œil. Une enfant. Je penche la tête, cette enfant me ressemble tellement. Elle est là, avec ses cheveux noirs et ses yeux bridés, courant après un papillon, en riant. Très vite, d’autres enfants se mettent à émerger d’entre les londoniens pour rejoindre la première fillette jusqu’à ce que l’un d’entre eux attrape le papillon, formant une cage avec ses doigts. Et alors que je pense le voir ouvrir ses doigts pour le laisser partir, il referme ses mains broyant le papillon ce qui me tire un cri : « Nooon ! ». Mais qu’est-ce qu’il fait ? Subitement tous se mettent à broyer des papillons, puis à se frapper entre eux, avec des barres des fers jusqu’à ce qu’un bras vole. Mais il n’y a pas de sang, non, juste des étincelles, des étincelles provoquées par les fils arrachées d’un automate. Je recule de quelques pas, les yeux écarquillées d’horreur voyant mes anges tomber à nouveaux, remplacés par des machines horribles, immondes. Et d’un coup, il est là devant moi. Cet homme qui m’a aimée, qui m’a façonnée, qui m’a transformée. Certains jours la douleur de l’absence est tellement intense qu’elle me paralyse. Et en même temps, plus le temps passe plus ces souvenirs s’éloignent peu à peu. Il me regarde, il s’avance mais très vite, ses traits s’effacent pour faire place à des écrous et des vis, des yeux rouges et mécaniques. Il tend les bras. Alors je recule, je recule jusqu’à trébucher. Je me retrouve sous l’eau, et je me débats inspirant à grandes goulées de l’eau de mer salées. Lorsque je réussis à prendre pieds, je crache de l’eau en toussant rauquement. Tout semble redevenu normal.

Combien de temps s’est-il écoulé ? Je reviens vers la plage en tirant mes cheveux vers l’arrière et je vais m’asseoir sur ma serviette, essoufflée et ébranlée. Je ne comprends pas bien ce qui s’est passé mais j’en ai encore le cœur tout déboussolée. Je bois quelques gorgées d’eau de la bouteille dans mon sac pour faire passer le goût de l’eau puis je prends quelques instants pour reprendre mes esprits. Quelques minutes qui s’allongent alors que je regarde l’eau encore un peu effrayée. Puis je vois la matriarche onyx passer et rejoindre les siens. Je penche un peu la tête alors qu’elle défie la plage au volley. La jeune fille qui tenait le ballon les rejoints et moi je me lève pour rejoindre la jeune fille qui s’est mise de l’autre côté du terrain. Alors je lui souris et je lui dis : « Moi c’est Kaya, on leur montre ce qu’on sait faire ? ». J’ai parlé un peu fort pour que les autres personnes entendent afin d’inciter des gens à nous rejoindre. Deux personnes de plus ne seraient pas de refus tout de même pour affronter le colosse de l’équipe d’en face.
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Messagepar Andreas Sëylis » 23 Aoû 2015, 00:52

Un craquement sourd, bruyant. Par réflexe, Andreas porte ses mains à ses oreilles pour les couvrir, un geste inutile. Le cri d’une voile qui se fend sous la pression, qui s’ouvre pour déverser les flots emprisonnés. Pauvre enfant trop sensible, l’esprit à vif, toujours ouvert aux perturbations invisibles. Le bruit n’existait pas, il n’avait pas d’existence physique. Il n’existait que sous sa forme métaphysique, une métaphore concoctée par son esprit pour lui permettre de comprendre l’incompréhensible. Pourtant, il était bien réel, trop réel. Il résonnait entre les mondes, dans l’interstice où les rêveurs se reposent et où les voyageurs transitent. Et Volantis dans toute sa blancheur, spectre de brumes médium des rêves et des mondes oubliés, Andreas ne pouvait en faire fît.

Le voile entre les mondes s’était déchiré, percé par une force mystérieuse, inconnue même de leur faction au savoir ancestral. Déjà, les plus sages de la faction mystique tergiversaient, alors que les plus jeunes se consternaient. Miracle ou catastrophe ? Peu importe, nul n’était indifférent à un tel phénomène. Et peu à peu, le mot s’est passé, les ragots se sont confirmés. Londres avait été englouti. Peut-être même attaqué. Et alors que Perle se languissait toujours dans sa curiosité effrénée, un sourire se dessinait sur le visage d’Andreas. Au travers de rêves éveillés, il percevait déjà l’odeur salée du rivage et sentait le sable fin caressé la plante de ses pieds. La mer s’était installée à Londres, et Andreas comptait bien profiter de ce cadeau impromptu.

*****


Statue d’albâtre érigée au sommet d’une falaise, Andreas trône sur le montoir et observe les eaux qui s’écrasent sur le socle qu’il a fait sien. La blancheur de sa peau exposée à la morsure du soleil, il savoure un instant sa brûlure, étrangère au domaine des Brumes et de la Nuit. La sensation est nouvelle, agréable, mais agressante. La rencontre est curieuse, pratiquement improbable. Lui, enfant d’éclat de lune, pratiquement nu sous ce soleil de feu et d’ardeur. Protégé de quelques formules alchimiques préservant la pureté de son épiderme, il ne se gêne pas pour exposer son corps à son astre contraire. Les bras écartés, le menton relevé vers l’horizon, il accueille au contraire cette caresse chaleureuse qui parcoure sans gêne les courbes de sa presque-nudité, uniquement sauvegardée par le maillot bleu nuit aux astres filant vendu par un commerçant Rubis qui l’avait pris pour cible, lui qui portait la noblesse de son héritage à même sa peau.

Perdu dans le mouvement incessant des vagues, il savoure la douce mélodie des eaux qui s’agitent et le défient de sauter. Le montoir prisé par les plus jeunes offrait la plus belle vue sur le miracle, et catastrophe, qui avait englouti une partie de Londres. La falaise exposé aux vents des grandes marées qui avaient accompagnés l’arrivée des flots, Andreas ne percevait que les échos perdus des rires et de la musique qui jouaient sur la plage en contrebas, juste un peu plus loin. Les bruits engloutis par le déchainement des eaux qui s’acharnaient sur le rivage de cette terre surélevée. L’endroit plus tôt isolé, si ce n’est du vent et des marées, s’était pourtant vite peuplé. L’oreille affinée de ses ancêtres distingua les jérémiades d’un enfant, suppliant ses parents de pouvoir à son tour se jeter du montoir dans les eaux agités de l’océan d’outre-monde. Et plus distincts, derrière lui, il perçut quelques encouragements qui se mêlaient à l’impatience, une file de quelques personnes l’enjoignant à sauter pour leur laisser à leur tour une place sur le tremplin posé plus tôt par quelques architectes du Diamant. Alors sans plus attendre, pliant les jambes dans un élan, Andreas banda les muscles et sauta vers le ciel, loin de la terre si familière, pour les eaux inconnues. Fendant l’air, sans la moindre résistance, Andreas porta les bras à l’avant et brisa la pellicule aquatique qui s’ouvrit pour l’avaler et se refermer sur ses sens étourdis par l’impact et son corps alourdi par la résistance.

De longues brasses sous-marines, Andreas fend les flots qui l’ont accueillis en leur sein. Perçant les eaux, il s’engouffre, toujours plus loin, dans les profondeurs de ce lieu entre Londres et l’inconnu. De grands déploiements, il s’immerge dans l’obscurité des profondeurs, son corps sculpté dans l’éclat lunaire dernière lumière dans ces bas-fonds. Piètre nageur, il combat tant bien que mal de la puissance de ses bras le volume d’eau écrasant qui le remontre à la surface. Plus loin, il veut atteindre le fond, y trouver quelques mystères anonymes, abrités de la lumière solaire et du regard indiscret des hommes. Alors, impétueux, il se démène dans les eaux sombres dans un tourbillon d’une blancheur immaculée. Obstiné, il réfute les lois de la physique et s’immerge plus loin, poussé par son seul amusement, à l’encontre des avertissements que son corps lui lance.

Le cœur qui bat à la chamade, les poumons prêts à exploser, Andreas continue de s’enfoncer dans les profondeurs à la recherche de ce dont un jeune perlien lui a fait part, quelques trésors de beauté cachés aux regards des hommes. Et de la curiosité insatiable des Volantis, Andreas continue de pousser son corps dans les profondeurs de la mer d’outre-monde. Et enfin, à quelques mètres, il les aperçoit. Brillant d’une lueur phosphorescente, un arc-en-ciel sous-marin qui s’étale sur toute la longueur de la section. En forme d’arabesques et de toiles diverses, Andreas admirait avec contemplation les coraux multicolores qui exposaient leurs vifs panaches dans les plus sombres profondeurs. L’esprit rassasié, Andreas arrête enfin le combat et bien vite, la physique reprend ses droits et son corps remonta, dans un lent adieu aux coraux, vers la surface.

