[INTRIGUE] Reborn from the ashes [Ezekiel, Diam' et Zeph']


La première intrigue générale du forum (close). L'Onyx et sa matriarche Dragonne s'en prennent au huit autres factions. Combats, assassinats, mais aussi enchantements dans les Maisons Closes et orgies sauvages. Certains sujets peuvent choquer les plus jeunes /!\


Messagepar Le Conseil des Neuf » 02 Aoû 2014, 00:32

23h Opéra Notre Dame des Fleurs, chambre princière.

The extraordinary is in what we do, not who we are


« -Ezekiel, Ezekiel, mon amour. Réveilles toi. Ils arrivent. » Murmura la lapine en secouant d'autorité les épaules du petit prince endormie. Il y avait de la peur, de la tendresse, dans cette voix famillière qui seule résonnait dans les ruines de l'aile résidentielle de Notre Dame des Fleurs. Les jolies mains de pianiste de la jeune fille au déguisement de rongeur, auraient voulu se faire caresse, prendre le temps de bercer d'attention le corps chaud de l'héritier pour le rassurer, mais empressées, rendues un peu tremblante par l'urgence du moment, elles n'arrivaient qu'à pincer et serrer trop fort les chairs nues du garçon. Et si ses longs doigts qui étreignaient le presque enfant avaient conservé leurs langueurs ivoirines, gracieux, déliés, quoique légeremment tordus par une trop éreintante pratique du clavier, ils s'ornaient ce soir de nouvelles entailles. De la cendre et de la poussière s'étaient glissés sous les ongles rosés pour les rendre noirs charbon, des croutes de sang à peine séchées marquaient de rudesse le crénelage délicat de ses phalanges osseuses, quand aux paumes elles avaient pris la teinte peu ragoutante du limon craquelé, comme si l'esclave en fuite s'était d'abord amusée à ramper pour parvenir jusqu'au sésame des appartements de son petit frère.

« -Non plus tard pour les questions mon chaton. Tu dois seulement m'écouter! » Ordonna Kaprice à son âme sœur, en plaquant d'autorité l'une de ses main sale, blessée, sur les lèvres du garçon, qui à peine éveillé, menaçait déjà de libérer un flot d'interrogations. Le geste s'était voulu calin, doux comme une caresse pour ne pas l'effaroucher plus qu'il ne l'était déjà, mais son exécution aux abois, avait quelque chose de rude, d'étrangement autoritaire. Elle lui maintenait la tête sur l'oreiller, l'empêchait de braquer sa curiosité ailleurs que dans ces ardentes prunelles fauves qui brillaient entre les fentes en amande du demi masque de lièvre dont elle avait recouvert le haut de son visage. Le regard de l'héritière déchue était changé. Il avait perdu ses ternes, boueuses lueurs qui avaient empoisonné le souvenir de leur dernière entrevue houleuse, pour s'ouvrir en de francs, sauvages foyers, si vastes si incandescents, que tout Londres aurait pu s'y consumer. L'ingénue dégageait une énergie démente, l'alchimie instable d'une frayeur sans borne et d'une détermination sans faille.

Pressée, elle voulut poursuivre sa tirade, mais un bruit dans le couloir : l'étrange froissement annelé d'écailles qui progressaient en rappant les vieilles des murailles, la fit se figer en alerte, toute sa silhouette plus tendue d'anxiété que l'arc qui lui barrait le dos. Une main toujours posée en barrage sur l'haleine rêveuse du Linx ensommeillé, elle releva très lentement son autre bras jusqu'au carquois de fortune accroché à son épaule. Ses doigts plus vifs, plus rapides que des pattes d'araignée, effleurèrent de façon menaçante les empennages effilés d'une dizaine de flèches. Elle paraissait attendre que l'intrus dans le couloir force la porte de la chambre pour l'abattre d'un projectile à pointe triangulaire tiré en pleine gorge. Le silence dans la pièce était total. De la rue en contrebas des grandes fenêtres étoilées de misère ne provenait nulle rumeur de vie nocturne. A croire que la Magicopolis avalée par les ténèbres de l'orage en approche, s'était noyée sous son ciel de plomb. Elle se força à discipliner son souffle, a combattre ces froides, acides, palpitations d'adrénaline, qui faisaient se tendre sous le cuir élimé de sa combinaison sa petite poitrine effarouchée. Encore quelques secondes à attendre dans l'obscurité, à sentir la sueur lui couler le long de l'échine en une chaude rivière de larmes salées. Et puis le rodeur, surement un éclaireur, reprit enfin sa route en ignorant ostensiblement les deux héritiers pourtant à quelques mètres de lui.

