[Libre] More than a game.

#1
Sujet réservé aux seuls élèves et professeurs en poste de l'Académie 8-) Comme d'hab une participation par personne est largement suffisante. Cherchez pas à rebondir directement sur les réponses des autres. Plutôt à écrire ce qui vous passe par la tête :you: Et vous êtes complètement libre de faire évoluer le score à votre convenance !!!

Vouivre musculeuse, qui étire son long cou serpentin, secoue sa tête de vipère cornue sous l'averse. La pluie ruisselle sur les écailles, donne à leur noir, un aspect scintillant. Son haleine est brûlante, un nuage empoisonné qui tourbillonne autour de ses naseaux. Et ses crocs ruisselant d'une bave, pâteuse et incandescente comme un magma, si chaude que Valériane penchant la tête, tout en se protégeant de l'averse avec sa main en visière n'a aucun mal à y allumer sa cigarette.

Boréas a fait étinceler les grands projecteurs de l'arène aux tribunes désertes. L'Académie s'est vidée de ses occupants, la faute à l'été, aux vacances. Et seule une poignée de courageux se presse sous l'orage, alors que parfois un éclair tombé des nuages lourds embrases les neuf anneaux des buts de quidditch.

De la boue qui suinte, dans laquelle les hauts talons de la dernière Kravt s'enfoncent avec un désagréable bruit de succion. Toute de cuir vêtue, les vêtements vernis par la pluie, rendus brillants par le halo des projecteurs. Pour une fois elle a attaché ses cheveux. Regroupés en une natte immense qui lui caresse les fesses, gorgés d'eau, ils se balancent, comme gronde et ondule dans le limon du stade la queue d'écailles de sa monture. Ses lèvres sont boudeuses. Ses yeux perçants, de la pluie au bout des cils, se refusent à cette hypocrisie que leur promet Boreas.

Match amical. Fairplay... La Kravt en souffle par les narines de dédain, tout en marquant le pas de son talon. S'il est possible de gagner. Alors l'amitié n'a plus rien à voir là dedans. Et qu'importe s'il a fallu racler les fonds de tiroir de l'école déserte pour y lever deux équipes clairsemées.

Ce soir la pluie ne la dérange pas. Parce qu'elle a cet épais parfum d'été. Parce qu'en dévalant son visage, l'arrête insolente de son nez, les gouttes y font jaillir des souvenirs. Comme Arthur qui un jour en diluant les éclatantes couleurs d'une toile, en a fait jaillir par transparence une autre plus profonde, enracinée sous le verni, oubliée depuis des années. Le temps s'écoule. Demeure l'Académie aux rares fenêtres allumées. Aux tours effilées. Et son stade, ses Neuf anneaux cerclées de couronnes de runes mégalithiques. Titans cyclopéens que des générations d'élèves ont cherché à abattre.

Elle n'a pas attendu le top de rigueur de Boreas pour se jucher en selle. Trente ans. Le temps ne s'écoule plus. Il fuit. Quelques kilos de plus. Son bond a été moins leste que par le passé. Mais c'est avec une saine assurance que ses talons effilés mordent les étriers. Et alors que le directeur de la Rose pourpre libère le vif d'or marquant le coup d'envoi. Valériane et sa vouivre sont déjà en train de prendre leur course d'élan, en bousculant au passage les montures de Dramira et de Serena. Esprit d'équipe ? Très peu pour elle.

Dans une explosion de boue, portée par les ailes décharnée de sa monture qui battant tordent la pluie comme l'on repousse un rideau, elle s'envole. Tête nue face à l'averse qui lui brouille les sens. Et cette natte épaisse qui claque comme un fouet dans son dos à mesure que l'arène décroit. Au bout elle a noué un ruban de tissu, arraché à l'une des (rare) cravate d'Arthur. Tendresse et fétichisme. Dommage qu'il soit sujet au vertige.

Prendre de la hauteur. Les rapaces chassent par cercle concentrique. En fusant, les ailes planantes ouvertes en triangle, l'ombre de la vouivre se détache de la surface lunaire, soudainement plus proche. D'ici l'Académie est minuscule. Et la Ville, une île sur un océan de nuit.

D'autres formes diverses et aériennes tracent leurs routes à travers les nuages gris, qui s'agitent au passage des montures. Elèves contre professeurs. Alors lorsque James juché sur sa monture pétaradante et véloce s'empare de la balle, la Kravt plonge. Les bras noués autour de l'interminable cou de sa bête cauchemardesque. Et le vent souffle à ses oreilles. La pluie crépite sur son front, cingle son dos lové de façon à ne faire plus qu'un avec cette musculature d'écaille qui l'environne de ces ondulations rassurantes.

Les griffes étincelent. Mordent l'acier, l'ivoire, les rouages de la monture du Joyce. Les deux bêtes se débattent un temps en tombant en spirale à travers la brume grise et humide. Vers cette boule de lumière halogène qu'est devenu le stade. La balle au bout des doigts. Presque. Presque. Mais non le cuir humide lui échappe. Et la proximité du sol la force à se dégager. Au dernier moment.

Si proche qu'elle pourrait compter les gouttes qui parsèment les flaques. Mirer son reflet remonter à ras la boue l'étendue du stade en soulevant au passage des tourbillons de limon. Quelqu'un agite frénétiquement une cloche de bronze. Le vieux panneau de bois marquant le score, offre le premier sang au Joyce.

"-Oh Serena ! Le blason Asriel c'est un mulet ou un aigle ? Alors bouge toi d'aller me couvrir l'angle est ! Et toi Kinna. Range ce foutu miroir. T'as bien vu qu'il n'y a pas de public. Et cherche moi plutôt ce putain vif d'or."

Elle est revenue, ou peut être n'a t'elle jamais été très loin, dissimulée sous ce profil de Reine et de mère que l'averse délave, l'Orpheline, la Valériane sans nom, sans identité ni passé, si seule pour être projetée dans le grand bain de la Ville et de l'Académie. Cette même gamine échevelée, aux tenues de seconde main, qui déjà recale sa monture face à l'angle d'attaque de l'équipe adverse.

Et tout en donnant des genoux pour pousser les ailes à accroître leur puissant va et vient, elle désangle de son dos cette vieille batte de Quidditch. De bois d'ébène. Dense et lourde, avec d'étranges torsades entre lesquelles la pluie ruisselle. Sous la paume blême de la Kravt, des encoches se lisent. Les plus anciennes sont à peine perceptibles. Une par joueur envoyé à l'infirmerie. Bien trop pour être comptées. On a jamais été tendre dans la Famille au Dragon.