Leurs coloris désormais effacé par les turbulences de l’eau, Andreas se donna enfin une petite poussé vers le haut, battant des pieds pour retrouver le salut. Enfin, son visage perça la pellicule aquatique et il repoussa l’air souillé de ses poumons dans un fort halètement. L’air embrasa aussitôt ses poumons, lui réinsufflant la vitalité qu’il aurait bien pu perdre dans les profondeurs de sa curiosité inconsidérée. La tête pleine de mirage, Andreas accueilli avec plaisir le retour du soleil sur sa peau désormais froide de son séjour dans les eaux agités et sa laissa bercer par les vagues. Couché dans le lit des eaux, corps orienté vers le ciel, mais toujours à moitié immergé, il restait immobile dans les eaux qui le raccompagnaient doucement vers le rivage. À la dérive, c’est sans broncher qu’il atteint enfin la plage et qu’il quitta enfin la quiétude des eaux pour admirer l’ambiance estivale si étrangère au quotidien londonien.

Un sourire ingénu sur les lèvres, il laissait son regard se perdre sur les corps dévoilés à la caresse du soleil et aux regards des intéressés. Et d’une oreille distraite, il percevait le rire de quelques adolescentes émerveillées par cette scène dignes des histoires les plus ingénues. Et sans faire attention, trop préoccupé à regarder le quatuor imposant de l’Onyx menacé d’une balle de volley deux jeunes filles, le sable fin sous ses pieds se tarit pour être remplacé un tissu molletonneux. Surpris, enfin il détacha son regard du terrain de volley pour observer là où il était atterri. Deux serviettes, surplombé par un parasol qui abritait une jeune rousse à la robe légère qui avait dû arracher son regard à la contemplaton de l’océan pour se retrouver en face de lui. « J’étais perdu dans ce beau paysage moi égalgement. Incroyable, n’est-ce pas ? Ce que le monde a décidé de nous offrir. » Dit-il, en s’assoyant sans la moindre gêne aux côtés de la jeune voyante. Comme à l’accoutumée, Andreas faisait fît de la bienséance et s’immisçait sans inhibition dans la bulle d’autrui, sans jamais penser que sa présence pourrait déranger âme qui vive.
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Messagepar Ellaryain A. Esthèse » 30 Aoû 2015, 10:35

J'étais totalement perdu dans mes pensées. Cette mer défilait devant mes yeux, si bleu que même les saphirs ou les aigue-marine feraient pâle figure. Si immense que l'on en voyait pas le bout. Elle nous était apparu tel un nouveau monde à explorer et j'étais posé sur le sable à la regarder, l'émeraude de mes yeux accrochant le bleu le plus parfait que j'avais pu voir en tant que joaillière. J'avais délaissé mes autres pensées pour me concentrer sur cette mer que je n'aurais jamais pensé voir un jour, enfin surtout ici. Et pourtant malgré toute cette beauté, je pouvais aussi voir les dégâts. Combien de mort pour cette merveille ? Je tournais mon regard vers le fossoyeur et son étrange robot. Il ramassait encore et toujours des corps, ces coprs qui n'avait pu survivre à l'arriver de la vague. Comment quelque chose de si beau pouvait être aussi assassin ? Alors que tout le monde semblait s'amuser, alors que je déclinais l'offre de jouer au volley parce que je ne le pouvais pas, alors que le soleil dorait le corps de certains, je me cachais tranquillement, ressassant le pire et non le meilleur. Comme chaque fois dans cette situation. Il allait falloir que je pense à autre chose, que je regarde autre part. Je repérais alors Liam qui était entouré d'une tripotée de fille et qui semblait s'amuser comme un fou. Mon frère de cœur, celui qui m'avait sauvé quelques années auparavant. J'étais heureuse de le voir s'amuser, il ne avait bien besoin, son métier n'était pas des plus joyeux.

Je tournais ensuite la tête vers les autres, chacun trouvait sa place. Que ce soit pour jouer, pour nager ou bien d'autre chose, chacun avait trouver l'activité qui lui convenait le plus. Moi, en tant qu'Opale, rêver était ma qualité principale. Alors je m'imaginais un monde sous-marin. Une ville complète. Je laissais aller mon imagination, construisant un monde qui n'appartenait qu'à moi, un monde où ma mère aurait eu sa place, un monde où mes parents actuels avaient aussi leur place, ainsi que mon frère. Un sourire envahit mon visage. Doux et bienveillant comme je l'étais, il n'y avait qu'une seule personne qui avait le droit à ma haine et elle n'était pas là aujourd'hui, je pouvais souffler sans souci. Et alors que je mettais en place mon monde, que je l'imaginais sous les profondeurs immense de cette mer, quelque chose d'étrange se produisit. Je me retrouvais finalement à revenir dans le présent alors que je voyais un gars flotter sur l'eau et se diriger vers moi. Je ne pouvais cesser de le regarder, mais qu'est-ce qu'il faisait sérieusement ? Je le regardais dériver tranquillement et finalement, je le vis finalement arriver près de moi. Je le regardais sans rien dire et lorsqu'il prit la parole un sourire se forma sur mes lèvres.


« Outre la mort de plusieurs centaines de personnes ? Oui effectivement c'est quelque chose de magnifique, et surtout d'incroyable. »

Je tournais mon regard vers lui. Il était jeune, peut-être juste un peu plus que moi, mais je pouvais voir dans son regard quelque chose de différent de tous ceux que j'avais rencontré. J'espérais secrètement que mon don ne se manifeste pas pour l'instant, je n'avais pas envie d'être sujette à une vision, je n'avais pas envie de montrer à tout le monde le fait que je pouvais voyager sur le fil du temps pour voir le passé ou l'avenir. Non, je voulais être comme tout le monde.

« Par contre dite-moi, vous êtes assez sans gêne non ? »

Je souriais toujours, signe que ça ne me dérangeait pas. Je sentis le regard de Liam et le regardait en lui faisais signe qu'il n'y avait pas de problème. Ça ne me dérangeais pas plus que cela que quelqu'un vienne squatter ma serviette ou mon parasol. Au contraire, la plage était aussi le moment pour rencontrer d'autre personne. Pour se faire des amis peut-être. Je n'étais pas du genre à approcher les gens, j'étais même du genre à les fuir donc si certains venaient vers moi, je n'allais pas les repousser, au contraire, j'aimais échanger, surtout qu'avec le métier que je faisais c'était tout de même ce qu'il je faisais de mieux. Je le regardais alors tranquillement.


« Et outre ce beau paysage, dans quoi vous êtes-vous perdu ? Personnellement je me perds assez souvent dans min imagination et j'avais inventé un monde complet au moment de votre apparition. Pensez-vous qu'il puisse exister un monde sous toute cette eau ? »

Un brin d'imagination et de folie. J'étais certaine qu'il était tout autant capable que moi. Je me demandais ce qu'il allait me répondre.
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Messagepar Lexie Karter » 02 Sep 2015, 00:10

Il manquait quelque chose. Il manquait ce brouhaha perpétuel, ce défilé de personnes si différentes et si identiques à la fois, ces hommes et femmes, célibataires ou mariés, cherchant la discrétion ou non. Il manquait ces personnes que réunissaient l’éclat de la société, l’or et sauf rares exceptions la magie. Il manquait tous ces clients de la maison close.

Je tournais en rond dans ma chambre passablement agacée. L’ennui me rongeait, et même le luxe tapageur de la maison Rubis ne parvenait à me dérider. Je m’avançais silencieusement jusque ma fenêtre fixant l’autre bout de la ville.

C’est là qu’ils étaient. Rares étaient ceux qui n’avaient pas succombé à l’éclat séduisant des masses d’eau qui avaient envahi la moitié de Londres. Pourquoi n’y étais-je pas ?
Un soupir me traversa tandis que je me détournais du paysage désolant de Londres. Oui, pourquoi n’y étais-je pas ? Pourtant je le pouvais, j’y avais le droit. La reine de la maison nous avait libérés. Nous avions de la chance, il n’était pas sûr que tout le monde ait cette chance, mais nous étions à Rubis, et ici nous étions bien traitées. Alors pourquoi ?
Oh en réalité, on pouvait certainement penser à de nombreuses raisons, ce pourrait être le refus de prendre du bon temps dans ce prolongement mystérieux de l’océan qui avait causé tant de mort, mais non, il était inutile de s’apitoyer sur leur sort. Ils étaient faibles, leurs morts n’étaient qu’un élément prévisible, banal et irrémédiable. C’était la sélection naturelle. Il fallait se battre pour survivre, ceux qui ne le comprenaient pas en payaient les frais. Affligeant.
Je pourrais être rebutée par la plage, mais encore une fois ce n’était pas le cas. Je ne l’avais encore jamais vu, et je ne pouvais m’empêcher de rêver à ces flots bleus que je n’avais vu qu’en peinture. La mer m’avait toujours fascinée. Elle était libre, dangereuse et d’une beauté parfois fatale.
Non c’était autre chose. Des flammes vinrent briller dans mes yeux et lécher ma peau sous l’effet de la colère et …de la peur. Une peur profonde, viscérale et ancienne. Une peur irrationnelle toute droit surgit de mon passé.