Kaprice soupira lentement, et ses ongles noirs qui sous le coup de la surprise s'étaient plantés dans les joues d'Ezekiel, se retirèrent avec une délicatesse désolée. « -Le Dragon, les Kravt. Ils sont revenus terminer le travail entamé jadis par Requiem. » Souffla la brunette, dont les immenses oreilles de lièvre toutes pelucheuses, dansaient sur sa tête, à l'écoute du moindre frémissement de l'Opéra. L'enfant était brillant, plus au fait qu'elle de la triste histoire de leur clan. Il saurait reconnaître l'allusion à la Guerre des Neuf, et à cet incendie qui avait consumé dans ses flammes Notre Dame des Fleurs et la gloire du plus célèbre de tout les patriarches Ashfield. « -Tu es le véritable maître de l'Emeraude petite mousse. A toi seul revient le devoir de sauver ton héritage et notre nom. Va réveiller Zephyris et Diamante et ensemble descendez dans le labyrinthe sous l'Opéra. Trouvez le vieil orgue centenaire d'Erik. Celui là même dont on dit que ses canons fondus invoquent l'orage et la ruine et réveillez le ! » Elle parlait trop vite. Les mots sifflés à la hâte s'emmêlaient entre ses lèvres gercées qu'un coup de lame reçu plus tôt dans la soirée avait fendues. De temps en temps elle s'interrompait au milieu d'une phrase, et d'un brusque mouvement de menton qui envoyait voler autour de son visage sa queue de cheval poussiéreuse, elle tournait la tête vers les grandes vitres de la chambre pour contempler la toile orangée de Londres en train de s'embraser au son des sirènes d'alarmes vrillant l'atmosphère. L'incendie des divers quartiers généraux des huit factions, se reflétait sur le ventre obèse de la chape nuageuse. Et le ciel ainsi déchiqueté par ces folles lumières, ressemblait à s'y méprendre à la silhouette d'un gigantesque dragon, dont les ailes de fumées, de véritables colonnes de blizard noir, embrassaient la capitale en une étreinte etouffante.

Pourtant le sourire qu'elle adressa à son jeune frère était éclatant. Et malgré les cernes, en dépit de toutes ces blessures qu'elle avait reçues dans sa fugue de la Maison Close, les yeux de la brunette scintillaient de joie. Elle retira enfin sa main de la bouche du garçon, pour la sceller d'un baiser plus léger que la caresse d'ailes de papillons. « -Dans ce monde ou dans un autre, nous nous reverrons je te le promet petit prince. » Le temps pour l'héritier de repousser le chaud cocon de ses draps, Kaprice s'était déjà enfuie de quelques pas de danseuse pour rejoindre la porte de la chambre. Une main posée sur la poignée patinée par l'âge, l'autre empoignant fièrement la cambrure de cet arc tendu d'une corde de piano, qu'elle avait décroché de son dos, elle lui adressa un clin d'oeil taquin. « -Je t'aime petite mousse.  » Et puis elle tira silencieusement l'huis de bois et le fit tourner avec lenteur sur ses gonds. Un regard à droite, un regard à gauche pour s'assurer que l'avant garde des régiments de Moloch n'avait pas déjà occupé cette aîle de la bâtisse, et elle disparut avalée par ces nuages de poussière qui tourbillonnaient dans les corridors. Seul devait demeurer comme souvenir de son passage, l'amusante persistance rétinienne des ballottements un peu ridicules de ce pompon de fourrure noire qu'elle s'était cousue sur les fesses et qui sur un dernier frémissement amusé, s'effaça le dernier.

