[INTRIGUE] Gloire et Justice [Duncan; Linus]


La première intrigue générale du forum (close). L'Onyx et sa matriarche Dragonne s'en prennent au huit autres factions. Combats, assassinats, mais aussi enchantements dans les Maisons Closes et orgies sauvages. Certains sujets peuvent choquer les plus jeunes /!\


Messagepar Le Conseil des Neuf » 22 Aoû 2014, 19:49

Le colis lui était parvenu de la manière la plus normale, apporté le matin même à son bureau par sa diablesse de secrétaire automatisée.

« Colis pour vous messire Joyce, colis pour vous messire Joyce, colis pour vous messire Joyce, colis pour vo... »

Un colis des plus banaux, enroulé dans du papier kraft et auquel était agrafé une lettre. Seule étrangeté ? Un sceau totalement vierge, dont la cire noire vibrait d'énergies malsaines. Et le contenu de la missive, si étrange, si spécial.

Au triste sire de la maison Joyce,


Il est récemment parvenu à mes oreilles que votre loyauté ne serait pas ce qu'elle paraît être, et que vous nourrissez depuis un certain temps, des envies d'ailleurs. Mais aussi étrange qu'il puisse paraître à un homme de votre race capitaliste, l'attention de ma reine ne s'achète pas, elle se mérite. Vous trouverez dans le paquet si joint, un revolver tout droit sorti des industries Joyce. L'arme est chargée, prête à servir. Et elle va le faire, si vous le voulez bien.
Car ce que j'attends de vous seigneur Joyce, c'est un meurtre. Il y a un oracle, au cœur du quartier Opale, qui depuis trop longtemps défie l'autorité de ma suzeraine. C'est un homme âgé, que l'on reconnait grâce à la tache de vin qui pollue on visage sournois. Et ce soir, il mourra de votre main. Tuez le, débarrassez vous de l'arme. Salissez votre nom de ce meurtre, et peut être que votre existence parviendra jusqu'aux oreilles de la Dragonne.

M.W


°°°


L'éclair déchira le ciel, frappant le paratonnerre de l'une des hautes tours du quartier Opale avant de carboniser le soldat à l'étendard draconique dans son armure. L'odeur de chair brûlée lui prenait les narines, lui donnait une nausée insoutenable. L'homme était mort avant d'avoir touché le sol, nouveau nom ajouté à la longue ardoise du paladin. Telle était la vie à Londres, pour ceux qui avait choisi le difficile chemin de la justice. D'un ample mouvement du bras, l'épée du chevalier faucha une nouvelle âme dans son élan de destruction, l'envoyant rouler au sol. Le jeune soldat n'avait même pas esquissé un mouvement de parade que la lame avait déchiré son bas ventre.

« Pitié, pitié ! »

L'arme du paladin coupa court aux suppliques du garçon blessé, traversant le crane de l'adolescent
pour aller se ficher dans le pavé londonien dans un crissement abominable. Il n'y avait pas de pitié pour les égarés, pas de tendresse pour les pillards et les violeurs. Il ne prenait pas une vie, il en sauvait des dizaines d'autres, il le savait.

« Pas de pitié mon garçon, seulement la justice implacable de Nymeria. »

Morvan s'interrompit un instant, passant sa main gantée sur son front luisant de sueur. Il n'avait plus l'âge pour ce genre de chose, plus le cœur non plus. Seule sa colère et sa frustration étaient restés. Ce sentiment d'injustice devant ces millions d'âmes à genou, ce sentiment d'empathie pour la vierge et l'orphelin. C'est ce qui faisait bouger son bras, jour après jour, ce qui lui donnait la force de faire appel aux éléments, qui lui permettait de rester bien droit même en pleine tempête. Retirant son arme bénie du crane de sa victime dans un bruit de succion morbide, Morvan resserra les pans de son manteau taché de sang sur sa poitrine.

« Linus. LINUS ! »

Linus, l'homme flamme. Un homme des rues, avec qui le vieux paladin ne partageait que peu en dehors de leur idéal commun. Mais en cette nuit de chaos, le vieux Morvan n'aurait échangé Linus contre rien au monde. Un allié rare, dont la rage brûlante lui était précieuse au plus violent des combats.