Oui, c’était la peur qui expliquait mon absence aux festivités. J’avais peur de revoir les membres de mon ancienne faction. Pourtant il était peu probable qu’un Diamant me reconnaisse, j’étais partie bien plus jeune, et je n’avais sans doute pas la moindre importance pour eux, mais je ne pouvais m’empêcher d’être effrayée.
J’avais tenté de calmer mon angoisse, me raisonnant, me rappelant que ma faction me protégeait, que j’étais forte, que j’avais gagné en importance, mais rien n’y faisait. Je me laissais tomber sur mon lit bien trop grand pour moi seule frustrée. Les flammes avaient quitté mon corps et mon regard lui rendant sa couleur azur.

Je réfléchissais. Une petite voix m’énumérait les raisons pour lesquels il n’y avait aucune raison pour que je me morfonde ici. J’en étais arrivée là seule, j’étais passé d’une enfant sale et sans le moindre sou à une jeune femme vivant aisément et ayant appris à aimer se donner aux hommes bien que ce soit pour de l’argent. Un sourire éclaira brièvement mon visage, après tout quel mal y avait-il à allier plaisir et utile ?
Un frisson parcouru ma peau tandis que des images de mes nombreux ébats traversaient mon esprit. Je m’égarais.

La plage… Si j’étais resté auprès des diamants je n’aurais certainement pas eu le droit ne serait-ce que de l’imaginer. N’étais-je pas partie pour fuir cette prison fade et douloureuse ? Si, alors ne serait-ce pas leurs donner victoire que de rester ici par une peur qu’ils m’ont instiguée ? Si. Voulais-je leur victoire ? Non.

Je me relevais précipitamment. J’avais peur, certes, mais ne se débarrasse-t-on pas de nos peurs en les affrontant ?
Déterminée, j’ouvris grand les battants de mon armoire, pour en sortir après quelques minutes un bikini pourpre, offert par l’un de mes clients et encore jamais utilisé, et une petite robe blanche aux reflets bleutés. Sans manche, elle soulignait la finesse de mes bras. Courte, elle accentuait la longueur de mes jambes ; et sa coupe évasée à la taille me donnait un air délicieusement candide.
J’enfilais expressément de jolies tongs et dissimulais mon regard d’une élégante paire de lunette, avant de sortir non sans avoir jeté un dernier coup d’œil à mon reflet.

Une dizaine de minutes plus tard j’y étais. Le spectacle était étourdissant. Des centaines de personnes étaient présent. Certain foulaient le sable doré en riant aux éclats quand d’autre y organisait des jeux diverses ou s’y prélassait. D’autres encore délaissait cette poudre d’or pour le charme paradisiaque de l’étendu d’eau à l’apparence infinie.
Londres semblait à mille lieux de là. Le ciel pur était éclairé par un soleil à l’éclat inhabituelle, la brise légère et chaude qui agitait doucement mes mèches blondes semblait d’ailleurs, comme venu d’un monde qui n’avait pas encore était souillé par nos vies.

Je pris mon courage à deux mains m’avançant fièrement à travers la foule. Je reconnus les visages de quelques clients auxquels je souriais charmeuse et discrète, méprisant leurs femmes qui ne savaient pas les garder pour ceux qui en avaient.

Je poursuivais ma route observant tout ce qu’il se passait autour de moi d’un œil enfantin. Ma route croisa celle d’un charmant jeune homme profitant de l’attraction que constituait la mer pour vendre des glaces.
Je lui offris un sourire éclatant, lui commandant d’une voix suave une glace au chocolat supplément chantilly. Tous mes gestes prenaient une dimension séductrice face à lui. J’aimais voir son regard semblable à celui de mille hommes me déshabiller. Je me sentais plus puissante lorsque je constatais son trouble à travers ses gestes maladroits alors qu’il me tendait mon bien. Je vins murmurer un merci tous près de ses lèvres avant de m’éloigner espiègle.

Mon sourire s’effaça cependant en repérant une femme qui ressemblait fort à une Joyce un Diamant. Mon cœur s’affola brièvement. Elle ne me reconnaîtrait pas, et puis peut être n’était-ce pas elle après tout ?

Mes pensées furent soudainement détournées par un visage connu, un maitre de la maison. J’observais de loin le Boyle accompagné d’une jeune femme à la chevelure rousse flamboyante. Il valait sans doute mieux que je me fasse discrète de ce côté-là. Mes pas me portèrent finalement au bord de l’eau. Contenant ma joie, je me délestais lentement de mes tongs, avant de laisser tomber ma robe.
Mon air innocent fut aussitôt balayé. Mes courbes généreuses étaient soulignées par le rouge insolent du peu de tissu qui me couvrait le corps appelant à d’indécents outrages. Je me sentais belle et je l’étais.
C’est forte de cette conviction que je me glissais prudemment dans l’eau. Je m’avançais peu à peu jusqu’à ce que l’eau atteigne ma poitrine, puis mon coup et enfin elle vint engloutir mon corps tout entier.

Je fus surprise de la sérénité ressentie dans le silence mystique de l’eau. J’étais seule. Je n’avais personne, mais l’eau comme son opposé le feu m’apportait un réconfort étrange.
Je restais ainsi, les yeux fermés, l’esprit vide, jusqu’à ce que le manque d’air me fasse réagir. Je voulu sortir lorsqu’un constat effrayant vint s’imposer à moi : Je ne savais pas nager.
La peur me saisit tandis que je tentais comme je le pouvais d’appeler de l’aide tout en cherchant à m’en sortir par tous les moyens. Bon sang pourquoi ne pouvais-je pas y avoir pensé avant. Mes bras s’agitaient en l’air tandis que je criais.

« A l’aide !!! Je vous en prie ! »

Je me détestais de devoir ainsi supplier, mais le désespoir me gagnait tandis que la froide réalité de ma condition me revenait en mémoire. Y avait-il vraiment quelqu’un pour se soucier de moi ?
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Messagepar Beryl Boyle » 04 Sep 2015, 12:47

Une bande de vacanciers, bien décidés à se prélasser au soleil sans être dérangés, s'étaient installés sur un pan de la plage n'étant pas animée par les danseurs ou piétinée par les sportifs. Les corps grillaient comme autant de tranches de viande dans un calme relatif, et seul le brouhaha des activités au loin trahissait l'agitation qui pouvait régner dans le reste du monde. On appliquait de la crème solaire, on papotait tranquillement de choses et d'autres, on faisait ça et là de petits pâtés de sable. Bref, on vivotait sans trop se préoccuper du reste du monde, confortablement lovés dans la petite bulle de douceur et de magie que provoquait ces instant uniques auprès de l'océan miraculeux.

Cependant, ils n'étaient pas les seuls à vouloir avoir une place sur la plage. Et arriver une fois que tout le monde était déjà installé, c'était la plus sûre manière de se faire remarquer. On dit souvent que les Boyle sont arrogants et narcissiques. Même si ce n'est peut être pas le cas de tous... Beryl n'est pas pour le démentir. Une ombre se profila dans le ciel, coupant le soleil à tous ceux désirant profiter de la lumière pour bronzer en paix. Lorsqu'ils levèrent les yeux pour voir ce qui pouvait ainsi les incommoder... Ils se redressèrent et commencèrent à courir. En effet, il est assez ardu de freiner avec un bateau volant lorsqu'on est lancé à pleine vitesse vers le sol, toutes voiles dehors.

La masse de bois gravé d'un entrelacement de runes complexes fonçait en effet vers la plage, pavillon noir frappé d'un scorpion rouge levé, apparemment destiné à terminer en charpie de bois et à tuer une bonne vingtaine de personne dans sa chute. Mais, au dernier instant, une véritable tornade de vent exceptionnellement puissants, faisant s'envoler le sable au quatre coin de la plage, ralentit en douceur l'arrivée du bateau qui se redressa avant de se poser, sans blesser qui que ce soit, en plein milieu de la grève. Accrochée à l'échelle de corde qui reliait le nid de pie au mât, une silhouette rouge aux cheveux dorés poussa une exclamation de victoire, brandissant son tricorne vers la foule de personne hébétées.

Beryl sauta du pont, amortissant sa chute grâce à ses pouvoirs. Elle portait un long manteau de velours rouge aux brandebourgs brodés de fils d'or... Et en dessous, un maillot de bain de la même teinte, découvrant son corps athlétique. La demoiselle retira d'ailleurs le manteau superflu et l'envoya sur un courant d'air frais rejoindre le pont. Sur le navire, l'équipage entier du bateau s'était installé sur le pont et avait déplié des transats pour profiter du soleil après avoir replié les voiles. Le capitaine, figure ornée d'un grand sourire, très fière de son entrée, fendit la foule de curieux qui s'était rapprochée. Elle portait autour du cou une chaîne à laquelle pendait une boussole qui rebondissait de quelques centimètres sur son torse à chaque pas.

Comment Beryl aurait elle pu laisser à ses cousines le loisir d'attirer toute l'attention ? Sans même parler des nobles des autres factions. Soigner son entrée, c'est s'assurer que le lendemain, tout le monde ne parlera que de l'arrivée triomphante du capitaine Beryl... Et que personne n'oserait venir la déranger durant ses petites vacances. C'est ainsi que la jeune Boyle, marchant d'un pas de conquérant vers l'eau pour s'y plonger, aperçut du coin de l'oeil un petit attroupement qui, si ils avaient bien été surpris par son arrivée, ne semblaient pas décidés à lui prêter attention. Cela titilla et la curiosité et l'ego de la corsaire, qui joua des coudes pour aller voir ce qui se passait au centre de ce cercle de péquins...