Match amical a exigé Boréas. Esprit d'équipe a t'il encore répété. Si l'on peut gagner, alors ce n'est plus jeu. Murmure l'indisciplinée Kravt, en oubliant ses partenaires et les règles de courtoisie les plus élémentaires, pour partir comme un boulet de canon a la rencontre de ses élèves.

Re: [Libre] More than a game.

#2
Les grondements de l’orage s’accompagnent des sifflements moqueurs du vent. La pluie lui cingle le visage, lui brouille la vue et transforme sa chevelure nacrée dont il est ordinairement si fier en masse filasse, disgracieuse et pesante.

Il est las, tremblant d’enserrer entre ses maigres paumes moites aux jointures blanchies d’effort le manche d’ébène de son balai. Son, de façon relative, puisqu’il s’est contenté de le piocher dans la réserve, attiré par l’éclat sombre du bois au milieu de toutes ces épaves et autres souvenirs abandonnés là. Content de son choix, jusqu’à ce qu’il arrive en vue du terrain, immense, sous le ciel gondolé d’une colère élémentaire.

Voler. Un rêve pour tant d’hommes, qu’il est bien loin de partager. Lui ne se satisfait que des murmures névralgiques des pierres millénaires et ne prête à ce firmament qui les surveille sans cesse que bien peu d’intérêt.

Aux Asriel les étoiles et leurs mystères, leur pâleur fraîche et leur inaccessible beauté, les serpents leur préfèrent les sombres tunnels et les obscurs boyaux. Qu’à cela ne tienne, se morigène-t-il, agacé de sa subite couardise en enfourchant la chose. Ce n’est qu’un match, un simple match, amical de plus, comme l’a précisé Boreas, dont il se refuse à croiser le regard bien trop perçant.
Que pourrissent les corps pendant que les professeurs s’amusent d’une rencontre qui, le Dahlia l’espère sournoisement, ne s’achèvera pas sans drame.

Dans l’attente d’un accident qui réjouirait son esprit malfaisant, il parcourt le terrain juché sur sa monture de fortune, qu’il dirige tant bien que mal, montrant par son absence de maîtrise toute l’étendue de ses lacunes. Le Quidditch, un sport d’imbéciles s’est-il toujours répété, ne s’empêchant pas d’admirer – toujours de loin – avec un soupçon d’envie les cascades caracolantes de ses camarades lors de précédents matches.

Le vent siffle plus fort, comme empreint d’une volonté maligne voulant le faire choir. L’air se densifie et, dans sa course aveugle, un cognard le frôle, manque le faire tomber en perturbant sa trajectoire.

Ses mains arachnéennes griffent le manche avec l’énergie du désespoir pendant que ses prunelles, assombries par un début de panique fouillent les alentours à la recherche d’une balle invisible qui se gausse de ses efforts. Parce que sa silhouette légère lui paraissait toute indiquée pour le rôle qu’il s’est choisi, à lui de s’impliquer suffisamment pour piéger entre ses doigts gourds la petite sphère aux ailes pleines d’une hystérie frémissante. Mettre fin à l’angoisse qui lui tord les tripes, à voler si haut que se brouillent le sol et ses motifs, nécrosés par la bruine tenace.

Pas demain la veille qu’il attrapera le vif, se désole-t-il dans un marmonnement abattu, tout en faisant prendre à son balai un virage si court qu’une fois encore, l’équilibre manque le fuir. Saleté de connerie de Quidditch, jure encore l’attrapeur improvisé, laissant planer sur les ombres du stade la sienne, ridicule de petitesse parmi les mouvances gigantesques de l’orage qui tonne.

Faire la nique aux professeurs lui paraissait être une idée brillante... avant qu'il ne rejoigne la mêlée, juché sur son instrument de malheur.

Ils chevauchent des vouivres, et d’autres créatures aux aimables écailles, quand lui doit se contenter d’un bout de bois qu’il n’admirait que dans son inertie.

Il fulmine maintenant, le cœur gonflé d’une énergie nouvelle appelée par la bataille, les prunelles embrasées d’étincelles que la pluie ne parvient plus à ternir.

Le déshérité se laisse transfigurer par la tempête, par ce ciel qui se tord, qui n’en finit plus de leur cracher au visage l’étendue de sa colère.

La pluie est lourde, grasse. Chaque mouvement du balai entre ses jambes lui donne la désagréable impression qu’il va glisser, chuter, longtemps, pour s’écraser enfin dans la bourbe inhospitalière en contrebas. Il a suivi, admiratif, l’altercation du Joyce et de la Dragonne.

L’équipe rivale mène maintenant par cinquante points d’avance, pendant que les élèves, pourtant loin d’être tous novices, se font ballotter par le vent qui mugit sans trêve.

D’une maladresse à l’autre, Salazar se rapproche de ses partenaires, cherche une vue d’ensemble, se refusant aux détails qui appellent son attention et la feraient dériver dans une inefficacité dommageable. Ils peuvent encore changer les choses, et ses lèvres glissent contre l’obscurité humide des mots qu’il est le seul à entendre. Une litanie personnelle, prière d’encouragement ou malédiction. Peu importe, au fond. La victoire seule l’intéresse maintenant qu’il est lancé.

Sa prise se raffermit sur le manche du balai, qu’il enserre fermement des cuisses. Il prend de l’altitude, s’étourdit de voir, sous lui, le stade se réduire. L’hésitation a reflué, ne lui reste que l’envie de vaincre.

Un scintillement lointain.

Le vif d’or.

Trop tôt. Bien trop tôt pour inverser le cours de la partie. Pourtant, il ne peut retenir l’impulsion qui le pousse vers l’avant à toute vitesse, dans un piqué nerveux, à la poursuite de la balle moqueuse. Il ne stoppe sa descente infernale qu’au dernier moment, rase la boue de justesse, en éclabousse son beau manteau avant de remonter en une flèche fulgurante brouillée par la vitesse.

Les mains vides.

La frustration lui arrache un cri de rage aussitôt avalé par le vent, noyé par l’averse. Il repart, morose, mais déterminé. Après tout, rien n’est joué d’avance, et rien ne l’empêche de forcer un peu la chance.
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Re: [Libre] More than a game.

#3
Le fond de l'air est glacial. La pluie bat le sol, autant que les joueurs et leur monture. Qu'elle soit de bois, ou d'os et de chair, rien n'y échappe. L'eau s'impose, elle s'infiltre dans les tenues, sous les habits, dans les pelages. Elle dévale les écailles et les manches à balais, rend les balles glissantes et la visibilité quasi-nulle.