« C'est fini mon frère, c'est fini. »

Autour des deux sorciers, ne trônaient en effet plus que des cadavres. Morvan prit le temps d'essuyer le fil de sa lame sur l'étendard frappé du dragon avant de scruter les alentours. Tant que l'aube ne serait pas venue, il n'y aurait pas de repos.

« Linus, là bas. »

À quelques encablures des deux paladins, un homme. Le col du manteau relevé et le visage masqué par un chapeau, il sortait d'un véhicule aux lignes des plus sportives, un paquet sous le bras. Richement vêtu, richement équipé, l'homme se déplaçait discrètement, fuyant la lumière blafarde que projetaient les derniers lampadaires intacts de la ruelle. Un homme puissant, un homme qui n'avait rien à faire là.
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Messagepar Duncan S. Joyce » 23 Aoû 2014, 16:05

Malgré le coté inédit, malheureusement ce n'était pas une blague. L'Onyx ne possédait aucun humour, aucune extravagance dans le verbe. Si je n'avais point parié sur un gros monstre, comme j'aurais eu plaisir à réduire ce peuple obscur en miette. La machine seule était reine. Et en bon serviteur de son pouvoir il me fallait traiter avec l’ignominie, me salir les mains. Toujours entouré de chiffres, toujours à traiter de finance, voila que l'Onyx me prenait pour un simple tueur. Un homme insignifiant qui pouvait être sacrifié à l'autel du Dragon, oh que je pouvais sentir revenir mes mauvaises humeurs. Presser le papier entre mes doigts, le compresser en mon poing ne suffisait point à extérioriser toute ma colère. Il n'y avait aucune ignorance, tout était calculé, il s'agissait d'un affront volontaire à mon nom, ma personne. Une façon de me mettre à l'épreuve, de se jouer de mon humeur. Mais... C'était mon rôle ça ! Que cela était intéressant, de se retrouver à la place du sujet d'expérience, que cela m'évoquait d'affreux souvenirs. M'imaginer ployer le genou face à cette injonction me donnait la nausée. On sous estimait clairement mon titre, si j'avais semé la mort de simples fluctuations boursières, jamais je n'avais causé la mort directement. Même mère eut droit à un suicide ordinaire, quelque peu poussé mais ordinaire tout de même... Alors lire ces quelques lignes, froisser et déchirer le message... Non cela ne pouvait suffire, voila que de ma faible force j'arrivais tout de même à renverser le bureau de rage ! Voila que je donnais quelques coups à des éléments sans importance. Ma colère était redoutée, le visage haineux, la verve non contenue je devenais folie et fureur. Seul en ce vaste étage de ma tour, j'insultais comme il se devait l'ombre derrière ce message.

"LE SALE FILS DE PUTE ! COMMENT OSE T'IL ! COMMENT OSE T'IL CROIRE QU'IL PUISSE DISPOSER DE MOI ! CE PAUVRE CON..."

On ne se moquait point de moi... Personne n'avait le droit de se rire de moi ! PERSONNE ! Je pouvais entendre le rire de cet imbécile, je pouvais l'imaginer à l'écriture de cette merde. BOUH BOUUUUUHHHH ! ET ! ET ! EEEEEEEET ! J'étais qui moi ! J'étais qui ! Duncan Sysiphe Joyce ! Pauvre connard, tu croyais quoi ! Tu vas voir... Tu vas voir... Je n'étais pas ton coursier ! Loin d'une mutinerie passive je voulais jouer à mon tour. Comme j'allais aimer ce jeu. Ils paieront...