Oh ! Une partie de volley apparemment. Disputée entre... La Matriarche Onyx ?! Accompagnée de ses mignons. Surprenant. Beryl n'imaginait pas que la célèbre Valérianne, terrible matrone de la faction la plus violente de tout Londres pouvaient s'abaisser à jouer au volley contre... Contre qui d'ailleurs ? Beryl laissa traîner son regard en face et souleva un sourcil. Pardon ? Contre quatre Onyx dont une armoire à glace, seulement deux jeunes filles ? Certes, l'une d'entre elles étaient une elfe, qu'étrangement elle ne connaissait pas, mais elles avaient l'air assez ridicules en face de l'équipe de dragon en face d'elles. Non, décidément, il fallait faire quelque chose.

Beryl s'avança dans le cercle d'un pas décidé, rejetant sa chevelure blonde en arrière et se plaça au côté de l'équipe en sous-nombre. Mains sur les hanches, sourire provocateur adressé à Valérianne, elle siffla un grand coup entre ses doigts, modulant les vibrations de l'air pour qu'elles parviennent à son équipage. Immédiatement, une silhouette se détacha sur le pont au loin. Beryl lui fit signe de venir et elle descendit du navire, courant en direction de l'attroupement. La corsaire se retourna vers l'équipe adverse.

- Beryl Boyle, pour ne pas vous servir... Je n'allais pas laisser l'Onyx s'arroger une victoire contre deux pauvres petites... Voyons voir ce que vous valez face à des corsaires, voulez vous ?

En effet, la silhouette fendit la foule et rallia le camp de Beryl. C'était un homme très bien bâti, aux cheveux bruns et au sourire carnassier, portant un short de bain blanc. Il toisa d'un air dédaigneux l'armoire à glace d'en face, qui devait faire une dizaine de centimètres de plus que lui... Ce qui n'avait pas l'air de réellement l'intimider. Il se plaça aux côtés de Beryl, défiant du regard les membres de l'équipe adverse.

- Quartier-maître, vous êtes prêts ?

L'homme acquiesça sans rien dire.

- Et bien qu'attendons nous ? A moins que vous ne vouliez vous désister... Ça ne m'étonnerait pas après tout...
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Messagepar Anafiel Boyle » 06 Sep 2015, 23:02

#lovesciencepo : Un selfie maladroit. Au premier plan un petit bras maigrelet d'adolescente. Au second plan, trois personnes. Anafiel au centre, qui enlace deux de ses étudiantes. Les gamines sourient, visiblement ravies. Le Scorpion ne sourit pas comme sur toutes les photos. Mais son torse nu, ses lunettes de soleil qui reflètent l'océan, et les tatouages courant sur sa musculature féline, sont du plus bel effet. Sexy prof de sciences politiques. Sexy directeur du Lierre Azur.

A peine prise, la photo est dématérialisée et expédiée d'un coup de catalyseur magique sur l'arcano toile par une étudiante visiblement empressée de faire son petit effet. Like et retweets s'enchainent en cascade. Un joli buzz. Pas assez pour rivaliser avec le déjà légendaire #dragonkini de Valériane, ou le très hot #hugesword de Vulcain très à son aise en short moulant ; mais de quoi apparaître dans la liste très convoitée des top Londres. Et au passage faire un peu de concurrence au string de Kinna et sa belle progression sous le hashtag #flowerpower.

Puis les deux gamines, soudainement effrayée par leur audace, s'égayèrent en gloussant sur le sable, dans une explosion d'odeurs de crème solaires, de cheveux fleuris et de peaux sucrées. Comment leur en vouloir, c'est vrai que le Boyle, rarement apperçu sous un climat aussi estival, dégageait une aura certaine. Plus solaire, plus lumineuse, avec l'ombre de ses tatouages, se mêlant au hâle de sa peau, le rouge de son petit short de bain dévoilant ses longues jambes puissantes et elles aussi couvertes de dessins étranges et inquiétant, et toutes ces gouttes d'embruns, la sueur de l'océan, qui ruisselaient sur ses muscles.

« -Juste oui maître, aurait suffi » Fit brusquement observer Anafiel en se retournant vers Phèdre, dont il avait été éloigné par les manières entreprenantes des deux étudiantes. L'homme avait cette faculté précieuse de parvenir à faire plusieurs choses à la fois sans jamais s'emmêler. Prêter galamment son profil rapace à un selfie, avant de revenir quelques secondes plus tard réprimander une esclave Oh combien trop volubile ; semblait naturel chez lui. Il observait la louve, il surveillait l'approche virile de ce grand vaisseau à voile dirigé par sa cousine, il cherchait un bar sur le front de mer. Et tout cela en flattant avec tendresse le petit popotin de la rouquine à la queue lupine.

Le silence entre eux s'éternisa. Les serments de la louve, ne trouvèrent nul écho sur le visage aux lunettes scintillantes d'Anafiel. Impossible de savoir à quoi il pensait, ni à qui. Et s'il avait déjà une proie en tête pour tester la fidélité de l'hybride. Un groupe d'étudiant passa en flirtant et chahutant à quelques pas du maître et de sa suivante. Le Directeur du Lierre Azur, les contempla se presser, se bousculer pour disparaître dans un jaillissement d'écume. Un petit sourire étira ses lèvres. Narquois ou nostalgique. Les choses n'étaient jamais simples chez Anafiel, et même débarassé de ses costumes, offert aux regards dans le plus simple appareil de ce petit short Boyle, il conservait son masque. Un peu lassé, un peu songeur.

Laisse et collier se dissipèrent d'eux même. Comme la fin d'un rêve. Le bras d'Anafiel quitta la taille de Phèdre, pour s'allumer une cigarette (impossible de savoir d'où sortait le paquet). Fumer face à la mer. L'on aurait dit le tableau peu inspiré d'un artiste émeraude sans talent. Il s'amusa brièvement du cliché de la situation en tapotant negligemment la cendre, dans ce tapis d'écume qui lui flattait les chevilles. « -Tu devrais aller rejoindre ta matriarche. Je crois qu'elle improvise un petit jeu ». C'était une suggestion polie. Un ordre de velours qui ne souffrait d'aucune réponse. Le seigneur avait besoin d'un peu de solitude. Sur sa peau, ses tatouages rampaient avec la paresse de grands serpents. Noirs et brillant sous le hâle brun emperlé d'embruns. « -Oh et préviens ma cousine – celle qui a une boussole autour du cou – que je parie une caisse de whisky sur la victoire Onyx. »

Maintenant Anafiel marchait sur le front de mer. Seul et solaire avec sa musculature de grand félin qui roulait agréablement au rythme de sa promenade. Du coin de l'oeil il surveillait sa chère épouse, occupée à s'entrainer à tomber de la façon la plus gracieuse possible d'une planche de surf dans les bras de cinq ou six surfeurs au bronzage impeccable. Un spectacle aussi navrant qu'édifiant, dont il ne fut distrait que par l'apparition impromptue d'un vendeur. « -J'ai une tête à manger des...beignets? » S'insurgea le Lord, en arquant imperceptiblement les sourcils, alors que le pauvre esclave faisait fièrement étalage de sa cargaison de calories huileuses. « -Vous n'avez vraiment rien de plus fort qu'une bière? » Insista encore le Seigneur en s'attirant un regard surpris de son interlocuteur. A croire qu'il était le seul à carburer au whisky, en plein été, sur une plage où la température ambiante devait atteindre les 40 degrès.

C'est à ce moment, alors que l'homme de pouvoir un peu désoeuvré se félicitait d'avoir décliné l'invitation à disputer une partie de Dragon-Volley (trop de cigarettes, il n'avait plus les poumons pour supporter de longs exercices physiques ; et gardait de toute façon de ses années d'étudiants le souvenir de cuisante gamelle en Quidditch), que Lexie choisit de se noyer. Là juste devant lui, à quelques brasses, une blonde en détresse, cherchait à revivre dans le grand bleu la jouissance d'un d'une asphyxie érotique.

Et il plongea avec une grâce certaine. Parce qu'au fond, il demeurait un gentleman. Et que le souvenir de ses dernières étreintes léonines avec la jolie putain Rubis demeurait bien vivace en lui. Merci à Kinna d'avoir insisté pour faire creuser une piscine dans le jardin de la Villa. Anafiel nageait avec fluidité et élégance. Un crawl souple qui mettait en valeur les lignes racées et puissantes de son physique, à chaque fois qu'il émergeait à la crête d'une vague.

#sexymaîtrenageur : Le soleil. Les vagues. En fond d'horizon la muraille d'immeubles Opales qui reverbère la lumière de toutes leurs façades vitrées. Anafiel a de l'eau jusqu'à mi cuisses. Il marche, sa foulée puissante fend l'écume. Ses muscles sont sculptés par l'effort. Ses cheveux noirs luisent d'humidité et de sel. Dans ses bras tatoués de ronces luisantes, est allanguie une forme féminine. Une jolie blonde aux joues rougies par la terreur qui s'accroche au cou du Lord. Il a perdu ses lunettes de soleil en plongeant. Son regard clair défie les photographes d'approcher. Il est homme. Il est lion. Elle est à lui.