Un match de Quidditch. Amical. Sous la pluie. Opposant professeurs et élèves. Du fair-play qu'il disait. Boréas et ses idées farfelues...
Une équipe professorale où se mêlent quelques différentes têtes des Neuf : Boyle, Kravt, Erenesis... C'était sans doute la seule chose à faire pour qu'il n'y ait pas de morts. Ou du moins en éviter le plus possible.


Quand l'une chevauche un concentré de muscles recouvert d'écailles, une autre est confortablement installée dans une assise adaptée au dos poilu de sa monture. Le corps d'or, elle n'a rien à envier à celle de la Kravt, si les écailles sont un pelage dru, il protège presque aussi bien le corps musculeux et puissant de la bête. Les pattes imposantes se terminent par des griffes profondément enfoncées dans le sol qui prolongent des coussinets bien félins. Le poitrail est ouvert, explosé, le cou s'ancre bas et la crinière est resplendissante de blondeur. La queue se pare peu à peu d'écailles et se termine par une petite tête en V sifflante, dont la morsure est réputée venimeuse et mortelle. Celle-ci s'agite avec nonchalance de gauche à droite, aussi movible que ne le sont les oreilles pointues. Le chanfrein est convexe et se termine sur un museau moustachu. La truffe humide et rosée surplombe une gueule emplie de crocs surprenants, un bâillement étire celle-ci, tout aussi hautaine que sa cavalière, la Chimère semble s'ennuyer de tout son être. En écho, un battement d'ailes lent et paresseux agite les implantations dorsales, juste derrière les jambes de sa cavalière.


Le cuir confortable de la selle est moulé par la pratique, et pourtant qui verrait une Matriarche jouer au Quidditch ? Bien peu se l'imaginent, mais quel meilleur endroit pour tester quelques nouveaux sorts et aptitudes magiques ? Au coup de sifflet, Valériane a déjà décollé, l'Erenesis reste immobile, bien trop occupée à protéger de ses ombres la cigarette à ses lèvres.

Pour une fois, elle est couverte en conséquence, un pantalon moulant protège ses jambes, rembourré aux genoux et sur l'extérieur des cuisses pour parer aux chocs les plus importants, sous un long manteau de cuir tanné et fendu en trois pour l'assise dans la selle, Dramira porte un pull tout aussi noir que le reste. Col roulé, telle une seconde peau, il laisse tout de même voir un simple ovale d'albâtre sur le haut de son décolleté. Quelques centimètres de diamètre d'une blancheur mise à nue, où apparaît la naissance de la lourde poitrine féminine.


Brusquement, la créature entre ses jambes bascule son poids du corps sur ses postérieurs, et d'une puissante poussée s'élève dans le ciel, avant de déployer ses ailes. Un mégot grésillant dans la boue annonce l'envol de la Matriarche Saphir, la partie peut enfin commencer.
~
Les élèves se débrouillent bien mieux qu'elle ne l'aurait imaginé, et pourtant, elle était des présents pour encourager les siens à chaque match. Mais à moins d'un coup de chance, ils n'ont pas vraiment l'audace, ni le pouvoir de lutter contre leurs professeurs. La Magie offre cependant, toujours quelques surprises plus ou moins amusantes à ces êtres qui se pensent supérieurs de par la force qu'Elle dissémine dans la Ville.


Valériane et sa vouivre ont déjà sorti la batte, et traversent le rideau de pluie comme s'il était de soie, tranchantes. Serena dans sa blondeur, fait écho à celle de Kinna et leur efficacité commune est bien plus surprenante que ne l'est celle de William, seul. Non pas à cause de leur féminité, mais plutôt par leur férocité et agilité que l'on ne devinerait pas forcément en dehors du terrain. Cela serait bien mal connaître les femmes de pouvoir au sein de la Ville.


Équipe. Folie serait un meilleur mot, lorsque l'on décrit les professeurs joueurs. Valériane peut toujours essayer de donner ses ordres aux autres tant qu'elle n'approche pas ses paroles de la chimère et sa monture. Cette gamine, puissante c'est un fait, mais gamine toujours, reste celle qui lui a, par sa fidélité, volé son mari. Et sa fille.


- Loyauté. Quelle stupidité, les mots sont crachés dans les gouttes cinglantes, alors que d'une main gantée, Dramira récupère un souafle visant l'un de ses buts, et le renvoie dans une traînée noirâtre vers Serena, au milieu du terrain. Si quelques unes des balles ont passé la pluie et la garde pourtant efficace de l'Erenesis, elles sont de plus en plus rares. Les gosses passent leur temps à jouer, ils ont ces habitudes et ces techniques qui font défauts à leurs professeurs, qui ont abandonné pour la majorité les terrains, ou du moins les matchs et les équipes. Et qui comme dans la vie, ne s'entraînent -pour s'amuser ou autres- qu'en petit comité.
Justement, le souafle revient, et malgré le maniement rapide et léger de sa monture, la Matriarche Saphir n'arrive pas à atteindre l'anneau assez vite. Un grognement désapprobateur s'élève brièvement d'entre ses lèvres toujours aussi carmines, malgré la pluie et l'effort, et en écho, un rugissement et un sifflement s'égare hors de la gueule et la queue de la Chimère.
~
Sous leurs pieds, le sol du terrain disparaît dans une brume blanchâtre, dont s'échappent, de temps à autres quelques filets noirs, caractéristiques de la Directrice Azur. Après un énième but, ceux-ci s'enroulent autour des poteaux des anneaux, grimpant jusqu'à leur extrémité, avant de simplement s'étirer lentement dans l'air. En totale opposition avec celle au sol, la brume qui noie les anneaux est sombre, grouillante, presque vivante. Dramirienne. La visibilité déjà réduite s'opacifie un peu plus, rendant quasiment impossible l'accès aux cercles de métal. Mais la difficulté ne semble que motiver un peu plus les élèves, qui de leurs pouvoirs tentent de percer la noirceur, y perdant à chaque fois quelques grammes de force, et leur souffle. Rien de mortel, ils dormiraient simplement d'un sommeil de plomb en fin de nuit.