Spoiler:
Il n'y a pas vraiment d'ordre de passage. Même s'il paraîtrait plus logique qu'Ezekiel poste le premier pour réveiller tout le monde. Pour l'Opéra, l'Orgue (& ses effets), les monstres (ou pas) dans les couloirs, vous gérez comme vous le sentez ! Carte blanche :nyu:

Gloire aux Emeraudes :ayy:
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Messagepar Ezekiel Ashfield » 03 Aoû 2014, 21:21

Je n'avais plus le droit aux rêves d'enfant, à ceux qui ne sont que couleurs et étrangetés. Cela faisait longtemps que l'inquiétude avait gagné mon cœur, transformant aspiration en désir d'amnésie. Chaque lune après la fumée, quelle épreuve de se convaincre à gagner le lit. Si seulement l'insomnie pouvait me surprendre, si seulement l'Avalon pouvait être clément à mon égard. Mais rien ne pouvait calmer ces tourments, même l'éveil de cet intérêt, désir amoureux pour une jeune fille. Elle s'appelait Talia, étrange gardienne de mes nuits, représentée par une photographie qui accompagnait celle de ma soeur, mon premier amour. Toujours cette caresse légère avant de me replier en cet enfer nocturne. Bref caresse pour toucher leurs images, sensation d’effleurer le papier, j'imaginais apprécier la chaleur d'un contact. Un dernier sourire avant de sombrer en une introspection funeste, laisser au hasard l'inconscience décider seule des images qui me hantaient. Appréhension des minutes qui s'éternisaient, puis par surprise, se laisser convaincre d'une injonction, dormir.

Béni était ce rêve, car de la première image Kaprice était présente, sauvée des griffes d'Onyx, en fuite à la faveur d'une nuit trop sombre. Nous étions réunis, je goutais aux battements zélés de mon coeur, en un rythme effréné mon sang chantait la vision de ce visage. Court moment annonciateur d'un futur qui semblait renaître. Retrouvaille de ma Kaprice en lambeau, le corps et l'âme déchiré par des esprits fous. Retour de ma Kaprice avant que la musique n'expire, retour de ma Kaprice avant que le Piano blanc ne soit oublié. Amnésie des fantômes, reprise d'une mélodie trop longtemps mise à l'écart. Crescendo des sensations, des émotions, avant que les bras ne viennent étreindre ce corps chérie. Mais funeste illusion, de penser avec fracas que tout ceci ne pourrait être qu'un rêve assassin. Malédiction de penser la chair vide de réalité, tristesse anticipée de n’apercevoir qu'un fantôme d'espoir. Un rêve maudit...

Mais de son contact, je pu apprécier la saveur de faits, la réalité de sa voix, la réalité de ses gestes, la douceur de son toucher. Rêve envolé, alors que Londres gagnait en horreur j'avais finalement trouvé le deuxième morceau manquant de mon âme. Celui dont je pleurais chaque jour le désespoir de son absence. Le vide qui avait muré mon existence. Heureux était mon cœur de ne pas souffrir d'un rêve moqueur, égoïste était mon âme de se réjouir au centre d'une ville en feu. Il ne pouvait y-avoir que nous deux, cela suffisait. Mais avant que la voix ne s'exprime, avant que le corps ne puisse succomber en débordement affectif, voila que ma soeur m'adressait ses mots. La promesse d'un danger en approche, une ombre qui voulait achever le souvenir d'un nom immortel, Ashfield. Vieil allié, vieil ennemi du Dragon...

En un silence de pierre la raison l'emportait sur la passion. Nous ne pouvions gouter au plaisir d'une accolade, triste jour de bonheur la nuit d'une guerre. Les yeux grands ouverts je m’efforçais de capturer chaque image de ma soeur, les oreilles attentives j'écoutais chaque directive, appréciais les petits mots tendres. Entre courage et tristesse d'une réunion trop courte il me fallait agir, pour Kaprice, pour l’Émeraude. La en ce lit lieux de notre réunion je la voyais partir avec une boule au ventre, courageuse Kaprice que je pouvais être fier de demeurer ton frère. Si tu me disais digne d'être Maître de notre maison, c'était grâce à toi. Uniquement par ta force...