Cela était presque trop facile, songea Anafiel en se représentant en esprit l'embrasement d'arcano tweets sur les réseaux sociaux sorciers. On lui fit de place sur le sable. Une serviette fut étalée pour le confort de l'imprudente. Le lion s'agenouilla avec délicatesse pour ne pas brusquer la jolie sirène lovée contre son torse essouflé. Tout doucement il l'allongea en observant avec un plaisir certain le ruisselement des gouttes sur ce corps féminin à la jeunesse sculpturale. Les paupières de la jeune femme étaient closes. D'une caresse de ses mains tatouées, le Scorpion Boyle lui dégagea les lèvres et la bouche. Et il y eu cette dernière photo. Superbe. Talentueuse. Prise sur le vif, du prince vouté de façon protectrice sur la putain, juste avant qu'il ne l'embrasse.

Il souriait. D'un simple étirement des lèvres. Narquois et satisfait.

#Anafiel
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Messagepar Lexie Karter » 10 Sep 2015, 19:39

Mon cœur battait à tout rompre, mes bras jaillissaient à la surface de l’eau à la recherche d’une prise qu’ils ne trouvaient pas. Peu à peu, je ne parvins plus à réfléchir, je faiblissais, une terreur sans nom avait pris possession de moi. Je ne voulais pas mourir ! Pas encore. J’aimais la vie plus que je ne le laissais croire, plus que je ne le pensais moi-même.

L’air me manquait, ma gorge me brûlait et ma voix s’était cassée remplacée par des larmes silencieuses, traîtresses, se mêlant à l’océan puissant qui me réclamait en son sein.
Peu à peu je me sentais partir. Peu à peu je me sentais me perdre dans la masse sombre de ma prison mortelle. Peu à peu, je cessais de me débattre, mes forces volées par mon assaillant. Ma tête me tournait, un froid étrange m’étreignait, mes doigts s’engourdissaient, mes membres se relâchaient et tandis que s’envolait cruellement la dernière lueur d’espoir qui éclairait mon âme, mes paupières recouvrirent les tristes saphirs apeurés de mes prunelles.

C’était étrange. Etrange comme je sentais, impuissante, la vie me quitter. Etrange comme j’observais, telle le témoin d’un spectacle malsain, mon corps emporté par les flots. Etrange comme je sentais mon cœur ralentir si vite et si lentement à la fois. Etrange comme le spectacle était beau, comme je semblais apaisée, comme mes boucles blondes mêlées à l’océan, semblaient donné un éclat irréel à mon visage. Etrange comme j’étais belle aux portes de la mort.

Je m’en approchais. Je cessais d’être spectatrice de la scène transcendante et angoissante de ma mort. J’en redevenais l’actrice. Un voile noire comme jamais me couvrait désormais le regard. Mon cœur cognait faiblement se résignant peu à peu à rendre les armes. Une tristesse et un désespoir infini remua encore mon âme lorsque soudain, une agréable chaleur vint m’entourer.

Avant ce qui devait être son dernier battement, mon cœur sembla se raviser, retournant au combat. Petit à petit, mes sens me revenaient allumant en moi un brasier d’espoir. Je me sentais arrachée à ma prison d’eau, entourée par des bras puissants, salvateurs. Un souffle d’air vint s’engouffrer entre mes lèvres. Une faible toux libéra mes voix respiratoire de l’eau qui les avait envahis. Je cherchais à ouvrir les yeux sans y arriver mais je n’y parvenais pas encore, ma respiration était laborieuse, soulevant ma poitrine d’abord faiblement puis avec plus d’entrain.

Je me senti posée sur une surface dur, entourée de bruits, d’agitation que je ne voyais pas, que je ne comprenais pas. Désorientée j’essayais de réfléchir, de pouvoir m’accrocher à un repère familier. Mes doigts remuaient effleurant quelque chose de chaud. Du sable. La réponse s’était imposée d’elle-même dans mon esprit alors que des souvenirs flous m’envahissaient soudainement par image. La maison close. Mon ennui. Ma peur. Ma décision. Le trajet. L’arrivée sur la plage. Le vendeur de glaces. La jeune femme qui semblait Diamant. Anafiel Boyle, l’un de mes maitres. Puis l’eau. La sensation d’apaisement. La terreur. Mes appels au secours. Mon désespoir. Ma dérive. Si près de la mort. Enfin, une chaleur, des bras puissants. Quelqu’un m’avait sauvé.

Mes paupières frémirent prêtes à s’ouvrir sur les joyaux qu’elles renfermaient, mais à peine s’apprêtaient elles à se soulever, qu’une main vint écarter les quelques mèches blondes qui étaient venues épouser mon visage et ma bouche avant que des lèvres chaudes et fermes ne viennent recouvrirent les miennes. Je gardais les yeux clos, savourant le contact réconfortant et puissant de l’inconnu qui l’instiguait, prolongeant encore ce moment hors du temps. Je me laissais faire, inactive et calme en apparence ; agitée et brûlante à l’intérieur.

Je me sentais comme une jeune fille endormie d’un conte pour enfant, que venait éveiller un prince. J’ouvris mes lèvres en retrouvant l’usage, et quel usage ! Un usage des plus délicieux. Je répondis au baiser avec une passion sans commune mesure. J’étais sauvée, j’embrassais mon sauveur, j’embrassais la vie.

L’inconnu finit par s’écarter de moi laissant sur mes lèvres un goût d’inachevé. Mes yeux s’ouvrirent doucement cherchant à s’habituer à l’éclat de la lumière du jour. Mes iris perdus et quelques peu désorientés accentuaient ma fragilité apparente face à mon sauveur dont je distinguais encore mal les traits.

Je vis d’abord une silhouette masculine, voûtées sur moi, protectrice et étrangement possessive. Puis les traits se précisèrent, il était brun, possédait un corps virile et une carrure rassurante. Je clignais des yeux cherchant à l’identifier au mieux. Je vis une mâchoire arrogante, un visage aux courbes énergiques et… Mon regard s’agrandit de surprise. Deux émeraudes me transperçaient. Deux émeraudes uniques, ne seyant qu’à un homme. Ne seyant qu’à un unique Lion.

J’étais face à Anafiel Boyle. Ma peau laiteuse se colora d’une subtile teinte rose au souvenir de l’homme. Se souvenait-il de mon audace ? Une autre question autrement plus actuelle balaya la précédente : Pourquoi cet homme m’avait-il sauvée ? Jamais je n’aurais osé espérer que ce soit lui qui m’arrache à l’océan affamé, jamais je n’aurais imaginé que ma vie puisse suffisamment lui importer pour qu’il m’évite la mort.

Après tout, il faisait partie de mes maitres, de ceux qui régnaient, et moi je n’étais qu’une putain parmi tant d’autre. Je le sondais du regard cherchant une réponse qui ne venait pas avant de me rendre compte du long silence qui planait depuis mon réveil.
Je me mordis la lèvre avant de lui souffler un simple :

« Merci. »

Ce mot était finalement bien ridicule face à l’ampleur de ce que je ressentais, mais dans le même temps aucuns mots ne correspondaient mieux que celui-ci. Mon regard se détourna un instant de lui observant curieusement l’attroupement de personnes qui assistait silencieusement à la scène ne laissant crépiter que le flash de leurs appareil photo. Un bref sentiment de mépris envers les rapaces autours de nous se refléta dans mes pupilles océan avant que je ne revienne au lion au dessus de moi.
Pleines d'incompréhension, je me permis d’ajouter, me redressant prudemment en position assise, mes jambes encore parcourue de fines gouttelettes d’eau, repliées sur le côté.

« Pourquoi ? Pourquoi m’avoir sauvé ? »
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Messagepar Valériane B. Kravt » 14 Sep 2015, 13:48

Il y avait dans le ciel, toujours d'un bleu limpide, presque agressif, cette luminosité nostalgique de fin d'été. Lorsque la voix de baryton du grand océan, tombe dans les graves, que les vagues se font longues et langoureuses, et que les couples enlacés sur la grève de sable doré, aux reflets cuivrés de fin d'après midi, sentent leurs cœurs se serrer insidieusement. Si seulement, ces instants pouvaient toujours durer, implorent les doigts amoureux entrelacés comme pour supplier secrètement l'été de s'attarder un peu. Mais déjà le vent se lève. Celui du large, ample et implacable, qui tire, pousse, une couverture de nuages gris sur la mer, et repousse les baigneurs imprudents jusque les jetées emperlées de larmes d'écume, dans l'attente qu'une dernière marée monte, et submerge de ses rouleaux les souvenirs de mois trop vite écoulés.

Un mystérieux photographe, anonyme parmi les anonymes, à l'inspiration amoureuse faisait défiler ses derniers clichés sur l'écran de son appareil. Des images que personne ne verraient, tant il était pudique de ses passions. Et qui pourtant avaient su saisir en gros plan l'impossible joie d'une Dragonne. Le bonheur était dans les détails. Ces fragments que seul des yeux éplorés, arrivaient à immortaliser. Là Valériane se relève, d'une souple roulade après un échange aérien au filet, particulièrement musclé. Elle s’époussette le ventre, les hanche, pour chasser ce sable qui lui colle à la peau et la démange. Son regard mime une menace, sourcils froncés, à l'encontre de cette pirate Boyle dont elle n'avait pas réussi à percer la défense. Mais ses lèvres pleines, sèches de sel, peinent à étouffer un gloussement appréciateur.