Alors que le match semble prendre un avantage considérable pour les professeurs, l'équipe déjà peu soudée s'étiole, sans surprise. Les rancœurs ressortent, plus ou moins discrètement: d'une patte griffue, un cognard est renvoyé vers Valériane, tout en nonchalance féline. Les habitudes refont surface: le trench cinglant dans le vent est ôté, tout comme le pull collé telle une seconde peau par la pluie, et à leur place, un manteau d'ombres s'enroule tout contre l'albâtre du torse dramirien. Seule la blondeur de la robe de sa monture permet de la discerner dans son nuage noir. Protectrice des buts, le match ne semble plus avoir rien d'amical pour quiconque. Heureusement cependant, qu'elle est plus efficace en gardienne des catacombes, qu'elle ne l'est sur le terrain, au vu des centaines de points qu'ont inscrit les gosses étudiants. Des heures à tourner, si au moins l'un d'entre eux pouvait tomber et se tuer, cela rendrait la soirée agréable. Mais sinon, par la Mort en personne, que quelqu'un attrape ce Vif d'Or !
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Re: [Libre] More than a game.

#4
Le vent qui soufflait. Sa chevelure était retenu par un ruban noué fortement en hauteur. Cela n’empêchait pas ses boucles blondes de voler. De s’emmêler entre elles. De venir cacher la beauté de ses yeux. Elle restait vive, en alerte. Perchée sur sa monture, attendant le coup de départ. Tout le monde réunis pour un match. Match amical. Organisé et orchestré par Boréas. Élèves, professeurs, tous étaient conviés. Même si elle avait été déchu de son titre, Serena restait un professeur de l’académie. Un bon professeur. Ici il n’y avait pas de « factions ». Et pourtant cela n’empêchait pas les rivalités. Bien au contraire. Aussi bien entre élèves que professeurs. C’était aussi une certaine façon d’entretenir le lien des neufs.

Le départ était à peine lancé que déjà Valériane s’élance à la poursuite du vif d’or. Bien décidé à mener la danse. Bien décidé à gagner. Bien décidé à mener son équipe à la victoire. Parce que l’Onyx ne pouvait faiblir. Pas de « factions » et pourtant on voyait bien les rivalités qui persistaient. Dramira jonché sur sa monture ne semblant pas vouloir collaborer. Gardienne des buts. Empêchant quiconque d’essayer de s’approcher vers la victoire. A elle seule, elle était un voile d’obscurité, une noirceur indomptable.

Les étudiants eux semblaient plus unis. Du moins certaines maisons. Comme toujours, il s’agissait des même. Le dahlia noir à part. Ils arrivaient à marquer quelques points. Menant contre l’équipe des professeurs. Et cela ne plaisait guerre à Valériane. Elle n’était pas seule. Elle comptait sur ses coéquipière. Asriel et Boyle. Serena ne fit aucune réflexion. Aigle sacré, majestueux, onirique. Volant sur sa monture. On aurait dit une étoile filante. Impossible à attraper. Impossible à arrêter.

Aidé par le vent, par le ciel, Serena allait à la rencontre des élèves. Chevauchant sa monture, allant et venant entre chacun. Elle avait les astres avec elle. Sa beauté luminescente. Et comme à son habitude vêtu du plus simple appareil. Une combinaison blanche, transparente, collant à sa peau, dévoilant ses charmes. Elle ne supportait pas les vêtements. Mais il fallait tout de même quelque chose pour l’a protéger. Ils leur arrivaient d’être encore troublé. La beauté de l’Asriel restait évanescente. Inaccessible. Comme quelque chose qu’on a envie de toucher, de protéger.

Les ombres menaient. Rivalités, violence. Entre les étudiants. Entre les professeurs. Entre étudiants et professeurs. Parce que l’essence d’une personne restait la même. Elle ne changeait pas. A la poursuite du vif d’or, Serena empêcha un étudiant de tomber de toute sa hauteur. Utilisant son alchimie pour transmuer un semblant de perchoir. Parce que pour elle la sécurité des autres était bien plus important. Elle veillait. Elle restait mère de l’Opale. La mère de tous.

Au loin elle voyait la blonde chevelure de Kinna. Impétueuse. Royale. Boyle dans toute sa splendeur. Sauvage. Animal. Cela devenait brutal. Ce jeu qui devait être amical et normal dérivait de plus en plus en quelque chose de malsain. Il faisait renaitre les rivalités. Même ici, les neufs n’avaient pas réussit à consolider cette barrière pour ne faire qu’un. L’Erenesis qui faisait bloc avait de quoi en vouloir à l’Onyx, à Valériane. Il lui avait prit son mari, sa fille. Serena comprenait pourtant. A elle aussi on lui avait prit son mari. Et pourtant la femme étoile était là. Avec la matriarche, à ses côtés. A répondre à ses demandes. Elle arrivait cependant à faire abstraction de ce fait. Justement parce qu’elle restait Opale. Elle restait elle même. Fidèle à ses idées.

En ce jour, Opale, Onyx, Boyle et autres étaient ensemble. Le score du match ne cessait de varier. Mitigé pour les élèves et les professeurs. Élevant l’un pour en seconde vague le baissé à nouveau. Serena n’oubliait pas son rang. La solidarité qu’elle éprouvait avec ces collègues professeurs. Elle n’oubliait pas non plus d’agir pour essayer de remonter le score. Tout en mettant sa grâce au service des autres. Parce que la violence et la prise de pouvoir s’intensifiait. Il n’était pas rare de voir les élèves dégringoler de leurs montures et manquer de tomber en s’écrasant au sol. Mais c’était sans compter sur la bienveillance de Serena.
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Re: [Libre] More than a game.