Seconde éternelle à apprécier la dernière image, à savourer cette musique qui changeait de tonalité. Après le doux piano blanc, nous avions les violons, agressifs et puissants j'avais dans l'idée de chasser les indésirables, les rats qui nuisaient à la beauté de nos rues, à la grandeur de nos ruines. Ceux qui avaient osés toucher à Kaprince, ma Kaprice.

A la faveur du silence je partais moi aussi, bien décidé à exécuter ce que le peuple émeraude attendait de moi, un espoir, une protection. Je me saisissais du violon de cerisier, mon compagnon de toujours. Les notes devaient être sourdes et rapides, pour ne point éveiller l'attention des monstres aux alentours. Avec vélocité je convoquais les fées, êtres qui ne pouvait que m'aider en cette circonstance. La première en éclaireur, et les deux dernières en messagères. Si je voulais aller vite, il me fallait gagner l'orgue en premier, ma priorité. Je donnai les consignes, réveiller en un rêve annonciateur Diamante et Zephyris. Donner la vision réel du cauchemars de Londres, insuffler à ce rêve intense le gout de la réalité, puis alerter sur un danger imminent les ombres du dragon qui se pressaient toutes autour de notre maison. La guerre était ici, la guerre était à nos portes. Enfin l'espoir apparaissait, la fuite en un lieu secret, nos anciennes galeries. Endroit ou la famille pouvait se réfugier, lieu ou Diamante et Zephyris devaient me rejoindre. Ainsi s'achevait l'inspiration de ce rêve précédant un réveil en sursaut, un cauchemars qui allait s'inscrire fatalement comme une réalité.

Ainsi les fées prirent leur envol, malicieuses et fuyantes je les savait incapables d'échouer par manque de prudence. Pour ma part, commençait alors la descente à la rencontre de mon devoir. Guidé par une fée assurant un passage sur, je disparaissais à mon tour en ce dédale obscur. Aucun ennemi ne pouvait ainsi croiser ma route, moi le chétif seigneur en tenue de nuit, armé d'un simple violon. Alors que mes pas foulaient le sol, alors que je me rapprochais des tunnels, je ne pouvais me soustraire à cette pensée. L'image de mes serviteurs massacrés en leurs lits, le visage de Zephyris terrifiée de voir son royaume si fragile, le sort des nôtres... Pensée qui eut le don d’accélérer le pas, pensée qui me donna l'idée d'invoquer d'autres fées. En ce labyrinthe, je me devais trouver le bon chemin et vite. Endroit priviligié de nos cachettes d'enfant, il me semblait savoir ou localiser le symbole d'un âge d'or. L'orgue d'Erik Ashfield, ami de Requiem, glorieux génie qui d'un pas pouvait embrasser la folie. Mort brulé vif par le gout amer de la trahison.

Ce ne fut qu'après quelques chemins erronés qu'il m'apparut, l'objet qui faisait peur mon père, celui dont on n'osait prononcer le nom. Un passé autant chéri que repoussé, le génie et la folie, l'orgue d'Erik Ashfield. Éclairée de faibles torches éternelles l'instrument avait survécu au temps, seule la poussière semblait avoir eu l'audace de chevaucher cet instrument maudit. Père disait que le fantôme de l'Opéra ne pouvait se résoudre à quitter son orgue, l'âme d'un Ashfield demeurait ainsi liée à sa musique, même après la mort il reposait auprès de son instrument. Une théorie qui n'avait jamais reçu l'écho d'une vérité. Mais je n'étais point là pour l'avis d'un fantôme, je me présentais devant un symbole de colère. Ashfield, une lignée de mage puissant dont je portais aujourd'hui le poids du nom. Erik Ashfield était le plus talentueux d'entre tous mes ancêtres, à ses notes, il semblait pouvoir déclencher la colère des cieux, commander aux brasiers infernaux.

...