Valériane, encore elle, toujours elle, retrousse les narines pour chasser de son souffle quelques mèches de cheveux qui lui chatouillent la bouche. Elle semble fatiguée et heureuse. Les muscles lui cuisent. Le soleil a rougi ses joues, halé sa peau d'une ombre brune. A pas coulés, de cette démarche de panthère au féminin, qui jamais ne surjouait, elle se recule pour se replacer, aux côtés d'Endal, a qui elle a abandonné la direction du match. Et l'étudiante relance, d'une manchette qui claque sur ses poignets accolés. Le souaffle s'élève, puis retombe jusqu'à rencontrer le poing de l'immense ours russe. La passe était belle, mais la reprise du colosse manquait de finesse. La grâce Onyx, tout en muscle et brutalité. Et le ballon fusant dans l'air traverse purement et simplement le filet de volley pour aller exploser la forteresse de sable d'un petit peintre Emeraude. Encore un point pour l'équipe des huit. Les Dragons se font dominer. Valériane râle et peste. Claque le dos puissant de son second qui grogne quelques insultes en retour.

Encore quelques minutes enfiévrées à faire voler le sable, à plonger dans une gerbe de poussière de mica pour sauver quelques points et coller au score. Valériane se relève à nouveau. En bonne féline, nostalgique de chaleur et de soleil, elle a l'impression de passer plus de temps à se rouler par terre qu'à jouer. Une main sans visage lui tend une canette de bière ouverte. Qu'elle empoigne par le goulot alors que la mousse lui blanchit les phalanges. Oubliée la féminité languide, et la place de dernière Craft. Elle boit trop vite. Par le Dragon, qu'il faisait chaud. Manque de s'étouffer, alors que le liquide déjà tiède ruisselle dans sa gorge avide. Elle étouffe un bruit de ventre peu ragoutant, tout en essuyant du revers de la paume, le surplus de bulles amère, déposé comme de l'écume sur ses lèvres retroussées. C'est à elle de servir. Elle se baisse, dans son dos le dragon étranglé par les sangles de son bikini à la coupe de nageuse étend ses ailes sur les muscles échauffés. Et ramasse la balle.

Ce jouet de cuir entre ses doigts. Elle le fait tourner, songeuse, en écoutant le bruit des vagues. Autour de son visage, les mèches de sa chevelure, claquent et frissonnent. Quelque chose a changé dans l'air. Elle le sent, le ressent, jusqu'au plus profond de son être. Une perle de sueur épousant la cambrure de son échine la fait frissonner. Ses ongles grattent l'enveloppe rugueuse du souaffle. Un souvenir affleure, murmuré d'une voix basse à l'haleine salée, par la mer qui ronfle dans son dos. Elle est jeune, maigrelette. Sans nom, et sans avenir, engoncée dans une tenue de quidditch, qui flotte sur sa carrure. Un peu à l'écart dans les vestiaires, elle joue convulsivement avec une balle d'entrainement pour dissimuler son trouble. Ses coéquipiers dirigés par les Championnes Sambre, rigolent et aboient, pressés de parader dans leurs belles robes de vol taillées sur mesure. Mais la petite n'a d'oreilles, que pour le grondement de la foule, qui tape et s'agite sur les grands gradins de bois. Tout à l'heure il faudra sortir, enfourcher sa monture prêtée par l'école qui n'a rien de majestueuse, et s'offrir en pâture aux regards assassins et aux critiques empoisonnées. Elle est jeune, elle a quatorze ans, pas de nom et encore moins de réputation. Des coups de clairon. Les portes s'ouvrent en grinçant. La lumière crue des projecteurs incendiant la nuit la cueille en plein visage, comme un coup de poing. Une clameur monte. La voix du commentateur égrène les noms des joueurs à mesure qu'ils émergent de la fumée. Beaucoup de noblesse. Des titres longs comme le bras. Et au milieu, petite et perdue, avec son col relevé pour lui dissimuler le visage. Valériane. Juste Valériane. L'Orpheline.

Des cris, des exclamations, on se moque gentiment d'elle. Prenant son absence pour de l'hésitation ou de l'incertitude. L'Amazone, s'ébroue, s'éveille, reprenant difficilement pied avec le présent. Le soleil la cuit. Le sable lui brûle les orteils. Endal visiblement onhubilié par le jeu, parfaite dans son rôle de capitaine Onyx, secoue rudement sa matriarche. Valériane surprend un sourire narquois de l'autre côté de la résille du filet. La Boyle, encore elle, toujours elle. Foutue pirate. « -Conasse de Rose Pourpre. » Grince la brune, en se rémorant son passé d'étudiante. C'est à elle de servir. Ses cuisses fuselées, lui donnent l'impulsion nécessaire en dépit du sol trop meuble. Elle s'élève d'une belle hauteur et frappe la balle. Black Dahlia style, elle n'a pas visé le terrain adverse, mais le visage d'une petite asiatique qui se tient un peu en retrait. C'est un coup bas. Typique de la jeune Valériane, qui armée d'une bâte trop grande elle, avait pour tâche de faire le ménage dans le rang de ses opposants à grands coups de cognards. En se réceptionnant au sol, elle glousse fière d'elle. Enlace brusquement Endal, et alors que la balle sauvée de justesse leur revient à toute allure, dépose un baiser maladroit, presque un coup de tête, sur les joues brûlantes de sa disciple.

Les corps sont fatigués. La partie s’essouffle, alors que l'océan donne de la voix. Quelque chose à changé. Le photographe l'a senti, il s'en est reparti, développer ses centaines de clichés. Beaux et inutiles, qui en rejoindront d'autres. Une armée de photo, noires et blanches, éparpillée dans son appartement comme autant de feuilles mortes tombées de l'arbre morne de sa solitude. Onyx joue encore, pour l'honneur, mais il est évident qu'ils ont perdu. Peut être n'étaient ils pas faits pour le jeu. Le sable vole, griffe et chatouille les jambes de son excitation de chaton. Les surfeurs sont sortis de l'eau, maintenant les vagues sont trop grosses, trop grises, pour être domptées. Valériane sourit toujours. Mais sa joie n'est plus aussi pure. De la fébrilité dans ses sourires. De légères vibrations dans ses éclats de rire, lorsque son colosse Russe, renverse le filet dans son empressement. Et puis il y a le vent. Cette brise venue du large. Ce murmure d'horizon qui froisse les serviettes et gonfle les parasols .
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Messagepar Phèdre Roncia » 14 Sep 2015, 14:43

*Quand apprendrais-je enfin à me taire ?* Soupirant intérieurement, je suivais du regard les agissements de plusieurs étudiantes qui faisaient des selfies, sans doute pour immortaliser ces instants particuliers et cette mer recouvrant Londres pour une période singulière. Encore une fois, je savais que j’avais bien trop parlé, laissant mon impulsivité prendre le dessus sur le bon sens. Il va vraiment falloir que j’apprenne à me contrôler, avant que cela ne l’agace vraiment. Visiblement surprise de leur audace, les jeunes demoiselles repartirent rapidement, tandis que le Lion reportait son attention sur moi, me reprenant, comme je l’avais deviné. Je savais que j’avais la fâcheuse tendance à être un peu trop volubile, en sa présence, et qu’il me faudrait faire des efforts pour être bien plus succincte à l’avenir. Ce n’était pas la première fois qu’il me le disait, et si la leçon était retenue et mémorisée, les mots semblaient sortir seuls d’entre mes lèvres.

Collier et laisse s’évaporant après quelques instants suivant cette interruption des étudiantes, je devinais que mon Maître me laisserais vaquer à mes occupations, me libérant pour le moment. Son bras quittant ma taille, j’écoutais ses consignes, car si cela paraissait n’être qu’une suggestion de sa part, je savais qu’il en était bien tout autre. Silencieuse, j’hochais la tête, prenant bonne note, me mordant les lèvres pour ne plus parler plus que de raison. J’en avais déjà bien trop dit précédemment. Retenant de prévenir la-dite cousine, je partie donc rejoindre le match qui s’improvisait, rejointe à un moment par Morzan, qui me tendit un paréo.

« -De la part de mon Père, si tu le souhaites. Libre pour le moment ? »

« -Maillot rouge et paréo noir… Mes deux allégeances réunies. Merci. Hmm oui, avec l’ordre d’aller voir du côté de ma Matriarche, avec le match qui s’improvise, et un message pour sa cousine. Et toi ? »

« -Si tu es du côté de l’Onyx, j’ai bien envie d’aller encourager le camps adverse. »

Un sourire de connivence nous suffit à nous comprendre, et il me fallu quelques mouvement pour me draper dans ce paréo, improvisant une sorte de robe légère, plaçant le milieu du large tissus à mes reins et nouant les coins supérieurs derrière ma nuque, en les croisant, pour qu’ils couvrent ma poitrine. J’étais libre de mes mouvements cependant. Approchant du terrain, je vis les équipes se constituer. Cela risquait d’être épique. Du regard, je tentais de reconnaître la cousine de mon Maître, la boussole visible étant facile à repérer.