#5
Aussi long qu’il pouvait s’en rappeler, James s’était toujours conçu comme un être lâche. Pas un poltron, non, mais quelqu’un de prudent. Caché derrière les pulsions auto-destructrices, l’instinct de mort, se cachait un survivant. Qui fuyait les ennuis à même de le dépasser. Qui restait loin de l’Onyx, loin du Saphir. Le regard toujours bas aux côtés d’un Kravt. Pas vraiment lâches non. Mais James méprisait le jeu des rois. De tout son cœur. Et ne voulait pas être la victime d’une partie qu’il ne désirait pas jouer. Il y avait un jeu cependant, qu’il affectionnait plus que la vie elle même. Plus que le sexe, plus que la fête. Le Quiddich. Il y était, chaque samedi. Sur le stade des docks, la pinte à la main, à s’égosiller derrière ses idoles, maillot rouge sang sur le dos, écharpe nouée autour du cou. La fièvre du jeu. Car juché sur son jet, les cuisses serrées autour du réservoir, il n’y avait rien ni personne qui ne pouvait l’inquiéter. Valériane ? Il ne lui avait jamais adressé la parole. Ne l’avait jamais regardée dans les yeux. Tout fait pour éviter ses options. Et puis le coup de sifflet avait retenti, il avait défoncé la pédale d’accélérateur et sans la moindre arrière pensée, c’était rué sur la balle, épaule contre épaule, comme un chien déchaîné. Son moteur avait vrombi alors que la bête écaillée claquait des mâchoires à côté de lui. Il ne portait pas de casque non, jamais. Plaisir de sentir ses cheveux éparpillés sur son crâne, un Joyce en lettre d’or floqué sur le maillot. Il montait une sorte de moto volante, sans roues, des stabilisateurs prolongeant le guidon à l’avant, donnant à l’engin une allure effilée. C’était une bombe volante, incroyablement rapide et maniable, dont il avait lui même supervisé les tests en soufflerie. Et nulle Kravt ne résisterait à ses dons de pilote. Et surtout pas dans un piquet, il n’abandonnait jamais un piquet. Pas avant d’avoir planté sa machine dans la boue. La pluie lui ruisselait sur le visage, les éclairs faisaient scintiller ses écrans et rendaient folles ses aiguilles. Il ne pilote qu’à l’aide de ses pieds, qui s’agitent surement entre la manette de frein et la manette d’accélérateur, ses deux mains serrant bien fort la balle de cuir hors d’atteinte de la matriarche Onyx. Les yeux qui pleurent, les joues glacées. Il ‘échangerait cela pour rien au monde. Il sent les griffes du professeur lui lacérer l’avant bras alors qu’elle cherche, frôle la balle. Il jure, violemment Et soudain, elle abandonne, lui part dans un tonneau, redresse, remonte. Et lâche une frappe. Lourde. Tout les muscles de son bras comme de son torse concentrés dans le même effort. Sous sa robe, des prothèses amplifient le mouvement pour envoyer la balle déglinguer l’anneau des buts. Le jeune homme rugit, Balance son bras en signe de victoire autour de lui. Comme il l’a tant vu depuis plus de cinq ans maintenant, son nom scintille en toutes lettres sur le tableau d’affichage. Et debout sur ses pédales, le jeune homme célèbre comme dans un stade plein.

« OUAIS, OUAIS ! »

Exhorte ses coéquipiers. Certains sont des habitués, d’autres fuient les salles de sport. Il tape dans la main d’un Saphir aux cheveux laiteux, au visage las. Il ne leur en veut pas de ne pas aimer son sport. Mais si l’espace d’un match, il arrive à leur transmettre l’euphorie et la joie que lui peut ressentir sur un terrain, alors ce sera une victoire. Alors il s’élance, à nouveau, comme un chien fou. Harcèle Serena, traque Kinna. Usant sans aucune vergogne de ses charmes comme diversion et subtiliser la balle à Asriel. Bien plus haut sur le terrain, sa cousine lointaine le protégeait, à grands coups de batte d’une précision diabolique. La robe de James collait à ses muscles tétanisé. Sa respiration s’était faite haletante. Mais jamais il ne s’arrêtait, et toujours continuait à cavaler. Il avait marqué quelques belles perles, avait fait une belle chute et un beau saut, s’élançant de sa monture pour duper Dramira dont il avait pu entendre le grognement avant d’aller s’exploser dans une flaque d’eau dix mètres plus bas. Le Quiddich exaltait en lui des sentiments de bravoure qu’il ne trouvait nulle par ailleurs dans une Vile où rien n’était simple, et tout était gris. Sur le terrain, il y avait l’équipe, et il y avait l’ennemi. Soit noir, soit blanc. Pas de palabre, il ne restait plus qu’à défoncer la manette des gazs et aller esquinter le panneau adverse. Il était doué pour cela. Certains disaient que c’étaient pour plaire aux femmes. Il n’en avait pas besoin. Le Quiddich, il y jouait pour le Quiddich. Parce qu’il était prêt à sortir de l’Académie non diplômé, mais préférait mourir que de la quitter sans avoir soulevé la coupe le bras ceint du brassard de capitaine de la Rose Pourpre. Et jusque là, chaque match serait une finale. Un autre but, et le voilà qui parade, se frappe le cœur et embrasse son emblème. Cette même Rose qu’il a découvert à l’entrée du stade en première année. Il se dirigeait encore vers les tribunes à cette époque là. Il l'avait rencontrée comme on rencontre son premier amour. Su immédiatement, que ce maillot représenterait plus pour lui qu'un bout de tissu trempé de sang et de transpiration. Que ces joueurs étaient plus que des athlètes se battant pour un bout de cuir. Un an après, il entrait dans l’équipe remplaçante. Et pour ses quinze ans, la troisième année, l’honneur ultime. De faire partie des glorieux membres dont les noms sont gravés en lettres d’or dans le vestiaire de la Rose. Un sublime numéro sept imprimé dans le dos. Son premier maillot, celui de son premier match, son père l'avait fait mettre sous verre, encadrer, et le lui avait offert. Pour son anniversaire. Toujours accroché dans son dortoir, au dessus de son lit. Aujourd’hui, il ne jouait pas pour la Rose. Mais c’était du pareil au même. Et de nouveau, alors que les élèves traînaient encore un peu au score derrière les professeurs, et que les cages de Dramira devenaient chaque fois un peu plus inaccessibles, James se retrouva face à la matriarche Onyx. Un ballon perdu chutant à mi chemin entre les deux joueurs. James ne réfléchissait pas sur le terrain. N’agissait que par instinct. Et au rugissement strident de la Vouivre, il répondit par le vrombissement sonore de ses moteurs. S’élança sans la moindre arrière pensée au duel contre Valériane Kravt. Les cuisses serrées contre sa monture d’acier, les bras tendus pour réceptionner la balle. Les yeux grands ouverts dans le vent, fixé sur l’objectif. Rien d’autre n’existait. Que cette balle, et ces anneaux. Les machoires du monstre, la collision à venir, la chute peut-être. Rien de tout cela n’existait. Juste la balle, la balle et le but. Parce que non, il n’était pas venu pour jouer.
"Every disguise is a Self portrait"

Re: [Libre] More than a game.

#6
Que les cils d'Esther pesaient lourds sur ses paupières, à demi-closes à cause de la pluie qui battait drue sur son visage. Le vent rendait folles ces mèches éparses qu'il avait fait s'échapper de son chignon strict. Serré, si serré qu'il lui faisait mal, battait tout contre ses temps. Une vieille habitude. Prise dès son tout premier match, à la seconde qui avait suivi l'instant où elle avait failli se faire tuer par un coéquipier. Une histoire de cheveux libres, de balle à éviter et de monture se frôlant d'un peu trop près.