C'était bien moi qui suis sorti de cette voiture, moi et le paquet, moi avec l'intention d'utiliser l'arme. Mais me suivant de très près, il y-avait aussi cet homme ou femme vêtu et encapuchonné de noir. Cette présence devait s'avérer cruciale pour la suite des événements, pour le succès de mon plan. Et très vite sans me soucier des batailles aux alentours je pénétrais les appartements de l'Oracle. Inutile d'avoir une clef lorsque l'on pouvait manipuler le métal d'une serrure. Rien ne pouvait me résister, surtout pas les trois gardes qui avaient été scrupuleusement intégrés dans l'équation. Ceux ci furent mis hors combat avant toute charge par un envoie fulgurant de billes métalliques ciblant leurs tempes. Je n'avais guère beaucoup de temps devant moi, même si la guerre couvrait mon meurtre, je ne possédais aucun loisir de jouer avec quelques pions. Surtout que j'avais encore besoin d'eux...

Et des araignées tombèrent de mes manches, comme avait pu l’expérimenter la belle Iris, mes créations prirent contrôle des mouvements de ces gardes. Désormais vulgaires pantins à mes ordres c'est avec un pas forcé qu'il nous fallait atteindre le cœur de cette demeure, immense pièce circulaire à ciel ouvert ou l'Oracle donnait ses prophéties. Bien sur le vieil homme était là, au courant de la guerre, certain de cette visite. Sans doute se tenait-il bien droit et fier pour que de son meurtre je ne cherche point à éliminer de surcroit le reste de sa famille. Cela était précaution inutile.

L'Oracle fut surpris de voir les gardes m'ouvrir le chemin, lui était persuadé de leurs loyautés. Mais le vieil homme fut encore plus intrigué lorsqu'il découvrit le visage sous la cape de mon ami. Maintenant la deuxième phase de mon plan devait s'actionner. Il me fallait agir vite car déjà une présence semblait monter à l'étage. Les gardes postés en rempart, je conservais un pantin cependant à mon service. L’encapuchonné frappa l'Oracle pour le faire sombrer en l'inconscience, enfin il prit la place du vieil homme au centre de la pièce enlevant dès lors la cape qui couvrait son visage.

Réplique parfaite de l'Oracle, de chair, de sang et d'un peu de métal. Être conçu par mes soins, voila comment j'infligeais ma vengeance aux ennemis de la modernité. Voila comment je me moquais de ceux qui me pensaient pion. Créature éphémère ayant été crée pour servir et mourir. Simple clône, n'ayant pas assez de vie pour expérimenter l'amertume. Ce n'était qu'un premier embryon annonçant le début d'un règne, un noble sacrifice. Et la troupe arrivait, certaine de pouvoir répandre la justice, comme ces êtres pouvaient être aveugles. En face d'eux, brandissant les armes, ils trouvaient leurs camarades possédés par les araignées. Mouvements assassins et brutaux, mais à la lecture de leurs regards on pouvait voir la tristesse, l'horreur, l’innocence. Justice cruelle...

Quand à mon Oracle il était emballé des oripeaux de mon clône, porté par un pantin dont la survie n'allait guère dépasser la nuit non plus. Moi dans les ombres en marionnettiste de ce spectacle grotesque voila que je levais l'arme cadeau de M. W. Au bout du troisième tir (oui je n'étais guère habile) j'arrivais enfin à toucher la tête de mon clone, celui-ci qui n'avait été crée que pour tomber.

Dans l'ombre je disparaissais. Désormais je disposais d'un Oracle à mon service, mon jeu avec et contre l'Onyx ne faisait que débuter. Et je riais intensément de cette escapade, me voila bien amusé.
Duncan S. Joyce
 



Messagepar Linus Fairfax » 27 Aoû 2014, 17:57

Désastre. L'Onyx a rampé jusqu'à eux, a enflammé les rues de tout Londres. Les yeux du paladin sont remplis de peine. De rage. Il voudrait protéger toute la ville, la placer sous une cloche de lumière céleste. Que tous les innocents soient saufs. Mais les corps tombent, les esprits aussi. Quand les alarmes résonnent tragiquement au fond des rues londoniennes, les hommes sont abattus. Un destin incertain, l'incertitude de passer une nuit supplémentaire. Linus n'a pas eu le temps de protéger son fils. Ne pouvait se montrer égoïste. Il s'est jeté à corps perdu vers le noyau de l'Opale, s'est équipé et armé aussi vite qu'il avait pu. Etait-ce déjà trop tard ? A peine avait-il posé un pied au-dehors des bâtisses imprenables de son quartier qu'il avait aperçu l'horreur de la pourriture que le Dragon vomissait sur sa cité. Ses convictions furent ébranlées un instant. Mais ce fut imperceptible, seulement un battement de cœur un peu douloureux. Car une nuit de malheurs ne pouvait arracher les idéaux d'un homme tel que le Phoenix. Il releva les épaules, bombant le torse, le gorgeant d'air dont son cœur de lave se ravit avant de se jeter sans plus de réflexions au sein de la bataille.