« - Votre cousin m’a demandé de vous dire qu’il pariait une caisse de whisky sur la victoire Onyx, Lady. »

D'un signe, j'indiquais machinalement la direction du Directeur du Lierre Azur, en train de sauver une jeune femme en détresse, en cet instant. Me tournant ensuite vers l’équipe Onyx, je me demandais comment leur être utile. Ne sachant pas vaiment jouer, je restais en retrait, auprès des spectateurs, attentive aux actions de chacun. Morzan lui se plaça auprès des adversaires, alors que ses sœurs venaient sans doute regarder le match à venir.

Face à face, séparés dans les supporters de chaque équipes qui se défieront, je sentais l’adrénaline monter en moi, et vu le regard de mon neveu, je savais qu’il en était de même pour lui. Ce jour était à mémorisé, et restera gravé dans les mémoires, cela était certain. Des spectateurs commencaient à affluer, plus ou moins proches, pour assister à cette scène.

Que le match commence.

****

N’y connaissant sommes toute pas grand-chose, je sus instinctivement que l’équipe de la pirate gagnait la partie, malgré les efforts des Onyx pour redresser le score. Concentrée sur le match, je ne vis pas le temps passer. Je m’en aperçus en sentant le temps changer. Les vagues se firent plus forte, les nuages assombrir le ciel, cachant le soleil, le vent fit son apparition. Bientôt, il serait temps de rentrer au chaud, la fin du rêve éveiller viendrait. Demain, Londres reprendra son visage habituel, plus de sable, plus de mer, plus de ville engloutie sous les eaux. Les morts, ces individus se trouvant au mauvais endroit, au mauvais moment lors de la montée des eaux seraient dénombrés, authentifiés. La liste des disparus serait faite. Mais il n’était pas encore temps de s’inquiéter de tout cela.

Pour le moment, je me trouvais auprès de la famille de mon neveu, ma famille. Ma sœur, Naria, le Père de Morzan Remus, l’Alpha de leur meute familial, Lunia, épouse légitime de Remus et mère des trois sœurs de Morzan, Clara âgée de 26 ans et fiancée à un Onyx, Viane et Flora, les dernières étant jumelles âgés de 15 ans et inséparables.

Suivant le match, je profitais de ces instants uniques pour parler, faire connaissance, en parlant doucement, pour ne pas perturber les joueurs et les spectateurs. Je n’étais pas la seule à avoir plusieurs allégeances, et parler ainsi avec eux me fit du bien. Le tout étant de ne pas les mettre en danger inutilement.

« -Au fait, que sont devenus tes Loups, Imala et Ebène, ainsi que leur Meute ? Je ne t’ai plus vue avec depuis longtemps ? »

Morzan s’interrogeait avec raison, ayant fait leur connaissance au cours de l’année passée… Des images sanglantes me traversèrent l’esprit, et je m’ébrouait, pour m’ancrer dans la réalité et le présent.

« -J’ai rompu le lien m’unissant avec le couple Alpha. Si jamais je devais les croiser à nouveau, la louve m’attaquerait sûrement, vu que je l’ai incité à se méfier de moi, et fait en sorte qu’elle me tienne pour seule responsable de la perte de sa portée la plus jeune. Ils sont morts par ma faute, quand j’ai défié la Professeur de Botanique. Elle ne l’a pas très bien pris, comme tu peux l’imaginer. »

« -Donc plus de lien lupin ? Ils te sont pourtant nécessaires pour équilibrer ta nature d’hybride non ? »

« -Cela m’est nécessaire, effectivement. Mais jamais plus je ne referais une erreur pareille. Comme je ne laisserais plus jamais personne s’approcher de mon Catalyseur, cela fait bien trop souffrir, dans les deux cas. »

Sourire en coin, je n’en dis pas plus, ne voulant mettre en péril si tôt ce lien nouveau que j’avais avec un magnifique loup mâle, au pelage de feu. Il se nommait Automne lui-même, et nous apprenions à nous connaître. Il était à l’abri dans la forêt, pour le moment, et quand l’année scolaire reprendrait, il viendrait secrètement dans la Forêt du Parc de l’Académie, les habitudes rituelles reprendront leur cours.
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Messagepar Lili » 19 Sep 2015, 15:39

« -Lili, Baïeslav, Endal avec moi. »

La voix de la dragonne a claquée et il faut obéir. Il y a quelque chose chez elle. Jeunesse, destin, fatalité. Un regard aussi humain qu’animal, aussi doux que cruel. Mais elle est inaccessible. Il y a chez elle quelque chose chez elle, entre innocence attardée et matriarche de fer. Cela doit être difficile d’être soudainement projetée sur le devant de la scène, devant ces hordes d’ours et de loups pour les guider aux combats afin de dominer la ville, le monde. Parce que le dragon ne dort jamais. Même si elle semble s’être entourée de personne de confiance avec lesquelles elle s’entend bien. Je ne suis pas sure d’en faire partie. Moi je ne suis que la putain, enfermée dans une maison close pour satisfaire les clients et renseigner les légions onyx sur les meilleures solutions, sur l’avenir qu’il m’arrive d’entrevoir. Je ne suis rien au final et je ne les fréquente jamais. Avec le temps, j’ai fini par le comprendre, et depuis que Valériane est montrée sur le trône, cela me semble plus qu’évident. Mais je suis différente, je ne suis pas comme eux. Je ne sais pas être aussi dure, aussi cruelle. Je déteste la souffre, le bruit des os brisés et l’odeur du sang. Je ne suis que douceur, tendresse. Même si avec le temps je me suis habituée à ma vie, que je me suis même fait des amis, je sais que je ne suis pas comme eux et eux aussi ils le savent. Mais tant que je suis encore une propriété de la maison close Onyx, je ne peux qu’obéir. Et puis j’ai une certaine tendresse pour elle. Alors je me redresse dépose un baiser sur la joue de Phalène et je me lève.

Je prends place sur le terrain aux côtés de notre matriarche, de Baieslav et d’Endal. Puis, je regarde la foule, me demandant qui va oser se placer sur le terrain. Une jeune fille rousse, une asiatique, une Boyle et son quartier-maître. Bien, avec les joueurs de l’équipe adverse au complet, le match pouvait commencer. Des passes, du sable qui vole, une foule autour de nous, regardant le match curieux et un peu intimidé. L’air commence à se réchauffer, de plus en plus. Mon cœur s’emballe par moment lorsque le jeu devient plus compliqué. Le cuir du souaffle claque sur les peaux, les passes sont de plus en plus rapides. Même la brise ne suffit plus à nous rafraîchir, même l’eau ne suffit plus à me désaltérer. Et les rumeurs de la foule à chaque passe se fait de plus en plus fade à mesure que mon attention se concentre sur le jeu et que je tente de plus en plus d’être meilleure que lors de l’échange précédent. Mais la finesse des trois joueuses onyx est contrebalancée par la force de l’ours, immense, gigantesque. Et peu importe les coups bas, les passes, les contre-attaque, les points de l’équipe adverse se cumulent alors que les nôtres stagnent. Si le dragon est naturellement doué pour gagner les guerres, il semblerait que le volley soit encore le terrain de prédilection des huit. Une belle victoire pour eux, un temps de pause, un temps de répit, une petite victoire. Je souris tranquillement pas vraiment déçue de perdre. Je me fiche bien de gagner ou de perdre, je suis juste là pour jouer, pour me détendre alors cela m’est égal.

Le match m’a fatiguée, même si je suis résistante à la souffrance je ne fais pas particulièrement de sport. Peut-être est-il temps de commencer ? Parce que là, j’ai l’impression d’être une fillette qui se fatigue rien qu’à monter un escalier. J’ai chaud, très chaud. Je sens ma peau légèrement rougie par le soleil me brûler, me tirer. Je sens les perles de sueur acide glisser sur ma peau, traçant de petite arabesque le long de mon dos, de mes cuisses et de mes mollets. Je sens la chaleur du soleil, cet astre si étrange, si rare dans cette ville glisser sur ma peau, illuminer mes traits et mon sourire, réchauffer mon cœur et mon âme. J’aimerais tant pouvoir continuer à vivre sur cette plage, sentir chaque jour le sable chaud sous mes pieds, la beauté des rayons de lumière sur l’eau. Mais je sais que d’ici quelques instants, la triste réalité londonienne de ma vie, le fouet, encore et encore. Mais à présent les choses sont différentes, tellement différentes. Et bientôt, la vie va changer, je le sais. D’une certaine façon j’ai hâte, vraiment hâte. D’une autre, j’ai peur. Très peur. Mais je sais que tout ira bien, je le sais au fond de moi, je suis forte et mon prince l’est aussi. Quant à celui qui sera bientôt entre nos bras, nul doute qu’il sera lui aussi très fort et vif. Son regard était empli de promesse tout comme l’avenir chaleureux qui l’entourait. Je tourne mon regard vers Endal, puis vers l’ours russe et enfin vers la matriarche. Si elle semblait heureuse au début, cela ne semble plus vraiment être le cas. La partie n’est pas terminée, même si elle semble totalement perdue alors avec les dernières miettes de force et de volonté qu’il me reste je me redresse prête à me battre jusqu’au bout. Car le dragon ne se laisse pas abattre sans se défendre jusqu’au bout.
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Messagepar Andreas Sëylis » 25 Sep 2015, 04:51