Mais elle n'était plus cette troisième année un peu agitée, au cœur de l'effervescence qui baignait son premier match. Celui en tant que membre de l'équipe, et non en simple spectatrice juchée dans les gradins, bousculée et écrasée. Elle avait appris, de ces huitièmes, neuvièmes années, que pour ne pas finir piétinée par les autres, c'est elle qui devait le faire. Avant eux.

Pour cette raison qu'Esther, alors agacée par l'attitude de la matriarche Saphir, arrêta sa monture au premier batteur de son équipe qu'elle croisa. Lui arracher la batte des mains. Et frapper, de toutes ses forces, dans le cognard qui passait par là. Droit dans la jolie petite tête de leur professeur. Dire qu'elle désirait la blesser était trop, au moins l'Orpheline souhaitait-elle la déstabiliser bien assez pour faire disparaître la brume qu'elle avait enroulée autour des anneaux, afin d'espérer faire remonter le score en faveur des élèves.

Et Boreas qui ne disait rien, en véritable arbitre silencieux. Avec cette pluie et ces nuages noirs, il était bien difficile de discerner son visage encapuchonné, surtout avec la manie qu'il avait de se poster hors des faisceaux des projecteurs. N'était visible que ce sifflet aux nervures dorées qu'il portait autour du cou, avec lequel il avait sifflé le coup d'envoi. Mais point de faute, nul avertissement signalé, et ce malgré les balles frappées intentionnellement pour faire tomber un joueur – et peu en importait l'équipe – ou autres chutes étranges, à coup de sangles sectionnées et montures rendues subitement folles.

Un match de Quidditch était un champ de bataille, était ce qu'Esther avait appris de sa capitaine dès l'instant où elle eut sa place dans l'équipe. Les stratégies étudiées, techniques et bottes mises au pont à travers les âges n'étaient pas de leur acabit. Jouer avec honneur, en respectant les règles les plus élémentaires était bien trop fatigant. Seule comptait la victoire, et que cela importait peu s'il était question de blesser un coéquipier, envoyer un joueur à l'infirmerie pendant des mois, en plonger un dans le coma. Voire en tuer un. Accidentellement. Tout était à envisager quand le but était d'arracher un point à l'adversaire. Gagner. Brandir la coupe des champions à la fin de l'année. Battre ses propres professeurs dans un match amical.

Mais il n'y avait nulle amitié qui tenait. Point de règles à suivre, et encore moins de fair-play lorsqu'une victoire était en jeu. Rien du tout. Les autres élèves ne composaient pas une équipe, aux yeux d'Esther. Elle avait même joué contre certains d'entre eux. Alors tant pis, elle pourrait plus facilement feindre l'accident – quelle aubaine cette pluie – avec eux qu'avec ses coéquipiers habituels qui connaissaient ses manies de jeu.

Il n'y avait qu'à voir la façon dont elle enfonça ses talons dans les flancs de sa monture. Un cheval, aux airs de reptiles, si maigre que ses os saillaient sous la peau, ondulaient sous son pelage, et plus les années passaient, plus cela était flagrant. Trop vieille, concédait Esther. Mais que cela était bien laborieux de dresser une créature pour qu'elle se tienne silencieuse, ne renâcle point sous les coups de talons, ou la façon un peu abrupte que pouvait montrer sa cavalière lorsqu'elle tirait sur ses rênes pour la faire changer de direction.

C'était comme faire confiance à sa vieille bécane lorsque, dans un virage, elle était si couchée sur la route que son épaule en frôlait l'asphalte. Sans crainte, Esther parvenait à se faire coucher sur le flanc sa monture, relâcher sa prise sur les rênes pour rester sur sa selle uniquement grâce à ses pieds fermement appuyés sur les étriers. Entendre le battement de ses grandes ailes lisse, en sentir une se replier le long de son flanc. Dérouler ses doigts du cuir, se pencher de concert. Tendre le bras. Arracher la balle à un joueur. Se redresser. Aller plus vite. Plus loin. Plus haut.

Exactement ce qu'elle venait de faire à cette élève un peu pataude, qui ne semblait guère rassurée sur la monture qu'on lui avait attribuée pour le match. Une gamine, pas à l'aise, qu'Esther venait tout simplement de bousculer. Rien de terrible, juste de quoi la réveiller, la pousser à ne pas se laisser séduire par les attentions de Serena. Pauvre petite, qui aurait sans doute fini le visage dans la boue, si sa monture n'avait pas été là pour elle.

Les autres pouvaient grogner, gronder, s'ils le désiraient, trouvaient la façon de jouer d'Esther injuste, sa préférence de vouloir jouer seule plutôt qu'avec des joueurs qui n'en étaient pas. En attendant, les élèves remontaient le score. Egalité.

Mais cela n'était pas suffisant. Pas pour l'Orpheline. Quand on jouait, c'était pour gagner. Uniquement pour gagner. Sinon, il n'y avait aucun intérêt.

Re: [Libre] More than a game.

#7
Évidement rien ne se passait comme prévue. Comme si l’histoire se répétait. Etait-il seulement possible que les factions arrivent à mettre leur différents de côté. L’espoir restait. Même si il était infime. Même si la guerre intérieur pour le pouvoir restait animé par la rage. Seulement ici, il n’y avait rien de tout cela. C’était un endroit neutre. Pas de distinction, pas de faction. Juste le plaisir de pouvoir faire l’apprentissage de cette jeunesse en mal de repère. La futur élite de la ville. Celle qui devra monter au front après eux. Une fois qu’ils ne seront plus là. Les choses auraient du se passer autrement. Auraient pu se passer différemment. Les animosités toujours présentes. La neutralité de l’académie n’y faisait rien. Du moins pour certaine personne semble t-il. Peut être que c’était qu’un jeu. Une façon de pimenter. Ou de ne pas s’ennuyer. Ou alors c’était tout simplement pour le plaisir. il y a bien des choses qui ne changeront jamais. L’esprit d’équipe. Ça n’était pas une chose connu de tout le monde. Un précepte révolu. Tout le monde avait l’air de s’en ficher.