Si l'homme se savait critiqué, lui et ses méthodes peu lumineuses, il sut que ses façons de faire et son pouvoir furent les bienvenus en ces temps de guerre. Il avait pour compagnon ce vieillard l'évitant à l'instar de certains paladins. De peur que son cœur de pauvre, de corniaud des rues, ne les salisse. Morvan voyait en Phoenix, un simple collègue, sans plus d'affinité. Un homme avec qui se battre quand venait l'heure de prendre les armes. Comme en cette nuit. La fureur de Linus valait tous les hommes. Ses lames assassines, transperçant les gorges avec ruse, ses coups placés par l'expérience de la rue, sous le signe de la rapidité et de l’efficacité, son épée sûre et précise. Ses flammes. Vives, brûlantes, destructrices. Le Phoenix brûlait. Son cœur s'était enflammé, avait jeté son corps dans un brasier infernal. Même les plus expérimentés soldats de l'Onyx n'étaient guère préparés à cela. Un homme-flamme, un homme-torche, cela ne s'entendait que dans les contes, les histoires horrifiantes. Mais ils oubliaient que dans Londres, ce genre de démons étaient courants. Eux-mêmes étaient la personnification même de la monstruosité. Ils auraient donné beaucoup pour avoir pareil allié dans leurs rangs. Mais c'était un ennemi, un ennemi flamboyant, un ennemi terrifiant. Les Paladins de l'Opale étaient tous redoutables. De quoi faire reculer les armées d'écailles, les pousser dans leurs retranchements. Les anéantir. Invoquer la lumière, abattre les ténèbres.

La voix de Morvan est lointaine. Mais elle fracasse soudain l'âme du paladin enflammé. Ses flammes s'évanouissent. Ses vêtements ont survécu, son armure a été élaborée dans l'optique qu'elle résiste à la condition du Phoenix. Mais ce n'est pas fini, non. Linus voit l'homme suspect. Il ne lui faut guère longtemps pour s'en rapprocher d'un pas rapide. Mais hélas, il est déjà trop tard. Le paladin l'ignore, comprend que quelque chose se prépare. Il n'a pas le temps d'arrêter l'assassin, se rend compte qu'il n'est pas assez rapide. Qu'il aurait dû courir vers lui, l'attaquer sans plus de cérémonie, sans plus de preuve. Mais il sait à quel point cela aurait été critiqué. A nouveau. Alors il s'est retenu, a pris en compte l'avis de ses frères. Le vieil homme est à ses côtés. Son visage est creusé par la fatigue. Ce n'est plus un coéquipier efficace, l'Onyx l'a affaibli avec trop de férocité.

Trois coups arrachent à Linus le cris du désespoir. De l’échec. Il ne veut pas, ne peut pas se résoudre à battre ceux qui lui font face. Leur regard est effroyable, leurs gestes insensés. Le paladin sent la tension qui opère en eux, perçoit leur détresse au fond de leurs pupilles. Le justicier ignore comment mais il se doute que c'est cet assassin mystérieux qui les a manipulé. Phoenix sent l'injustice dominer la situation. Ressent son cœur se serrer si fort dans sa poitrine que cela en est douloureux. Malgré les centaines de vie épargnées par l'élimination des soldats Onyx, malgré cette partie de victoire arrachée au Dragon, l'homme voit sous ses yeux paniqués, l'avancée du mal dans son propre quartier. L'Opale est touchée en son cœur, on lui enlève un oracle, on émiette ses soldats. Linus n'a pas le cœur à les abattre, s'efforce de parer leurs coups sans riposter. Mais les forces lui manquent, il faiblit, atteint le point culminant d'une situation qu'il refuse d'enclencher. Tout se déchire en lui, son esprit refuse, son cœur saigne. Il hurle. Frappe dans l'espoir de résonner, pas de tuer. Mais on écorche sa peau que l'oiseau de feu soigne à l'aide de ses flammes. On l'a enfermé dans une cage d'horreur.