    Sans gêne ni convenance, le Prince des Brumes se couche dans le sable chaud aux côtés de l’étrangère. Séparé de moins d’un mètre, il ne se formalise pas des barrières invisibles qui entourent habituellement les gens, protection contre le viol de leur intimité. Un tabou qu’on n’ose franchir, un non-dit implicite qui régit d’une main de fer les rapports de la collectivité. Y contrevenir remet en question la bienséance, laissant présumer quelques relations délicates ou des mœurs plus libertins. Et pourtant lui, joueur invétéré, il préfère les percer, y pénétrer et s’immiscer dans leur quotidien pour en être membre à part entière. Insensible, il ne se soucie pas de l’inimité ou de l’inconfort d’autrui et préfère ignorer l’étiquette. Ces barrières immatérielles et pourtant physiques sont un non-sens pour lui qui est Volantis, arpenteur des rêves et agresseur spirituel.

    Amusé au contraire, Andreas se repait de l’inconfort du sable chaud sous son corps nu. Touriste de ce décor estival, il s’émerveille au contraire de l’inconfort de la moiteur tropicale et de l’âpreté du sable qui griffe sa peau d’albâtre. Privilégié par ce cadeau venu d’un autre monde, Andreas préfère s’en émerveiller et en oublier les défauts. Qu’est-ce que quelques chaleurs pour le plaisir de voir ces femmes dans leurs plus simples appareils ? Qu’est-ce que quelques inconforts pour les festivités qui ont envahis les plages ? « Qu’est-ce que quelques morts pour ce paradis descendu sur terre ? Nous sommes vivants alors célébrons et apprécions. » Le ton est léger, sans malice, et accompagné d’un sourire aussi blanc que sa peau. Comme à l’accoutumée, il se laisse aller à cette joie égoïste et irréfléchie. Un être de satisfaction et de complaisance, guidé par son seul plaisir au travers des aléas de la vie. Son bonheur avant toute chose, peu importe les conséquences.

    Étendu de tout son long sur le sable, Andreas reprend son souffle, exposant sans vergogne son corps encore luisant de l’eau salée. Sculpté à la serpe, le détail de ses muscles devient flagrant sous la proximité malavisée entre lui et son interlocutrice. Enfant inconscient ou joueur folâtre, il tourne sa tête pour plonger son regard pourpre dans l’azuré de l’opalienne qui, si proche, peut entrevoir les méandres brumeux d’Outre-Monde qui dansent dans son regard. « La gêne ce n’est pas amusant, alors pourquoi est-ce que je m’y consacrerais ? » Il se prononce avec évidence, comme s’il ne pouvait comprendre cette nature trop humaine, trop lointaine de ce qu’il est. Lui, enfant des deux mondes, toujours à cheval entre deux natures. Jamais humain, mais jamais autre chose. « Vous voyez, si j’avais été gêné, je n’aurais pas eu droit à ce beau sourire. » Un brin charmeur, un brin amusé, Andreas se laisse allé à un bref éclat de rire. Une cascade pure de sons rauques qui se déversent de sa gorge et qui, étrangement, semblent suspendus dans les airs, indissipables. Un brin de magie qui vient d’ailleurs et qui coule de ses gestes et de ses manières, une partie intégrante de son être entre homme et autre.

    Et soudainement, au commentaire de sa camarade d’un jour, Andreas contracte ses muscles et se rassoit d’un bond vers l’avant pour observer la mer. Écartant les bras pour exposer l’évidence sous les paroles de la jeune femme, il s’énonce encore plus enjoué. « Imagination ? Nous sommes devant l’inconnu, l’impensable, l'improbable ! Ce n’est plus de l’imaginaire, mais des possibilités toutes plus réalistes les unes que les autres ! Peut-être qu’en atteignant le fond, on sort la tête de l’eau dans un autre univers ? » Au diable le vraisemblable et la réalité, l’inconnu à conquis le monde, les a soumis à son mystère et à ses énigmes. Et dans le mystère, les rêves et l’imaginaire sont bien plus réels que la réalité. « À quoi ressemble ce monde dont vous me parlez ? »
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Messagepar Ellaryain A. Esthèse » 27 Sep 2015, 10:43

Il était étrange et en même temps réellement sympathique. Dans son regard, on avait l'impression de voir l'immensité d'un univers qui nous dépassait complètement, ça me faisait étrange et en même temps, je trouvais ça plus attirant que repoussant. Le fait qu'il ne se gêne pas et qu'il chercher à se montrer charmeur ou autre ne dérangeait pas non plus, il n'avait pas tout à fait tord d'un autre côté. Je braquais mes yeux émeraude dans les siens.

« Vous avez de la chance, je ne souris pas souvent sauf quand il s'agit de commerce. »

Un autre sourire, doux et franc. Généralement, je ne laissais personne m'approcher, s'était bien plus facile ainsi. Pour moi tout du moins. Plus facile de laisser tomber, de s'éloigner, de paraître froide et distante, d'être une autre. Mais sur cette plage, je pouvais être moi-même. Je pouvais être ce que j'avais toujours été et je doutais qu'il se formalise du fait que j'étais torturé par un passé que je n'arrivais pas à oublié, que j'étais fragile ou que j'étais une simple enchanteresse Opale. Il semblait se ficher des convenances et pour ainsi dire, je préférais cela je devais bien l'avouer. Un vague sourire se forma sur mes lèvres et lorsque je finis par parler d'imagination, je le vis se relevé dans un bond et commencer à déblatérer des mots qui me firent rire. Un rire cristallin et doux, une sonorité de son ni aiguë, ni grave qui reflétait la fille que j'étais : quelqu'un de simple. J'aimais son inconstance, ce refus de la réalité, cette idée de pouvoir sortir la tête de l'eau dans un autre univers une fois arriver au fond et lorsqu'il me demanda à quoi ressemblait le monde que auquel j'avais fait référence, je ne pus m'empêcher de me demander s'il se moquait de moi. Regardant brièvement vers lui, je remarquais qu'il était sérieux, alors avec un sourire, je commençais à lui décrire ce que j'avais imaginé.

« Le monde est plein d'endroit que nous ne connaissons pas et ce monde sous-marin est unique. En descendant dans les profondeurs, nous pouvons trouver toute une civilisation, ne la voyez-vous pas ? »

Une question rhétorique, je repris tranquillement.

« Les algues se parent d'une multitude de couleur et se fondent dans le décors pour former une route. Marchez doucement le long de cette-ci et vous remarquerez que la nature s'agence de telle façon à ce qu'elle se décide à former un décors vraisemblable. Quelque chose d'unique qui ne serait là que pour vous yeux. Approchez, doucement, lentement et bientôt le corail vous permettra de voir la ville. Au fond là-bas, vous pouvez voir cette immense demeure. Il me semble qu'il s'agit du palais impériale. D'un doré sombre et profond, il est rehausser par des couleurs vives. Regardez, dans la cours, les sujets attendent l’événement le plus attendu de leur vie. La naissance de la princesse Sélène. »

Je m'arrêtais un moment pour finalement reprendre avec beaucoup plus de douceur. Une voix tellement douce qu'elle pourrait vous emporter dans ce monde et vous faire rêver avec elle.


« Elle vient tout juste de pousser son premier cri et emmailloté dans ses langes, l'empereur sort pour la montrer au peuple. La nouvelle venue, la prochaine impératrice, la prochaine dirigeante. La foule est ébahit devant cette princesse aux cheveux si sombre et aux yeux d'un bleu si éclatant. Mais la vie ne s'arrête pas là, une fois l'empereur rentré, elle reprend place dans la réalité. Les marchands reprennent leur poste et commence à scander leur slogan pour attirer le client. La monnaie s'échange entre les parties, créant une économie hors du commun. Bientôt les ruelles sont bondés de monde et il difficile de se frayer un chemin. Plus loin hors de la ville, de nombreux paysans s'occuper des champs, des cultures d'algues ou d'oursin. Des cultures de chou de mer. Les hippocampe génériquement modifiés servent de monture, écologique et hors du commun. Une vitesse impressionnante sur cette autoroute nouvellement née. »

Je sors de ma bulle et me retourne vers mon interlocuteur du moment. Je ne connais même pas son nom, je sais juste que j'aime bien me perdre dans ses yeux, je tente d'accrocher son regard et je dis, toujours de ma voix la plus douce.

« Est-ce que cela est à la hauteur de vos attentes ou est-ce un peu trop enfantin pour vous. »

Un sourire tout aussi doux que mes paroles. J'attends, je ne bouge pas, je me contente de le regarder, sans faux-semblant, sans masque, telle que je suis, pour la première fois de ma vie, je me dévoile devant quelqu'un.
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