Encore une fois l’Erenesis semblait en faire qu’à sa tête. L’esprit d’équipe, très peu pour elle. Mais c’était pourtant un match amical. Un match où chacun devait s’élever pour le bien de son équipe. Serena était encore et toujours prise entre deux feu. Entre les non dits de Boréas. Passif. Sur son trône à regarder sans pour autant intervenir. En juge. Impartial. De l’autre côté, il y avait l’excitation de Valériane. Son envie de gagner. Son impatience. Sur son rapace. Tel un animal en cage. Sauvage. Indomptable. La blonde opaline semblait la seule à pouvoir lui conférer son aide et son soutien. Kinna ne semblait pas concerné. Ou du moins elle en donnait l’air. Une illusion. Et pourtant il n’y a pas si longtemps, elle aussi avait cette rage intérieur qui boulonnait. Qui ne voulait qu’exploser à la figure des autres. Peut être fallait-il le lui rappeler. Attiser sa rage. Elle restait deux pour la dragonne.

Elle chevauchait son aigle. Au vent. Ses cheveux d’or se mêlant les uns aux autres. Cela ne servait à rien de raisonnait Dramira. Il y avait déjà eu assez de perte comme ça. Alors pour le moment Serena se contentait d’essayer de sauver quelques élèves avant qu’ils ne lâchent leur patronus. Avant qu’ils ne tombent violemment. Et ça n’était pas à elle d’intervenir pour ça. Elle ne faisait que participer au tournois. C’était à Boréas de se prononcer. Lui seul avait tout pouvoir sur le terrain. Le choix de tout arrêter ou alors au contraire de poursuivre. Mais pourtant il restait droit. Impassible. Imperturbable. Serena mis ses pensées de côté. Le jeu continuait. Les élèves étaient d’ailleurs en train de remonter le score. Bien dans un sens, mais pas convenable pour l’équipe des professeurs.

Elle se mit en chasse. Elle virevolte entre les uns et les autres. Elle garde un œil bienveillant. Comme elle peut. Pour les siens. Pour l’opposition. Elle sauve. Elle aide. Sport d’équipe. Il n’y a que comme ça qu’on peut s’en sortir. Le cognard fonce à vive allure. Il l’a nargue en passant juste à quelque centimètres d’elle. Soufflant presque sur ses cheveux. Kinna semblait toujours ailleurs. Préoccupée par son allure. Serena savait pourtant qu’elle pouvait être effroyable. A quel point il ne fallait pas l’a mettre en colère. Parce que la vengeance d’une blonde pouvait être affreuse, dur. Surtout quand la blonde en question était Kinna Boyle. L’Asriel se met à ses côtés.

-« Kinna ! Bon sang mais réveille toi ! On perd du terrain. Tu n’as pas besoin de public. Tu te suffis à toi même. Mais tu vas laisser tes élèves te ridiculiser comme ça ? Allez un peu de nerf. Il faut seconder Valériane. »

Est ce que ses mots allaient porter ces fruits. Elle l’ignorait. C’était le choix de la Boyle maintenant. Serena faisait face à ses étudiants. Les charmants de son sourire. De son anatomie. Parce que tous savaient qu’elle n’était pas très favorable au port de vêtements. Une arme précieuse. Alors autant s’en servir. Sur le dos de son aigle, elle montait de plus en plus haut. De la hauteur pour y voir clair. Elle essayait de repérer la dame Onyx. Elle n’était pas la seule aux cheveux noir d’ébène. Mais elle était la seule à monter un rapace de l’Onyx. La femme étoile, se mit alors à veiller sur la matriarche de l’ombre. Empêchant quiconque d’essayer de l’a mettre hors jeux. Surveillant ses arrières. L’a laissant prendre assez de temps. Assez d’avance pour emporter la victoire. C’était un jeu. Mais c’était également bien plus que ça. Un jeu pour la vie. Une lutte sans merci. Une lutte à mort. Le prestige de l’académie. Et le jeu continu.
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Re: [Libre] More than a game.

#8
Pluie battante. Vent sifflant. Un sourire qui étire des lèvres carnassières.

Une main posée sur l’épaule de sa monture, elle sent les muscles rouler sous l’épiderme alors que la bête trépigne d’impatience, labourant le sol de ses immenses serres.
C’était un temps parfait pour jouer.

Une mèche de cheveux se soulève alors que les plumes battent l’air, froissent la pellicule de vent. Le dandinement du monstre la fit glousser et elle caressa tendrement l’arc effilé de ce bec puissant.
Un échange de regard, deux yeux qui partagent un lien tout particulier.
La tête se baisse, cherche le creux de la main avec toute la douceur d’un oisillon.

Ils s’avancèrent tout deux, jusqu’à ce que la pluie batte leurs peaux, coulent le long de leurs visages.
Un morceau de viande pour encourager son partenaire, qu’il goba tout rond, sa queue se balançant de droite à gauche.
Puis, Lamiane enfourche sa monture. Point d’étrier pour se maintenir sur le profil effilé, mais des sangles qui s’attache autour des hautes bottes de cuir.
Son pantalon semblable à celui pour l’équitation était rembourré, se calant parfaitement dans les creux de la selle. Suffisamment, pour qu’elle puisse frotter sans s’arracher la peau.

Son corps se balance, alors que sa monture s’avance lentement, bat des ailes d’impatience. Les coussinets des postérieurs s’enfoncent dans la boue, rejoignent la marque des serres des antérieurs.
Le reflet de la lune donne à l’ensemble du terrain une image quelque peu modifier, ou les ombres s’agrandissent, ou les secrets se cachent, murmurent.

La Rapace inspira à fond, s’imprègne de l’odeur humide, de la terre retourné. Écoute Boréas donner des instructions sans donner d’interdit pour autant. Un non-dit qui voulait dire bien des choses. Pourtant impossible d’apercevoir ce visage, l’éclat de son regard. Toujours dans l’Ombre. Elle imagina peut-être un vague sourire. Malgré l’air dur qui se dégage de ce professeur.
Match amical.

En regardant autour d’elle, la jeune Améthyste se rend bien compte que cette partie serait bien plus que cela. Les regards brillaient, les corps tressautaient d’impatience, les coups d’œils étaient échangés.
Une guerre. Un combat.

Le signal fut donné, le sifflement agressant les oreilles. La monture se ramasse et tel un félin qui bondit sur sa proie, s’élance dans les airs en poussant un cri suraigu, son pelage noir s’imprégnant de pluie.

La jeune femme se penche en avant, épouse le corps de son partenaire. Des poignées à sa selle lui permettent de se maintenir en place, de commander cette animal fait pour la vitesse.
Rapidement, les points s’accumulèrent. Cela allait vite, magie et précision se mêlant avec un art typique de l’académie.
Elle admira Esther magnée sa monture avec adresse, James qui marqua plusieurs point sur sa monture d’acier. Évita Kinna d’une virevolte alors que celle-ci ne regardait pas le match.