A moi de composer la musique de notre libération, à moi de laver la clef de sol de l'engeance qui la souillait. Après la course du jeune seigneur, c'était par la lenteur que j'appréhendais la saveur de cette mélodie. Je respirais la colère, mon esprit semblait s'abreuver de cette atmosphère noire. Le virtuose patientait avant de toucher la première note, il convenait de sombrer désormais. La première note, la plus importante. Silence dans le public, le feu ne faisait que renaître, souvenir sur ma peau, souvenir... Souvenir... Souffle de l'artiste, mains qui se levaient, crispées prête à dévorer les touches. Abondance d'un sentiment nouveau, maîtrise d'un corps, respiration d'une jeunesse oubliée... Sourire étrange d'un fou marionnettiste, auteur d'une débâcle, savourant une vengeance. Et la musique naquit la Toccata, ma Toccata... Entendez ce merveilleux fruit d'un virtuose, goutez aux flammes, magnifique Requiem, magnifique Requiem... Composé pour toi ! Imaginé pour toi ! M'entendais tu ! Voyais tu les cieux se fendre, voyais tu le feu prendre tes soldats de paille. Merveilleux cris, merveilleuse sentence, brulez ! Brulez ! Que j'imaginais vos cries se marier à mon ode, férocité dans le geste, application agressive dans les notes, j'étais ce fou parcourant les chemins de mes partitions. Lente agonie, appréciable agonie, j'imaginais ce feu vous prendre, vous soulever, amoureusement, tendrement, affectueusement. Caresse voluptueuse d'un feu salvateur, fils du dragon condamné à la plus belle des sentences, mourir du feu, mourir du feu, mourir du feu... Des cendres aux cendres, de la poussière à la poussière... Haletant de ces pensées, j'étais enivré par la douce musique, glorieuse vengeance... Jusqu’à ce que la musique ne nous sépare, comme je ne pouvais me contenter d'un simple braiser, comme mon âme ne pouvait se contenter de cette pitoyable vengeance. J'aspirais à mieux, à beaucoup mieux... Fin de la Toccata, début d'une valse de vent balayant les cendres, ce soir, il y-avait eu des feu de joie en mon empire. Virtuosité de mon sang, comme Ezekiel était charmant... Ainsi je me levais, mon âme prête et ravie, mon âme forte et soudée à ce corps. Comme j'avais attendu ce temps... Comme j'avais espéré dans les flammes à me consummer... Je suis là.

Et l'enfant seigneur Ashfield se tournait désormais vers sa destinée. Moi guidant ses pas... Mais quel regret de voir le bras trembler.


"Hésitation... Moi qui pensait que nous aurions pu marcher ensemble. Résistance ? Nous nous reverrons..."

Et le corps sombra et l'esprit chuta. A son réveil le seigneur de l'Emeraude sera Ezekiel Ashfield...
Ezekiel Ashfield
 



Messagepar Diamante Dell'Azzescere » 15 Oct 2014, 13:24

Ce noir... Jamais mon sommeil est aussi lourd, aussi épais. Ce n'est que les ténèbres qui entourent mon esprit et pourtant, je ne me sens pas sereine, comme si une puissance m'avait forcé à sombrer dans cette noirceur. Tout à coup, des flammes éclairent mon chemin, des flammes destructrices, qui sèment la mort sur leur passage. J'entends des cris, des râles de mourant. Je suis perdue dans les rues de Londres. Des gens courent autour de moi, me bousculent comme s'ils ne me voient pas. Je trébuche, je me raccroche à un lampadaire pour ne pas tomber par terre. Qu'est-ce donc cette folie qui s'est emparée de la ville ? Un rugissement me fait redresser la tête. Une créature me fait fasse, des yeux jaunes scrutent la rue à la recherche d'une proie... Elle est immense, massive mais je ne la distingue pas très bien... De toute manière, je ne vais pas m'attarder pour l'identifier tant elle dégage la magie noire et la mort. Je crois qu'elle ne m'a pas remarquée... Mensonge... Les fentes jaunes se pointent dans ma direction et un rugissement rauque m'avertit de son choix de faire de moi sa proie.
Tel un projecteur fantôme, sa tête est éclairée et je recule de terreur : un dragon. Je me mets à courir, espoir vain de me mettre à l'abri et d'échapper au funeste destin qui semble se dessiner. En moins de trente secondes, la créature me rattrape et m'envoie valser contre mur d'un coup de patte. Ma tête rencontre violemment un bâtiment en ruine et des points noirs se mettent à troubler ma vision. Le monstre fond sur moi avec une vitesse qu'on ne lui soupçonnerait pas en vue de sa taille et enfonce ses griffes dans ma peau pour me plaquer contre le mur. Je sens mon sang couler, mon coeur qui s'affole, l'odeur putride de sang qui se dégage de sa gueule béante. Adieu...