Morvan n'est plus aussi endurant, il est vrai. Le son de son épée fracassant le sol, suivi de l'effondrement de son corps. Linus a le souffle coupé, ses pupilles détaillent l'inacceptable scène se déroulant sous leur impuissance. La gorge de l'homme rugit à nouveau, rend physique sa peine. Il n'en peut plus. Ne veut pas finir ainsi. Alors il use des lames, cette fois-ci. Une parade, un coup de poing et le couteau assassin glisse dans la gorge de son ennemi. Phoenix pourrait tous les brûler, il est vrai. Mais désire une mort rapide et sans douleur pour ses frères, ses sœurs. Et quand tous sont tombés, ses genoux se brisent sous le poids des regrets, de la peine. Il ne tient plus debout, s'est recroquevillé sur lui-même. Hurle au monde son immense douleur. Aucun mot ne peut l'exprimer. Seul un cris, sans aucune parole. Le silence a recouvert l'endroit, bien que l'écho lointain d'une bataille mourante se fait percevoir. Le paladin tremble, hésite à mourir lui aussi. Il ne comprend pas, est dépassé par les événements. Cela le tue. Mais son regard se relève, attiré par un son métallique. Une araignée. Sa dextre l'attrape, par réflexe, par rage. Parce que l'homme comprend. La bête se défend, mord la peau, la chair, détruit la main de son geôlier. Linus la jette au sol, l'écrase d'un pied ravageur. Aperçoit les autres s'en aller. Il tente de les brûler, de les anéantir mais ne détient finalement qu'un cadavre robotique dans sa main ensanglantée.

Ce qu'il craint arrive. Ses frères arrivent. Le jugent. Lui, seul survivant, lui seul résistant. Les pensées malsaines à son égard fusent, il le sent, le voit dans leurs regards accusateurs. Et sans plus attendre, il se défend. Phoenix n'en peut plus, il est à bout. « NON ! COMMENT OSEZ-VOUS ? » Ses cris l'accusent. Qui d'autre qu'un coupable se défendrait de la sorte ? Il brandit le corps métallique, l'affreuse petite chose autrice des coulées de sang inondant le vêtement de son tueur. « Ce sont elles ! Elles... elles les ont... Ils... » Les mots lui manquent. Il est à genou face à un tribunal qui n'est pas aussi impartial que Linus le désirerait. « L'assassin, il les a manipulés. » Mais l'assassin, c'est toi. C'est ce qu'il lit dans leurs pupilles lourdes de sens. Ce qui le poignarde en plein cœur. Il s'enflamme. Depuis longtemps, cela ne lui était plus arrivé. De brûler d'une émotion si forte qu'il ne puisse plus se contrôler. Il souffre, hurle sa douleur. Ses douleurs. Il veut s'enfuir mais un seul de ses semblables le retient. Pose ses mains à travers les flammes dévorantes. Les éteint, avec détermination. Son maniement du feu apaise l'homme tourmenté, celui qui est à nouveau tombé. Le paladin pyromancien chuchote quelques paroles rassurantes, s'est assis à côté du Phoenix, frotte son dos en signe de réconfort. Et soudain, il se retourne sur ses collègues, l'air grave. « Ne vous trompez pas d'ennemi. » Les regards se croisent, se baissent. Tous ici, sont en deuil. La haine fait place à la tristesse. Linus tremble dans les bras de son frère, retient les larmes amères de la défaite, de la douleur. Et soudain sa voix murmure, paniquée, le nom de son fils. Une inquiétude sans nom se lit au fond de ses pupilles. L'autre le rassure. « Il est en sécurité. Tu es en sécurité. La guerre est terminée. » Un instant de doute, de silence. « Pour cette nuit. »
Linus Fairfax
 



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