Les visages étaient rouges, fouettés par cette pluie chaude qui alourdissait l’air. Les souffles étaient rauques, trahissant l’envie de battre son adversaire.
La fille de la Harpie n’eut aucun mal à regarder ce qui l’entourait. Avec précision.
Éclat doré qu’elle partageait avec l’être hybride sous ses cuisses, en un regard de prédateur.

Soudain un sifflement. Les yeux écarquillés, Lamiane eut tout juste le temps de se plier en arrière, se couchant sur le dos pour éviter un cogneur. La boule siffla au-dessus d’elle, frôlant son visage.

Un juron. Un claquement de langue et la puissance de la bête qu’il la fit monter haut. Toujours plus haut. Fends le vent à la verticale, jouant de sa puissance musculature pour combattre les éléments.
Se pencher dans le vide, ne pas se soucier de la hauteur, alors que l’Héritière baisse son regard.
Elle était la fille du vent, dans son habitat naturelle.

Apercevoir le Souafle dans les bras d’un professeur. Défaire les sangles à ses jambes. Retirer ses mains des poignées. Se redresser tout d’abord sur les genoux, puis debout alors que sa monture se stabilise, sachant ce que sa maîtresse allait faire. Les jambes à moitié pliés, les bras en l’air pour se maintenir en équilibre précaire. La tête fait des mouvements saccadé, un peu dérangeant. Le regard se braque sur le Souafle, comme si ce n’était qu’une proie à attraper. Voir le détail de chaque couture, de chaque reflet.
Puis elle saute.

Le vent hurle autour d’elles. Heureusement, ses cheveux son attaché en tresses sur son crâne, laissant son visage dégagées. La pluie martèle son corps imbibant un peu plus à chaque fois ses vêtements.
Mais peut importe.

Les mains se tendent vers l’avant. Arrache le Souafle des mains d’un professeur et entendit une injure. Le choc lui arrache un ongle, mais Lamiane n’y prêta pas attention. Elle continue de tomber à grande vitesse. Le sol se rapproche dangereusement.
Soudain un bruissement. Sous elle apparaît sa monture qui remonte brusquement pour l’attraper entre ses serres.
Le choc la fit claquer des dents. Sa tête heurte le large poitrail de plume.
Pour sûr qu’elle aurait des marques bleues un peu partout. Sa mère risquait de ne pas apprécier.

Elle regrimpe sur sa selle, se maintient avec ses cuisses. Vise. Immobilise sa monture. Fait une longue passe à un coéquipier alors que le cuir de la selle grince.
Attendre le coeur battant alors que le temps semble ralentit. Et voir le point se perdre alors que la personne ne réussit pas à viser à cause du brouillard magique qui s’enroule autour des anneaux.

Les dents se serrent, un sifflement passe entre les lèvres.
Il fallait la victoire. Il fallait remporter ce match coûte que coûte. Les équipes n'avaient plus d'importances. Les fiches tactiques. Les manières et la politesse.
Seul gagner le match comptait.

Un regard rageur qui fixe le terrain. La colère faisait bouillir son sang, réchauffait sa peau blafarde. Au loin un éclair zèbre le ciel. Un roulement suivis aussitôt.
Les nuages arrivèrent, lourds de promesses, recouvrent le terrain d’un air sombre. La lune à demie cachée ne permit plus de se fier au regard. Seuls quelques spots de lumières permettait d’identifier ses concurrents de ceux de son équipe.
Son pouvoir se libère, le vent mugit. Courant d’air qui déstabilise certaines montures, fait rugirent d’autres de colères.
Mais la Vierge de Fer se concentre. Plisse ses yeux de tempête pour se focaliser sur sa colère.
Lentement, mais sûrement, la brume opaque se réduit, glisse le long des poteaux de métal avec langueur.
Bientôt, il fut asse bas pour que l’on puisse repérer les grands anneaux. Juste de quoi marquer des points.

Elle ne pouvait retirer cet amas magique. Elle se doutait bien qu’en voyant l’état de ceux qui passait à l’intérieur, cela devait être Dramira qui l’avait invoqué.

Le claquement du cuir la fit se redresser. Elle vit Valériane sur sa Vouivre, une batte à la main. L’éclat des écailles sombres reflété les éclairs au loin, sa gueule aussi chaude que le cœur de la Terre dégoulinante d’une bave jaunâtre.
Le bruit du bois dure frappant la balle de cuir raisonna autour des deux femmes.

Lamiane s’agrippe à sa selle en poussant un cri. Sa monture fit une vrille, empêchant le Cogneur de lui arriver directement dessus, mais celui-ci percuta une aile. Des plumes sombres volèrent.
Le bec s’ouvrit poussant un cri à faire vibrer les tympans. Elle se redressa tout de même, bien que la douleur lui fit perdre de l’altitude.
Bête de guerre qui n’abandonne jamais.

La rage fit éclipser tout le rester. Un éclair frappa les tribunes en une gerbe d’étincelles, le son se répercutant tout autour d’eux, faisant trembler les os.
C’était la deuxième fois qu’elle se faisait avoir par sa négligence.

Une injure passa entre ses lèvres, frappa sa cuisse de son poing et elle demanda à l’animal de se stabiliser. Il fallait qu’elle le trouve. Qu’elle l’identifie, l’attrape.
Cette libellule d’or qui faisait des envieux.

Elle respirait fort, laissée le vent battre les corps, faire trembler les montures volantes. Les courants étaient sans dessus-dessous et tout le mondes en pâtissait. Chaque pair d’ailes qui devait s’appuyer sur l’air pour se soulever, se voyait forcé de faire plus d’effort. Devenir instable.
C’était dangereux. Même pour la fille du Vent.

Son regard fut attiré par une tignasse laiteuse. L’homme était sur un balai et ne subissait pas les même contraintes sur les autres, bien qu'il fut bringuebalé de droite à gauche.
Il plongea comme un fou, rasa le sol envoyant une gerbe de boue. Elle le regarde faire et comprit. Il poursuivait le Vif d’Or.

Une main se pose sur sa monture, l’encourage en silence. Celle-ci battait des ailes avec forces, s’accrocha à ses dernières réserve. Donna le tout pour le tout.
Là. Il était là. Reflet doré qui virevoltait en tous sens, animé d’une vie propre.
Elle tendit la main, plisse les paupières lourdes de pluie alors qu’elle se maintient si peu sur sa selle glissante.
Une serre qui s’approche du métal vibrant.
Juste là. Au bout des doigts.


La dernière chance
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