Je me réveille en sursaut, cri qui fait écho à ce que je viens de pousser pour échapper à la mort. Je me touche les bras, à la recherche d'une blessure. Je ne sens que ma peau lisse et fine... Pourtant, je ressens encore ses lames me transpercer... C'était si réel... Je me penche au dessus de mon lit et laisse court à la nausée qui m'a prise subitement. Je suis vaseuse et peu réveillée. Je sens pulser le sang dans mon crâne, frappant durement les parois. Je ne me souviens même plus comment j'ai atterri dans ma chambre... Tout est si flou... Par la fenêtre, je vois des lumières rougeoyantes, le ciel est noir de fumées âcres et épaisse... Une lumière trop vive danse devant mes yeux, accentuant le mal de tête qui s'installe. Cette lumière s'agite, vient me bousculer pour me faire passer je ne sais quel message. Un flash : un dragon, des cris, des ruines, du sang, la mort... Pourquoi mon esprit est-il si embrumé ? La lumière folle me prend la main, essaye de tirer dessus et fait des allers et retours rapides vers la porte de ma chambre. Veut-elle que je la suive ? Je repousse difficilement les couvertures et je me lève. Le sol tangue, mes jambes tremblent et je manque de m'effondrer par terre. Pourtant, je m'accroche à cette boule de lumière parce que je sens l'urgence. Je ne suis pas en sécurité. Le cauchemar devait être de son cru ; il était si réel... Est-ce que c'est ce qui se trame derrière les murs de Notre Dame ? Est-ce que ce cauchemar est réel pour les innocents qui courent dans la rue ? Et pourquoi ma vision est-elle si floue ? Mes membres sont enrobés dans du coton, mon corps me semble si lourd... Et pourtant j'avance...

Les couloirs sont silencieux. Il fait sombre. Je trébuche régulièrement sur des gravats car je suis focalisée sur cette lumière qui connait son chemin et c'est déjà ardue de la suivre tant mon esprit est vaporeux. J'ai du être droguée, je ne vois que cette explication. Soudain, j'ai l'impression qu'un sifflement me suit, un sifflement chargé de promesse de sang... Mon coeur s'emballe, écho à ce que je venais de vivre en rêve. Je me mets à courir, je me cogne au mur pour ne pas tomber. La panique emplit mes veines, mes pieds nus s'écorchent, la suie teinte ma robe de nuit blanche, mes cheveux emmêlés me fouettent le visage. Pourtant, je dois continuer à suivre cette lumière, il en va de ma vie... Je le ressens au plus profond de mon âme.

Combien de temps à courir dans ce dédale ? Je perds la notion du temps, si je l'avais eu dès que je me suis réveillée. Petit à petit, j'entends des notes... Cela semble si loin, si vague... La musique devient de plus en plus présente mais les notes se mélangent, formant une masse sonore désagréable dans ma tête. Je débouche dans une vaste salle où trône un orgue gigantesque. Devant, une forme humaine agite ses mains sur le clavier. Je ne sais pas qui est-ce, il paraît tellement minuscule assis sur le tabouret fasse aux tuyaux de cuivre et pourtant, une aura ancienne semble l'entourer. Je ne cherche pas davantage, la lumière qui me servait de guide a disparu, un concert de tambours résonne dans ma tête et je m'abandonne à ce corps trop lourd pour moi. Je me laisse glisser par terre, me cachant le visage dans mes bras et dans mes jambes repliées. Je me rends compte que j'ai froid, que je n'ai pas pris la peine d'enfiler un gilet... Je tremble, l'adrénaline retombe... J'ai peur...
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